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dimanche 13 septembre 2015

La France en danger : Xavier Bertrand s'évertue à le prouver

Des raisons de ne pas en croire ses yeux, l'actualité n'en manque pas.
Mais parfois, les compteurs sont explosés.

Aurait-on pu imaginer qu'un député maire, ancien ministre, Xavier Bertrand propose de fusionner ministères de la Justice et de l'Intérieur dans un ministère de l'Autorité (1) ?





Non vous ne rêvez pas.  

Un gaulliste, un élu de la droite dite modérée,  propose de s’asseoir sur la séparation des pouvoirs, qui n'est juste que l'un des fondements des démocraties occidentales depuis Montesquieu (2).

Il nous propose un schéma institutionnel digne de 1984, dans lequel le "ministère de l'amour" (Miniamour) s'occupe de la torture, souvenez vous d'Orwell (3) : « … quatre ministères se partageaient la totalité de l’appareil gouvernemental. Le ministère de la Vérité, qui s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. Le ministère de la Paix, qui s’occupait de la guerre. Le ministère de l’Amour qui veillait au respect de la loi et de l’ordre. Le ministère de l’Abondance, qui était responsable des affaires économiques. Leurs noms, en novlangue, étaient: Miniver, Minipax, Miniamour, Miniplein.»

Monsieur Bertrand se plaint du fait que la justice relâcherait trop de prévenus interpellés par la police. En a t-il discuté avec Claude Guéant ? A t-il évoqué le sujet avec Sylvie Andrieux ? Eux ont été vus par la police, mais ils sont toujours dehors. Xavier Bertrand n'a t-il, au contraire, jamais entendu parlé des comparutions immédiates, procédures qui ne sont jamais appliquées aux quelques hommes politiques UMP Les Républicains comme Parti Socialistes qui se trouveraient être des menteurs/fraudeurs/voleurs/violeurs ? 

Certes, Xavier Bertrand (Les Républicains) ne nous prend pas par surprise : lui et son parti politique ont toujours préféré la république à la démocratie. Après avoir, entre 2007 et 2012, étendu le champ d'application du secret défense ou après avoir crée la Hadopi, l'UMP/Les Républicains ont voté, en 2015, au coté du Parti Socialiste, leurs soi-disant adversaires, la Loi Renseignement (4), une loi qui, rappelons le, permet à des fonctionnaires de police de se passer de l'avis d'un juge pour faire des écoutes . 
Franchement, si on pense que tout ne va pas bien en France, pour autant, nous ne voulons pas vivre dans un pays encore pire. Nous n'avons pas besoin de fusionner ministères de la Justice et de l'Intérieur dans un ministère de l'Autorité, nous avons besoin que les juges et les politiques fassent au contraire respecter la séparation des pouvoirs,

Avec des hommes politiques tels que Xavier Bertrand, on se dit que, vraiment, ce ne sont pas les djihadistes qui font peser la plus grande menace sur notre pays. 





(3) Wikiberal 1984 (roman)

dimanche 12 avril 2015

Un pouvoir en mode bulldozer

Fatigue (1) contre la vacuité de l'opposition, écho de la faiblesse intellectuelle de la majorité ? Rage sourde (2) contre des élus qui se moquent des électeurs, citoyens et contribuables ? A ces deux qualificatifs qu'utilisent les blogueurs l'Hérétique et H16, et que nous sommes nombreux à partager à 100%, il convient cependant de ne surtout pas se tromper sur le constat que l'on peut formuler sur la classe politique. Hollande et les socialistes (toujours majoritaires à l'Assemblée Nationale, rappelons le ...) ne sont pas inactifs, ils sont en mode bulldozer.

Le Président Hollande, initialement, avait été élu pour "réparer la France" que le Sarkozysme avait "abimé". Chacun se souvient en effet des coups de com', des outrances verbales, du bling bling, de l'autoritarisme, du clanisme également.
Mais force est de constater qu'au delà d'une certaine forme, mieux maîtrisée par un François Hollande élevé par un père d’extrême droite et une mère même chrétienne "de gauche" dans les meilleures écoles du pays que par un fils d'immigré aux parents divorcés, rien n'a changé, les choses sont même pire.

Les coups de com' ? La capacité qu'a Ségolène Royal à raconter tout et son contraire n'est même plus digne de faire l'objet de commentaires. Les outrances verbales ? Quand on installe à Matignon un premier ministre qui trouve qu'il n'y a pas assez de white, de blancos à Evry (et donc trop de blacks, de negros ?), on réalise que la barre est placée très haut. Le bling bling ? Alors que Air Sarko One et l'usage par la présidence du Pavillon de la Lanterne, à Versailles, étaient vivement critiquées par l'opposition, l'actuelle majorité a décidé de se taire face à la sarkozysation de Hollande.  Le clanisme ? Les dernières nominations ne laissent aucun doute sur l'existence de l'Etat PS.
L'autoritarisme ? C'est peut être l'aspect le plus inquiétant du quinquenat. Qu'il ne concerne que les affaires internes au PS et au gouvernement, à la rigueur, pourrait être acceptable. Après tout, cela  se passe entre adultes consentants, et si des Bac + acceptent de se faire humilier par souci de leur carrière, cela les regardent.

Mais cet autoritarisme s'étend bien au delà.

Faute de pouvoir agir et faute de vouloir agir sur ce qui devrait être l'essentiel (recentrer l'Etat sur ses missions régaliennes, équilibrer le budget), le Parti Socialiste a décidé de transformer la France autrement, et pas qu'un peu.

Qu'est ce qui peut bien faire que les députés, qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition, préfèrent sécher les sessions de vote à l'Assemblée Nationale, et laisser une poignée de députés socialistes pro gouvernement décider de mesures aussi importantes que l'acceptation par défaut du don d'organes en cas de décès ?
Pourquoi si peu de monde pour s'exprimer pour ou contre la généralisation du tiers payant ?


Quand est-ce que les élus se souviendront que, comme l'a écrit Montesquieu, le pouvoir arrête le pouvoir ?
Si le gouvernement est en roue libre totale sur certains dossiers, notamment des sujets sociétaux, c'est aussi parce que certains ne font pas leur boulot !

S'ils le faisaient sérieusement, ils ne laisseraient pas Manuel Valls agiter des chiffons rouge relatifs à des dangers virtuels (3), pendant que le premier ministre agit, même pas en coulisse mais bien au grand jour, pour faire peser des dangers bien réels pour nos libertés (4). 





(1) L'Hérétique Vacuité insondable au MoDem et à l'UDI 11 avril 2015

mardi 11 juin 2013

Justice et séparation des pouvoirs

Le fait que des démocraties bafouent allègrement les règles de traitement équitable, proportionné et consistant  des gens et des situations est absolument catastrophique.

Hier, on apprenait que les Hommen, qui avaient perturbé la finale de Roland Garros (lire le blog Le Parisien Libéral ou Agoravox). Mais qu'estce qui justifie le fait de garder à vue des jeunes gens pendant 24 heures (si on en croit les intéressés et leurs amis qui s'expriment sur Twitter) ? 
Les Femen ont-elles été gardées à vue suite à leur profanation de Notre Dame de Paris ? 

Hier toujours, on "apprenait" que les Etats-Unis avaient un gigantesque programme de surveillance de l'ensemble des communications électroniques mondiales (lire Scandale des écoutes : l'inquiétante politique américaine sur Contrepoints et Menaces sur nos libertés sur Libertarien Blog). 

Cette nouvelle survient quelques semaines après qu'on apprenne que l'IRS, le fisc américain, avait diligenté des contrôles approfondis envers les personnes ou organisations proches du Tea Party et des mouvements libertariens (lire Watergate, Iran-gate, Monica-gate... A quand un Obama-gate ? sur Atlantico). 

On peut mettre des guillemets à "apprendre" car il n'y a en réalité rien de neuf dans cette nouvelle, hormis l'extraordinaire courage d'Edward Snowden, le jeune consultant qui a dénoncé les pratiques de la NSA. Rien de neuf car, et les médias n'en parlent pas, aucune des mesures liberticides de Bush n'avait été abrogées
après 2008. Le Patriot Act ? Toujours en vigueur. Guantanamo Bay ? Pas fermée. La NSA ? Renforcée.
On peut à 100% comprendre que fermer Guantanamo Bay n'est pas si simple. Mais le Patriot Act ? C'est facile. Il suffit de décider qu'il est illégal, pour le gouvernement, d'écouter et de surveiller ses citoyens.

Nous ne pouvions pas dire que nous n’étions pas prévenus, ceci étant. La littérature et le cinéma, y compris grand public, nous tiennent informés. Mais surtout, les politiciens ne se cachent même plus. 

Est-ce que ce mouvement anti libertés civiles correspond à une demande du public, auquel cas il n'y aurait rien à dire ? 

Même pas, et c'est là où la situation est dommageable. En effet, tout le monde commence à comprendre que même le fait de vivre dans une ville archi vidéosurveillée comme à Londres n'empêche pas de se faire trancher la gorge en pleine rue. De plus, il parait que les démocraties occidentales ont une mission, celle de propager l'Etat de droit dans le monde. Y avons-nous renoncé ? Si c'est le cas, n'allons pas donner des leçons aux despotes de tout poil, de la Turquie à la République Populaire de Chine. Mais si la mission est toujours d'actualité, alors balayons devant notre porte avant.

Nous, citoyens, devons juste nous rappeler que le gouvernement et ses agents n'est pas bon par nature, et que "seul le pouvoir arrête le pouvoir". Cette maxime édictée par Montesquieu est un principe constitutionnel, dans des démocraties comme la France et les Etats Unis d'Amérique. Aidons les politiciens à ne pas abuser du pouvoir qui leur est confié. Mobilisons nous en faveur d'un Etat aussi restreint et juste que possible mais aussi étendu que nécessaire. 

mardi 11 décembre 2012

Hollande met la pression sur la justice




DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789


Article XVI

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp

mardi 27 avril 2010

De l'intéret de la séparation des pouvoirs

La séparation des pouvoirs est une des caractéristiques des régimes démocratiques. Mais il ne s'agit pas que d'une simple coquetterie cosmétique. Elle a un intéret certain, éviter l'arbitraire de la loi de circonstance. Elle permet aussi à chacun de se spécialiser et d'éviter à un gouvernement d'être potentiellement ridiculisé par méconnaissance de son propre corpus législatif.

Quand un particulier aux moeurs douteuses mais peut-être non condamnables nargue le gouvernement en organisant des conférences de presse, le partage des responsabilités n'est-il pas évident ?
Que le gouvernement coproduise les lois et les execute, mais qu'il laisse la justice juger. Le gouvernement n'a pas à réclamer des peines pour les assassins de policiers ou de tout autre citoyen, car il n'est pas moins grave d'assassiner un policier qu'un simple passant, et qu'il laisse la justice, y compris la justice d'exception liée à la Sécurité Sociale, dire s'il est légal ou pas d'entretenir quatre concubines et douze enfants.