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lundi 14 mars 2016

SDF et migrants : les habitants du XVIeme face aux clichés journalistiques

Il y a vraiment certaines réunions d'information et de "concertation" auxquels les habitants feraient mieux de s'abstenir de participer.

Prenez par exemple celle qui se tient ce lundi 14 mars à Dauphine, et qui est consacrée au projet d'Anne Hidalgo et Ian Brossat de créer un centre d'hébergement d'urgence.





Ca fait plusieurs mois que ça gronde du coté de la porte de la Muette.



Ce soir, un journaliste de 20 Minutes, dont le métier est de se promener aux heures où la majorité des gens sont dans leur bureau ou dans les transports en commun, découvre deux choses : que la population du XVIe est en moyenne sensiblement plus âgée que celle de Paris en général, et que seuls les retraités ont le temps d'aller à une réunion publique organisée à 19h.


Les habitants et riverains sont contre la construction, et ils le font savoir.



Finalement, suite aux sifflets et au chahut, Laurent Batsch, le président de l'université Paris Dauphine qui hébergeait la réunion, a annoncé la suspension de la réunion.




Est-ce la première fois que des riverains s'opposent à un projet quelconque ? Bien sur que non. Le phénomène "not in my backyard" est généralisé, de Notre-Dame-des-Landes (contre l'aéroport) à Marseille (camp rom incendié par des riverains) en passant par Wissous (camp rom dénoncé par des riverains), la rue Lariboisière dans le Xeme (les riverains opposés à la salle de shoot) ou par le stade Championnet dans le XVIIIeme. 

Seulement, pour un journaliste de Libé, le droit d'opposition n'est pas accessible aux habitants du XVIe, qui se voient qualifiés de sauvageons.


Pour un journaliste du Monde, c'est pareil.



Les habitants du XVIeme sont des "riches" et des "minables".
Qu'aurait-il dit des habitants du Marais, ou de ceux du quartier Latin, la où le prix du mètre carré est de 20 à 50% plus élevé que dans le XVIeme ?

Non, le XVIeme n'est pas le quartier des riches, cf le prix du mètre carré


De toutes façons, le "débat" est plié d'avance : Anthony Leroi, "communiste. Chef de cabinet à l'Hôtel de Ville de @Paris" a son point de vue :


Quand au maire (PS) du XVIIIeme arrondissement de Paris, c'est encore plus drôle : il confond le point de vue du conseil d'arrondissement et l'opinion des riverains. Eric Lejoindre a t-il, par exemple, demandé l'avis des habitants du XVIIIeme, ce soir ?


Maintenant, puisque l'objectif est quand même d'offrir une solution aux SDF, voyons un peu le fond du projet : face à la présence de 28 000 SDF à Paris et petite couronne, et face à l'arrivée de  quelques milliers de migrants en France en 2015,  Anne Hidalgo et Ian Brossat proposent de construire 200 places d'hébergement dans un quartier parisien sans métros ni commerces, sur une zone verte donc théoriquement non constructible. 
Question : est-ce que ce projet ressemble à du bon sens, ou correspond-il à la volonté de punir le quartier le plus socialophobe de Paris ? Si Anne Hidalgo et Ian Brossat sont parvenus à contourner, une fois de plus, comme pour la Fondation Louis Vuitton, la réglementation de l'urbanisme du Bois de Boulogne, comment se fait-il qu'ils ne soient pas parvenus à mettre ce centre d'hébergement dans le Jardin du Luxembourg, beaucoup plus central et desservi par la ligne 4 du métro et la ligne B du RER ?

Deuxième question : pourquoi rassembler SDF et migrants ? Bien que les deux publics souffrent de mal logement, en quoi leurs situations sont-elles comparables ? Pourquoi les mettre sur le même lieu ? 
Autant les migrants sont dans une démarche individuelle de mobilité, d'ailleurs, souvent, pour ne pas rester en France, autant, les SDF, eux, relèvent souvent d'une autre démarche. Leurs problèmes ne sont pas du tout comparables.
Si Anne Hidalgo et Ian Brossat veulent vraiment aider les SDF parisiens, alors ils pourraient adopter une mesure très simple : demander aux CCAS qui fournissent des services de domiciliation de cesser de demander une preuve de rattachement au territoire parisiens aux SDF qui viennent s'inscrire. Oui, vous avez bien lu. Si vous êtes SDF et que vous voulez recevoir votre courrier dans une association agrée, cette association va par exemple vous demander une attestation de bénéficiaire du RSA versé à Paris. 

Troisième question : et si on cessait l'hypocrisie ? Les SDF, les migrants, à la différence de l'Autre en tant qu'individu, personne n'en veut. Autant, à gauche comme à droite, chez les riches comme chez les pauvres, chacun est, selon sa situation, plus ou moins prêt à tendre la main à un individu, autant personne n'aime voir son environnement changer radicalement.
Quid, par exemple, des habitants du XVIIIeme, de gauche, qui ne veulent pas que leurs enfants soient dans des classes où il y a "80 à 90% d'africains" ? La mixité sociale, personne n'en veut vraiment !



Pourquoi reproche t-on aux habitants du XVIeme ce qu'on accepte ailleurs, à savoir préserver son mode de vie ?
Au passage, qu'est ce que le Bois de Boulogne a donc fait aux socialistes et aux communistes parisiens pour qu'ils s'acharnent autant, y compris en reniant leur orientation théoriquement de gauche quand ils s'allient avec le Grand Capital pour détruire les Serres d'Auteuil au profit de Roland Garros ?

Oui, il faut accueillir les migrants, comme Merkel l'a fait en Allemagne, et à la différence de ce que la France socialiste de Valls et Hollande a fait. Notons qu'il est normal, au passage, que la France se barricade quand l'Allemagne s'ouvre : on ne peut pas avoir un état providence et une politique socialiste avec des frontières ouvertes, comme le rappelait le pro immigration Milton Friedman.

En revanche, accueillir les migrants ne devrait vouloir dire ni régler des comptes politiques, ni même faciliter la vie des migrants une fois qu'ils sont sur le territoire national. Ouvrons notre porte aux migrants, c'est à dire supprimons toutes ces barrières à la mobilité qui ne font qu'enrichir les passeurs tout en rendant les voyages dangereux, et ensuite, pratiquons la politique du chacun pour soi.
La logique consisterait donc à supprimer les dispositions du droit du travail qui empêchent les réfugiés de travailler, ou d'abolir les contrôles douaniers préalablement effectués par les compagnies aériennes (1), plutôt qu'à construire des centres d'accueil. 

Alors, les habitants du XVIeme ont-ils perdu une occasion de se taire ? Les journalistes du Monde, de 20 Minutes et de Libération étaient venus chercher du cliché, ils les ont trouvé.



(1) Le French Libertarien Le cynisme des politiques sur la crise des migrants 4 septembre 2015



dimanche 25 octobre 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin octobre 2015 ?


Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur.









La rénovation du Musée de l'Homme est achevée. Sa réouverture a donné lieu à pas mal de commentaires, en ces temps de débat sur le pays de race blanche, comme si, en 1938, quand le musée a ouvert pour la première fois, il n'y avait pas des scientifiques pour prouver la supériorité de telle ou telle race. D'ailleurs, à la même époque, que disaient-ils des zoos humains, des concepts portés et validés par la troisième république ? Il faudrait peut-être demander aux grands parents de Valls, le white, le blancos. Toujours est-il que le paradis des ethnologues s'est refait une beauté. A vous de voir si il doit être pris en otage par les débats politiciens (1).


Le Musée de la Marine propose une exposition intitulée "dans les mailles du filet". Allez comprendre comment les parents qui cherchent à faire manger du poisson à leurs enfants vont ensuite pouvoir résister à l'argument de la gestion des ressources face à la surpêche ;-). 



La Cité de l'architecture & du Patrimoine analyse le magnifique Mont Saint Michel. 




Le musée national des arts asiatiques – Guimet ,outre ses activités normales, propose de participer à l'acquisition d’une armure de Samouraï, par le biais d'un projet de type don participatif. On ne peut évidemment que saluer l'initiative, en ces temps où la ministre de la culture croit que les contribuables ne sont pas assez tondus.





Le Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris est fermé. Il devrait réouvrir en novembre, et consacrer une exposition à la Comtesse Greffulhe. 





Le Palais de Tokyo  propose la première rétrospective mondiale sur la vie et l’œuvre du poète américain John Giorno (né en 1936, vivant à New York), figure majeure de la scène underground américaine des années 1960. L’exposition est conçue par l’artiste suisse Ugo Rondinone.





Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Andy Wahrol. 







Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir Particle Falls, une projection interactive, œuvre de l’artiste environnementaliste américaine Andrea Polli, présentée sur le façade de la Mona Bismarck American Center dans le cadre d’ArtCop21,







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "le secret du masque"



Bonnes visites !



mercredi 9 septembre 2015

Les riverains de Roland Garros ont oublié de brûler une autoroute ...

C'est parti pour la destruction des Serres d'Auteuil, dans le cadre de l'extension de Roland Garros !
Et hab quoi, dirons certains ? Il faut bien avancer, non, et en finir avec la France des blocages ? Et puis il en va de la survie du tournoi de Roland Garros en tant que membre du grand chelem, non ? 

Le problème est que ces travaux, non seulement s'effectuent contre la volonté de riverains, mais qu'en plus ils ne constituent pas une solution vraiment pérenne pour Roland Garros. A croire qu'à la FFT, ils ne voient pas plus loin que 2024. 

Les riverains de Roland Garros n'ont rien compris : ils ont tenté de faire prévaloir leur point de vue en faisant une pétition (60 000 signatures ...) et en attentant des recours en justice. 

L'exemple du blocage de l'autoroute A1 la semaine dernière, en Picardie, ou les manifs d'agriculteurs montrent clairement qu'ils ne s'agissait pas de la bonne méthode. Ils auraient mieux fait de bloquer le trafic de la A13 et brûler des palettes sur la chaussée. Peut être que le gouvernement Valls les aurait écouté, alors ? 

Quand à l'idée que, même après travaux, Roland Garros restera toujours plus exigu, en terme de surface, que Flushing Meadows ou Wimbledon, cela ne semble déranger personne. 

C'est comme ça. On élit des gens pou un mandat et ils s'attribuent le droit de faire ce qui bon leur semble durant ce laps de temps. Il faudra quand même qu'un jour, en France, on discute des limites de la démocratie représentative ... surtout quand, pour des raisons obscures, elle s'efface, de temps en temps, derrière le droit du manifestant le plus fort.

samedi 28 mars 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin mars 2015 ?

Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur, et ils participent pour la plupart à la #MuseumWeek.







Le Musée de l'Homme est fermé pour rénovation. Sa réouverture est prévue pour le 17 octobre 2015.

Le Musée de la Marine retrace 2000 ans d'histoire du commerce maritime, "de l'amphore au conteneur".



La Cité de l'architecture & du Patrimoine propose de découvrir une maison Normande, la villa Sayer unique habitation individuelle construite en France par l’architecte de renommée internationale Marcel Breuer (1902-1981).




Le musée national des arts asiatiques – Guimet propose une exposition sur 2000 ans de théâtre en Asie.





Au Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris, on nous propose de (re) découvrir Jeann Lanvin, "la plus ancienne maison de couture française encore en activité".





Le Palais de Tokyo  rend hommage au sculpteur Takis, qui aura 90 ans en 2015, et qui est notamment connu des parisiens pour son monumental bassin de signaux lumineux sur l’esplanade de la Défense, réalisé en 1988.






Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Georges Noel, artiste français, né en 1924 à Béziers et mort en 2010 à Paris.








Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir l'artiste scénique John Cage.  







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "l'Ethiopie, à la confluence des temporalités"



Bonnes visites !


jeudi 5 mars 2015

Roland Garros : Valls attaque sur le front Ouest !

Que vous soyez habitant de Boulogne ou du quartier d'Auteuil, ou spectateur du tournoi de Roland Garros, vous connaissez le problème : le très joli stade rétro de Roland Garros, souffre de plusieurs défauts,  dont sa surface relativement réduite et sa faible capacité d'extension. 
Que voulez-vous ! En 1927, alors que le XVIeme arrondissement sentait encore la peinture fraîche, les concepteurs ont oublié (excusez-les !) de penser qu'on créerait une liaison autoroutière de desserte de la banlieue ouest et de la Normandie, que Paris franchirait les portes du périf, et que le Qatar serait un jour en mesure de concurrencer Londres et New York sur le plan de l'organisation de tournois sportifs majeurs !
Serres d'Auteuil, victimes collatérales ?

Les spectateurs qui se rendent à Roland Garros, au moins durant la première semaine de la quinzaine du tournoi, le savent : le lieu, charmant au demeurant, est ingarable, desservi par une ligne 10 qui n'a pas été prévue pour cela et relativement exigu. D'ailleurs, les chiffres le montrent : alors que Wimbledon s'étend sur 17 hectares, le tournoi parisien bénéficie de quasiment moitié moins de surface (1). 

Cela fait des années que la Mairie de Paris sait qu'elle a un double problème à gérer : l'extension du stade, et la renégociation des redevances versées par la Fédération Française de Tennis à la ville de Paris. Cette mairie, Anne Hidalgo l'a co-géré avec Bertrand Delanoé (vous savez, celui qui n'est plus maire mais continue pourtant à bénéficier d'un bureau et d'un secrétariat (2)) depuis 2001. Madame le Maire de Paris ne peut donc pas nous faire le coup de l'héritage.. 
Seulement, pour les redevances, c'est raté. La FFT a plié la négociation; Roland Garros continuera à être son jackpot, tant mieux pour elle. 
En revanche, pour l'extension, rien n'est joué. Certes, il n'y a pas de ZAD porte d'Auteuil, et l'ouest Parisien ne s'est pas (encore ?) transformé en Notre Dame des Landes ou en Sivens. Mais, clairement, l'administration parisienne a sous-estimé le rejet que suscite son projet : étendre Roland Garros (utilisé à 100% moins de 3 semaines par an, donc) sur un espace vert très fréquenté, le jardin des Serres d'Auteuil. Ce rejet n'est même pas une question gauche-droite. A la base, le maire du XVIe, Claude Goasguen, était d'accord avec Delanoé (3), même s'il a révisé son jugement depuis. Quand aux "alliés" d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, les verts d'EELV, ils sont contre la destruction des Serres d'Auteuil. 

C'est là où intervient Marie-Ségolène Royal, dite Ségolène Royal. Cette riveraine (4) a eu une idée, curieuse si on part du principe que pour l'ex compagne de Hollande, la solidarité gouvernementale, c'est important (5), mais maligne si on admet le fait que cette thuriféraire de la démocratie participative", également ministre de la pacification des relations PS-EELV de l'environnement, a d'autres chats à fouetter (Ecomouv ? LGV Poitiers Limoges ? Fessenheim ?). Ségolène Royal a donc ressorti des cartons les plans alternatifs au massacre des Serres d'Auteuil. Même le Delanopolis n'en est pas revenu (6) !

Fallait-il en rester là ? Bien sûr que non ! Ce matin, le premier ministre Manuel Valls, qui a réussi à diminuer les impôts et taxes, régler le problème du chômage de masse en France, trouver des solutions pour lutter contre l'insécurité, réussir à proposer un budget en équilibre, recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ainsi que, bien sûr, repeupler le marché d'Evry de white, de blancos, s'est dit qu'il pouvait maintenant s'attaquer à ce dossier prioritaire pour le gouvernement de la sixième puissance mondiale : l'extension du stade de Roland Garros. Après tout, ce n'est pas comme si la ministre Royal ne s'était pas penché dessus, ou comme si il existait une mairie et des citoyens à Paris !

Et que nous dit Valls ? Qu'on a assez tergiversé, et que peut importe les propositions, il faut étendre Roland Garros selon les plans de la FFT, c'est à dire au détriment des Serres d'Auteuil. De toutes façons, la conclusion du débat sur la loi Macron a donné le ton : le gouvernement ne négocie pus avec les terroristes les français ! Et tout ça pour quoi ? Parce que Valls se place dans la perspective d'une France qui organiserait les JO en 2024. Il faut donc montrer au CIO la capacité du pays à avancer. Organiser le Jeux Olympiques ... on rêve ...! Est-ce que Valls n'a pas compris ce qui s'est passé à Athènes en 2004 ? Et pense t-il que la France, qui n'a plus de pain, a besoin de jeux (8) ? 

L'alternative
Donc en résumé, Valls s'oppose aux riverains, à une de ses ministres, à l'Unesco mais aussi au bon sens qui voudrait, faute de couverture de la A13, que l'on déménage Roland Garros à Versailles. Et tout ça pour quoi ? Quand-est ce que les français cesseront d'être les victimes collatérales des guerres interne à la gauche socialiste ?






(3) L'Hérétique Goasguen fait cause commune avec Delanoë 8 décembre 2011
(8) Koz Toujours Expo2025 vs JO2024, y’a pas débat ! 5 mars 2015

jeudi 13 novembre 2014

Roland Garros : le combat continue !

Parfois, on se demande si la Mairie de Paris est vraiment au service des habitants, ou bien si la surdité est le critère de recrutement.
Egalement publié sur Contrepoints

Si nous étions dans le premier cas, alors il y aurait une écoute des riverains, sans parler des contribuables parisiens, mais nous sommes dans le deuxième cas, ou les projets à la fois coûteux et rejetés par la population se poursuivent, sans que nous ayons notre mot à dire. Le chantier des Halles, ses nuisances (1) et ses dépassements de budget (2) ? Pas grave ! Et ce alors que l'une des fonctions clef des Halles, la gare ferroviaire RER, ne sera quasiment pas touchée, contrairement à ce que proposait l'architecte néerlandais Winy Maas, du cabinet MVRDV. La Philarmonie et son budget non respecté ? Pas important non plus, les contribuables payeront ! Mais dans le cas de Roland Garros, le scandale financier se double d'un déni de démocratie locale. 

La mairie de Paris a annoncé mercredi qu'un avis favorable au projet de rénovation et d'extension du site de Roland-Garros a été rendu par le commissaire enquêteur chargé de l'enquête publique. (3) Et "La construction d'un nouveau court semi-enterré de 5 000 places à la place d'une partie des serres du jardin d'Auteuil ne va pas, selon le commissaire enquêteur Marie-Claire Eustache, «impacter pas l'ordonnancement du jardin à la française des serres historiques inscrites de Formigé», et les «serres chaudes et techniques» qu'il viendra remplacer n'avait qu'une «fonction de support» par rapport aux serres principales."

Source : le Figaro


Quel est le problème fondamental de Roland Garros ? C'est avant tout le manque de place. 
Quiconque s'est rendu dans le stade de Roland Garros durant la première semaine de la quinzaine de mai a effectivement constaté que si le site avait un charme rétro indéniable, la circulation des visiteurs étaient rendue malaisée par le nombre de gens présents. Or, même après des travaux qui aboutiront à une destruction d'une partie des Serres d'Auteuil, Roland Garros restera trop petit par rapport à ses concurrents.

D'autre part, Roland Garros est aussi un problème financier (de coût d'opportunité) pour les contribuables parisiens. La FFT, elle n'est pas stupide. Elle a constaté que la Mairie de Paris était prête à tout pour conserver le tournoi de Roland Garros ...à Roland Garros. Donc, elle a négocié en connaissance de cause (4). Cela a donné le fait que, comme le souligne un rapport de l'inspection générale des services de la Ville de Paris, le niveau de la redevance acquittée par la FTT est "très clairement anormalement bas". Pour les grandes concessions, la ville de Paris a retenu une redevance égale à 15% du chiffre d'affaires hors taxes. L'audit note que la redevance payée par la FFT pour Roland-Garros "représente seulement 1,24% du chiffre d'affaires réalisé sur le site (5).

Autrement dit, parce que la Mairie de Paris est incapable de penser en dehors du cadre, on va accepter le fait que les écoliers du quartier d'Auteuil, les promeneurs et les botanistes amateurs soient privés d'un espace précieux, tout cela pour que, durant 15 jours par an, un tournoi sportif puisse avoir lieu, et ce en dépit de l'opposition clairement affichée des habitants du quartier, contre le consensus UMP-PS Delanoe-Hidalgo-Goasguen (Enfin, pour Goasguen, on ne sait pas exactement) (6).

Ici encore, comme pour l'affaire de la Tour Triangle (7), Anne Hidalgo a un problème de majorité. Les écolos parisiens sont contre l'extension de Roland Garros au détriment des Serres d'Auteuil, ainsi que les élus du Modem qui ont choisi de collaborer avec la majorité socialiste.

Mais, penser en dehors du cadre, ça aurait pu donner quoi ?

Il y avait tout d'abord la solution de la couverture de la A13 (8), proposée depuis des années, y compris par le Modem. L'espace dégagé aurait pu servir à étendre le tournoi, sans empiéter ni sur les Serres d'Auteuil, ni sur le Bois de Boulogne. Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo n'en n'ont pas voulu, sans doute parce que le coût de l'opération aurait sans doute impliquer le fait de passer la main au secteur privé entièrement.
Source : le Versaillais

Il y avait ensuite la solution du déménagement de Roland Garros, ailleurs en région parisienne. Plusieurs villes s'étaient portées candidates, notamment Marne la Vallée Disneyland, Gonesse ou Versailles. Mais la encore, les élites médiatiques et politiciennes ont sans doute trouvé inacceptable l'idée d'aller en banlieue pour suivre le tournoi, fût-ce Versailles, alors que Flushing Meadows ou Wimbledon sont pourtant très éloignés du centre de New York et Londres. C'est quand même comique qu'on nous sort des concepts comme technocratique "le Grand Paris" mais que les politiciens et leurs administrations soient incapables d'y mettre du contenu. Les touristes, quand ils viennent à Paris, ils vont aussi à Versailles ou à Marne la Vallée Idem pour les franciliens qui travaillent rarement dans la commune où ils résident, à part évidemment les bobos du XIe qui vont au travail à vélo. Alors pourquoi Anne Hidalgo ne pourrait-elle pas autour d'une table la FFT et les édiles de Versailles pour commencer à négocier un déménagement ?

Roland Garros ne sera ni Sivens ni Notre Dame des Landes. Mais le bon sens voudrait que l'on respecte l'opinion des habitants concernés, sans même parler de la folle idée de prendre des décisions intelligentes, qui respectent l'argent des contribuables aussi bien que le patrimoine ? Comme sur d'autres dossiers locaux parisiens d'aménagement, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a le choix : organiser une démocratie du porte à porte, au niveau local (9) et organiser des référendums sur ce type de sujets, plutôt que sur l'implantation de tipis pour enfants sur les berges de Seine à 30 000 euros l'unité, ou alors voir son action embourbée et lestée par les contingences de la litanie des recours en justice.
A voir la satisfaction de la Mairie de Paris et l'opinion des amis des Serres d'Auteuil, la deuxième option semble se prolonger.







(2)  Le Figaro Le coût du chantier des Halles dérape 21 juillet 2014

dimanche 27 avril 2014

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin avril 2014 ?



Le Musée Guimet propose un voyage à travers 5000 ans de création en Chine


 Le Musée National de la Marine retrace l'histoire du voyage de l'obélisque de la Concorde



Le Musée de l'Homme est toujours fermé jusqu'en 2015 



 La Cité de l'Architecture propose de revisiter l'impact de la Seconde Guerre Mondial sur l’environnement bâti, en révélant les développements oubliés de l’architecture durant ces années.









Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris fait découvrir Raymond Mason 










Le Musée du Quai Branly propose un voyage chez les (amér)Indiens des plaines.








Le Mona Bismarck Museum propose de s'intéresser à Alex Ross, un peintre inspiré par les "super héros"








Le musée Galliera, qui a réouvert, propose "L’exposition Papier glacé, un siècle de photographie de mode chez Condé Nast"

samedi 22 mars 2014

#MUN75000 et les autres municipales : pour l'alternance, je vote quoi ?

Dimanche, on vote. Vous connaissez l'histoire. Des gens vous ont présenté un programme, à nous de choisir.

A Paris, il y a deux gestes à effectuer :

  • éliminer Hidalgo (électoralement parlant, comprenons-nous bien ;-)
  • voter pour un bon futur maire et une bonne équipe municipale

Le premier, c'est facile. Dans les 20 arrondissements de la capitale, il y a au moins 6 listes : le Front de Gauche (extrême gauche), les listes PS d'Anne  Hidalgo, les écolos, l'UMP, Paris Libéré de Charles Beigbeider et le front National (extrême droite). Pour éliminer Hidalgo, il suffit de ne pas glisser de bulletin PS dans les urnes.
Pourquoi ? Parce qu'Anne Hidalgo n'est pas une candidate neuve. Cette retraitée de 54 ans est au pouvoir depuis 13 ans. Et qu'a t-elle fait, à part sécher les conseils municipaux du XVeme ou toucher ses primes du conseil régional Ile de France ? Valider l'achat de bus au diesel tout en disant lutter contre le diesel ? Acheter des logements à des prix fous pour les transformer en HLM ? Rendre dangereuse les traversées des boulevards Magenta, Montparnasse ou Hopital ? Batir un tram qui coute une fortune tout en faisant moins bien que le PC ? Oui, il serait temps d'en finir.

Reste le 2eme geste : voter pour un bon futur maire et une bonne équipe municipale. Evidemment, les listes de Charles Beigbeider devraient avoir notre préférence, dans l'absolu et dans les 20 arrondissements. Mais ce n'est pas si simple. Localement, des gens implantés et de qualité peuvent faire mieux que le candidat Paris Libéré et, surtout, sortir le candidat socialiste.
Exemple concret : dans le 75002, votez Hélène Delsol et Aurélien Véron, évidemment, une équipe à l'écoute du 2eme arr depuis 6 ans. En plus, la façon dont NKM a viré sa tête de liste à 3 semaines du 1er tour est tout simplement hallucinante.

N'oublions pas : nous votons indirectement pour le maire, élu par les conseillers municipaux, mais directement pour ces derniers. Il est important que, y compris dans un océan d'étatistes de gauche et de droite, il y ait des conseillers municipaux libéraux. 

Bonne chance, donc, à ce qui pourrait ressembler à une dream team pour Paris

Et les arrondissement manquants, direz-vous ?   Soit il n'y a personne de vraiment convainquant et dans ce cas votons pour le moins pire, soit deux listes de qualité et aux valeurs proches ont réussi à s'affronter (Geneviève Bertrand et Dominique Baud dans  le 75006 ..., Aurane Reihanian et Benoit Meyruey dans le 75013 par exemple). Après les municipales, il faudra vraiment que tout ce monde se parle, pour enfin former une alternative au socialisme de gauche comme de droite ... 

Alors, bon choix et bon vote !


NB : n'oublions pas nos amis en banlieue, tels que

lundi 14 octobre 2013

Le village de Rroms que Ian Brossat (communiste) veut installer dans le XVIe ?

Il parait qu'un élu communiste parisien veut installer un village de Roms dans le XVIeme arrondissement de la capitale. C'est dans le Point (1) et voici les arguments :


  • L'effort de solidarité doit être mieux partagé". Il n'y a "pas de raison que les seules communes de Seine-Saint-Denis soient concernées.
  • Le XVIeme est l'un des plus grand arrondissements parisiens
  • C'est un des arrondissements parisiens les moins densément peuplés de Paris
  • L'UMP bloquent depuis des années l'installation d'une aire pour les gens de voyage dans le Bois de Boulogne jouxtant le 16e

Est-ce que ces arguments tiennent la route ? Non.

Déjà, de quel effort de solidarité Ian Brossat parle t-il ? Chaque parisien, et même au delà chaque francilien fait un effort énorme pour habiter à Paris, en payant des loyers élevés (2), librement. Qui est solidaire de ces parisiens ? Personne, évidemment et heureusement, en dehors du regrettable cas particulier des HLM, à privatiser immédiatement (3).
Si des gens, qu'ils soient Rroms, ou élus UMP de l'Essonne, ou leaders de la Manif Pour Tous, ou martiens, veulent habiter à Paris, ils n'ont qu'une seule chose à faire :  s'inscrire aux alertes email de seloger.com et concurrents, et être prêts à payer le prix de marché de leur logement, ou chercher ailleurs.

D'autre part, Ian Brossat connait-il la géographie parisienne ? En quoi la surface est-elle un indice quelconque d'habitabilité ? Le XVIeme arr est à plus de 50% occupé par le Bois de Boulogne (4). est-ce que Ian Brossat est en train de nous dire qu'il va revenir sur 12 ans de politique socialo-communiste qui, "curieusement", a principalement consisté à creuser le sillon du capitalisme de connivence (5), exact inverse du libéralisme (6) ? Sous Anne Hidalgo, Bernard Arnault a réussi à obtenir des permis de construire au Jardin d'Acclimatation pour le musée de la fondation LVMH et Arnaud Lagardere a obtenu le club privé du Pré Catelan. Donc si Ian Brossat, communiste, veut revenir sur les décisions de privatisation du Bois de Boulogne prises par Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo, ou encore détruire ce qui est prévu de rester des Serres d'Auteuil, qu'il le dise. Autrement, le XVIeme est relativement construit et néanmoins plus petit que le XVeme arrondissement.

Qui plus est, quand on exclue les Bois de Vincennes et Boulogne (qui, certes, sont habités par des SDF), la densité de population est moyenne dans le XVIe, et bien plus faible dans le 1er, le 2eme, le 4eme, le 7eme et le 8eme. Donc si l'argument c'est de dire qu'il faut densifier la où il y a du terrain non bati, alors Ian Brossat devrait directement proposer au Président Hollande de mettre un village Rrom au milieu du jardin de l'Elysée, ou à Jean-Luc Martinez d'étudier la question de structures d'accueil entre la Pyramide du Louvre et le jardin des Tuileries. 

Enfin, on ne peut pas relier le problème de l'aire pour les gens de voyage dans le Bois de Boulogne à la question d'un village d'insertion de Rroms dans Paris, puisque non seulement ce projet est en zone inondable, mais en plus une opposition similaire est constatée à l'est, dans le Bois de Vincennes (7). 

Ajoutons que les arguments du Point sur le caractère chic du XVIe sont un peu surfaits. 

D'après l'APUR (8), les plus forts revenus moyens par foyer fiscal se situent dans le VIIeme et non pas dans le XVIe. 
Quand au prix du mètre carré, il est plus élevé dans les arrondissements de 1 à 8, selon la Chambre des Notaires (9).


Le XVIeme a son identité, comme d'autres arrondissements, ni plus ni moins.

Toutefois, cette polémique sur le XVIeme a une vertu : attirer l'attention sur Anne Hidalgo et sur Ian Brossat. En effet, pourquoi cet adjoint communiste peut-il proposer l'installation d'un village Rroms dans le XVIe ?

C'est possible du fait de trois raisons


  • Le poids des maires dans le choix de la constructibilité des terrains, une source d'alimentation de la bulle immobilière
  • l'existence d'une alliance entre la gauche socialiste et l’extrême gauche communiste, depuis 2001 (une réalité amais dénoncée par la presse qui préfère fantasmer sur une alliance potentielle entre FN et UMP, pour le moment jamais observée)
  • l'absence de dénonciation de l’extrémisme de l'idée même de communisme, qui a généré 100 millions de morts. Cette idée, morte en 1989 avec la Chute du Mur de Berlin, un type comme Ian Brossat peut encore se permettre de s'en réclamer, extraordinairement. 

En attendant que la presse dénonce donc à la fois le profil de Ian Brossat, extrémiste de gauche qui s'allie au PS contre la volonté, par ailleurs, d'une partie du Front de Gauche, et qu'elle démonte ce projet de village Rroms dans le XVIeme (et l'interventionnisme public de manière plus globale), saluons le travail des acteurs de  terrains qui, eux, mettent en oeuvre de vraies solidarités réelles et volontaires. On peut penser à la Croix Rouge (10) ou au Secours Catholique, par exemple.


Edit : allez voir ce blog http://villagedinsertion.blogspot.fr qui donne un point de vue complètement différent sur les "villages d'insertion". http://villagedinsertion.blogspot.fr dénonce leur caractère raciste et néo colonialiste.




(1) Le Point : Paris : Ian Brossat veut un village de Roms dans le 16e

(2) Le Figaro : Logement étudiant: un studio de 20m² à Paris vaut un 50m² à Lyon

(3) LPL - Le Parisien Libéral : Affaire #FrigideBarjot & le scandale des HLM parisiens : tous les vendre, au prix du marché.

(4) Wikipedia : les arrondissements de Paris

(5) capitalisme de connivence , définition de Wikilibéral

(6) Contrepoints - Une France bloquée par le capitalisme de connivence 

(7) le Figaro : Vincennes : fronde contre l'aire des gens du voyage
(8) Apur.org

(9) Metro - Immobilier, le repli se poursuit à Paris

(10) la Nouvelle République - la Croix Rouge mandatée auprès des Roms




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