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mercredi 21 janvier 2015

222 ans après l'assassinat de Louis XVI, Louis XX au pouvoir ?

Le 21 janvier 1793 à 10h22, Louis XVI est guillotiné place de la Concorde (1), ayant été déclaré coupable de trahison pour ne pas avoir respecté son rôle constitutionnel, pour avoir manœuvré secrètement contre la Révolution et pour avoir tenté de fuir la France en juin 1791. 
Faut-il, 222 ans après cette exécution, revenir sur cet épisode de l'histoire de France, alors que tout particulièrement ces jours-ci, on nous a beaucoup parlé de "la République et de ses vertus" (2) ? 

Se souvenir de la mort de Louis XVI, c'est d'abord avoir un regard lucide sur la Révolution Française. 
Il y a eu des idées libérales dans la Révolution Française (3), incontestablement, et on peut être fier de cet héritage : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la nuit du 4 Août et l'abolition des privilèges ou encore la loi le Chapelier (4) sont des avancées.
Mais la Révolution a rapidement été prise en otage par des terroristes (5), d'inspiration socialo-communiste pourrait-on dire aujourd'hui. L'empressement qu'a récemment eu Jean-Luc Mélenchon à défendre le peu recommandable Robespierre (6), personnage admiré par les dictateurs communistes de tout poil (7), montre qu'il n'y a pas eu un seul bloc idéologique pour inspirer et conduire la Révolution Française. Cette dernière n'a pas représenté que des avancées, donc. La Révolution, c'est aussi le déni de la propriété privée, la germanophobie et des épisodes génocidaires dont on ne parle toujours pas aujourd'hui. Jusqu'en 2014, la France a toujours eu du mal à admettre qu'à de nombreuses reprises de son histoire, elle a perpétré des massacres de masse passés sous silence (les noyades de Vendée (8) ou ou le passage au napalm d'une partie du Cameroun (9) notamment) 
Se souvenir de la mort de Louis XVI, c'est aussi cela : voir la France comme elle est, avec ses zones d'ombres et de lumière.


C'est ensuite se rappeler le danger des crises financières et du problème que représentent les déficits publics. On ne rappellera jamais assez que la plus grosse erreur de Louis XVI, outre le fait qu'il ait été victime de la conjoncture économique, c'est de ne pas avoir écouté son ministre des finances, Turgot (10). Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne, avait pourtant bien briefé Louis XVI : "il faut laisser faire, laisser passer" (une maxime lancée par son ami Vincent de Gournay) et la France a besoin de finances saines" fondées sur un budget équilibré et des impôts moins injustes (11). Une des fautes majeures de Louis XVI, c'est de ne pas avoir lu et appliqué la célèbre lettre de Turgot à son roi (12). Le libéralisme que Turgot proposait à Louis XVI, qui l'a refusé, fait écho à la situation actuelle, dans laquelle le président Hollande est à la fois poussé par la réalité économique (2000 milliards d'euros de dette et 32% de déficit public (13)) et par les institutions telles que les traités européens. 

Du coup, on peut se demander ce que ferait un roi, actuellement, à la tête de la France. 
Commençons par une évidence : si la France de 2015 devenait une monarchie, cela n'aurait rien d'un anachronisme. Nombre de nos partenaires (Belgique, Luxembourg, Pays Bas, Suède, Royaume-Uni) sont des monarchies, sans pour autant qu'elles vivent dans le moyen-age. 

Un roi à la tête de la France, que ce soit Louis de Bourbon, duc d'Anjou ("Louis XX") ou Jean d’Orléans, duc de Vendôme ("Jean de France"), amènerait un premier avantage pour la France : la fin de l'exception présidentielle et la possibilité d'un retour à un régime parlementaire. Un certain nombre de politiciens, dont le centriste Hervé Morin (14), l'ont parfaitement diagnostiqué : la France souffre du présidentialisme et de tout ce que cela implique pour la vie politique française. De Gaulle, à la faveur d'une situation exceptionnelle, avait pu se tailler des institutions sur mesure, mais n'est pas de Gaulle qui veut. Les deux dernières présidences, Sarkozy et Hollande, soulignent le fait que la présidentielle donnent à des personnes ni décisives sur le plan des idées, ni exceptionnelles sur le plan des capacités, un pouvoir disproportionné et un droit sur nos vies sans lien avec la liberté à laquelle nous aspirons tous.  

Un roi à la tête de la France amènerait un second avantage théorique : la baisse du coût de fonctionnement de l'Elysée. En effet, on sait que la France souffre de l'excès de courbette de l'ensemble du système politico-administratif devant le pouvoir du Président de la République, le chef transitoire de la caste des 500. Comment se fait-il que l'Elysée coûte plus aux français que ce que le Buckingham Palace coûte aux britanniques (15) ? 
Est-ce qu'on peut admettre le fait qu'Anne Hidalgo, une jeune retraitée cumularde quinquagénaire, ait besoin d'un fonctionnaire porte parapluie quand elle reçoit la Reine Elisabeth II qui, elle, porte elle même son parapluie (16) ? 
Peut-on si facilement accepter le fait qu'après avoir vertement critiqué l'usage par Sarkozy du pavillon de la Lanterne à Versailles ou l'aménagement d'Air Sarko One, les socialistes se taisent maintenant que Hollande utilise lui aussi le pavillon de la Lanterne à Versailles ou Air Sarko One ? 
Est-ce que, dans une république démocratique où, théoriquement, seuls les fonctionnaires, c'est à des des gens recrutés de manière officielle pour effectuer une mission précise (quelque soit la légitimité de cette mission, c'est un autre débat), le Président de la République attribue, de son propre chef, des centaines de milliers d'euros à sa concubine du moment pour financer un cabinet avec attaché de presse et autres collaborateurs ? 

La restauration royale n'est pas pour tout de suite. Déjà, la critique du Parti Socialiste était qualifiée, par la majorité actuelle, d'attaque contre la République et donc contre la France, dans une contestable assimilation de la France en tant qu'état à la nature de son régime politique, sans parler de la nation (comme si la France n'existait pas avant 1789, cf le discours de Louis XX (17)). En revanche, les questions que l'on peut se poser demeurent. Nul doute que les personnes qui se réuniront ce mercredi 21 janvier 2015 notamment place de la Concorde à 10h ou à Saint Germain l'Auxerrois à midi les auront en tête. De la à afficher, comme le Salon Beige (18), nous sommes tous Louis XVI ...




(3) Wikilibéral Révolution française
(4) Contrepoints Logique libérale de la Révolution française 29 mars 2011
(5) Contrepoints Quand le terrorisme était une valeur républicaine 19 janvier 2015
(6) Le Parisien Libéral Il est temps de débaptiser la station Robespierre 13 novembre 2014
(8) Atlantico Et le génocide vendéen, alors ? 28 décembre 2011 
(10) Institut Coppet Turgot, une pensée française. Par Damien Theillier 7 juillet 2012
(12) Médiapart La lettre de Turgot au roi Louis XVI 17 septembre 2010
(13) Libertarien TV Le déficit public est de 32% et non 4% 10 décembre 2014
(14) Nouveau Centre UDI - section Orne Hervé MORIN : "En finir avec l'élection présidentielle au suffrage universel direct" 20 octobre 2013
(16) Le Point La République des (très) mal élevés 10 juin 2014 
(18) Le Salon Beige 21 janvier : commémoration de l'assassinat de Louis XVI 21 janvier 2015

lundi 29 septembre 2014

Mauvaise nouvelle : le sénat repasse à "droite" !

Oui, très mauvaise nouvelle, que cette nouvelle défaite du parti socialiste et ses alliés, dimanche dernier, au Sénat. 
D'une part, la droite crie victoire. 
D'autre part, la gauche obtient une nouvelle excuse. 

En effet, depuis 2012, il y a une mission, et une seule, à laquelle l'UMP devait s'atteler : définir un projet, trouver une ligne politique et en tirer les conclusions en terme de message. On sait que, pendant 5 ans, le gouvernement Fillon a pratiqué du socialisme de droite, pavant la voie pour sa version extrême, le socialisme selon Hollande et Ayrault puis Valls. 
Qui, en effet, peut nier qu'entre 2007 et 2012, Fillon et Sarkozy n'ont pas du tout fait reculer l'Etat mais ont au contraire crée ou relevé une cinquantaine d’impôts et de taxes, nationalisé des entreprises et fait voté toujours plus de lois ? 
Et qui peut nier qu'Hollande, après avoir menti à ses électeurs, pratique peu ou prou la même politique que celle de son prédécesseur ? 
En 2012, il a manqué à Sarkozy les voix centristes et libérales, quand à celles du FN, clairement demandeuses de toujours plus d'Etat, elles sont logiquement allées au mieux disant en la matière, Hollande. Mais aucun bilan n'a été fait.

Aujourd'hui, au Sénat, l'UMP crie victoire. Grave erreur. Seul le FN assume son programme pour le moment. Lors de vraies élections à venir (car rappelons que les sénatoriales sont un scrutin de grands électeurs, donc totalement déconnectées d'enjeux de programmes et totalement liées à du clientélisme), les vrais électeurs, eux, sauront faire le tri. 

De plus, cette victoire de l'UMP et de ses alliés au Sénat est une bonne chose pour le PS et ses alliés : étant donné que le Sénat jouera un certain rôle de blocage (qu'il avait déjà, en réalité), les socialistes de gauche pourront s'abriter derrière cette excuse pour expliquer leurs difficultés.
Quand Hollande est arrivé au pouvoir en 2012, lui et le PS détenaient tous les pouvoirs : Elysée, Matignon, médias (9 journalistes sur 10 ont voté Hollande), la quasi totalité des régions, la majorité des départements, les principales villes (Lille, Paris, Nantes, Lyon ...) etc. 
Il avait donc de quoi mettre en oeuvre son programme.
Maintenant que la droite a regagné du terrain, Hollande pourra toujours dire que c'est du fait de la capacité de nuisance de l'UMP et ses alliés qu'il ne pourra pas mettre en place toutes ses réformes. 

Autrement dit, chaque victoire de l'UMP et de ses alliés d'ici à 2017 renforce Hollande et sa volonté de se maintenir au pouvoir. 

Puisque la "droite" revient, il convient, plus que jamais, pour ceux qui ont une sensibilité de droite, d'être en résistance contre l'UMP, un parti socialiste de droite.
Déjà, la première mesure à faire consiste à renvoyer Nicolas Sarkozy à son bilan (1).
Si l'UMP ne le fait pas, le PS le fera, comme il a déjà commencer à faire. N'est ce pas, à ce sujet, comique qu'un type comme Jean-Marie le Guen vienne donner des leçons ?
Ensuite, il faut que le débat d'idées ait lieu. L'UMP doit-elle être un parti socialiste de droite (étatiste, interventionniste), ou bien un parti conservateur, c'est à dire un peu moins anti libéral sur le plan économique et clairement traditionaliste ? A ce titre, Hervé Mariton, lui, assume ses idées. 
Enfin, les centristes, eux, doivent cesser d'accepter l'idée qui'il puisse y avoir un grand parti de la droite et du centre. L'UDI doit au contraire affirmer que face à une UMP qui serait idéalement de droite, elle assumerait sans ambages les valeurs des centristes et libéraux Européens de l'ALDE/ELDR. Ce n'est pas gagné, surtout avec un Bayrou qui rode. Heureusement, Hervé Morin et Jean-Christophe Fromantin sont sur cette ligne d'indépendance.

Les libéraux, eux, sont toujours invités à rejoindre le Parti Libéral Démocrate (2), qui sera en Université de Rentrée ce week end à Lyon. Plus que jamais, dans un paysage politique ravagé par l'idée qu'il faille toujours plus d'Etat, il faut une voie différente et qui, manifestement, ne prend ni à l'UMP, ni à l'UDI, ni au PS, et ce malgré les efforts de personnalités comme Hervé Novelli, Aurélien Véron ou Gérard Collomb.


(1) H16 Sarkozy : le retour du relou 21 septembre 2014
(2) Parti Libéral Démocrate Universite d'automne 2014

dimanche 15 juin 2014

#UDICN : discours d'@Herve_Morin

CONSEIL NATIONAL DE L’UDI
Samedi 14 juin 2014
Discours d’Hervé MORIN
Président du Conseil national


Mes chers amis,

Pour rédiger mon discours, je cherchais dans notre histoire, récente et moins récente si nous avions déjà été confrontés à une situation semblable : un abîme de morosité et de pessimisme dans une société qui a perdu ses repères et sa confiance et enfin la tentation de la régression nationale.
1992-1993 par exemple, la fin des années Mitterrand, la déliquescence du parti socialiste dans les affaires Pelat/Tapie, le gang des Safranes, des ministres qui ne pouvaient plus sortir de leurs ministères pour aller en province de peur de se faire chahuter, une économie atone. Beaucoup de similitudes donc mais avec une différence de taille. L’opposition était en état de marche. Le RPR et l’UDF étaient là pour assurer l’alternance.

Alors remontons un peu plus loin dans notre histoire politique : 1958. Oui une vraie crise de régime, l’hallali d’une IVème République à l’agonie. L’impuissance de l’Etat et des institutions bancales emportées par la décolonisation. Comme aujourd’hui aussi des finances en mauvais état. Mais là aussi il y avait une différence de taille avec ce que nous vivons aujourd’hui. On avait la croissance, et une croissance à 5% : On avait le plein emploi ! On avait les trente glorieuses ! On construisait l’Europe autour des idées centristes ! On avait des projets plein les cartons qui ont été souvent à tort attribués à la Vème.
Non, vous voyez notre référence pour cette tension démocratique, économique et morale autant que sociale, je dirais c’est plutôt 1934, les affaires avec Stavisky et consorts, les ligues d’extrême-droite qui défilent la canne-épée à la main, la montée des nationalismes, le chômage, la démocratie aux abonnés absents, et la République qui vacille.
On se dit toujours : mais ça ne peut pas arriver. La Vème République est trop solide. Les gens ne laisseront pas faire. Ils réagiront. Je pense qu’à cette époque beaucoup se disaient cela aussi. Et puis un jour de 1940 c’est le vote des pleins pouvoirs à Pétain par une majorité de députés républicains. Et puis un autre jour c’est le putsch des généraux. Et puis un autre jour le Général doit se rendre à Baden pour s’assurer de la confiance des armées. Et on voit alors qu’une démocratie peut vaciller, que la nature humaine peut préférer l’autorité à la liberté, d’autant que beaucoup de nos compatriotes rêvent aujourd’hui de foutre le système par terre.

Oui il est là le sujet et nous devons réagir. Faut-il une 6e République ? Un jour pas si lointain, il faudra se poser la question. Que faire d’un pouvoir qui est une illusion d’efficacité et une réalité de médiocrité ? Ces préfets, ces recteurs, ces directeurs d’administrations centrales, le doigt sur la couture du pantalon mais dont toutes les décisions ne font qu’un clapotis pour nos compatriotes sur l’océan de la mondialisation. Un système incapable de se réformer qui compense en produisant de la norme. Que faire de ce système quasi monarchique qui dégénère, corrode, corrompt notre démocratie ? Que faire de cette élection présidentielle qui rend complètement dingo la classe politique française ? Que faire d’un mode de scrutin qui à l’Assemblée nationale donne à deux partis qui font 35 à 40% des voix la quasi-totalité des sièges ?
Quelques-uns ici, j’en suis sûr, vous allez me dire « tu as raison Hervé mais l’essentiel c’est le chômage, la dette, les salaires, ce ne sont pas les institutions ? ». Et bien vous voyez, ce n’est pas mon avis. Moi je crois qu’il y a un lien très fort entre la déréliction de nos institutions et notamment cette folie de l’élection présidentielle et notre incapacité à reformer et à remettre notre pays dans la bonne direction. Regardez l’Allemagne, il y a bien un lien entre la tempérance et l’équilibre de son système parlementaire et ses résultats économiques ? Oui, même si c’est compliqué car je sais l’attachement des gens à l’élection présidentielle, il faut dire aux Français que la restauration de l’économie, notre capacité à gérer la transition de notre pays vers le monde nouveau, la prise en main des 4 -5 grands sujets majeurs de ce début de siècle passe par une révolution institutionnelle : une VIème République combinant régime parlementaire et fait majoritaire comme le prévoyait la Vème République avant l’attentat du Petit-Clamart et la révision de 1962. Sans changement démocratique profond, on n’arrivera à rien je vous le dis.
Aujourd’hui l’élection présidentielle est devenue non plus le grand rendez-vous démocratique de notre pays mais le grand rendez-vous démagogique. Un immense jeu de farces et attrapes pour quelques gogos qui y croient encore. Et je mets un petit coup de 75% de taxation, une petite dose de fonctionnaires avec 60.000 enseignants, un petit zeste d’écologie avec la fermeture de Fessenheim et voilà le programme, un programme sans cohérence, suintant la démagogie par tous ses pores. Un programme dont évidemment pas une seule des promesses ne se réalisera. Et pendant ce temps, on accuse Marine Le Pen d’avoir un projet qui ne tient pas la route. C’est vrai mais commençons-nous par balayer devant notre porte !
Voilà la réalité de la Démocratie française.

Et voilà pourquoi cette gravité aujourd’hui. Ne soyons pas ceux qui savaient et qui n’ont rien fait. Ne soyons pas ceux qui pouvaient et qui n’ont rien fait. Le PS est en lambeaux, l’UMP est en charpie, mais nous centristes nous sommes debout, vivants, résolus et porteur d’espoir. Oui heureusement il reste l’UDI pour dire non au Front National, oui à la démocratie et oui aux Etats Unis d’Europe – ce qui doit nous mobiliser, c’est de devenir une alternative aux autres partis qui n’écoutent plus, ne voient plus, ne gouvernent plus. C’est aux yeux des Français une force alternative crédible.
Notre formation politique est toute jeune. Et pourtant elle est là, seule au milieu d’un champ de ruine, seul parti démocratique rescapé de ce grand naufrage des européennes.

Et, mes chers amis, cette situation nous impose plus que jamais un devoir de responsabilité.
Notre première responsabilité c’est de renforcer notre parti. Qu’est-ce que ça veut dire renforcer notre parti ? C’est tout simple, cela veut dire respecter les 3 lettres de notre mouvement, U D I, Union Démocrates Indépendants.
Oui, nous avons grandi si vite qu’il est bon de se rappeler ce que veulent dire ces trois lettres.

L’Union d’abord. Beaucoup en doutait – vos savez les fameuses grenouilles qui n’arrivent pas à rester dans la brouette – et pourtant nous l’avons réussie. Cinq partis politiques fondateurs aujourd’hui beaucoup plus unis qu’on ne le dit car ils savent que leur avenir propre est intimement lié à la construction de l’UDI, et des adhérents de plus en plus nombreux, des jeunes beaucoup, qui veulent d’abord un grand parti du centre capable d’incarner une alternative. Tout cela nous le devons à Jean-Louis qui savait arranger les bidons avec un talent sans égal.
Cet esprit unitaire, je vais vous dire, c’est notre bien le plus précieux, il est plus précieux que tous les statuts et toutes les déclarations. Alors surtout gardons-le et renforçons-le.
D comme démocrates. Et appliquons déjà ce mot à nous-mêmes avant d’accuser les autres. Vous déciderez bientôt qui succèdera à Jean-Louis Borloo à la présidence de l’UDI. L’élection du mois d’octobre sera capitale dans le contexte de déliquescence démocratique que je vous ai décrit. L’UDI doit être exemplaire dans son fonctionnement interne. Respect des statuts. Respect de notre charte. Campagne interne propre. Election la plus transparente possible de notre président ou de notre présidente. Et surtout, évidemment, rassemblement immédiat derrière lui ou elle sitôt son élection. Mes chers amis, octobre sera un moment de vérité dont vous devez être les garants ; si nous ne respectons pas nos règles, je vous le dis, c’est toute notre union qui sera menacée car dès lors plus personne ne sera engagée sur rien. Tout redeviendra comme du temps d’avant l’UDI et, en moins de 6 mois, je vous le garantis ce sera l’OPA assurée, de l’UMP ou du Modem ou des deux à la fois sur notre formation. Et puis je vais vous dire, si nous ne sommes pas capables de gérer parfaitement ce moment démocratique interne, comment pouvons-nous espérer pouvoir gérer ensemble des questions beaucoup plus lourdes qui se poseront à nous en 2015/2016 comme la satanée élection présidentielle, ou celle des conditions de notre alliance ?
I comme Indépendants justement. Certains aussi y voyaient une faiblesse. C’est au contraire notre force. Dans un monde complexe, les pensées convenues échouent alors que les esprits libres et indépendants réussissent. Les organisations caporalistes, les partis casernes, ce n’est pas fait pour nous !
Indépendants, ça veut dire aussi quelque chose de très simple. Nous ne sommes pas dyslexiques. UDI ne veut pas dire UMP pas plus aujourd’hui que demain. Je dis cela parce que j’ai entendu le chant des sirènes d’Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin. Voyons-nous, parlons nous, faisons enfin le grand parti de droite et du centre. C’est 2002 le retour. Ils nous refont le coup « des carottes et des petits pois ». Et bien « même pas en rêve Alain » comme dit ma fille aînée ! Vous les avez vus vous les centristes à l’UMP ? Regardez leurs présidents depuis 2002 : Juppé, Sarko, Devedjian, Bertrand, Copé, et demain re Juppé ou re Sarko. Ils sont où les centristes ?! Regardez les successeurs possibles : Fillon RPR, Pécresse RPR, Bertrand RPR, Wauquiez RPR, Baroin RPR, Le Maire RPR, NKM RPR… je m’arrête.

Et ne vous trompez pas, l’UMP n’est pas en train d’exploser et n’explosera pas.
Elle n’explosera pas, pas plus que le PS n’a explosé dans ses pires moments, car les uns et les autres savent que sous la Vème république, le système leur garantit l’accaparement du pouvoir national et local. Ce à quoi vous assistez est juste un phénomène de décomposition-recomposition classique d’un parti dominant au lendemain d’un échec politique. Les Français ont assisté exactement au même phénomène 5 ans plus tôt à gauche. Et puis vous connaissez cette phrase de Tocqueville : « en politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés ».

Alors, le grand parti du droite et du centre je vais vous dire ce que c’est pour moi dans l’avenir : c’est très simple, c’est l’UMP d’un côté et l’UDI de l’autre. Oui, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, dit-on chez moi en Normandie. Ce qu’il nous faut, c’est un grand parti de droite fort et un grand parti du centre fort et non pas un parti obèse, tellement sans architecture qu’il devient difforme, pas un parti Albatros que ses ailes de géant empêchent de marcher. Et notre but sera clair, je vous le dis : 1. Peser suffisamment dans la majorité de 2017 pour forcer l’UMP à signer un contrat de gouvernement avant l’élection 2. Réussir à leur passer devant aux législatives de 2022. L’UDI comme l’UDF ne se fera pas en un jour mais dans plusieurs années rien n’est impossible, j’en suis sûr.
Et j’oubliais, indépendants veut dire aussi indépendants du Modem. Nous avons fait un cartel électoral. Très bien. Maintenant que fait-on ? Y-a-t-il un chemin entre d’un côté la petite aventure extra conjugale d’une nuit et de l’autre le mariage en grandes pompes dans les salons du château de Pau ? A vrai dire je ne sais pas. Il y a une ligne de crête à rechercher. Il faut en débattre tous ensemble, démocratiquement. Non pas passer par pertes et profits ce que nous avons construit ensemble, notamment pour les Européennes, mais continuer à dialoguer, à débattre ensemble des grands sujets pour partager des solutions communes. Ni plus ni moins pour le moment, et nous verrons bien après ces forums communs, ces séminaires communs si nous en sommes au moment de l’emballage final. Avec le Modem nous n’avons pas besoin d’un énième organigramme. Je vous propose simplement qu’on réfléchisse, travaille ensemble sur les grands sujets qui traversent la société française.
Unis, démocrates, et indépendants ! Ce doit être notre feuille de route pour l’UDI. C’est aussi notre responsabilité : préserver l’unité de notre famille politique dans le respect de nos différences, être en première ligne des démocrates contre l’extrémisme et pour la défense de nos libertés, porter l’idée de responsabilité et de liberté d’entreprendre, défendre l’indépendance de parole et de pensée de chacun des adhérents de l’UDI et de l’UDI tout entier. Le défi effraie si l’on est seul. Il motive quand on sait que toute une équipe et des milliers de militants sont à vos côtés pour le relever.
Y aura-t-il un centriste aux présidentielles ? Ma conviction est qu’il faut tout faire pour en avoir un. Mais tout faire ne veut pas dire faire n’importe quoi. Je suis sûr de deux choses concernant cette candidature centriste. La première c’est que si la présidence de l’UDI devient une affaire personnelle autour de la présidentielle, l’UDI sera morte. La présidence de l’UDI ne se résume pas l’élection présidentielle. Ce n’est pas la même étape. Il ne faut pas confondre mettre un parti en capacité de présenter un candidat pour la présidentielle, ce qui est le job du futur président de l’UDI, et ensuite décider collectivement d’une candidature et des moyens de sa sélection. Ce sont deux étapes distinctes, différentes. La seconde chose que je sais, c’est que le poids du Front National nous imposera de regarder les choses avec lucidité en posant 3 questions. A-t-on un candidat crédible ? Risque-t-on de faire éliminer notre camp du 2nd tour ? Quelle capacité a-t-on de peser dans le cadre des primaires afin qu’à l’issue des législatives nous soyons incontournables pour la majorité ? Avoir les clés au parlement, ce doit être notre objectif essentiel. En clair, assez de députés pour qu’aucune majorité ne se fasse sans nous. A ce jour, je n’ai aucune réponse à ces trois questions mais elles me semblent essentielles. Si on les perd de vue, c’est l’UDI qu’on perd de vue.
Vous le savez bien, la politique n’est pas un système stable mais un processus permanent de transformation. L’UDI a besoin d’un visage, vous déciderez bientôt lequel. Elle a besoin d’un projet, nous le construirons ensemble. Elle a besoin d’un élan, il est ici dans cette salle. Vous l’incarnez et il ne s’arrêtera pas.

mardi 22 avril 2014

#ContrePacte de l'@UDI_off : ca va dans le bon sens

Pendant que le PS se débat dans les affaires (Aquilino Morelle, Julie Gayet, plaintes contre Manuel Valls) et les divisions internes, tout en essayant de détourner l'attention, l'UDI travaille, et propose un contre pacte.

Les idées maitresses :


  • rééquilibrer la fiscalité, notamment en baissant l'IS
  • rétablir la durée légale du travail à 39 heures
  • faciliter le financement des PME
  • supprimer la banque publique d'investissement
  • passer au contrat de travail unique
  • baisser la dépense publique



Voir le détail sur le site web de l'UDI 

Tout ceci va dans le bon sens.

Certes, l'UDI ne détaille pas précisément quelles économies réaliser (ramener l'Etat à ses seules missions régaliennes, police, justice, armée et diplomatie), mais face à l'incapacité de Valls à convaincre ne serait-ce que sa propre majorité, c'est une bonne base. 

Hervé Morin détaillera le ContrePacte de l'UDI à 18 h sur BFM, chez Hedwige Chevrillon.

samedi 15 février 2014

Quand on pense qu'Hollande a déposé une motion de censure contre la France dans l'OTAN


Encore un sujet qui doit faire monter les larmes aux yeux de tous ces gens qui pensaient voter pour la fin du sarkozysme, en 2012, en glissant un bulletin Hollande dans une urne. 

Et quand on pense que les socialistes comme Cambadelis se demandent pourquoi tout le monde déteste tant Hollande et son équipe (lire Arrêtons le massacre !)

C'est simple, monsieur Cambadelis : l'homme qui occupe les fonctions de président de la République est, au mieux, un serial amnésique, une personne sans convictions autres que celles de garder le pouvoir et les avantages qui vont avec, et, au pire, un menteur. 

Il n'y a pas de honte à assumer son atlantisme. Certains, comme Hervé Morin, le font sans états d'ames et sans varier dans leurs convictions. Ce qui est moche, c'est de se moquer ouvertement des français.

vendredi 3 janvier 2014

Les vœux d'Hervé Morin pour 2014



NB : là où Hervé Morin n'a pas entièrement raison, c'est sur l'idée qu'un changement de majorité serait la seule chose à faire en France en 2014.

Imaginons qu'à la faveur d'une dissolution, l'UMP et l'UDI arrivent au pouvoir. En quoi Henri Guaino, Alain Juppé, Chantal Jouanno, François Baroin, Nicolas Dupont-Aignan et tous les adeptes du #socialismededroite, ceux qui veulent "préserver le modèle social français" auraient une politique différente de Ayrault, Mosco et autres Belkacem ?

Oui à un changement de majorité, mais pas avant un changement de logiciel dans l'opposition. C'est ce que proposent les libéraux :  un nouveau logiciel pour la France. 

samedi 3 août 2013

Armée : l'Etat joue au poker avec l'argent public

Jean-Yves le Drian, PS
En grande forme, le gouvernement a choisi de parler d'armée, avant de partir en vacances (1). Simplement, le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian,  a oublié de parler de stratégie. A quoi sert l'armée française, et quels sont ses objectifs stratégiques ? Protéger le territoire national ? Contribuer, dans le cadre de coalitions multinationales, à aller déloger de leurs sanctuaires des terroristes islamistes ? Faire du social ?

D’où la réaction de l'ancien ministre de la défense (2), Hervé Morin, qui parle de mystification par rapport à la loi de programmation militaire (voir le site web du Nouveau Centre UDI). 




Hervé Morin dit, notamment, que François Hollande aurait dû avoir le courage de procéder à de véritables arbitrages : 
Hervé Morin, UDI

  • d’une part, assumer le fait que la France n’est plus capable de financer deux composantes
    pour la dissuasion
    , afin de dégager les crédits nécessaires pour les priorités de nos forces conventionnelles (hélicoptères, avions de transport militaire, drones, présence navale) et donc aller vers l’extinction progressive de la composante aéroportée. 
  • d’autre part, au lieu de procéder à une réduction proportionnelle de nos forces armées, s’engager dans un format résolument nouveau qui consisterait à créer un corps expéditionnaire capable de mener dans une autonomie stratégique totale. 
Ces arbitrages n'ont pas été faits, et au lieu de cela, le gouvernement, par la voix de le Drian, a préféré rentrer dans un tweetclash que mentionne l'Opinion (lire #Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian).



Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian par Lopinionfr

Pourtant, la France ne peut s'économiser un débat qui existe aux Etats Unis (3) ou en Suisse (4).  Alors, la France, pourquoi se montre t-elle incapable de le mener, que ce soit au niveau national ou, mieux, au niveau fédéral Européen ?

Plus frappant encore est le titre du Monde : Le budget de l'armée repose sur l'hypothèse d'une vente des Rafale à l'étranger. C'est là où on se rend compte que le gouvernement joue au poker avec l'argent du contribuable.

Quand on pense que les socialistes, quand ils étaient dans l'opposition, avaient reproché à la précédente majorité à la fois son atlantisme et son affairisme. Ne voilà t-il pas que non seulement la France n'est toujours pas sortie de l'OTAN, mais qu'en plus, elle va contribuer, qu'elle soit de gauche ou de droite, à la richesse de la famille Dassault ?

Cette affaire de loi de programmation militaire illustre parfaitement tout ce qu'on peut reprocher à l'actuel gouvernement :

  • incapacité à définir les missions de l'Etat
  • absence totale de vision stratégique
  • fuite en avant garantie, in fine, par le contribuable
  • communication qui ne colle pas à la réalité
Accessoirement, à qui la France compte t-elle vendre des Rafale ? 




En Inde, comme tentait de le faire le Drian (5) ? N'oublions pas que le précédent gouvernement a longuement  travaillé sur ce contrat, au point d'annoncer fin 2012 la vente de 126 Rafale à ce pays (6) un peu prématurément. N'oublions pas, également, la réaction des Indiens face aux propos de Montebourg au sujet de Mittal (7). 
Aux Saoudiens ? On peut douter qu'ils apprécient le fait qu'on bloque leurs touristes à Roissy Charles de Gaulle (8) pour cause de niqab (une mesure pourtant logique et qui va enfin dans le sens d'une diplomatie active). 
Aux Chinois ? Confondus avec des Japonais (9), ils risquent de confondre Rafale et F16, avant de développer leurs propres avions.
Aux Suisses ? La France leur a déjà déclaré la guerre (10), et les Suisses ont bien raison de préférer des Saab Gripen, moins chers avant rabais Dassault de surcroît (11), afin de garder de l'argent pour entraîner leurs forces contre le risque que présente une France ultra socialiste à leur frontière (12). 
Au Tchad ? Ils nous réclament le paiement de factures apparemment impayées (13). 
A l'Amérique du Sud ? Le précédent de l'avion du président Morales leur restera en travers de la gorge un moment, et avec raison, alors que le danger révélé par Edward Snowden est bien réel. 


En fait, le souci, et partant du principe que le Rafale est en réalité pas juste le produit non pas d'une entreprise privée mais un enjeu national et public, c'est que nous n'avons pas dit clairement quel type de diplomatie nous souhaitions, nous français, privilégier, et, de là, quelles étaient nos alliances. 

Peut-être que François Hollande, chef des armées et chargé du domaine réservé (diplomatie, notamment) pourrait profiter de quelques jours dans la quiétude de la Lanterne (14) pour réfléchir à tout cela. Ça sera sans doute plus productif que des déplacements démagogiques à Clichy sous Bois.


Sur le même sujet 
Ni Atlantiste, ni pro droits de l'homme, ni Bolivarienne, ni fédéraliste Européenne, je suis ?, un post du 6 juillet 2013


(1) Atlantico : Le gouvernement est en vacances... mais les a-t-il bien méritées ? La réponse avec le bulletin de notes des ministres
(2) Atlantico : Programmation militaire: Morin dénonce une "mystification" sur les moyens
(3) L'Opinion : Le Pentagone contraint de réduire l'US Army
(4) RTS : L'obligation du service militaire soumise au verdict des urnes
(5) Jean-Dominique Merchet : Jean-Yves Le Drian, le politique du business
(6) Opex 360 : Le contrat de vente du Rafale à l’Inde pourrait être finalisé d’ici “3 ou 4 mois”
(7) Europe 1 : En Inde, l’encombrant M. Montebourg
(8) Le Monde : Des Saoudiennes refoulées à Roissy pour refus d'ôter leur voile intégral
(9) Libertarien TV YouTube : François Hollande confond les Japonais et les Chinois !
(10) La Tribune de Genève : Une banque épiée par des douaniers français
(11) Opex 360 : Suisse : Dassault Aviation propose le Rafale au prix d’un Gripen
(12) Le Parisien Libéral : Suisse : L'armée prépare ses frontières au chaos social européen
(13) Al Wihda : Le Tchad exige le remboursement de sa note au Mali
(14) Contrepoints : Comme Sarkozy, Hollande adore la Lanterne

samedi 20 juillet 2013

Le Président de la République devrait-il démissionner ?

Le Président de la République devrait-il démissionner ?

Article également publié par Contrepoints, le webzine Libertarien 

Certes, cette question ne figurera jamais dans les QCM que les sondeurs posent au peuple français pour tester la popularité, même en employant le conditionnel comme c'est le cas ici, et non pas l'impératif, afin de ne pas tomber dans le crime de lèse majesté. 

Mais reprenons la séquence présidentielle depuis le 14 Juillet. 

En début de semaine, Europe 1 nous disait "François Hollande a mal vécu son 14 juillet", parce que Hollande avait été sifflé sur les Champs Elysées, puis boudé par les téléspectateurs. 

Avant hier, Hollande recevait 100 journalistes pour échanger des informations, à l'occasion d'un dîner, et Françoise Fressoz, du Monde, titre "Hollande dans la tragédie du quinquennat" car le président de la
République réaliserait le fait que 5 ans, pou changer la France, c'est un peu court.

Europe 1 est même plus précis en écrivant que Hollande veut en prendre pour dix ans.

Mais quel est le problème avec le Président Hollande ? Il y en a plusieurs : sa campagne, son équipe, sa foi en l'Etat, son parti politique et les mécontents.


Sa campagne
Les lecteurs fidèles de ce blog savent qu'ils ne trouveront pas ici d'apologie du Sarkozysme, ce socialisme de droite. Néanmoins, et quoi qu'on pense de la crise des subprimes (chez les libéraux, on rappelle sans relache qu'il s'agit d'une crise de la régulation étatique et non pas une crise un capitalisme, au départ (1)) on se souvient du fait que Hollande a nié à Sarkozy l'idée que cette crise, exogène, ait pu gêné la mise en oeuvre de son programme (cf le débat télévisé du 6 mai). On se souvient d'un candidat Hollande qui a passé la campagne présidentielle a nier ou à minimiser la crise, avant de se réveiller brutalement le 31 Août 2012. Pire, maintenant que la prise de conscience a eu lieu, on sait que le président Hollande est persuadé que la France "prendra le train de la croissance mondiale" quoi qu'il se passe en France, au niveau de la politique économique catastrophique qu'il mène. Question : est ce que Hollande a menti pour être élu, comme dirait Marc de Scitivaux (2) ? 

Son équipe
Le Président Hollande est l'ancien premier secrétaire du PS, et son gouvernement reflète son CV. Quelle cohérence y a-t-il à avoir au sein de la même équipe une personne qui pense que les problèmes de PSA Peugeot Citroen sont une chance pour la transition écologique et une autre personne pour qui le sauvetage de PSA, avec le concours des pouvoirs publics, est essentiel, si possible en faisant rendre gorge à l'odieuse famille capitaliste qui possède l'entreprise (3) ? 
De plus, pourquoi avoir embauché Jérome Cahuzac en temps que chargé de la lutte contre la fraude fiscale, lui qui, avant même l'affaire Cahuzac de comptes en Suisse, avait été reconnu coupable d'embauche de femme de ménage non déclarée, sans papiers ? Est-ce que ce talentueux chirurgien engagé à gauche n'avait vraiment pas les moyens intellectuels et financiers pour embaucher de manière officielle une personne autorisée à résider sur le territoire français ? 

Sa foi en l'Etat 
La foi en l'Etat de Hollande ne diverge guère de celle que les socialistes de droite de l'UMP manifestent, mais au PS, cela tourne à la blague récurrente. A chaque interview du Président Hollande ou du gouvernement, vous êtes sûr de lire "crédit impôt compétitivité", "banque publique d'investissement", "contrats de génération", "60.000 profs", bref la fameuse boite à outil. 
Manifestement, Hollande et son équipe n'ont toujours pas compris que les individus et les entreprises n'ont pas besoin d'Etat nounou pour leur tenir la main, ils ont juste besoin d'un état régalien qui fait bien son travail de production des services publiques régaliens (police, justice, armée et diplomatie) et qui promeut la stabilité juridique et fiscale. 
En 2013, les français ont compris deux choses

  • l'Etat, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde (4) 
  • la courbe de Laffer existe : trop d’impôts tue l’impôt.
Ou, en résumé :

L'État n'est pas la solution, c'est le problème. (Ronald Reagan)

Son parti politique, le PS
Faut-il rappeler que Sylvie Andrieux a été autorisée à se présenter aux législatives alors que de forts soupçons pesaient sur elle ? Faut-il évoquer la Fédération PS du Pas de Calais ? Faut-il parler de Dalongeville ?

La diversité des mécontents
Comment le Président Hollande (et le gouvernement Ayrault) va tenir encore 4 ans face aux opposants suivants :

  • les manifestants de Notre Dame des Landes (5) : Ayrault veut son nouvel aéroport, eux non. le clash est inévitable. Montebourg a bien résumé la situation (6)
  • la Manif Pour Tous : est ce que poursuivre les G.A.V des veilleurs pacifiques ou des gens qui ont pour seul délit d'avoir un t-shirt MPT va aider à calmer les esprits ? 
  • une partie de la communauté gay (et ses soutiens), pour qui le mariage pour tous n'est qu'un préalable, et qui attend la PMA et la GPA avec impatience (en toute logique !)
  • les contribuables, à commencer par Xavier Kemlin. En effet, François Hollande n'a pas fait de déclaration conjointe de patrimoine avec celle que tout le monde s'accorde à nommer sa conjointe/concubine/partenaire. C'est pourtant obligatoire dans le cadre de l'ISF. 
  • l'armée, qui sera l'une des principales victimes du budget 2014
  • les chômeurs, qui n'ont rien à attendre d'une politique socialiste (7) 
  • les militants des Droits de l'Homme, qui ont en travers de  la gorge les contrôles au faciès, la traque des sans papiers par les policiers, le maintien de la ZAPI 3 de Roissy ou la poursuite des expulsions de Roms
  • les minorités ethniques, à commencer par les arabes et les musulmans. Ils ont déjà compris que Hollande & Valls, c'est le même combat que Sarkozy & Hortefeux
  • le Parti Socialiste et Claude Bartolone, qui ont tout fait pour déminer le projet de transparence des patrimoines (8)
  • les viticulteurs occitants, pour qui ca boome !
  • les automobilistes, qui rouleront bientôt à 120 sur autoroute et à 30 en ville
  • les parents, attachés à une certaine qualité de l'enseignement et à la motivation des professeurs (9)
  • les entrepreneurs, qui ne peuvent que craindre la persistance de l'instabilité juridique et fiscale. 

Est-ce que exhiber, de temps en temps, un néonazi, dans une séquence digne de Minority Report, suffira à occuper le terrain médiatique ? Non.

Que devrait-il faire ? 

François Hollande n'est pas Margaret Thatcher. Pourtant, bien qu'il n'ait pas le caractère de feu la Dame de Fer, Hollande n'a pas pour autant généré la France apaisée qu'il appelait de ses voeux. Le Hollandisme est bien du Sarkozysme par d'autres moyens. Il n'y a qu'à voir le climat partout en France pour s'en rendre compte.


Mais si le Président Hollande trouve la tache trop difficile et les français trop peu reconnaissants, il lui reste toujours les armes de la dissolution de l'Assemblée Nationale et de la démission. 
Il ne ferait que reprendre les sages exemples de la Reine Beatrix des Pays Bas (10), ou du Roi Albert II de Belgique, sans oublier le Pape Benoit XVI.

Evidemment, cela supposerait que Hollande accepte, sagement, de renoncer aux attributs du pouvoir présidentiel. Mais la relève existe, qu'elle soit républicaine (Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Bruno le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet),   monarchique (Louis XX (11), Jean de France), technocratique (Pascal Lamy) ou encoren helas, autoritaire et antilibérale (l'extrémiste de gauche Jean-Luc Mélenchon et son alter ego  Marine le Pen), sans parler de tous les talents non mentionnés dans cette courte liste.



(1) Libertarien : Qui sont les vrais responsables de la crise ?
(2) La Lime : La politique et le mensonge
(3) Ecologie Libérale : Les écolos ne sont pas socialistes mais centristes voire libéraux
(4) l'Etat, de Frédéric Bastiat
(5) Ecologie Libérale : Notre Dame des Landes
(6) "Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes" source le JDD, cité par PaSiDupe "Pulvar: Montebourg est une nuisance au gouvernement"
(7) Le Parisien Libéral : Le tour de vis fiscal fait chuter l'emploi à domicile
(8) Municipales 2014 à Paris : Visitez la maison de Claude Bartolone
(9) PaSiDupe : Education: les socialistes recrutent des professeurs au rabais pour faire nombre
(10) Noblesse et Royautés : Les futures activités de Béatrix des Pays-Bas
(11) Economie Matin : Louis XX prêt à se lancer en politique en France en 2013 ?

lundi 15 juillet 2013

L'Art de la Guerre

Les célébrations du 14 Juillet, hier, à Paris, ont montré à quel point l'armée française conserve son capital sympathie au sein de la population française.

des spectateurs avenue Victor Hugo, Paris XVIe
enfants jouant sur le char Leclerc "Général Delestraint"
esplanade des Invalides, Paris VIIe
Cette popularité, le gouvernement, au plus bas dans les sondages, a tenté de surfer dessus, en mettant en avant la victoire française au Mali, oubliant les irrégularités juridiques liées à cette guerre. Quelles irrégularités ? 

  • le changement "d'opinion" de la présidence sur l'opportunités d'aller faire la guerre, à la place des "Africains".
  • le changement de stratégie, du soutien aérien à l'engagement au sol.
  •  le bras tordu au droit international et l'anticipation de décisions de l'ONU. 

etc.

Prenez le temps de regarder la video ci-dessous, elle est très claire sur le nombre incalculable des revirements. 


Mais il n'y aura pas de vases communicants entre la popularité de l'armée française et celle du gouvernement français, puisqu'on sait que le Président de la République se méfie de l'armée. (1)

D'une part, les problèmes sur le terrain ne pourront pas être cachés longtemps (2)

D'autre part, les baisses de dépense, que critiquent certains dont  Philippe Derveaux (3) ou Hervé Morin (4)(UDI), vont finir par ne plus réussir à masquer la vétusté du matériel, hors fleurons technologiques type Leclerc ou A400M présentés aux parisiens et aux français à l'occasion de défilés. 

Qui plus est, la stratégie incohérente du gouvernement français devient vraiment compliquer à décrypter. Ne nous sommes nous pas donné, nous les français, pour mission de protéger et diffuser les Droits de l'Homme dans le monde ?
Le concept de guerre contre le terrorisme fait donc officiellement parti des missions assignées à l'armée française. Oui, vous avez bien lu, guerre perpétuelle contre le terrorisme. Avec la guerre contre la drogue, la guerre contre le terrorisme est l'une des meilleures justifications d'une restriction des libertés et d'un maintien des pouvoirs extra légaux de l'Etat et de ses agents. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas gagner la guerre contre un ennemi qui, non pas n'existe pas, mais est flou et qui n'a pas pour objectif, lui, de gagner une guerre. Le terrorisme a pour carburant la haine, de l'Occident notamment (mais pas uniquement) et pour objectif de ramener nos libertés au niveau des siennes : au niveau zero. 

Alors, que l'armée vienne faire une simulation d’intervention des commandos des forces spéciale sur l’esplanade des Invalides est un spectacle plaisant, que l'on soit fan de Call of Duty - Modern Warfare, ou pas,


mais cela ne doit surtout pas faire oublier le fait que nous avons, de gré ou de force, accepté de substantiels amendements à la DDHC de 1789, pour lutter contre le terrorisme, en donnant des pouvoirs accrus à l'Etat et à la police. Pourtant, la surveillance généralisée que pratique la DCRI est bien intrusive, et si la DGSE a le "droit" d'espionner les gens, c'est bien pour lutter contre le terrorisme.

Enfin, il y a un sujet dont le public ne discute pas beaucoup en France, c'est l'émergence des robots Terminator. Les Etats-Unis commencent manifestement à développer des machines de guerre dont l'autonomie pourrait être totale d'ici quelques années. En France aussi, nous avons des drones, et nul ne peut dire si toutes ces machines formeront un jour une sixième armée, à coté de la Terre, de la Marine, de l'Air, des Forces Spéciales et des cyber militaires.


Mais peut-être qu'il semble légèrement plus urgent de réfléchir au sujet, avant que le cas ne soit concrètement posé, plutôt que de se congratuler sur des sujets secondaires, le nouveau logo de la Banque Publique d'Investissement, le mariage gay ou le crédit impôt recherche que les entreprises n'utiliseront pas.

Y a t-il une volonté gouvernementale d'exposer notre façon de mettre en oeuvre l'art de la guerre ? 

samedi 15 juin 2013

Les prochains rendez-vous des libéraux

15 Juin 2013, de 9h à 14h : Réformer l'Etat, une conférence Contrepoints @ Salle AB, Maison des
Mines et des Ponts et Chaussées 270 rue Saint Jacques, Paris V.
Le quotidien en ligne Contrepoints coordonne l’organisation d’une conférence qui aura lieu le samedi 15 juin 2013 à Paris. Détails et inscriptions : fausterite.eventbrite.fr


15 Juin 2013, de 9h30 à 16h : Congrès National de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI)
au CNIT de la Défense. L'UDI accueille son 31eme député (Meyer Habib) et Hervé Morin y présentera
sa proposition de retour aux 39 heures 
Inscription obligatoire : inscriptions@parti-udi.fr


16 Juin 2013, toute la journée :  Election : Fin du système Cahuzac, à Villeneuve sur Lot.
Votons Stéphane Geyres au 1er tour ! Chers amis de la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne, venez voter pour Stéphane Geyres, candidat libertarien, à l'élection législative partielle du 16 juin 2013. Mettons fin au système Cahuzac et envoyons un candidat vraiment différent à l'Assemblée nationale ! Vous pouvez visiter le site des Libertariens : http://leslibertariens.fr/ ou lire Sud Ouest, le quotidien régional.


17 Juin 2013, à 20h30, conférence de l'UDI Boulogne, avec Jean-Louis Bourlanges

André Santini, Président de la fédération UDI des Hauts-de-Seine et les élus UDI de la majorité municipale de Boulogne-Billancourt vous convient à la conférence
Moins d'Etat, plus d'Europe : Quelles perspectives pour la France ?
Avec Jean-Louis Bourlanges, Professeur à Sciences Po Paris, Ancien parlementaire européen et Jean-Pierre Spitzer, Avocat au barreau de Paris, Secrétaire général du Mouvement Européen - France en présence de Pierre-Christophe Baguet, Maire de Boulogne-Billancourt, Président de Grand Paris Seine Ouest Le Lundi 17 Juin 2013 A 20H30 à l’espace Landowski 28 av. Morizet, Boulogne-Billancourt Inscription : udiboulognebillancourt@gmail.com


18 Juin 2013, de 16h à 18h: Conférence de presse du lancement de Contre-Attaque, au Pont Neuf à Paris
Contre-Attaque est un collectif d’associations, sites et personnalités de droite, qui sera lancé lors d’une conférence de presse le 18 juin prochain à Paris (voir ci-dessous, cliquez pour agrandir le communiqué). Venez nombreux même si vous n’êtes pas journaliste, le nombre de places est limité mais la salle est grande ! Faites circuler cette information sur les réseaux sociaux car il n’est pas sûr que les médias la relaient très largement… ! Réservez votre place en envoyant un mail à mborowski@hotmail.fr. Vous pouvez également visiter le site : http://www.contre-attaque.org.
19 Juin 2013, de 19h à 21h30 : Conférence "L’image de la France en Europe", organisée par Alternative Libérale et Héritage & Progrès. Avec : Michael Theurer, député allemand au Parlement européen, membre du Groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux et président de la commission du contrôle budgétaire, et Stefan De Vries, correspondant, en France, pour la télévision publique des Pays-Bas répondront à cette question. "l'image de la France en Europe"
Inscriptions : https://www.facebook.com/events/549896531728105/?ref=14
ou fdeharven@alternativeliberale.fr


20 Juin 2013 et 21 Juin 2013, à partir de 9h30, colloque universitaire à Aix en Provence 
Ethique et politique : colloque @ Université d'Aix Marseille juin 20 @ 9 h 30 min – juin 21 @ 18 h 00 min Le centre de recherche en éthique économique organise son vingtième colloque à Aix-en-Provence, avec un programme de qualité. Détails en pièce jointe : Programme : http://dl.free.fr/mwmda2Q5Q [...]


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jeudi 16 mai 2013

Article 1 : "toute référence à la durée du temps de travail est abolie"

Article 1 : "toute référence à la durée du temps de travail est abolie". 


Non, rassurez-vous, il n'y a pas de loi de ce genre dans les cartons. Le gouvernement socialiste de gauche
tient à ce que les hommes blancs bac / bac +2, entre 30 et 45 ans, syndiqués, employés salariés du public ou du CAC 40 (ou retraités), degôche, conservent les avantages liés aux 35 heures et aux rigidités de notre Code du Travail de plusieurs milliers de pages. Tous les autres, les jeunes, les femmes, les pauvres, les riches (au dessus de 4000 euros par mois), les entrepreneurs, les vieux, les non qualifiés, les surqualifiés, n'ont qu'à s'arranger. 


L'Expansion titre "La France continue de détruire des emplois, sauf dans l'intérim." - Un indice de plus que SMIC, 35 heures, CDD et CDI et la rigidité du code du travail sont bien des facteurs majeurs du chômage en ce pays. 

Que le Parti Socialiste ne fasse rien, c'est normal, il est dans une démarche électoraliste. Mais que l'UMP donne des leçons sur les 1 an de Flambysme Hollandisme, c'est d'un comique ! Les élus UMP, notamment celui qui trouve que à moins de 5000 euros par mois, on est un minable (lire L'oligarchie des incapables, un post du 6 janvier 2012), n'ont-ils pas eu la majorité à l'Assemblée et le contrôle de l'Elysée pendant 10 ans ? Pourquoi n'ont-ils pas tout simplement supprimé les 35 heures ? 

On nous dit souvent : le Code du Travail protège le pauvre et faible petit salarié, forcément exploité par les gros méchants capitalistes (de préférence anglo-américains). Question : est ce que la Suisse (40 pages de Code de Travail) est un far west ? 

Comme d'habitude, l'UMP et le PS sont d'accord sur l'essentiel : toujours plus d'Etat, toujours plus de lois.
Hervé Morin et les centristes de l'UDI avaient esquissé un début de reflux, en proposant en 2012 le retour aux 37 heures. L'idée y était, mais trop timide. Il faut supprimer toute référence à la durée du temps de travail dans le Code du Travail, et laisser les gens s'organiser librement avec les employeurs potentiels.



Egalement sur Agoravox

jeudi 9 mai 2013

Hervé Morin voir la France "au bord du gouffre social"



"Les bouc-émissaires, faut pas les chercher ailleurs. Nos difficultés, elles ne sont pas liées à l'Allemagne, elles ne sont pas liées à l'euro. Si notre système judiciaire ne marche pas, c'est pas à cause de l'Allemagne ou de l'euro. Si notre école ne marche pas, c'est pas à cause des autres. Cessons d'aller chercher des bouc-émissaires ailleurs, posons nous des questions sur nous-mêmes et deuxièmement essayons d'avoir un vrai élan européen : 1° de la politique et de la démocratie, et 2° une politique économique et fiscale qui nous permette de nous relever"

jeudi 2 mai 2013

Les français SONT l'opposition

Alors que des signes croissants montre que l'UMP, qui veut incarner l'opposition, est en réalité le coté pile de la pièce de monnaie socialiste, le PS en étant le coté face, on se rend compte qu'en fait, depuis que Hollande est devenu président de la République, il n'y a pas un seul mouvement de masse sérieux qui n'ait été
made in Société Civile
initié par la société civile. A chaque fois, l'UMP a été à la ramasse, trop soucieuse des guerres intestines entre Copé et Fillon, ou à la recherche de cash pour combler son déficit.

Combien de gens ont rassemblé les défilés politico-syndicaux le 1er mai 2013 ? 50 000 ? 100 000 ? 160  000, nous dit la CGT que cite le Parisien. Pendant ce temps, les Pigeons ont réussi à attirer 70 000 fans sur le sujet a priori étroit de la taxation des plus values sur cessions, et, encore mieux, la Manif pour Tous a attiré 1,5 millions de gens qui, pour la plupart, n'avaient pas trop la culture manif. 

Qu'est ce que ces deux exemples veulent dire ? 
Déjà, ils soulignent le discrédit d'une classe politique UMPS, adjointe de ses deux Fronts, de Gauche ou National. Cette semaine, l'affaire Claude Guéant fait la Une. Que l'ancien prefet, dont nous saluions la défaite face à Thierry Solère soit coupable ou innocent est de toutes façon une opération win win pour la thèse du "tous pourris" : soit il a vendu des tableaux inconnus en liquide alors qu'il a fait parti d'un gouvernement qui a abaissé le seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières au 1er euro de cession et abaissé le seuil de paiement en liquide sans alerte Tracfin, soit effectivement il a touché des fonds secrets alors que ceux-ci étaient censés ne plus exister, soit il a touché de l'argent de la Lybie et donc ceci accrédite la thèse d'une guerre motivée entre autres par la possibilité de faire disparaître des preuves. 
Made in société civile

Gueant, Cahuzac, Hollande, Fabius, la fille à papa de Saint Cloud, Mélenchon le type trop souvent absent à Bruxelles, comment l'UMPS (et ses deux Fronts) pense que nous puissions faire confiance à des gens pareils pour s'attaquer aux problèmes concrets des français ? Il ne se passe pas un jour sans que leur comportement  souligne le fait que les pros de la politique pensent avant tout à s'en mettre pleins les poches, de préférence hors taxe, plutôt que de régler le problème numéro un : trop d'Etat. 

Ensuite, ces deux exemples montrent qu'il y a une transformation à l'oeuvre, dont la puissance est sous estimée. Grace à Internet et à la mise en relation directe des gens, des groupes peuvent s'organiser pour influer sur leur environnement. 

Heureusement que les français ont compris : s'ils veulent soulever un problème, ils doivent s'en charger eux-mêmes. Pourtant, la politique pourrait redevenir ce qu'elle est censée être : une mission noble, ayant pour but de faire fonctionner correctement l'Etat. Avoir des hommes et femmes politiques à la fois en retrait et exemplaires n'est donc pas une option.
Dans ce contexte, que des politiciens comme Charles de Courson aient la décence de dire que 100% des revenus des députés devraient être fiscalisés (proposition sur l'IRFM), que des ex politiciens comme Jean-Louis Bourlanges regrettent que l'UMP et le PS enferment la France dans un dialogue nationaliste avec ses extrêmes, que d'ex-ministres demandent que l'on arrête de mépriser les français, est quand même de nature à rassurer sur la lucidité de certains.