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mardi 6 novembre 2012

Ne nous trompons pas de fédéralisme

L'État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d'institutions lui assurant un pouvoir suprême (voir l'article de Wikiliberal).
Chez les libéraux, au maximum, on est prêt à accepter un Etat qui ne s'occuperait que de fonctions régaliennes : police, justice, armée, diplomatie. Pourquoi au maximum ? Parce qu'il est parfaitement possible d'imaginer la privatisation des fonctions régaliennes. 

François-René Rideau, administrateur du site bastiat.org, rappelle chez le Québécois Libre que des polices privées ne sont pas forcément pire que les forces de police nationale et leurs insuffisances/bavures/GAV abusives etc. Pierre Lemieux note, chez le Web Résistant, que la justice et l'armée peuvent aussi faire l'objet d'une production privée. 

Mais si on s'accorde sur l'utilité d'un état minimal, alors se pose la question de la population prête à se doter de services publics (régaliens) en commun et du territoire sur lequel cette population habite.

L'Europe est-elle le territoire pertinent en matière de "désir de vivre ensemble", comme dirait Renan ?

Certains libéraux comme la Lime ou Charles Gave disent que non, craignant que le fédéralisme Européen se traduise par une perte de souveraineté nationale et une harmonisation sociale et fiscale par le haut, c'est à dire par le pire. Il est vrai que l'actualité donne de quoi illustrer ces craintes. On peut citer un cas comme l'affaire Aurore Martin (voir la discussion sur Contrepoints.org, est-il libéral ou pas de déplorer son extradition en Espagne), ou alors la transmission automatique des excès de vitesse d'un pays à l'autre, ou encore les velléités des socialistes de toujours aller chercher le pire en Allemagne ou en Suède (les impôts  mais jamais le meilleur (le principe de subsidiarité, la flexibilité du travail, le fédéralisme régionaliste).

Pourtant, l'observation d'un autre état vraiment fédéral, les Etats-Unis, permet de rejeter l'idée que le fédéralisme doive se traduire, comme on le souhaite à gauche, à l’extrême gauche, à l’extrême droite et au sein d'une partie de la droite anti-libérale, la fin de la concurrence fiscale légale et juridique.
Etre américain ne signifie ni être payé au même salaire horaire, ni payer le même impôt sur le revenu, ni les mêmes taxes sur l'essence, ni, pour les entreprises, payer le même niveau d’impôts sur les sociétés. D'ailleurs, comme l'Europe a ses pays à fiscalité modérée, les Etats Unis ont le Delaware, sans parler des territoires offshores de facto sous quasi juridiction US.



Les étatistes et collectivistes de tout poil ne peuvent pas venir nous dire que la construction de l'Europe passe fatalement par l'égalisation des taux d’impôts. Le fédéralisme Européen, c'est de mettre en commun nos 27 armées, nos 27 diplomaties, nos 27 polices nationales et nos 27 systèmes judiciaires pour, d'une part, en mettre une partie en commun, et d'autre part (et en vertu du principe de subsidiarité), faire faire gérer par l'échelon local (les régions/les Landers) ce qui ressort du niveau local, y compris les forces municipales de police, qui pourraient soit être privatisées, soient élues au suffrage universel direct. 

Quand aux autres services au public, le privé ou le secteur non profit peut s'en occuper. Est-ce que la Suède est un cauchemar ferroviaire ? Les trains y sont pourtant privés. Est ce que les Danois paient plus cher que nous leur téléphone ? L'opérateur télécom historique a pourtant été entièrement privatisé. Est-ce que les Allemands sont moins bien soignés que nous ? Pourtant, la sécurité sociale y est assurée par des centaines de caisses d'assurances privées, en concurrence.

La confiscation du débat sur l'UE en France est lassante. Libertas rappelle que Le 22 février dernier, David Cameron (PM britannique, Conservative), Mario Monti (PM italien, libéral), Mariano Rajoy (PM espagnol, PP), Donald Dusk (PM polonais, libéral), Marke Rutte (PM néerlandais, libéral  démocrate) et sept autres premiers ministres (conservateurs et libéraux) européens ont envoyé une lettre à Herman van Rompuy et José Manuel Barroso, rappelant les priorités pour une Europe libérale :


- Achever le marché unique dans le secteur des services.
- Lever les freins aux échanges commerciaux par internet, en harmonisant les règles de copyright, et en favorisant les payements transfrontaliers.
- Aboutir à un marché de l’énergie efficient, en renforçant les interconnections de transport de l’énergie.
- Libérer les freins à l’investissement dans l’innovation, en créant un régime de business angels européen et en créant un environnement favorable aux développements des start-up. 
- Renforcer l’ouverture commerciale en baissant les barrières douanières avec le Canada, le Japon, l’Europe de l’Est, etc.
- Réduire le poids des réglementations de la bureaucratie européenne.
- Offrir des opportunités d’emploi à tous, surtout les plus vulnérables, en libérant la création d’emploi dans les professions réglementées.
- Eviter que le contribuable paye pour les pertes des banques en appliquant les règles de Bâle III et en levant la garantie de l’État de venir au secours des banquiers : ils peuvent prendre des risques mais doivent alors les assumer.


A part le Parti Libéral Démocrate français, qui en a parlé ? 

jeudi 16 février 2012

la Grèce peut s'en sortir

 La Grèce peut s'en sortir, et pas forcément, comme dirait l'Heretique, en faisant la peau aux armateurs et à l'Eglise Orthodoxe, ou, comme le suggère certainement Charles Gave (lire la faillite de l'Etat), en les sortant de l'Euro.  

Qu'est ce que la Grèce ? Un petit pays méditerranéen, membre de l'Union Européenne, doté d'une monnaie trop chère pour son économie, et dont le PIB est en train de s’effondrer.
Les créanciers ne seront pas remboursés, ils le savent bien, il n'y à qu'à suivre le blog à lupus , la dette de la France ou Ecofi Edu pour en prendre conscience si ce n'est déjà fait. Faut-il pour autant créer une nouvelle génération emprunt russe ? Pas forcément. 

1ere priorité pour la Grèce : certes, desserrer l'étreinte de la dette (et donc squeezer les bondholders) mais surtout, transformer de la dette en capital. Quels actifs ? Ils sont nombreux : les iles Grecques, comme le suggérait le député allemand Franck Schäffler (FDP), ou les entreprises que la Grèce n'arrive pas, soit disant, à privatiser.

2eme priorité : monétiser les actifs dont la Grèce n'avait pas conscience qu'ils puissent avoir de la valeur, comme la nationalité Grecque donc Européenne.

3eme priorité :   baisser drastiquement les dépenses publiques, ce qui passe par la paix avec la Turquie et la recherche d'une solution au sujet de Chypre.

4eme priorité : investir sur des business d'avenir, comme la production d'énergie, solaire par exemple. 

5eme et dernière priorité : rebondir sur le fédéralisme Européen et remplacer sa classe politique inutile par les fonctionnaires européens de Bruxelles, pour ce qui concerne les fonctions régaliennes (police fédérale, justice, armée, diplomatie) en mettant les autres pays Européens, à commencer par la France, devant la contradiction qui consiste à proposer le fédéralisme budgétaire sans fédéralisme politique. Ca permettra de faire d'une pierre deux coups : rendre au privé ou aux associations tout ce qui ne relève pas du régalien, et demander des comptes à Catherine Ashton et Herman van Rompuy, officiellement en charge de l'exécutif Européen, mais néanmoins singulièrement absents.

Le marché et l'Europe peuvent être des solutions pour la Grèce qui de toutes façons aura beau jeu de protester contre la baisse du niveau de vie imposée par les conditions économiques actuelles. Le problème est qu'on n'avait pas entendu  les Grecs protester contre le surcroit de croissance et l'amélioration de leur niveau de vie que les subventions européennes avaient rendu possibles. Ce qui est certain, c'est que Wall Street permet d'ouvrir les yeux là où Eurostat et la troika Européenne préférait les fermer.



mardi 25 octobre 2011

Crise de la dette : le marché pouvait faire mieux

Selon Henri Guaino, "personne ne pouvait faire mieux" que le Président de la République, [...] au sujet de la crise (source AFP).
Henri Guaino, c'est quelqu'un de cultivé et intelligent. Pourtant, il est aussi victime de deux choses
  • le mythe de l'Homme providentiel, véhiculé par l'école Républicaine 
  •  la méconnaissance totale de thèses économiques autres que Keynes et Marx (ce qui se comprend vu son background gaulliste).
Oui, on pouvait faire mieux que le Président de la République. Qui ca ? Le marché, c'est à dire personne et tout le monde en même temps.

Rappel : d'où vient la crise de la dette ? En Grèce, au Portugal, en France, ce ne sont pas les ménages et entreprises qui sont trop endettés. Ce sont les Etats, gerés par des hommes et femmes politiques. Quand à la crise, elle est dûe à l'excès d'intervention des Etats (à commencer par l'Etat fédéral US) dans l'économie, par le biais de réglementations inadaptées, de trucage de comptes ou de politique monétaire trop expansionniste.
Comment les agents à l'origine de la crise pourrait arriver à la résoudre ?

La cote de popularité du Président de la République semble suivre de manière inverse les mauvaises nouvelles sur les banques. C'est injuste. Il n'y a pas à sanctionner le Président de la République pour son incapacité à résoudre la crise car il n'en a tout simplement pas les moyens. Tout ce qu'on peut lui reprocher, à la rigueur, c'est d'avoir communiqué sur la capacité de l'Etat à pouvoir changer positivement le cours des choses et sur le retour du volontarisme en économie. Les libéraux, dont l'ancien président d'Alternative Libérale à l'époque, avait prévenu, en disant que non seulement l'actuel Président de la République n'avait rien d'un libéral mais qu'en plus l'ultra étatisme allait poser plus de problèmes que de solutions à une France déjà surchargée de taxes et de réglementations. Ceux qui sont déçus en 2011 ne sont pas justes, car ils avaient été prévenus qu'il n'y avait rien de bon à attendre.

Qu'est ce qui est si difficile à comprendre chez les hauts fonctionnaires qui s'acharnent à vouloir intervenir ? Est ce pour justifier leurs 290.000 euros par an ? (NB : Henri Guaino est fonctionnaire mais il n'a pas de comptes à nous rendre ...!). Moins ils en font, mieux l'économie se portera. Ils veulent se rendre utile ? Qu'ils créent ou reprennent des entreprises, comme Clémentine Autain, gauchiste de marketing, vraie bobo capitaliste. Henri Guaino, dans une vie antérieure, a été chef économiste de banques d'investissement françaises. Pourquoi ne démissionne t-il pas du conseil de la présidence pour lever des fonds auprès de ses anciens collègues pour sauver et restructurer Sea France, qui a besoin d'un nouveau business plan ?

Tout le drame des hommes et femmes politiques interventionnistes est là : ils n'ont aucun rôle sur la croissance et sur les fondamentaux de l'économie. Ce sont les intra/ et entrepreneurs qui créent les ruptures. François Fillon a rendu hommage à Steve Jobs. Mais Steve Jobs savait-il qui est François Fillon ? A t-il été demander à un fonctionnaire de Washington la permission de créer Apple ? Tout ce qu'un homme ou une femme politique devrait faire, c'est créer le cadre économique et légal  favorable à l'éventuelle émergence d'entrepreneurs, pas forcément aussi disruptifs que Steve Jobs d'ailleurs. Et même dans une mission aussi simple, il y a beaucoup de boulot : supprimer l'ensemble des réglementations qui interfèrent avec le marché ne se fera pas en un claquement de doigts, privatiser l'ensemble des fonctions non régaliennes, non plus. Voila pourquoi nous les citoyens pouvions, pouvons et pourront faire mieux que le Président de la République.

Suggérons très humblement quelques sources autres que Attac pour Henri Guaino :

- Society Without a State, de Murray Rothbard

 

lundi 10 octobre 2011

Les liberaux doivent faire leur mea culpa

C'est vrai, les libéraux vous doivent des excuses. Ils doivent dire à quel point ils sont désolés. Désolés de ne pas avoir su ou pu conquérir le pouvoir ces dernières années. 

En effet, la semaine prochaine, le vainqueur de la primaire socialiste sera, selon une probabilité de 90% au moins, sera un adversaire du libéralisme sociétal, et selon une chance de 99.9%, un adversaire du libéralisme économique. Il promettra aux français de lutter contre la crise grace à plus d'Etat. 
Le fait est qu'à droite, c'est la même chose. De discours de Toulon en menaces de recapitalisations forcées des banques, l'Etat est le roi. 
Pourtant, l'Etat, ou plus exactement l'excès d'Etat, est à l'origine de la crise, dans le monde entier. Or, les libéraux, actifs sur la scène politique par divers moyens, Alain Madelin en 2002, Alternative Libérale en 2007 et 2009, le Parti Libéral Démocrate actuellement ainsi que certains "libéraux" de Gauche Moderne, de Gauche Libérale, du Modem, du Nouveau Centre ou de l'UMP ont toujours eu le même discours : ne tombons pas dans le piège de la dette publique. 


Intervention d'Aurélien Veron par AlternativeLiberale
(écoutez à partir de 4'59''  la bulle de la dette publique, tourné en 2009).

Parmi les trois points du programme que défendait Alternative Libérale en 2009 à l'occasion des élections Européennes : la question des déficits publics et de la dette publique http://europeennes.blog.lemonde.fr/category/alternative-liberale/

Aujourd'hui, après des années de socialisme généralisé, non seulement nous sommes tous, collectivement en Europe, en difficulté, mais en plus nous les contribuables sommes invités à généreusement donner pour Dexia, la Grèce ou le régime spécial des pensions de la SNCF/RFF, tout comme nous avons donné pour le Crédit Lyonnais ou les retraites des ministres et sénateurs. 

Evidemment, à force d'entendre que Dexia est victime des turbulences financières ou du libéralisme (ultra ou néo...), on est amenés à croire que ce qui est repeté en boucle sur les médias est vrai. La faute en incombe sans doute aux libéraux qui n'ont jamais tranché la question suivante : est ce que la contrainte Européenne est suffisante pour imposer de la discipline aux gouvernements. Certains, comme le financier Charles Gave http://lafaillitedeletat.com/ pensent que non, et parient de fait sur la future mort de la zone Euro. D'autres, comme l'essayiste Guy Sorman http://gsorman.typepad.com/, sont plus optimistes et pensent que la volonté politique saura accompagner les faits économiques, même si l'Europe n'est pas une zone monétaire optimale. Après tout, la France n'est pas une zone monétaire optimale non plus : un chomeur lorrain n'a pas le même intéret qu'un exportateur vendéen. Mais une chose est sûre : les libéraux, même si vous ne l'avez pas entendu dire, sont d'accord sur un point : l'irresponsabilité (dans tous les sens du terme) des hommes politiques nationaux débarrassés de contrepouvoirs est une source de problèmes pour nous tous les citoyens et contribuables. 

L'actualité française est dominée par les sirènes du socialisme triomphant, ces jours ci. Mais ne vous y trompez pas. Le vrai souci vient du fait que les gouvernements conservateurs, y compris avec une composante soi disante libérale, pratiquent le socialisme comme leurs collègues de gauche. François Fillon était à Bruxelles, hier : l'avez vous entendu dire que pas un Euro d'argent public ira dans Dexia ? Que la France va enfin équilibrer son budget public ? Et saviez vous qu'au deuxième trimestre 2011, la dépense publique britannique, en livres courantes, n'avait pas baissé par rapport au deuxième trimestre 2010 ? 
Alors, oui, les choses ne sont pas faciles. On parle ici de baisser les salaires de la fonction publique de 30 ou 40%, ou de baisser le nombre de fonctionnaires de 30 ou 40%. 

Mais les faits sont la. Les hommes et femmes politiques préfèrent attendre que le FMI ou que la République Populaire de Chine fassent le boulot, puisque Bruxelles est aussi incapable que les instances nationales de rétablir un peu de bon sens. Les prochaines échéances electorales seront pour nous tous l'occasion de voter soit pour des molassons, des socialistes UMPS (adjoints de leurs Fronts) ou de choisir les libéraux. Que choisirons-nous ?

mercredi 22 septembre 2010

L'Etat est mort ! Vive l'état !

Alternative Libérale a le plaisir de vous convier à une rencontre avec :
CHARLES GAVE

le mercredi 13 OCTOBRE 2010
de 19h30 à 21h00
à la Faculté de Droit de la Sorbonne
12, Place du Panthéon, Paris 5ème
(le numéro de salle sera communiqué ultérieurement aux participants)

Nous échangerons sur le sujet lancinant de l’explosion de la dette publique et de la faillite de l'Etat-Providence qui ouvre la perspective de l’avènement d’une authentique démocratie libérale.

C’est en tous les cas, le thème du dernier livre de Charles Gave intitulé « L'Etat est mort ! Vive l'état ! Pour! quoi la faillite étatique qui s'annonce est une bonne nouvelle », dont il prépare la sortie chez Bourin Editeur.

Charles Gave nous gratifiera d’ailleurs d’une séance de dédicaces au cours d’un pot de l'amitié à l'issue de nos échanges.

Le nombre de places étant limité, nous vous conseillons de vous inscrire le plus rapidement possible en adressant un courriel à info@alternative-liberale.fr

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Charles Gave, docteur en Economie, financier international, est l’auteur de :
- « Des lions menés par des ânes » (2003) Robert Laffont,
- « Un libéral nommé Jésus » (2005) Bourin Editeur,
- « C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution » (2007) Bourin Editeur,
- « Libéral mais non coupable » (2009) Bourin Editeur.

Il s’applique, années après années, à délivrer, de manière pédagogique et didactique, un message libéral, dérangeant pour certains, prémonitoire pour d’autres, mais toujours passionnant et enthousiaste.

Ses critiques argumentées du keynésianisme, du « social-clientélisme » et de l’Euro susciteront sans doute un débat animé ; et son propos teinté d’humour, sans langue de bois, nous fera à coup sûr passer une excellente soirée.