mercredi 10 février 2016

Bon Carême à toutes et à tous !

En ce mercredi des cendres, bon carême à toutes et à tous.

Comme le rappelle l'Eglise Catholique, pendant les 40 jours du Carême, de ce Mercredi des Cendres, 10 février, au dimanche de Pâques, 27 mars 2016, les catholiques du monde entier préparent leur cœur à la fête de la résurrection du Christ, le jour de Pâques. Ils sont invités à changer de vie, à se “convertir”, au sens littéral du terme, c’est-à-dire à “se tourner vers” Dieu et vers autrui, en pratiquant la prière, le partage et le jeûne.

Autrement dit, c'est pas évident. Sans doute plus une question de chemin que de destination, dira t-on ...!

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Est ce que les questions au gouvernement (QAG) servent encore à quelque chose ?
En théorie, et en vertu de la théorie (libérale) de la séparation des pouvoirs (1), chacun convient de la pertinence de la maxime de Montequieu : "Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."

C'est pourquoi le corps législatif, élu par les citoyens dans le cadre des modalités d'organisation de la démocratie représentative, pour parler à la place du peuple, est chargé de contrôler l'action de l’exécutif et de voter les lois.
On avait déjà de sévères accrocs à cette théorie de la séparation des pouvoirs, de part le rôle proéminent du Président de la République française ou celui du gouvernement, dans le système institutionnel.

Mais quand 441 députés, sur un total de 576, ne se déplacent même pas pour un vote important (2), constitutionnaliser l'état d'urgence (c'est à dire pérenniser un régime d'exception d'abolition partielle de la séparation des pouvoirs), à quoi servent les députés ? Ne font-ils pas implicitement l'aveu de leur faible utilité ?
Les spécialistes des affaires parlementaires, comme Authueil, expliquent qu'en réalité, il faut nuancer la portée de cet absentéisme, et que les séances publiques ne sont pas le lieu où se jouent les votes (3) et que les choix des députés ne sont jamais individuels. Soit. Voilà peut-être pourquoi il n'y a pas d'opposition au gouvernement ? Le comportement individualiste de certains députés nous permet néanmoins quand même d'espérer.
Que ce soit sur la gestion de la fonction publique, ou bien que l'on parle de la question de la réforme constitutionnelle, ce ne sont pas les questions au gouvernement qui manquent. Alors, entendrons-nous les députés poser les questions au gouvernement (QAG) suivantes ?




  • Question au premier ministre, Manuel Valls : Monsieur le Premier Ministre,  les agriculteurs français sont en crise, et tout particulièrement les éleveurs. Cette crise ne date pas du mois dernier. Déjà, l'été dernier, se posait la question de l'aide aux agriculteurs (4). Notons, Monsieur le Premier Ministre, la cacophonie qui caractérise votre gouvernement puisque votre ministre de la défense, président du conseil régional de Bretagne, se pique également de politique agricole. N'a t-on pas lu que Le Drian veut un plan pour l'agriculture bretonne ? Autre point, votre mise en cause de l'Europe. Il y a quelques années, le PS affichait la volonté de préserver l'ancrage Européen de la France. Ne cessez-vous, Monsieur le Premier Ministre, de mettre en garde contre l'euro bashing ? Nous sommes du coup surpris par votre mise en cause, dans le cadre d'une crise agricole franco-française, de Bruxelles, accusée de « faire trop peu ou trop tard » pour soutenir les agriculteurs français (5). Que peut et que devrait faire l'Europe pour interférer sur les relations entre les agriculteurs français et la grande distribution française ? Que peut et que devrait faire l'Europe pour peser sur la volonté française de maintenir un embargo sur les exportations vers la Russie ? Que peut et que devrait faire l'Europe pour que nous supprimions les obstacles franco-français à la compétitivité prix de l'agriculture française ? Que peut et que devrait faire l'Europe pour que les consommateurs français établissent des relations directes avec les agriculteurs de leurs régions ? Votre mise en cause de l'Europe, Monsieur le Premier Ministre, n'est pas seulement dénuée de sens, elle constitue une validation des thèses du FN, parti que vous dites combattre. Monsieur le Premier Ministre, allez-vous rappeler aux agriculteurs qu'ils sont des chefs d'entreprise, et non pas des fonctionnaires, et que, de ce fait, ils conviendraient qu'ils agissent comme si la PAC n'existait pas ? Allez-vous demander, au niveau Européen, demander la suppression de la PAC ? Et enfin, au niveau national, allez-vous cesser de mettre des bâtons dans les roues des entrepreneurs, qu'ils sont agriculteurs ou actifs dans d'autres secteurs ? 

  • Question à la Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu : Madame la Ministre, l'association Contribuables Associés nous apprend que vos fonctions ministérielles sont si prenantes que vous manquez de temps pour accorder des rendez-vous aux représentants de la société civile (6) ... mais alors, comment arrivez-vous à vous occuper sérieusement de votre mandat local ? Pourquoi cumulez-vous votre fonction ministérielle avec un mandat de conseiller régional de Bretagne pour lequel vous êtes payée 2705 euros bruts par mois ? Puisque vous manquez de temps, allez-vous abandonner une de vos deux fonctions ? 

  • Question à la Secrétaire d'Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire : Madame la Ministre, François Hollande a affirmé, jeudi 6 octobre sur France Inter vouloir "supprimer la loi Hadopi (...) parce que ça ne marche pas. Parce qu'il y a une pénalisation qui n'est pas comprise et pas appliquée. Et parce que ça a été une intrusion." (7). Aujourd'hui, vous nommez un nouveau président de la Hadopi (8). Quelle est la cohérence ? Pourquoi ne pas supprimer la Hadopi, institution dont le principe même a été critiquée par le Parti Socialiste ? 

  • Question au Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner : Monsieur le Ministre, jusqu'à présent, les français ne vous connaissez pas, mais ils vont vite apprendre à savoir qui vous êtes. Pouvez-vous confirmer que quand vous dirigiez le Conseil Général du département du Nord, vos services payaient des canapés à 7000 euros (9) ? Ne connaissez-vous donc pas le sens du mot économie ? Avez-vous entendu parler d'Ikea, ou, pour citer une marque familière à votre gouvernement, Habitat ? 

  • Question au Ministre de l'emploi, Myriam El Khomri : Madame la Ministre, le rapport de la Cour des Comptes est formel : le contrat de génération est un flop, et son objet a été détourné (10). Quelles conclusions en tirez-vous, Madame la Ministre ? Allez-vous demander l'abandon du dispositif ? 

  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le Ministre, si vos fonctions Bretonnes vous en laisse le temps, pouvez-vous faire un point sur l'échec ou sur le succès de la guerre de Hollande au Mali ? Cette guerre, lancée sur une interprétation abusive de l'article 50 de la charte des Nations Unies, et décidée dans en référer au parlement, avait pour but, disiez-vous, de lutter contre le terrorisme et de préserver la démocratie. Si ces objectifs ont été atteints, pourquoi Manuel Valls se "rencontrera également la communauté française du Mali et du Burkina Faso, éprouvée par la menace terroriste qui sévit dans la région" ? La menace n'a t-elle donc pas disparu ? 

  • Question au Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve : Monsieur le Ministre, les députés et le gouvernement exigent des policiers et soldats qu'ils soient vigilants 24 heures sur 24 dans le cadre de l'Etat d’urgence, mais 441 d'entre eux n'ont pas daigné participer aux débats sur la révision du texte socle de nos droits et libertés (11). En tant que membre de l’exécutif, saluez-vous l'absentéisme des députés, et les remerciez-vous de ne pas mettre le nez dans les affaires du pays ? Saluez-vous la collaboration des députés présents qui, eux, votent en faveur de la prolongation de l'Etat d'urgence, afin de préserver leurs chances d'être investis en 2017 ? 

  • Question au Ministre des Finances, Michel Sapin : Monsieur le Ministre, vous qui travaillez sur le dossier de la fraude fiscale, pouvez-vous nous donner des nouvelles de Jérome Cahuzac ? Comment va t-il ? 




Les question sont sur la table. Y aura t-il des élus pour les poser ?


(1) Vie Publique la séparation des pouvoirs
(3) Authueil L'instrumentalisation de la démagogie 9 février 2016
(4) La place des libéraux Non, le gouvernement ne doit pas aider les agriculteurs 31 juillet 2015
(5) L'Opinion Les risques du « Bruxelles bashing » 8 février 2016
(11) Parti Liberal Démocrate Voter sur notre Constitution ? Désolé, j'ai piscine | 9 février 2016

mardi 9 février 2016

#Paris2024 ! Et le referendum ?

La candidature de Paris vient de dévoiler le logo de la candidature. C'est vrai qu'il est pas mal, avec cette Tour Eiffel stylisée en un 2 et un 4 et les couleurs Olympiques.



Les parisiens peuvent en profiter sur l'Arc de Triomphe.




Il change sensiblement des précédentes éditions





Maintenant, pourquoi ne faut-il pas suivre aveuglément le comité d'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris, ou, autrement dit, qu'est ce qui a changé par rapport aux précédentes candidatures, 2005 notamment (pour les JO de 2012) ?

Le premier point , c'est le changement d'opinion de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ainsi que son soit-disant attachement à la démocratie participative. 
Les Jeux Olympiques ne faisait pas partie du programme d'Anne Hidalgo. Rappelez-vous ! Anne Hidalgo était réticente en ce qui concerne les JO à Paris en 2024, mais ça c'était avant (1)  ! Avant quoi ? Avant que François Hollande, qui a perdu tous ses paris, au détriment des français (inverser la courbe du chômage, apaiser le pays, faire oublier le Sarkozysme) mise tout, comme un vulgaire joueur de casino, sur le rouge sur les Jeux Olympiques, faute de pouvoir, à l'instar de Mitterrand ou Pompidou, léguer un musée à Paris. 
Quel est le deal entre Hidalgo et Hollande ? Mystère. La maire de Paris a déjà renoncé au milliard d'euro des parisiens (2) , et maintenant elle accepte que Hollande dépense encore plus de milliards d'euros que nous n'avons pas. L'histoire dira peut-être pourquoi, un jour. En attendant, la démocratie participative, celle que Anne Hidalgo met tant en avant quand il s'agit de poser deux ou trois plantes vertes à un carrefour lambda de la capitale, passe à la trappe : la maire de Paris, contrairement à Hambourg ou Boston, ne veut pas organiser de referendum (3) !  Pourquoi ? Parce que la mairie a peur que les opposants se mobilisent !

Le deuxième point, celui qui préoccupe une partie des opposants aux Jeux Olympiques 2024 à Paris, ce sont l'état des finances de la ville de Paris, des collectivités d'Ile de France et celles du pays. En gros, on peut légitimement craindre que la France devienne une nouvelle Grèce.




Souvenez-vous, à la fin des années 90 et au début des années 2000, qui, dans les médias, parlait des déséquilibres, pourtant connus des experts, des finances publiques Grecques ? Athènes s'est ruinée pour organiser les JO 2004. 
Or, la France n'est pas la Grèce, certes, mais elle n'est pas la Suisse non plus. Ce qui se passe en ce moment est inquiétant. La Ville de Paris a du mal à boucler son budget, au point que, comme le note l'économiste Philippe Herlin, elle en est à maquiller des opérations immobilières par des manifestations écologiques (4). 
On veut, nous dit-on, associer la banlieue à l'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris. Ok, mais quid des Yvelines qui augmentent leur taxe foncière de 60% ? Quid de l'Essonne et de la Seine Saint Denis qui ne peuvent pas payer le RSA ? Si ces collectivités locales ont de quoi financer entre 6 et 12 milliards d'euros, alors elles peuvent finances les missions sur lesquelles elles se sont déjà engagées, non ? 

Le troisième point, ce sont les soucis que posent le CIO. Peut-on faire comme si on ignorait que l'organisation des Jeux Olympiques suppose des amendements aux droits et aux libertés civiles des citoyens, et que le CIO est entouré d'un halo de suspicion en ce qui concerne la corruption, qui semble de moins en moins acceptable ? 
Anne Hidalgo et François Hollande nous parlent souvent de rupture avec les vieilles pratiques. Pactiser avec le CIO, cet organisme peu démocratique et peu écologique, ressemble, à ce titre, à une sorte de retour en arrière, non ? 

Les JO 2012 à Londres étaient magnifiques. Ils ont fait rêver. Et organiser une épreuve d'escrime au pied de la Tour Eiffel ou un Triathlon sur les berges de Seine aurait une classe folle, même si nous n'avons ni James Bond, ni la Queen pour la cérémonie d'ouverture. 

Mais il n'est pas sûr que nous devions signer les yeux fermés pour des JO 2024 à Paris. Entre 6 et 12 milliards d'euros, c'est beaucoup d'argent, qui pourrait être utilisé autrement. Pour vérifier le soutien des citoyens et contribuables, le meilleur moyen, c'est d'organiser un référendum avec une question simple : parisiens, franciliens, pour ou contre l'organisation des Jeux Olympiques à Paris ? 

(1) l'Express Anne Hidalgo réticente aux JO à Paris en 2024, mais ça c'était avant 23 mars 2015
(2) Je suis stupide, j'ai voté Hollande Quand un maire socialiste critique la baisse des dotations … de l’Etat socialiste ! 27 octobre 2015
(3) France TV Sport Paris ne veut pas d'un référendum pour les JO  30 novembre 2015
(4) Philippe Herlin "Réinventer Paris" : embellir la ville ou combler le déficit du budget ? 5 février 2024

lundi 8 février 2016

441 députés absents pour le vote sur l'état d'urgence


Deux catégories de gens qui sont censés nous représenter : ceux qui ont voté pour l'état d'urgence, et ceux, pire peut etre, qui ne se sont même pas donné la peine de venir. 



Bénévolat contre RSA : le choix honteux des mots

Pour toucher le  revenu de solidarité active (RSA), les allocataires du Haut-Rhin devront faire du bénévolat (1).

Beaucoup de français, y compris des libéraux ou des sympathisants de droite, ont applaudi l'idée ce week end.

Pourtant, voila typiquement l'exemple même de fausse bonne idée.

Le RSA, c'est quoi ? C'est 524,16  € versé à un célibataire par la Caisse d'Allocations Familiales. Qu'on soit pour ou contre les aides sociales (chez les libéraux, à la différences des socialistes de droite, on est contre), 524 euros, il faut avouer que ce n'est pas grand chose. 
Rappel, en France, pour se loger, il faut payer chaque mois au grand minimum entre 200 euros pour un studio dans le Limousin ou 600 euros pour une chambre de bonne à Paris. 

Le RSA, qui le paye ? Le Conseil départemental,est chargé de financer le RSA socle, à destination des personnes sans emploi ou à très faible activité. Quand à l’Etat, il finance, par l'intermédiaire du Fonds national des solidarités actives (FNSA), le RSA activité  (pour ceux qui travaillent ou qui sont en formation rémunérée ayant de faibles revenus).
Le FNSA est financé par un prélèvement de 1,1% sur l’ensemble des revenus financiers, à l’exception de l’épargne populaire (livret développement durable, livret A, LEP et livret jeune).

Vous essayez tant bien que mal d'épargner quelques euros sur un compte en banque pour pouvoir payer vos impots, votre future retraite ou vos frais de santé ? Et vous versez cette épargne sur un compte alimenté par de l'argent déjà taxé puisque vous payez de l’impôt sur le revenu ? Vous payez pour le RSA. Les revenus du "capital" étant soumis à la CRDS et à la CSG, sans oublier la non moins poétique Contribution Additionnelle au Prélèvement Social de 0,3%, financent in fine le RSA. 

Maintenant, qui touche le RSA ? Pas assez de monde, aurait-on envie de dire, de manière provocatrice. 35 % des bénéficiaires potentiels du « RSA socle » ne le demandent pas et ce taux monte à 68 % pour le « RSA activité » (2). Pourquoi ? 

Certains bénéficiaires potentiels ne se manifestent pas car ils veulent se débrouiller sans. Mais pour une part plus importante encore, c'est tout simplement parce que c'est trop compliqué, ou qu'ils ne savent pas comment faire. 
Oui, chercher à rentrer dans la matrice n'est pas si simple. Il n'y a qu'à penser à ce paradoxe : comment toucher des chèques d'argent public quand on est SDF, sans adresse donc, ou sans compte en banque ? Pensons par exemple au cauchemar administratif vécu par cette ex chef d'entreprise, devenue SDF (lire Du dépôt de bilan à la rue : la descente aux enfers d'une jeune chef d'entreprise française).

Et bien que le nombre de bénéficiaires du RSA devrait être plus important que ce qu'il n'est actuellement, un certain nombre de départements français sont quand même déjà en faillite (4). Qu'est ce que ca serait si tous les bénéficiaires potentiels faisaient et pouvaient faire valoir leur "droit" !

En résumé, le revenu de solidarité active est un dispositif étatique qui a échoué dans sa mission de sortir de la pauvreté ceux qui n'ont rien, tout en taxant ceux qui n'ont rien demandé. 
Et comme beaucoup de dispositif de solidarité étatisée, le RSA constitue un dévoiement de la notion de solidarité. 

Quand au bénévolat, il n'a absolument rien à voir avec l'Etat ou les départements. Le bénévolat, c'est du temps libre fourni par un citoyen, qu'il soit lycéen, salarié, entrepreneur, retraité ou chômeur, pour une cause ou une association. 
Pour faire du bénévolat, qu'il s'agisse d'aider des collégiens en difficulté, vêtir des migrants, aider des prisonniers à se réinsérer, collecter des dons alimentaires, s'occuper de personnes agées, nettoyer un espace public ou organiser des maraudes pour aider des SDF, pas besoin d'Etat, ni de département. Il suffit qu'une personne ait la volonté d'agir, seule ou en groupe. Pour trouver des causes ou des associations, là encore, pas besoin d'Etat ou de département. Il suffit d'aller voir une des millions d'associations de France, ou encore d'aller sur Internet, sur les sites du type France Benevolat ou Tous Benevoles

La théorie du bénévolat, c'est, parait-il, le libre choix et le libre arbitre. C'est ce qui distingue le bénévolat du servage et de l'esclavage, qui ne sont ni volontaires ni rémunérés. Les bénévoles ne sont pas des serfs d'Etat, ce sont des gens libres qui choisissent d'effectuer gratuitement une tache. 
Quand au critère du salaire, c'est  ce qui permet de distinguer l'emploi salarié, volontaire et payé, du bénévolat, volontaire mais pas payé. Vu que le bénévolat, c'est le libre choix, il est honteux d'oser le présenter comme une potentielle contrepartie au RSA. Et derrière le choix honteux des mots, il y a la honteuse idéologie socialiste de droite. 

Le cumulard Eric Straumann, (Les Républicains) président du Conseil Départemental nous explique "Sept heures par semaine, ce n’est pas énorme. Je suis sûr qu’on ne me manquera pas d’activités, il y a plein d’associations qui manquent de bras », et il ajoute qu'une plate-forme numérique sera créée pour mettre en relation les profils des allocataires avec les besoins des associations, maisons de retraite, collectivités locales ou autres établissements publics. 
Autrement dit, le Haut Rhin, une collectivité publique, veut faire le travail de recrutement de bénévoles que les associations effectuent déjà ? Avec quel argent va t-il construire cette plateforme ? Avec l'indemnité forfaitaire de 6.412€ par mois que touche le député qui cumule avec la présidence du conseil départemental ? 

Il semble que la proposition du conseil départemental du Haut Rhin ne soit qu'une banale tentative de faire des économies. Ce geste aurait pu être louable, s'il ne s'était accompagné de la minable tentative de faire passer cette idée pour de l'humanitaire. 

Ce député cumulard, Eric Straumann, est élu à l'Assemblée Nationale depuis 2007. Pourquoi n'a t-il jamais déposé de projet de loi pour supprimer le RSA et, insistons sur le et, pour supprimer la CSG sur les revenus financiers ? 

La bonne idée, ce n'est pas de proposer des heures de Bénévolat contre le RSA. La bonne idée c'est de supprimer tout ce système social français, en faillite puisque payé à crédit. Une autre idée est de dépolitiser complètement l'aide sociale, c'est l'idée du revenu universel (5) défendu par Gaspard Koenig ou par d'autres acteurs. 
Si le député cumulard, Eric Straumann, avait un peu de courage, c'est à dire s'il osait sortir du socialisme de droite, il ne proposerait pas d'échanger le RSA contre quelques heures de bénévolat. Il proposerait de cesser de verser le RSA, au lieu de chercher à retarder le jour de l'annonce officielle de la faillite de l'Etat.

Au passage, bravo au député Straumann de fournir une occasion à Marisol Touraine et à la gauche de se redorer le blason à bon compte, en faisant une fois de plus passer la droite pour des gens sans coeur.




(4) Contrepoints Des départements encore plus près de la faillite 25 janvier 2016
(5) Génération Libre Un revenu de liberté pour tous