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lundi 12 octobre 2015

Cheyenne Caron, ou l'impossibilité de sortir de la matrice

Quand on lit certains faits divers, on ne peut que se dire qu'on vit dans un pays de fous formidable.
Tenez, prenez le conflit qui oppose le CNC à Cheyenne-Marie Carron. Le CN quoi ? Cheyenne qui ? 

Cheyenne Carron
Le Centre National du Cinéma (CNC), vous connaissez. Il s'agit de cet organisme, dont, en 2011, l'inspection des finances (pas des anti étatistes, donc) estimait qu'il "avait trop d'argent" (1), et qui supervise l'ensemble du cinéma français.  Le budget du CNC est alimenté par des taxes spécifiques touchant le secteur de l'audiovisuel :
  • Taxe Spéciale Additionnelle prélevée à hauteur de 10,72% sur le prix des places de cinéma
  • Taxe sur les éditeurs et les distributeurs de services de télévision,
  • Taxe sur la vidéo physique et la vidéo à la demande
Autrement dit, tout spectateur de film, ou tout consommateur de services connexes à la TV contribue à faire fonctionner le CNC. Ce dernier se voit doté de diverses missions, dont celle de faire respecter la chronologie des médias (2) 
Quand à Cheyenne-Marie Carron, si vous n'êtes ni un lecteur de la presse qui n'est pas Charlie (Nouvelles de France, Islamisme.fr, B. Voltaire ...) ni un expert en films traitant de la religion (3), et de la chrétienté notamment (4), son existence et celle de ses oeuvres cinématographiques (cinq films) a pu vous échapper. 

Pourtant, ce que vit cette cinéaste est instructif, pour ne pas dire édifiant. Pour son dernier film comme pour les précédents, Cheyenne Carron s'est vu refuser une subvention du CNC. Jusque la, à la rigueur, on se dit que ça n'est pas grave, puisque Cheyenne Carron a mis en oeuvre son plan de se financer par le mécénat (5). Comme dans le cas emblématique de Kung Fury (6), on voit que la création artistique peut passer par d'autres circuits que le financement institutionnel classique. Mais les problèmes de Cheyenne Carron ne se sont pas arrêtés la. 
Après le financement et la réalisation, il a bien fallu distribuer le film. Et la, la dernière œuvre de Cheyenne Carron s'est heurtée aux limites de l'esprit Charlie. En France, en 2015, la liberté d'expression est acquise, dans les limites du "vivre ensemble". L’Apôtre, le film de Cheyenne Carron que le CNC avait refusé de subventionner, n'y voyant sans doute pas d'intérêt (malgré la mission du CNC de promouvoir le cinéma français dans toute sa diversité) a été interdit de distribution, car il risquait de porter atteinte à l'ordre public. De quoi parle ce film ? D'ultra libéraux mangeurs de chatons ? De pédonazis appelant à assassiner le président Hollande ? Non. Même pas. Il s'agit simplement d'une fiction dans laquelle un "musulman d'apparence", comme disait Sarkozy, se converti au catholicisme et est confronté à des réactions diverses de la part de son entourage.





Voila un sujet qui menace donc l'ordre public en France en 2015. Est-ce parce que, aussi minoritaire puisse être cette expérience, on, sait qu'elle existe, ici comme ailleurs (7) ? 

Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés la pour la cinéaste. Puisque le CNC n'a pas voulu subventionner son film, et puisque diffuser un film au Lincoln (Champs Elysées) ou au Village (Neuilly sur Seine) peut porter atteinte à l'ordre public, Cheyenne Carron a décidé de vendre son film sous forme de DVD, ce qui n'est pas permis avant plusieurs mois par la règle de la chronologie des médias. Il faut attendre au minimum 4 mois entre la date de sortie du film et sa mise à disposition sous forme de DVD. 

Du coup, le CNC cherche à poursuivre Cheyenne Carron. 




Question : est-il logique que le CNC se permette de superviser la vie d'un film qui est déjà totalement hors circuit et qui n'a pas couté un seul euro d'argent public ? 

http://www.christianophobie.fr/la-une/lapotre-le-film-attendu-desormais-en-dvd#.Vhto2ZdmrYQ
Pourquoi, sur la forme aussi bien que sur le fond, s'acharner sur l’Apôtre et sur sa réalisatrice, sachant qu'ils sont complétement en marge des institutions culturelles ? Est-ce pour envoyer un signal aux outsiders, ou est-ce le sujet traité qui est en cause (à moins qu'il s'agisse des deux ?). 
Question subsidiaire : qui contrôle le CNC, cette institution totalement hors de contrôle et qui refuse jusqu'à l'idée d'appliquer les recommandations de l'Etat en matière immobilière (8)? 
Enfin, quand bien même le CNC serait désireux de faire taire celle qui'il doit probablement considérer comme une cinéaste d'extrême droite, ne pourrait-on pas rappeler que la liberté d'expression ne vaut pas que pour les idées et concepts qui nous plaisent (10)

Il s'agit moins de brider le champ d'action de cette autorité administrative indépendante que d'éviter qu'ils donnent raison a posteriori à l'ennemi public numéro un, Dieudonné, dont la stratégie de victimisation découle du comportement du CNC (11), ne l'oublions pas. 


(2) Wikipedia Chronologie des Medias
(3) Le blog cinéphagemaniac L'apotre, de Cheyenne Carron 20 février 2015
(4) L'Obs Rue 89 Des films cathos retrouvent le chemin des salles, grâce à des mécènes 30 juin 2014
(5) Liberation La phrase de Cheyenne Carron
(6) H16 Du kung-fu, des dinosaures, des Valkyries ? Une autre façon de faire des films 17 mai 2017
(7) Aleteia Maroc : La conversion de musulmans au christianisme soulève la colère dans le pay 30 mars 2015
(8) BFM Business
(9) Le CNC ne veut pas quitter les beaux quartiers de Paris 1 septembre 2014
(10) Génération Libre Pour rétablir la liberté d'expression
(11) Grioo.com Film sur le "Code Noir": Dieudonné s'exprime 17 septembre 2004

jeudi 9 avril 2015

Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican ?

Les "progressistes" sont en émoi !

Le pape aurait refusé un ambassadeur envoyé par la France au Vatican, du coup du, Libération sous titre " Le pape François ne serait-il finalement pas si progressiste que cela ?" (1)



Pourtant, si on en croit Riposte Catholique (2),  l’archevêque de Paris, le cardinal André XXIII, a envoyé une lettre au pape François pour soutenir le choix de l’Elysée qui s'était porté sur  Laurent Stefanini, chef du protocole de la République depuis 2010 et diplomate depuis 1985. C'est à y perdre son latin, vous ne trouvez pas ? André XXIII, on s'en souvient, était, aux cotés de Gilles Bernheim, le grand rabbin de France, Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, et d'autres, opposé au projet de loi Taubira sur le mariage pour tous. Comme quoi, l'argument simpliste de l'homophobie des uns et des autres ne suffit pas à expliquer la situation ?

Première nouvelle : les pratiques sexuelles des gens figurent donc désormais sur leur CV. La prochaine fois que vous enverrez un CV à l'Elysée, chez Libération ou dans tout autre endroit dominé par le "progressisme de gauche" (qui consiste, donc, à essentialiser la sexualité) vous saurez pourquoi vous n'aurez pas été retenu, si comme 80 ou 90% des gens, vous êtes hétérosexuel. 

Deuxième nouvelle, il parait donc le Pape François avait "suscité l'enthousiasme général il y a deux ans". C'est drôle, parce que finalement, Libération avait presque oublié que le Pape est, en plus d'être le chef de l'état du Vatican, avant tout l’évêque de Rome et le chef de la communauté catholique, rien de plus. Point positif : personne n'est obligé d'être catholique, et l'apostasie n'y est même pas un crime, à la différence d'autres religions. 

Troisième (bonne) nouvelle, puisque la nomination de tel ou tel ambassadeur à tel ou tel endroit devient un sujet de conversation mainstream chez les "progressistes", alors peut-être demanderont-ils des comptes à François Hollande, voire instruiront-ils de logiques procès en racisme, face au refus de la France de voir Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil au poste d'ambassadeur de Mauritanie en France (3) ou face au plafond de verre dont semble avoir été victime Zair Kedadouche, diplomate français auparavant en poste en Andorre (4) ? Ne semble t-il légèrement pas plus grave que la France, pays des droits de l'homme, de l'assimilation et de la méritocratie, refuse de nommer un consul au nom à consonance arabe à un poste dans une ville sous prétexte qu'on y trouverait une forte communauté juive ? Ou bien chacun admettra t-il que tous les pays du Monde, même la France, sont souverains dans leurs décisions et peuvent refuser toutes les nominations qu'ils veulent, que ce soit pour être représenter aussi bien que pour accueillir des représentants ? 

En vérité, le président Hollande n'a rien fait pour cacher le mépris qu'il semble ressentir envers la communauté catholique et vis a vis du pape François, rappelez-vous la rencontre de janvier 2014.
Alors, que le poste d'ambassadeur près le saint Siège reste vacant quelques mois de plus, alors qu'il l'est depuis le 1er mars 2014, qu'est ce que cela peut bien faire ? 
En revanche, cette polémique sur le réseau diplomatique français, le deuxième du monde après celui des Etats Unis, tombe bien. Nous cherchons à faire des économies budgétaires, non ? Alors pourquoi ne pas proposer à nos 27 partenaires européens de mettre enfin en commun notre réseau d'ambassades ? Quel sens y a t-il à ce qu'il y ait 28 ambassades différentes des différents membres de l'UE à Washington, au Vatican ou à Pekin ? Que Fabius ferme le Quai d'Orsay et confie les clefs de la diplomatie à Federica Mogherini, en charge du même dossier à Bruxelles !

EDIT 10 avril 2015 : s'il s'agit d'un cas avéré d'homophobie, la France doit activer l'option logique qu'elle a entre ses mains : la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En quoi la France de François Hollande a t-elle finalement besoin d'entretenir des relations avec ce petit pays ? Et après tout, d'autres pays occidentaux comme les Etats Unis ou le Royaume Uni (5) ont déjà pris des options diplomatiques fortes pour montrer que la lutte contre l'homophobie était une priorité. En revanche, puisque le sujet plus largement est celui de la discrimination à l'embauche, peut être que les progressistes pourraient adopter une attitude moins communautariste dans leur approche, et considérer toutes les discriminations.



(1) Libération Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican 9 avril 2015
(2) Riposte Catholique Le cardinal Vingt-Trois promeut un homosexuel pour l’ambassade de France 7 avril 2015
(3) Cridem La France refuse les lettres de créance d’Ould Brahim Khlil depuis un an 9 mai 2013
(4) Le Parisien Racisme : un ambassadeur claque la porte du Quai d'Orsay 13 mai 2014

dimanche 5 avril 2015

Joyeuses Pâques / Pessah Sameach פסח שמח

Des milliards de chrétiens ont fêté ce dimanche la résurrection du Christ,




en même temps que les juifs ont fêté la Pâque juive, pessah (1).

En ce jour de célébration, ayons une pensée pour les 147 étudiants de l'université de Garrissa, au Kenya, assassinés parce que chrétiens.



Ce massacre suit celui des coptes en Egypte et celui des Chrétiens d'Orient situés sur le territoire de l'Etat Islamique en Irak et au Levant.

A la différence de 1933-1945 et même si, en tant qu'individus, nous sommes impuissants, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas, nous sommes informés.

Le président Kenyan, Uhuru Kenyatta, a annoncé samedi soir trois jours de deuil au Kenya.

Avec tout le respect qu'on lui doit, ce n'est pas assez. Uhuru Kenyatta devrait de toute urgence prendre le Monde, à commencer par les dirigeants politiques, à témoin, tout comme le président Hollande avait réussi à convoquer une partie de la communauté internationale à Paris suite à l'attentat de l'HyperCasher et à l’exécution des journalistes de Charlie Hebdo.

Le Monde (enfin, sauf la Chine et la Russie ...) a été Charlie en janvier dernier. Sera t-il Kenyan ?

La fête de Pâques ne saurait être complète sans que nous relayions tous l'appel du Pape François à ne pas fermer les yeux sur ce qui se passe à de nombreux endroits envers les chrétiens, persécutés en raison de leur foi, notamment du fait de la furie djihadiste. 



(1) Contrepoints Regards croisés juif et chrétien sur les fêtes de Pâque(s) 2 avril 2015
(2) Le Point Chrétiens persécutés : le pape dénonce un "silence complice" 4 avril 2015


jeudi 2 avril 2015

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche?

Au nom de la laïcité, la RATP a décidé de retirer la mention "pour les chrétiens d'Orient" sur les affiches annonçant le prochain concert des "Prêtres", et dont les bénéfices devaient être versés à une association qui leur vient en aide. 

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche dans le métro parisien ? Vous pouvez voter sur le site de RMC BFM.

Au delà de la polémique sur les chrétiens d'Orient, il serait du coup bon que la RATP nous précise ce qu'elle est : un espace privé dans lequel s'applique son règlement privé, fondé sur une vision stricte de la laïcité (laicarde, on pourrait dire), ou bien un espace public qu'elle met à la disposition de clients, qu'ils soient annonceurs ou voyageurs ? 

On pourrait admettre une RATP qui fonde ses valeurs sur le programme des franc-maçons, après tout, toutes les entreprises ont une culture et des valeurs, au delà de leur but, faire de l'argent, mais alors, pourquoi le règlement interne du métro parisien actuellement en vigueur s'appuie t-il sur le décret édicté le 22 mars 1942
Oui, vous avez bien lu. L'entreprise qui entend faire de la morale en plus de transporter des voyageurs (enfin, tant qu'un conducteur de la ligne A du RER n'est pas en grève ...) est aussi une administration qui n'a jamais renié les principes Vichystes qui président à certaines de ses actions. 
La paille et la poutre ? 

Difficile de dire comment la RATP décide qu'une affiche publicitaire est compatible ou pas avec ses propres règles (cf l'affaire Gleeden), mais ce qui est en revanche certain, c'est qu'il est vraiment temps de dépoussiérer le mode de fonctionnement de la Régie "Autonome" des Transports Parisiens. 

Enfin, rassurez-vous, pendant que la RATP, en France, regarde vers le passé, à l'étranger, elle est pragmatique, et s'accommode bien des valeurs libérales, à Londres , là où des compagnies privées font rouler de bus, en concurrence, sans CGT, sans comité de censure et en diffusant des pubs diverses et variées, parfois christianophobes, parfois christianophiles.


EDIT vendredi 3 avril 2015

sur le même sujet, lire Encore un Epic Fail de la laïcité à la française sur le blog de H16 ou Quand la RATP reste « neutre » face aux assassins sur le blog de Koztoujours

vendredi 27 février 2015

Affaire Gleeden : pourquoi critiquer les catholiques qui défendent le Code Civil ?

Si vous n'aviez jamais entendu parler de Gleeden, maintenant, vous connaissez !

Suite à une campagne de pub lancée par ce site de rencontre spécialisé dans les rencontres extra conjugales, des associations familiales catholiques ont décidé d'attaquer en justice ce site. 
Ces associations accusent Gleeden de promouvoir l'infidélité (1). 
Cette plainte, après tout, c'est leur droit, quoi que si l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité a validé cette publicité et que la RATP est d'accord avec ces affiches, bon courage pour faire cesser cette campagne !

L'affaire aurait pu rester coincée dans les cartons d'un cabinet d'avocats. Seulement, un certain nombre de christianophobes ont décidé qu'il fallait profiter de cette plainte du siècle pour tomber sur les catholiques (2). C'est vrai qu'il n'y a qu'eux qui s'opposent à la publicité de ce site ...


Juste une question pour ceux qui critiquent la démarche de ces associations catholiques : pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de la logique de la dépénalisation de l'adultère (qui date de 1975) et supprimer, lors de la cérémonie du mariage civil, toute référence à l'article 212 du Code Civil ("Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance"). Ça, cela aurait du sens. Evidemment, cela supposerait que les "progressistes" résolvent d'abord leurs contradictions !

Sinon, bravo Gleeden, voila ce qui s'appelle une campagne réussie, puisque tout le monde en parle !

Il faudra quand même qu'on nous explique pourquoi Gleeden a le droit de faire de la publicité, mais le tabac ou l'alcool non, ou alors de manière ultra régulée. Quand est ce qu'on va cesser de tracer des lignes fluctuantes entre la morale et le droit ?





jeudi 19 février 2015

Carême : les politiciens ont oublié quelque chose ?

Hier, c'était le mercredi des cendres, date d'entrée des chrétiens en Carême (1). Le Carême, qu'est ce que c'est ? Le carême est un temps de préparation à la fête de Pâques, une période qui dure 40 jours. (2). Le carême passe par un temps de prière, et par un effort sur soi, qui peut prendre la forme du jeûne. 

Le catholicisme et le protestantisme ne sont pas les seules religions qui connaissent de telles périodes de jeûne. L'autre religion largement pratiquée en France, l'islam, est notamment connue pour le "ramadan". 

Question : étant donné que la religion, au sens large, dans un pays laïc comme la France, relève de la sphère privée, les chrétiens auraient-ils du attendre des politiques qu'ils se joignent à leurs prêtres pour leur souhaiter une bonne entrée en Carême ? 

La réponse est dans la question. Non seulement  Hollande, Valls, Cazeneuve et Hidalgo ont raison de ne pas se mêler de religion, mais en plus la liberté d'expression dont nous bénéficions en France permet à la christianophobie d'être légale. De plus, le Carême ne doit pas être démonstratif, alors que les politiciens l'oublient, quelque part, c'est tant mieux.

Egalement publié sur Contrepoints

Du coup, symétriquement, est-il logique que le ramadan fasse l'objet d'une communication particulière de la part des autorités politiques (3) et que les fêtes religieuses musulmanes soient financées, notamment à Paris, par l'ensemble des contribuables (4) ? 

La encore, la réponse devrait être non. Les hommes et femmes politiques devraient laisser la religion aux prêtres et aux imams, et s'abstenir, sous prétexte de vouloir créer du vivre ensemble ou de lutter contre telle ou telle erreur historique, de discriminer en faveur de tel ou tel groupe. N'ont-ils pas à gérer les finances publiques qui sont dans un état catastrophique, ou s'occuper de faire fonctionner les services publics régaliens ? 




(1) Diocèse de Paris Mercredi des Cendres 18 février 2015 
(2) Contrepoints Le mercredi des Cendres, jour d’entrée en Carême 18 février 2015

mardi 10 février 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Egalement publié sur Contrepoints
Après la mobilisation générale contre le FN, qui aura permis l'élection d'un nouveau député socialiste de gauche (1), les affaires courantes peuvent reprendre.
Enfin, courantes ...
Ça dépend si on considère comme étant des affaires courantes la gestion d'un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs et 2000 milliards d'euros de dette !

Alors, puisqu'il y a un nouveau député, suggérons-lui, dans le cadre de sa mission de contrôle de l'activité du gouvernement, notamment par le biais de son droit aux questions au gouvernement (QAG) de poser les questions suivantes à l’exécutif. Evidemment, les 576 autres députés ont aussi le droit (pour ne pas dire le devoir !) de s'interroger : 

  • Question au premier ministre, Manuel Valls : le peuple a tendance à l'oublier, mais les ministres, y compris vous, Monsieur le Premier Ministre, ont signé une charte de déontologie. Cette charte dit notamment " ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique". Mr Valls, pouvez-vous justifier l'information selon laquelle "vous cumuleriez les fonctions de Premier ministre et de commerçant inscrit au registre du commerce et des sociétés» (2) ? Et puisque nous abordons le sujet de vos liens avec la justice, pourriez-vous nous dire ce qu'il en est des accusations de Médiapart, à savoir un potentiel conflit d’intérêt à Evry (3) ? 
  • Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : selon votre collègue le Drian,  des bombardiers russes se sont récemment aventurés au large de la Normandie (4). Suite à cela, les britanniques ont convoqué l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni pour lui demander des explications, sachant que le trafic aérien civil a été perturbé (5). Nous ne doutons pas du fait, Monsieur le ministre, que vous aillez vous aussi convoqué l'ambassadeur russe en France. En effet, voila l'occasion de faire travailler, au service de la sécurité des français, le deuxième réseau diplomatique du monde. Quelles sont vos conclusions suite à cet entretien qui n'a pas manqué de survenir ?
  • Question au Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu : quand il s'agit d'analyser l'efficacité des services publics, les français ne peuvent se poser qu'une seule question : mais où sont donc nos 5,5 millions de fonctionnaires français ? Pour un pays dont 25 % de la main d’œuvre salariée appartient à la fonction publique nationale ou locale, c'est à se demander comment une situation de sous-effectifs est possible (6). Madame le ministre, alors que l'on parle beaucoup de la réforme des professions réglementées, pouvez-vous nous dire en quoi l'Etat effectue lui aussi sa réforme et réorganise la fonction publique dans le sens de plus de flexibilité ? 
  • Question au Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : si on en croit ce que raconte le président Hollande, l'Etat souhaiterait "un "règlement global et définitif", dans les "prochains jours", du contentieux avec les sociétés d'autoroutes" (7). Mais de quel contentieux parlez-vous ? N'y a t-il pas, non pas un contentieux, mais la volonté unilatérale de l'Etat de revenir sur des modalités de fixation de prix définies par contrat ? Pouvez-vous nous confirmer, Madame le ministre, que toute cette gesticulation n'est que de la politique politicienne, proche du populisme que vous dites combattre, on peut en prendre pour preuve le fait que l'Etat, lui, augmente ses tarifs sur les sociétés d'autoroutes et de tunnels qu'il contrôle encore (8) ? 
  • Question au Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : pourriez-vous confirmer, Madame le ministre, le montant de la prime offerte aux recteurs d'académie (9) ?  Ces primes sont-elles la raison pour laquelle vous cherchez maintenant à faire appel au bénévolat, cf http://www.lareservecitoyenne.fr/ ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : dans notre pays, dont le classement en terme de liberté d'expression n'est pas à la hauteur des idéaux qu'il prétend défendre (10), partout dans le monde, un média a été condamné pour avoir mis en couverture une Marianne voilée (11). Madame le ministre, dans le respect de l'indépendance de la justice, pouvez-vous exprimer votre inquiétude face à cet évident cas de deux-poids-deux-mesures, annonciateur, si nous n'y prenons garde, d'une potentielle guerre civile si les choses ne changent pas rapidement ? Ne sommes-nous tous pas "Tous Charlie" ?
  • Question au Ministre des Finances : Michel Sapin : Monsieur le ministre, vous avez déclaré « Il faut respecter le vote grec et les règles européennes ». De quel droit vous permettez-vous de dire ce qu'il convient de faire, tant aux Grecs qu'à Bruxelles, alors que la France ne respecte pas ces mêmes règles budgétaires européennes (12) ? 
  • Question au Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes  : Harlem Désir : votre poste sera toujours une source d'étonnement, étant donné qu'en théorie, toutes les matières ministérielles relèvent de l'Europe. N'avez-vous pas l'impression d'être un inutile doublon ? Nonobstant ce point, auriez-vous l'amabilité, Monsieur le secrétaire d'Etat, de bien vouloir rappeler à Alexis Tsipras la teneur du projet européen, à savoir la réconciliation post deuxième guerre mondiale ? Comme le note l'eurodéputée centriste Sylvie Goulard, réclamer des indemnités mettrait en péril l’ordre de paix mis en place après la seconde guerre mondiale (13).
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le ministre, l'opération Vigipirate coûte un million d'euros par jour. Au vu de l'attaque au couteau de 3 militaires à Nice, au vu des tirs de kalachnikov à Marseille, peut-on considérer que la mission est un échec ?
  • Question au Ministre de l'emploi, François Rebsamen : Monsieur le ministre, un commentaire ? 


  • Question au Secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert : Monsieur le secrétaire d'Etat, les contribuables seront ravis de constater qu'il y a encore assez d'argent à Bercy pour que la France se permette d'acheter un ensemble de 14.000 manuscrits de Turgot pour 8,5 millions d'euros. Mais la question que chacun ne manquera pas de se poser est, évidemment : avez-vous lu Turgot, et ne trouvez-vous pas dans ses analyses un certain écho à l'actualité ? 
  • Question au Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : profanation d'une église à Montluel (01), tronçonnage d'une croix à Saint Augustin des Bois (49), la minorité chrétienne de France est attaquée. Allez-vous, Monsieur le ministre, réagir et vous indigner, ou bien la christianophobie sera t-elle définitivement la seule attaque contre une religion qui ne fera l'objet d'aucune sanction  ? 

Mais vous verrez ! Plutôt que de s'interroger sur les performances du gouvernement en matière de conduite des affaires de la France, le parlement s'acharnera à jouer le sketch suivant : incantations envers "l'esprit du 11 janvier" à gauche (assorties de velléités de "lutte" "contre le FN" !) et opposition de forme à droite, incapable d'assumer des positions radicalement opposées à celles du PS ou de dénoncer la collaboration entre la gauche et l'extrême gauche. Dommage. Les députés ont pourtant le droit (et le devoir) de mettre le gouvernement en face de ses échecs.




Les épisodes précédents







(1) Contrepoints Doubs : la défaite au goût de victoire du FN 9 février 2015
(7) BFM Business Autoroutes: Hollande veut une sortie de crise rapide 8 février 2015 
(13) Sylvie Goulard Grèce, Allemagne : dette et paix 2 février 2015

jeudi 8 janvier 2015

Aujourd'hui, ils sont tous Charlie ! Vraiment ?

Le journal satirique Charlie Hebdo a été la cible hier d'un attentat. Deux personnes lourdement armées ont fait irruption mercredi matin au siège de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. Le bilan, très lourd, fait état d'au moins 12 victimes. 

Peut-on se contenter d'afficher sur Facebook l'image suivante "je suis Charlie", ou est-ce qu'on va essayer d'aller au delà de l'émotion, légitime, qui nous caractérise tous ? 



Première remarque : la liberté d'expression à géométrie variable, ça ne marche pas.

Souvenez vous de l'affaire des caricatures du prophète Mahommet, en septembre 2012 (1). A l'époque, alors que Ayrault (et Valls, et les autres) n'avait rien dit quand Charlie Hebdo avait caricaturé le Christ, le même Ayrault avait "désapprouvé" la caricature de Mahomet, au nom de l'idée selon laquelle on peut pratiquer la christianophobie, mais par contre il ne faut surtout pas se moquer des symboles de l'islam.
Les terroristes d'hier, ils pensent apparemment la même chose : il ne faut pas se moquer des symboles de l'islam.
La conclusion pratique que les autorités françaises devraient tirer est que la liberté d'expression ne peut pas être à géométrie variable. En France, il ne faut pas soumettre les lois sur la liberté d'expression aux contingences de telle ou telle repentance. Et les imams de France, partisans d'un islam modéré, laïcisé, restreint à la sphère privée, doivent affirmer que caricaturer le prophète, ce n'est pas un blasphème mais une pratique conforme à la manière dont les français vivent et pensent.


Deuxième remarque : les guerres de Hollande "contre le terrorisme" ne servent à rien

Rappelez vous ! Nous n'en avons pas forcément conscience au quotidien, mais la France de Hollande est en guerre, sur de multiples théatres d'opérations, principalement pour lutter contre le terrorisme. Le Président de la République, qui s'était donc opposé pour des raisons bassement politiciennes et tactiques contre la présence française en Afghanistan, au sein de la coalition de l'OTAN et aux cotés de nos alliés anglais et américains, est cette même personne qui a envoyé l'armée française en Irak et au Mali pour aller lutter contre le terrorisme. Passons sur le manque de cohérence, force est de constater que ces guerres qui nous coutent des centaines de milliers d'euros par jour ne contribuent pas à améliorer la sécurité, ici, en France.
Il semble même qu'elles alimentent la propagande anti occidentale.

Question : quand est ce que le Parlement va demander au gouvernement de s'expliquer sur ses objectifs diplomatiques et militaires, et les moyens utilisés pour les atteindre ?


La vidéo surveillance de la capitale ne sert pas à lutter contre le terrorisme

Deux hommes armés de kalachnikov se rendent, en pleine journée, dans une rue d'un quartier animé du 11eme arrondissement, en plein centre de la capitale, tuent, reprennent leur voiture, prennent des rues à sens unique, parcourent plusieurs kilomètres et passent le périf.
Oui, vraiment, le réseau de videosurveillance qui quadrille la capitale aura servi à épargner la vie de 12 de nos concitoyens.


L'interdiction de port d'armes ne concerne que les honnetes citoyens, pas les terroristes ou les braqueurs. 

Quand deux terroristes armés de kalachnikov se pointent quelque part, la seule option semble de composer le 17 (police secours) et d'attendre que l'on donne suite à l'appel.
Quand comprendra t-on que dans l'urgence, la réponse armée aurait pu être une autre option ?
En France, il est interdit de se promener ne serait-ce qu'avec un simple couteau suisse. En cas de controle de police (2), le risque pour le casier judiciaire du citoyens est beaucoup plus élevé que celui que le Guen ,Ayrault, Balkany, Andrieux, Thévenoud et autres courent effectivement.
Quand comprendra t-on que les restrictions à la liberté du port d'armes ne profitent pas au citoyen ?


Traiter les terroristes de déséquilibrés ne semble pas vraiment marcher. 

Le video blogueur Aldo Stérone aborde le sujet du profil des terroristes.


Il n'est pas le seul à aborder la question du danger de l'abdication de nos principes face au terrorisme (au sens très large). Il est vraiment temps que nous écoutions les amoureux des libertés que l'Occident accorde, malgré tout, surtout quand ils connaissent l'envers du décor.
Si des connaisseurs de l'islam nous affirment, preuve à l'appui, que le jihad n'est pas une déviance, peut-être que nous pourrions au moins ouvrir le débat ?
 

Bref, la solidarité avec les journalistes de Charlie Hebdo était le service minimum que l'on pouvait attendre de tous ces politiciens que leurs contradictions n'étouffent pas. 
De plus, attendons nous à voir, ces prochains jours, un renforcement des lois anti terroristes, c'est à dire une nouvelle victoire des terroristes.
N'oublions jamais que les terroristes se battent contre notre mode de vie. Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3) Céder sur nos libertés constituerait la plus grande victoire du fanatisme.


(1) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve" 18 septembre 2012
(2) Métro Nantes : jugé pour avoir transporté... un couteau suisse dans sa voiture  10 décembre 2014
(3) Parti Libéral Démocrate nous sommes Charlie 7 janvier 2014 

mardi 25 novembre 2014

Femen : étonnante bienveillance du système politico-médiatique ...

Chacun admettra que dans la France de 2014, la liberté d'expression, voire de blasphème, est une liberté à laquelle une majorité d'entre nous est attachée.
Notamment, chacun sera d'accord avec l'idée que l'on puisse critiquer librement les religions, à commencer par celle qui est si intimement liée à l'histoire de notre pays, le catholicisme.

Cependant, on pourra toujours être étonné par la différence de traitement médiatique entre deux types d"incidents pourtant similaires : les actes islamophobes, et les actes christianophobes.

Prenez l'incident de novembre 2013 de la Grande Mosquée de Paris . Des tags avaient été inscrits sur la façade extérieure (1). L'ancien maire de la capitale, Bertrand Delanoé, avait dénoncé l'acte et l'avait qualifié " irresponsable, d'intolérables et de trahison du pacte républicain qui nous lie tous" et Anne Hidalgo avait apporté son "soutien" et son "amitié" au recteur, Dalil Boubakeur. 

En revanche, il semble que les incidents du 22 octobre 2014 qui ont frappé, toujours dans le Veme arrondissement de Paris, la facade de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, n'aient pas fait l'objet de commentaires particuliers de la part des responsables politiques et autres éditorialistes spécialisés dans l'anti racisme. 

Autre exemple, les Femen, ce groupe d'activistes pour lesquelles Anne Hidalgo a de la bienveillance (2). Hier, elles se sont illustrées dans la cathédrale de Strasbourg. En protestation contre la venue du Pape
Source : France 3 Alsace
François au Parlement Européen, une Femen est montée torse nu sur l'autel du choeur de la cathédrale Notre-dame de Strasbourg. Un article du quotidien le Parisien précise que "son action a duré près d'une minute. Puis elle a rapidement disparu dans la foule des visiteurs de la cathédrale, sans être inquiétée" (3) (malgré la présence de nombreux témoins, sans parler du fait que Strasbourg est une ville videosurveillée, comme quoi, cet outil prouve une fois de plus son inutilité !). Sauf erreur, ni Hollande, ni Valls n'ont condamné ce geste.

Par contre, quand des activistes Hommen perturbent un match de tennis ou quand des militants identitaires montent sur le toit d'une mosquée en construction, force est de constater qu'ils sont cloués, à juste titre ou pas, au pilori médiatique (4). 


Pourquoi les pouvoirs publics et le Parti Socialiste s'empressent de dénoncer tous les actes qui peuvent avoir une tonalité islamophobe mais laissent la lutte contre la christianophobie au parti russe ou à l'extrême droite ? Mystère. On peut se sentir ni proche de Poutine ni en phase avec les valeurs d'extrêmes droite et penser que, au contraire, la justice ne devrait pas laisser ce genre de deux poids deux mesures s'installer. Soit on devrait dénoncer tous les extrémistes anti religieux, soit on ne devrait en dénoncer aucuns. 

Si le Parti Socialiste avait une once de bon sens, il réfléchirait à cette situation qui consiste à monter les français les uns contre les autres, tout en laissant l'impression que l'idée de justice ne l'intéresse pas. Quand on pense que Hollande parlait d'une France apaisée ...




(1) 20 Minutes Des tags racistes sur la mosquée de Paris 19 novembre 2013
(2) Le Lab Europe 1 Anne Hidalgo : "j'ai de la bienveillance pour les Femen" 6 janvier 2014

dimanche 28 septembre 2014

Dieudonné : comme d'habitude, @Libe et la gauche évitent le débat de fond

Les avocats de Dieudonné ont sorti un bouquin, la semaine dernière (1). Événement ? Difficile à dire, vu que la rentrée littéraire a été, cette année, complètement écrasée par "Merci pour ce moment". ce qui est certain, c'est que "Interdit de rire" semble se vendre.

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A la différence de Michel Sapin (3) ou de Caroline Fourest (4), les avocats de Dieudonné savent manifestement écrire un livre qui se vend. Du coup, peut-on parler de pétard mouillé comme le fait Libération (5), le quotidien de la gauche socialiste donc nationaliste ? 

On savait que Libération, seul sur son créneau mais pourtant incapable de vendre plus de 100 000 exemplaires par jour (dans un pays de 60 millions de personnes dont 50% à gauche), était inféodé aux valeurs de la gauche, mais là, on touche le fond.

Libération prouve deux choses : d'une part, que la dérive nationaliste de la gauche française est inéluctable (et donc que Marine le Pen est une socialiste cohérente) et, d'autre part, que dans notre pays, le fait que le droit se voit tordre le bras au profit d'intérêts politiques ne choque pas des journalistes,  est inquiétant. 

Commençons par ce dernier point. Dans son réquisitoire politiquement correct, pas à un seul instant, Libération ne rappelle que l'ex premier ministre, Manuel Valls, a pris une mesure inédite contre un artiste en France, faire interdire a priori un spectacle, et ce en ayant recours à une juridiction qui a statué en un temps record. Certains diront "oui, mais les propos antisémites ?". Sans même juger du fond, ce qui est du domaine de la justice de notre pays (et tout en sachant que censurer l'expression de propos racistes ne fait pas disparaître le racisme, au contraire ...), notons simplement que la prochaine fois qu'un gouvernement, de gauche ou de droite, voudra interdire un spectacle, les démocrates seront bien en peine de protester, puisqu'il y a aura eu un précédent. Ainsi, au prochain Piss Christ, qui pourra arguer du fait que la liberté d'expression est supérieure à la christianophobie, par exemple ? Comment Libération peut ne pas revenir sur une mesure que même des ténors de la gauche, comme Jack Lang, se sont senti obligés de dénoncer ? 

Quand au premier point, le nationalisme, le quotidien du boboland n'a vraiment pas de quoi être fier. Comment peut-on à ce point stigmatiser les connections non françaises de ce livre ? Parmi les éléments que Libération reproche à Dieudonné, c'est d'avoir fait imprimer son livre en Serbie et fait publier par une maison d'édition suisses.
Certes, nos voisins et amis Suisses ne font pas partie de l'Union Européenne. On peut donc, si on en croit la vision du monde selon Libé, les classer dans les Etats Voyous, à soumettre ou à raser. Mais la Serbie, candidate à l'Union Européenne ? Il va falloir que les journalistes de Libé apprennent que, oui, il y a des maisons d'édition en dehors du VIeme arrondissement de Paris et que oui, quand Gallimard, Grasset ou le Seuil refusent de publier des auteurs mineurs (Trierweiler) ou sulfureux (les avocats de Dieudonné), alors ils passent les frontières de l'hexagone.

Donc, pour revenir au fond, Dieudonné ne serait pas le fraudeur fiscal que l'on présente (6) mais aurait au contraire reçu 200 000 euros du fisc ? On attend la réaction de Christiane Taubira !




(2) Contrepoints Merci pour ce moment, de Valérie T. 16 septembre 2014 

vendredi 4 juillet 2014

Bravo Manuel Valls, meilleur imprésario de Dieudonné !

La cause était entendue. Etant donné que, pour le pouvoir, Dieudonné avait franchi la ligne qui sépare les humoristes (qu'on aime ou qu'on aime pas, affaire de goûts personnels) des politiciens d'extrême droite (pour qui on vote ou pas, affaire de goûts), alors Manuel Valls s'était lancé dans une croisade personnelle qui, confondant buts et moyens, a impliqué de piétiner la séparation des pouvoirs, donc le caractère démocratique de la France. 
En effet, rappelons quand même que le 1er ministre, ex ministre de l'intérieur, n'est pas exactement censé donner d'instructions au Conseil d'Etat. C'est pourtant ce qui s'est passé le 9 janvier dernier. Valls voulait, première en France, interdire a priori un spectacle. Il avait émis un arrêté préfectoral. Or, les avocats de Dieudonné avaient saisi un tribunal administratif pour protester contre cette décision administrative.  Le tribunal administratif de Nantes avait suspendu cet arrêté préfectoral interdisant le spectacle "Le Mur".  Le ministre de l'Intérieur avait alors "immédiatement" contre-attaqué en saisissant le Conseil d'Etat (1). Cette haute cour avait suivi les recommandations de Valls (2), mais, ce faisant, les dégâts avaient été énormes.



Déjà, on découvrait à l'occasion de cette affaire un Valls colérique, pour qui le droit semble peu importer s'il s'est pas conforme à sa vision du monde, fidèle au visage qu'il avait déjà montré dans l'affaire DSK (3)

Ensuite, même des gens de gauche avaient protesté contre le principe qui consiste à vouloir interdire un spectacle a priori (4), ce qui est évidemment la porte ouverte à l'arbitraire le plus total. Si l'UMP devait revenir au pouvoir un jour, comment le PS expliquera qu'interdire Dieudonné c'est bien, mais que lutter contre des pièces de théatre ouvertement christianophobes (5), c'est mal, c'est fasciste ? Le PS, en acceptant que Valls lutte contre Dieudonné pour lutter contre l'antisémitisme, accrédite paradoxalement l'idée qu'il existe des haines plus ignobles que d'autres. Autrement dit, la gauche progressiste active un des moteurs de Dieudonné, la concurrence des mémoires.

Qui plus est, Valls, en pressant le Conseil d'Etat, a jeté le discrédit sur cette institution, qui ne s'était jamais prononcé aussi vite sur une affaire. On pouvait légitimement avoir l'impression d'une décision express. Pire, en permettant que le juge Stirn (6), l’arrière petit neveu de Dreyfus, interdise le spectacle de Dieudonné,  Valls a donné du grain à moudre aux "théories du complot". 

Enfin, et c'est le reportage de Canal + ci dessous qui le montre, Dieudonné remplit plus que jamais des salles. Autrement dit, la victimisation a fait de la publicité gratuite. Bravo Manuel !


Enquête sur le réseau Dieudonné - 30-06-2014 par enquete-debat

Fallait-il chercher à faire interdire les spectacles de Dieudonné ? Non, bien sûr !

Maintenant, c'est dommage de constater qu'un des points soulevé par l'affaire Dieudonné, la concurrence mémorielle, n'a absolument pas été traité. On le sait, le tournant psychologique de Dieudonné s'est produit quand il s'est vu refuser des subventions pour produire un film sur la traite négrière et le commerce des esclaves, une histoire qui n'est toujours pas si claire que ça pour certains négationnistes comme pour Najat Belkacem (7). Il existe en effet, dans notre pays, une concurrence des mémoires en totale contradiction avec l'idéal républicain que les français partagent. Cette concurrence mémorielle aboutit à ce que une agression contre une personne qui se trouve être gay est forcément un acte homophobe (8) ou une agression contre un de nos concitoyens de confession juive un acte forcément antisémite, par contre un viol explicitement dirigé contre une française blanche n'est rien du tout (9), il ne vaut même pas la peine d'être à la Une des médias mainstream.

Dieudonné est le fruit de cette histoire des concurrences mémorielles. A partir du moment où il existe une hiérarchie implicite des races, en fonction des souffrances passées endurées, il est parfaitement rationnel que chacun cherche à tirer la couverture à soi, et à dénoncer le traitement de l'histoire de chacun.
Tant que la "gauche progressiste" se montre incapable de définir une nouvelle doctrine sur la liberté d'expression, et s'en remet aux actes autoritaires de Valls, alors il n'y a aucune raison de voir son succès diminuer au cours des prochains mois.
Dieudonné est la mauvaise conscience de cette gauche progressiste qui a honte de ses racines (Jules Ferry et l'apologie de la colonisation) et de ses origines familiales (le grand père de Valls colon (10), le père de Hollande extrémiste de droite (11), le père de Rebsamen SS (12)). Mais tout enfant de la gauche qu'il est, il semble que Dieudonné ait encore de la ressource, cf son projet de créer une compagnie d'assurance (13) !






(1) BFM TV Dieudonné: le Conseil d'Etat, saisi par Valls, 9 janvier 2014
(2)  le Monde Dieudonné : le Conseil d'Etat maintient l'interdiction du spectacle à Nantes 9 janvier 2014
(3) Le Parisien Libéral Affaire DSK : insupportable réaction de Manuel Valls 16 janvier 2011
(4) Valeurs Actuelles Jack Lang : la circulaire de Valls sur Dieudonné "n'est pas conforme au droit" 8 janvier 2014
(5) Le JDD "Christianophobie" : la contestation gagne les députés UMP 7 décembre 2011
(6) Nouvelles de France Dieudonné : le tandem Valls/Stirn nous rapproche de Minority Report 12 janvier 2014
(7) Lyon Capitale Najat Belkacem chahutée sur l'esclavage 8 avril 2009
(8) Causeur Homophobie : Wilfred de Bruijn, victime et calomniateur 24 septembre 2013
(9) Atlantico La France orange mécanique à Evry : “violée parce que toutes les Françaises sont des putes” 17 avril 2014
(10) Le grand pere de VALLS - Ancien colon au Sierra Leone
(11) L'internaute LES 10 SECRETS DE FRANÇOIS HOLLANDE Un père à l'extrême droite
(12) Enquete & Débat François Rebsamen a menti à propos de son père qui était bien collabo 12 avril 2014
(13) L'échelle de Jacob Dieudonné veut lancer une banque et une assurance 4 juillet 2014

vendredi 23 mai 2014

@Paris : pourquoi fêter le Ramadan et pas Pâques ?


Oui, il est temps de se demander pourquoi les contribuables parisiens devaient financer des fêtes liées au Ramadan, quand ils ne se sentent pas concernés.

Certains diront (et peut être qu'ils n'auront pas tort, mais qui peut le savoir, faute de chiffres sur le sujet) que l'islam est la religion numéro 1 à Paris et en Ile de France et que les catholiques, minoritaires au niveau national (moins de 5% des français) pèsent moins.
On peut accepter une idée pareille, si elle est conforme à la réalité. Mais dans ce cas, on a un problème de cohérence. Les services publics, parisiens notamment, ferment le dimanche mais ouvrent le vendredi, pour ne prendre qu'un seul problème (1).

Plus sérieusement, que nos concitoyens musulmans fêtent le Ramadan n'est pas le problème, encore qu'un jeûne diurne en plein été, chacun en connait les risques et limites, notamment sur le plan professionnel.  Le problème, c'est le traitement différencié.

La solution passe évidemment, pour le coup, par le respect du principe de laïcité (que les socialistes aiment tant nous servir à toutes les sauces) et qui rejoint ici la bonne gestion des finances publiques : que la ville de Paris ne se mêle pas de religions !

La Mairie de Paris n'a qu'à louer des salles aux organisations religieuses musulmanes qui veulent organiser des fêtes. Ca fera en plus rentrer un peu d'argent dans les caisses d'une ville qui, rappelons le, est à court d'un milliard d'euro puisque Delanoé et Hidalgo, après l'avoir tant réclamé au gouvernement (Fillon), ont fini par laisser tomber (2).


(1) Delanopolis Les ratés du communautarisme municipal : les bouddhistes discriminés ! 21 juillet 2013
(2) Municipales 2014 à Paris Dossier qui fache : le milliard d'euros des Parisiens 8 mars 2013

dimanche 20 avril 2014

Fêtes de Pâques : inconnues à l'Elysée

Il semblerait que les Fêtes de Pâques soient inconnues à l'Elysée, et c'est dommage. 
Vous direz : qu'est ce que la présidence de la République peut bien avoir à faire d'une fête religieuse ? 
Bonne question, et la réponse pourrait être "rien", si ceci était vrai de TOUTES les fêtes religieuses. 

Or, tout le monde peut, par exemple, lire le "Message du Président de la République à la communauté musulmane à l’occasion de la fête de l’Aïd-el-Fitr" sur le site web de l'Elysée.
Quand aux parisiens, leurs impots sont conviés à financer des fêtes musulmanes à la Mairie de Paris.

Entendons nous bien. Il ne s'agit pas de dénoncer les convictions de telle ou telle partie de la population, mais de regretter l'incohérence d'un pouvoir ouvertement clientéliste et christianophobe. Applaudissons la constance de François Hollande en la matière (lire Noël : fête inconnue au bataillon pour l’Élysée ?