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dimanche 7 février 2016

Montebourg accuse le PS de devenir libéral, et il se trompe

Non, le paysage politico-médiatique français n'en a pas fini avec Arnaud Montebourg. Après tout, pourquoi pas, la liberté d'expression fait partie des valeurs fondamentales du pays, y compris quand on raconte des bétises des contrevérités.

Ainsi, on apprend que le PS (gouvernemental, au pouvoir) deviendrait libéral (1). 








Sacré Montebourg !

Passons sur la relation que le vice président développement d'Habitat, anti libéral donc, doit entretenir avec ses patrons et employeurs.

Non, concentrons nous sur l'analyse de l'ancien ministre de Hollande. 

Comment peut-on renvoyer dos à dos les deux formations UMP/ les Républicains et Parti Socialiste, «des partis dirigés par une sorte de bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles» ou évoquer un «sarkhollandisme économique», et ensuite parler de libéralisme au Parti Socialiste ? 

Pour le «sarkhollandisme économique», il n'y a pas de surprise. Les libéraux savaient, dès 2012, qu'il n'y aurait pas de changement majeur entre l'étatisme de Nicolas Sarkozy et l'étatisme de Hollande. 










Tout au plus pouvait-on deviner que François Hollande, poussé par ses hommages au communisme lors de sa campagne électorale en 2012, serait encore plus enclin à se montrer ultra étatiste et dirigiste. 

Quand à dénoncer la "haute bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles", c'est certes noter qu'il importe relativement peu que le pays soit dirigé par l'UMP/Les Républicains ou le PS quand l'administration (et donc le périmètre de l'Etat) ne change pas, mais pourquoi y associer Bruxelles, quand la France se montre incapable de respecter le traité de Maastricht (2) ou la Convention Européenne des Droits de l'Homme (3) ? Pour un pays soit-disant sous la coupe de Bruxelles, que d'écarts vis-a-vis des traités signés par la France et défendus, à l'époque, durant les années 90, par des gens comme François Hollande ou Manuel Valls !

Les libéraux, monsieur Montebourg, en ont assez d'être insultés par des gens qui, pourtant, ont dû suivre, dans leur cursus universitaire, un cours des idées politiques. Montebourg n'a t-il vraiment  pas lu Frédéric Bastiat, Jean-Baptiste Say ou Turgot ? 

Le libéralisme, c'est quoi (4) ? 
Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). le libéralisme est une opposition à la dictature de l'absolutisme du souverain. Le libéralisme est une théorie du droit.
Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l'indépendance personnelle, le respect des droits individuels. On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l'on retrouve dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen :
• l'égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l'oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
Actualisée avec les problématiques françaises d'aujourd'hui, le libéralisme a pour priorité la redéfinition du rôle de l'Etat (limité à ses fonctions régaliennes), la restauration du libre choix de dépense de la part du contribuable (et donc la baisse de la fiscalité), et le respect du préambule de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (dont la liberté d'opinion par exemple). C'est la base du programme du seul parti libéral en France, le Parti Libéral Démocrate.

Il existe de nombreux auteurs et essayistes français plus contemporains que Locke ou Bastiat, qui permettent de prendre conscience de ce qu'est le libéralisme. 









Quelle a été la politique menée par le Parti Socialiste depuis 2012, alors qu'il contrôle l'Elysée, les principaux ministères régaliens et, avant ses défaites électorales récentes, la majorité des collectivités territoriales ? 

  • dépense publique : elle a progressé en valeur absolue. Depuis 2012, il y a eu plus d’impôts, plus de dépense publique. 
  • périmètre de l'Etat : aucune mission publique n'a été remise en cause
  • démocratie : les parlementaires n'ont même pas le droit de se prononcer pour ou contre les guerres de Hollande, au Mali ou en Syrie. 
  • libertés civiles : la Loppsi est maintenue, la Hadopi aussi, l'extension du champs d'application du secret défense aussi, la Loi Renseignement est passée, ainsi que la Loi de Programmation Militaire

Human Rights Watch (5), l'Index of Economic Freedom (6), la Ligue des Droits de l'Homme (7) ou l'association Contribuables Associés (8) sont formels : les libertés reculent en France.
On peut donc logiquement en conclure que puisque les libertés reculent, Valls n'est pas un libéral. C'est un autoritaire (9)

Oui, on peut placer le Parti Socialiste et les Républicains sur le même plan. Mais ce plan n'est certainement pas libéral, Monsieur Montebourg !







(1) Tribune de Genève Montebourg accuse le PS de devenir libéral 7 février 2016
(4) Wikiberal Libéralisme
(5) Human Rights Watch France : Les pouvoirs liés à l’état d'urgence risquent de porter atteinte aux droits humains 24 novembre 2015
(6) Heritage Foundation France
(7) Ligue des Droits de l'Homme Etat d'urgence : l'urgence d'en sortir 3 février 2016
(8) Contribuables Associés La mère des réformes, c'est la baisse de la dépense publique 28 janvier 2016
(9) Le Point Un Fouché en imper noir 5 février 2016

lundi 21 décembre 2015

Élections espagnoles : un #Ciudadanos à la française est-il possible ?

Un bon article d'Arnaud Dassier publié par le Point, aujourd'hui, est intitulé Élections espagnoles : un Ciudadanos à la française est-il possible ?


En effet, face à l'impasse les Républicains vs Parti Socialiste, et leurs deux Fronts, de gauche ou national, n'aurait-on pas besoin d'un rassemblement des mouvements français centristes et libéraux démocrates sous la bannière Citoyens ? 

Les résultats de Ciudadanos sont vraiment encourageants : 15% des voix aux législatives Espagnoles et 40 sièges !



Ciudadanos a été créé en Catalogne en 2005, par une poignée d'intellectuels issus de la classe moyenne. Son leader actuel, Albert Rivera, a commencé à droite, comme jeune militant du Parti populaire, et en plus, leur source d'inspiration est La Grève, la bible des libertariens, un livre écrit en 1957 par Ayn Rand, qui a connu un incroyable succès aux États-Unis et dans le monde.

De ce coté ci des Pyrénées, des personnalités comme Anne Bourdu et Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate), Isabelle Bordry et Denis Payre (Nous Citoyens), Jean-Christophe Fromantin (Territoires en Mouvement), Rafik Smati (Objectif France) ou Alexandre Jardin (Bleu Blanc Zèbre) pourraient être les animateurs de ce Ciudadanos à la française !

Voyons comment ces Citoyens parviendront à bosser ensemble sur un projet durant les prochaines semaines, afin de proposer une alternative à l'UMPS qui nous propose des vieux tubes vintages (Bernard Tapie à gauche ou Alain Juppé à droite). 

mardi 29 septembre 2015

Le libéralisme est une valeur de gauche - Nicolas Doze




En toute rigueur, le libéralisme ne peut être classé ni à droite ni à gauche. En déduire qu'il est « centriste » serait aussi une erreur, sauf à dire qu'il est éloigné tant des tendances redistributives de la gauche (et aussi de la droite) que des tendances autoritaires de la droite (et aussi de la gauche), ces deux types de tendances reposant sur l'étatisme et l'interventionnisme, réprouvés par les libéraux

lundi 29 juin 2015

Affaire #Uberpop : l'étatisme qui tombe le masque ?

Décidément, cette affaire de guerre entre les taxis et les nouveaux modes de transports issus des nouvelles technologie ne finit pas d'en dire long sur l'ADN de notre classe politique.

Egalement publié sur Agoravox


Récapitulons : la semaine dernière, des racailles taxis retournent, au sens propre du terme, des véhicules de type VTC, c'est à dire des voitures propres, conduites par des chauffeurs avec un minimum de présentation. 




Et à votre avis, qui est condamné en comparution immédiate à de la prison ? Un taxi voyou lanceur de parpaing sur une famille ? Un fosssoyeur d'un pan important de l'économie française ? Ou un fou furieux contrevenant à la liberté de circulation ? Non, un VTC qui ne faisait que se défendre. 



On croyait avoir touché le fond avec cette condamnation, mais le meilleur était encore à venir. En effet, ce week end, alors que la France voyait son plan Vigipirate renforcé du fait de la crainte de menaces terroristes supplémentaires, n'a t-on pas vu la police être mobilisée, non pas pour traquer ceux qui lancent une guerre de civilisation (c), mais pour pourchasser les chauffeurs "UberPop" potentiels ?


Mais le bouquet a été atteint cette après-midi. Alors que Cahuzac est toujours libre, alors que Manuel Valls n'a toujours pas remboursé son voyage privé Poitiers-Berlin, alors que le séjour de Hollande dans un château de Bernard Arnault n'a toujours pas fait le moindre début de commencement d'une enquête de police, on met 2 dirigeants d’Uber France en garde à vue, dans le cadre d’une enquête pour exercice illégal de la profession de taxi  et dissimulation de données informatiques ? 


Chacun conviendra sur l'idée que les taxis sont en train de remporter une victoire à la Pyrrhus, et encore, de très court terme. Car, comme le rappelle Le Duff (1), quel parisien ou quel touriste n'a pas eu droit , en prenant un taxi, à une "amabilité rasant les pâquerettes, une  voiture sale et/ou sentant fortement le tabac, à des trajets farfelus pour saler la note, au refus de la CB, voire au refus de la course" ?  

De plus, sur le plan politique, et puisque le gouvernement a choisi son camp, celui des taxis, par pur clientélisme, pense Ordre Spontané (2), quel sens y a t-il à faire passer quelques mesures de libéralisation de l'économie, avec la loi Macron (pensons aux lignes de bus, par exemple), et ce à l'aide de 49.3 fort peu démocratique et respectueux du parlement, pour ensuite annonçer que le service de transport de personnes UberPOP, symbole des activités nouvelles liées aux développements d’internet, des smartphones et des réseaux sociaux, devait être « dissous et déclaré illégal », comme le remarque Nathalie MP (3) ? 

En réalité, c'est juste un masque qui tombe. Celui de l'alignement de certains intérêts. N'allons même pas juqu'aux analyses qui cherchent à déterminer si il existe un lien entre la G7 et le PS. 



Après tout, l'ex UMP, aujourd'hui les Républicains, s'est elle aussi montrée incapable ou en tout cas non désireuse de solutionner un problème identifié ... en 1959 par le rapport Armand-Rueff.
Non, prenons simplement les faits : les bénéficiaires de rentes, souvent liées à l'organisation du pays depuis la Seconde Guerre Mondiale, affichent clairement leur mépris du client, surtout quand la loi est de leur coté. Les taxis sont la caricature de cette situation, mais d'autres secteurs sont exactement dans la même situation, pensons à la Sécurité Sociale par exemple.

Combien de temps les français vont-ils accepter ce genre de situations ?
Le succès de toutes les alternatives aux taxis, que ce soit Uber, UberPop, les autres compagnies de VTC, les motos taxis (4) ou le covoiturage prouve bien que les français attendent de l'Etat qu'il se préoccupe plus de sécurisation des biens et des personnes que de la préservation de monopoles légaux (5) !






(1) Vous reprendrez bien un peu de socialisme ? La France s’überisera ou mourra 25 juin 2015
(2) Ordre Spontané Ne tirez pas sur le taxi 25 juin 2015
(3) Nathalie MP POPérisons la France au lieu de la paupériser dans l’Etat providence 27 juin 2015
(4) Libres ! 100 auteurs, 100 idées - Stanislas Mozoluk, Taxi! Vous êtes libre ?
(5) Parti Libéral Démocrate Légalisons UberPop, protégeons les personnes et les biens 25 juin 2015

jeudi 25 juin 2015

Taxis Parisiens, nous avons reçu votre message 5/5



Il est également bon de rappeler que les taxis se revendent entre eux à prix d'or des licences distribuées gratuitement par l'Etat.

Taxis parisiens, vous donnez raison à cet internaute qui vous déteste et l'a fait savoir sur Facebook (150 000 likes ...).

mercredi 17 juin 2015

Il y a 130 ans, la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis

Vous avez vu le Doodle du jour ? 


Il y a 130 ans la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis pour célébrer le centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine, et en signe d’amitié entre les deux nations (1), et Google célèbre cela aujourd'hui.

L'occasion de se rappeler que le libéralisme, il vient de chez nous, pas d'outre Atlantique, même si notre pays se traduit souvient par une réelle obsession anti-libérale (2), et l'occasion également de se souvenir que chez nous aussi, il y a une statue de la liberté !





jeudi 4 juin 2015

Mais au fait, libéral, tu votes pour qui ?

Une question récurrente qui revient, quand on interroge un libéral, c'est "mais finalement, à force de critiquer les socialistes de gauche (Parti Socialiste) ou les socialistes de droite (Les Républicains) (1), tu votes pour qui ?"
Egalement publié sur Contrepoints
Bonne question ! A commencer par le cas de l'élection reine en France, la présidentielle. Et attention à la réponse ! Si tu as le le malheur de répondre "ni le PS, ni les Républicains" (ce que dans ton esprit veut dire ni pour les socialistes de gauche, ni pour les socialistes de droite), gare aux réactions qui sont invariablement du type :"mais tu es Front National !"

Répondre à la question "tu votes pour qui ?" c'est se poser la question de l'existence de politiciens , dans le paysage politique français, pour qui la politique, c'est, par exemple, de "permettre à des couples gays de pouvoir défendre les plans de marijuana qu'ils cultiveraient sur leur propriété, avec leurs propres armes à feu (2)", ou, autrement dit, défendre toutes les libertés qui ne nuisent pas à autrui. Evidemment, depuis que Madelin a quitté la politique, ils se font rares, même si le Parti Libéral Démocrate a repris le relais. 

Les libéraux français qui, dans l'absolu, ne veulent pas prendre le pouvoir mais le rendre (3), (comme le rappelle les Libertariens), sont pour la majorité d'accord avec le constat de Ghislaine Ottenheimer (4) qui note que notre pays souffre spécifiquement d'un problème : le fonctionnement de nos institutions et le fait qu’un seul homme, le président de la république, monarque républicain, décide de tout sans pourtant parvenir à mener à bien les réformes nécessaires (et ce quelque soit sa couleur politique, son profil ou sa volonté). 
Ensuite, les libéraux français regrettent également cette stupide et artificielle bipolarisation de la vie publique, conséquence directe de ce focus sur la présidentielle. Cette bipolarisation entraîne un certain nombre d'incongruités, telles que le regroupement à gauche comme à droite de personnalités pourtant, idéologiquement parlant, absolument incompatibles entre elles. En effet, quel lien entre Guaino et Raffarin, Peltier et le Maire, Morano et la Raudière, Emmanueli et Macron, Lienemann et Blisko ou Jego et Bourlanges ? Les partis politiques ne brillent pas par leur cohérence !

Comment faire de la politique tout en se situant dans le champ post-politique (5) et avec la petite dose d'idéalisme que suppose le rejet de l'artificielle bipolarisation de la vie politique ?  

Voila le paradoxe du vote libéral : identifier les politiciens qui accepteront qu'il y ait aussi peu d'Etat que possible, et autant que nécessaire. Etant donné la propension des hommes (et femmes) politiques à s'accaparer toujours plus de pouvoir, pas facile d'avoir confiance !

Si, déjà, les partis politiques PS et les Républicains parlaient de responsabilité, la leur et celles de leurs membres qui, globalement, ont tous cogéré la France depuis les années 80, sans oublier la responsabilité des français qui non seulement n'hésitent pas à valider les politiques catastrophiques que les politiciens mènent, peut être que cela irait mieux. Car, oui, tout n'est pas entièrement de la faute des élus. Malgré tous les défauts de notre pays, nous sommes en démocratie, et le choix des élus est libre, même s'il est contraint par les règles de la vie politique.
Comment cela se fait que les français votent pour des repris de justice, des pourris, des incompétents, mais aussi pour des gens qui, par leurs actions, mettent sciemment le pays et ses finances publiques en danger ? Que les socialistes de gauche ou de droite votent, années après années, des budgets en déficit (et donc une dette en hausse), soit, mais comment se fait-il qu'ils soient reconduis ?
Est-ce une déviance du suffrage universelle, qui fait que les bénéficiaires des politiques publiques ne sont pas les payeurs, ou une illustration du court termisme de la politique dans son ensemble ?

Par défaut, un libéral sera donc amené à voter blanc, surtout à un deuxième tour de présidentielle socialisme de gauche/socialisme de droite - Hollande/Sarkozy. Il n'y a aucune différence de fond entre les deux hommes, qui se veulent providentiels, ni avant l'élection, ni après. Sarkozy avait gommé ses mesures intéressantes avant 2012, telles que la loi TEPA, quand il ne renie pas ses quelques mesures libérales (l'auto entrepreneur), inspiré qu'il est, hier comme aujourd'hui, par l'idée que décidément, c'est à l'Etat de s'occuper de tout. Hollande, n'en parlons pas. Lui au moins assume son dirigisme. Et les deux hommes ont les mêmes déficits, la même liberté prise avec les règles européennes (qu'ils ont pourtant tous les deux voté), etc.

Plus intéressantes, peut être, sont les élections locales et européennes. Au niveau local, que ce soit la ville ou la région, d'une part, la proportionnelle est de mise, et, d'autre part, la démocratie locale et directe peut parfois jouer après l'élection. Quand au niveau européen, non seulement c'est le seul pertinent, mais en plus il permet de retrouver une meilleure représentativité de tout le spectre des idées politiques, de l'extrême gauche antilibérale à l'extrême droite anti libérale, en passant par les sociaux démocrates, les écolos, les libéraux et les conservateurs.

Pour les prochaines élections, les régionales, les choses sont simples : le Parti Libéral Démocrate présente des listes (6). Si on pense que l’arrêt de la hausse de la fiscalité, l'amélioration de la qualité de service des RER, l'autonomie des établissements scolaires sont des priorités, c'est clairement pour Aurélien Véron qu'il faudra voter en décembre prochain.
Mais au delà, en ce qui concerne les élections qui intéressent les sondages ? Dans un système comme le notre où les politiciens sont en même temps des hauts fonctionnaires la plupart du temps, jamais le reflux de l'Etat ne se fera, ni même une vraie fédéralisation européenne de la vie politique française. Tant que Bercy (la fine fleur des énarques) aura la capacité de racketter taxer le contribuable, nous continuerons à subir ce cadre jacobin : les hauts fonctionnaires ne vont pas d'eu-même scier la branche sur laquelle ils sont assis !

C'est pourquoi le jeu démocratique implique, plutot que de s'abstenir, de tenter de constituer des majorités de bon sens, projet par projet (un peu ce que propose Jean-Christophe Fromantin (7), le député maire de Neuilly) et de permettre à une jeune classe politique, déterminée car indépendante, d'émerger. Ça prendra du temps ! Mais après tout, il a aussi fallu du temps pour que Margaret Thatcher arrive au pouvoir, que le Parti Conservateur devienne libéral et surtout que les britanniques acceptent et soutiennent des réformes !





jeudi 21 mai 2015

lundi 18 mai 2015

Qui incarne les idées libérales ?

Avez-vous vu ce sondage sur la perception du libéralisme en France ? Il est certes inquiétant pour les libéraux, mais aussi et surtout pour les français, car ils souligne à quel point nos concitoyens se font une idée fausse du libéralisme.

Un socialiste de droite (Nicolas Sarkozy), un deuxième socialiste de droite (Alain Juppé), un jacobin autoritaire (Manuel Valls), et une extrémiste de droite dont le programme économique est calqué sur celui de l'extrême gauche de Mélenchon (Marine le Pen) : le sondage de l''Opinion montre que les libéraux, c'est à dire ceux qui veulent moins d'Etat et plus de libertés, ont encore beaucoup de travail. 

En quoi Nicolas Sarkozy ne serait-il pas libéral ? C'est simple. D'une part, c'est lui même qui le dit : une de ses déclarations phares, c'est le célèbre « Le rêve français, c'est une France où la réussite est au service de la solidarité. » (1) qui trahit son étatisme. Ensuite, en 5 ans de pouvoir, voir 10, il n'y a quasiment pas eu de mesures libérales, en dehors du statut de l'auto entrepreneur et de l'autonomie des universités (2). Et encore tout récemment, Sarkozy n'a t-il pas appelé à voter en faveur de la loi renseignement poussée par Urvoas, Valls et Cazeneuve ? En 2012, les libéraux n'ont pas voté pour celui qui a déclaré qu'il n'était pas libéral et qu'il ne partageait pas les ideaux de liberté et de responsabilité chers à Alain Madelin (3). Ce qui était vrai en 2006 (4) est resté vrai en 2011 (5).

En ce qui concerne Marine le Pen, sa présence dans ce classement est encore plus risible. Elle et son conseiller Florian Philippot se réclament du "Chevenementisme", et proposent un état fort dans tous les domaines, pas du tout restreint à la gestion des missions régalienne. Gaspard Koenig a comparé le programme officiel du Front national à celui du Front de gauche. Ils sont en grande partie interchangeables (6) !

Le libéralisme, c’est une philosophie politique née au siècle des lumières et affirmant la propriété de soi : c'est-à-dire  le droit à la vie et à la sûreté, le droit à la liberté, le droit à la propriété (7).

Celles et ceux qui incarnent le libéralisme, c'est évidemment les personnalités du Parti Libéral Démocrate (Aurélien Véron, Anne Bourdu, Louis-Marie Bachelot, Ivanne Poussier,  Arnaud Dassier, Christine Singer, Thierry Tsagalos, Nelly Guet, Yassin Lamaoui ...), l'écrivain Gaspard Koenig et les centristes tels que  l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, l'élu UDI parisien Christian Saint-Etienne, l'UMP Hervé Novelli, la députée européenne Modem Sylvie Goulard, le politologue Dominique Reynié, la députée UMP Laure de la Raudière, le député UDI Hervé Morin ou le sénateur maire PS de Lyon Gérard Collomb.

Il faut vraiment que les français soient totalement désinformés par l'antilibéralisme de l'UMP, du PS et des deux Fronts (de Gauche et National) pour qu'ils assimilent Valls, le Pen ou Sarkozy à  Margaret Thatcher ou à Alain Madelin. Il est vrai que dans un pays que certains n'hésitent pas à qualifier d'ultra libéral ... malgré les 57% du PIB qui passent par la dépense publique !
Heureusement qu'au niveau Européen, le libéralisme est bien représenté, de la Pologne (Donald Tusk président du Conseil européen) aux Pays Bas (Mark Rutte, premier ministre), en passant par le Royaume Uni (8), comme ça, la droite et la gauche française pourront voir qu'il existe bien une alternative au socialisme et au dirigisme. 

Mais alors, direz-vous, la présidentielle 2017 ? Mais la réponse est simple : le focus sur la présidentielle n'a aucun sens. Une des raisons pour laquelle la France est aussi socialiste, c'est son attachement à la monarchie républicaine et au jacobinisme (9). C'est pourquoi, en 2017 comme en 2012, les libéraux voteront surement soit blanc à la présidentielle, soit pour le candidat qui promet le moins d'interventionnisme (c'est difficile d'en trouver) mais surtout pour un réseau d'élus locaux et européens prêts à être de vrais contre-pouvoirs face à la toute puissance dévastatrice d'un Etat hors de contrôle. 


(1) Wikiberal Nicolas Sarkozy
(3) Le Cercle des Libéraux Nicolas Sarkozy, qu'en pensent les libéraux 
(4) Le Libéralisme Expliqué Sarkozy libéral ? 2 novembre 2006
(5) Nouvelles de France Ces libéraux qui ne voteront pas pour Nicolas Sarkozy en 2012 17 novembre 2011
(6) Génération Libre Read  Le FN, parti Hard Left 23 février 2014
(7) Dantou Le libéralisme pour les nuls 
(8) Le blog du Duff La réélection triomphale de David Cameron est une leçon et pas seulement à la droite française 8 mai 2015
(9) Contrepoints « Poison présidentiel » de Ghislaine Ottenheimer 15 mai 2015

dimanche 3 mai 2015

Retour sur "En finir avec le #libéralisme à la française" de @guillaumesarlat


Le point de départ de l'auteur, c'est de dire que :

  • comme la France des années 80 a libéralisé les marchés financiers
  • comme la France est le deuxieme pays d'Europe pour les LBO
  • comme le CAC 40 arrive à échapper à la pression fiscale
Alors, il existe une France libérale, qui vit aux cotés d'une France sous perfusion publique rendue nécessaire par le fait que tout le monde n'a pas suivi le mouvement.

Aux libéraux d'expliquer à Guillaume Sarlat (et à tant d'autres qui partagent certainement son opinion) que le libéralisme ne doit pas se découper en tranche et qu'il ne peut pas se résumer à un simple mouvement d'autonomisation des grandes entreprises, quand dans le même temps, la dépense publique a augmenté (en valeur absolue comme relative) ainsi que le poids de l'Etat.

L'idée de Guillaume Sarlat, c'est qu'en fait nous devrions former "un tout" national, où les grandes entreprises tireraient les petites, un peu comme si le maintien de General Motors avait permis de soutenir la création de Facebook.

On voit bien que même sous l'angle entrepreneurial, ça n'a pas beaucoup de sens.

Bref, comme craint précédemment (lire En finir avec le #libéralisme à la française ? Réponse à @guillaumesarlat ), l'usage du mot libéralisme prete bien à confusion, et le livre de Guillaume Sarlat est bien une ode à l'état stratège.

lundi 27 avril 2015

Bientôt les fameux ponts de mai ? Profitez en pour lire !

Des auteurs libéraux, il y en a beaucoup, de toutes les périodes, de toutes les nationalités. Et tous ne sont pas recommandés quand on cherche à profiter de ses congés ;-).
D'autre donnent l'impression d'apprendre des choses, facilement. 

Quiconque lit la pétition des marchands de chandelle de Frédéric Bastiat ne peut qu'être frappé par le bon sens qui consiste à défendre la libre concurrence.

Mais peut être qu'un auteur décédé il y a 165 ans vous apparaît comme trop éloigné des réalités d'aujourd'hui, bien qu'encore une fois, en ce qui concerne Bastiat, le style est clair.

Alors, si on devait recommander deux auteurs, il y en a peut-être deux qui sortiraient du lot ces jours-ci : Daniel Tourre et Gaspard Koenig.



Daniel Tourré, il a fait un travail énorme, tant sur la forme que sur le fond, pour démonter les clichés sur le libéralisme et expliquer de quoi il en retourne en particulier



C'est simple, Pulp Liberalisme est un must read.

Quand à Gaspard Koenig, il ne ménage pas ses efforts, face aux caméras ou face à un ordi, pour rappeler que le libéralisme est d'autant plus une bonne option pour la France, notre pays, que nous en sommes à l'origine.



Gaspard Koenig a une liste impressionnante d'essais et de romans à son actif, et le dernier, le révolutionnaire, l'expert et le geek, promet d'être au niveau



Enfin, n'oublions pas le collectif la Main Invisible et "Libres ! 100 auteurs, 100 idées" (1 et 2).


Libres par caccomo

Vous trouverez des critique chez Contrepoints, les Libertariens, Cattalarchiste, Purengy ...


Bonnes lectures !

vendredi 24 avril 2015

En finir avec le #libéralisme à la française ? Réponse à @guillaumesarlat

Avez-vous entendu parle du bouquin de Guillaume Sarlat, "En finir avec le libéralisme à la française" ? La presse en a pas mal parlé, du Monde au Figaro, en passant par Marianne . 

Et peut-être que vous n'avez pu réprimer un sourire, pour ne pas dire une franche rigolade, en lisant les interviews de cet énarque polytechnicien (mais pourtant français de Londres) qui nous dit que :
  • La France n’est, selon lui, « ni en faillite ni au bord du chaos »
  • Libéralisme et Etat social se nourrissent mutuellement
  • Sur le plan économique, la France est très libérale
  • L'Etat n'a aucune stratégie industrielle. 
  • L'Etat a libéralisé depuis les années 80 tous les marchés - biens, services, secteur financier -, confiant ensuite leur régulation technique à des agences indépendantes.
  • L'Etat a multiplié les règles fiscales et sociales, et notamment le droit du travail mais il est assez facile pour les grands groupes multinationaux de les contourner
En fait, plus que du rire, c'est de la colère que l'on peut ressentir à la lecture de sentences pareilles. En effet, voila une personne dont le pédigree intellectuel rend son discours crédible (en tout cas par la presse) et qui use de qualificatifs exactement inverses de ce qu'il décrit, crédibilisant la thèse socialiste du méchant complot ultra giga néo libéral mangeur de chatons. 
L'Etat de la France, le voici, et il est implacable, comme le rappelle Vincent Bénard, du Parti Libéral Démocrate : 
  • 57% de dépense publique par rapport au PIB
  • Existence d'une carte scolaire
  • Sécurité sociale obligatoire 
  • Code des impôts et du travail en folie, existence de l'ISF
  • Sols ultra zonés, loyers encadrés, quotas de logement social
  • Banque Publique d'Investissement et Caisse des Dépots et Consignations omniprésentes ds l'économie
  • Presse subventionnée, agriculture subventionnée 
  • VTC persécutés
  • Cannabis réprimé
  • projet de loi sur le renseignement, liberticide
  • Politiciens corrompus en liberté, 
  • Petits commerçants/artisans étranglés par le RSI
Oui, la France, ultra étatiste, est très loin du libéralisme, qu'il soit "économique" ou "sociétal", pour ceux qui font la distinction. et l'Etat ne lâche rien, au contraire. Il y a bien toujours plus d’impôts, toujours plus de réglementations, toujours plus d'interdictions, toujours plus de lois. 

Un livre n'est pas forcément fait pour réagir à l'actualité, mais si on regarde ce qui s'est passé en seulement deux ou trois semaines, qui peut parler de libéralisme en France, entre un ministre de l'économie qui fait acheter des actions Renault avec un argent qu'il n'a pas, une ministre de la santé qui explique aux français quel poids ils doivent peser ou un ministre de la justice qui ne réagit pas
 aux violations du principe de séparation des pouvoirs induites par le projet de loi renseignement ?

Dans une France libérale, Guillaume Sarlat observerait ce qu'il peut voir de ses propres yeux à Londres, tel que la mise en concurrence des lignes de bus (y compris avec la RATP pour gérer certaines lignes de bus londoniennes), le désintérêt total du gouvernement envers la nationalité de tel ou tel actionnaire, même pour le ramassage des poubelles ou la gestion des aéroports. Il verrait aussi que le maintien de certaines portions d'autoroutes allemandes sans limitations de vitesse,  la dépénalisation de la consommation du cannabis au Portugal, l'absence de SMIC en Autriche ou la privatisation des chemins de fer en Suède ne font pas de ces pays, nos partenaires au sein de l'UE, des zones dignes du far west.

En finir avec le #libéralisme à la française, par @guillaumesarlat? Comme le note Libertas (1), ce titre, il fallait oser ! Avec une dépense publique de 57% du PIB, la France, ce pays ultra-libéral...?

En revanche, cet essai a deux intérêts. D'une part, il permet de rappeler que le libéralisme, ce n'est pas le capitalisme de connivence, ni même la réussite financière de 40 entreprises qui sont bien plus internationales que françaises.
D'autre part, il permet de comprendre un des problèmes de notre pays : ses élites ont un biais assez incroyable envers la macro économie, qui leur fait appréhender la situation du pays à travers des grands agrégats, et autres entités connectées à l'image qu'ils ont de l'Etat. Comment peut-on disserter sur la France après avoir conclu à la bonne santé du CAC 40 ? 

Comme il n'y a pas de le #libéralisme à la française avec lequel il faudrait en finir, suggérons un autre titre pour le prochain livre de Guillaume Sarlat : En finir avec l'étatisme à la française.

Quand à toutes celles et tous ceux qui ont ri à la lectures des thèses de Guillaume Sarlat, n'hésitez pas à aider le Parti Libéral Démocrate à présenter son projet libéral pour la France, ou au moins à faire entendre l'idée que la France n'a rien de libérale.

Pour faire découvrir le libéralisme, recommandez plutot deux autres auteurs : Daniel Tourre, Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants aux éditions Tulys http://editions-tulys.fr , ou le collectif la Main Invisible, 100 auteurs, 100 idées, auteur de Libres ! et Libres 2 !








vendredi 17 avril 2015

1984 était finalement le projet politique de l'actuelle majorité socialiste ?

Quand on pense que Hollande a été, rappelons le quand même, élu pour "réparer" et "apaiser la France", "abîmée par 5 ans de Sarkozysme". Plus précisémment, c'était "la République et notre démocratie" qui auraient souffert (1). 

Rappelez-vous quand le PS défendait les libertés sur Internet (2) ou quand il voulait lutter contre l'extension du secret défense (3) ? 
Aujourd'hui, qu'avons nous ? N'est-ce pas le même PS qui transcrit à la virgule près le "roman" (d'anticipation) de George Orwell, 1984 ? 

Ecoutez le ministre de l'intérieur dire que la vie privée ne fait pas partie des libertés. 



Honnêtement, si de tels propos avaient été tenus par Hortefeux sous le précédent quinquennat, n'y aurait-il pas des manifs dignes de décembre 1995 pour bloquer le pays ? 

Il y a tant de choses surprenantes chez tous ces militants "de gauche", comme leur silence face au maintien des destructions de camps de Roms, la poursuite des arrestations de "sans-papiers", la persistance des bavures policières, l'incapacité à dénoncer, pour certains, le danger que recèlent toutes ces lois "anti terroristes", ou, plus anecdotiquement,leur acceptation de voir le président de la république utiliser le pavillon de la Lanterne et Air Sarko One comme si de rien n'était ? Et au delà de tout ça, où est leur rejet de l'Etat Big Brother qui vient (4) ? 

Puisque la gauche socialiste a légalement été élue, comment cela va t-il se terminer ? La blogosphère et les twittos reflètent bien toutes ces inquiétudes que l'on peut légitimement avoir ...! 


Notre pays, La France, prend une trajectoire très inquiétante (5), et les libéraux ne sont pas les seuls, loin de la, à le dire !

vendredi 10 avril 2015

Loi Macron, #PJLRenseignement : cette droite qui assume totalement son antilibéralisme

Le libéralisme, c'est quoi ? Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique (1) visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). Depuis plusieurs siècles maintenant, le libéralisme a instauré la démocratie, fondée notamment sur le principe de séparation des pouvoirs et l'existence de contre-pouvoirs, et a  rendu possible le développement d'une économie libre, fondée sur les droits de propriété et la concurrence. Quels que soient leurs nuances et leurs débats, les libéraux s'accorderont tous à dire que la base de tout, c'est l'individu, et le respect de ses droits naturels (la liberté, l'égalité, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression, tous contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (2)).
Les philosophies étatistes, elles, prônent exactement l'inverse. Elles n'accordent aucune importance à l'individu. Par exemple, pour le socialisme, il n'y a pas d'individus avant tout, il y a d'abord une "société" (3), et pour le national socialisme, la société doit se confondre avec son état, un peu comme quand on explique que la nation française et l'état français, c'est la même chose. 

Depuis 1789, les principes libéraux ont été largement altérés par une progression continue de l'intervetionnisme public, dans toutes les sphères, à tous les niveaux. Mais on aurait pu croire que cet interventionnisme ne serait pas défendu par tous et que le jeu de la démocratie permettrait de présenter sur le spectre politique des opinions alternatives au "toujours plus d'Etat" qui semble si ancré en France. 
Il n'en n'est rien. 
Les médias disent fréquemment que les différents courants de la droite, y compris le Sarkozysme, sont libéraux, et que quand le PS s'éloigne de son extrême gauche pour aller vers le Vallsisme, il devient "social libéral". Mais la encore, il n'en n'est rien. 
Il y a une conséquence fabuleuse au bipartisme qui découle des institutions de la Veme république : les députés se retrouvent à devoir voter contre ce qu'ils pensent. C'est vrai de la gauche, qui se voit obligée de voter des projets de loi en totale contradiction avec le discours du Bourget de François Hollande, par exemple, mais c'est vrai aussi de la droite, qui pinaille sur la loi Macron, mais valide la loi sur le renseignement ...
Mais dans le cas de la droite française, il est vrai que les institutions ne sont pas seules en cause. Elles agissent, en ce qui concerne certains, comme un véritable révélateur de l'antilibéralisme qui anime en réalité l'esprit d'un grand nombre de députés UMP et UDI. Ne parlons même pas du Front National, il est aligné sur son alter ego le Front de Gauche. 

Ainsi, il y a deux gros projets de loi qui devraient, en ce moment, retenir toute notre attention. Ils semblent un peu plus important que les affaires internes à la famille le Pen, ou le fait que telle tenniswoman soit enceinte. 
Le premier de ces projets de lois, c'est le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (dit loi Macron) (4). 
Le second de ces projets de lois, c'est le Projet de loi renseignement:
On pourrait ajouter à cette liste le projet de loi santé (dit loi Touraine). 
Ces projets de loi n'ont pas la même philosophie, même s'ils émanent tous d'un gouvernement socialiste. 

Macron souhaite transcrire dans le droit français certaines des conclusions du rapport Attali, celui qui était censé servir de livre de chevet à l'ancien président de la République. Certes, il ne s'agit absolument pas d'un big bang comme aurait pu le faire Margaret Thatcher, mais le Parti Libéral Démocrate (5) aussi bien que Jean-Christophe Fromantin (UDI) (6) l'affirment : c'est un pas dans la bonne direction. 
Alors quand on voit des élus de droite et du centre comme Morin-Desailly, Estrosi ou Huygues amender la loi Macron pour "encadrer le moteur de recherche Google" (7), rejeter la privatisation des aéroports régionaux, être plus à gauche que le gouvernement sur le don du sang (comme si sa libéralisation était un danger (8)) et défendre les professions réglementées (9), on voit bien ce qu'il en est : au delà des postures politiciennes, la droite n'est, à quelques exceptions prêt (Hervé Mariton, Frédéric Lefevre) pas vraiment prête à une révolution libérale. Mention spéciale, dans ce contexte, à leur chef qui se déclare maintenant contre les auto entrepreneurs, pourtant l'une des rares mesures libérales du précédent quinquennat  !
Voila où en est l'UMP : à rejeter une loi qui vise, dans l'ensemble, à commencer à libérer un peu l'économie française de son carcan, elle qui, en 10 ans, n'a su ni réformer les professions réglementées, ni supprimer les 35 h, ni mettre en concurrence la Sécurité Sociale, ni supprimer le code du travail. 

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas , rapporteur du projet de loi renseignement, et le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, tous deux membres du PS, sont eux dans une tout autre optique qu'Emmanuel Macron. Le but explicite du projet de loi renseignement (10), un piratage informatique légalisé et généralisé, est de renforcer les moyens d'action des services de renseignement via l'usage d'outils de surveillance, sans l'aval d'un juge, dès lors que cette quête répond « aux intérêts publics suivants » :
  • La sécurité nationale
  • Les intérêts essentiels de la politique étrangère
  • Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France
  • La prévention du terrorisme
  • La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous
  • La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  • La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique.

Le principe de base de ce projet de loi, c'est que les "honnêtes gens" n'ont rien à cacher, et qu'il faut sacrifier nos libertés au profit de plus de sécurité. 


Ce projet de loi a été dénoncé par un grand nombre d'organisations dont le souci est la protection des droits de l'homme (11): Amnesty International, la Quadrature du Net, Reporters sans frontière, le Syndicat de la Magistrature (!), la ligue des droits de l'homme, la CNIL, Charlie Hebdo. Au niveau politique, le Parti Pirate, le Parti Libéral Démocrate (12), le Parti de Gauche s'opposent aussi à ce projet de loi, mais en revanche, l'UMP, elle, "votera le texte". 



Protéger les libertés civiles, c'est faire de la politique politicienne ?  Étrange raisonnement de la part de quelqu'un qui est obligé de téléphoner sous pseudo avec des mobiles prépayés pour parler à son avocat et qui sait, de par son vécu personnel, que l'Etat use de moyens à la légalité douteuse à des fins politiciennes, notamment en écoutant des conversations entre un avocat et son client.
Nul ne pourra dire qu'il ne savait pas, même les députés UMP. Et les mêmes qui défendent le projet de loi renseignement aujourd'hui, sont aussi ceux qui vont nous parler de cabinet noir ou d'acharnement du public sur la transparence quand leur vie privée sera étalée demain ?

Y a t-il une opposition libérale en France aujourd'hui, qui soutiendrait le gouvernement quand il desserrerait le carcan étatique qui enserre l'économie mais le rappellerait à l'ordre quand ce même gouvernement serait tenté par des mesures liberticides ? En dehors de quelques rares députés qui parfois se distinguent à droite (*), on peut dire que non. L'UMP est totalement alignée sur l'ultra étatisme de la gauche socialiste, celle qui, comme les conservateurs de droite, rejettent la loi Macron mais soutiennent le projet de loi renseignement. Que la presse cesse donc de parler du supposé (ultra) libéralisme de la droite.
En attendant que le Parti Libéral Démocrate ait des élus au Palais Bourbon, nous semblons enfermés dans un dialogue entre étatistes et dirigiste pour qui la libre concurrence et la séparation des pouvoirs ne sont pas des concepts importants. 





(1) Wikilibéral Libéralisme 
(3) Parti Socialiste Nos valeurs
(4) Assemblée Nationale projet de loi pour la croissance et l’activité. 11 décembre 2014
(5) Parti Libéral Démocrate Encourageons Macron à aller plus loin 6 janvier 2015
(6) Jean-Christophe Fromantin Loi Macron : ce n’est pas une révolution mais avançons … 16 février 2015
(8) Le French Libertarien Libéralisation du don du sang 12 février 2015
(9) Sans langue de bois Loi Macron : l'UMP soigne ses professions réglementées 30 janvier 2015
(12) Parti Libéral Démocrate La loi sur le renseignement mettra fin à la vie privée des français 17 mars 2015
(*) Si ce n'est déjà fait, suivez et encouragez Laure de la Raudière sur Twitter et  Facebook.