jeudi 5 mars 2015

Roland Garros : Valls attaque sur le front Ouest !

Que vous soyez habitant de Boulogne ou du quartier d'Auteuil, ou spectateur du tournoi de Roland Garros, vous connaissez le problème : le très joli stade rétro de Roland Garros, souffre de plusieurs défauts,  dont sa surface relativement réduite et sa faible capacité d'extension. 
Que voulez-vous ! En 1927, alors que le XVIeme arrondissement sentait encore la peinture fraîche, les concepteurs ont oublié (excusez-les !) de penser qu'on créerait une liaison autoroutière de desserte de la banlieue ouest et de la Normandie, que Paris franchirait les portes du périf, et que le Qatar serait un jour en mesure de concurrencer Londres et New York sur le plan de l'organisation de tournois sportifs majeurs !
Serres d'Auteuil, victimes collatérales ?

Les spectateurs qui se rendent à Roland Garros, au moins durant la première semaine de la quinzaine du tournoi, le savent : le lieu, charmant au demeurant, est ingarable, desservi par une ligne 10 qui n'a pas été prévue pour cela et relativement exigu. D'ailleurs, les chiffres le montrent : alors que Wimbledon s'étend sur 17 hectares, le tournoi parisien bénéficie de quasiment moitié moins de surface (1). 

Cela fait des années que la Mairie de Paris sait qu'elle a un double problème à gérer : l'extension du stade, et la renégociation des redevances versées par la Fédération Française de Tennis à la ville de Paris. Cette mairie, Anne Hidalgo l'a co-géré avec Bertrand Delanoé (vous savez, celui qui n'est plus maire mais continue pourtant à bénéficier d'un bureau et d'un secrétariat (2)) depuis 2001. Madame le Maire de Paris ne peut donc pas nous faire le coup de l'héritage.. 
Seulement, pour les redevances, c'est raté. La FFT a plié la négociation; Roland Garros continuera à être son jackpot, tant mieux pour elle. 
En revanche, pour l'extension, rien n'est joué. Certes, il n'y a pas de ZAD porte d'Auteuil, et l'ouest Parisien ne s'est pas (encore ?) transformé en Notre Dame des Landes ou en Sivens. Mais, clairement, l'administration parisienne a sous-estimé le rejet que suscite son projet : étendre Roland Garros (utilisé à 100% moins de 3 semaines par an, donc) sur un espace vert très fréquenté, le jardin des Serres d'Auteuil. Ce rejet n'est même pas une question gauche-droite. A la base, le maire du XVIe, Claude Goasguen, était d'accord avec Delanoé (3), même s'il a révisé son jugement depuis. Quand aux "alliés" d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, les verts d'EELV, ils sont contre la destruction des Serres d'Auteuil. 

C'est là où intervient Marie-Ségolène Royal, dite Ségolène Royal. Cette riveraine (4) a eu une idée, curieuse si on part du principe que pour l'ex compagne de Hollande, la solidarité gouvernementale, c'est important (5), mais maligne si on admet le fait que cette thuriféraire de la démocratie participative", également ministre de la pacification des relations PS-EELV de l'environnement, a d'autres chats à fouetter (Ecomouv ? LGV Poitiers Limoges ? Fessenheim ?). Ségolène Royal a donc ressorti des cartons les plans alternatifs au massacre des Serres d'Auteuil. Même le Delanopolis n'en est pas revenu (6) !

Fallait-il en rester là ? Bien sûr que non ! Ce matin, le premier ministre Manuel Valls, qui a réussi à diminuer les impôts et taxes, régler le problème du chômage de masse en France, trouver des solutions pour lutter contre l'insécurité, réussir à proposer un budget en équilibre, recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ainsi que, bien sûr, repeupler le marché d'Evry de white, de blancos, s'est dit qu'il pouvait maintenant s'attaquer à ce dossier prioritaire pour le gouvernement de la sixième puissance mondiale : l'extension du stade de Roland Garros. Après tout, ce n'est pas comme si la ministre Royal ne s'était pas penché dessus, ou comme si il existait une mairie et des citoyens à Paris !

Et que nous dit Valls ? Qu'on a assez tergiversé, et que peut importe les propositions, il faut étendre Roland Garros selon les plans de la FFT, c'est à dire au détriment des Serres d'Auteuil. De toutes façons, la conclusion du débat sur la loi Macron a donné le ton : le gouvernement ne négocie pus avec les terroristes les français ! Et tout ça pour quoi ? Parce que Valls se place dans la perspective d'une France qui organiserait les JO en 2024. Il faut donc montrer au CIO la capacité du pays à avancer. Organiser le Jeux Olympiques ... on rêve ...! Est-ce que Valls n'a pas compris ce qui s'est passé à Athènes en 2004 ? Et pense t-il que la France, qui n'a plus de pain, a besoin de jeux (8) ? 

L'alternative
Donc en résumé, Valls s'oppose aux riverains, à une de ses ministres, à l'Unesco mais aussi au bon sens qui voudrait, faute de couverture de la A13, que l'on déménage Roland Garros à Versailles. Et tout ça pour quoi ? Quand-est ce que les français cesseront d'être les victimes collatérales des guerres interne à la gauche socialiste ? 






(3) L'Hérétique Goasguen fait cause commune avec Delanoë 8 décembre 2011
(8) Koz Toujours Expo2025 vs JO2024, y’a pas débat ! 5 mars 2015

mercredi 4 mars 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Le spectacle des questions au gouvernement ("QAG") a repris ! Spectacle ? Les QAG ne sont-elles pas, en vertu des pouvoirs de contrôle de l’exécutif conférés aux députés par la Constitution de 1958, un moment essentiel de la vie démocratique de notre pays ? Et, dès lors, ne mériteraient-elles pas un qualificatif un peu plus heureux que celui de spectacle ? 




On peut exprimer un certain scepticisme, au vu de la façon dont Manuel Valls a dégainé l'article 49-3, pour masquer l'absence de majorité pour le soutenir (1). Alors, puisqu'il parait qu'il y a une opposition au parlement, y compris à gauche, verra t-on des députés effectuer la mission de contrôle pour laquelle ils sont payés, et notamment poser les questions au gouvernement suivantes ? 
  • Question au premier ministre, Manuel Valls : un peu partout en France, du Nord Pas de Calais  (2) au Languedoc (3), des retraites ne sont plus payées. Hier, un député-maire UMP vous a posé une question sur l'absence de versement  de retraites à des dizaines de milliers de retraités. La question n'était pas bien méchante, ce député, en vrai socialiste de droite, défend la même conception que vous en matière de retraites : par répartition, et non pas par capitalisation. Monsieur le Premier Ministre, pourquoi n'avoir pas répondu à la question, et avoir préféré parler d'une polémique mineure sur la ministre de la justice ? Pourriez-vous plutôt, de manière plus globale, nous faire un point sur les signes évidents de faillite de la France (4) ? 
    Egalement publié sur Contrepoints
  • Question au Ministre de l'Environnement et des Transports, Ségolène Royal : en 2009,  l'Assemblée Nationale a voté le texte Ecomouv à l'unanimité, y compris avec les voix socialistes. Vous avez remis ce texte en cause. Aujourd'hui, Ecomouv a touché une 1ère indemnité de 400 millions d'euros. Madame le Ministre, les contribuables sont mis à contribution (5). Dans la plupart des entreprises, quand on perd 400 millions d'euros, il y a une conséquence. Allez-vous, au minimum, présenter vos excuses aux contribuables, et réduire votre paye ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : le 11 janvier dernier, des millions de français ont manifesté pour souligner leur attachement à la liberté d'expression et non pas à l'ultra étatisme qui limite les libertés. Madame le garde des sceaux, en dépit de cet attachement des français aux libertés, vous avez annoncé vouloir durcir la répression des propos racistes et antisémites en les faisant basculer du droit de la presse, plus spécialisé, au code pénal, plus répressif. Mais même Libération s'en inquiète ! Oui, même Libé (6) ! Quand allez-vous adopter une voie plus libérale que vos projets liberticides ? Comme le note le philosophe Gaspard Koenig, il faut assumer l'idée que la liberté d'expression peut être dérangeante, choquante, désagréable et blessante (7) ! 
  • Question au Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : un tabernacle a été profané dans l’église Notre-Dame de Châteauroux (8). Ce n'est pas la première fois que cette église est profanée. Monsieur le ministre, quelle est la réaction de votre ministère, ne serait-ce que sur le plan des mots ?
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le ministre, le porte avion Charles de Gaulle est donc dans le golfe Persique, en soutien à des opérations en Irak, contre l'Etat Islamique en Irak et au Levant (9). Le gouvernement va t-il demander l'avis du parlement au sujet de ce nouveau front ? Hollande n'a t-il pas été élu également en opposition à la vision Sarkozienne de la nécessité de s'associer aux opérations de l'OTAN ? 
  • Question au ministre de l'Education Nationale, Najat Belkacem : il est maintenant clair que l'Education Nationale fonctionne au bénéfice quasi-exclusif du corps professoral, et plus spécifiquement à celui des enseignants syndiqués et de leur mode de vie (10). Madame le ministre, à quand une gestion de l'Education Nationale au profit de tous les français, à défaut de supprimer le caractère national de cette administration ? Puisque vous ne voulez pas laisser des communautés éducatives s'organiser librement, sur une base décentralisée et locale, allez-vous au moins revoir le calendrier des vacances scolaires, au profit d'une majorité de français ?
  • Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : alors comme ça, en 2015, la bombe atomique est la base de la stratégie militaire française (11) ? Est-ce que le discours présidentiel a vraiment été validé par le quai d'Orsay, à l'heure où la France est engagée dans toute série de guerres asymétriques ? Pourquoi ne prêtez-vous pas, vous et votre collègue de la défense, plus attention au discours de l'opposition, qui affirme, comme c'est le cas d'Hervé Morin, qu'il nous faut un corps expéditionnaire autonome et s'interroger sur la force nucléaire (12) ? 
  • Question au Secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert : il parait que le gouvernement a les moyens de faire "un geste" pour "aider" les collectivités locales et les hôpitaux ayant contractés des emprunts dits toxiques (13). Monsieur le Secrétaire d'Etat, allez-vous nous préciser avec quel argent vous compter "aider" ces collectivités locales ? Sauf erreur, le budget de l'Etat est déjà en déficit. D'autre pat, des sanctions pour mauvaise gestion sont-elles prévues envers tous ces responsables des finances des collectivités locales, en général des Bac+5 recrutés sur concours, qui n'ont pas été capables de lire des contrats et d'analyser des risques ?
  • Question au Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes : Harlem Désir : tous les jours, l'inutilité de votre poste est plus flagrante. Par définition, il n'y a pas besoin de ministre des affaires européennes puisque toutes les affaires sont européennes. Votre collègue le Foll ou votre collègue le Drian sont bien contents d'avoir la PAC ou les budgets de la PESC pour financer leurs opérations, non ? Monsieur le Secrétaire d'Etat, expliquez-nous en quoi votre ministère ne fait pas doublon avec le  secrétariat général des affaires européennes (14) ? 

Voyons si le gouvernement répondra aux questions que les français se posent, ou si il préférera parler de lutte contre le FN et autres thèmes internes au PS. 




Les épisodes précédents




Egalement publiés sur Contrepoints



(1) L'Opinion Duel Beytout/Joffrin : « 49-3 : Y a-t-il encore une majorité ? » 20 février 2015
(2) La Voix du Nord Retraites non payées : « Les mesures prises ont donné des résultats, mais insuffisants » 26 février 2015
(3) France Bleu Retraites non payées en Languedoc-Roussillon : une "situation inacceptable" pour Marisol Touraine 26 février 2015
(4) Economie Matin Les signes incontestables de la faillite en cours de la France 30 décembre 2014
(5) Boursier.com Ecomouv' touche une 1ère indemnité de 400 millions d'euros 3 mars 2015
(6) Libération Propos racistes : vers une loi tout noir tout blanc ? 3 mars 2015
(7) L'Opinion Drapeau au vent 11 janvier 2015
(8) Christianophobie Châteauroux : tabernacle profané dans l’église Notre-Dame 4 mars 2015
(9) L'Opinion Le Charles-de-Gaulle contre Daesh : plan com' et réalités militaires 23 février 2015
(10) Slate Vacances: le double discours hypocrite de l'Education nationale 4 mars 2015
(11) Le Point François Hollande précise ses options nucléaires 19 février 2015
(12) Europe 1 Budget de la Défense : passe d'armes entre Hervé Morin et Jean-Yves Le Drian 14 juillet 2014
(13) BFM Business Emprunts toxiques: le gouvernement fait un geste 24 février 2015
(14) L'Opinion Manuel Valls reprend la main sur le secrétariat général aux affaires européennes 23 février 2015

Il parait que François Hollande redécouvre le centre ...

Selon la journaliste du Monde, Françoise Fressoz, le président Hollande tenterait de corriger le mépris qu'il avait pour les centristes, depuis 2012, en se rapprochant de Jean-Louis Borloo, par exemple (1). Difficile de dire si Borloo est dupe ou pas, mais ce qui est sûr, c 'est que Hollande ne l'est certainement pas. 

Certes, le président de la République a prouvé que ses convictions étaient fluctuantes, et que cela ne le gênait pas de tenir le discours du Bourget puis pratiquer la politique de Sarkozy. 

Mais quelle coopération pourrait-il y avoir entre, d'une part, une personne qui reste fondamentalement un socialiste, jacobin, laicard et interventionniste en économie, et les démocrates chrétiens, girondins et libéraux ? 

Au delà des positionnements tactiques des uns et des autres, et des écarts aux principes qui peuvent survenir ça et la, tout oppose, en terme de vision, les socialistes, qui croient fondamentalement à l'intervention de l'Etat dans tous les domaines et au pilotage de la France depuis le bureau d'un ministère, et les libéraux démocrates pour qui l'Etat doit se recentrer sur ses seules missions régaliennes, de préférence dans un cadre fédéral Européen. 

Les centristes ne s'y trompent pas : Hollande n'a toujours pas résolu son problème, à savoir ses mensonges de campagne en 2012. Les français qui soutiennent les "frondeurs" du Parti Socialiste (2) ont raison de demander à Hollande de bien vouloir respecter ses promesses de campagne. 
Hollande, élu avec les voix du Front de Gauche, comptait sur le retour miraculeux de la croissance pour masquer les contradictions de sa majorité. Qu'il commence par expliquer aux français qu'il s'est "trompé". Ensuite et seulement ensuite, il sera possible de réfléchir à des majorités de projet et à des votes au cas par cas, comme le proposent les députés UDI.