mardi 31 mars 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

En théorie, la Constitution de la Veme République dit que c'est le Président de la République qui nomme le Premier Ministre, et non pas ce dernier qui détermine lui-même la durée de sa mission. Mais puisque Manuel Valls a préféré, suite à sa défaite dimanche, y compris dans l'Essonne, annoncer lui-même qu'il poursuivrait sa politique, alors espérons que le parlement joue son rôle de contrôle de l'action de l'exécutif, notamment en posant les questions au gouvernement (QAG) suivantes : 


  • Question au Premier Ministre, Manuel Valls : Monsieur le Premier Ministre,  vous avez annulé votre participation prévue ce jour à un conseil des ministres franco-allemands à Berlin, et une visite de la Banque Centrale Européenne, à Francfort,  afin de vous adresser aux députés socialistes (1).  Or, il y a un an, vous poussiez dehors et remplaciez celui qui était alors votre supérieur, Jean-Marc Ayrault, responsable de la défaite des socialistes aux municipales et aux Européennes. Les mêmes causes devant mener aux mêmes effets, allez-vous démissionner, d'autant plus que cela fait 15 jours que vous ne vous occupez plus des affaires du pays, en dehors de la gestion du PS et de la lutte contre le FN ?
  • Question au Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : Madame le Ministre, dans le cadre de l'affaire du directeur d'école, ancien candidat Parti Socialiste, soupçonné de viols à Villefontaine (2), allez-vous proposer que l'Education Nationale cesse de muter ses instituteurs pédophiles, vire de la liste de ses employés dont elle sait qu'ils sont des pédophiles (mais dans le respect du secret du profil judiciaire) et présente des excuses ? Allez-vous également proposer de  supprimer le statut de fonctionnaire des instituteurs et professeurs, pour en faire des salariés régis par les règles qui s'imposent à la majorité des salariés de ce pays ? 
  • Question au Ministre de l'Écologie et des Transports, Ségolène Royal :  Madame le Ministre, Les projets de liaisons à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax portés par le Grand projet ferroviaire du Sud Ouest (GPSO) se sont attirés un avis défavorable de la commission chargée de l'enquête publique (3). Pouvez-vous nous confirmer l'abandon du ruineux projet d'extension des lignes TGV en France ?  
  • Question au Ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine : Madame le Ministre,  pouvez-nous nous confirmer que vous voulez instituer l'automaticité, par défaut, du prélèvement d'organes sur les défunts en milieu hospitalier (4)? Quelle est la logique qui consiste à mettre les malades seuls face au corps médical quand ils sont décédés et en situation de servir de donneurs d'organes, mais à rétablir la décision collective quand ils sont en vie et susceptibles d'être euthanasiés par leur entourage ? Ne faudrait-il pas plutôt adopter un principe unique, la propriété privée du corps et la seule volonté individuelle, quelque soit le contexte ?
  • Question à Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur : Monsieur le Ministre, jeudi dernier,  la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Reporters sans Frontières, La et Quadrature du Net ont organisé une conférence de presse pour répéter leurs craintes sur l'instauration d'une surveillance de masse sans contrôle indépendant (5). Pourquoi cette précipitation à instaurer cette loi alors que l'autre pendant de votre guerre contre le terrorisme, les guerres préventives en Afrique, ont donné les résultats que l'on sait ? Voulez-vous, Monsieur le Ministre, à tout prix donner raison à George Orwell, ou bien admettez-vous que la loi sur le renseignement n'a rien à voir avec le terrorisme et tout à voir avec le contrôle du citoyen ?  
  • Question au Ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin : Un récent rapport piloté par le socialiste Jean-Jack Queyranne évalue à 110 milliards d’euros par an, le coût pour le contribuable des aides publiques aux entreprises. État, collectivités locales, chambres consulaires, chacun y va de son obole : on recense plus de 6 000 dispositifs d’aides différents que gèrent des dizaines de milliers de fonctionnaires. Allez-vous, comme le suggère Contribuables Associés (6), mettre fin à toutes ces aides aussi inutiles que couteuses, licencier les fonctionnaires qui les gèrent et rendre l'argent aux français ? Les entreprises ne sont pas faites pour recevoir des subventions, Monsieur le Ministre, elles sont là pour faire du profit (ou disparaître si elles n'y parviennent pas), en environnement juridique et fiscal stable et en régime d'impôts bas !
  • Question au Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : Monsieur le Ministre,  selon la presse,  la justice aurait enquêté à votre sujet sur de possibles comptes non déclarés en Suisse. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ? (7) ?

Les ministres



Episodes précédents 










lundi 30 mars 2015

Départementales : victoire de la coalition de "droite", mais ...

Finalement, le deuxième tour des élections départementales aura confirmé et amplifié le premier tour : la sanction est majeure pour la majorité socialiste et écologiste. Il y a également des motifs de satisfaction, quand on voit que l'Essonne, les Deux Sèvres, le Nord ou la Corrèze ont été perdues par la gauche. Voir Jerome Guedj pleurer en direct sur BFM TV, sur ses perspectives de carrières amoindries, montre à quel point il était nécessaire que les électeurs qui sont allés voter hier fassent revenir les socialistes sur Terre.
Egalement publié sur Contrepoints

Maintenant, est-ce qu'il faut se réjouir de cette victoire de la coalition de "droite" ? Pas vraiment. D'une part, elle correspond d'abord à une volonté de sanctionner les mensonges de Hollande, et bien moins au souhait, de la part des électeurs, de valider un quelconque projet anti socialiste. La preuve, c'est le niveau d'abstention.
D'autre part, l'UMP et l'UDI n'ont proposé aucune mesure de fond et anti socialiste. Où est passée la simplification du mille feuille administratif ? Le département n'était-il pas censé disparaitre, puisque les grandes régions et les intercommunalités arrivent ? Où est la proposition de faire disparaitre certaines dépenses ?

Enfin, au sein de la coalition de "droite" qui a gagné, mention spéciale à l'UDI, qui a en fait disparu.  Lagarde et l'ancien président de la république jouent le thème de l'union, mais pourtant ils ne sont d'accord sur pas grand chose. Depuis hier, ls médias parlent avant tout d'une victoire de l'UMP. Lagarde, qui a gagné le leadership du parti de centre droit en promettant l'indépendance, a t-il tué sa spécificité ? Comment, lors des prochains scrutins, l' UDI va t-il expliquer que son fédéralisme européen n'est pas le nationalisme de l'UMP ?

Bref, tout ceci était bien rigolo mais pendant 15 jours, le monde politique n'a parlé ni de renouveau des idées, ni de refonte de l'Etat et de son recentrage sur ses seules missions régaliennes, ni de la possibilité de dégager des majorités de projets plutôt que des majorités partisanes, comme le rappelle Jean-Christophe Fromantin.
Le pays (foutu, dirait H16) est toujours en faillite, et la classe politique se dispute pour savoir s'il faut, finalement, un RSA de droite ou un RSA de gauche, oubliant qu'il faut la disparition du RSA et la mise n place d'une politique de libération des énergies individuelles !

samedi 28 mars 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin mars 2015 ?

Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur, et ils participent pour la plupart à la #MuseumWeek.







Le Musée de l'Homme est fermé pour rénovation. Sa réouverture est prévue pour le 17 octobre 2015.

Le Musée de la Marine retrace 2000 ans d'histoire du commerce maritime, "de l'amphore au conteneur".



La Cité de l'architecture & du Patrimoine propose de découvrir une maison Normande, la villa Sayer unique habitation individuelle construite en France par l’architecte de renommée internationale Marcel Breuer (1902-1981).




Le musée national des arts asiatiques – Guimet propose une exposition sur 2000 ans de théâtre en Asie.





Au Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris, on nous propose de (re) découvrir Jeann Lanvin, "la plus ancienne maison de couture française encore en activité".





Le Palais de Tokyo  rend hommage au sculpteur Takis, qui aura 90 ans en 2015, et qui est notamment connu des parisiens pour son monumental bassin de signaux lumineux sur l’esplanade de la Défense, réalisé en 1988.






Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Georges Noel, artiste français, né en 1924 à Béziers et mort en 2010 à Paris.








Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir l'artiste scénique John Cage.  







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "l'Ethiopie, à la confluence des temporalités"



Bonnes visites !


vendredi 27 mars 2015

Ces villes de banlieue parisienne où le PS oublie son "front républicain"

Cela ne vous avait pas échappé :  le premier ministre Manuel Valls a appelé au "front républicain" dans le cadre des départementales 2015 (1). Mais c'est quoi au juste, ce front républicain ? Difficile d'y répondre avec précision, sachant qu'on a déjà du mal à dire ce qu'est un parti républicain (2). On pensait pourtant qu'Alliance Royale, un parti clairement anti-républicain, ne présentait pas de candidats aux départementales 2015 ...
Alors on nous dit, un parti républicain, c'est un parti qui s'inscrit pleinement dans les valeurs de la République (Liberté, Egalité, Fraternité ?) et qu'a contrario, les partis qui ne sont pas dans cette tradition sont anti-républicains. Du coup, le Front National se retrouve classé dans les partis antirépublicains, bien qu'ils aient un programme plus socialiste et plus étatiste que le Front de Gauche. C'est l'historique du FN qui pose problème, ainsi que les déclarations de certains candidats. Fondé au début des années 70 par des partisans de l'OAS, par ailleurs admirateurs pour certains de la Waffen-SS, le FN rassemble actuellement des chevenementistes énarques  admirateurs d'une certaine vision du gaullisme (Florian Philippot), des traditionalistes de droite (Marion Maréchal le Pen), ainsi que, comme la presse l'a abondamment souligné, des pédophiles potentiels, des antisémites et des racistes. 

Au vu du CV de certains des candidats FN, c'est vrai qu'il y a de quoi être plus que circonspect. 

Mais si on doit juger certains candidats aux départementales à la fois sur leur CV et sur l'idéologie des fondateurs de leur parti politique, ne faudrait-il pas que l'on juge tous les candidats départementales à la fois sur leur CV et sur l'idéologie des fondateurs de leur parti politique ?

Ainsi, on verrait qu'aux cotés de ce parti politique fondé par un admirateur du IIIeme Reich, il existe, dans le paysage politique français, un autre parti politique, dont l'histoire trouve ses racines dans un autre totalitarisme, le communisme, et dont les prises de positions dans le passé font également froid dans le dos : soutien ou non-dénonciation des pires régimes de la planète (URSS, Cuba, Cambodge des Khmers Rouges, Vietnam etc). Ce parti politique, c'est le Parti Communiste Français (PCF) et par extension le Front de Gauche, la coalition de partis politiques d'extrême gauche que le PCF a rejoint. 

Outre le fait que le Front de Gauche s'appuie donc sur un contexte historique tout aussi douteux que celui qui anime le Front National, on trouve à l'extrême gauche les mêmes déviances qu'à l'extrême droite : pédophilie (3), antisémitisme (4),  racisme (principalement la germanophobie, mais pas que). 

Dès lors, puisque le Parti Socialiste se dit être un parti attaché à la démocratie, au respect de l'Homme et aux valeurs de la République, il doit nécessairement dénoncer le Front de Gauche de la même façon qu'il dénonce le Front National.

Or, il y a un certain nombre de villes dans lesquelles un candidat extrémiste de gauche affronte une autre couleur politique, et dans lesquelles le PS devrait donc nécessairement appeler à faire barrage au candidat Front de Gauche.
Passons sur le cas spécifique de Genevilliers (5), dans les Hauts de Seine, où un Front National affrontera son alter ego de gauche aux départementales dimanche ... quel (non) choix entre deux étatistes partageant la même vision dirigiste et étatiste de la politique ! Idem à Choisy le Roi (Val de Marne).
Mais quid des cas du type le Blanc Mesnil (Seine Saint Denis) où le FDG affronte l'UMP ?
Et dans le Val de Marne, à Fontenay sous Bois, à Vitry sus Seine 1ou à Champigny sur Marne 1

La balle est dans le camp de Manuel Valls, le même premier ministre de gauche tellement mobilisé contre le "fascisme" et l'extrémisme (de "droite" avant tout) qu'il en oublie de regarder l'idéologie de ses alliés d'extrême gauche.
Et s'il ne veut pas s'attaquer à ce dossier douloureux pour le Parti Socialiste donneur de leçons, peut-être pourrait-il alors supprimer ces 100 mesures prises sous Vichy mais toujours en vigueur, telles que l'obligation de porter sur soi une carte d'identité ? 



(2) Le Parisien Libéral Au fait, c'est quoi un parti républicain ? 11 juin 2012