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vendredi 7 août 2015

Crise Grecque : heureusement qu'Angela Merkel existe !

Des jobs à fort défi, il en existe beaucoup. Cela va de  gestionnaire des 10  milliards d'euros de déficit de la Sécurité Sociale à chargé de communication à la SNCF, un jour de départ en vacances. 

Mais celui qui présente le challenge le plus fort du moment, c'est probablement publicitaire en charge du dossier allemand. 
Quelque soit la justesse de l'analyse d'Angela Merkel dans le dossier Grec, force est de constater que, comme le pense Juergen Habermas,  le gouvernement Merkel a peut-être anéanti un demi-siècle d'efforts de reconstruction de la réputation allemande (1), en tout cas chez un grand nombre d'observateurs français ou au sein de la gauche européenne.

On voit refleurir, en effet, des propos anti allemands, voire complètement germanophobes, des plus posés et argumentés, chez Coralie Delaume notamment (2), aux plus outranciers (Merkel traitée de nazie). Et tout ça pour quoi ? Parce que l'Allemagne (mais pas uniquement elle) a demandé que les traités, signés par les Etats membres de la zone euro, soient respectés.

Le point de départ de la crise de la zone euro réside dans l'impressionnante liste des travers qui caractérise la construction Européenne. Tout est sujet à question :
  • pourquoi a t-on laissé se créer l'euro alors qu'il n'y a aucun mécanisme de sanction crédible en cas de non sanction de non respect des traités ? 
  • pourquoi, par romantisme, accepter l'entrée d'un pays dans la zone euro, alors que son économie n'est pas adaptée ? 
  • pourquoi accepter que l'intergouvernemental (les états, au sein du conseil européen) aient plus de poids dans les affaires européennes que les quelques instances à caractère un tant soi peu fédéral ? 
La question que se posent tous les souverainistes, c'est pourquoi la Grèce (ou la France) ne seraient pas libres, si leurs peuples en ont décidé ainsi, de ne pas suivre les règles européennes en matière d'équilibre budgétaires et ne pourraient pas plutôt, souverainement, décider de leur politique budgétaire, seuls. 

Ces questions sont légitimes, mais l'adhésion à l'euro (un régime de change totalement fixe entre les membres de la zone euro) suppose le respect du traité de Maastricht, Pourquoi ? 


Le triangle d’incompatibilité ou triangle de Mundell, démontre que on peut attendre deux mais pas trois des points suivants en même temps : 
  • Fixité des taux de change entre les monnaies de la zone
  • Mobilité des capitaux entre les pays de la zone
  • Autonomie des politiques monétaires des pays de la zone

Milton Friedman avait prévenu que l’intégration monétaire à marche forcée provoquerait la désunion politique et serait un désastre économique, et c'est pourquoi le Royaume Uni, le Danemark ou la Suède ont choisi de conserver leur monnaie, afin de pouvoir avoir une autonomie nationale en matière de choix économiques (au niveau monétaire et budgétaire). 

Pourquoi n'y a t-il pas pas eu la convergence économique souhaitée ? Tout simplement parce que les peuples n'ont pas suivi les plans des architectes de l'euro, tout autant que les gouvernements n'ont pas respecté leur parole. L'euro aurait du accélérer non seulement la réparation du toit par beau temps (les efforts d'équilibre budgétaires en période de croissance, entre 2002 et 2007) mais aussi la mobilité accrue des européens, notamment les chômeurs, d'un pays à l'autre. 
Au contraire, on a vu des déficits et des dettes s'accumuler, et aujourd'hui, il faut bien que quelqu'un paye. 

En l'absence d'euro, les Grecs se seraient moins endettés. Ils n'auraient pas emprunté des milliards pour acheter de l'armement, batir des autoroutes, embaucher des fonctionnaires ou organiser les Jeux Olympiques 2004. Leurs taux d'intérets seraient restés au niveau de ceux du début des années 90, ce qui les auraient dissuadé. 


Autrement dit, les Grecs (et d'autres) ont eu les bénéfices de l'euro, sans les contraintes, du moins pendant quelques années. 

La position qu'Angela Merkel a développé le mois dernier lors des sommets de l'UE consacrés à la Grèce a fait consensus en Europe : il y a une majorité d'Etats, et peut être de contribuables citoyens européens pour dire qu'il est normal que la Grèce rembourse ses dettes et qu'il serait anormal qu'elle bénéficie d'une remise de dette.
Il n'est pas sur que le sujet Grec soit reglé. Il reviendra même très certainement assez vite sur le devant de la scène, quand on prendra conscience du fait que, décidément, une faillite partielle de la Grèce est nécessaire (3). 

Mais en attendant, comme Guy Sorman, on peut dire Merci Madame Merkel (4) ! Oui merci à Madame Merkel de pousser à l'interrogation sur les origines de la crise financière de l’Etat grec et sur l’identité de ceux qui l’ont provoquée.

En France, ce qui nous interpelle particulièrement, c'est, en ce qui concerne la Grèce, à la fois la constatation que décidément, le socialisme, ça ne marche pas et la crainte d'avoir un jour à faire les efforts que les Grecs ont du faire, notamment en terme d'abandon d'"acquis" sociaux payés à crédit. Alors, oui,  cessons de faire de l'Allemagne la cause facile et universelle de tous nos maux (5) et commençons à réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour eviter de se retrouver dans la situation de la Grèce !



(3) Génération Libre Grèce : une faillite partielle est nécessaire 29 juillet 2015
(4) Guy Sorman Merci Madame Merkel 17 jullet 2015
(5) L'hérétique Allemagne, cause facile et universelle de tous nos maux 24 juillet 2015



vendredi 17 juillet 2015

Pourquoi il faut arrêter avec la repentance

Nous sommes le 17 juillet.

Il y a 73 ans (ce n'est pas si vieux, soixante-treize ans, il y a encore des témoins de cette époque en vie), la police française, de son propre chef, raflait des français, de confession juive, pour les mettre dans les trains à destination des camps d'extermination des nationaux socialistes allemands. 


A l'époque, un doute pouvait subsister sur la destination finale des convois, puisque la réalité des camps était encore inconnue. En revanche que les autorités françaises aient agi par pur antisémitisme, une opinion répandue et légale à l'époque, ne fait aucun doute. Depuis, et parce que 1945 est passé par là, avec la découverte de l'ampleur du processus d'assassinat de masse de gens parce que de telle religion, la France a eu deux attitudes. 


Dans un premier temps, la France s'est dissociée de ces crimes, en arguant du fait que Vichy, ce n'était pas la France, et que de toute façons, la France ne s'excuse pas de son histoire. C'était la position de Mitterrand. Puis, dans un second temps, avec Chirac, on a admis l'idée que, même si Vichy, ce n'était pas la France, il fallait quand même que la Veme République endosse les crimes commis par la police nationale en 1942. Mais surtout, la Shoah a fait l'objet de réparations, financières notamment, comme on l'a encore vu avec l'exemple de la SNCF qui a choisi de verser de l'argent à des victimes américaines (1). 

Pourtant, il n'est pas certain que d'assortir la reconnaissance de certains génocides de compensations financières soit une bonne idée. 

D'une part, le préjudice de la Shoah, comme de tout génocide, est incalculable. Au delà des biens appartenant à des juifs qui furent "aryanisés", comment calculer de manière réaliste le cout d'une vie gâchée, voire détruite ? Comment évaluer, des années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui aurait du être, à la place que ce qui fut ? 

D'autre part, l'argent n'achète pas tout. Dans le cas spécifique de la SNCF, on peut même parler de dépense qui n'aidera pas l'entreprise. Si des stakeholders influents dans le processus de décision des transports aux Etats-Unis estiment qu'in fine, la SNCF de 2015, ses hommes, ses femmes, restent comptables des actes commis par leurs prédécesseurs, pourquoi voulez-vous que 60 millions de dollars effacent quoi que ce soit ? De toutes façons, la réussite économique d'Hugo Boss (fournisseur d'uniformes de l'armée allemande et du parti national socialiste) ou de BMW montrent qu'une telle tache n'est manifestement pas un obstacle au commerce. 

Enfin, la repentance et les réparations laissent l'impression d'un traitement à géométrie variable des crimes. Or, l'idée du deux poids deux mesures est précisément l'un des facteurs qui alimente le ressentiment (2) de certains. Est-ce que les français de 2015 ont à payer, moralement ou financièrement, pour la Shoah, le Rwanda (3) ou le génocide Camerounais (4) ?  Pourquoi continuer à alimenter la fort logique concurrence victimaire ? 

Avoir une réponse claire, cohérente et définitive à cette question permettait aussi au président Hollande d'éviter les "maladresses" quand il parle de la "dette" de la France envers Haiti (5) ou encore à Fabius de pouvoir reprendre les propos de bon sens de la députée Européenne Sylvie Goulard, en disant une fois pour toute à Alexis Tsipras que la Grèce, membre de l'UE, n'est pas fondée à demander des réparations à l'Allemagne, membre de l'UE .


Grèce, Allemagne : dette et paix par sgoulard




(2) Ligue des Droits de l'Homme L'antisémite Dieudonné condamné pour son hommage à Faurisson 27 octobre 2009

dimanche 12 juillet 2015

A propos de la deutsch-französische Freundschaft ...

Grande nouvelle ! L'Union Européenne a perdu 25 membres ! Il n'y en a plus que 3 : la France la Grèce et l'Allemagne !
Pourtant, il parait que nous sommes 28 au sein de l'Union Européenne.


Mais comme certains l'ont oublié, alors ils en profitent pour réduire le problème Grec à un problème Allemand, et pire encore, à un problème Merkel.

Ce faisant, ils oublient plusieurs petites choses.

D'une part, la chancelière Angela Merkel n'est pas à la Bundesrepublik Deutschland ce que François Hollande est à la République Française.
En Allemagne, Merkel doit non seulement tenir compte de l'avis des allemands, mais aussi de celui de ses différents partenaires politiques. D'ailleurs, qui peut parler de la position des allemands, alors que, manifestement, Schauble pour ne citer que lui, a un avis bien plus tranché sur la question ?

D'autre part, si la Grèce quittait l'Euro, elle ne quitterait pas l'Union Européenne pour autant : les 28 membres de l'UE ne sont pas tous membres de l'eurozone (pensons à la Suède ou au Royaume Uni par exemple);
D'ailleurs, tous les pays Européens ne sont pas membres de l'UE tout court (Suisse ?)



A ce sujet, n'est-il pas bluffant de de constater que ceux qui appelaient à voter non au TCE en 2005 (c'est à dire : non à l'approfondissement avant l'élargissement) sont maintenant parmi ceux qui défendent à tout prix le maintien de la Grèce dans l'eurozone ?

Enfin, ceux qui pensent que le président Hollande doit à la fois préserver l'appartenance de la Grèce au coeur de l'ensemble des institutions de l'UE et l'amitié franco-allemande feraient mieux de comprendre que les allemands, manifestement, ne mélangent pas amitié et travail. Mais force est de constater qu'ils ne sont pas seuls.




Peut-etre que les méchants Allemands n'ont pas le bon ton.
Mais ils soulèvent une vraie question : si les Grecs veulent de l'autonomie budgétaire totale (liberté au niveau national), pourquoi veulent-ils s’embêter avec l'euro, un instrument monétaire (imparfaitement) fédéral ?
Comme le dit le Duff, l'UE est une construction bancale qui hésite éternellement entre une Europe des Nations et un super état empire. 
Il est temps de choisir, et ce n'est pas qu'une question d'amitié franco-allemande !
Jamais le président Hollande ne nous a dit si il était prêt à sortir de l'Europe des Nations pour transférer les budgets de la défense et de la diplomatie à Bruxelles, par exemple.

lundi 6 juillet 2015

Le berceau de la démocratie

Alors, comme ça, les Grecs ont dit non aux propositions de la Troïka (1) ? 
Que le FMI se mèle des finances publiques d'un pays, c'est bon pour les africains, mais certainement pas pour les Grecs, quand bien même ceux-ci aient prouvé leur capacité à être très éloignés des standards européens ? 
On peut concevoir cela, mais dans ce cas, comment les Grecs peuvent-ils vouloir le fait que les contribuables européens paient pour faire fonctionner les services publics Grecs ? 

Quoi qu'il en soit, on comprend à quel point le fait de vouloir à tout prix que la Grèce, berceau de la civilisation occidentale, fasse parti de l'Union Européenne et de ses quelques institutions vaguement et imparfaitement fédérales, est une hérésie : si les Grecs, ou les 27 autres, ne veulent pas des contraintes du fédéralisme, ils ne peuvent pas non plus vouloir être éligibles à ses bénéfices. 

A court terme, le non ne change rien (2) : la Grèce est en faillite, et ils ont besoin d'argent, la, tout de suite, pour fonctionner un minimum. Le plus cruel est que les gouvernements nationaux des 27 autres, pas plus que les institutions européennes, ne demanderont notre avis pour savoir s'il faudra donner aux Grecs une aide d'urgence. 
Mais à plus long terme, il y a un peu d'espoir dans ce vote, si chacun va au bout de sa logique. On va enfin savoir si l'Europe veut etre fédérale ou non. 
Si elle veut l'être, il semble évident que la justice, la diplomatie et l'armée des 28 doivent être gérées par Bruxelles, avec un impot fédéral, et que tous les autres services publics doivent être privatisés.
Enfin, on va enfin pouvoir commencer à réfléchir sur les éventuels bénéfices du renversement de l'élargissement. 

Qu'on arrête de nous dire que, parce que la Grèce est le berceau de la démocratie, alors elle est membre de droit de l'UE. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui nous ont légué le débat sur la démocratie (3), non ? 




(2) H16 Grèce : un non qui ne change rien 6 juillet 2015
(3) Philosophie La démocratie chez Platon et Aristote 12 octobre 2010

mardi 30 juin 2015

On fait quoi, en cas de Grexit ?

Cette apres-midi, le député centriste Charles de Courson demandait au ministre de l'économie s'il avait un plan B en cas de refus de la Grèce des exigences de la troika.

Cette question avait un coté involontairement comique puisque, rappelons le, Valls et Sapin sont tout aussi incapable qu'Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis et Euclide Tsakalotos d'équilibrer leur budget. La seule différence entre la France et la Grèce ne réside que dans l'ampleur de la catastrophe.

Alors, la Grèce serait-elle entre la mort et le suicide, comme le dit H16 (1), et sa sortie de l'Euro va t-elle nous entraîner avec elle, au point que l'on doive retenir notre souffle (2) ?

Nathalie MP le rappelle (3), la Grèce est sans doute le meilleur exemple d’un pays qui n’aurait jamais dû rentrer dans l’UE et dans l’Euro. C'est un constat que chacun partagera. Mais maintenant, on fait quoi ?

C'est simple : on laisse la Grèce faire défaut, ce qui du coup, forcera l'Etat grec a vraiment mettre la clef sous la porte, virer ses fonctionnaires, revoir ses relations avec la Turquie ...

Les Grecs tiennent aussi à leur souveraineté. Très bien. C'est leur droit.
Qu'on leur rappelle le triangle des incompatibilités de Mundell, que Margaret Thatcher avait si bien compris, et qu'on leur demande, à eux et aux 27 autres membres de l'UE, s'ils veulent des Etats Nation  ou un Etat fédéral.





(1) H16 La Grèce entre la mort et le suicide 30 juin 2015
(2) L'Hérétique Et si les Grecs sauvaient la Grèce malgré Tsipras ? 30 juin 2015
(3) Nathalie MP Quelques mots sur la Grèce 30 juin 2015

mardi 10 février 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Egalement publié sur Contrepoints
Après la mobilisation générale contre le FN, qui aura permis l'élection d'un nouveau député socialiste de gauche (1), les affaires courantes peuvent reprendre.
Enfin, courantes ...
Ça dépend si on considère comme étant des affaires courantes la gestion d'un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs et 2000 milliards d'euros de dette !

Alors, puisqu'il y a un nouveau député, suggérons-lui, dans le cadre de sa mission de contrôle de l'activité du gouvernement, notamment par le biais de son droit aux questions au gouvernement (QAG) de poser les questions suivantes à l’exécutif. Evidemment, les 576 autres députés ont aussi le droit (pour ne pas dire le devoir !) de s'interroger : 

  • Question au premier ministre, Manuel Valls : le peuple a tendance à l'oublier, mais les ministres, y compris vous, Monsieur le Premier Ministre, ont signé une charte de déontologie. Cette charte dit notamment " ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique". Mr Valls, pouvez-vous justifier l'information selon laquelle "vous cumuleriez les fonctions de Premier ministre et de commerçant inscrit au registre du commerce et des sociétés» (2) ? Et puisque nous abordons le sujet de vos liens avec la justice, pourriez-vous nous dire ce qu'il en est des accusations de Médiapart, à savoir un potentiel conflit d’intérêt à Evry (3) ? 
  • Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : selon votre collègue le Drian,  des bombardiers russes se sont récemment aventurés au large de la Normandie (4). Suite à cela, les britanniques ont convoqué l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni pour lui demander des explications, sachant que le trafic aérien civil a été perturbé (5). Nous ne doutons pas du fait, Monsieur le ministre, que vous aillez vous aussi convoqué l'ambassadeur russe en France. En effet, voila l'occasion de faire travailler, au service de la sécurité des français, le deuxième réseau diplomatique du monde. Quelles sont vos conclusions suite à cet entretien qui n'a pas manqué de survenir ?
  • Question au Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu : quand il s'agit d'analyser l'efficacité des services publics, les français ne peuvent se poser qu'une seule question : mais où sont donc nos 5,5 millions de fonctionnaires français ? Pour un pays dont 25 % de la main d’œuvre salariée appartient à la fonction publique nationale ou locale, c'est à se demander comment une situation de sous-effectifs est possible (6). Madame le ministre, alors que l'on parle beaucoup de la réforme des professions réglementées, pouvez-vous nous dire en quoi l'Etat effectue lui aussi sa réforme et réorganise la fonction publique dans le sens de plus de flexibilité ? 
  • Question au Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : si on en croit ce que raconte le président Hollande, l'Etat souhaiterait "un "règlement global et définitif", dans les "prochains jours", du contentieux avec les sociétés d'autoroutes" (7). Mais de quel contentieux parlez-vous ? N'y a t-il pas, non pas un contentieux, mais la volonté unilatérale de l'Etat de revenir sur des modalités de fixation de prix définies par contrat ? Pouvez-vous nous confirmer, Madame le ministre, que toute cette gesticulation n'est que de la politique politicienne, proche du populisme que vous dites combattre, on peut en prendre pour preuve le fait que l'Etat, lui, augmente ses tarifs sur les sociétés d'autoroutes et de tunnels qu'il contrôle encore (8) ? 
  • Question au Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : pourriez-vous confirmer, Madame le ministre, le montant de la prime offerte aux recteurs d'académie (9) ?  Ces primes sont-elles la raison pour laquelle vous cherchez maintenant à faire appel au bénévolat, cf http://www.lareservecitoyenne.fr/ ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : dans notre pays, dont le classement en terme de liberté d'expression n'est pas à la hauteur des idéaux qu'il prétend défendre (10), partout dans le monde, un média a été condamné pour avoir mis en couverture une Marianne voilée (11). Madame le ministre, dans le respect de l'indépendance de la justice, pouvez-vous exprimer votre inquiétude face à cet évident cas de deux-poids-deux-mesures, annonciateur, si nous n'y prenons garde, d'une potentielle guerre civile si les choses ne changent pas rapidement ? Ne sommes-nous tous pas "Tous Charlie" ?
  • Question au Ministre des Finances : Michel Sapin : Monsieur le ministre, vous avez déclaré « Il faut respecter le vote grec et les règles européennes ». De quel droit vous permettez-vous de dire ce qu'il convient de faire, tant aux Grecs qu'à Bruxelles, alors que la France ne respecte pas ces mêmes règles budgétaires européennes (12) ? 
  • Question au Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes  : Harlem Désir : votre poste sera toujours une source d'étonnement, étant donné qu'en théorie, toutes les matières ministérielles relèvent de l'Europe. N'avez-vous pas l'impression d'être un inutile doublon ? Nonobstant ce point, auriez-vous l'amabilité, Monsieur le secrétaire d'Etat, de bien vouloir rappeler à Alexis Tsipras la teneur du projet européen, à savoir la réconciliation post deuxième guerre mondiale ? Comme le note l'eurodéputée centriste Sylvie Goulard, réclamer des indemnités mettrait en péril l’ordre de paix mis en place après la seconde guerre mondiale (13).
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le ministre, l'opération Vigipirate coûte un million d'euros par jour. Au vu de l'attaque au couteau de 3 militaires à Nice, au vu des tirs de kalachnikov à Marseille, peut-on considérer que la mission est un échec ?
  • Question au Ministre de l'emploi, François Rebsamen : Monsieur le ministre, un commentaire ? 


  • Question au Secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert : Monsieur le secrétaire d'Etat, les contribuables seront ravis de constater qu'il y a encore assez d'argent à Bercy pour que la France se permette d'acheter un ensemble de 14.000 manuscrits de Turgot pour 8,5 millions d'euros. Mais la question que chacun ne manquera pas de se poser est, évidemment : avez-vous lu Turgot, et ne trouvez-vous pas dans ses analyses un certain écho à l'actualité ? 
  • Question au Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : profanation d'une église à Montluel (01), tronçonnage d'une croix à Saint Augustin des Bois (49), la minorité chrétienne de France est attaquée. Allez-vous, Monsieur le ministre, réagir et vous indigner, ou bien la christianophobie sera t-elle définitivement la seule attaque contre une religion qui ne fera l'objet d'aucune sanction  ? 

Mais vous verrez ! Plutôt que de s'interroger sur les performances du gouvernement en matière de conduite des affaires de la France, le parlement s'acharnera à jouer le sketch suivant : incantations envers "l'esprit du 11 janvier" à gauche (assorties de velléités de "lutte" "contre le FN" !) et opposition de forme à droite, incapable d'assumer des positions radicalement opposées à celles du PS ou de dénoncer la collaboration entre la gauche et l'extrême gauche. Dommage. Les députés ont pourtant le droit (et le devoir) de mettre le gouvernement en face de ses échecs.




Les épisodes précédents







(1) Contrepoints Doubs : la défaite au goût de victoire du FN 9 février 2015
(7) BFM Business Autoroutes: Hollande veut une sortie de crise rapide 8 février 2015 
(13) Sylvie Goulard Grèce, Allemagne : dette et paix 2 février 2015

mardi 27 janvier 2015

FN, FDG : les extrèmes d'accord entre eux

Le peuple Grec a voté !

Et en France, qui a t-on trouvé pour se réjouir de l'arrivée au pouvoir d'une coalition ANEL (droite germanophobe - Syriza (extrême gauche) ? 

Les usual suspects, le Front National et le Front de Gauche. 

Pas de surprise, puisque les deux Fronts partagent le même programme et la même vision des choses, à l'exclusion notable de la liberté de mouvement des hommes. 


L'Europe a fait une grave erreur en voulant à tout prix la Grèce dans la zone Euro. Elle a fait à nouveau une grave erreur en ayant fait le cadeau d'un assouplissement des conditions d'exercice de la BCE, la semaine dernière. Elle n'a fait que donner des munitions aux extrémistes de tout poil, ceux qui comme le FN et le FDG veulent "une autre Europe", c'est à dire une Europe où ce sont les Allemands qui paient.

Mention spéciale aux "progressistes" qui adoubent Alexis Tsipras, admirateur de Che Guevara.

samedi 24 août 2013

Finances publiques : le PS alourdit la note


Vu l'état des finances publiques françaises, il va falloir choisir entre le sauvetage de la Grèce et de l'Euro, et les guerres du Mali ou de Syrie. 

Si même le Monde se permet de titrer sur le fait que Le risque d'un "ras-le-bol fiscal" inquiète les responsables PS, c'est bien que les impôts sont définitivement trop élevés en France. Il va donc falloir faire des choix, par exemple : réduire la dépense publique. 

Evidemment, le gouvernement préfère augmenter les impots (taxes carbone) plutôt que de baisser les dépenses. 


lundi 28 mai 2012

Grèce : l'imposture jusqu'à quand ? - soutien à Christine Lagarde

Vous vous souvenez que nous n'étions pas tendre envers la nomination de Christine Lagarde (une avocate en droit social, pas une économiste) à la tête du FMI (une institution qui aurait dû fermer en Aout 1971) ?  Lire Toute la France soutient Christine Lagarde. Toute ? Non, un post du 28 mai 2011. Vous vous rappelez également qu'on avait critiqué le fait que Christine Lagarde dénonce l'excédent commercial allemand (lire Avec Christine Lagarde, les victimes sont coupables, un post du 16 mars 2010).

Alors, va t-on suivre toute la blogosphère, mais aussi Jacques Myard et la Droite Populaire, François Bayrou, les socialistes Grecs ou leurs collègues français dont la très démagogique Najat Belkacem (dont on a déja mentionné sur ce blog les sulfureux propos tenus à Lyon en 2009) qui sont tombés, dans un bel élan unanime, sur Christine Lagarde ?

Qu'a t-elle donc dit de si insultant envers les Grecs ? Que les Grecs devaient d'abord s'aider eux-mêmes et commencer par payer leurs impôts. 
Est-ce si insultant ? 
La Grèce subit une crise économique majeure, liée à son mensonge sur ses chiffres, à la fin des années 90, afin de pouvoir rentrer dans la zone Euro. La dette du pays est de plus de 300 milliards d'euros ou 160% du PIB (voir les chiffres sur le Blog à Lupus) et le déficit de 13% du budget public. Autrement dit, la Grèce emprunte pour faire fonctionner son Etat. 

D'où vient cette dette ? 
  • D'une part, des dépenses publiques excessives liées aux avantages acquis de la fonction publique Grecque, qu'il faut bien financer. Les 800 000 fonctionnaires Grecs sont à rapprocher du nombre de 10 millions de Grecs. La Grèce est pire que la France.
  • D'autre part, des recettes minorées par le swap de Goldman Sachs (titrisation des recettes futures pour faire baisser la dette affichée à la fin des années 90). Ce swap était voulu par les politiciens Grecs.
  • La faible compétitivité des services et industries non délocalisables de Grèce, à commencer par le tourisme ou l'agriculture, ce qui fait que la Grèce est en plus en déficit commercial.
  • Le financement d'infrastructures comme les Jeux Olympiques de 2004, que les Grecs ont voulu.
  • Enfin, l'état de guerre avec la Turquie n'aide pas.
Or, l'Euro, la monnaie Grecque, empèche les industries Grecques de faire la course au moins cher, et de concurrencer par exemple la "feta" Danoise ou le tourisme en Turquie ou en Egypte. Comme l'ensemble de la zone Euro, la Grèce ne peut tenter de jouer que sur le haut de gamme, ce qui suppose une productivité forte. Il est clair que les Grecs n'auraient jamais du rejoindre la zone Euro, mais celle ci n'est pas prévue comme une zone monétaire optimale. La zone Euro est un projet politique auquel les Grecs aussi ont adhéré et qui leur a donné des avantages

  • Pendant 10 ans, ils ont bénéficié de faibles taux d’intérêts liés à l'appartenance à la zone Euro




Dans ce contexte, est-ce trop demander aux Grecs, soit de baisser massivement le nombre de fonctionnaires et d'avantages acquis, soit de payer eux-mêmes pour ces fonctionnaires ? Non, ça ne l'est pas, et Lagarde a donc raison. 

 

la Grèce, c'est ca aussi : des autoroutes flambant neuves




une armée hors de prix.



La crise est la, il ne sert plus à rien de stigmatiser les Grecs, même si Christine Lagarde a intrinsèquement raison. Il convient maintenant soit d'aider les Grecs à rester dans la zone Euro, soit à les en virer au moindre coût pour nous les contribuables Européens, sachant que les banques (françaises, allemandes ou britanniques) ont déjà laché 107 milliards d'euros.

Proposition du Parisien Libéral : Il faut un referendum mené directement auprès des 500 millions de citoyens européens, dont les 300 millions d'électeurs, posant la question suivante : Acceptez vous de donner tout de suite 650 euros tout de suite pour régler la dette publique Grecque, ce pays acceptant désormais de voter des budgets publics en équilibre, sous contrôle de l'UE ? 


NB : point de vue qui ne reflète que, comme d'habitude sur ce blog, les vues du seul auteur de ce blog, et en aucun cas l'ensemble de la sphère centriste, libérale & démocrate, dont le point de vue serait néanmoins apprécié.
Qu'en pensent par exemple 100.000 V, Autueil, Trop Libre, H16 ou Ordre Spontané ?


Sur le même sujet : Rappel : la Grèce est déjà en régime dérogatoire, un post du 21 février 2012


PS : la polémique sur les impots que Lagarde ne paye pas n'a aucun sens : elle n'est pas citoyenne Grecque, de toutes façons.

mardi 21 février 2012

Rappel : la Grèce est déjà en régime dérogatoire

Quand un pays était en faillite, jusqu'à présent,on disposait d'outils clairs pour traiter le problème, appelés consensus de Washington. En quoi ça consiste ? Globalement, des fonctionnaires du FMI (basé à Washington, donc) débarquaient avec le kit suivant :
  1. une stricte discipline budgétaire et la réforme fiscale (élargissement de l'assiette fiscale, diminution des taux marginaux) ;
  2. la libéralisation des taux d'intérêt  et un taux de change unique et compétitif (sortir du triangle des impossibilités de Mundell, disent les spécialistes) ;
  3. la libéralisation du commerce extérieur et éliminer les barrières aux investissements directs de l'étranger ;
  4. privatisation des monopoles ou participations ou entreprises de l'État,
  5. la déréglementation des marchés (par l'abolition des barrières à l'entrée ou à la sortie) ;
  6. la protection de la propriété privée, dont la propriété intellectuelle.
Apparemment, ces mesures ne peuvent pas s'appliquer en Grèce. Pourquoi ? Mystère. Quand il s'agit de la Roumanie ou d'un petit pays d'Afrique ou d'Amérique du Sud, on prend moins de gants. 

Puisque tout l'argent investi en Grèce est perdu (dixit Jean-Louis Bourlanges, fin connaisseur des problématiques Européennes), le moins qu'on puisse attendre de nos amis Grecs est qu'ils cessent les protestations contre la fédéralisation de leur budget public. A moins qu'ils préfèrent devenir vraiment indépendants (sortir de l'Europe).



Jean-Louis Bourlanges : La situation de la... par FranceInfo

jeudi 16 février 2012

la Grèce peut s'en sortir

 La Grèce peut s'en sortir, et pas forcément, comme dirait l'Heretique, en faisant la peau aux armateurs et à l'Eglise Orthodoxe, ou, comme le suggère certainement Charles Gave (lire la faillite de l'Etat), en les sortant de l'Euro.  

Qu'est ce que la Grèce ? Un petit pays méditerranéen, membre de l'Union Européenne, doté d'une monnaie trop chère pour son économie, et dont le PIB est en train de s’effondrer.
Les créanciers ne seront pas remboursés, ils le savent bien, il n'y à qu'à suivre le blog à lupus , la dette de la France ou Ecofi Edu pour en prendre conscience si ce n'est déjà fait. Faut-il pour autant créer une nouvelle génération emprunt russe ? Pas forcément. 

1ere priorité pour la Grèce : certes, desserrer l'étreinte de la dette (et donc squeezer les bondholders) mais surtout, transformer de la dette en capital. Quels actifs ? Ils sont nombreux : les iles Grecques, comme le suggérait le député allemand Franck Schäffler (FDP), ou les entreprises que la Grèce n'arrive pas, soit disant, à privatiser.

2eme priorité : monétiser les actifs dont la Grèce n'avait pas conscience qu'ils puissent avoir de la valeur, comme la nationalité Grecque donc Européenne.

3eme priorité :   baisser drastiquement les dépenses publiques, ce qui passe par la paix avec la Turquie et la recherche d'une solution au sujet de Chypre.

4eme priorité : investir sur des business d'avenir, comme la production d'énergie, solaire par exemple. 

5eme et dernière priorité : rebondir sur le fédéralisme Européen et remplacer sa classe politique inutile par les fonctionnaires européens de Bruxelles, pour ce qui concerne les fonctions régaliennes (police fédérale, justice, armée, diplomatie) en mettant les autres pays Européens, à commencer par la France, devant la contradiction qui consiste à proposer le fédéralisme budgétaire sans fédéralisme politique. Ca permettra de faire d'une pierre deux coups : rendre au privé ou aux associations tout ce qui ne relève pas du régalien, et demander des comptes à Catherine Ashton et Herman van Rompuy, officiellement en charge de l'exécutif Européen, mais néanmoins singulièrement absents.

Le marché et l'Europe peuvent être des solutions pour la Grèce qui de toutes façons aura beau jeu de protester contre la baisse du niveau de vie imposée par les conditions économiques actuelles. Le problème est qu'on n'avait pas entendu  les Grecs protester contre le surcroit de croissance et l'amélioration de leur niveau de vie que les subventions européennes avaient rendu possibles. Ce qui est certain, c'est que Wall Street permet d'ouvrir les yeux là où Eurostat et la troika Européenne préférait les fermer.



jeudi 7 juillet 2011

Au royaume des aveugles

La dernière idée de ces chères élites ultra étatistes qui décidemment ont du mal à gérer la crise, c'est de vouloir en finir avec les agences de notation.
Vous savez, Fitch, Moody's et Standard & Poor's ?
Le sujet avait déjà été abordé sur ce blog (voir le post : Grece, question et réponse du 29 Avril 2010).

Ils nous font rire, les Lagarde, Merkel et autres anti agences de notation. Déjà, il n'y a pas besoin de créer d'agence Européenne, elle existe déjà. Eurostat est chargé, notamment, de surveiller les finances publiques. La BCE elle aussi, fait un travail d'évaluation des titres. la question est de savoir : qu'est ce que nos fonctionnaires ont fait, depuis Lehman en septembre 2008, quand on s'est rendu compte que Fitch, Moody's et Standard & Poor's évaluaient mal les risques inhérents aux produits structurés ? Réponse : pas grand chose. De toutes façons, si la Grèce truque ses comptes, ni Moody's, ni Eurostat ni KPMG ni la mère Michel ne seront en mesure de détecter la fraude.

On nage en plein brouillard et les opposants aux agences de notation se baladent avec un fumigène, histoire d'en rajouter une couche ? Baissons d'abord les dépenses, pour équilibrer nos budgets et arreter la progression de la dette publique.

NB : les agences de notation, si décriées, ne font pas que downgrader des pays. Elles en upgradent aussi, quand les choses vont bien, comme au Brésil. A t-on entendu Lagarde ou Merkel protester contre cette observation d'un risque plus faible sur les investissements au Brésil ?


mercredi 6 juillet 2011

Annecy 2018, c'est raté ? Tant mieux !

C'est vrai, Charles, il y a eu des efforts fournis, mais finalement, la chronique d'une défaite annoncée (dixit le Monde , la Tribune de Genève ou le Journal du Dimanche) fait au moins deux heureux, si ce n'est plus : la biodiversité savoyarde, et les contribuables français.

Parce qu'il faut bien le dire, les Jeux Olympiques d'hiver ne sont pas des J.O. d'Eté ou une coupe du Monde de Foot. Il faut construire des installations énormes et temporaires, dont le coût reste sur les bras des contribuables pendant des dizaines d'années, comme ce fut le cas avec Albertville 1992 ou Grenoble 1968. Source ? Les Savoyards eux-mêmes, ou la commune de Gières.

Tiens, il se met au rugby ? photo JDD
C'est vrai que c'est pas facile de rentabiliser des événements comme les JO ou la coupe du Monde de Foot. Pour un championnat européen de football en Suisse ou des JO de Los Angeles, combien de Montreal 1976 ou de Portugal 2004 ? As tu remarqué, toi aussi, Charles, que la Grèce et le Portugal, deux nations sorties de nulle part en terme de football, étaient arrivées finalistes en 2004, et étaient aussi finalistes de la dette et des déficits en 2011 ? Est ce que la Grèce se porte mieux en ayant organisé les Jeux Olympiques sans en avoir les moyens ? Tu le sais bien, en France, on est des romantiques, pas des comptables. Pendant que les Suisses font des centaines de millions de Francs Suisse de profit, nous on préfère s'émouvoir de la demande en mariage de Raymond !


T'inquiète, Charles, les contribuables français ont déjà de quoi s'amuser : rénovation des stades de football pour 2016, et puis évidemment payer le reste : une police incapable de prendre le controle de Champigny sur Marne, une justice qui envoie en prison tout le monde sauf les violeurs, une Education Nationale qui génère 100.000 jeunes sans qualif par an et distribue des Bac au rabais, une armée qui piétine en Lybie et qui s'éternise en Côte d'Ivoire, les possibles suites des affaires Crazy Lyonnais-Executive Life-Tapie, maintenant que Christine Lagarde a l'immunité, des centres de soins pour handicapés qui font défaut, des déficits abyssaux des régimes de retraites de la SNCF ou du gaz & électricité, etc etc.

Et puis sinon, il y a une autre manifestation sportive qui ne fait pas trop de bruit, mais qui marche fort : les Jeux des Petits Etats d'Europe.
Ils rassemblent certes peu de monde (Luxembourg, Lichtenstein, San Marin, Andorre, Islande, Malte, Monaco et le Montenegro) La dernière édition vient de se cloturer à Vaduz. Mais sans vouloir réveiller les vélléités indépendantistes de nos amis Savoyards et quand bien même le traité de ratachement de la Savoie à la France ne serait pas clair, voila une opération qui ne coute pas trop cher et que la Savoie pourrait bien organiser.

Bon retour d'Afrique du Sud, Charles, et salue le nouveau couple monégasque si tu les croises, ils sont dans le coin, justement. Et rentre vite à Paris, on t'attend pour re-construire la famille centriste, de préférence autour des valeurs libérales !

dimanche 2 janvier 2011

Le G20 contre la civilisation

C'est parti, la France va présider le G vain vingt.

Or; notre pays a 3 objectifs, sur cette mission :
  • réformer le système monétaire international
  • lutter contre la volatilité du prix des matières premières
  • réformer la gouvernance mondiale
Penchons nous sur le deuxième objectif , lutter contre les spéculateurs, dont la Tribune reprend les tenants et aboutissants. La spéculation, Michel Barnier la trouve "scandaleuse", notamment quand elle concerne les aliments et le fruit du travail des agriculteurs. Il semble en cela d'accord avec Eva Joly, qui appelle carrément à changer de civilisation , "pour un monde où des renards domestiqués monteraient la garde devant le poulailler" (Interview sur Mediapart).

Pourtant, ni Eva Joly ni Michel Barnier ne seraient prêts à nier l'apport de la Grèce Antique à la "civilisation" actuelle., qu'ils disent vouloir défendre. Or, la Grèce compte nombre d'auteurs qui ont structuré la pensée d'alors et de maintenant, dont Thales de Millet.

Que nous raconte Aristote , au sujet de Thales de Millet ?

"(...). Il s'agit d'une opération financière qu'on lui attribue à cause de son renom de sagesse, mais qui inclut un principe d'application générale. Comme on lui reprochait, à cause de sa pauvreté, l'inutilité de son amour de la science on rapporte qu'ayant prévu, grâce à ses connaissances astronomiques, qu'il y aurait une abondante récolte d'olives, il employa dès l'hiver le peu d'argent dont il disposait à verser des arrhes pour louer tous les pressoirs d'huile de Milet et de Chios ; en l'absence de tout enchérisseur, il les afferma à bas prix. La saison venue, comme on recherchait en même temps et sans délais, beaucoup de pressoirs, il les loua au prix qu'il voulut ; grâce à la grande fortune qu'il amassa, il prouva qu'il est facile aux amants de la science de s'enrichir quand ils le veulent mais que ce n'est pas là l'objet de leur passion. "

• Aristote, La Politique, Livre I. Traduction de Jean Aubonnet, Collection des universités de France, Paris,
1968, page 33.

Autrement dit, un éminent philosophe Grec a aussi été un brillant spéculateur.
Laissons les défenseurs auto-proclamés de la Civilisation en tirer leur propres conclusions.

jeudi 30 décembre 2010

Chine 1 - Europe 0

2010 aura clairement marqué le début de la guerre Chine Europe.

Retour sur les principales batailles en quelques clics.


ACTE 1 : VOS POUBELLES VALENT DE L'OR

La France qui se lève tot (et celle qui se couche très tard) a remarqué un phénomène émergeant : la fouille systématique de poubelles des arrondissements de l'ouest Parisien par des personnes qui n'ont rien de SDF. Organisés, méthodiques et rapides, ces nouveaux clodécolos récupèrent du matériel mais aussi des papiers.


vous pouvez retrouver le diaporama du Parisien ici .
Sans tomber dans la théorie du complot, surtout dans le cadre d'un pays dont le gouvernement affirme lutter contre l'immigration clandestine et les sans papiers (à moins que les asiatiques ne soient mis dans une catégorie encore à part), on ne peut que s'interroger sur le caractère isolé de ces raids. On peut très bien visualiser la constitution d'une immense base de données reprenant les noms des banques, numéros de comptes, données Sécurité Sociale, liste des contacts qui, le jour venu, sera bien utile lorsqu'il faudra convertir ce social engineering en attaque sur les points faibles de l'adversaire.


ACTE 2 : LE CHEVAL DE TROIE

La République Populaire de Chine, ca n'est plus un secret maintenant, a une stratégie de sauvetage des maillons faibles de l'Union Européenne que sont la Grèce et le Portugal. (retrouvez le post du 5 octobre "Timeo Danaos et dona ferentes") . Chacun en prend conscience, cf la Croix ou  l'Usine Nouvelle.

Comment rester fidèles à nous même et à nos valeurs démocrates et libérales tout en empéchant le Parti Communiste Chinois de rejouer Novembre 1989 par un Pac Man géant ? C'est très "simple" : être transparents et cohérents. Par quoi passe la transparence ?

Elle passe par l'explication très claire aux populations Occidentales de ce qui se passe. Tout a un prix (cf le post : "bonne nouvelle, les salaires montent en Chine")  et nos "amis" chinois ne tarderont pas à nous le faire savoir.

Quand à la cohérence, elle commande de s'abstenir de faire l'apologie de la  République Populaire de Chine, du Parti Communiste et de la planification, surtout quand on est un responsable politique de "droite" (donc soit disant "ultra libéral") visant des fonctions élevées.

Elle commande aussi d'avoir une politique logique vis à vis des Droits de l'Homme, chez nous (voir le post du 6 Novembre Intermittence du spectacle des Droits de l'Homme) comme à l'étranger (voir le post  du 8 octobre Nobel de la Paix, en toute indépendance).


ACTE 3 : WAR IS PEACE

L'Union Européenne, la même qui s'acharne sur la démocratique Suisse ou livre sans vergogne les données privées des passagers d'avions (directive PNR) sans contrepartie, veut lever l'embargo sur la vente d'armes à l'Armée Populaire de Libération. Raison ? Ils sont capables de faire aussi bien que nous, donc ca serait dommage de se fermer ce marché ...

Sommes nous si démunis que ca face à la Chine ? Non, bien sur. La diplomatie Européenne peut très bien, puisque le Parti Communiste Chinois est indéboulonable, s'attaquer aux fondations plutot qu'à la porte. La Chine en tant qu'entité n'a rien de monolitique, ni sur le plan ethnique ni sur le plan juridique et administratif. Une politique intelligente de soutien aux séparatistes, de promotion de la démocratie et de Droits de l'Homme et d'affaiblissement de l'intérieur du Parti Communiste Chinois par la poursuite d'échanges commerciaux en mode purement capitaliste peut transformer la Chine en une future URSS, et la faire imploser.


Pendant qu'on se préoccupe de la Palestine, de la cote de popularité de Marie-Ségolene Royal ou de la préservation des 35 Heures à la Poste, un pays ultra nationaliste, ultra étatique et ultra socialiste, avance de moins en moins masqué.

Ne laissons pas le match se finir sur ce score.

vendredi 3 décembre 2010

Tout ne va plus très bien, Ma'ame la marquis'

Cet été, l'effrondrement Grec paraissait lointain. Après tout, la Grèce est ce petit pays exotique à l'alphabet bizarre, et qui est séparé de l'Europe par les balkans et la Mer Ionienne. On aurait quand même du se méfier, car quand les chinois investissent, ca n'est pas pour les beaux yeaux des Grecs. Ensuite, on a eu le Portugal, autre nation reine du Football Européen.

Les signaux ont beau être tous au rouge, les français refusent toujours de croire que nous allons dans le mur. Ils refusent de croire que nous pouvons aller dans le mur. Après tout, la France est un grand pays. Qu'importe le fait que l'Etat doive, semble t-il, taxer les fonds de retraites pour boucler les fins de mois, qu'importe le fait que les fonctionnaires travaillent dans des conditions de plus en plus dures ou que Bercy soigne sa créativité fiscale, tout va bien, Madame la Marquise.

Peut-être avons nous les politiques que nous méritons. Depuis sa création et plus particulièrement depuis les élections Européennes, Alternative Libérale insiste sur le dangers de la dette publique, qui n'est plus sous controle. Nos voisins britanniques prennent des mesures dont la violence donne une idée de la nature du feu qui couve. Allons nous vraiment attendre une situation type Argentine 2001 pour se mettre à réfléchir ?

L'Etat dépense plus qu'il ne prélève, structurellement. Il faut donc réfléchir à la fois à une autre façon de faire des services publics, et à la liste des services publics dont nous pouvons nous passer. Même en ce qui concerne les services régaliens, on peut se poser des questions. La priorité est-elle de juger des joyeux lurons supporters du PSG, amateurs de blagues potaches, ou bien de rétablir la protection de la propriété privée ? Faut-il chercher à vendre des Dassault en Inde ou bien réfléchir à la façon dont on va transformer les chercheurs du CNRS en entrepreneurs ? Les questions sont posées et l'heure tourne ...

mercredi 21 juillet 2010

C'est les vacances ! (ou pas)

Les vacances !
Si on omet la grève des controleurs aériens ce jour, enfin les français peuvent profiter de leurs congés payés. Tous les français ? Non. Comme le rappelle le Secours Catholique ou la Croix Rouge, 35% des Français ne partent pas en vacances.
Alors, regression sociale injuste ?

Une évidence oubliée par tous les promoteurs d'"avancées" sociales type "35 heures" : avoir des vacances ne sert à rien sans argent. Ce ne sont pas les libéraux les plus acharnés qui le disent, mais les enseignants eux meme :

- C'est vrai que se pose sou­vent un pro­blème de moyens quand il s'agit de par­tir…
- Une jour­née de loi­sirs exige sou­vent un bud­get plus impor­tant qu'une jour­née de tra­vail

Les français commencent à bien percevoir le cout de tout ce "social" censé les protéger.
Pour gagner 1100 net ou 1300 brut, le Smicard coute 2100 euros à son entreprise. 47.62% de SON salaire part en divers prélévements.

Entre un Etat qui ira repeindre sans états d'ame les immeubles du quartier de la Villeneuve à Grenoble (après les avoir passé au Karcher), et un état défaillant type Somalie ou Grèce, il existe un juste milieu, celui d'un Etat qui se concentre sur ses missions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie) en accord avec l'Union Européenne (Interpol, CJCE, Eurocor & Nato, DG External Relations) et les Régions/Landers , et qui laisse les individus et les familles se concentrer sur le reste, entraide, vacances, santé et autres domaines mal gérés par l'Etat.

En attendant de pouvoir toucher son salaire complet, la Mairie de Paris donne rendez vous à Paris Plage, ouvert depuis hier.

jeudi 29 avril 2010

Grèce : questions et réponses

Les agences de rating sont-elles des pompiers pyromanes ?

Depuis le début de la crise financière de 2008, les agences de rating (principalement Moody's, Standard & Poor's et Fitch, sont accusées de réagir toujours a contre temps. Etant donné que les agences de notation établissement leurs analyses sur des informations publiques, il ne saurait en être autrement, d'autant plus que si les gouvernements mentent a Eurostat (public, officiel) et a leurs partenaires européens, on voit mal comment les agences de rating pourraient mieux faire. Donc, les agences de rating ne sont pas pompiers, leur rôle n'est pas d'éteindre les incendies, ni pyromanes, leur intérêt n'est pas, a priori, de voir la Grèce ou tout autre pays couler. Les agences de rating sont UNE source d'information parmi d'autres. En France, on a la Coface Risque Pays, personne ne remet en cause cet organisme, par exemple.

Pourquoi en sommes nous-la ?

Pour que l'Euro fonctionne (c'est a dire pour que les investisseurs prêtent aux pays de la zone euro a un taux bas), il faut que les pays membres de la zone Euro respectent les critères de convergence et le pacte de stabilité, notamment limiter les déficits publics. Pourquoi ? Pour que les politiques budgétaires soient convergentes et donc cohérentes (à moins qu'on accepte qu'un budget durablement déséquilibré soit financé par une subvention permanente des voisins). L'Euro souffre de la remise en cause du Pacte de Stabilité, en Septembre 2004, par la France et l'Allemagne, eh oui !

Combien doit la Grèce et a qui ?

Graphique : répartition géographique des banques créancières de la Grèce



Source: Natixis, BRI, les Echos.

Le total de la dette est de 224 milliards d'euros, dont 54 pour les banques françaises, soit 10 ans de bénéfices de BNP Paribas, ou encore 850 euros par Français.

Pourquoi la Grèce s'en prend plein la tête et pas la France, l'Irlande ou même les Etats Unis ?

Les préteurs professionnels ne font pas que juger de l'instantané, sinon le Japon ou les USA seraient déjà en faillite. Ils rapportent la dette à la capacité productive. Or l'économie de la Grèce est jugée comme peu compétitive ou peu diversifiée.

A t-on eu raison de créer l'euro ?

L'euro est une excellente idée qui permet : aux entreprises de ne plus gérer dix monnaies différentes pour exporter à 500 kilomètres de chez soi, aux particuliers de voyager de Bruxelles à Athènes et de Lisbonne à Berlin avec la même monnaie. Mais aussi et surtout, conformément à l'idée initiale, l'Euro aide à créer un sentiment commun et une identité Européenne, certes minime mais il faut bien commencer par quelque part, non ? Le problème est que l'agrégation d'autant de pays différent n'est pas une tache simple. Il faut du temps et des efforts.

La Grèce a t-elle profité de l'Euro ?

La Grèce a eu des taux d'intérêts faibles pendant des années, d ailleurs on voit bien que l'explosion actuelle des taux (abusivement qualifiés d'usuriers par certains) se fait sur sur fond de risque de sortie de l'euro. Et des taux faibles, c'est aussi la possibilité pour les gens d'acheter leur logement moins cher.

Les Etats-Unis d'Europe sont-ils un objectif souhaitable ?

Nous sommes très loin des Etats Unis d'Europe. Il n'y a ni diplomatie commune, ni prééminence de l'identité Européenne vis à vis des identités nationales, ni budget européen fédéral. Pour le moment, seules quelques politiques sont communes. Mais les Etats Unis d'Europe sont ils souhaitables ? Oui si le super Etat Européen permet de mettre en commun les fonctions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie, monnaie) en faisant des économies par mutualisation et en appliquant le principe de subsidiarité pour tout le reste, au niveau Régions/Lander, mais Non si l'UE dérive vers un modèle type URSS ou les impôts et les lois s'ajoutent aux impôts et aux lois.

L'Europe peut-elle devenir une zone monétaire optimale ?

C'est impossible. La France pré-euro n'était déjà pas une ZMO. Pourquoi ? Parce que non seulement, sur un même territoire, les intérêts s'opposent, mais aussi parce que les territoires n'ont pas les mêmes évolutions les uns par rapport aux autres. Rien qu'en Ile de France, par exemple, si vous êtes propriétaire d'un véhicule, alors vous bénéficiez de l'euro en tant qu'importateur de pétrole (dont le prix serait plus élevé si l'euro était corrélé au dollar), alors que si vous prenez le métro, vous ne pouvez que constater la hausse du prix du ticket de métro proposé par le monopole des transports publics. Du coup, faire une zone monétaire est le choix conscient de populations gagnantes vs sacrifiées. La baisse de l'euro contre le dollar avantage en ce moment les exportateurs (Airbus etc) mais coutera cher aux consommateurs de biens importés.

Quel est le worst case scenario pour la France ?



(Re)-lire Le jour où la France a fait faillite de Philippe Ries et Philippe Jaffré.
On ne peut mieux décrire le pire scenario.







Nos députés doivent-ils voter le bail out de la Grèce ?

Bien sur que non dans une optique puriste, mais pourquoi pas oui si on considère que la France a un peu d'argent à se faire en prêtant à un bon taux (mais est ce bien le rôle de la France que de jouer aux banques, surtout dans un contexte de déficits abyssaux). Surveillez ce que votent vos députés sur http://mondepute.free.fr/ , surtout ceux qui ont critiqué le plan de sauvetage des banques, qui fonctionnait sur le même principe, et suggérez leur que la France rachète la Grèce (ses entreprises, ses iles) tout comme ils ont suggéré que la France achète des actions de banques plutôt que de faire des prêts (avec un taux d'interet de 8%).

Aider la Grèce, c'est aider les banques ?

Oui, et Aurelien Veron l'explique parfaitement sur son blog. On transforme une prophétie auto-réalisatrice en fait réel, sans garantie sur le futur.

Refuser d'aider la Grèce, c'est condamner les Grecs ?

Clairement, non ! Et c'est la que réside l'intérêt numéro un de l'Europe, une zone de libre circulation des hommes et femmes, des marchandises, des capitaux et aussi des idées. Les Grecs sont libres de venir s'installer et travailler partout dans l'UE, y compris en Allemagne ou bien à Paris ou ils contribuent déjà à enrichir la vie culturelle de la capitale Française. Mettre en faillite la Grèce n'affectera que la classe politique Grecque.