Affichage des articles dont le libellé est capitalisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est capitalisme. Afficher tous les articles

mardi 21 octobre 2014

Mort de Christophe de Margerie: un peu de décence

Christophe de Margerie, le patron de Total, est mort la nuit dernière dans le crash d'un jet privé de Total à l'aéroport de Vnoukovo, près de Moscou (1). Il avait 63 ans (2). 
L'appareil est entré en collision au moment du décollage avec une déneigeuse, provoquant la mort du chef d'entreprise et des trois membres d'équipage du jet Falcon-50. 

En ces temps d'actualité dominée par la chute du baril (3) et par les tensions géopolitiques, notamment avec la Russie, la mort de Christophe de Margerie prend un relief particulier, qui va au delà de la disparition d'un "simple" PDG du CAC 40.

Ce qui frappe parmi les réactions (4), au niveau national, c'est la nature des remarques que les politiciens formulent ce matin. Globalement, il y a trois camps : les nationalistes qui voient en Margerie un "patriote", les gauchistes partageux qui se réjouissent de l'accident, et les amis du capitalisme de connivence

En ce qui concerne le camp gouvernemental, on ne peut que rire devant tant d'hypocrisie. 

Le Premier Ministre, Manuel Valls, salue "un grand capitaine d'industrie et un patriote" (5). Quelle est la nature et la signification d'un tel message ? Manuel Valls salue t-il celui qui gérait les intérêts de Total (et non pas ceux du parti socialiste au pouvoir), ou bien souligne t-il en creux sa honte de ne pas avoir une famille aussi implantée en terre de France que celle de Margerie ? Certes, le socialisme est forcément nationaliste, mais l'insistance de Valls sur les valeurs patriotes finissent par diluer la signification des mots.
Les intérêts de Total, entreprise multinationale autant française (Elf, CFP) que belge (Fina) ou gabonaise, ne devraient pas se confondre avec ceux de la France, comme tentent de le faire croire un certain nombre de politiciens, comme Michel Sapin, Emmanuel Macron et autres. D'ailleurs, ces mêmes politiciens ne regrettaient-ils pas que Total choisisse, en toute logique, de réduire la voilure des raffineries en France (6), faute de rentabilité ? Ne passaient-ils pas leur temps à commenter la stratégie d'exploration-production en Birmanie ou dans la mer de Barents ? Et Margerie ne critiquait-il pas les sanctions décidées par la France et infligées à la Russie  (7) ?  

Du coté de la gauche de la gauche, les choses sont comiques tant elles sont caricaturales. Il n'y a qu'à lire le tweet de Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti Socialiste, ce matin


On rappellera simplement qu'avec, en moyenne, 8% de marge nette (bénéfice/chiffre d'affaires), Total n'est pas une entreprise qui exploite, à la différence de l'Etat qui n'hésite pas à taxer à près de 150% le litre d'essence, avec la TIPP et la TVA (8).
Filoche n'aime pas le vol ? Pourquoi ne demande t-il pas à ses amis du PS d'annuler la hausse de 4 centimes de taxe supplémentaire par litre de gazole décidée la semaine dernière (9) ?

Enfin, certaines affichent leurs larmes à la télévision, sans que l'on sache si elles reflètent la mort d'un ami ou la disparition d'un partenaire de business. La deuxième hypothèse n'aurait rien d'infamant si elle était clairement affichée. Mais bon, on sait que pour certaines cumulardes du parlement européen, l'indécence n'a pas de limites.

On ne peut que saluer la mémoire de Christophe de Margerie, un manager reconnu et apprécié par les salariés de Total. Mais les politiciens devraient se limiter à transmettre leurs condoléances à sa famille. Pour le reste, ils devraient s'abstenir de commentaires.




(1) L'Opinion La Matinale : Total perd son président 21 octobre 2014 

lundi 13 octobre 2014

Les entreprises ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat

Les propos irresponsables de Ségolène Royal sur l’arrêt de l'écotaxe (1) permettent au moins la confirmation sur le point suivant : les entreprises, même du CAC 40, même impliquées dans le capitalisme de connivence (2), ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat et sa parole toujours susceptible d'être remise en cause. 

En effet, la ministre de l'environnement ne s'est pas contentée de mettre fin à l'écotaxe, adoptée à la quasi unanimité (y compris les socialistes), elle a assorti ses propos de lourdes menaces sur les concessions autoroutières, en promettant de les taxer plus car leurs profits sont trop élevés, et elle a ajouté qu'Ecomouv se verrait opposer une bataille juridique en contentieux.

Est ce que Ségolène Royal a agit pour ne pas avoir affronter une coalition Bonnets Rouges/chauffeurs routiers ? Oui, certainement. 
Mais de quel droit la ministre de l'environnement décide que le gouvernement doit engager des négociations avec des entreprises qui ont acheté des actifs publics il y a quelques années ? Pourquoi la ministre de l'environnement, déjà, ne respecte pas la hiérarchie gouvernementale qui consisterait à laisser Manuel Valls s'exprimer ? Cela éviterait à Sapin d'avoir à rappeler que les contrats de concession des autoroutes privatisées prévoient une hausse du prix des péages en cas de hausse de la fiscalité. 

Ensuite, puisqu'elle était déjà ministre en 1993, il y a plus de 20 ans (!), pourquoi Royal ne nous explique pas pourquoi l'Etat, alors propriétaire des autoroutes, n'a pas supprimé les péages ? 
Sapin et Royal déjà ministres en 1992

Rappelons que ceux ci, crées "à titre temporaire" durant les années 60, devaient servir à financer la construction du réseau, car la France était en retard par rapport à l'Allemagne et à l'Italie. 
En 1990, les péages, qui auraient du disparaître, sont restés, et l'Etat, comme Vinci ou Eiffage aujourd'hui, a encaissé d'énormes profits qui ont servi à construire de nouvelles autoroutes inutiles ou à financer le reste des dépenses de l'Etat. 

D'autre part, Ségolène Royal a affirmé sur France Inter que le chiffre de 1 milliard d'euros à verser à Ecomou, la société opérateur de l'écotaxe, à titre de dédommagement, n'était pas certain. Au contraire, l'Etat traînerait Ecomouv en justice pour démontrer que le concessionnaire avait sa part de responsabilité dans l'échec du système. 

On peut parier à coup sûr que la justice, en effet, trouvera quelque chose à redire. En effet, bien que la commission d'enquête du sénat avait démontré qu'il n'y avait pas d'irrégularité avec le contrat (3), Ecomouv n'avait pas réussi à diffuser de manière large les boîtiers de contrôle qui devaient interagir avec les fameux portiques. 
De toutes façons, l'Etat, qui joue avec l'argent des contribuables, n'a t-il pas le temps pour lui, face à une entreprise qui doit rembourser ses fournisseurs et payer ses salariés ? 

Il n'y a pas un jour, pas une situation qui ne cesse de prouver que les entreprises ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat. Que ce soit des petits entrepreneurs qui livrent des ministères et se retrouvent étranglés par les délais de paiement (l'Etat les réforment pour les autres mais jamais pour lui) ou des grands groupes qui voient les règles du jeu changer en cours de match, tous les acteurs sont touchés. 
Comment voulez vous, dans ce contexte, que la parole de gens comme Sapin ou Royal, soit entendue, et que des dispositifs comme le CICE puissent avoir de l'effet ? 

Ecomouv aurait pu être à ce début de XXIeme siècle ce que les fermiers généraux étaient au grand siècle français. On sait ce que ces derniers sont devenus. Entreprises : l'Etat vous propose un partenariat public privé ? Fuyez, vous n'êtes pas des partenaires égaux !




(1) Ecologie Libérale Ecotaxe : quand Marie-Segolene Royal se moque de nous 13 octobre 2014
(2) Wikilibéral Capitalisme de connivence
(3) L'Opinion Ecomouv’ : ces vérités inavouables 7 novembre 2013

mardi 4 mars 2014

Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital »

C'est fou comme même sur les bonnes idées, le gouvernement socialiste arrive à sortir des énormités. 
Exemple : Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital ». C'est rapporté par le Monde, Libération ou Boursier.com
Qui peut être contre n'importe quel juste prix ? Et si le capital est trop cher, en effet, son coût doit baisser. 

Seulement, lisons avec attention les propos de Benoit Hamon. Il dit, pour établir une relation entre pression des dividendes et cout du capital, ceci : 
« Jusqu'en 2008, les entrepreneurs allemands se sont serrés la ceinture puisqu'ils ont consenti une baisse des taux de distribution de dividendes de 10%. Pendant la même période, les chefs d'entreprises français faisaient quoi ? Il augmentaient les distributions de dividendes de 50 % »« Si les marges des entreprises sont plus basses aujourd'hui qu'elles ne l'étaient auparavant, c'est aussi qu'il y a une captation des marges par la distribution des dividendes. »
Hamon nous dit : pour restaurer la rentabilité des entreprises françaises (et donc leur compétitivité), il faut que les entrepreneurs baissent leurs exigences de rémunération sur le capital, à savoir les dividendes. 
Or, ce que raconte Hamon n'a pas de fondement sur le plan de la théorie comptable. Pire, c'est de la com politique qui accrédite des thèses d'extrême gauche et induisent en erreur des non spécialistes des entreprises. Autrement dit, en parlant d'un sujet sérieux, Hamon fait en fait un clin d'oeil électoraliste à la clientèle de Mélenchon. 
Benoit Hamon ne peut pas ignorer comment on calcule une marge.
bourde journaliste france 2 allemagne 640x316 Un journaliste de France 2 confond lAllemagne avec le Royaume Uni
S'il ne le sait pas, il peut aller sur Wikipedia, sur Impots Gouv.fr ou sur la finance pour tous. Ainsi, il apprendra qu'une marge opérationnelle, c'est le chiffre d'affaire d'une entreprise ("ses ventes") moins ses coûts opérationnels, à savoir : le cout d'achat des marchandises, les salaires et charges sociales, principalement. Les dividendes (et même les frais financiers) n'interviennent pas du tout dans le calcul des marges opérationnelles
Benoit Hamon ne peut ignorer non plus que les dividendes sont une fraction des bénéfices. Si cette fraction est de 0%, l'entreprise garde tous ses bénéfices pour renforcer ses fonds propres et, pourquoi pas, réinvestir. Si ce taux est de 100%, l'entreprise distribue tous ses bénéfices à ses actionnaires. Notons que quand l'Etat investit dans une entreprise, le taux est plus souvent au dessus de 50% qu'en dessous. Un hasard sans doute ...(1)
Bref, à partir du moment où Benoit Hamon utilise des raisonnements faux pour étayer ses conclusions, on comprend ce que ces dernières valent. 
Evidemment, se poser des questions sur le coût du capital évite de se demander si les charges sociales sont juste beaucoup trop élevées en France par rapport à ce qu'elles sont en Allemagne, par exemple. 
Décidément, le gouvernement donne tous les jours une raison au Medef pour qu'il refuse purement et simplement le "pacte" de responsabilité ...



(1) Contrepoints L’État actionnaire, un actionnaire impitoyable 8 décembre 2012



Sur le même sujet 

Stupide pacte de responsabilité, un post du 14 février 2014
Près de la moitié des TPE ne connaissent pas le Pacte de responsabilité 21 février 2014

mardi 5 mars 2013

Le suisse pour les français qui ne savent pas lire ! ;-)

Nos amis et voisins Suisses ont voté pour limiter les rémunérations "abusives" des patrons des sociétés cotées.

Et, que lit-on en France ? Qu'il faudrait faire pareil, dixit Jean-Marc Zero Ayrault, qui aurait déclaré "C'est « une excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie et personnellement je pense qu'il faut s'en inspirer. 

Avec tout le respect que l'on doit au Premier Sinistre Ministre de la République Française, mais de qui se moque t-il ? 

Ne nous y trompons pas. Thomas Minder, l'entrepreneur à l'origine de l'initiative, n'est pas un pauvre petit politicard gauchiste, mais un entrepreneur. Son texte n'est pas dirigiste mais bien capitaliste au sens strict du terme : 

Le but avoué du texte est  permettre aux actionnaires d'empêcher les grands patrons de s'accorder des salaires "abusifs". 
L'assemblée générale des actionnaires voterait ainsi chaque année le montant des rémunérations du Conseil d'administration, du comité consultatif et de la direction d'entreprise. L'initiative interdit totalement les indemnités de départ et les parachutes dorés. (source RTS). C'est clair, donc : les actionnaires (ceux qui financent l'entreprise en lui apportant des fonds propres) votent. On est beaucoup plus proches de Gordon Gekko critiquant les golden parachutes de Teldar Paper que de Kolkozes soviétiques. 




En France, jamais le gouvernement (socialiste) n'acceptera que L'assemblée générale des actionnaires vote ainsi chaque année le montant des rémunérations du Conseil d'administration, du comité consultatif et de la direction d'entreprise. Pourquoi ? Parce que le régime actuel de cooptation au sein des conseils d'administration par des corpocrates du priblic / pruvé pourrait très bien décider lui-même de limiter les rémunérations "abusives" mais ne le fait pas, alors que la Caisse des Dépots et Consignations est présente à tous les étages du "capitalisme d'Etat" anti libéral à la française, too big to fail. Mieux : quand l'Etat français en faillite investit dans une boite, vous pouvez être surs que la boite se verra mettre une pression folle pour cracher tout ce qu'elle peut de dividende. Vous ne le croyez pas ? Vous pensez que les méchants, c'est toujours les hedges funds et pas Bercy ? Regardez les dividendes d'EDF ou d'Aéroport de Paris, et plus précisément le taux de "payout" (part du bénéfice distribué en dividendes). 

Ensuite, que Jean-Marc Ayrault rende hommage à une "excellente expérience démocratique" est une blague !
Quoi que l'on pense du projet de mariage pour presque tous (sauf pour les polygames, écartés du projet de loi par une gauche raciste et incohérente), il se trouve que 700 000 français ont demandé à ce que l'on soumette le projet de loi à référendum. Est-ce que Jean-Marc Ayrault a rendu hommage à cette "excellente expérience démocratique" ? Non. La demande a été rejetée. Tant que l'ONU ne viendra pas imposer la démocratie aussi chez nous, ici en France, à coup de bombes comme au Mali, s'il le faut, Ayrault et Flamby Mollande François Normal 1er Hollande feront comme bon leur chante, avec notre argent. 

Bref, il vaut mieux rire des déclarations de Ayrault, ce sourd qui rend hommage à une excellente expérience démocratique mais impose Notre Dame des Landes, par exemple. 

Quand aux Suisses qui comme DJ s'inquiètent,  qu'ils se rassurent : la Suisse n'est pas encore devenue la France, et toutes les boites ne sont pas cotées en bourse donc toutes les rémunérations ne seront pas contrôlées par les actionnaires. De toutes façons, il est plus sain qu'un dirigeant soit payé en dividendes plutot qu'en salaire, sur le plan philosophique, et que sa rémunération ait un lien avec la performance de l'entreprise : elévée si c'est une dynamique start up ou une grosse boite ultra performante genre l'Oréal ou LVMH, et basse ou nulle ou pourquoi pas négative si on parle de boites en faillite ou dans le rouge, type SNCF/Réseau Ferré de France, la Sécurité Sociale ou EDF/ERDF.


Extreme Centre a un avis voisin, Ainsi que Corto74. Libertarien est pour l'initiative.


mardi 20 novembre 2012

La concurrence n'est pas la jungle

La concurrence n'est pas la jungle: Free Mobile a rapporté 2 milliards d'euros à l'économie française

mercredi 4 avril 2012

Wolfson Prize ? Kesako ?

Vous savez que les hommes politiques de gauche comme de droite font semblant d'afficher leur désarroi devant la crise économique, en disant que les économistes ne les avaient pas prévenu.
C'est en partie faux. Les hommes politiques de gauche comme de droite n'écoutent qu'une partie du spectre des économistes, et ils n'ont jamais entendu parler de l'Ecole Autrichienne.


Avez-vous vu ou lu que Pascal Salin, Georges Lane, Henri Lepage, Jean-Louis Caccomo ou Jacques Garello allaient conseiller le gouvernement ? Non. On ne les a pas appelé, pourtant ils sont facile à joindre : fac d'Aix ou Dauphine et ils ont des choses à dire différentes de ce que Mathieu Pigasse, Marc Touati, Patrick Artus, Jean-Paul Fitoussi ou encore les "économistes atterés" racontent. Le problème est que leur message ne risque pas de plaire aux gouvernements, puisqu'en gros ils disent que la crise fait partie du cycle économique mais que l'intervention gouvernementale a plutôt tendance à aggraver le cycle qu'à l'assainir. 

C'est quand même comique qu'on accuse de tous les maux la science économique dans son ensemble alors qu'une école est complètement ignorée. Un peu comme si on accusait d'incompétence généralisée la médecine,  une science pluri millénaire, incapable de dire pourquoi nous vivons ou comment nous pouvons ralentir le vieillissement cellulaire. Passons. 

Toujours est-il que pendant que les politiciens blablatent, quelques économistes, pas forcément idéologiquement identifiés d'ailleurs, travaillent. Par exemple, le Policy Exchange, un think tank conservateur britannique, réfléchit à un problème bien concret de la zone Euro : la possibilité d'en sortir. Ils viennent de décerner le Wolfson Economic Prize, après avoir réfléchi au cas suivant : The Wolfson Economics Prize, which challenges the world’s brightest economists to prepare a contingency plan for a break-up of the Eurozone, today unveiled a shortlist of five finalists. The shortlisted entries, though all very different from each other, provide valuable ideas about how best to manage a member state leaving the euro

Il est donc techniquement possible d'imaginer qu'on puisse sortir de l'euro.

En France aussi, on peut entendre un son différent, comme le discours de Charles Gave, qui ne fait que tirer des conclusions logiques de faits économiques (voir son blog la faillite de l'Etat , et son site l'Institut des Libertés. Certes, Charles Gave a raison : puisque les nations européennes sont sur des modèles économiques différents, alors l'euro n'est pas une zone monétaire optimale, donc il ne peut pas survivre. Mais il oublie deux choses : 
  • la France, elle même, n'est pas une zone monétaire optimale. Quand la Lorraine exportait du charbon, le Languedoc importait du pétrole. Il n'y a pas de taux de change du franc français qui puisse satisfaire deux intérêts aussi opposés.
  • l'Euro est explicitement une construction politique, qui aurait dûe être accompagnée de deux choses : le processus de Lisbonne (construire une économie de la conaissance, partout en Europe, pour converger micro économiquement vers le haut, et non pas juste une Europe du BTP espagnol ou de l'auto low cost tchèque, et le respect des critères de Maastricht, pour converger macro économiquement). Ni l'un ni l'autre n'a été fait, y compris en France et non pas juste en Grèce. 
Si on veut construire un Etat fédéral Européen, alors, tout comme le dollar est un compromis entre l'économie californienne et l'économie du Vermont, l'euro a sa place dans le dispositif. Ceci dit, cessons de dire que les économistes, libéraux notamment, n'ont pas vu venir la crise. On a juste pas voulu écouter les porteurs de mauvaise nouvelle, et apparemment ca n'est pas fini. 

vendredi 30 mars 2012

Le dilemme des électeurs de droite

Sur le papier, pour un électeur de droite, les choses sont en théorie simple : il y a un et un seul candidat pour qui voter, et d'autres pour qui ne pas voter. Il faut dire que les choses ont été bien faites : Christine Boutin, Frédéric Nihous, Hervé Morin et Dominique de Villepin ont laissé tomber, ou n'ont  pas pu se présenter, faute de 500 signatures. Les 4 se sont peu ou prou ralliés, peut importe si l'UMP se montre anti-européenne (lire Pour Shenghen, pour l’Euro, donc contre Sarkollande ?) , qu'elle n'ait pas prévu de repousser les dates de la chasse à la poule d'eau ou qu'elle soit bien peu catholique canal historique. A ce jour, le programme économique de l'UMP est toujours inconnu, et ce que nous avons vu depuis 5 ans ne rassure guère : 51 taxes crées ou relevées depuis 2007.




A coté, nous avons Nicolas Dupont-Aignan, qui répète, et il a raison d’être cohérent, qu'il préférerait mourir plutôt que de voter Sarkozy. D'ailleurs, n'a t-il pas également dit qu'il choisirait la fille à papa de Saint Cloud comme premier ministre s'il était élu Président de la République (cf le Télégramme de Brest) ? En effet, tous deux partagent la même horreur de l'euro. Après, il faudrait qu'ils expliquent à leurs électeurs comment ils vont acheter le pétrole, avec des francs ^^.

Au centre, puisqu'Hervé Morin n'est pas candidat, il y a François Bayrou. L'homme est ou n'est pas sympathique, peu importe, mais une partie des libéraux, du Parti Libéral Démocrate, le soutiennent ouvertement. Ils voient en lui, non pas un libéral (il veut créer un ministère de l'égalité anti discriminations et ne prévoit pas de remettre en cause le SMIC, le système d'aide sociale, le périmètre du secteur public et le caractère national de l'Education Nationale), mais un démocrate qui cessera d'opposer les français les uns aux autres, ce qui est une bonne chose. Bayrou est aussi en mesure, malgré son projet de généralisation du Made In France, de revoir le système de subventions aux entreprises, sauf si son ami Jean Lassalle refait une grève de la fin pour protester contre le déplacement d'une usine de 80 km (lire l'Usine Nouvelle). 
Ce qui fait peur aux électeurs libéraux démocrates, c'est le socialisme assumé d'un certain nombre de militants du Modem. Passons sur Jean Peyrelevade, ancien dirigeant du Crazy Lyonnais. Depuis, il s'est reconverti investment banker dans une structure qui marche, il est donc absous. Et surtout, il tape sur les socialistes. Non, les vrais militants du Modem, comme Phil de Malakoff, Christophe Grébert, et d'autres, revendiquent un attachement à gauche. Ils pensent, en toute sincérité, que l'humanisme est une vertu socialiste. C'est normal, le lavage de cerveau de l'Education Nationale et des médias (ainsi que le comportement de l'UMP) empêche de penser autre chose. C'est pourtant archi faux. On peut être de gauche, éduqué et égoiste comme tout le monde.



Ne mentionnons même pas Mélenchon qui a fait de l'intolérance un point cardinal.


Voila tout le dilemme des électeurs de droite,  c'est à dire, libéraux, démocrates, pros Européen, constatant que le capitalisme marche tandis que le communisme a 100 millions de morts sur les bras. Ils n'ont toujours pas de candidat, à un mois du premier tour. Pour qui vont voter H16 Hashtable, les Libéraux du Modem, Alain Madelin, Jean-Louis Bourlanges , le Champ Libre, Ca Réagit, Gauche Libérale (ils ne sont pas de gauche ^^), Libertas, Objectif Liberté, Un Raleur de Plus, Sulfure et Contre Culture, Trop Libre et même l'Hérétique, au delà du choix partisan ? Mystère. Ils ont autant de raisons de voter Sarkozy que Bayrou, avec une préférence pour Bayrou pour tous ceux qui ne veulent pas être associés à Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Guillaume Peltier (dont le parcours politique est edifiant, lire sur Wikipedia) ? Il y aura aussi tous ceux qui ne voteront pas Sarkozy pour protester contre l'avalanche de taxes, (lire ces libéraux qui ne voteront pas Sarkozy en 2012, sur Nouvelles de France) les milliers de lois votées en 5 ans, l'instabilité fiscale et législative, sans parler des affaires (scooter du Prince Jean EPAD, etc ). Est ce que le ticket Bayrou-Sarkozy, comme le suggère Douce de Franclieu, est la solution ?

A croire qu'il n'y a que Frédéric Bastiat 2012 pour les départager, car en réalité, le vrai problème des électeurs de droite réside dans le fait qu'aucun candidat (de droite) ne propose moins d'impots, moins d'Etat, plus de libertés. A Gauche, c'est pire encore. En attendant la restauration de la monarchie de France et le retour de Louis XX ou son cousin Jean de France, il faut croire que les Présidentiables monarchisants se cantonneront toujours à cette compétition du toujours plus d'"Etat, c'est moi !" au lieu de faire confiance aux citoyens.

lundi 27 février 2012

Mario Monti prouve que tous les pays sont réformables

snapshot sur Monti publié en Nov dernier par l'AFP
En cent jours, Mario Monti a

- assouplit les  règles de licenciement,
- entamé une réforme des retraites.
-  interdits le cumul les mandats.
- réformé contre les lobbies des taxis, des pharmaciens, des avocats ou des stations service
- annoncé vouloir réduire les effectifs de l'armée italienne de 20 %.
- forcé  les ministres à publier l'étendue de leur patrimoine.
- soumis l'Eglise Catholique au paiement de l' impôt foncier comme les autres propriétaires
- réintégré la résidence principale des particuliers dans le patrimoine taxable par les communes, comme partout ailleurs en Europe.
- renoncé à organiser les JO de 2020

Lire BFM Business pour la liste des mesures prises

De quoi desserrer l'étau qui pèse sur le meilleur du Made in Italia.




Tout n'est pas idéal dans les mesures Monti, mais il prouve que même dans les pays soit disant non réformables du fait de soit disant spécificités culturelles, on peut réformer, tout comme Margaret Thatcher a sauvé son pays, entre 1979 et 1990, alors qu'il était sous tutelle FMI.

jeudi 2 février 2012

Premiers signes d'une baisse des prix alimentaires

Premiers signes d'une baisse des prix alimentaires ! C'est le Monde qui le dit !
L'année dernière, on a entendu en boucle le message suivant : "les spéculateurs sont responsables de la hausse des prix alimentaires, il faut les punir". Source ? 
Comme il parait que rien n'a changé et que les marchés font toujours la loi (malgré la taxe sur les bonus, la taxe sur les transactions d'actions et de dérivés, la taxe sur les banques et autres taxes que ces soit-disant maitres du monde n'ont pas réussi à empêcher), est ce que les politiciens qui étaient si prompts à faire un lien entre spéculation et hausse des prix vont à présent faire la remarque suivante : les spéculateurs sont responsables de la baisse des prix ? 

Non, bien sur, car ni Davos ni l'Elysée ni Goldman Sachs ne controlent ni la météo ni la démographie mondiale. Par contre, il y a une chose que Davos et l'Elysée contrôlent : c'est la PAC - politique agricole commune. Rappel : la PAC représente la moitié des dépenses de l'UE. Elle consiste à prélever sur les ressources payées par tous à l'UE (une quote part de la TVA collectée dans chaque pays membre, principalement) de quoi indemniser les agriculteurs pour leur prise de risque dans laquelle face ils gagnent, pile nous, contribuables, perdons.

Il ne s'agit pas de "stigmatiser" les agriculteurs, mais simplement de rappeler que leurs exploitations sont des entreprises, dont les profits reviennent à leurs exploitants, pas à nous les contribuables, et tant mieux d'ailleurs.

Question : quand est ce qu'on supprime la PAC ?


Sur le même sujet : lutter contre la faim dans le Monde, un post du 23 juin 2011

vendredi 20 janvier 2012

Italie : Mario Monti libéralise l'économie pour la dynamiser.


Mario Monti, premier ministre d'Italie, libéralise  en vue de relancer l'économie du pays entré en récession.

Taxis, pharmacies, transports publics locaux, distribution d'essence, gaz, professions libérales: les secteurs qui seront plus ouverts à la concurrence sous l'effet de ces mesures sont nombreux.

Selon les premiers éléments ayant filtré dans la presse, ce plan prévoit notamment l'augmentation du nombre de licences de taxis, la hausse du nombre de pharmacies, la liberté de choix des fournisseurs pour certaines stations-service ou l'abolition des tarifs minimums des avocats ou des notaires...

Afin de faire baisser les prix du gaz en renforçant la concurrence, le gouvernement compte en outre obliger le géant de l'énergie ENI à céder son réseau de transport Snam Rete Gas.

mardi 27 septembre 2011

Jean-Luc Mélenchon à "Capital" sur M6


Jean-Luc Mélenchon à "Capital" sur M6 par lepartidegauche

Si vous ne l'avez pas entendu dimanche, réécoutez le discours de Jean-Luc Mélenchon, à partir de la minute 27'.
Pourquoi le réécouter ? Parce que d'une manière ou d'une autre, les propos de Mélenchon se traduiront en actes politiques à partir de Juin 2012. Il faudrait vraiment que la gauche ne présente pas de candidat (et encore) pour qu'elle n'achève pas son grand chelem en 2012, puisque l'UMP a aussi une politique inspirée du socialisme. Alors pourquoi les électeurs pro interventionnisme étatique voteraient pour la copie UMP plutôt que pour l'original, à savoir les socialistes et leur Front National de Gauche ?

Que dit Kim Jong Jean-Luc Mélenchon ?
  • 1. il s'est distribué plus de dividendes cette année qu'il n'y a eu d'argent ré-investi pour faire tourner les usines et les machines.
  • 2. Total, qui a fait 10 milliards de bénéfice, n'a pas reversé un euro à ses femmes de ménage
  • 3. le Smic à 1700 euros, c'est possible (vs 1070 euro par mois)
  • 4. vivre avec 1000 euros, c'est pas possible
  • 5. la France est la cinquième puissance du monde
  • 6. les patrons du CAC 40 se sont augmentés de 23% en 2010
  • 7. au cours des 25 dernières années, il y a 10 points de la richesse globale du pays qui sont passées des poches du travail (salaires) à celles du capital (dividendes), ca représente 195 milliards d'euros par an
  • 8. le salaire finit toujours par être de la consommation donc c'est du chiffre d'affaire pour les entreprises
  • 9. il faut mettre des barrières aux frontières françaises
  • 10. il faut harmoniser socialement et fiscalement en Europe
  • 11. on ne cherche pas à équilibrer la balance commerciale de la Creuse avec celle de l'Essonne
  • 12. avec le système actuel, c'est la ruine dans le monde entier
  • 13. un SMIC à 1700 euros en 2011 c'est équivalent, en terme de pouvoir d'achat, au SMIC du milieu des années 80.
Décryptage

1. Les entreprises du CAC 40 devraient verser quelque 40 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires en 2011 au titre de l'exercice 2010 (source Le Monde) et toujours pour le CAC 40, le montant des investissements, en année pleine, tourne autour de 100 milliards (voir l'étude annuelle de Ricol & Lasteyrie) . 40 > 100. En plus, le CAC 40 n'est pas toute l'économie française !

2. Total a eu en 2010 un chiffre d'affaire de 160 milliards en 2010 (voir chiffres clefs Total), et un bénéfice de 10 milliards. 10/160=6% autrement dit, pas terrible pour une entreprise de matières premières. Total a justebeaucoup de bénéfices parce qu'ils ont un énorme chiffre d'affaire. Par contre, il est à parier que l'épicerie en bas de chez vous ne fait que cent mille euros de chiffre d'affaire par an (50 bouteilles de vin par jour) mais fait 25% de marge nette grâce à sa cannette de coca achetée 50 centimes et vendue 1 euro, une fois les charges déduites. Les femmes de ménage de Total ? Total  a payé pour l'ensemble de ses salariés 16 milliards d'euros, et les actionnaires ont reçu 5 milliards.

3. le SMIC à 1700, oui, c'est possible ! Au Luxembourg il est bien à 1642 (source : news352.lu). Reste à déterminer s'il existe des employeurs à ce prix la, en France. Au fait, pourquoi Mélenchon ne crée t-il pas lui-même une entreprise ?  

4. Pour un jeune, célibataire locataire sans crédit, il est possible de vivre avec 1000 euros par mois. Voir "vivre avec le SMIC" http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/09/vivre-avec-le-smic-2006.html

5. Dire que la France est la 5eme puissance mondiale, c'est typiquement un chiffre qui ne veut rien dire. Relisez x-ième puissance mondiale http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/08/x-ieme-puissance-mondiale.html Ce qui compte, ca n'est pas le PIB en valeur absolue mais le PIB/Habitant. Préférez vous vivre en Chine (2eme puissance mondiale) ou en Norvège (25eme puissance mondiale) ?

6. Le CAC 40, c'est ... 40 entreprises. Sur 2 millions d'entreprises. En 2009, les 40 corpocrates du CAC 40 ont gagné 80 millions d'euros (source Emploi Pro). Alors certes, on peut réduire leurs salaires. Mais même  les supprimant et en répartissant les salaires des PDG du CAC 40, ca ne donne que 3.50 EUR / salarié français, par an, en plus de gagné.

7. L'INSEE écrit "Depuis 20 ans, le partage de la Valeur Ajoutée apparaît plutôt stable" http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/dossiers_web/partage_VA/rapport_partage_VA.pdf page 9, en plus, sur 25 ans, le PIB s'est accru de bien plus que de 10 points de %.

8. Le salaire peut acheter des baskets made in Asia, des bananes (pas made in Hexagone) ou des iPhones, etc ... Les socialistes ont expérimenté le problème en 1981.

9. La, Mélenchon est cohérent. On ne peut pas faire de socialisme en économie ouverte. Si on veut une économie socialiste et égalitaire, il faut fermer les frontières (françaises, pas Européennes).

10. La plupart de nos partenaires n'ont pas de SMIC (Allemagne, Suisse, Suède ...), ou alors inférieur au notre. Certains ont mis leur sécurité sociale en concurrence sans que cela ne transforme le pays en jungle (Suisse, Allemagne). D'autres ont des budgts proches de l'équilibre (Finlande, Luxembourg, Pays Bas) . Si le Député Européen Mélenchon passait plus de temps à Bruxelles et moins à Paris, à houspiller les journalistes, il le saurait. 

11. C'est bien que Mélenchon aborde le sujet, car il serait bon de le mettre sur la table : est-il logique que les franciliens paient autant pour la Corse ou le Languedoc et bénéficient de si peu en retour (voir les posts reliés à Davezies).

12. L'Europe et les Etats Unis sont en crise, mais pas le reste du monde. On voit là la limite du camarade Mélénchon : la richesse ou du moins la base du confort de vie à l'Occidentale, c'est pas pour les autres.

13. A part pour la baguette et le le  logement (qui par ailleurs ont bien monté), c'est difficile de comparer deux périodes. Il se trouve que pendant les années 80, les gens normaux n'avaient pas de téléphone portable, Internet, de climatisation dans la voiture ou de semaines de vacances en République Dominicaine ou en Tunisie.


Et oui, tant qu'on ne mettra pas de vrai journaliste, de journaliste punchy face à Mélenchon, le discours leader du Front de Gauche passera bien auprès des gens qu'il manipule.

Pour prolonger le décryptage :
le blog de Peyrelevade
pourtant pas ultra libéral ...

dimanche 25 septembre 2011

L'Allemagne paiera !

Un homme politique aussi informé qu'Arnaud Montebourg peut se permettre d'écrire sur son blog "Alors qu'elle a réalisé ses excédents sur tous ses voisins européens (hors République Tchèque ou Hongrie, devenus les pays manufacturiers du « Made by Germany »), l'Allemagne joue l'égoïsme dès qu'il s'agit d'établir une véritable solidarité européenne."

Ainsi, pour Arnaud Montebourg, les excédents commerciaux sont réalisés par l'Allemagne, et non pas par des entreprises allemandes, ou détenues par des allemands ou localisée en Allemagne. 

On assiste à un renversement de paradigme, que l'UMP, hélas, ne démentira pas. Le droit de propriété trouve sa limite dans le bon plaisir et la volonté du prince. Si le gouvernement décide que vous êtes d'intéret national, alors des ministres et des conseillers se melent de la stratégie de l'entreprise, a lieu d'en créer une. 
Qui, en 2012, rappelera aux français que les affaires des capitalistes ne regardent qu'eux, quand ils gagnent mais aussi quand ils perdent ? 

mercredi 31 août 2011

Banques : le FMI s'acharne ?

Christine Lagarde, présidente du FMI, s'est faite reprendre (en langage d'jeune's, on pourrait presque dire "s'est faite calmée) par un Christian Noyer d'habitude connu pour ... son invisibilité et sa discrétion.



Alors, que faut-il penser ?

En réalité, rien. Déjà, sur le plan technique, le débat est ouvert. Philippe Herlin (professeur d'économie, blogger de la dette de la France) dit "Déjà, sur 2009-2010, l’amélioration des résultats des banques provenait essentiellement d’une baisse des provisions pour risques, elles continuent, et le risque souverain devient de plus en plus réel. Alors faut-il s’inquiéter pour les banques ? Oui bien sûr."
D'autres, à commencer par les banquiers eux-mêmes ou le Centre des Professions Financières, suggèrent le contraire et invitent plutôt à regarder du coté de la santé financière des Etats.

Ensuite, sur le plan économique, une banque est une entreprise. Toute entreprise peut faire faillite. Pourquoi les banques échapperaient à cette possibilité ? 

Enfin, on peut se demander ce qu'on veut des banques. Sur le plan politique, la quasi totalité du spectre s'accorde à dire qu'il faut les réguler et les empécher de spéculer. Pourquoi pas, mais dans ce cas, comment les banques, réduites à leur simple fonction de gestion de dépot, vont faire pour sortir des ROE records et distribuer de la participation ? Dans une banque universelle classique type BNP Paribas, Credit Agricole ou SocGen, qui font à la fois du crédit et des opérations de marché, typiquement les 10 ou 15 000 personnes en charge des activités de marchés rapportent entre le quart et la moitié du résultat de toute la banque qui compte entre 100 et 150 000 employés. Si on supprime la "spéculation", il n'y aura pas de miracles. Juste moins d'IS pour l'Etat, moins de dividendes pour les actionnaires et moins de primes pour le guichetier. 

Alors, pourrait-on suggérer à Christine Lagarde, qui se faire remettre en place par Charles Gave sur Contrepoints (Banques : pourquoi Lagarde ne comprend rien à l’économie) de plutôt se demander pourquoi le FMi, directement issu de Bretton Woods, existe encore alors qu'il aurait dû disparaitre le 15 Août 1971 quand Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or ? 

vendredi 12 août 2011

Réguler le capitalisme super ultra libéral et sauvage ?

Ils nous font rire, disons le clairement, les amateurs qui servent de gouvernement "de droite"; interdire le short selling ... pourtant, ils ont l'expérience de 2008. On ne peut même pas dire qu'ils testent une solution jamais étudiée. Des milliards d'études académiques, de Harvard (lire l'article du FT) comme du Pole Universitaire Léonard de Vinci  (voir Ecofi Edu) ont montré que le short selling n'empêche pas, puisque c'est le but, les valeurs concernées de baisser. Il existe des lois ? Qu'ils les appliquent, au lieu de créer un surcroit de réglementation. La diffusion de rumeurs et de fausses nouvelles est un délit ? Que l'AMF poursuive, au lieu de donner une prime supplémentaire aux vendeurs de ETF, CDS, put et autres produits permettant de poursuivre tranquillement des stratégies de short selling. Et puis surtout qu'ils mettent les finances publiques en ordre, c'est à dire dans le respect des critères de Maastricht, au minimum, en équilibre sinon.

dimanche 17 juillet 2011

L'auteur du moment : Philippe Herlin

Si vous ne le connaissez pas encore, Philippe Herlin est vraiment un auteur à découvrir.
Pas exactement le genre qui fait des bouquins lecture de plage, quoi que, mais du serieux et de l'instructif.

Philippe Herlin est chercheur en finance au CNAM, rédacteur chez Atlantico, animateur du blog la dette de la France, bref, c'est vraiment un bon !

1er bouquin :

France, la faillite ? Les scénarios de crise de la detteDes conseils pour protéger votre patrimoine
EYROLLES, septembre 2010
166 pages, 14 euros


Par rapport au bouquin de Philippe Ries et Philippe Jaffré, (le jour où la France a fait faillite, c'est peut-être un peu plus opérationnel, un peu sur le modèle du bouquin de Marc Fiorentino.
On retrouve un peu l'analyse et le bon sens de Charles Gave.




2eme bouquin :

Finance : le nouveau paradigme Comprendre la finance et l'économie avec Mandelbrot, Taleb, ...
EYROLLES, avril 2010
208 pages, 22 euros



Un peu plus technique mais très utile à tous ceux qui bossent dans la finance, et au delà, à tous ceux qui veulent comprendre ce qu n'a pas marché dans les modèles économétriques des structureurs et autres rois de la titrisation.

Bonnes lectures !