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vendredi 11 mars 2016

Le boucher de la rue de Meaux (75019) ou l'injustice de l'Etat "providence".

Un des grands arguments des étatistes de gauche comme de droite, pour défendre l'interventionnisme d'état, les impôts élevés, le rôle écrasant du service public étatisé et fonctionnarisé, la Sécurité Sociale monopolistique obligatoire ainsi que de manière générale l'état providence, c'est que, en France, personne n'est "laissé sur le bord de la route".

N'avez-vous jamais entendu des phrases du type "en France, on ne demande pas la carte Visa Gold pour se soigner, contrairement aux Etats Unis" ou "On est contre le chacun pour soi, on est pas des anglais" ou encore "Si tu aimes tant la Somalie ou le Bangladesh, pourquoi tu ne vas pas y vivre ?"

Vous aurez beau dire que, non seulement notre modèle social est payé à crédit (car déficitaire) donc non viable, ou que un français sur trois ne se soigne plus, faute d'argent, ou que bien que les HLM existent, le mal logement voire le non logement (SDF) est très répandu, bref, que le modèle social est réservé aux gens bien connectés (cadres moyens de la fonction publique, militants associatifs, diplômés du supérieur, PDG du CAC 40, chefs d'états étrangers, membres de partis politiques de gauche, syndicalistes, intellocrates) mais demeure une fiction pour les outsiders (pauvres, femmes, immigrés, retraités pauvres, jeunes sans qualification, auto entrepreneurs), il y a des chances pour que votre interlocuteur ne vous croit pas, et reste accroché à l'idée qu'en France, c'est vraiment une chance que de bénéficier du "filet de protection de l'Etat". 

Pourtant, l'histoire du boucher de la Rue de Meaux (1) , dans le XIXeme arrondissement de Paris, montre à quel point le modèle social français est injuste et non protecteur. Le modèle social français, c'est des gens qui paient, d'autres qui bénéficient, rien de plus. 
La rue de Meaux, vous connaissez. Elle est devenue tristement célèbre suite à la tuerie de Charlie Hebdo (1). Mais ici, il ne s'agit pas de terrorisme, mais de défaillance de l'Etat qui dit nous protéger. 
Jérôme Hallain, 33 ans, avait ouvert une boucherie artisanale dans la rue de Meaux (XIXe) à la mi-2012 et avait rapidement recruté deux employés (2). Il est typiquement le genre d'employeur que Hollande et la gauche devraient applaudir et célébrer.
Seulement, ce jeune chef d'entreprise a eu un problème de santé : après un diagnostic de cancer, il a souffert d'une tumeur germinale métastatique grave qui l'a empêchent de travailler. Il a du procéder licenciement des employés de la boucherie, fermer son commerce fin 2013, et les dettes et les impayés de loyer se sont accumulés.

Aujourd'hui, l'ancien entrepreneur va se faire expulser de son logement. L’artisan, qui n’avait pas répondu à une convocation du commissariat concernant le conflit pour loyers impayés qui l'oppose à sa propriétaire (il était hospitalisé le jour du rendez-vous), a reçu un courrier lui annonçant qu’il pourrait être chassé à la fin de la trêve hivernale. 

Est-ce que notre ancien entrepreneur, qui a donc crée des emplois, et généré des cotisations sociales, a droit à une aide ou à un HLM pour pouvoir continuer à habiter quelque part ? Non. 
Ce que la mairie de Paris lui propose, c'est de contacter les foyers de SDF pour voir s'ils n'auraient pas une place pour lui 

Si on admet l'idée qu'il est juste que la collectivité aide les gens en difficulté à se loger (idée contestable) et que chacun paie, par le biais du financement du système social pour cela, ne peut-on pas considérer que Jérome Hallain semble correspondre aux critères, en tout cas bien plus que Juppé et fils, Chevenement, le directeur général de la Fédération Française de Tennis, les cadres sups de Paris Habitat, les élus les Républicains du XVeme arr comme Louise Agathe Charpentier (4) ou les collaborateurs PS du XIIIeme ? 

Il ne faut surtout pas croire que nous sommes égaux, en Socialie, quand viendra le temps des difficultés. Et ce n'est même pas une question d'argent, mais avant tout une question de connections. Pour se soigner, il vaut mieux connaitre un grand ponte de la médecine. Pour se loger, avoir un contact chez les sénateurs maires. 
Voila pourquoi la privatisation du social est juste. D'une part, un système assuranciel privé, régulé par le marché, est plus juste qu'un système public opaque où chacun est forcé de cotiser, à perte. 
D'autre part, face à la faillite de l'Etat providence, qui, malgré tout, continue à spolier prélever, la meilleure protection est double : c'est la possession d'actifs réels, si possible hors de France, si il vous reste des économies après tous les prélèvements obligatoires, mais c'est aussi, évidemment les solidarités réelles, comme tous ces parisiens qui veulent se mobiliser pour aider le boucher de la rue de Meaux. 

Sur le plan politique, la proposition du député les Républicains Hervé Mariton, privatiser les HLM, prend tout son sens.





(3) Libération Ces locataires de HLM qui font scandale 21 décembre 2007
(3) Municipales 2014 à Paris Ces élus du XVe arrondissement logés dans le parc social 9 avril 2015

jeudi 20 février 2014

Moins d'Etat, plus de solidarité

Alerte enlèvement ! Le bon sens a de nouveau été pris en otage, au sein du palais Bourbon !


Un peu plus tôt dans la journée, c'était Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique (mais aussi de  la réforme de l'État et de la décentralisation ...), qui se lançait dans une apologie du service public venu en aide aux sinistrés en Bretagne et aux victimes des intempéries.

Le message est donc clair : pour le PS, pas de solidarité face aux dégâts que provoquent les éléments naturels, si l'Etat n'est pas présent.

Ce faisant, le PS oublie deux choses.

D'une part, les catastrophes naturelles existent, et toute la mobilisation de l'Etat n'y changera rien, et, d'autre part, c'est aussi à chacun d'entre nous, à son niveau et avec ses possibilités, de tenter de se prémunir au mieux contre les risques.

Ajoutons un troisième point, évident, celui du ras le bol fiscal, point négligeable sans doute pour des gens comme ce député socialiste qui voit la moitié de son revenu non fiscalisée, grâce à son indemnité représentative de frais de mandat. Et si par magie, on devait taxer les SMS, rappelons que les députés bénéficient également d’un forfait annuel de communication permettant de prendre en charge les frais relatifs à cinq lignes mobiles (abonnements téléphoniques et abonnements tablette) et aux installations de téléphonie fixe et internet dans leur permanence en circonscription (source Assemblée Nationale).

Mais alors, si on invente pas une nouvelle taxe, comment on protège les victimes de catastrophes naturelles ?
Il y a plusieurs pistes, à commencer par la prise de conscience.
Quand on vit près du lit d'une rivière, il y a des opportunités, mais aussi des risques. Celui de débordement n'est jamais à zero, que ce soit au bord de la Laïta ou au bord de la Seine.
Nos amis Bretons savent bien que les crues à Quimperlé ne datent pas de 2014. Quel travail effectif de protection des biens a été fait depuis 1995 ? Ont-ils voté pour des élus à l'écoute des anciens qui savent, eux, où sont les zones à éviter et les terrains surs ? Ont-il écouté la nature et adapté les POS ou leur propre habitat en conséquence ?

La seconde piste est celle de la self preparedness. Les preppers sont souvent moqués dans les médias, cf cet article du Monde Diplomatique ou celui de La Vie, mais, au delà des lubbies type préparation à la fin du monde, n'est-il pas important que chacun sache quoi faire en cas, non pas d'invasion d'extra terrestres, mais d'inondations et autres catastrophes naturelles ? Les survivalistes, comme ils se surnomment, qu'il s'agisse de Volwest ou Piero San Giorgo, ont ceci d'intéressants qu'ils savent que c'est avant que la catastrophe ne survienne qu'il convient d'acheter des bottes en caoutchouc, des bougies et des sessions de formation au secourisme. Puisque les catastrophes sont inévitables, pourquoi ne pas, en effet, s'y préparer, sachant que les secours ne pourront pas immédiatement atteindre tout le monde ? 

Bref, on le voit, il y a d'autres pistes que de taxer encore plus le téléphone qui, outre la TVA, supporte déjà la contribution environnementale et la taxe sur la copie privée.

jeudi 12 décembre 2013

Pour les fêtes de Noël, aidez les bénévoles de la @CroixRouge à porter secours aux plus démunis

croix-rouge française

Pour les fêtes de Noël, aidez nos bénévoles à porter secours aux plus démunis
temoignage

Pour venir en aide aux milliers de personnes qui vivent dans la plus grande
précarité, la Croix-Rouge française lance un appel à la générosité
 pour les fêtes de Noël.
Nous avons besoin du soutien de tous : du dévouement sans relâche de nos 54 000 bénévoles mais surtout de votre soutien pour leur donner les moyens d'agir. Concrètement :

  • Avec 80 euros, vous offrez 80 repas chauds à des personnes sans abri.
  • Avec 100 euros, vous permettez l'achat de 300 couvertures de survie isothermes pour protéger les personnes qui vivent dans la rue du froid venant du sol.

    De plus, faites votre don avant le 31 décembre 2013, 75% du montant de votre don est déductible de vos impôts
  • Un don de 80 euros ne vous coûtera que 20€ après déduction fiscale.
JE FAIS UN DON MAINTENANT



mardi 29 octobre 2013

Bon anniversaire au Comité International de la Croix-Rouge !

Il y a 150 ans, le 29 octobre 1863, Henry DUNANT crée la Croix-Rouge internationale. Un très bel anniversaire au Comité International de la Croix-Rouge (#CICR) !


lundi 14 octobre 2013

Le village de Rroms que Ian Brossat (communiste) veut installer dans le XVIe ?

Il parait qu'un élu communiste parisien veut installer un village de Roms dans le XVIeme arrondissement de la capitale. C'est dans le Point (1) et voici les arguments :


  • L'effort de solidarité doit être mieux partagé". Il n'y a "pas de raison que les seules communes de Seine-Saint-Denis soient concernées.
  • Le XVIeme est l'un des plus grand arrondissements parisiens
  • C'est un des arrondissements parisiens les moins densément peuplés de Paris
  • L'UMP bloquent depuis des années l'installation d'une aire pour les gens de voyage dans le Bois de Boulogne jouxtant le 16e

Est-ce que ces arguments tiennent la route ? Non.

Déjà, de quel effort de solidarité Ian Brossat parle t-il ? Chaque parisien, et même au delà chaque francilien fait un effort énorme pour habiter à Paris, en payant des loyers élevés (2), librement. Qui est solidaire de ces parisiens ? Personne, évidemment et heureusement, en dehors du regrettable cas particulier des HLM, à privatiser immédiatement (3).
Si des gens, qu'ils soient Rroms, ou élus UMP de l'Essonne, ou leaders de la Manif Pour Tous, ou martiens, veulent habiter à Paris, ils n'ont qu'une seule chose à faire :  s'inscrire aux alertes email de seloger.com et concurrents, et être prêts à payer le prix de marché de leur logement, ou chercher ailleurs.

D'autre part, Ian Brossat connait-il la géographie parisienne ? En quoi la surface est-elle un indice quelconque d'habitabilité ? Le XVIeme arr est à plus de 50% occupé par le Bois de Boulogne (4). est-ce que Ian Brossat est en train de nous dire qu'il va revenir sur 12 ans de politique socialo-communiste qui, "curieusement", a principalement consisté à creuser le sillon du capitalisme de connivence (5), exact inverse du libéralisme (6) ? Sous Anne Hidalgo, Bernard Arnault a réussi à obtenir des permis de construire au Jardin d'Acclimatation pour le musée de la fondation LVMH et Arnaud Lagardere a obtenu le club privé du Pré Catelan. Donc si Ian Brossat, communiste, veut revenir sur les décisions de privatisation du Bois de Boulogne prises par Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo, ou encore détruire ce qui est prévu de rester des Serres d'Auteuil, qu'il le dise. Autrement, le XVIeme est relativement construit et néanmoins plus petit que le XVeme arrondissement.

Qui plus est, quand on exclue les Bois de Vincennes et Boulogne (qui, certes, sont habités par des SDF), la densité de population est moyenne dans le XVIe, et bien plus faible dans le 1er, le 2eme, le 4eme, le 7eme et le 8eme. Donc si l'argument c'est de dire qu'il faut densifier la où il y a du terrain non bati, alors Ian Brossat devrait directement proposer au Président Hollande de mettre un village Rrom au milieu du jardin de l'Elysée, ou à Jean-Luc Martinez d'étudier la question de structures d'accueil entre la Pyramide du Louvre et le jardin des Tuileries. 

Enfin, on ne peut pas relier le problème de l'aire pour les gens de voyage dans le Bois de Boulogne à la question d'un village d'insertion de Rroms dans Paris, puisque non seulement ce projet est en zone inondable, mais en plus une opposition similaire est constatée à l'est, dans le Bois de Vincennes (7). 

Ajoutons que les arguments du Point sur le caractère chic du XVIe sont un peu surfaits. 

D'après l'APUR (8), les plus forts revenus moyens par foyer fiscal se situent dans le VIIeme et non pas dans le XVIe. 
Quand au prix du mètre carré, il est plus élevé dans les arrondissements de 1 à 8, selon la Chambre des Notaires (9).


Le XVIeme a son identité, comme d'autres arrondissements, ni plus ni moins.

Toutefois, cette polémique sur le XVIeme a une vertu : attirer l'attention sur Anne Hidalgo et sur Ian Brossat. En effet, pourquoi cet adjoint communiste peut-il proposer l'installation d'un village Rroms dans le XVIe ?

C'est possible du fait de trois raisons


  • Le poids des maires dans le choix de la constructibilité des terrains, une source d'alimentation de la bulle immobilière
  • l'existence d'une alliance entre la gauche socialiste et l’extrême gauche communiste, depuis 2001 (une réalité amais dénoncée par la presse qui préfère fantasmer sur une alliance potentielle entre FN et UMP, pour le moment jamais observée)
  • l'absence de dénonciation de l’extrémisme de l'idée même de communisme, qui a généré 100 millions de morts. Cette idée, morte en 1989 avec la Chute du Mur de Berlin, un type comme Ian Brossat peut encore se permettre de s'en réclamer, extraordinairement. 

En attendant que la presse dénonce donc à la fois le profil de Ian Brossat, extrémiste de gauche qui s'allie au PS contre la volonté, par ailleurs, d'une partie du Front de Gauche, et qu'elle démonte ce projet de village Rroms dans le XVIeme (et l'interventionnisme public de manière plus globale), saluons le travail des acteurs de  terrains qui, eux, mettent en oeuvre de vraies solidarités réelles et volontaires. On peut penser à la Croix Rouge (10) ou au Secours Catholique, par exemple.


Edit : allez voir ce blog http://villagedinsertion.blogspot.fr qui donne un point de vue complètement différent sur les "villages d'insertion". http://villagedinsertion.blogspot.fr dénonce leur caractère raciste et néo colonialiste.




(1) Le Point : Paris : Ian Brossat veut un village de Roms dans le 16e

(2) Le Figaro : Logement étudiant: un studio de 20m² à Paris vaut un 50m² à Lyon

(3) LPL - Le Parisien Libéral : Affaire #FrigideBarjot & le scandale des HLM parisiens : tous les vendre, au prix du marché.

(4) Wikipedia : les arrondissements de Paris

(5) capitalisme de connivence , définition de Wikilibéral

(6) Contrepoints - Une France bloquée par le capitalisme de connivence 

(7) le Figaro : Vincennes : fronde contre l'aire des gens du voyage
(8) Apur.org

(9) Metro - Immobilier, le repli se poursuit à Paris

(10) la Nouvelle République - la Croix Rouge mandatée auprès des Roms




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