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dimanche 26 juillet 2015

#JeSuisMaroua, ou bien ?

Et si le traitement médiatiques des attentats qui ont secoué la ville de Maroua, dans le nord du Cameroun, donnaient raison à ceux qui, pour des raisons différences, ont dénoncé le Charlysme, je "#JeSuisCharlie" de janvier dernier ?
Rappelez-vous. En janvier dernier, la capitale a été secoué par deux événements, l'un, abusivement appelé attentat, en réalité une vendetta anti Charlie Hebdo dirigée par des musulmans qui protestaient contre les caricatures du prophète Mahommet, et l'autre, une prise d'otage,  attentat antisémite, dans la supérette Hypercasher de la Porte de Vincennes. 
Suite à ces événements,  le pays qui s'était massivement mobilisé en faveur de la liberté d'expression (et non pas en restriction de celle ci ...) et le gouvernement avait alors habilement joué de la confusion que certains tentent d'imposer entre la France (le pays) et la République (le régime) pour faire admettre l'idée que nous étions Tous Charlie. 



Quelques voies s'étaient bien élevées ça ou là pour dire qu'elles n'étaient pas Charlie, notamment chez certains "jeunes de banlieue" ou au sein des médias alternatifs (1), mais une impressionnante coalition gauche/droite politiciens/journalistes (2) s'était chargée du rappel à l'ordre. Et gare à ceux qui, pour une quelconque raison, se sentaient "Charlie Coulibaly" (3). L'heure n'était ni à la provocation, ni aux blagues de mauvais gout. Et tant pis si les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo détestaient, pour diverses raisons la encore, les institutions, de Manuel Valls au Nasdaq, qui les soutenaient alors.




Par la suite, les actes terroristes n'ont pas cessé. Il y a eu Copenhague en février 2015 (4) et d'autres encore.



Aujourd'hui, il y a Maroua. 


Cet attentat suit un autre, survenu également cette semaine, dont personne n'a parlé. Comme se demande le blogueur et politicien lyonnais Romain Blachier, "Médiatiquement, les camerounais sont-ils une race inférieure " ? (5)

Alors, certes, il y a les règles journalistiques des morts/kilomètre (6) et de la reprise d'une information par d'autres médias, de préférence dit de référence. On préférera toujours parler du décès par accident d'un pilote de Formule 1 des Alpes Maritimes que du décès de 20 personnes sur un marché en Afrique, c'est ainsi, tout comme on parlera toujours plus d'un fait divers qui se passe quelque part aux Etats-Unis plutôt que de la découverte par le CERN d'une nouvelle particule (7).

Il y a aussi l'évident manque de leadership médiatique des dirigeants politiques africains, qui, dictateurs ou non, ont défilé le 11 janvier à Paris ou à l'Elysée. Leur age, leur décalage vis a vis de leurs pays et leur attachement manifeste à la Françafrique que le président Hollande a reconstitué, en dépit des promesses de campagne, constituent probablement les facteurs explicatifs de l'absence de mobilisation autour de slogans tels que Je Suis Maroua ? 



Il y a aussi gène, chez nous, autour de notre politique étrangère. Il y a deux semaines, le président Hollande était au Cameroun. Est-ce que les médias en ont parlé ? Pas vraiment. C'était la canicule, il fallait parler des propos de Ségolène Royal qui suggérait de boire de l'eau quand il fait chaud. Et puis surtout, cela aurait forcé les journalistes à demander à François Hollande si Moi Président compte continuer à inviter des dictateurs à l'Elysée (8), s'il compte expliquer quel sera le rôle du Cameroun dans la guerre contre l'islamisme (9) et si, aujourd'hui, ce pays est victime d'une représailles. 

Bref, puisque nous ne sommes pas Maroua, peut être que tous ceux qui ne se sentaient pas Charlie avaient raison ?
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.



(1) Boulevard Voltaire Gabrielle Cluzel : "Non, je ne suis pas Charlie !" 7 janvier 2015
(3) Le Monde « Je me sens Charlie Coulibaly »  Dieudonné 4 février 2015 
(5) Romain Blachier Médiatiquement les camerounais sont une race inférieure 22 juillet 2015

mardi 10 février 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Egalement publié sur Contrepoints
Après la mobilisation générale contre le FN, qui aura permis l'élection d'un nouveau député socialiste de gauche (1), les affaires courantes peuvent reprendre.
Enfin, courantes ...
Ça dépend si on considère comme étant des affaires courantes la gestion d'un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs et 2000 milliards d'euros de dette !

Alors, puisqu'il y a un nouveau député, suggérons-lui, dans le cadre de sa mission de contrôle de l'activité du gouvernement, notamment par le biais de son droit aux questions au gouvernement (QAG) de poser les questions suivantes à l’exécutif. Evidemment, les 576 autres députés ont aussi le droit (pour ne pas dire le devoir !) de s'interroger : 

  • Question au premier ministre, Manuel Valls : le peuple a tendance à l'oublier, mais les ministres, y compris vous, Monsieur le Premier Ministre, ont signé une charte de déontologie. Cette charte dit notamment " ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique". Mr Valls, pouvez-vous justifier l'information selon laquelle "vous cumuleriez les fonctions de Premier ministre et de commerçant inscrit au registre du commerce et des sociétés» (2) ? Et puisque nous abordons le sujet de vos liens avec la justice, pourriez-vous nous dire ce qu'il en est des accusations de Médiapart, à savoir un potentiel conflit d’intérêt à Evry (3) ? 
  • Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : selon votre collègue le Drian,  des bombardiers russes se sont récemment aventurés au large de la Normandie (4). Suite à cela, les britanniques ont convoqué l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni pour lui demander des explications, sachant que le trafic aérien civil a été perturbé (5). Nous ne doutons pas du fait, Monsieur le ministre, que vous aillez vous aussi convoqué l'ambassadeur russe en France. En effet, voila l'occasion de faire travailler, au service de la sécurité des français, le deuxième réseau diplomatique du monde. Quelles sont vos conclusions suite à cet entretien qui n'a pas manqué de survenir ?
  • Question au Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu : quand il s'agit d'analyser l'efficacité des services publics, les français ne peuvent se poser qu'une seule question : mais où sont donc nos 5,5 millions de fonctionnaires français ? Pour un pays dont 25 % de la main d’œuvre salariée appartient à la fonction publique nationale ou locale, c'est à se demander comment une situation de sous-effectifs est possible (6). Madame le ministre, alors que l'on parle beaucoup de la réforme des professions réglementées, pouvez-vous nous dire en quoi l'Etat effectue lui aussi sa réforme et réorganise la fonction publique dans le sens de plus de flexibilité ? 
  • Question au Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : si on en croit ce que raconte le président Hollande, l'Etat souhaiterait "un "règlement global et définitif", dans les "prochains jours", du contentieux avec les sociétés d'autoroutes" (7). Mais de quel contentieux parlez-vous ? N'y a t-il pas, non pas un contentieux, mais la volonté unilatérale de l'Etat de revenir sur des modalités de fixation de prix définies par contrat ? Pouvez-vous nous confirmer, Madame le ministre, que toute cette gesticulation n'est que de la politique politicienne, proche du populisme que vous dites combattre, on peut en prendre pour preuve le fait que l'Etat, lui, augmente ses tarifs sur les sociétés d'autoroutes et de tunnels qu'il contrôle encore (8) ? 
  • Question au Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : pourriez-vous confirmer, Madame le ministre, le montant de la prime offerte aux recteurs d'académie (9) ?  Ces primes sont-elles la raison pour laquelle vous cherchez maintenant à faire appel au bénévolat, cf http://www.lareservecitoyenne.fr/ ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : dans notre pays, dont le classement en terme de liberté d'expression n'est pas à la hauteur des idéaux qu'il prétend défendre (10), partout dans le monde, un média a été condamné pour avoir mis en couverture une Marianne voilée (11). Madame le ministre, dans le respect de l'indépendance de la justice, pouvez-vous exprimer votre inquiétude face à cet évident cas de deux-poids-deux-mesures, annonciateur, si nous n'y prenons garde, d'une potentielle guerre civile si les choses ne changent pas rapidement ? Ne sommes-nous tous pas "Tous Charlie" ?
  • Question au Ministre des Finances : Michel Sapin : Monsieur le ministre, vous avez déclaré « Il faut respecter le vote grec et les règles européennes ». De quel droit vous permettez-vous de dire ce qu'il convient de faire, tant aux Grecs qu'à Bruxelles, alors que la France ne respecte pas ces mêmes règles budgétaires européennes (12) ? 
  • Question au Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes  : Harlem Désir : votre poste sera toujours une source d'étonnement, étant donné qu'en théorie, toutes les matières ministérielles relèvent de l'Europe. N'avez-vous pas l'impression d'être un inutile doublon ? Nonobstant ce point, auriez-vous l'amabilité, Monsieur le secrétaire d'Etat, de bien vouloir rappeler à Alexis Tsipras la teneur du projet européen, à savoir la réconciliation post deuxième guerre mondiale ? Comme le note l'eurodéputée centriste Sylvie Goulard, réclamer des indemnités mettrait en péril l’ordre de paix mis en place après la seconde guerre mondiale (13).
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le ministre, l'opération Vigipirate coûte un million d'euros par jour. Au vu de l'attaque au couteau de 3 militaires à Nice, au vu des tirs de kalachnikov à Marseille, peut-on considérer que la mission est un échec ?
  • Question au Ministre de l'emploi, François Rebsamen : Monsieur le ministre, un commentaire ? 


  • Question au Secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert : Monsieur le secrétaire d'Etat, les contribuables seront ravis de constater qu'il y a encore assez d'argent à Bercy pour que la France se permette d'acheter un ensemble de 14.000 manuscrits de Turgot pour 8,5 millions d'euros. Mais la question que chacun ne manquera pas de se poser est, évidemment : avez-vous lu Turgot, et ne trouvez-vous pas dans ses analyses un certain écho à l'actualité ? 
  • Question au Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : profanation d'une église à Montluel (01), tronçonnage d'une croix à Saint Augustin des Bois (49), la minorité chrétienne de France est attaquée. Allez-vous, Monsieur le ministre, réagir et vous indigner, ou bien la christianophobie sera t-elle définitivement la seule attaque contre une religion qui ne fera l'objet d'aucune sanction  ? 

Mais vous verrez ! Plutôt que de s'interroger sur les performances du gouvernement en matière de conduite des affaires de la France, le parlement s'acharnera à jouer le sketch suivant : incantations envers "l'esprit du 11 janvier" à gauche (assorties de velléités de "lutte" "contre le FN" !) et opposition de forme à droite, incapable d'assumer des positions radicalement opposées à celles du PS ou de dénoncer la collaboration entre la gauche et l'extrême gauche. Dommage. Les députés ont pourtant le droit (et le devoir) de mettre le gouvernement en face de ses échecs.




Les épisodes précédents







(1) Contrepoints Doubs : la défaite au goût de victoire du FN 9 février 2015
(7) BFM Business Autoroutes: Hollande veut une sortie de crise rapide 8 février 2015 
(13) Sylvie Goulard Grèce, Allemagne : dette et paix 2 février 2015

jeudi 15 janvier 2015

Stop aux subventions à la presse !

L'affaire de l'assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo ramène sur le devant de la scène un sujet qui a le don d'irriter les contribuables et citoyens que nous sommes tous : le scandale des subventions à la presse (1). Ces aides servent à « garantir la liberté de la presse et à conforter les conditions de son pluralisme ». En effet, Fleur Pellerin, ministre de la culture, avait rapidement évoqué l'idée d'une subvention exceptionnelle à Charlie Hebdo (2).

Le plus drole est de voir ces politiciens, notamment d'extrême gauche, en appeler à l'Etat, c'est à dire à notre argent, pour organiser ce "pluralisme, bien qu'au quotidien, ils luttent contre ce pluralisme, et alors que l'ensemble de la presse française, y compris celle de droite, est prise dans le carcan du cadre mental  et idéologique hérité de 1945.

Qu'est ce qu'un journal ? C'est avant tout une entreprise, c'est à dire une réunion de gens qui, parce qu'un actionnaire a mis de l'argent dans un projet, ont choisi de mettre en commun leurs compétences rédactionnelles pour servir de média, c'est à dire d'intermédiaire entre l'information et les clients. Une entreprise, c'est censé faire un produit et gagner de l'argent grâce à ses clients, ou fermer si le projet n'est pas rentable.
Le blogueur Autueil notait, il y a quelques temps, à quel point le journalisme était entré dans une phase d'obsolescence, notamment parce qu'il avait manqué la nécessaire adaptation de son produit (4). En France, c'est plus que cela. La presse française n'est pas seulement en retard au niveau numérique (avec les notables exceptions de l'Opinion ou surtout de Médiapart), elle est surtout en retard de diversité. En effet, si on admet que la presse devrait refléter la diversité d'opinion, où est le grand quotidien ou l'hebdomadaire conspirationniste (un corpus de thèses peu ou prou partagé par 50% des français (5) ) 
Où est le grand quotidien ou l'hebdomadaire anti européen voire europhobe (une opinion partagée par au moins 20% des électeurs) ?
Il est communément admis de dire qu'un journal n'est pas qu'une entreprise, mais que c'est aussi un des vecteurs de la démocratie et donc à ce titre un projet d'intérêt "général". Si c'est vrai, la France, qui lit très peu de quotidiens par rapport à ses voisins, a donc du souci à se faire.
Si la presse doit refléter le pluralisme, est-il cohérent que l'Humanité, diffusant une idéologie morte en 1989, soit aidé y compris par le biais d'amendements nocturnes et discrétionnaires  (6) ? Le gouvernement ne devrait-il pas, par cohérence, choisir d'aider autant Minute que ses alter ego d'extrême gauche ? 




En réalité, la raison pour laquelle il n'y a absolument pas besoin d'aider la presse réside dans le fait que le pluralisme existe, non pas grâce à l'État et à ses fonctionnaires, mais parce qu'en 1992, dans un laboratoire à Genève, un informaticien anglais a inventé le worldwide web, parce qu'en 1995, un jeune ingénieur californien a crée le premier navigateur grand public, et parce que depuis plus de 15 ou 20 ans maintenant, des entrepreneurs (au sens large de du terme, pas seulement au sens marchand) se saisissent de leur pouvoir de création pour lancer des plateformes d'information (Agoravox, le Huffington Post) ..., des espaces de bloggings (Blogger ...), des réseaux sociaux (Facebook, Twitter), etc.

Durant les événements de la semaine dernière Porte de Vincennes et à Dammartin-en -Goele, les musulmans avaient été invités à se démarquer des terroristes et à condamner leurs actes, alors qu'ils pouvaient éventuellement partager de la gène vis a vis des caricatures de Charlie Hebdo. Les musulmans feraient mieux, plutôt que de qualifier tel ou tel titre d'islamophobe (7), de commencer par demander l'arrêt de toutes les aides à la presse.
De manière plus globale, les français doivent comprendre que le vrai préalable au pluralisme de la presse, c'est la liberté entrepreneuriale, et le démantèlement du système actuel dominé par une AFP partiale (8) et archi subventionnée. Ainsi, une fois la liberté restaurée, on cessera de se demander pourquoi la presse parle des 17 morts de Paris mais pas des 2000 morts du Nigéria (9). 

Cette liberté, c'est celle qui fait que Charlie Hebdo survivra grâce à ses clients (10), et non pas parce que Matignon ou l'Elysée auront décidé de prendre des abonnements et le ministère de la culture fait voter une subvention.



(1) Contrepoints Le montant des aides à la presse révélé 24 décembre 2013
(2) La Tribune Qui soutient Charlie Hebdo ? 9 janvier 2015
(4) Authueil L'obsolescence du journalisme 31 décembre 2014

mardi 13 janvier 2015

#JeSuisCharlie : "#onfaitquoi maintenant ?" Réponse : rien !

Des millions de français ont manifesté hier contre le terrorisme et en hommage aux victimes des terroristes. 

Alors, quelles réponses apporter à cet épisode terroriste ?

Commençons par poser une question qui fâche : est-ce que Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste ? Le code pénal définit l'acte terroriste comme un acte se rattachant à « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur » (2).

Question : à la différence de la prise d'otage du magasin casher de la Porte de Vincennes, un acte clairement antisémite, est ce que Charlie Hebdo a été victime d'un acte terroriste ou bien d'une sorte de vendetta ? Attention, poser la question, ce n'est nullement exonérer les frères Kouachi de leurs responsabilités ou leur donner un quelconque blanc-sein. Il va de soi que leur acte est inexcusable et aurait mérité, s'ils étaient toujours vivants, l'application pleine et entière des lois en vigueur dans ce pays.
Mais s'ils étaient vivants, les frères Kouachi auraient répondu que puisque le Coran lu au sens littéral appèle à châtier ceux qui se moquent du Prophète, alors les deux tueurs étaient dans leur logique de mort. Comment expliquer autrement le soutien, minoritaire mais néanmoins réel, que la tuerie de Charlie Hebdo a rencontré, dans certaines banlieues notamment (3)  ?

Quelque soit la qualification des actes de frères Kouachi et de celui de Koulibaly, une chose est claire : il ne faut rien faire, en tout cas au niveau législatif et politique ! 

Il ne faut rien faire car il existe déjà des lois qui punissent les atteintes à l'intégrité physique des gens, dont le meurtre. Les terroristes auteurs des actes de la semaine dernière dont morts, donc la justice ne se penchera pas sur leur cas, mais ne doutons pas du fait que s'ils avaient été jugés, ils auraient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Le meurtre, l'apologie d'actes terroristes, les actes en réunion tombent déjà sous le coup de la loi. Pourquoi en rajouter ? Rien ne fera revenir les 17 personnes tuées la semaine dernière.

Il ne faut rien faire car la France vient déjà de se doter d'un corpus législatif liberticide, l'article 20 de la loi de programmation militaire (4), dont les effets porteront sur tous, et non pas juste sur les terroristes présumés. Voulons-nous vraiment d'une police autorisée à faire n'importe quoi au nom de la lutte contre le terrorisme, pour que dans 10 ans nos soyons comme les américains actuellement, à ouvrir le dossier de la violation des libertés civiles ? Et sans même faire parler les morts, est ce que les journalistes de Charlie Hebdo auraient approuvé un Patriot Act ?

Il ne faut rien faire car le président Hollande et l'ensemble de la classe politique regrettaient, à juste titre,  qu'entre 2007 et 2012, le fait que l'actualité dirige l'agenda de l'Assemblée Nationale. Sous le précédent quinquenat, le pouvoir avait tendance à réagir à l'actualité en proposant de nouvelles lois. Est-ce que nous allons continuer à faire des lois en fonction des faits divers, aussi dramatiques et sanglants soient-ils ? L'ancien président de la République veut par exemple réouvrir le débat sur le port d'armes, notamment pour les policiers municipaux. Mais en quoi la jeune policière antillaise tuée à Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, aurait été aidée ? Coulibaly lui a tiré dans le dos. Nicolas Sarkozy  a eu 5 ans, entre 2007 et 2012, pour autoriser d'autres citoyens que les gendarmes et les policiers à porter des armes. Il n'a rien fait mais profite de cette actualité pour ouvrir le débat. Sont-ce des bonnes façons de procéder ?

Il ne faut rien faire car la France (en tout cas ses politiciens) n'est pas au clair sur ses options politiques et militaires en matière de guerre contre le terrorisme. La précédente majorité avait déclaré la guerre au terrorisme, aux cotés des américains, en envoyant notamment les soldats de l'armée française en Afghanistan. Or, l'actuelle majorité, non seulement avait déposé une motion de censure contre cette guerre (5) mais avait aussi accéléré le retrait d'Afghanistan. C'est cette même majorité qui, après avoir d'abord voulu aider les ennemis de Bachar El Assad, (6) est maintenant membre de la coalition qui bombarde l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) en Syrie et en Irak.
Autrement dit, au delà de la permanence de l'administration, notamment celle du Quai d'Orsay, nous avons un exécutif qui n'a aucune doctrine et qui change en permanence d'opinion. Peut-être qu'un bon point de départ serait la réflexion sur ce que nous pensons et sur ce que nous voulons. Le Président Hollande, s'il est cohérent, va t-il rendre hommage à l'intervention militaire menée par le président Sarkozy et par Hervé Morin  (7) ?

Il ne faut rien faire car même sur le motif direct de l'attaque, l'attentat contre la liberté d'expression, nous les français, ne sommes pas parfaitement au clair. Les journalistes de Charlie Hebdo sont morts car ils se sont donnés le droit, parfaitement légitime tant au regard du droit français que des valeurs françaises (y compris la liberté d'expression) de caricaturer le prophète Mahommet, (tout comme ils s'arrogeaient le droit de représenter le Pape en train de sodomiser de jeunes enfants !) Normalement, ces caricatures n'auraient du faire l'objet d'aucun commentaire. Pourtant, l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'avait-il pas désapprouvé (8) ? Tant que des français, notamment socialistes, par volonté de ne pas froisser les musulmans d'ici ou d'ailleurs ou par souci d'éviter le débat sur la repentance vis a vis de la guerre d'Algérie, ne diront pas clairement que l'islam n'a pas de droit particulier sur la loi et sur les coutumes françaises, pourquoi voulons-nous que des islamistes, d'ici ou d'ailleurs, pensent autrement ?

En fait, plutôt que toujours plus de lois qui ne changeront rien au terrorisme en France, il faut évidemment autre chose : une France libérale.

Déjà, partons du principe que ce qui est arrivé menace de se reproduire. Il n'y a pas de raison fondamentale pour penser que ce qui a crée les Kouachi, Mennouche, Merah, Coulibaly et autres se soit volatilisé. Une des questions qu'il convient d'ouvrir, c'est de déterminer si le cas des terroristes relèvent de la psychiatrie, ou bien si ces types sont "rationnels" et se sont engagés consciemment dans une guerre asymétrique (mais juste selon leur point de vue). Rappelons que le but des terroristes n'est pas unique (tuer des cibles et répandre la terreur) mais a aussi une composante politique :  susciter l'adhésion, notamment auprès des populations qui pourraient basculer, en terme de soutien, dans les banlieues françaises ou dans le Maghreb.

Tout d'abord, sur la durée, il faut rouvrir les perspective des jeunes en libérant la croissance par une vraie politique libérale créatrice de richesse et d'emploi. Dans les banlieues et au sein de la population musulmane de France, il n'y a pas que des délinquants, loin de la, il y a aussi des entrepreneurs dynamiques dont on entend la parole partout sauf chez nous (9) ou des activistes qui ont compris que face à l'échec de l'État sur tous les plans, dans tous les domaines, il nous faut des solutions libérales (10).

Qui plus est, il faut combattre le sentiment d'humiliation par la remise en cause des lois mémorielles, dont la surenchère nourrit les rancœurs, et par la suppression des contrôles d'identité sans motif, blessants et inutiles. Pour ce dernier point, c'est simple, c'est une promesse du candidat Hollande, au même titre que le mariage pour tous ou la suppression du cumul des mandats ... Quand au premier point,  il est tabou, mais pourquoi ignorer le fait que Dieudonné, le discours Soralien et les propos antisémites de certains trouvent leur origine directe dans l'existence du refus d'ouvrir la question de la nocivité des lois Pleven-Gayssot-Taubira  (11) et de l'inévitable concurrence victimaire qui en découle (12) ?

Enfin, à court terme, il faut réparer les trous dans la raquette des renseignements et de la justice à partir des outils existants, mais surtout pas par le biais d'un "Patriot Act" à la française qui ne ferait qu'offrir une victoire supplémentaire aux terroristes.


(1) France Info "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi 2 janvier 2014
(2) Sénat  Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme
(3) RMC BFM TV Écoles: quand la minute de silence "part en vrille" 12 janvier 2014
(4) Next Impact Le décret de l’article 20 de la LPM publié : on fait le point 
(5) Le Monde François Hollande (PS) : "Nous refusons, par notre motion de censure, le renfort militaire de la France en Afghanistan 8 avril 2008
(6) le Monde comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie 21 août 2014
(7) Le Parisien Afghanistan : l'interview exclusive d'Hervé Morin 25 aout 2008
(8) RTL Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, Ayrault désapprouve 18 septembre 2012
(9) Facebook Aziz SENNI 9 janvier 2015
(10) Zaman France Yassine Lamaoui : des idées libérales pour les quartiers
(11) La Lime Dieudonné, fils de Gayssot et de Taubira 11 janvier 2014
(12) Le CRAN Dieudonné 31 décembre 2013

dimanche 11 janvier 2015

#JeSuisCharlie

Les français ont parlé : ils ne se laisseront pas intimider par les terroristes. Des millions de manifestants ont signifié qu'eux aussi, ils sont Charlie.

samedi 10 janvier 2015

La France va résister au terrorisme ! Mais à l'Etat ?

Ces derniers jours, 17 français ont été victimes des attentats perpétrés par trois terroristes auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de Vincennes.

  • Chez Charlie Hebdo, mercredi : les dessinateurs Stéphane Charbonnier alias Charb, Cabu, George Wolinski ,Tignous et Honoré. Bernard Maris, économiste. Mustapha Ourrad, correcteur, ainsi que deux autres collaborateurs : Elsa Cayat et Frédéric Boisseau.  Invité de la rédaction de Charlie Hebdo, Michel Renaud, un ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, a aussi été tué. Deux policiers ont également trouvé la mort à Charlie. Franck Brinsolaro du service de protection des personnalités, affecté à la protection de Charb, et Ahmed Merabet., rattaché au commissariat du 11e arrondissement. 
  • Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de Montrouge, âgée de 26 ans, tuée alors qu'elle était en patrouille. 
  • Dans l'Hyper Casher de la Porte de Vincennes, Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen, François-Michel Saada. 
La France a déjà commencé à leur rendre hommage (1), et le fera encore lors des manifestations parisiennes  de ce dimanche auxquelles assisteront nombre de politiciens français et étrangers. Outre l'hommage rendu aux victimes, ces manifestations seront le meilleur témoignage possible des français qui crieront leur refus de la victoire des terroristes. Même si la presse se fait écho de représailles visant des lieux fréquentés par les musulmans (2), même si la communauté juive exprime son inquiétude, (3), la diversité professionnelle et ethnique des victimes des actes terroristes de ces trois derniers jours soulignera à quel point les terroristes ne pourront jamais gagner contre les français, car nous sommes tous ces victimes !


Qu'est ce qui a amené ces franciliens à devenir des terroristes djihadistes? Nous ne le saurons jamais avec précision, puisqu'ils ont été tués lors des opérations de police, ce qui est dommage (il n'y aura pas de procès) mais semble conforme avec les idéaux suicidaires qui les animaient.
Peut-être qu'il reste des Kouachi ou des Amedy Coulibaly en liberté dans la nature, et qu'il y aura encore des attentats.
Mais ne nous y trompons pas.
Ces actes terroristes restent par nature exceptionnels, tant du fait de la  rareté (heureusement) du type de profil psychologique qu'implique de tels comportements que du fait du travail de l'ombre des services de police et de renseignement.

En revanche, outre tous les risques habituels auxquels nous sommes "naturellement" exposés (il est plus probable de mourir écrasé en traversant la rue qu'en vivant un nouveau 11 septembre), il y a un risque que l'on sous-estime en permanence : mourir par la faute de l'Etat.

Entendons nous bien. Prenons l'Etat comme cet ensemble d'institutions ainsi que le personnel chargé de les faire fonctionner, selon un protocole de séparation des pouvoirs (conforme aux idéaux de démocratie.) Parfois, la démocratie fonctionne, et dans ce cas, l'Etat, recentré sur ses missions régaliennes, met en œuvre des lois claires et simples, votées par des parlementaires indépendants et responsables, surveillant effectivement le gouvernement et comptant sur une justice diligente et impartiale pour faire appliquer la loi et faire respecter les contrats.
Dans d'autres cas, parfois hélas plus proches d'une certaine réalité, des parlementaires dépendants de leur parti politique, parfois lestés d'un casier judiciaire, échouent à contrôler l'action d'un exécutif liberticide et avide d'extension sans vergogne du domaine d'action de l'Etat, sans que la justice, parfois politiquement orientée à coup de Mur des Cons et autres prises de positions partisanes, ne parvienne à faire appliquer des lois dans le respect du droit naturel.

Sur le plan des relations internationales, le XXeme siècle a prouvé la capacité que les Etats avaient à envoyer des jeunes gens se faire tuer au nom d'idéologies. Il n'est pas contestable de dire que l'étatisme au sens large a été la première cause de mortalité violente de masse, notamment du fait des guerres mondiales. Mais sur le plan intérieur, a t-on évalué ne serait-ce qu'un instant l'impact du terrorisme d'Etat ? 

Dans le cadre du "contrat social" (qu'on attend toujours de signer ...) qui lit les citoyens à l'Etat, ou même dans le cadre de la relation quasi contractuelle qui lit l'électeur au politicien, nous déléguons à l'Etat le fait d'agir au nom de l'intérêt général, en notre nom.
Est-ce au nom de l'intérêt général que l'Etat, un piètre employeur, se révèle aussi être le plus mauvais des payeurs (4) ?
On parle très souvent des délais de paiements qui pèsent sur la trésorerie, et parfois sur la survie, des PME.  Mais quand on évoque le sujet, on pense spontanément à a grande distribution, ou aux entreprises du CAC 40 qui présureraient les petites sociétés. Pourquoi ne parle t-on jamais des PME que l'Etat a coulé (5) et de ces entrepreneurs qui en sont mort, souvent de manière symbolique, parfois de manière réelle ?
Pourquoi n'évoque t-on jamais ces lois qui tuent, comme le concept de monopole des jeux qui, de proche en proche, a tué Mamie Yvette (6) ?
Pourquoi ne mentionne t-on jamais le manque d'humanité des services fiscaux, même quand des contribuables en sont à se donner la mort faute de perspectives ? 

Sans même aller chercher en dehors de nos frontières et dans le passé plus ou moins lointain  des actes d'assassinats commandités par l'Etat, au nom de la fameuse raison d'Etat, pourquoi ne parle t-on jamais, ici chez nous, de toutes ces situations où le citoyen se soumet à des forces qui le dépassent d'autant plus qu'elles ont pour elles la légitimité du droit du plus fort ?

L'épisode terroriste actuel nous interpelle par son aspect ponctuellement violent et spectaculaire, et parce qu'il fait intervenir le champ lexical de la guerre dans des paysages de notre quotidien, en l'occurrence les rues de la capitale. Mais il doit aussi nous rappeler que la principale menace qui pèse sur la France, ce n'est pas le djihadisme mais l'omniprésence d'un Etat qui dépense trop, gère mal, s'endette trop, édicte trop de lois et étouffe le citoyen dans un carcan de lois, règlements et autres décrets, parfois contradictoire.
Nous sommes à titre collectif bien plus menacés par les dettes et les déficits publics (signes d'un Etat trop dépensier et trop présent) ou par les menaces sur les libertés (loi de programmation militaire, fichiers de police divers et variés) que par des djihadistes, même armés de Kalashnikov. 

Alors formons un double vœu : d'une part, restons vigilants, c'est capital, sur le fait que l'exécutif ne profite pas de cette crise terroriste pour faire passer un réel Patriot Act à la française. (8) La meilleure réponse au terrorisme sera la fermeté sur nos valeurs, pas la restriction des libertés. D'autre part, espérons que la majorité socialiste ne profitera pas de la situation actuelle pour mettre au second plan ses calamiteux résultats sur le plan économique. 
La combinaison du maintien des 35 heures +  la proposition de taxer les revenus à 75% +  l'idée qu'il faille recruter 60 000 profs + la progression de la dépense publique y compris en 2014 + l'absence de simplification et de clarification de l'environnement économique (notamment sur le plan législatif) sont un 11 septembre qui a bien plus d'impact négatif sur la France que trois djihadistes.

Par leur amour de la liberté, les français arriveront bien mieux à lutter contre le terrorisme qu'un gouvernement qui n'adopte pas la bonne grille de lecture en matière de relations internationales (9) et n'ouvre pas les yeux sur les contradictions  du politiquement correct (10) (encore une fois, rappelons que l'ancien premier ministre, Ayrault, désapprouvait les caricatures de Charlie Hebdo sur Mahomet, mais pas celles sur Benoit XVI). Puisque le gouvernement n'est pas qualifié pour proposer un plan de lutte contre le terrorisme djihadiste, qu'il se concentre sur la lutte contre une autre forme de terrorisme : l'excès d'Etat qui étouffe la France.




(1) Atlantico 700.000 français ont défilé dans plusieurs villes de province, annonce Bernard Cazeneuve 10 janvier 2014
(2) BFM TV Plusieurs tirs et explosions contre des mosquées 9 janvier 2014
(3) Le CRIF Réunion de crise au sein de la Communauté juive 9 janvier 2014
(4) Yahoo ! News La vérité sur l’Etat mauvais payeur (serait-ce là la raison pour laquelle les médecins ne veulent pas du tiers payant ?) 7 janvier 2015
(5) France Bleu Etat mauvais payeur : une PME gardoise au bord du gouffre 28 novembre 2013
(6) 20 Minutes Loto illégal: Mamie Yvette est décédée le jour de Noël 26 décembre 2014
(7) La Dépêche Créteil. Un quinquagénaire se suicide devant le centre des impôts 26 janvier 2012
(8) Le Monde Pour Manuel Valls, il faut envisager de « nouveaux dispositifs » en matière de sécurité 10 janvier 2014
(9) Contrepoints Le terrorisme contemporain : comment y faire face 9 janvier 2014
(10) Contrepoints Quand la loi française donne une légitimité aux actes terroristes 10 janvier 2014
(11) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve"18 septembre 2012

vendredi 9 janvier 2015

Union Nationale

Le gouvernement et le PS appellent à manifester dimanche en soutien à Charlie Hebdo, dans une démarche d'"union nationale". 
Couac dans la démarche : tous les partis politiques sont invités à manifester, sauf le Front National, qui ne serait pas un parti républicain.

Quand cette crise de terrorisme sera derrière nous, il faudra que le gouvernement nous explique :

  • si on peut à ce point ostraciser le parti qui rassemble un électeur sur quatre
  • en quoi le FN n'est pas républicain mais pourtant légal (s'il n'est pas conforme aux lois, il faut l'interdire ?)
  • en quoi le FN est plus ou moins républicain que le Front de Gauche
  • si la République, et non pas la démocratie, est vraiment l'horizon de la France
 Le fait est que le parti politique dirigé par Marxine le Pen semble surtout être un parti hyper socialiste à court sûr, et probablement républicain, sachant qu'une république n'est pas forcément démocratique.



En tout cas, au delà de la crise, on peut féliciter les stratèges du PS qui ont encore donné des points de sondage au FN. Bravo les gars ...!


Sur le même sujet, lire aussi le point de vue de H16 (une unité millimétrée), celui de l'Hérétique (Convier ou non le FN à la marche républicaine ?) ou celui de Corto74 (Faut-il interdire le Front National ? Monsieur Da Silva, vous avez la parole... )

jeudi 8 janvier 2015

Aujourd'hui, ils sont tous Charlie ! Vraiment ?

Le journal satirique Charlie Hebdo a été la cible hier d'un attentat. Deux personnes lourdement armées ont fait irruption mercredi matin au siège de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. Le bilan, très lourd, fait état d'au moins 12 victimes. 

Peut-on se contenter d'afficher sur Facebook l'image suivante "je suis Charlie", ou est-ce qu'on va essayer d'aller au delà de l'émotion, légitime, qui nous caractérise tous ? 



Première remarque : la liberté d'expression à géométrie variable, ça ne marche pas.

Souvenez vous de l'affaire des caricatures du prophète Mahommet, en septembre 2012 (1). A l'époque, alors que Ayrault (et Valls, et les autres) n'avait rien dit quand Charlie Hebdo avait caricaturé le Christ, le même Ayrault avait "désapprouvé" la caricature de Mahomet, au nom de l'idée selon laquelle on peut pratiquer la christianophobie, mais par contre il ne faut surtout pas se moquer des symboles de l'islam.
Les terroristes d'hier, ils pensent apparemment la même chose : il ne faut pas se moquer des symboles de l'islam.
La conclusion pratique que les autorités françaises devraient tirer est que la liberté d'expression ne peut pas être à géométrie variable. En France, il ne faut pas soumettre les lois sur la liberté d'expression aux contingences de telle ou telle repentance. Et les imams de France, partisans d'un islam modéré, laïcisé, restreint à la sphère privée, doivent affirmer que caricaturer le prophète, ce n'est pas un blasphème mais une pratique conforme à la manière dont les français vivent et pensent.


Deuxième remarque : les guerres de Hollande "contre le terrorisme" ne servent à rien

Rappelez vous ! Nous n'en avons pas forcément conscience au quotidien, mais la France de Hollande est en guerre, sur de multiples théatres d'opérations, principalement pour lutter contre le terrorisme. Le Président de la République, qui s'était donc opposé pour des raisons bassement politiciennes et tactiques contre la présence française en Afghanistan, au sein de la coalition de l'OTAN et aux cotés de nos alliés anglais et américains, est cette même personne qui a envoyé l'armée française en Irak et au Mali pour aller lutter contre le terrorisme. Passons sur le manque de cohérence, force est de constater que ces guerres qui nous coutent des centaines de milliers d'euros par jour ne contribuent pas à améliorer la sécurité, ici, en France.
Il semble même qu'elles alimentent la propagande anti occidentale.

Question : quand est ce que le Parlement va demander au gouvernement de s'expliquer sur ses objectifs diplomatiques et militaires, et les moyens utilisés pour les atteindre ?


La vidéo surveillance de la capitale ne sert pas à lutter contre le terrorisme

Deux hommes armés de kalachnikov se rendent, en pleine journée, dans une rue d'un quartier animé du 11eme arrondissement, en plein centre de la capitale, tuent, reprennent leur voiture, prennent des rues à sens unique, parcourent plusieurs kilomètres et passent le périf.
Oui, vraiment, le réseau de videosurveillance qui quadrille la capitale aura servi à épargner la vie de 12 de nos concitoyens.


L'interdiction de port d'armes ne concerne que les honnetes citoyens, pas les terroristes ou les braqueurs. 

Quand deux terroristes armés de kalachnikov se pointent quelque part, la seule option semble de composer le 17 (police secours) et d'attendre que l'on donne suite à l'appel.
Quand comprendra t-on que dans l'urgence, la réponse armée aurait pu être une autre option ?
En France, il est interdit de se promener ne serait-ce qu'avec un simple couteau suisse. En cas de controle de police (2), le risque pour le casier judiciaire du citoyens est beaucoup plus élevé que celui que le Guen ,Ayrault, Balkany, Andrieux, Thévenoud et autres courent effectivement.
Quand comprendra t-on que les restrictions à la liberté du port d'armes ne profitent pas au citoyen ?


Traiter les terroristes de déséquilibrés ne semble pas vraiment marcher. 

Le video blogueur Aldo Stérone aborde le sujet du profil des terroristes.


Il n'est pas le seul à aborder la question du danger de l'abdication de nos principes face au terrorisme (au sens très large). Il est vraiment temps que nous écoutions les amoureux des libertés que l'Occident accorde, malgré tout, surtout quand ils connaissent l'envers du décor.
Si des connaisseurs de l'islam nous affirment, preuve à l'appui, que le jihad n'est pas une déviance, peut-être que nous pourrions au moins ouvrir le débat ?
 

Bref, la solidarité avec les journalistes de Charlie Hebdo était le service minimum que l'on pouvait attendre de tous ces politiciens que leurs contradictions n'étouffent pas. 
De plus, attendons nous à voir, ces prochains jours, un renforcement des lois anti terroristes, c'est à dire une nouvelle victoire des terroristes.
N'oublions jamais que les terroristes se battent contre notre mode de vie. Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3) Céder sur nos libertés constituerait la plus grande victoire du fanatisme.


(1) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve" 18 septembre 2012
(2) Métro Nantes : jugé pour avoir transporté... un couteau suisse dans sa voiture  10 décembre 2014
(3) Parti Libéral Démocrate nous sommes Charlie 7 janvier 2014