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jeudi 31 mars 2016

Grève de la RATP : les franciliens pris en otage, une fois de plus

Dans le cadre de la mobilisation de nombreux citoyens contre le projet de Loi Travail, dit loi El Khomri, les syndicats UNEF - UNL - FIDL - CGT - FO - FSU - Solidaires - FGAF appelent les français à manifester ce jeudi 31 mars 2016. 

Le préavis concerne les ports (dockers cégétistes qui coulent la France), la presse (subventionnée, contre le gré des contribuables), et les services publics RATP et SNCF,. 

l'impact risque d'être sévère, notamment en ce qui concerne les déplacements en Ile de France. 


Dans le métro parisien, 3 rames sur 4 sont prévues en moyenne. Sympa, notamment, pour les usagers de la ligne 13 !


Sur la ligne du RER A, la ligne de train la plus surchargée d'Europe, 1 train sur 2 est maintenu.
Sur la ligne B du RER, il y a également 1 train sur 2 programmé. De plus, il y aura des problèmes d'interconnection, un changement de train est impératif à la Gare du Nord afin de poursuivre un trajet en direction du sud ou du nord, d'après les informations communiquées par la régie.

Sur le RER C, seulement 1 train sur 3 est prévu en moyenne. Concernant le RER D, 1 train sur 2 est prévu, et, cherry on the cake. aucun trafic n'est assuré entre Gare de Lyon et Châtelet-Les Halles. Amis usagers du RER D, passez sur le RER A dans la section la plus chargée de la ligne !
Pour le RER E, il faut prévoir 1 train sur 2 en moyenne.



Sur les réseaux Transilien et TER, 1 train sur 2 est prévu en moyenne, mais les lignes J, R et U risquent d'être un peu plus perturbées.

Et évidemment, comme il y aura l'inévitable défilé syndical, de la Place d'Italie à Nation, en passant par la gare d'Austerlitz et Reuilly Diderot, le trafic des bus sera perturbé,, notamment dans le 12eme. 




Tout ceci tient vraiment de l'imposture la plus totale !


Les syndicats disent lutter pour le travail, et ils s'apprêtent à pourrir la journée des millions d'usagers des transports qui cherchent, justement, à aller travailler.  

Mais cette grève amène aussi quelques questions, à commencer par la plus importante :  les fonctionnaires doivent-ils avoir le droit de grève ?
En effet, on nous répète souvent que notre pays se caractérise par l'existence d'un filet social censé aider tout le monde, mais aussi et surtout par la disponibilité permanente d'un service public de qualité. C'est le fameux modèle social à la Française, et les célèbres services publics à la Française. 
Question :  pourquoi les fonctionnaires font-ils grève sur un sujet qui ne les concerne pas ? Le Code du Travail ne s'applique pas à la fonction publique. Sa réforme non plus, donc.
Est-ce que ça ne devrait pas être les 6 millions de chômeurs, qui devraient s'exprimer, et non pas les insiders retranchés que sont les salariés de la fonction publique ? 

D'autre part, quand avons nous oublié que le service public est censé être au service du public, mais qu'en revanche, il n'est pas forcé d'être géré par le secteur public, c'est à dire le gouvernement ? Mais dans la réalité, quel levier possèdent les citoyens, usagers et contribuables sur la fonction publique ? Ce levier est nul, nous le voyons bien un jour comme aujourd'hui.  Si quelques milliers de fonctionnaires oint choisi de bloquer l'Ile de France, des millions d'usagers, eux, subissent !

Du coup, se repose la question de la mise en concurrence de la RATP sur son marché clef, l'Ile de France. Et qu'on ne nous dise pas que cela n'est pas possible.
D'une part, la concurrence, la RATP connait, mais à l'étranger, à Londres notamment. D'autre part, le seul fait que la SNCF et la RATP se partagent l'exploitation de lignes de RER en Ile de France montre bien que plusieurs entreprises de service ferroviaire oeuvent bien exploiter une même infrastructure.

A long terme, le monopole ne tiendra pas, de toutes façons. Dès 2020, nous dit-on, les voitures autonomes arriveront, ce qui permettra d"individualiser et de flexibiliser au maximum les déplacements urbains. Mais, en attendant, combien de grèves faudra t-il supporter ?




dimanche 27 septembre 2015

Non, Bartolone n'aidera pas les parisiennes harcelées dans le métro !

Le traitement de certains sujets de campagne serait à mourir de rire si il ne concernait pas directement le sentiment d'insécurité de 53% de la population parisienne : les femmes. 
La gente féminine connait bien ce problème spécifique aux transports en commun : le harcèlement de rue.Vous vous souvenez en effet du reportage de Sofie Peteers à Bruxelles (1).
Etant donné que les régions gèrent les transports en commun (mais pas toute la police des transports en commun puisque seuls les gros bras du GPSR (2) sont employés de la RATP ), Claude Bartolone, dont le parti gère la région Ile de France depuis 17 ans, se réveille. Voila sa proposition : 
  • 1. Prévenir la violence par des campagnes permanentes de sensibilisation dans les transports en communs et les espaces publics.
  • 2. Lutter contre la violence par la présence des personnels de sécurité, [...] la création d’une police des transports par contractualisation avec l’État, le STIF, la SNCF et la RATP, la mise en place de l’arrêt à la demande sur des lignes de bus. 
  • 3. Accompagner les victimes par la formation des agents des transports à la prévention du harcèlement sexiste et à l’accompagnement des victimes.

Oui, c'est à mourir de rire. Au problème réel de la peur d'être agressée, Bartolone, dont le parti, répétons le encore une fois, détient tous les leviers du pouvoir politique et médiatique français (Elysée, Matignon, intérieur, défense, majorité à l'Assemblée Nationale, ville de Paris, région Ile de France, France Télévision, etc ...) répond par des campagnes de pub et par de la démagogie.
Oui, c'est de la démagogie que de proposer de la présence des personnels de sécurité ou la création d’une police des transports, d'abord parce que la police des transports existe déjà.



Comment se fait-il que Claude Bartolone, élu depuis 1981 (!), n'ait jamais entendu parler du Service de protection et de sécurité du métro (SPSM) de la police, du Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR) ou même de l'armée française, puisque celle ci est de facto affectée au controle des tickets de métro lorsqu'elle patrouille dans les couloirs du métro dans le cadre des missions Vigipirate ?
Claude Bartolone veut plus de personnel : ok, mais avec quel argent ? Il parait que nous sommes en léger déficit, c'est à dire que la dépense publique est déjà un chouia plus élevée que l'ensemble des recettes. Oh, rassurez-vous, trois fois rien, même si à cause de ce rien, nous avons déjà un peu de mal à payer les heures sups de la police (3) ...
Quand bien même cette police que Claude Bartolone veut recruter travaillerait gratuitement, combien veut-il de recrutements ? Il y a 5,5 millions de franciliennes, et 699 rames de métro à Paris. Faut-il un policier par francilienne ? Un par rame de métro ? Un par wagon de métro ? Quid des quais ? des couloirs ? Des ascenseurs ?
De plus, n'oublions pas qu'il faudrait que ces policiers soient des hommes, vu que les policiers femmes sont aussi des femmes (4). Voila qui nous ramène à l'absurde proposition de Marie-Ségolène Royal en 2007 ...(5) !

Combien de temps les politiciens vont-ils prendre les français pour des moutons, désireux de choisir entre divers clans de loups ?
Face à l'insécurité dans le métro, nous n'allons évidemment pas attendre qu'il y ait un policier par rame. Le type de société que cela implique, peut être est-ce dont rêve le Parti Socialiste ou leurs alter égo de "droite", mais c'est ni possible, ni, surtout, souhaitable.

Face à l'insécurité des femmes dans le métro, il y a un type de solution : la réponse individuelle, de la part des principales intéressées, mais aussi de la part des hommes.
Les femmes doivent être en situation de pouvoir se défendre face à une agression, et les témoins hommes devraient avoir le droit de défendre les victimes, sans risquer la prison (6).
Que les femmes décident de prendre des cours d'auto défense type krav maga, cela relève d'une décision individuelle. Les politiciens ne vont pas leur tenir la main pour aller s'inscrire à des cours. Dotées de ce capital d'auto défense, les femmes seraient de plus en mesure de ne plus confondre drague, même lourde, et agression sexuelle (7).
En revanche, la où le politique peut agir, c'est sur le corpus législatif qui fait qu'il est rationnel, quand on assiste à une agression, de ne surtout rien faire. Déjà, les sciences sociales nous apprennent que la responsabilité est diluée dans les endroits publics, surtout dans les pays où on apprend aux citoyens que c'est au gentil Etat omnipotent de s'occuper de tout. La ministre Laurence Rossignol en sait quelque chose (8). Mais si en plus de cette donnée psychologique, on est sur que la justice sera plus favorable aux délinquants qu'aux justiciers, à quoi bon ?

Claude Bartolone ferait donc bien mieux de convaincre ses collègues socialistes de réviser les lois sur la légitime défense, sans parler de celles interdisant le port d'armes, plutôt que de se moquer des femmes, avec des propositions de campagne aussi démagogiques !



EDIT : le blogueur centriste l'Hérétique a répondu, il n'est pas d'accord. Lire "Propositions libérale et socialiste, pas d'aide aux femmes harcelées !"




(1) Le Parisien Libéral #harcelementderue 2 aout 2015

jeudi 2 avril 2015

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche?

Au nom de la laïcité, la RATP a décidé de retirer la mention "pour les chrétiens d'Orient" sur les affiches annonçant le prochain concert des "Prêtres", et dont les bénéfices devaient être versés à une association qui leur vient en aide. 

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche dans le métro parisien ? Vous pouvez voter sur le site de RMC BFM.

Au delà de la polémique sur les chrétiens d'Orient, il serait du coup bon que la RATP nous précise ce qu'elle est : un espace privé dans lequel s'applique son règlement privé, fondé sur une vision stricte de la laïcité (laicarde, on pourrait dire), ou bien un espace public qu'elle met à la disposition de clients, qu'ils soient annonceurs ou voyageurs ? 

On pourrait admettre une RATP qui fonde ses valeurs sur le programme des franc-maçons, après tout, toutes les entreprises ont une culture et des valeurs, au delà de leur but, faire de l'argent, mais alors, pourquoi le règlement interne du métro parisien actuellement en vigueur s'appuie t-il sur le décret édicté le 22 mars 1942 ? 
Oui, vous avez bien lu. L'entreprise qui entend faire de la morale en plus de transporter des voyageurs (enfin, tant qu'un conducteur de la ligne A du RER n'est pas en grève ...) est aussi une administration qui n'a jamais renié les principes Vichystes qui président à certaines de ses actions. 
La paille et la poutre ? 

Difficile de dire comment la RATP décide qu'une affiche publicitaire est compatible ou pas avec ses propres règles (cf l'affaire Gleeden), mais ce qui est en revanche certain, c'est qu'il est vraiment temps de dépoussiérer le mode de fonctionnement de la Régie "Autonome" des Transports Parisiens. 

Enfin, rassurez-vous, pendant que la RATP, en France, regarde vers le passé, à l'étranger, elle est pragmatique, et s'accommode bien des valeurs libérales, à Londres , là où des compagnies privées font rouler de bus, en concurrence, sans CGT, sans comité de censure et en diffusant des pubs diverses et variées, parfois christianophobes, parfois christianophiles.


EDIT vendredi 3 avril 2015

sur le même sujet, lire Encore un Epic Fail de la laïcité à la française sur le blog de H16 ou Quand la RATP reste « neutre » face aux assassins sur le blog de Koztoujours

vendredi 20 mars 2015

Pollution à Paris ? Panique au gouvernement !

Ça fait plusieurs jours que le nord de la France est touché par un pic de pollution impliquant des particules PM 10 (1). 

Pollution atmosphérique à Paris, le 18 mars 2015
Source : AFP

Et dans ces conditions, il est recommandé, que les jeunes enfants, les personnes âgées et les malades évitent les activités physiques, en plein air ou en intérieur, les particules affectant particulièrement les systèmes respiratoire et cardio-vasculaire.
Cette recommandation d'éviter les efforts physiques, pour tous mais plus particulièrement pour les personnes les plus fragiles sus-mentionnés, n'a pas empêché la mairie de Paris  de mettre ainsi en place la gratuité d’une heure d’Autolib’ mais surtout du ticket 1 jour Vélib (2)’ accompagné des 30 premières minutes offertes par trajet. Passons ! Ceux qui se sentent mal sur leurs Vélib pourront toujours tenter une Autolib pour le trajet retour !

Dans ce contexte de pollution atmosphérique, un certain nombre de mesures sont normalement prévues : il s'agit, d'une part, de l'abaissement des limitations maximales de vitesse de circulation sur les routes franciliennes, et, d'autre part, de la circulation alternée. Le but est de réduire les émissions de polluants par les véhicules, à la fois par véhicule circulant et par réduction du nombre de véhicule en circulation. La mesure de circulation alternée, on connait déjà, une avait eu lieu le 1er octobre 1997 pour lutter contre un pic de pollution au dioxyde d'azote, et une autre, le 17 mars 2014 (3) pour lutter contre un pic de pollution aux particules fines. Pas de chance, c'est toujours sur la gauche que ça tombe !

Cette fois-ci, étant donné que nous sommes dans le même contexte qu'en mars 2014, la ville de Paris a demandé à l'Etat de mettre en place la circulation alternée (4), puisqu'il ne peut s'agit que d'une décision préfectorale. Quelle erreur ! Anne Hidalgo, la maire de Paris, a provoqué un drame au sommet de l'Etat !
Déjà, ne cherchez surtout pas à savoir quel texte peut bien régir cette situation de circulation alternée : la préfecture de police de Paris est aux abonnés absents sur le sujet. En revanche, pour "lutter contre le terrorisme", ça va, elle est bien présente !

Circulation alternée : mode d'emploi - La préfecture de Police ? Erreur 401 !

En réponse à la demande de la maire de Paris, le gouvernement a dit non à cette demande de circulation alternée, malgré la dégradation de la situation, et bien que nous soyons exactement dans la même situation qu'en mars 2014. 

Mieux, Ségolène Royal fait de l'explication de texte directement, sur twitter, dans une réponse aussi ininformée que démagogique : la ministre de l'environnement ne sait-elle donc pas que les parisiens circulent déjà en métro  (moins d'un parisien sur deux a une voiture), métro qui, au passage, est aussi pollué que l'air ambiant à proximité immédiate du périf  (6) ? 






Imposer du jour au lendemain à la banlieue la circulation alternée ne serait pas respectueux ... ce gouvernement touche vraiment le fond. 
Est-ce que, quand le RER A se met en grève subitement et prive juste quelques centaines de milliers de travailleurs de moyen de transport, les mettant en retard, les faisant rater des examens, les poussant à s'entasser comme des sardines dans les lignes de substitution, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement prend des lois rétroactives, notamment au niveau fiscal, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement déjuge des lois votées à l'unanimité comme celles sur Ecomouv' et force ce pauvre bougre de con-tribuable à payer la note de plusieurs centaines de millions d'euros, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 

L'explication, c'est le quotidien l'Opinion qui la fournit (7) : à quatre jours du premier tour des élections départementales, le dispositif de circulation alternée mettrait en colère les milliers de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans la capitale. C'est impensable pour un Parti Socialiste menacé par une gifle électorale historique.


Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement par Lopinionfr


Voila où nous en sommes. La majorité socialiste (alliée, théoriquement, aux écologistes d'EELV) est tellement paniquée qu'elle est prête à sacrifier ses propres principes d'action au profit de minables tactiques de court terme, et ce au détriment de la santé publique.

Dans ce contexte, comment l'Essonne ou la Seine Saint Denis peuvent-elles rester socialistes dimanche ? Parce que, il ne faut pas que la banlieue s'y trompe. Les parisiens ne votent pas dimanche (8), donc c'est tant pis pour eux. Mais les électeurs des communes d'Ile de France n'ont évidemment aucune raison pour faire confiance à des gens qui seraient prêts à déclarer quelque chose en conseil départemental et tout autre chose en tant que ministre. Il est d'ailleurs très significatif que l'on n'ait pas entendu Valls sur le sujet. En tant que conseiller municipal d'Evry (tiens, un cumul mandat local - fonction ministérielle !), le premier ministre doit bien avoir un avis sur la question de la pollution atmosphérique en Ile de France, non ?

Ségolène Royal a commencé sa carrière au début des années 80, et a été ministre au début des années 90. A l'époque, malgré le sang contaminé, malgré le Rainbow Warrior, les citoyens avaient peu de moyens de contester les décisions politiques . Aujourd'hui, les class actions existent en France. Après celle du RER A (9), celle de l'absence de décision en faveur de la circulation alternée ?






(7) Ecologie Libérale Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement 19 mars 2015
(8) Le Parisien Libéral Pas d'élections cantonales à Paris ! 18 mars 2015
(9) Le Monde Des usagers du RER A lancent une action de groupe 3 mars 2015

lundi 16 mars 2015

Paris-Normandie : peut-on faire rouler les trains plus vite ?

Pourquoi est-ce si long d'aller de Paris en Normandie en train ? C'est la question que se pose le quotidien Ouest France, qui rappelle qu'en  1970 : Paris-Caen se faisait 1 h 49 (1). Actuellement, les meilleurs temps de trajet sont plutôt d'1h55 (2).
Surtout, des nombreux incidents, recensés par Normandie Actu (3), le Pays d'Auge (4), Coté Caen (5)  ou Vernon Train de Vie tendent à montrer que près d'un train sur deux seraient en retard. 

Sur l'autre rive de la Seine, la situation n'est pas meilleure, à tel point que les politiciens de la région du Havre doivent écrire au PDG de la SNCF pour avoir des explications sur les incidents sur la ligne le Havre-Rouen-Paris (6).
Citons Hubert de la Bâtie, maire (UDI) de la commune de Sainte-Adresse : "Les retards ne constituent plus une exception mais la règle quotidienne. Les coupures de trafic sont extrêmement pénibles, surtout le week-end où nous sommes "coupés du monde". Les pannes de matériel sont répétitives et lassantes. Bref, plus personne ne veut prendre le train".
Le blogueur Train Train Quotidien, par exemple, ne peut que constater la dégradation des conditions de transport des voyageurs entre le Havre et Paris.

Alors, que se passe t-il pour que les lignes Paris-Caen et Paris-Rouen-Le Havre soient aussi problématiques, et surtout, y a t-il des pistes d'amélioration ? 

Il y a une contrainte technique de base, incontournable : pour faire circuler des trains, il faut de voies de chemin de fer. Celles qui relient Paris à la Normandie sont anciennes. Au passage, balayons tout de suite un cliché issu de la mystique étatiste : oui, sans Etat, des infrastructures peuvent se développer. Ce sont des entrepreneurs privés, des capitalistes qui ont construit la ligne de Paris au Havre (7) ou la branche Mantes-Cherbourg (8) au XIXeme siècle, pas l'Etat. La SNCF, puis RFF, ne sont venues que des dizaines d'années plus tard pour unifier des réseaux déjà existants. 
Quoiqu'il en soit, chacun sera d'accord pour noter que si les problèmes du trafic entre Paris et la Normandie relève de problématiques liées au matériel (voies, et éventuellement matériel roulant), alors on comprend que le problème, c'est le montant des investissements consentis, qu'ils soient privés ou publics. 

Il y a une deuxième contrainte, celle liée à la conception en étoile du réseau ferroviaire français. Les lignes de chemin de fer qui relient Paris à la Normandie souffrent du même défaut que celui qui handicape la circulation des trains sur le tronçon central du RER A : la congestion survient quand divers trafics de différentes origines s'amalgament sur des tronçons centraux. 
Ce qui pose problème au trafic Paris Normandie, c'est que deux lignes, le tronçon Caen-Cherbourg et le tronçon Rouen-le havre, se rejoignent à l'entrée de la région parisienne, à Mantes. Entre la ville de naissance de Saint Louis , et la Gare Saint Lazare, plusieurs sortes de trafic se mélangent : les intercités, le RER, le trafic banlieue et le fret. 

Il y a une petite différence entre 1970 et 2015 : le trafic a augmenté. Mais de combien précisément ? L'opendata à la SNCF a des limites : on ne sait pas combien de voyageurs circulent en temps réel, malgré les tentatives de sites comme Raildar, le Flightradar du train, de tracker les trains. Un autre moyen pour la SNCF d’accroître la transparence serait de publier, conformément à l'esprit des normes comptables IFRS et à l'exigence de transparence dont les pouvoirs publics aiment tant parler, la rentabilité de l'exploitation de ses trains, ligne par ligne.
Ainsi, elle pourrait expliquer aux voyageurs pourquoi, malgré des tarifs qui augmentent sans cesse (9), la SNCF est toujours si peu rentable. Est-ce uniquement un problème de coût des péages de RFF ou bien une question de structure de coûts salariaux ?  

Les contraintes physiques et économiques sont telles qu'une consultation a eu lieu, il y a deux ans, pour savoir s'il fallait effectivement construire une nouvelle ligne (10). Les experts en sont arrivés à la conclusion qu'il faudrait entre 6 et 10 milliards d'euros pour construire de nouvelles infrastructures , y compris sur des zones soit fortement urbanisées, soit rurales, et créer des nouvelles gares, dans la région de Rouen et peut-être à Nanterre - la Défense. (11). Autrement dit, cela parait difficile.

Question : est-ce que l'autoroute A13, malgré tous les inconvénients, ne reste t-elle pas le meilleur scénario alternatif au train ? Et puis, qui sait, si Macron parvient à faire passer sa loi, peut-être y aura t-il des bus pour relier Paris à la Normandie ?
En tout cas, alors que la classe politique ne cesse de vanter la qualité des services publics, les citoyens, contribuables et usagers savent, eux, ce qu'il en est. 



(4) Le Pays d'Auge Tir de chasseur : 750 usagers du train Paris-Caen bloqués 30 septembre 2014

dimanche 2 novembre 2014

Le problème de l'insécurité des parisiennes dans le métro

Avez-vous lu ce sondage qui dit que d'après une étude de la fondation Thomson Reuters, la capitale française est la 11e ville au monde où les femmes se sentent le moins en sécurité dans les transports publics ? La 11e ville au monde ! Et la première capitale occidentale, devant Londres ou New York. Cette étude a été reprise par tous les titres de presse, de Madame Figaro à Terra Femina, en passant par 20 Minutes, Metro ou le Daily Telegraph.

Egalement publié sur Agoravox


D'après cette étude, 85% des Parisiennes pensent qu’elles ne bénéficieraient d’aucune aide si elles se faisaient publiquement agresser dans les transports en commun. Ce chiffre est de 74% à Londres.
Notons que le fait qu'une femme de gauche, Anne Hidalgo, dirige Paris, ne change rien à la situation. Il y a deux ans, c'était 67,1% des Franciliennes qui avaient peur "au moins de temps en temps" dans les transports en commun, à leur domicile ou dans leur quartier le soir (et contre 34,3% des hommes)




Ce sondage arrive dans un climat où deux videos ont largement fait le buzz cette semaine.

La première, intitulée "Je suis à l'heure", montre un jeune homme dans le RER qui n'intervient pas face à une agression sexuelle d'une racaille envers une jeune femme. Cette vidéo, fictionnelle, s'inspire de faits divers réellement arrivés, tels qu'à Lille. Les auteurs, Isabelle Quintard et Fabien Motte, veulent dénoncer la non-assistance à personne en danger dans les transports en commun.


La seconde, intitulée "10 Hours of Walking in NYC as a Woman", montre une jeune femme qui subit ce qu'on appelle le harcèlement de rue. L'actrice, Shoshana Roberts, veut démontrer le fait que les femmes ne sont pas laissées tranquilles dans la rue.


Cette vidéo rappelle celle réalisée par Sofie Peeters, une étudiante flamande qui avait montré le harcèlement de rue dans le quartier Anneessens, à Bruxelles. 

Question : y a t-il une solution qui permettrait de rendre les grandes villes, à commencer par Paris, viables et agréables pour les jeunes femmes ? 

Déjà, formulons un regret. Tous ces féministes qui dénoncent la non assistance à personne en danger, notamment dans le cadre d'agressions sexuelles, s'abstiennent bien, par réflexe politiquement correct sans doute, de dénoncer les législations anti auto-défense. 
Comment se fait-il que personne ne parle de cet homme qui, dans le cadre d'une agression sexuelle, défend sa collègue et se retrouve au tribunal (1) ? Comment voulez-vous que reviennent des réflexes altruistes quand on sait que l'on risque d'être soit même une victime de la "justice" ? 

Ensuite, on s'étonne de la naïveté des solutions proposées par les associations féministes, souvent proches de la gauche. Elles tournent souvent autour de l'"éducation", comme s'il était possible de reformater ces hommes qui, manifestement, appliquent d'autres codes culturels que ces femmes harcelées. Déjà, qui n'a pas remarqué que le RER en journée, Annessens ou Battery Park sont des quartiers où de nombreux jeunes hommes traînent, faute d'emploi, et que les femmes semblent absentes ou effacées ? 
Ce dont les femmes ont besoin, ce ne sont certainement pas des leçons de savoir vivre formulées par une Education Nationale qui n'arrive déjà pas à faire apprendre l'essentiel (lire, écrire, compter), mais d'hommes au travail (et non pas dépendants d'allocations diverses et variées ou vivant de trafics rendus d'autant plus rentables que les différents pays ont décidé de mener une guerre contre la drogue) et de femmes sures d'elles, indépendantes, fortes et en parité avec les hommes.

Il y a en effet un cercle vicieux : plus les femmes se sentent minoritaires dans un wagon de métro, notamment le soir, plus elles ont peur. La solution apparaît donc évidente : il faut que les femmes cessent de déserter les transports en commun, et qu'elles soient capables de se défendre. Et plutôt que d'attendre, elles pourraient prendre des cours d'auto défense (Krav Maga, etc).  
Il faudrait aussi qu'on se demande pourquoi dans certains quartiers, les femmes sont numériquement archi minoritaires face aux hommes, et si cela est sain, sur la durée. Quiconque s'est promené en Seine Saint Denis, dans la partie nord de la ligne 13 à partir d'une certaine heure, ou même dans certaines rues du XVIIIeme arrondissement, est frappé par une chose : il n'y a que très peu, voire pas de femmes, notamment en terrasses des cafés. 
Cette impression est corroborée par les chiffres : il y a des villes où il y a un très fort déséquilibre hommes femmes : les villes industrielles et portuaires, les villes d'immigration et les villes à fort taux d'ingénieurs scientifiques. Citons l'étude data minée relayée par Slate : La carte du surnombre d'hommes célibataires pour 100 femmes fait apparaître plusieurs types de villes masculines: [...] des villes d'immigration comme Aubervilliers, qui se classe au premier rang des villes de plus de 60.000 habitants avec le plus fort déséquilibre hommes/femmes chez les jeunes (148 hommes pour 100 femmes ne vivant pas en couple) (2).
A croire que ce qui était chanté par Tristan au milieu des années 80 est donc vrai : Paris est plein de parisiens, pas assez de parisiennes et trop de parisiens. En tout cas, c'est vrai pour certaines banlieues.

L'insécurité ressentie par les femmes est un problème à la fois réel mais surestimé et sociologique et culturel, qui ne sera pas résolu par des campagnes d'éducation. En effet, on le voit bien dans la deuxième vidéo, "10 Hours of Walking in NYC as a Woman", certaines femmes amalgament flirt léger, drague lourde et intrusion dans l'espace personnel. Quand un homme dit à cette jeune femme "Nice" ou "Hello", est ce que c'est de sa faute si dix ou cinquante autres hommes ont dit la même chose, et est-ce du harcèlement ? Non, c'est juste du comique de répétition.
En revanche, on peut se douter que si cette jeune femme s'était baladée le long de Park Avenue, elle aurait eu moins de remarques.
Chez nous, c'est pareil. Comment se fait-il qu'à Londres, où les français sont toujours étonnés de la propension des jeunes femmes britanniques à s'habiller (plus) court et à boire beaucoup, le sentiment d'insécurité soit moindre ?

Il faut aussi que les féministes disent dans quelle société elles veulent vivre. Et il y a deux types de société qui s'offrent à elles : soit une société d'évitement, soit une société de confrontation. Pour l'évitement, c'est facile, c'est la voie que nous prenons actuellement : elle passe par le port du voile en banlieue, par les propos déconnectés des féministes de centre ville, et, bientôt, les wagons de RER réservés aux femmes.

Dans le cas de la confrontation, c'est plus simple : on part du réel, et on constate que les relations hommes femmes sont tantôt pacifiées, tantôt conflictuelles. Partons du principe que le métro est le principal lieu de danger pour les femmes, et non pas l'intimité de leur foyer bobo partagé avec un conjoint éduqué et de gauche (3), ou le bureau d'une mairie de gauche (4) (en réalité, on sait que les femmes sont le plus souvent agressées par des proches, et non pas par des inconnus dans le métro). Dans ce cas, nous avons besoin de dédramatiser les relations hommes femmes, et d'accepter que des codes culturels différents s'expriment dans le même espace différent, tout en offrant une réponse ferme à ce qui serait de l'ordre de l'agression. La présomption de légitime défense face à des coups portés en réponse au harcèlement de rue doit devenir la norme ! 

Enfin, que les féministes aient quand même leur attention attirée sur un point : si on part du principe que les hommes ont autant envie de rencontres que les femmes (hypothèse à discuter, on peut en convenir), alors il existe une inégalité fondamentale entre hommes et femmes :




Il y a vraiment du boulot ...!



Sur le même sujet, voir 

#harcelementderue, un post du 2 août 2012





jeudi 9 mai 2013

Réponse à la lettre ouverte à François Hollande de Clara G., 20 ans : commentaire

Nombreux sont celles et ceux qui ont lu 


François Hollande : Une étudiante lui écrit pourquoi elle veut s'expatrier



De nombreux sites en ont parlé : 


Pourquoi ?

C'est simple : les jeunes se reconnaissent en Clara G. Enfin, les jeunes ... pas forcément tous, si on en croit la réponse de Marie-Charlotte, sur le site de Madmoizelle (lire "Réponse à la lettre ouverte à François Hollande de Clara G., 20 ans"), et celle de Sofiane Nait sur le Plus Nouvel Obs (lire Lettre d'une étudiante à Hollande : l'État n'est pas responsable de votre résignation).

Marie-Charlotte a une réponse classique : elle explique que vivre en France permet de bénéficier d'un système de santé à faible coût  d'un enseignement supérieur bon marché, de la possibilité pour les femmes de faire carrière, et qu'enfin, tous les pays sont en crise. 

Sofiane Nait, lui, explique que quand on fait des études d'histoire, on ne cherche pas à s'enrichir, que l'Etat n'est pas responsable de notre manque de perspectives et qu'ailleurs, c'est pareil. 

Ces deux critiques sont intéressantes. Elles montrent que, face à une situation bloquée, il y a effectivement deux options : soit on cherche, comme Marie-Charlotte, à profiter soi-même du système avant qu'il ne s’effondre totalement, en s’efforçant de croire qu'il est, au final, plutôt juste. Soit on fait comme Sofiane, on se prend en main, sans rien attendre de la France, mais sans partir. 

Marie-Charlotte est dans une situation de déni, parce que tout est fait autour de nous pour que nous croyions vraiment qu'en définitive, le système social français bénéficie à tous et nous protège. Mais sait-elle qu'un nombre croissant de français ne peuvent plus se soigner ? Que des médecins refusent des patients couverts par les dispositifs de gratuité type "CMU" car ils sont trop complexes et remboursés en retard ? Que les étudiants diplômés sont en concurrence avec les jeunes professionnels pour des stages ? Que le système scolaire français dans son ensemble est globalement injuste puisque donnant une prime aux insiders que sont les employés de l'Education Nationale ? Que les 10% de chômage officiel sont 30% à 60% plus élevés qu'en Allemagne, aux Pays Bas, au Royaume Uni , en Suisse, au Luxembourg ? 
Marie-Charlotte a raison. La France actuelle fonctionne bien, mais juste pour une petite partie de la population : les diplômés Bac +2/Bac +3 et +, cadres titulaires de la fonction publiques ou employés du CAC 40. Pour les autres français, c'est plus dur. 

Les clients d'EDF en banlieue ouest de Paris (Neuilly, Levallois, Nanterre) laissés sans explication façe à la panne de Janvier dernier, les usagers des lignes de RER A, C et D, les personnes qui font la queue à la CAF pendant des heures, les chômeurs en fin de droit qui s'immolent un peu partout dans le pays, les chefs d'entreprises écrasés par les charges et l'instabilité juridique et fiscale, les 100 000 jeunes qui sortent tous les ans du système scolaire sans qualifications, les manifestants fichés dans le FNAEG, les jeunes arrêtés par la police parce qu'ils n'ont pas le bon t-shirt, les patients qui préfèrent avoir recours aux services de médecine de Hongrie ou de Pologne, les 30% de détenus qui sont en préventive et en attente de procès, tous ces gens, eux, ne pensent pas comme Marie-Charlotte mais sont d'accord avec Clara G. Ils pensent qu'une autre France est possible, une France plus libre et moins étatique.


Quand à Sofiane, qui fait preuve de lucidité sur un certain nombre de points, qu'il n'oublie pas que les études de sciences humaines peuvent parfois mener à la fortune. Question de chance, talent et volonté. Il n'y a pas de fatalité à ce que les études de lettre ou d'histoire ne mènent qu'à la fonction publique, qui, d'ailleurs, ne recrute plus. Tout serait plus facile pour Clara G. si nous n'avions pas un gouvernement désireux d'en finir avec le statut des auto entrepreneurs, par exemple, ou soucieux de faire croitre la sphère publique, dans tous les domaines, au détriment des biens et libertés des gens. 

Cet immobilisme gouvernemental a une explication très simple : la génération du baby boom a fondé son mode de vie sur une hypothèque des droits des générations futures. Croire, par exemple, que la retraite par répartition est juste, alors que les paramètres démographiques de 2013 n'ont rien à voir avec ceux de 1945, c'est du syndrome de Stockholm, facilité, il est vrai, par la faible mobilisation politique des jeunes. Le gouvernement fait la politique réclamée par celles et ceux qui se mobilisent. Alors, Sofiane, Marie-Charlotte et Clara G. ont beau avoir des points de vue très différents sur la France, ils sont cependant à la recherche de la même chose : le droit à un avenir, non pas garanti, mais au moins permis. Qui saura les représenter ?


Egalement sur Doctissimo Actualité et sur Agoravox

samedi 29 décembre 2012

FF / S'informer sur Paris ? Que suivre sur le net ?



Vendredi oblige : le FF qui s'impose !



Le Delanopolis, pour les dessous de la vie politique Parisienne tels que le service com de la Mairie de Paris ne les racontent pas. Incontournable !








Soso les bons tuyaux, le blog de tous les bons plans resto, bars, boutiques de la capitale.








Paris est sa banlieue. pour toutes celles et tous ceux qui s'intéressent au Grand Paris.






Paname Ensemble, avec sa localisation par stations de métro des bloggeurs parisiens.










Paris Zig Zag, un blog éclectique sur la ville, ses lieux de sortie, son histoire, le tout agrémenté de jolies photos.






Blog en commun, indispensable pour tous les usagers du métro et du RER Parisien.

lundi 24 septembre 2012

Le métro du Caire plutôt que la ligne A ou la ligne 13 ?



Ca, c'est pour le parisien usager de la ligne 13. 

Certes, il y a des facteurs techniques comme le fait de réunir deux lignes à la Fourche qui font que la ligne 13 sera toujours saturée. 

Mais on sait aussi que si on prolongeait la ligne 14 de Saint Lazare à Saint Ouen comme le STIF l'a proposé le 14 avril dernier (lire le Parisien), ca aiderait pas mal les habitants du Nord Ouest parisien. 

Il y a aussi les impôts ! Et forcément, quand on nous dit que c'est la crise, qu'il faut augmenter les impots locaux et nationaux, on se dit "si au moins ca finance les services et travaux prioritaires comme la ligne 13, alors, pourquoi pas ?".

Simplement, à quoi servent réellement nos impôts ? 

  • à éponger 3 milliards d'euros de dette de la Cote d'Ivoire vis a vis de la France (le 26 juillet dernier), et ce alors que la Cote d'Ivoire n'est plus un pays pauvre mais un pays émergeant  ?
  • à subventionner le métro du Caire à hauteur de 300 millions d'euros ? (source Econostrum). Oui, vous avez bien lu : 

    Laurent Fabius arrive au Caire avec une subvention non remboursable d’une valeur de 300 M€

Ne trouvez-vous pas étrange et choquant qu'en pleine crise budgétaire, le ministre des affaires étrangères se permette de dépenser 85 000 euros pour accrocher des tableaux appartenant à un musée dans son ministère (cf l'Express ou Big Browser le Monde), puis distribue notre argent, celui des contribuables, pour la construction d'un métro à l'étranger ? 


lundi 17 septembre 2012

Combien de temps ...?

Le trafic des RER et des trains de banlieue est très perturbé ce lundi matin dans le nord de l'Ile-de-France, notamment en raison d'un «arrêt de travail inopiné d'une certaine catégorie de personnel sur la ligne B du RER», annonce Transilien sur son site. Source : le Parisien

L’Inspection générale des finances (IGF) dénonce les effectifs pléthoriques d’une myriade d’agences de l’Etat à l’efficacité douteuse et leur coût, 50 milliards d’euros chaque année, nous dit Libération

François Hollande n'a pas convaincu sur le chômage. Selon les résultats d'un sondage Tilder-LCI-OpinionWay, près de 8 Français sur 10 ne pensent pas que le président réussira à diminuer le chômage d'ici un an, alors qu'il s'y est engagé dimanche 9 septembre sur TF1.
Manuel Valls a choisi Saint-Ouen, commune de Seine-Saint-Denis touchée par les trafics de drogue, pour lancer officiellement mardi la première zone de sécurité prioritaire (ZSP), promesse de campagne du candidat Hollande, d'après le Nouvel Obs qui a oublié de dire trois choses : d'une part, plus il y a de prohibition et de trafic de drogue, plus il y a de délinquance, d'autre part, puisqu'il y a des soirées coke dans les ambassades, peut-être qu'on pourrait tester les ZSP dans le VIIeme arr et, qu'enfin, Valls fait du Hortefeux puisque l'ancien ministre de l'intérieur avait lui aussi promis «une action massive à Saint-Ouen» (dixit Libération) le 30 septembre 2009, avec la même inefficacité que Valls rencontrera à coup sûr.

Ne mentionnons même pas le fait qu'Hollande va taxer tout ce qui bouge : retraités, buveurs de bière, automobilistes en diesel, simples salariés qui paient de la CSG, pollueurs, grandes fortunes et hauts revenus, tout le monde va y passer, sauf les députés qui ont toujours leur indemnité pour frais de mandat (IRFM) détaxée (puisque ces députés, même et surtout socialistes, n'ont pas voté l'amendement proposé par Charles de Courson)


Bref, comment les français peuvent continuer à supporter ce pouvoir inefficace et inutile ? Parce qu'ils pensent que la droite, c'est pareil ? Ils n'ont pas forcément tort. Mais alors, qu'ils lisent Libres !, pour comprendre qu'il existe une autre stratégie que le dirigisme gesticulatoire de gauche ou le  dirigisme gesticulatoire de droite !

Des bus et des trains privatisés, la RATP et la SNCF en font rouler à travers le monde entier.  Des entreprises ou des ONG à la place d'agences publiques couteuses, c'est possible. Lutter contre le chômage, d'autres l'ont fait. Envisager une alternative à la guerre (perdue d'avance) contre la drogue), on peut le faire !

mercredi 28 mars 2012

La mixité sociale, personne n'en veut

Le post sur la nécessaire privatisation des HLM du 23 mars dernier a passionné un grand nombre de lecteurs de ce blog, au vu des stats de lecture, dont Phil, du blog de Phil (Modem Malakoff) qui poursuit la discussion ici (privatiser les HLM, une idée criminelle) et la (mixité sociale et HLM).

Certaines phrases peuvent faire réagir, comme "La mixité sociale est importante, il faut brasser la population, car cela favorise le vivre ensemble".

Déjà, posons comme préalable que la justice sociale, un concept cher à nos (néanmoins) amis du Modem, n'existe pas. Si déjà nous avions l'égalité de tous devant la Loi, ça serait une excellente chose. Mais la justice sociale ? On nait tous différents, plus ou moins beaux, plus ou moins riches, plus ou moins intelligents, plus ou moins dotés. A moins de tomber dans des régimes d'une nature autrement différentes que la pourtant déjà ultra étatique France de 2012, on ne voit pas comment une politique volontariste pourra éliminer les inégalités entre individus. Pire, les pays qui ont essayé, de Sparte à l'URSS, ont tous failli. Il faut croire que l'égalité devant l'éducation ou l'égalité d'accès au logement n'est pas si souhaitable. Ou alors, on aurait du mal à comprendre pourquoi plus de gens fuient de Cuba (URSS/Corée du Nord) vers les Etats Unis (RFA/Corée du Sud) que l'inverse.

Ensuite, la mixité sociale. Disons le clairement, personne n'en veut : ni les pauvres, qui, quand ils habitaient des HLM dans les années 70, ont, dès qu'ils en ont eu les moyens, déserté pour des petites maisons individuelles de quartiers homogènes socialement, (justement, c'est la cause de la ghétoisation des cités HLM de banlieue depuis les années 80), ni les classes moyennes parisiennes du XVIIIeme arr, qui, elles, bien qu'elles "votent à gauche" (et se disent progressistes) font tout pour maintenir des ghettos scolaires (faudrait pas que des jeunes et pauvres arabes ou noirs viennent perturber la scolarité de leurs têtes blondes), ni les socialistes bobos des arrondissements I à XIeme, qui du haut de leurs immeubles à 7000 €/m² et plus, dissertent sur la sociologie du 93, ni, bien sûr, les Neuilléens, qui eux poussent le raffinement jusqu'à, au sein de la même grande bourgeoisie, distinguer entre né à Neuilly et né ailleurs, n'est ce pas David Martinon ? etc etc.


Les bobos et la carte scolaire par pasvualatv




Les gens ne veulent PAS vivre ensemble, même l'Hérétique est d'accord pour dire que quand les boites du CAC 40 s'implantent dans le 93, ça marche moyen ... (lire Mixité sociale l'hypocrisie - L'hérétique).

Maintenant qu'on a dit ça, regardons un peu cette mesure de pourcentage de HLM par communes.

Part des HLM dans le parc de logement source http://www.aorif.org/logement-social-en-idf

Vu que, et c'est logique, les prix soient plus elevés au centre de Paris qu'en lointaine périphérie, ce qui est extraordinaire c'est qu'on puisse habiter à 10 mn de Paris, (exemple Saint Denis) et payer un loyer en dehors du marché.

prix des logements par m²
C'est bien tout le paradoxe : la France est un pays quasi vide, l'Ile de France aussi, dès qu'on sort de la petite couronne, (exemple la Seine et Marne) mais on fait comme si tout le monde pouvait vivre avec une vue sur la Tour Eiffel. 

Chez les libéraux, on a plusieurs idées. Alternative Libérale a beaucoup réfléchi au sujet du logement

- favoriser la construction : rendre les terrains constructibles par défaut (et donc ne pas donner aux maires le droit d'accorder ces permis, qui appartiendront aux propriétaires de terrain, tout simplement)
- favoriser la construction : ne plus rendre obligatoire les normes HQE et BBC qui renchérissent le cout du BTP. Les clients doivent pouvoir avoir le choix
- aider les propriétaires à se décider : ne plus accorder de protection au locataire, comme la trêve hivernale. Un certain nombre de propriétaires ne louent pas car ils ont peur de ne pas pouvoir récupérer leur bien
- redonner le choix aux locataires : payer les salariés au salaire complet : chacun touche son brut, charges sociales patronales et salariales inclus, libre au salarié de faire un chèque à la Sécu (ou à Axa), de placer en bourse ou de se faire plaisir tout de suite, ou de pouvoir se payer les choses utiles pour lesquelles il n'a actuellement pas assez d'argent.
- favoriser la mobilité : faire rouler les métros, trains et RER H24, comme à Berlin ou à New York, pour que la banlieue soit mieux connectée.
- favoriser la mobilité : faciliter la création de lignes de bus en supprimant le privilège donné au STIF (RATP, SNCF) de décider de la création de lignes. Chaque entrepreneur privé devrait pouvoir être libre de créer une ligne de bus, s'il identifie un marché, sans demander à son concurrent monopolistique la permission

Et évidemment : privatisation du parc HLM, suppression de tous les avantages fiscaux comme Robien ou Sellier, bref que l'Etat cesse de tenir les gens par la main.

Enfin, une dernière remarque. On insiste sur le fait qu'à Neuilly, il n'y a pas assez de HLM tandis qu'à Malakoff, il y en a beaucoup. Mais imaginez juste une minute que Paris s’étende, comme elle l'a fait en 1860 (intégration de Charonne, Bercy, Passy, Batignolles, Montmartre etc) et englobe les communes de la zone 2 du métro, qui deviendraient de nouveaux arrondissements. Automatiquement, Paris passerait au dessus du seuil des 20% de la loi SRU, et Neuilly, devenue un arrondissement Parisien, serait toujours Neuilly, et Malakoff toujours Malakoff, tout comme le XIXeme n'est pas le VIIeme. Conclusion : le découpage de l'Ile de France en plus de 2000 communes (!) rend ces histoires de quotas peu pertinentes. Jusqu'où voulons nous aller ? A un quota de HLM par rues ? Par immeubles ? 

Sur le même sujet 

jeudi 8 mars 2012

RER : des députés présentent des mesures d'urgence

Comment éviter «l'effet papillon» sur le RER, qui, au moindre incident sur une ligne, paralyse tout le réseau? Des députés de droite et de gauche, qui ont enquêté deux mois sur les dysfonctionnements du RER en Ile-de-France, ont lancé mercredi des pistes pour améliorer un réseau saturé et répondre au «ras-le-bol» de 3,6 millions d'usagers quotidiens.

Un article du Parisien
http://www.leparisien.fr/transports/rer-des-deputes-presentent-des-mesures-d-urgence-07-03-2012-1894328.php

mardi 10 janvier 2012

RER A : la faute à pas de chance ?

source : Paris London Ailleurs
Prenez Libé, le Parisien, 20 Minutes,Sucy en Brie - blog,  tous cherchent l'explication à la panne du RER A qui a touché hier soir des milliers de voyageurs. 

Décidemment, on peut dire que le Grand Paris et ses perspectives triomphantes se heurteront à la réalité prosaique d'une offre transport défaillante. 

Entre les fermetures intempestives de tunnels routiers sous la Défense et les avaries de matériel du RER, on peut dire que les franciliens n'ont pas de chance.
Pas de chance uniquement ? Non, bien sûr. Il est clair que le mélange pression démographique/gestion centralisée/déconnection du marché n'aide pas.

L'Ile de France est toujours "attractive", il y a de plus en plus d'habitants. Ils utilisent donc de plus en plus d'infrastructure; Tout ceci a un cout, et ça n'est certainement pas en exécutant des plans type "Pass Navigo Unique" que le STIF va récolter plus d'argent. 
De plus, même si la ligne A a progresssé en améliorant son coefficient d'exploitation (trains à étage, fréquences rapprochées, etc), il est clair que la Région manque singulièrement d'imagination. Puisque l'essentiel du trafic, aux heures de pointes, concerne le tronçon la Défense -Etoile - Auber - Chatelet - Gare de Lyon, comment se fait-il que : 
  • un pont routier doublant le Pont de Neuilly ne soit pas projeté à hauteur du boulevard d'Argenson, débouchant à Courbevoie sur le quai Paul Doumer au niveau de la rue Focatier ? 
  • l'information trafic RER ne soit pas généralisée dans l'ensemble des tours de la Défense ? 
  • le RER C n'ait pas une branche en direction de la Défense, en empruntant la branche Champ de Mars - Foch et en bifurquant à Pont Cardinet ? 
  • le prolongement de la ligne E vers la Défense ne soit manifestement pas perçu comme une urgence absolue ? 
  • Des trains de la ligne A ne soient pas spécifiquement affectés, aux heures de pointe, au tronçon la Défense-Gare de Lyon ? 
  • le prix du transport varie en fonction de l'heure, afin de réguler le trafic par les prix


Gérer une ligne telle que la ligne A, ça n'est pas facile, surtout dans le contexte où, par définition, aux heures de pointe, une infrastructure de transport doit fonctionner au delà de sa capacité théorique maximum pour compenser les heures creuses (voir la dette publique plombe le RER, un post du 21 janvier 2011). Mais ce qui est certain, c'est que pendant que la région, au mépris du respect du contribuable et de la loi, fait la promotion de la soit disante géniale action de Jean-Paul Huchon, les voyageurs, eux, souffrent de ce statu quo dans lequel la fluidité du dialogue social et le politiquement correct sont la priorité. Les clients de la RATP doivent exiger une opération vérité sur les couts (qu'ils doivent assumer, puisque la ligne A a aussi besoin d'investissement en matériel) et une refonte du type de (non) relation que la RATP entretient avec ses clients. 

NB : on attend de voir la CGT, FO et Sud expliquer que la ligne A, 100% publique, est victime de "l'ultra libéralisme ambiant". 

samedi 13 août 2011

RER B : "ça ira mieux à partir de fin 2012" (dixit la SNCF)

Il y a quelque chose de comique dans la dichotomie entre le rêve qu'on nous vend et la réalité que les usagers du RER A, B, C et des lignes 1, 4 et 13 affrontent tous les jours. Le Grand Paris et ses milliards d'euros, ses changements (déjà !) de présidents du directoire et autres propositions de candidatures aux Jeux Olympiques sont tellement loin de la colère des usagers telle que le Parisien la rapporte (voir article du 9 Août 2011).

Que ce soit Fred le Liberal et son expérience de retour de Roissy, Blog en Commun et ses nombreux rapports de pannes ou d'autres encore, nombreux sont les passagers qui se plaignent du service.

Du coup, on se demande ce que devient, par exemple, le projet présenté par Vinci de construire une désserte privée en direction de Roissy, au départ de la Gare de l'Est.