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lundi 27 avril 2015

Bientôt les fameux ponts de mai ? Profitez en pour lire !

Des auteurs libéraux, il y en a beaucoup, de toutes les périodes, de toutes les nationalités. Et tous ne sont pas recommandés quand on cherche à profiter de ses congés ;-).
D'autre donnent l'impression d'apprendre des choses, facilement. 

Quiconque lit la pétition des marchands de chandelle de Frédéric Bastiat ne peut qu'être frappé par le bon sens qui consiste à défendre la libre concurrence.

Mais peut être qu'un auteur décédé il y a 165 ans vous apparaît comme trop éloigné des réalités d'aujourd'hui, bien qu'encore une fois, en ce qui concerne Bastiat, le style est clair.

Alors, si on devait recommander deux auteurs, il y en a peut-être deux qui sortiraient du lot ces jours-ci : Daniel Tourre et Gaspard Koenig.



Daniel Tourré, il a fait un travail énorme, tant sur la forme que sur le fond, pour démonter les clichés sur le libéralisme et expliquer de quoi il en retourne en particulier



C'est simple, Pulp Liberalisme est un must read.

Quand à Gaspard Koenig, il ne ménage pas ses efforts, face aux caméras ou face à un ordi, pour rappeler que le libéralisme est d'autant plus une bonne option pour la France, notre pays, que nous en sommes à l'origine.



Gaspard Koenig a une liste impressionnante d'essais et de romans à son actif, et le dernier, le révolutionnaire, l'expert et le geek, promet d'être au niveau



Enfin, n'oublions pas le collectif la Main Invisible et "Libres ! 100 auteurs, 100 idées" (1 et 2).


Libres par caccomo

Vous trouverez des critique chez Contrepoints, les Libertariens, Cattalarchiste, Purengy ...


Bonnes lectures !

jeudi 16 avril 2015

Bac ES 2015 : les auteurs pour plomber votre copie de SES

Le Monde propose douze auteurs pour doper votre copie de SES du Bac ES 2015 ? 

Corrélativement, voici les auteurs pour plomber votre copie de SES et être sûrs de ne pas avoir la moyenne. 

Rassurez-vous, ils ne sont pas au programme !



Frédéric Bastiat : (30 juin 1801 - 24 décembre 1850) est un économiste libéral français. Économiste et pamphlétaire, élu député des Landes en 1848, il n'a de cesse de combattre le protectionnisme et le socialisme, et de promouvoir le libre-échange et les droits de l'individu. Il a été la figure centrale de l'école de ParisLa satire de Bastiat la plus célèbre (qui vise le protectionnisme) est sa pétition au Parlement français de la part des fabricants de chandelles [voir Bastiat.org], qui demandent à être protégés « de la compétition ruineuse d'un rival étranger » (qui s'avère finalement être le soleil !). Cette pétition s'achève par la demande d'une « loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, (...) par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons ». En matière économique, il insiste souvent sur la distinction entre ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas (on parlerait aujourd'hui des coûts cachés).
C'est bien simple : vous n'entendrez jamais parler de Bastiat au lycée,  à moins, évidemment, de surfer à droite à gauche sur cet Internet que les gentils députés veulent "réguler". 

Anne Robert Jacques Turgot (Paris 10 mai 1727– 18 mars 1781), homme politique et économiste français.
Il est surtout connu pour son action en tant que ministre sous le règne de Louis XVI.  Son premier acte est de soumettre au roi une déclaration de principes : pas de banqueroute, pas d'augmentation de la taxation, pas d'emprunt. La politique de Turgot, face à une situation financière désespérée, est de contraindre à de strictes économies dans tous les ministères. Toutes les dépenses doivent désormais être soumises pour approbation au contrôleur. Un certain nombre de sinécures sont supprimées, et leurs titulaires dédommagés. Les abus des « acquis au comptant » sont combattus, cependant que Turgot fait appel personnellement au roi contre le don généreux d'emplois et de pensions.
En quoi Turgot est-il d'actualité ? C'est bien simple. La France est en faillite. Comme dans les années 1780. La question est de savoir si le président Hollande sera un nouveau Louis XVI. 
Egalement publié sur Contrepoints


Ludwig von Mises (29 septembre 1881 — 10 octobre 1973) est le représentant le plus éminent de l'École autrichienne d'économie.
Sa théorie économique a un fondement réaliste plutôt que positivisteCritique de la macroéconomie traditionnelle, qui analyse des grandeurs statistiques, des agrégats et des moyennes, Mises souligne le rôle prépondérant de la subjectivité en économie. Il insiste sur l'importance des opinions subjectives des individus dans la formation des phénomènes sociaux, sur les déséquilibresqui en découlent, et sur le rôle central de l'entrepriseEn accord avec la théorie de l'utilité marginale décroissante, il définit la valeur comme le degré d'importance attribué par un sujet à une quantité donnée d'un bien, dans les circonstances du moment. En 1922, dans son Socialisme, il prédit la chute du communisme, et explique pourquoi tout système de planification centrale est non seulement moins efficace que le libre-marché, mais doit nécessairement finir par s'écrouler. Selon Mises, le marché produit un ordre spontané optimal qu'aucune organisation ou planification ne saurait atteindre. L'oeuvre de von Mises vise à réfuter le collectivisme et l'étatisme sous toutes leurs formes, tant modérées comme le keynésianisme, qu'anti-libérales : socialisme, communisme ou nazisme (il remarque à ce propos que le premier gouvernement européen a avoir appliqué presque toutes les mesures économiques d'urgence prônées par le Manifeste du Parti communiste est celui de Hitler). 


Friedrich Hayek, né Friedrich August von Hayek, (8 mai 1899 - 23 mars 1992) est un économiste et philosophe de l'école autrichienne, promoteur du capitalisme contre le socialisme ou toute forme d'étatisme trop entreprenante et qui ne respecterait pas la Rule of Law. Il a reçu le Prix Nobel d'économie en 1974 pour ses travaux sur la théorie de la conjoncture.  Il défend la notion d'ordre spontané et il a notamment écrit l'ouvrage à succès La Route de la servitude en 1945.
Hayek, c'est l'anti Keynes par excellence. 




Milton Friedman (31 juillet 1912 - 16 novembre 2006)

Professeur à l'université de Chicago de 1946 à 1976, il est aussi chercheur au National Bureau of Economic Research, président de l'American Economic Association et assesseur économique du président Nixon. Il est le cofondateur de la Société du Mont-Pèlerin sur l'invitation de Friedrich Hayek. Défenseur du libre marché, Friedman est le membre le plus éminent l'école de Chicago.  En 1976, il reçoit le Prix Nobel d'économie « pour ses résultats dans les domaines de l'analyse de la consommation, de l'histoire et de la théorie monétaire et pour sa démonstration de la complexité et la politique de stabilisation ». Milton Friedman a montré que les politiques de relance provoquent l'inflation : l’accroissement des dépenses publiques augmente pendant un temps les revenus, ce qui incite les agents économiques à consommer plus, mais les entreprises n’ont pas le temps d’ajuster l’offre à cette nouvelle demande, ce qui accroît le prix des biens. La relance provoque donc bien de l’inflation.

Pour creuser le sujet, une fois que vous aurez eu votre bac et que vous aurez obtenu des vacances bien méritées :  Wikiberal, Contrepoints, mais aussi les chroniques de Jean-Marc Daniel à 7h40 sur BFM Business. 

samedi 20 décembre 2014

Virer Zemmour, typiquement la fausse bonne idée

Alors le syndicat des journalistes a fini par avoir Zemmour ? Deux quotidiens, dans le rouge, alors qu'ils s'adressent aux CSP + de gauche, relaient un communiqué de la très controversée AFP (1).  Le Monde est heureux d'annoncer qu'i-Télé (groupe Canal +) met fin à sa collaboration avec Eric Zemmour (2), idem pour Libération (3). 



Et tout ça pour quoi ? 

Parce que Zemmour a déclaré dans une interview, non pas qu'il voulait déporter 5 millions de musulmans, mais qu'il ne les aime pas car  (4): 

- "Les musulmans ont leur code civil, c'est le Coran"
- "Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés de s'en aller"
- "ils ne "donnent pas à [leurs] enfants des prénoms français" (5) (6)
- "ils ne sont pas monogames, 
- "ils ne s’habillent pas à la française"
-" ils ne mangent pas à la française, du fromage par exemple" 
- "ils ne blaguent pas au café"
- "ils ne font pas la cour aux filles".

Bref, ils menaceraient un "mode de vie à la française".

Première question : est ce que les censeurs de Zemmour pensent sérieusement que le priver d'antenne d'iTélé (1% de part de marché dans le meilleur des cas, très loin derrière Next Radio TV (BFM TV (7), RMC ...) et surtout à des années lumières derrière la chaîne YouTube de Dieudonné) changera quoi que ce soit à son audience, lui qui vend son dernier essai, le suicide français, à un niveau record ? Est-ce que cela permettra au ministre des finances, Michel Sapin, pourtant Enarque et franc maçon (8) donc bien connecté et bien mainstream, de vendre plus de livres (9) ? 

Deuxième question : est ce que le fait que Zemmour, comme toute une partie de la communauté juive (10) (11), pense que les musulmans sont inassimilables et dangereux, disqualifie les questions posées, à commencer par celle de la concurrence des droits et valeurs ? Cela fait des années, et d'ailleurs saluons la continuité entre Sarkozy, Hortefeux, Valls, Cazeneuve et Hollande, que les autorités publiques françaises veulent "organiser un islam de France". Où est est ce projet ? Et est-ce que censurer Zemmour fera disparaître la récurrence des faits divers tels que celui concernant ce boulanger de Nice, accusé d'être un mauvais musulman car vendant des babas au rhum et des sandwiches jambon beurre (12) ? 

Troisième question : Zemmour, cela fait des années qu'il insulte les arabes (selon le point de vue des associations arabes anti racistes proches du Parti Socialiste). Pourquoi s'inquiéter maintenant ? Parce que ces mêmes arabes en ont assez d'être trompés par les socialistes et basculent progressivement vers le Front National ? 

En vérité, c'est assez drôle de voir que la sphère bien pensante critique Zemmour sur ce critère du racisme, alors qu'en réalité, l'essayiste n'est qu'une version ultra extrême de l'idéologie officielle française : l'assimilation. Que veut Zemmour ? Il rêve de musulmans qui seraient des français version Amélie Poulain. En effet, il y a un double présupposé dans les propos de Zemmour, à commencer par l'existence d'un mode de vie unique et unifié, à la française, dans lequel faire la rencontre de la bande d'amis, mixte, au café, autour d'un verre de vin et d'une assiette de charcuterie et de fromage, serait l'élément central. Eric Zemmour n'est pas le seul à trop regarder "Plus Belle la Vie". Durant des années, n'a t-on pas officiellement, par le biais de l'école notamment, dit aux immigrés qu'en étant en France, ils abandonnaient leur ancien mode de vie et leur ancienne culture ? L'erreur, c'est de croire que les marseillais, les alsaciens, les bretons, les parisiens ou les béarnais ont le même rapport à ces éléments anthropologiques du mode de vie français que sont le vin ou le fromage. Leur consommation est parfaitement régionalisée, et non pas unifiée sur le plan national. Alors, de quelle intégration à quelle culture française parlons nous ? 

Tiens, l'Alsace et la Champagne Ardennes ne sont pas le même pays !
Poke la réforme des régions

Le second pré supposé de Zemmour, c'est ce mélange gênant entre islam et arabité, le même amalgame essentialiste et raciste que le président Hollande effectue quand il parle de feu le soldat Abel Chennouf, en insultant sa mémoire. Non, tous les arabes ne sont pas musulmans et tous les musulmans ne sont pas arabes. Au contraire, les valeurs que l'on attribue à l'islamisme semblent de plus en pus véhiculées par des convertis récents dont l'histoire était éloignée de celle de l'islam. En fait, on constate que l'islam et ses pratiques culturelles ne sont plus interdites à ceux que les musulmans des banlieues eux-mêmes appellent "les français", c'est à dire les européens blancs. Est-ce le contrecoup du vide idéologique que le laïcisme induit ? 

Bref, Zemmour rêve d'une France unifiée, et il est critiqué pour cela. Les médias ont tort, car il vaudrait mieux un discours critique sur les contradictions de l'intégration et de l'assimilation pour analyser les échecs de ces politiques. 

Mais le plus étonnant est que Zemmour n'ait pas été critiqué auparavant pour une autre partie de son discours, qui est d'autant plus dangereuse que, pour le coup, elle fait consensus. Il s'agit de l’antilibéralisme économique d'Eric Zemmour, qui n'est jamais contredit par un seul journaliste (normal, ils sont d'accord avec lui, en bons socialistes) et dans lequel la plupart des politiciens d’extrême gauche, d’extrême droite, de l'UMP ou du PS se reconnaissent. 
Les libéraux ont commencé ce travail. Gaspard Koenig, le philosophe et militant du Parti Libéral Démocrate, a bien mis en valeur les problèmes du discours Zemmour lors d'un meeting à Londres début novembre 2014 (15). Le rejet du Thatcherisme, sur lequel Eric Zemmour appuie son discours, n'est-il pas largement partagé par les politiciens français de gauche comme de droite ? Manuel Valls rejette le Thatcherisme (16), comme Laurent Wauquiez, Marine le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Ils sont ,sur ce point, d'accord avec Eric Zemmour !
D'ailleurs, Gaspard Koenig l'explique bien : pour Zemmour, une partie du mal français s'explique par «la fin discrète du colbertisme» (17), et ce alors que le poids de l'Etat n'a jamais été aussi important ! 

C'est pourquoi, à l'instar de la vidéo produite par cet internaute, il serait bon qu'on se penche sur l'incapacité de Zemmour à penser la liberté et l'individu en monde ouvert, et qu'on réfute son étatisme. 




Aux propos de Zemmour, opposons des arguments ! Ce n'est pas en le virant d'iTélé que ses idées disparaîtront !
Il semble qu'il n'y ait que les libéraux pour penser que la liberté d'expression et le dialogue soient les meilleurs outils à opposer aux idées protectionnistes et réactionnaires de Zemmour ?


(3) Libération I-Télé met fin à sa collaboration avec Eric Zemmour 19 décembre 2014
(16) BFM TV Manuel Valls: "je ne veux pas d'un projet thatchérien" 14 octobre 2014
(17) Le Figaro Gaspard Koenig raconte son débat avec Eric Zemmour 7 novembre 2014

lundi 27 octobre 2014

Bonne nouvelle, @sylvianebulteau voulait juste "susciter le débat" ! (lol !)

Vous avez été très nombreux à lire "La députée socialiste @sylvianebulteau, vous connaissez ?" sur ce blog, sur Contrepoints ou sur Agoravox.

Rappelons la question au gouvernement, posée par Sylviane Bulteau, qui a généré tant de commentaires. 

Mme Sylviane Bulteau interroge M. le ministre des Finances et des comptes publics sur la concurrence que constituent certains sites d’annonces gratuites, notamment pour les professionnels de l’immobilier qui considèrent que celle-ci s’exerce de façon tout à fait déloyale, et même au détriment de l’État, en laissant s’installer un marché parallèle de l’immobilier. En effet, lorsqu’une transaction immobilière est réalisée par l’intermédiaire d’un professionnel, ce dernier pratique des honoraires qui sont assujettis à l’impôt (TVA). Ce qui n’est naturellement pas le cas dans le cadre d’un arrangement entre particuliers. Le principal site internet d’annonces gratuites en France, accessible sans inscription préalable, propose environ 260 000 annonces. Si l’on considère une somme moyenne de 6 000 euros HT sur ces transactions, à laquelle on applique 20% de TVA, on obtient 312 millions d’euros environ de manque à gagner pour l’État. La vente de particuliers à particuliers s’est donc indéniablement « professionnalisée » grâce aux nouvelles technologies. Aussi, elle lui demande quelle est la position du Gouvernement à ce sujet et s’il envisage de réglementer ces nouveaux usages.




Vous avez été nombreux à réagir, il n'y a qu'à voir les très nombreux commentaires sur Twitter.

Tout ceci a fini par interpeller la députée socialiste, ou, plus probablement, ses équipes, à commencer par Matthieu Boisdron (1), l'attaché parlementaire de Sylviane Bulteau (2). Cet ancien du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) (3) a l'air assez investi sur sa mission (4). Et que raconte t-il ? 
Ceci.
Attention, artillerie lourde juridique.

Madame, Monsieur,

Conformément à la réglementation en vigueur (Décret n° 2007-1527 du 24 octobre 2007 relatif au droit de réponse applicable aux services de communication au public en ligne et pris pour l'application du IV de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique), qui permet à toute personne, physique ou morale, "nommée ou désignée" dans un média de faire publier sa propre version des faits, nous vous demandons la publication sans délai de ce droit de réponse en tête de cette page internet hébergée par votre site :

http://leparisienliberal.blogspot.fr/2014/10/la-deputee-socialiste-sylvianebulteau.html

Une question que j'ai adressée au Gouvernement, relative à l'immobilier et à la vente de particulier à particulier, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. Voici quelques éléments de réponse que je tenais à apporter à ce sujet.

1°/ Sur la forme. Il s'agit d'une « Question au Gouvernement ». Cette procédure permet d'interpeller le ministre concerné par le sujet afin de connaître sa position ou celle du Gouvernement. Je le précise, car cela semble apparemment nécessaire, une « question au Gouvernement » n'est pas une proposition de loi. Elle n'appelle pas de décisions immédiates. Elle ouvre la porte à un débat et permet de faire « remonter » les préoccupations, les inquiétudes ou les interrogations qui viennent du « terrain », c'est-à-dire des particuliers, des professionnels ou des acteurs du secteur associatif. Oui, j'ai bien été sollicitée par un professionnel indépendant de ma circonscription qui est loin d'être un nanti ou le porte-voix d'un lobby. Ses inquiétudes sont-elles pour autant moins légitimes ?

2°/ En conséquence, et de façon plus générale, la très grande hostilité, voire la violence verbale parfois extrême, qu'a suscitée la publication de cette question démontre bien la sclérose actuelle du débat public. Est-il désormais impossible dans ce pays de susciter un débat ? Est-il désormais impossible de discuter d'une question, même sensible et complexe ? Avons-nous perdu toute capacité à nous parler sans nous lancer des anathèmes en pleine figure ?

3°/ Sur le fond, enfin, car c'est finalement le plus important. L'objet de cette question n'est pas de remettre en cause la vente de particuliers à particuliers. Il s'agit d'alerter sur les abus. Car oui, certains particuliers propriétaires de plusieurs logements, les louent ou les vendent uniquement via ces sites d'annonces. Des exemples de particuliers propriétaires d'appartements, organisés sous le régime de la SCI, qui louent via ces sites d'annonces et pratiquent illégalement des frais de dossier, il en existe désormais beaucoup dans les grandes agglomérations ou les zones touristiques. Ce faisant, ils agissent en agents immobiliers déguisés sans en subir les contraintes réglementaires ni en assumer les coûts. Internet a permis une "professionnalisation" de ces pratiques.

N'en déplaise, il y a donc en la matière un véritable sujet.

Merci de votre réponse.

Cordialement,

Le cabinet parlementaire
02 51 31 18 54



C'est là où ont voit à que point ces élus se moquent de nous. 

Déjà, Madame Bulteau semble prendre les citoyens pour des idiots, en écrivant "une « question au Gouvernement » n'est pas une proposition de loi.", comme si nous ne pouvions le remarquer. Ensuite, en bonne socialiste, Madame Bulteau excuse donc le lobbying de son contact par le fait qu'il ne soit pas un nanti. Qu'est ce qu'un nanti ? Mystère. Avec Hollande, on sait que les riches, c'est au dessus de 4000 euros par mois. Et avec Madame Bulteau ?

Sur le débat : Madame Bulteau regrette "la très grande hostilité, voire la violence verbale parfois extrême, qu'a suscitée la publication de cette question". Ici, il y a un amalgame entre l'hostilité exprimée par les citoyens et ce que Madame Bulteau prend pour de la violence. Mais ne comprend -elle pas que le principe même de son raisonnement, qui consiste quand même, rappelons le, à calculer un manque à gagner fiscal virtuel, sur une transaction qui aurait pu se faire par l'intermédiaire d'un professionnel, facturant des honoraires et donc collectant de la TVA, est de la violence ?

Madame Bulteau semble à ce point déconnectée de la réalité sociale de ce pays qu'elle n'a même pas réalisé que sa question met en lumière le fait que le monde idéal des socialistes est en réalité totalement marchandisé, étatisé, intermédié et fliqué, aux antipodes de ce que les socialistes disent d'eux-mêmes. Quand deux personnes échangent un bien immobilier, sans agent, ils sont de toutes façons soumis aux frais de notaires. Madame Bulteau voudrait par dessus qu'une commission, soumise à TVA, se greffe obligatoirement la dessus. Voilà ce que les internautes ont critiqué, rien de plus !

Et puis, si on pousse le raisonnement, faudra t-il taxer les jardiniers particuliers qui font concurrence aux maraîchers professionnels et font donc perdre de la TVA à l'Etat en dégustant leurs propres légumes ? 
Faudra t-il taxer les piétons et cyclistes qui font concurrence aux bus, métros et taxis,  et font donc perdre de la TVA à l'Etat ? 
Faudra t-il taxer les récupérateurs d'eau de pluie qui font concurrence à Véolia, Lyonnaise des Eaux et autres géants de l'eau, et  et font donc perdre de la TVA à l'Etat ? Ah, on souffle dans l'oreillette que ça, c'est déjà prévu !

Et comme l'écrivait si justement Frédéric Bastiat, faudra t-il un jour taxer le soleil qui fait une concurrence si déloyale aux chandelles ? 

Et que Madame Bulteau ne vienne pas nous parler de "pacte républicain autour de l'impot", et autre "redressement dans la justice". Non seulement elle fait partie des cumulards, mais en plus on ne l'a pas vu défendre l'amendement Courson sur la fiscalisation de l'IRFM, par exemple. On a d'ailleurs jamais entendu de sa part une proposition de diminution de la dépense publique. Au contraire, Madame Bulteau a voté le volet recettes du budget de Manuel Valls. 
N'ont-ils toujours pas compris la nature du ras le bol fiscal, qui, nouveauté, touche même à gauche ? 

Donc, n'en déplaise, les français veulent moins d'impots, moins de taxes, moins et mieux d'Etat, et non pas des députés qui veulent toujours plus de taxes !
En 2017, ou auparavant si Hollande décide de dissoudre, les français seront face à un choix clair : reconduire des gens comme Sylviane Bulteau, ou les renvoyer. On semble deviner de quel coté la balance va pencher ...



(1) Ouest France  Sylviane Bulteau commence sa journée par la lecture du courrier. Quelques mots échangés avec Matthieu Boisdron, son attaché parlementaire. 18 juin 2013
(2) Débarras, opinions et pensées en vrac un dénommé Matthieu B. (@Mtth85), portant comme description « Assistant parlementaire d’une députée socialiste #circo8502 27 mai 2013
(3) Les Jeunes Socialistes de Vendée Appel à la jeunesse - Matthieu Boisdron, animateur fédéral 6 janvier 2007
(4) Cache Google du site web de Sylviane Bulteau Permanences sur le canton Roche Sud 26 mars 2009 

vendredi 24 octobre 2014

La députée socialiste @sylvianebulteau, vous connaissez ?

Sylviane Bulteau, vous connaissez ? Non ? Vous devriez ! Sylviane Bulteau est députée de la Vendée, ainsi que Conseillère générale et première secrétaire fédérale du Parti Socialiste de Vendée. Elle est assez connectée, puisqu'elle dispose d'un blog, d'un compte Facebook et de Twitter. Vous direz, elle peut bien se payer tout ça, avec ce qu'elle gagne en tant que députée ! Vous auriez raison !

Mais pourquoi faudrait-il la connaitre ? A t-elle trouvé le moyen de permettre à Hollande de tenir sa promesse d'inversion de la courbe du chômage ? A t-elle coaché Valls et Cazeneuve pour faire baisser l'insécurité en France ? A t-elle convaincu Andrieux, Emmanueli, Thévenoud, Balkany, et autres de bien vouloir renoncer à leur siège à l'Assemblée Nationale ? A t-elle volontairement mis en oeuvre la promesse numéro 48 du candidat Hollande concernant le cumul des mandats ? 
Rien de tout ça, rassurez-vous ! 

Non, Sylviane Bulteau est juste, dans le cadre de sa mission de législateur et de contrôleur de l'action du gouvernement, à l'origine d'une question à Bercy totalement hallucinante. 
La Voici.

Mme Sylviane Bulteau interroge M. le ministre des finances et des comptes publics sur la concurrence que constituent certains sites d'annonces gratuites, notamment pour les professionnels de l'immobilier qui considèrent que celle-ci s'exerce de façon tout à fait déloyale, et même au détriment de l'État, en laissant s'installer un marché parallèle de l'immobilier. En effet, lorsqu'une transaction immobilière est réalisée par l'intermédiaire d'un professionnel, ce dernier pratique des honoraires qui sont assujettis à l'impôt (TVA). Ce qui n'est naturellement pas le cas dans le cadre d'un arrangement entre particuliers. Le principal site internet d'annonces gratuites en France, accessible sans inscription préalable, propose environ 260 000 annonces. Si l'on considère une somme moyenne de 6 000 euros HT sur ces transactions, à laquelle on applique 20 % de TVA, on obtient 312 millions d'euros environ de manque à gagner pour l'État. La vente de particuliers à particuliers s'est donc indéniablement « professionnalisée » grâce aux nouvelles technologies. Aussi, elle lui demande quelle est la position du Gouvernement à ce sujet et s'il envisage de réglementer ces nouveaux usages.



Cette question a été publiée au Journal Officiel, et on ne peut qu'en rester coi, bouche bée. 

Est-ce que vous avez lu ce que demande la députée socialiste ? Elle se plaint du fait que PAP ou Le Bon Coin 1. existent 2. "enlèvent du travail" aux agents immobiliers 3. induisent un préjudice pour l'Etat qui aurait dû toucher plus de taxes !


On rêve ! Mais non, c'est la vérité, Sylviane Bulteau est une vraie personne, pas juste un troll sur Internet chargée de caricaturer la gauche socialiste. C'est une vraie députée, payée avec des vrais impôts pour pondre des trucs pareils. 

On peut adopter deux postures : soit se dire que c'est n'importe quoi, et qu'en fait Sylviane Bulteau est payée par la FNAIM, Century 21 ou autre pour casser PAP, le Bon Coin et ces vilains citoyens qui commercent entre eux directement sur le net, les méchants ! Dans ce cas, ce serait un coup de lobbying à l'ancienne. Après tout, c'est de bonne guerre, Foncia (Banques Populaires), Arthur Optimist (Caisses d'Epargne), Square Habitat (Crédit Agricole) et autres ont l'oreille des politiciens, pourquoi n'en profiteraient-ils pas ? Cette hypothèse pourrait être limite, elle est donc très peu probable. 

Soit on se dit que Sylviane Bulteau croit en ce qu'elle raconte, et alors là, les implications idéologiques sous jacentes sont impressionnantes. Déjà, cela voudrait dire que, pour les gens comme Sylviane Bulteau, jamais les solutions décentralisées ne seront préférables.  Vous comprenez pourquoi, dans un monde capitaliste à défaut d'être également libéral, le Parti Socialiste et ses affidés (syndicats, Libération, etc ...) préfèrent, in fine, traiter avec les grandes entreprises, adorent la macro économie et se méfient des PME ? L'attachement au capitalisme de connivence et aux rentes de situations établies vient de là : le PS (mais aussi les socialistes de droite) ne veut pas tenir compte des individus, il veut des grandes masses (les consommateurs, les entreprises, l'Etat...) modélisables par Bercy. 

Ensuite, cela signifierait que dans le monde idéal de Sylviane Bulteau, l'Etat, c'est 100% du PIB, sauf exception, et non pas l'inverse. L'inverse, c'est évidemment, chacun agit de manière décentralisée, sauf si les citoyens s'accordent à financer en commun, par l’impôt, des services publics tels que l'armée, la diplomatie, la police et la justice. 

Les socialistes en sont là : traquer des "manques à gagner pour l'Etat". Un peu comme la personne qui vous explique que le gazole bénéficie d'un avantage, d'une détaxe, par rapport à l'essence, alors qu'il est en réalité juste un peu moins taxé. 

Ce qui est terrible, dans cette question au gouvernement, c'est qu'elle reflète le décalage entre les législateurs et la réalité. Voila une personne dont on aurait éventuellement pu se dire qu'elle était plus en phase avec la réalité que des gens d'une génération au dessus, type Juppé, Hollande ou Bayrou. Mais non. C'est le même aveuglement face aux conséquences positives de cette contestation de la verticalité, que le développement de l'Internet permet. 

Les agents immobiliers, voilà typiquement un métier de marché, dont la valeur ajoutée réside dans la qualité du conseil et de l'assistance au client. Si les gens préfèrent échanger directement plutôt que de passer par des agents immobiliers, peut être est ce parce qu'ils estiment que la qualité de leur aide,parfois, ne vaut pas les honoraires qu'ils facturent, ou qu'ils estiment pouvoir faire mieux pour moins cher ! (A leurs risques et périls, d'ailleurs, vu la complexification de l'acte d'achat rendue possible par la loi ALUR de Cécile Duflot). 

Sylviane Bulteau a juste oublié que la base taxable n'est plus une matière stable, inerte. le monde bouge, il change ! Ce qu'elle appelle marché parallèle de l'immobilier ne correspond même pas à une volonté de frauder. C'est juste le développement d'une nouvelle réponse à un besoin, celui de trouver des logements. Sylviane Bulteau et ses amis paniquent parce que le gouvernement a réussi à démontrer l'existence de la courbe de Laffer : trop impôts a tué l’impôt. Ils devraient aussi s'inquiéter du fait que leur logiciel a sérieusement besoin d'être mis à jour, afin d'intégrer les paramètres tels que : processus de destruction créatrice de Schumpeter et liberté de choix du consommateur, qui peut préférer les agences immobilières ou Internet. 
Ah oui mais alors, comment on finance le budget de l'Etat, répondront les socialistes ? Qu'ils commencent par regarder si, en ces temps de déficit, 4 guerres en cours sont bien raisonnables, ou bien si nous avons les moyens d'avoir autant de profs pour des résultats scolaires si catastrophiques. En cherchant bien, ils trouveront de quoi économiser. Ils n'ont qu'à commencer par le rapport de la Cour des Comptes. 

lundi 30 juin 2014

Anniversaire de Frédéric Bastiat (213 ans et toutes ses dents)


Rendez-vous le lundi 30 juin, à partir de 20 heures, au pub "The Bowler" Rue Frédéric Bastiat, à Paris. 

A 21h30, après avoir bu quelques verres, nous nous rassemblerons pour chanter très solennellement "Joyeux Anniversaire/Happy birthday to you" devant la plaque de la rue Frédéric Bastiat. 

Venez nombreux.


mercredi 12 mars 2014

Etudiants, relisez donc Frédéric Bastiat que #NKM remet à l'honneur dans sa campagne #Paris2014

Si ce n'est pas encore fait, lisez "Municipales : NKM propose la « gratuité » des transports pour les étudiants" sur Contrepoints, et ensuite Frédéric Bastiat.



Oui, il n'y a rien de gratuit, et si les étudiants parisiens ne paient pas leur Pass Navigo, alors ce sont d'autres personnes qui paieront, car les chauffeurs de la RATP ne travaillent pas gratuitement, les saoudiens ne livrent pas de pétrole pour rien et l'électricité du métro a un coût. 
Ceux qui paieront, ce sont les contribuables. Pas grave, direz-vous, ils ont les moyens de payer ? Oui, jusqu'à un certain point. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de contribuables riches, en fait. 

Fausse menace, que la fuite des contribuables, dirons certains qui pensent que Atlas Shrugged d'Ayn Rand n'est qu'une mauvaise fiction ? Pas si sûr. En 13 ans de gestion Delanoé-Hidalgo, la ville de Paris a perdu la plupart des sièges sociaux du CAC 40. Il n'en reste plus que 3. Certes, ces entreprises ne sont pas parties aux Bahamas, mais à la Défense ou à Saint Denis. Mais c'est autant de recettes fiscales en moins pour Paris. La prochaine étape, on la connait. Elle a commencé tout doucement, avec le transfert de quelques fonctions stratégiques d'un grand groupe pétrolier avec une énorme tour à la Défense, vers Londres, ou le départ du top management du numéro un français de l'équipement électrique vers Hong Kong. 

Oui, à court terme, il y a aura toujours des Xavier Niel et des Zlatan Ibrahimovic pour payer. Mais à moyen terme ? 

Etudiants, si vous n'avez pas les moyens d'étudier à Paris, ville parmi les plus chères au monde, notamment au niveau immobilier, étudiez les alternatives : 

En ce qui concerne l'élection municipale, évidemment il s'agit de voter pour le candidat le moins lolesque. NKM n'est pas la pire, à ce niveau. 


jeudi 22 août 2013

Il n'y a pas de principes absolus, par Frédéric Bastiat

Made in France ? Frédéric Bastiat a répondu à la question il y a plus d'un siècle.








  
"On ne peut trop s'étonner de la facilité avec laquelle les hommes se résignent à ignorer ce qu'il leur importe le plus de savoir, et l'on peut être sûr qu'ils sont décidés à s'endormir dans leur ignorance, une fois qu'ils en sont venus à proclamer cet axiome: Il n'y a pas de principes absolus. 

          Vous entrez dans l'enceinte législative. Il y est question de savoir si la loi interdira ou affranchira les échanges internationaux. Un député se lève et dit:

          Si vous tolérez ces échanges, l'étranger vous inondera de ses produits, l'Anglais de tissus, le Belge de houilles, l'Espagnol de laines, l'Italien de soies, le Suisse de bestiaux, le Suédois de fer, le Prussien de blé, en sorte qu'aucune industrie ne sera plus possible chez nous.

          Un autre répond:

          Si vous prohibez ces échanges, les bienfaits divers que la nature a prodigués à chaque climat seront, pour vous, comme s'ils n'étaient pas. Vous ne participerez pas à l'habileté mécanique des Anglais, à la richesse des mines belges, à la fertilité du sol polonais, à la fécondité des pâturages suisses, au bon marché du travail espagnol, à la chaleur du climat italien, et il vous faudra demander à une production rebelle ce que par l'échange vous eussiez obtenu d'une production facile.

Assurément, l'un de ces députés se trompe. Mais lequel? Il vaut pourtant la peine de s'en assurer, car il ne s'agit pas seulement d'opinions. Vous êtes en présence de deux routes, il faut choisir, et l'une mène nécessairement à lamisère. 

          Pour sortir d'embarras, on dit: Il n'y a point de principes absolus. 

          Cet axiome, si à la mode de nos jours, outre qu'il doit sourire à la paresse, convient aussi à l'ambition. 

          Si la théorie de la prohibition venait à prévaloir, ou bien si la doctrine de la liberté venait à triompher, une toute petite loi ferait tout notre code économique. Dans le premier cas, elle porterait: tout échange au dehors est interdit; dans le second: tout échange avec l'étranger est libre, et bien des gros personnages perdraient de leur importance. 

          Mais si l'échange n'a pas une nature qui lui soit propre, s'il n'est gouverné par aucune loi naturelle, s'il est capricieusement utile ou funeste, s'il ne trouve pas son aiguillon dans le bien qu'il fait, sa limite dans le bien qu'il cesse de faire, si ses effets ne peuvent être appréciés par ceux qui l'exécutent; en un mot, s'il n'y a pas de principes absolus, oh! alors il faut pondérer, équilibrer, réglementer les transactions, il faut égaliser les conditions du travail, chercher le niveau des profits, tâche colossale, bien propre à donner à ceux qui s'en chargent de gros traitements, et une haute influence. 

          En entrant dans Paris, que je suis venu visiter, je me disais: Il y a là un million d'êtres humains, qui mourraient tous en peu de jours si des approvisionnements de toute nature n'affluaient vers cette vaste métropole. L'imagination s'effraie quand elle veut apprécier l'immense multiplicité d'objets qui doivent entrer demain par ses barrières, sous peine que la vie de ses habitants ne s'éteigne dans les convulsions de la famine, de l'émeute et du pillage. Et cependant tous dorment en ce moment sans que leur paisible sommeil soit troublé un seul instant par l'idée d'une aussi effroyable perspective. D'un autre côté, quatre-vingts départements ont travaillé aujourd'hui, sans se concerter, sans s'entendre, à l'approvisionnement de Paris. 

          Comment chaque jour amène-t-il ce qu'il faut, rien de plus, rien de moins, sur ce gigantesque marché? Quelle est donc l'ingénieuse et secrète puissance qui préside à l'étonnante régularité de mouvements si compliqués, régularité en laquelle chacun a une foi si insouciante, quoiqu'il y aille du bien-être et de la vie? Cette puissance, c'est un principe absolu, le principe de la liberté des transactions. 

          Nous avons foi en cette lumière intime que la Providence a placée au cœur de tous les hommes, à qui elle a confié la conservation et l'amélioration indéfinie de notre espèce, l'intérêt, puisqu'il faut l'appeler par son nom, si actif, si vigilant, si prévoyant, quand il est libre dans son action. 

          Où en seriez-vous, habitants de Paris, si un ministre s'avisait de substituer à cette puissance les combinaisons de son génie, quelque supérieur qu'on le suppose? s'il imaginait de soumettre à sa direction suprême ce prodigieux mécanisme, d'en réunir tous les ressorts en ses mains, de décider par qui, où, comment, à quelles conditions chaque chose doit être produite, transportée, échangée et consommée? Oh! quoiqu'il y ait bien des souffrances dans votre enceinte, quoique la misère, le désespoir, et peut-être l'inanition, y fassent couler plus de larmes que votre ardente charité n'en peut sécher, il est probable, il est certain, j'ose le dire, que l'intervention arbitraire du gouvernement multiplierait à l'infini ces souffrances, et étendrait sur vous tous les maux qui ne frappent qu'un petit nombre de vos concitoyens. 

          Eh bien! cette foi que nous avons tous dans un principe, quand il s'agit de nos transactions intérieures, pourquoi ne l'aurions-nous pas, dans le même principe appliqué à nos transactions internationales, assurément moins nombreuses, moins délicates et moins compliquées? Et s'il n'est pas nécessaire que la préfecture de Paris réglemente nos industries, pondère nos chances, nos profits et nos pertes, se préoccupe de l'épuisement du numéraire, égalise les conditions de notre travail dans le commerce intérieur, pourquoi est-il nécessaire que la douane, sortant de sa mission fiscale, prétende exercer une action protectrice sur notre commerce extérieur(1)?"

1. V. au tome Ier, la 1ère lettre à M. de Lamartine et, au tome VI , le chap. I, des Harmonies économiques. (Note de l'éditeur de l'édition originale.)


Article originellement publié par le Québéquois Libre ici

Frédéric Bastiat

Frédéric Bastiat (30 juin 1801 - 24 décembre 1850) est un économiste français. Économiste et pamphlétaire, élu député des Landes en 1848, il n'a de cesse de combattre le protectionnisme et le socialisme, et de promouvoir le libre-échange et les droits de l'individu. Il a été la figure centrale de l'école de Paris. Écrivain au style direct, ses écrits (articles ou pamphlets) manient les comparaisons pédagogiques et les fables satiriques, et visent à débusquer les principaux mythes ou sophismes entretenus autour de l'État (la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde), du socialisme (la spoliation légale), de la richesse (le profit de l'un est le profit de l'autre), de la solidarité (il m'est tout à fait impossible de concevoir la Fraternité légalement forcée, sans que la Liberté soit légalement détruite, et la Justice légalement foulée aux pieds), de l'impôt, de l'interventionnisme, du machinisme, etc.