vendredi 24 avril 2015

En finir avec le #libéralisme à la française ? Réponse à @guillaumesarlat

Avez-vous entendu parle du bouquin de Guillaume Sarlat, "En finir avec le libéralisme à la française" ? La presse en a pas mal parlé, du Monde au Figaro, en passant par Marianne 

Et peut-être que vous n'avez pu réprimer un sourire, pour ne pas dire une franche rigolade, en lisant les interviews de cet énarque polytechnicien (mais pourtant français de Londres) qui nous dit que :

  • La France n’est, selon lui, « ni en faillite ni au bord du chaos »
  • Libéralisme et Etat social se nourrissent mutuellement
  • Sur le plan économique, la France est très libérale
  • L'Etat n'a aucune stratégie industrielle. 
  • L'Etat a libéralisé depuis les années 80 tous les marchés - biens, services, secteur financier -, confiant ensuite leur régulation technique à des agences indépendantes.
  • L'Etat a multiplié les règles fiscales et sociales, et notamment le droit du travail mais il est assez facile pour les grands groupes multinationaux de les contourner
En fait, plus que du rire, c'est de la colère que l'on peut ressentir à la lecture de sentences pareilles. En effet, voila une personne dont le pédigree intellectuel rend son discours crédible (en tout cas par la presse) et qui use de qualificatifs exactement inverses de ce qu'il décrit, crédibilisant la thèse socialiste du méchant complot ultra giga néo libéral mangeur de chatons. 

L'Etat de la France, le voici, et il est implacable, comme le rappelle Vincent Bénard, du Parti Libéral Démocrate
  • 57% de dépense publique par rapport au PIB
  • Existence d'une carte scolaire
  • Sécurité sociale obligatoire 
  • Code des impôts et du travail en folie, existence de l'ISF
  • Sols ultra zonés, loyers encadrés, quotas de logement social
  • Banque Publique d'Investissement et Caisse des Dépots et Consignations omniprésentes ds l'économie
  • Presse subventionnée, agriculture subventionnée 
  • VTC persécutés
  • Cannabis réprimé
  • projet de loi sur le renseignement, liberticide
  • Politiciens corrompus en liberté, 
  • Petits commerçants/artisans étranglés par le RSI
Oui, la France, ultra étatiste, est très loin du libéralisme, qu'il soit "économique" ou "sociétal", pour ceux qui font la distinction. et l'Etat ne lâche rien, au contraire. Il y a bien toujours plus d’impôts, toujours plus de réglementations, toujours plus d'interdictions, toujours plus de lois. 

Un livre n'est pas forcément fait pour réagir à l'actualité, mais si on regarde ce qui s'est passé en seulement deux ou trois semaines, qui peut parler de libéralisme en France, entre un ministre de l'économie qui fait acheter des actions Renault avec un argent qu'il n'a pas, une ministre de la santé qui explique aux français quel poids ils doivent peser ou un ministre de la justice qui ne réagit pas
 aux violations du principe de séparation des pouvoirs induites par le projet de loi renseignement ?

Dans une France libérale, Guillaume Sarlat observerait ce qu'il peut voir de ses propres yeux à Londres, tel que la mise en concurrence des lignes de bus (y compris avec la RATP pour gérer certaines lignes de bus londoniennes), le désintérêt total du gouvernement envers la nationalité de tel ou tel actionnaire, même pour le ramassage des poubelles ou la gestion des aéroports. Il verrait aussi que le maintien de certaines portions d'autoroutes allemandes sans limitations de vitesse,  la dépénalisation de la consommation du cannabis au Portugal, l'absence de SMIC en Autriche ou la privatisation des chemins de fer en Suède ne font pas de ces pays, nos partenaires au sein de l'UE, des zones dignes du far west.

En finir avec le #libéralisme à la française, par @guillaumesarlat? Comme le note Libertas (1), ce titre, il fallait oser ! Avec une dépense publique de 57% du PIB, la France, ce pays ultra-libéral...?

En revanche, cet essai a deux intérêts. D'une part, il permet de rappeler que le libéralisme, ce n'est pas le capitalisme de connivence, ni même la réussite financière de 40 entreprises qui sont bien plus internationales que françaises.
D'autre part, il permet de comprendre un des problèmes de notre pays : ses élites ont un biais assez incroyable envers la macro économie, qui leur fait appréhender la situation du pays à travers des grands agrégats, et autres entités connectées à l'image qu'ils ont de l'Etat. Comment peut-on disserter sur la France après avoir conclu à la bonne santé du CAC 40 ? 

Comme il n'y a pas de le #libéralisme à la française avec lequel il faudrait en finir, suggérons un autre titre pour le prochain livre de Guillaume Sarlat : En finir avec l'étatisme à la française.

Quand à toutes celles et tous ceux qui ont ri à la lectures des thèses de Guillaume Sarlat, n'hésitez pas à aider le Parti Libéral Démocrate à présenter son projet libéral pour la France, ou au moins à faire entendre l'idée que la France n'a rien de libérale.

Pour faire découvrir le libéralisme, recommandez plutot deux autres auteurs : Daniel Tourre, Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants aux éditions Tulys http://editions-tulys.fr , ou le collectif la Main Invisible, 100 auteurs, 100 idées, auteur de Libres ! et Libres 2 !








jeudi 23 avril 2015

Migrants de Méditerranée ? halte à l'hypocrisie !

Un bateau d'immigrés qui chavire, la médiatisation qui s'en suit, et ça y est, la planète politique s’émeut. Enfin, la planète politique ... toute ? Non. Car un village peuplé d'irréductibles gens d'extrême droite résiste encore et toujours en restant fidèles à leurs principes.

Mais au moins, quand les nationaux socialistes disent "coulez les bateaux", ont-ils le mérite de ne pas tomber dans l'insupportable hypocrisie dont le Parti Socialiste nous abreuve.


Déjà, un petit rappel : non, il n'y a pas de vague migratoire qui nous submergerait. Quand bien même un million d'arabes et d'africains débarqueraient sur les cotes Européennes (nous sommes 500 millions au sein de l'UE ...), cela ne représenterait que 0.09% du milliard et quelques d'Africains. 
Les africains, comme la plupart des gens sur cette planète, ne rêvent pas tous de migrer. Ils rêvent de vivre en paix et avec un minimum, chez eux. 
Et quand ils migrent, ils ne se dirigent pas tous vers l'Europe. Ils vont d'abord vers des pays africains voisins ou vers le Golfe (1), en dehors du cas du Maghreb qui, lui, a des liens avec la France. 

Ensuite , sur le cas spécifique des migrants de Méditerranée, dont la traversée signifie le plus souvent la mort, qui peut vraiment dire, parmi les responsables politiques des pays européens, que nous ayons réellement envie de les sauver ? Qu'ils se noient dans un cas sur deux arrange bien tout le monde, à commencer par les autorités italiennes qui, elles, pour le coup, sont submergées par le phénomène, et ce alors que l'Italie n'est souvent pas la destination finale des migrants. 

La plupart des états européens, à commencer par la France et les etats membres de l'UE les plus socialistes, sont dans un dilemme. 
Citons Serge Federbusch (2), il a parfaitement résumé la situation, on ne saurait mieux dire :

"Cette triste situation nous renvoie à l'incohérence fondamentale des politiques migratoires. Si l'on prétend, comme la gauche française et une partie de la droite, défendre un modèle social fondé sur la solidarité nationale, avec des lois protectrices, des transferts et des aides en tout genre, alors l'immigration doit être strictement et sévèrement contrôlée. Il faut en finir avec le regroupement familial et tout ce qui permet l'entrée sur nos territoires autrement qu'au compte-goutte. 

L'alternative que peu envisagent mais qui est pourtant cohérente serait de laisser l'Europe ouverte aux mouvements de population. Ceux qui veulent tenter leur chance peuvent s'y installer. Que le meilleur et le plus travailleur gagne ! Mais il faut alors être logique : cela implique la fin de l'Etat providence et de tous les systèmes de législation protectrice de la main d'oeuvre puisque, bien évidemment, de très nombreux migrants seront prêts à travailler sans salaire minimum ni droits sociaux et qu'il sera vite impossible de réprimer leurs employeurs. De même, il ne doit y avoir aucun système d'assistanat qui puisse créer une incitation à l'émigration. La logique de "gauche", libérale en matière migratoire, implique en réalité un ultra libéralisme économique que la gauche, incohérente, vomit. "

La France socialiste de Nicolas Hollande et de François Sarkozy n'a pas envie de voir débarquer des migrants prêts à bosser pour moins que le SMIC, voila la réalité ! Et elle ne peut pas non plus supporter plus de gens qui ne travaille pas, étant donné l'état des comptes sociaux du pays. 

Alors, quand est-ce qu'on remettra en cause le système social à la Française ? 
Et quand est-ce qu'on cessera de donner une prime aux passeurs, en autorisant tout simplement les migrations ? 
Quand les anglais, les français, les allemands ou les hollandais ont débarqué du Mayflower et des bateaux suivants, il n'y avait ni service de l'immigration pour les accueillir, ni service de la sécurité sociale pour leur garantir une vie sans travail. Ils ont bâti ce que sont devenus les Etats-Unis avec leur travail (volontaire des européens mais aussi forcé des esclaves africains). Alors pourquoi, en Europe en 2015, ne pas également autoriser chacun à avoir sa chance ? 

Reste, disent les identitaires, le problème de la compatibilité culturelle. En effet, a priori, nous sommes peu nombreux à vouloir voir s'installer une république islamiste en France. Mais est-ce qu'un pays où seulement 4% des habitants pratique la religion qui a un historique de plus de 1000 ans sur le territoire peut se plaindre de la progression d'autres religions ? Si les catholiques "non pratiquants" désertent les églises, pourquoi regrettent-ils ensuite l'installation de mosquées ? Tout en disant très clairement aux migrants quelles sont les règles en vigueur dans ce pays, et notamment la laïcité, héritage du christianisme (3), ce qui implique que ceux qui ne sont pas prêts à les accepter ne sont pas forcés de rester, peut être pouvons nous ouvrir le dossier de notre propre rapport au sacré ?

Quelques soient les décisions que nous prendrons pour régler ce problème de migrations trans-Méditerranée, il faudra qu'elles soient marquées du sceau de la cohérence. Soit nous voulons être une Corée du Nord, ultra socialiste, où personne ne migre, soit nous voulons être une Suisse, libérale. Le fait que nos voisins supportent un taux d'étrangers bien plus élevé que chez nous montre que manifestement, nos problèmes proviennent peut être non pas de Lampedusa mais de Bercy. 

Oh, one last thing, comme disait Steve J. Puisque le sujet du racisme est connexe, quand est-ce qu'on cessera d'idéaliser les pays de transit des migrants, pour enfin dénoncer les violences dont sont victimes les immigrés au Maroc (4) ou en Lybie ? Pas politiquement correct ? C'est toute cette question de gestion de l'immigration qui ne l'est pas. Mais tant que la France refusera d'amender son système social, mais aussi ses lois anti racistes (qui génèrent en fait plus de racisme), les non dits de l'immigration continueront à générer de la frustration (euphémisme ...) chez les citoyens !



mercredi 22 avril 2015

Lutte "contre" le terrorisme

Qu'on ne vienne surtout pas nous dire que nous avons du projet de loi sur le renseignement, liberticide, actuellement discuté au Parlement.

En quoi aurait-il eu un impact sur l'arrestation, ce matin, d'un terroriste présumé qui voulait attaquer des églises de la région parisienne ?

La récurrence de tentatives d'actes terroristes ne doit pas nous faire oublier l'enjeu de la liberté et du respect de la vie privée, sauf si on cherche à faire gagner les terroristes.
Remplacer le terrorisme des terroristes par un terrorisme d'Etat ? Non merci !

lundi 20 avril 2015

"Il faut que les entreprises jouent le jeu" (@MarisolTouraine)

Avez-vous écouté Marisol Touraine, hier, sur BFM TV, interviewée par Apolline De Malherbe ? Quand on lit ce qu'elle a déclaré, on comprend mieux certains des problèmes dont souffre notre pays.
Il y avait une vérité dans ce que  Marisol Touraine a pu raconter :

En effet, dans la configuration actuelle, comme le rappelait le bloggeur le Duff (1), la situation est incertaine et bien que le pays soit à "droite", Hollande conserve toutes ses chances pour 2017. 

En revanche, la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes a aussi déclaré ceci : "Il faut que les entreprises jouent le jeu", "et toutes ne remplissent pas leur part du contrat pour l'instant. Il faut les dirigeants d'entreprises "mettent les bouchées doubles" pour atteindre les objectifs du gouvernement" (2). Et là, c'est plus gênant. 

C'est plus gênant car des propos pareils ne peuvent trahir que deux attitudes : le cynisme ou l'incompétence. 
Soit Marisol Touraine ne croit pas ce qu'elle dit, et il ne s'agira finalement que d'un foutage de gueule de la traduction de la propension qu'ont les ministres (de droite comme de gauche) à prendre les français pour des idiots et des enfants incapables de supporter la vérité. 
Soit Marisol Touraine croit ce qu'elle dit, et là c'est plus grave, il s'agirait de la part d'une ministre d'une méconnaissance du réel. 

En effet, les entreprises ne sont pas la pour jouer un jeu, elles n'ont aucun contrat avec les autorités publiques et les dirigeants d'entreprises ne sont pas la pour permettre au gouvernement d'atteindre ses objectifs. 

Si vraiment des membres du gouvernement sont persuadés du contraire, c'est inquiétant. Du coup, on pourrait comprendre pourquoi ils pensent que quand ils négocient quelque chose avec le MEDEF, ils pensent négocier avec les entreprises. Mais le fait est que dans une économie libre, les syndicats patronaux ne peuvent pas être aux entrepreneurs ce que les syndicats de salariés sont à des fonctionnaires grévistes. Les entrepreneurs n'attendent de directives ni du MEDEF, ni du gouvernement.
Quand est-ce que le gouvernement comprendra que l'emploi n'est pas un but, mais un moyen des entreprises, et que par conséquent, il conviendrait d’arrêter aussi bien les "aides" que le matraquage ? 

Oui, il ne faut PAS aider les entreprises. Soit elles parviennent à survivre en faisant du profit et donc en satisfaisant leurs clients, soit elles doivent disparaître. Mais on ne voit pas très bien pourquoi (ni même comment) elles répondraient aux injonctions de Marisol Touraine ? 
Les entreprises ne recrutent pas pour le plaisir, mais parce qu'elles estiment qu'une telle action leur rapportera plus qu'elle ne leur coûtera, tout en ayant des risques limités. 
Or, l'instabilité juridique et fiscale fait partie de ses risques. 

On veut bien que Marisol Touraine ne soit pas au courant de ce genre de réalités assez basiques. Mais rien ne lui empêche de s'informer. 
Et si elle veut "aider", alors qu'elle coupe dans les "aides" (3) et autres "dispositifs de soutien".





Il n'y a qu'un environnement de stabilité juridique et fiscale, sur fond d’impôts faibles (et donc de dépense publique réduite) qui permettra de créer les conditions de possibles créations d'emplois. Rien d'autre.


(1) Le blog du Duff La victoire en trompe l'oeil 4 avril 2015
(2) BFM TV Marisol Touraine 19 avril 2015
(3) Contribuables Associés Les Enquêtes du contribuable "Le grand scandale des aides aux entreprises" (avril/mai 2015)