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mardi 22 mars 2016

SDF dans le Bois de Boulogne : le XVIe très peu imaginatif

Il y a un métier d'avenir pour les agences de communication : la défense des causes perdues, comme le soutien aux habitants du XVIe qui ne veulent pas d'un centre d'hébergement pour SDF près de chez eux (1). 
En effet, la révolte de 2000 habitants activistes du XVIe (sur un total de 160 000 habitants) contre le projet d'Anne Hidalgo d'installer un centre d'hébergemement dans le Bois de Boulogne constitue un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. 

En effet, et ce alors que le phénomène Not in My Backyard (NIMBY) touche la France entière, comme le reconnait même la très peu droitière France Culture (2), les activistes du XVIe n'oint-ils pas permis à l’exécutif socialiste parisien de se refaire une virginité à peu de frais ?
Envolées, les images d'un exécutif (socialiste) parisien employant les mêmes méthodes expéditives que la droit, 20 ans plus tôt à Saint Bernard. 




Oubliées, les nombreuses destructions de camps de Roms demandées par Anne Hidalgo (comme Aubry à Lille ou Ayrault à Nantes).
Effacé, le nettoyage des Berges des SDF pour cause de Paris Plage.

Le méchant, désormais, c'est l'habitant du XVIe.
Et il faut dire qu'au vu des insultes qui ont fusé lors de la réunion publique qui s'est tenue à Dauphine, il y a des preuves pour en attester.

On se demande même comment un vieux routier de la politique politicienne comme Claude Goasguen a pu tomber dans le panneau. 


Bien que les dommages soient faits, il reste quelques options (dont certaines libérales) pour les riverains du Bois de Boulogne, comme Max Guazzini, qui ne veulent pas de SDF en bas de chez eux. 

Passons ces options en revue


L'appel au bon sens : contre productif


Anne Hildago et son adjoint communiste au logement, Ian Brossat, celui qui est fier de "créer" des HLM surtout s'ils se situent juste au dessus d'un concessionnaire Porsche (véridique), ont un projet : créer un centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe, dans le Bois de Boulogne. 
Déjà, le projet a changé. Au départ, il s'agissait d'héberger des réfugiés (3) avant de passer au public des SDF, mais passons. L'executif parisien a changé son fusil d'épaule face à ce que certains appelaient déjà un "Sangatte du Bois de Boulogne". 
La vraie question est : en dehors du fait (non négligeable) d'avoir un endroit où s'abriter et habiter, est ce que des SDF au RSA ont envie d'habiter entre la Porte de la Muette et la Porte d'Auteuil, loin de tout métro et de commerces aux prix abordables ? Car, oui, 25 ans après le Auteuil Neuilly Passy des Inconnus et leur "pas un arabe du coin ni un Euromarché", force est de constater que le quartier où Hidalgo prévoit d'implanter son centre n'est pas très bien fourni en quoi que ce soit.

La logique voudrait que les SDF, comme les migrants, ne soient pas logés ensemble dans des Algéco, (quelque soit le quartier) mais au contraire, dispersés et fondus dans la population et sur le territoire, de façon à s'intégrer.
Mais face à cet argument, l’exécutif parisien répondra "solidarité obligatoire du XVIe !". Il ne sert donc à rien.


Le combat juridique : perdu d'avance

Face à ce projet, une autre réponse logique serait de s'engager dans le combat juridique. Après tout, le Bois de Boulogne est inconstructible. Mais, pourtant, c'est perdu d'avance.
En effet, à l'occasion d'autres projets qui lui tiennent à coeur comme l'extension du stade de Roland Garros au détriment des Serres d'Auteuil, ou la construction du musée d'art moderne de la fondation Louis Vuitton (oui, tout ça c'est dans le XVIe), la mairie de Paris ne s'est-elle pas assise sur les recours en justice, y compris en foulant aux pieds l'opinion de ses alliés d'Europe Ecologie les Verts ? 
Anne Hidalgo, au pouvoir à Paris depuis 2001 puisqu'elle était 1er adjointe de Bertrand Delanoë, a toujours privilégié son alliance avec, curieusement, le très Grand Capital de LVMH ou celui de la Fédération Française de Tennis, contre les intérêts des petits capitalistes du XVIe. 
On a donc bien compris que pour le centre d'accueil des SDF comme pour les autres sujets, le droit saura se plier à la raison du plus fort, celle de la Mairie de Paris. 
Après tout, n'oubliez pas : quand la Mairie de Paris (comme les autres collectivités) est engagée dans une action en justice, c'est avec l'argent des contribuables qu'elle joue, pas avec celui des élus. 
Ca aide à prendre de la hauteur et à laisser le temps au temps. 


L'action directe et médiatique type ZAD (zone à défendre) : peu réaliste

Et si les habitants activistes du XVIe se muaient en véritables ZADIstes, comme à Notre Dame des Landes ? Après tout, le projet d'Ayraulport est devenu un véritable bourbier type Vietnam pour le gouvernement (4) ? 
Et il existe d'autres foyers de cristallisation dans le XVIe, à savoir le stupide projet d'extension de Roland Garros qui va détruire une partie des Serres d'Auteuil sans constituer une solution de long terme pour le tournoi de tennis de la Porte d'Auteuil, beaucoup plus petit que Flushing Meadow ou Wimbledon. 
Seulement, l'idée est peu réaliste. Notre Dame des Landes, Sivens ou même les Serres d'Auteuil bénéficient du soutien d'une partie de la population qui n'est pas directement concernée par ces projets car ils constituent tous, à divers degrés, des aberrations écologiques et financières. Le centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe ne correspond pas à un grand projet inutile. Il ne mobilisera donc jamais au delà du N.A.P.


La comparaison avec d'autres arrondissements : pas mobilisatrice

Les habitants du XVIe opposés au centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe pourraient alors montrer, à juste titre, qu'à aucun moment il n'a été envisager de construire ce centre dans le bien plus sympathique quartier du jardin du Luxembourg, dans le VIe arr, en plein coeur de la capitale, ou du coté de l'Avenue Gabriel, dans les jardins qui se situent entre le Palais de Elysée et l'avenue des Champs Elysées. 
Ce faisant, ils oublieraient juste une chose : les politiciens, de droite comme de gauche, vivent dans ces quartiers. Eux sauront activer leurs relais pour tuer dans l'oeuf tout projet de ce type. Après tout, n'a t-on pas un premier ministre (socialiste) qui a su faire appel à la police pour débarrasser de sa rue les SDF qui incommodaient la vue de sa violoniste d'épouse ?
Il faut, par exemple, s'appeler Edith Cresson, ancienne première ministre (socialiste), pour pouvoir tenir des propos douteux les gens du voyage sans que cela ne déclenche un scandale.


La grève de la solidarité : à manier avec précaution

Dans le XVIe, c'est un fait, il y a un peu plus, en moyenne, d'argent qu'à la Courneuve. Et qui dit argent dit deux formes de solidarité : forcée, ou volontaire.
Pour la solidarité forcée, no comment. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Il y a 160 000 habitants dans le XVIe, 2.2 millions de parisiens, 11 millions de franciliens et 66 millions de français.
Les franciliens représentent 17% de la population française mais 43% de l’impôt sur le revenu payé en France. Et les habitants du XVIeme arr paient 20% de l'impôt sur le revenu payé dans Paris pour 7% de la population parisienne.
Autrement dit, les habitants du XVIe sont "naturellement" solidaires.

Mais c'est sans compter la vie associative, ou encore les dons aux associations.
Échapper au fisc, c'est difficile. Même expatriés, même morts, les français sont harcelés par Bercy. 
En revanche, décider d'une grève de la solidarité, c'est possible. Seulement, les conséquences d'une grève de la solidarité réelle ne seraient pas les mêmes que celle d'une hypothétique grève de l’impôt. Dans un cas, l'Etat français serait obligé de balancer moins de bombes sur des pays lointains pour cause de guerre contre le terrorisme et le président Hollande aurait à lever le pied sur les voyages avec Air Sarko One, dans l'autre, les bénéficiaires des solidarités seraient directement affectés. Est-ce bien le but ?


La sécession avec Paris : difficile à imaginer

Puisque Anne Hidalgo a le pouvoir sur Paris, et que son pouvoir s'impose à celui des maires d'arrondissement, une autre option consisterait à se séparer définitivement de Paris.
Après tout, 160 000 habitants; n'est ce pas bien plus que l'immense majorité des communes françaises ?
En revanche, si on a déjà vu des communes fusionner, on n'a pas encore assisté à des splits de villes. Tout est donc à écrire en la matière.
De plus, n'oublions pas que la ville de Paris n'évolue pas, seule en apesanteur, mais, au contraire, est insérée dans un mille feuille administratif de plus en plus épais.  L'intercommunalité du Grand Paris vient de rajouter une énième strate (5) au maquis, avec le soutien des Républicains comme du PS. Dans ce contexte, qui peut imaginer une quelconque sécession ? Anne Hidalgo, Maire de Paris, est aussi 1ère vice-présidente de la Métropole du Grand Paris ...


La privatisation du Bois de Boulogne : la vraie solution 

En 1852, la propriété du Bois de Boulogne a été cédée par Napoléon III à la ville de Paris, qui voulait l'aménager sur le modèle des parcs londoniens. Entre 1852 et 1929, bien que propriété de la ville de Paris, le Bois de Boulogne est resté administrativement rattaché aux communes de Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine jusque dans les années 1920. Il a été officiellement annexé par la ville de Paris par le décret du 3 avril 1929 pour la partie boulonnaise et par le décret du 18 avril 1929 pour la partie neuilléenne.  Le Bois de Boulogne est devenu rattaché au 16e arrondissement. 
Actuellement, donc, le Bois de Boulogne est la propriété de la Mairie de Paris, qui en assure l'entretien, la "propreté", les plantations d'arbres et décide des concessions (hippodromes avec France Galop, Roland Garros et la FFT, le Racing Club de France, le Tir aux Pigeons, des restaurants et bâtiments.).

Est ce que cette propriété publique est satisfaisante ? Non, évidemment. 
D'abord, chacun sait que la gestion du Bois de Boulogne souffre de la schizophrénie de l'Etat qui, d'un coté, par exemple, lutte contre la prostitution, mais d'un autre coté, en tire profit.
On n'entend guère la Mairie de Paris, officiellement abolitionniste, protester contre ce qui se passe dans le Bois de Boulogne la nuit. L’enchevêtrement des responsabilités entre l’État et la ville, dans ce domaine comme dans d'autre, mérite un sérieux démêlage.
D'autre part, est-il logique que la Mairie de Paris organise l'entre-soi des clubs privés du Bois de Boulogne, et touche sa commission sur leurs business ? Chacun pourra juger de l'hypocrisie qui consiste à dénigrer les riches mais à bénéficier quand même de leurs dépenses.
Pour info, si vous voulez nager à la Croix Catelan, ça coutera un peu plus que dans une piscine municipale classique.

Le fait est que la proximité du Bois de Boulogne est un vrai plus, comme disent les agents immobiliers, sur la valorisation des appartements situés à proximité. (On s'étonne, d'ailleurs, que la Mairie de Paris, pourtant accro à la bulle immobilière, ne soit pas sensible à cet argument. Sans doute le faible niveau de transactions immobilières dans le quartier concerné par le projet de centre d'hébergement dans le XVIe joue en défaveur des opposants ?).
Si le Bois de Boulogne est un plus, ne seraient pas aux riverains à assumer les charges liées à ce plus ? De la sorte, ils seraient en mesure d'influer sur l'usage de l'espace. 

A Paris, la propriété privée (collective) des parcs et jardins n'existe pas. A Londres, elle est monnaie courante.
Certains parcs et jardins de la capitale britannique, les locked gardens, ne sont en effet accessible qu'aux riverains qui possèdent une clef.
Pourquoi les parisiens du XVIe, qui disent être attachés à la propriété privée, ne tenteraient pas une telle expérience ? Pourquoi ne pas privatiser le Bois de Boulogne ?
Certes, le Bois de Boulogne et ses 846 hectares (8,4 millions de mètres carrés) sont un gros morceau, et à 500 euros le mètre carré, c'est 4,2 milliards d'euros qu'il faudrait débourser, ou 26 000 euros par habitant du XVIe.
Cette somme, il faut la relativiser. 26 000 euros, c'est juste un peu plus de 3m² de logement habitable. Et avec un peu de chance, racheter le Bois de Boulogne permettra de défiscaliser (L'intérêt d'investir dans la forêt ne réside t-il pas, outre l'amour du bois et du vert, dans l'existence d'une exonération successorale et d'ISF ?)

Alors, habitants du XVIe ? Et si vous vous montriez proactifs ? Anne Hidalgo, elle, a décidé qu'elle fera son centre d'hébergement de SDF.
On voit déjà le prochain reportage de Zone Interdite, de Bernard de la Villardière : "le Bois de Boulogne dans le XVIe : sa drogue, ses prostituées, ses SDF, ses milliardaires".





jeudi 4 février 2016

17 arrondissements Parisiens là où il en faudrait 30 ?

Dernière idée de la maire de Paris : Anne Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris, en fusionnant les arrondissements 1, 2, 3 et 4. (1).


A priori, le fait qu'Anne Hidalgo ne se préoccupe pas que de la soviétisation clientéliste du logement  politique de logement social (2) ou de gérer une fronde en carton, mais aussi des problèmes institutionnels de la ville serait un point à porter à son crédit. Et ce d'autant plus que la proposition ne semble pas politicienne, les 4 arrondissements étant d'abord gérés par le Parti Socialiste et alliés écolos EELV.

Pourtant, il s'agit d'une idée mal calibrée, et également un peu hypocrite. 

Regrouper les arrondissements centraux répond, selon le document, au souci d’«une meilleure représentation démocratique» des Parisiens, nous dit-on, ainsi qu'au besoin d’unifier la représentation politique et l’organisation administrative des moins peuplés 

Autrement dit, Anne Hidalgo s'attaquerait à deux problèmes en même temps : le mille-feuille administratif, source d'inefficacité, et le déficit démocratique lié au poids démographique inégal des arrondissements. 

Mais il n'en est rien. En quoi la réforme d'Anne Hidalgo va t-elle adresser un début de solution au problème de manque de représentativité du maire de Paris ?
En effet, rappelons quand même que le maire de Paris n'est pas élu par les 2 millions de parisiens, mais par au moins 82 des 163 conseillers municipaux de Paris, et que ne pas être élue dans son arrondissement n'a pas empêché Anne Hidalgo de devenir maire. 

Il faut se souvenir du score d'Anne Hidalgo dans le XVeme arrondissement face à Goujon (3) : les électeurs avaient clairement dit non. Pourtant, la magie du spectacle en a voulu autrement.

Et encore, les magouilles et les bizarreries de la carte électorale sont un sujet mineur.
Le vrai sujet, que l'on soutienne le programme ultra socialiste d'Anne Hidalgo, ou pas, notamment en matière de logement social, ce sont les finances de la ville de Paris. Après même pas deux ans de gouvernance Hidalgo, on sait enfin qu'elles sont catastrophiques.

La question que la maire de Paris devrait chercher à résoudre, ce n'est pas faut-il fusionner le 3eme et le 4eme arr, mais comment trouver des ressources financières à un moment où de plus en plus d'entreprises partent en banlieue, que ce soit à Neuilly, à Montreuil, à Saint Denis, à Malakoff ou à la Défense (4), et comment rapprocher les structures politiques et administratives de l'évolution des modes de vie, dans lesquels, on l'a vu le 13 novembre dernier, le Stade de France fait autant partie de l'échosystème Parisien que le Parc des Princes, et les squatts de Saint Denis autant que ceux du quartier de l'Evangile.

Peut-être est-il temps de revenir sur l'agrandissement de 1860.



Peut-être qu'Issy les Moulineaux, Ivry, Bagnolet ou Saint Ouen pourraient devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme les Batignolles, la Villette, Charonne ou la Butte aux Cailles sont devenus des arrondissements parisiens.
Les nouveaux arrondissements bénéficieraient des économies d'échelles des infrastructures parisiennes et la capitale récupérerait la CVAE et la CFE payée par les entreprises en banlieue.

 Evidemment, un tel projet obligerait Anne Hidalgo à discuter avec les parisiens, les maires des villes concernées et les habitants, plutôt que de décider, seule, en autocrate, dans son bureau, avant d'informer les manants de citoyens par le biais du Monde.
Accessoirement, ca permettrait d'avoir une raison pour en finir avec cette structure inutile qu'est la métropole du Grand Paris (5), structure que la gauche parisienne est bien contente de pouvoir mettre sur le chemin de la région Ile de France.

Oui, ca serait vraiment un tout autre projet.




(1) Le Monde Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris  29 janvier 2016
(2) la Tribune Hidalgo promet 30% de logements sociaux à Paris, bluff électoral ou objectif réaliste ? 16 septembre 2013
(3) Slate Anne Hidalgo, patronne de Paris mais pas de son arrondissement 31 mars 2014
(4) Contrepoints Les grandes entreprises fuient Paris : Hidalgo sous pression ! 15 mats 2015
(5) Fromantin : L’Ile-de-France, championne du monde du millefeuille territorial ! » 23 janvier 2015

vendredi 15 janvier 2016

Paris, l'Essonne et la Seine Saint Denis sont dans un bateau ...

... Et le bateau coule !

Ce bateau, il ne s'appelle pas Titanic, il s'appelle finances publiques de la République socialiste Française. 

Prenez un peu l'actualité de ces derniers jours : 

  • "L’Essonne se dit dans l’impossibilité de payer ses aides sociales" (1) 
  • "La Seine-Saint-Denis a décidé de ne pas prendre en compte dans son budget la hausse du RSA" (2)
  • "Standard & Poor's prévoit toutefois une dégradation des comptes de la capitale en raison des baisses de dotations de l’Etat, la hausse des dépenses sociales et l’augmentation de la péréquation"
les faits sont clairs : les collectivités franciliennes sont pour certaines en grande difficulté (euphémisme), pour d'autres contraintes de faire face à une explosion des dépenses sociales. Et cela ne dépend pas de la couleur de la majorité actuellement aux commandes : le socialisme, de gauche comme de droite, atteint ses limites. 
En effet, que s'est-il passé ? Le contexte global, chacun l'a bien en tête. Alors que les finances publiques sont globalement déficitaires (il y a soit trop de dépense publique au sens large, soit pas assez de prélèvements d’impôts et de taxes), l'Etat a mené une politique assez hypocrite de transfert de charges (notamment, le paiement du RSA, délégué aux départements), sans transférer aux collectivités territoriales les ressources afférentes. 
Il ne s'agirait quand même pas que les départements soient libres de taxer et de dépenser comme ils le veulent ! 

Cette politique de cavalerie jacobine, encore une fois, on ne peut pas simplement l'attribuer à Valls et Hollande. C'est bien la précédente majorité qui l'a initié. En revanche, ce qui pourrait être considéré comme drôle (ce qui ne l'est pas, puisqu'au final, ce sont les bénéficiaires potentiels qui trinqueront), c'est que les collectivités locales, toutes de gauche jusqu'aux premières défaites socialistes, à partir de 2013, ont avalisé cet état de fait, mieux, elles l'ont applaudi, comme si il s'agissait, dans ce domaine comme dans d'autres, de dire qu'une bêtise mise en oeuvre par la gauche n'est pas vraiment une bêtise. 

Souvenez-vous de la renonciation d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé à réclamer à l'Etat PS le milliard d'euros des Parisiens, alors qu'ils n'avaient cesse de s’époumoner quand Sarkozy et Fillon dirigeaient le pays (5) !


Anne Hidalgo : "L'Etat doit plus d'un milliard... par AnneHidalgo


Mieux, faut-il traiter en psychiatrie tous ces élus députés PS qui sont aussi, à temps partiel, des élus départementaux dans le 93 ou ailleurs ? 
On entend dire "l'Etat doit prendre en charge les difficultés budgétaires des départements". Mais l'Etat, outre le fait qu'en théorie, on devrait dire "les contribuables, représentés par les autorités publiques", n'est ce pas toujours un peu les mêmes personnes qui, un jour, sont conseillers généraux, le lendemain ministre de la ville (chargé de dépenser), le surlendemain député (charger de voter et contrôler les dépenses) ? 

Les citoyens ont voulu croire au miracle, oubliant que dépenses publiques ne tombent pas de nulle part. Le retour au réel va faire mal.
Dommage qu'ils n'aient pas voulu entendre le langage de vérité, notamment celui des libéraux, surtout quand on sait que le RSA et les dépenses sociales n'aident pas les pauvres à s'en sortir. Ils ne font, au mieux, que maintenir les bénéficiaires dans la pauvreté et la précarité sous tutelle (6) administrative  !



(3) Le Parisien Budget : la Ville de Paris conserve son « AA » 20 décembre 2015



lundi 14 décembre 2015

Conseil de Paris : le retour de la politique à l'ancienne

Il était temps que la campagne des régionales 2015 se termine ! Après cette semaine grand-guignolesque, la liste de Valérie Pécresse a gagné en Ile de France, sur fond de contexte national de chiffres records pour le FN. Il faut croire que les white, les blancos, la race blanche si chère à Valls et à Bartolone (pour des raisons différentes, manifestement) n'ont pas donné de blanc-seing aux Républicains ou au Parti Socialiste et alliés d'extrême gauche. 

Ce qu'on a beaucoup entendu hier soir, à l'occasion de la soirée électorale, c'est qu'il fallait : 
  • écouter le message des français
  • faire de la politique autrement
Justement, les socialistes parisiens tiennent une occasion de faire de la politique autrement, en ce lundi matin de conseil municipal de Paris. 

Pourquoi les électeurs votent pour les politiciens ? Ne serait-ce pas pour désigner des gens en charge de la gestion de l'argent public, et de la mise en oeuvre de projets collectifs tels que l'organisation des services publics qu'affectionnent tant le PS aussi bien que les Républicains et leurs deux Front, de gauche ou national ? 
Et ces politiciens n'ont-ils pas, au minimum, un devoir de vérité en ce qui concerne l'argent public ? 
Dès lors, comment Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014, après avoir la première adjointe de Bertrand Delanoë depuis 2001, ose t-elle tweeter des messages du type 


ou encore


ou enfin



Oui, vous lisez bien : la mairie (socialiste) de Paris critique la politique du gouvernement socialiste. 

Quel est le rapport entre le terrorisme et le budget 2016 ? Et en quoi relever les taxes, plutôt que baisser les dépenses, constitue un gage de sérieux budgétaire ? Enfin, Anne Hidalgo n'a t-elle pas avalisé les décisions budgétaires du gouvernement ?

Le budget 2016 n'est pas impacté par le "contexte de terrorisme". Il est marqué par les silences, les non-dit ou les impasses d'Anne Hidalgo envers quelques vérités simples.

La première de ces vérités est qu'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë n'ont toujours pas expliqué ce qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens. 
Comme toutes les villes, Paris lève des taxes et impôts (1), mais reçoit également des dotations de l'Etat. Or, l'Etat accusait un certain retard en matière de paiement de ces dotations, sous Sarkozy et Fillon, ce que rappelait fréquemment Hidalgo et Delanoë. 
Ce sont ces deux mêmes personnes qui, lorsque Hollande est arrivé au pouvoir, ont, de leur propre chef, décidé que  qu'ils ne demanderait pas à François Hollande de payer la dette de 1,3 milliard d'euros due à Paris par l'Etat (2) !

Il y a bien des parisiens qui ont alerté l'opinion sur le manque de sérieux d'Anne Hidalgo en matière budgétaire. Parmi ceux-ci, Danielle Simonnet (extrême gauche), rappelez-vous (3).  
Il y avait aussi Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, ou encore Serge Federbusch, du Parti des Libertés. 
Que disait Federbusch ? Que la majorité socialo-communiste parisienne est bien gentille (ou pas) mais que son budget ultra socialiste repose sur l'hypothèse un peu bancale d'une bulle immobilière sans fin, qui rapporterait toujours plus de droits de mutations. 
Quand à Aurélien Véron, il écrivait que les finances parisiennes étaient en danger (4). 

Aujourd'hui, on nous parle d'un trou de 400 millions d'euros à combler par des augmentations des frais de notaire et de la taxe sur les résidences secondaires ainsi que par des amendes accrues sur les stationnement.

Question ; faire de la politique autrement ne devrait-il pas commencer par le fait de tenir un langage de vérité et d'assumer ses responsabilités, surtout quand on a été au pouvoir depuis 2001 ? 



(1) Ville de Paris Budget 2015 de Paris 
(2) Municipales 2014 à Paris Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? 11 juillet 2015 
(3) Municipales 2014 à Paris Anne [#HidalGO], tu n'es pas crédible !" Par Danielle Simonnet (#PG) 19 novembre 2013
(4) Municipales 2014 à Paris @Paris, finances en danger, par @aurelien_veron (PLD) 17 décembre 2013

lundi 23 novembre 2015

Logement : extraordinaire gauche parisienne

Le conseil municipal de Paris se tient avec une semaine de retard, du fait des attentats du 13 novembre 2015. Mais nous ne perdions rien pour attendre. 
Dans la même séance, au sein du même groupe socialistes et communistes, voila ce qu'ils ont réussi à nous sortir, les mêmes qui, rappelons le, luttent contre les marchands de sommeil, régulent et plafonnent les loyers ou encore imposent la loi ALUR :

1. Hausse des droits de mutation 
2. Découverte du fait que les chambres de bonnes sont pour partie inoccupées, du moins de manière officielle et permanente. 

Pour la hausse des droits de mutation, no comment, cela correspond parfaitement à l'analyse de Serge Federbusch (3), qui dit que le PS et le PCF parisien sont dans une impasse, où seule la capacité à profiter de la bulle immobilière en la taxant toujours plus permettra de financer leur programme délirant de HLMisatioin de la ville. 

Quand à la découverte d'un million (oui, un million) de mètres carrés "inoccupés", qui plus est dans "les beaux quartiers", franchement on se demande sur quels planète ils vivent, ces grands découvreurs. Ne seraient-ce pas les mêmes qui pensent qu'il est indigne de louer moins de 11m² ? 

Dans ce domaine comme pour d'autres, on ne peut pas dire que ce soient les contradictions qui gênent Anne Hidalgo ou son adjoint communiste Ian Brossat.




mardi 25 août 2015

Charles de Gaulle : "Paris libéré !"

Discours de l'Hôtel de Ville de Paris, 25 août 1944





"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.


Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France !"





On remercie évidemment les anglo-américains qui ont rendu cette libération possible. Tout à la joie de voir la capitale libérée de l'occupation nationale socialiste allemande, le général de Gaulle a "oublié" de mentionner le fait que les Alliés ont laissé la 2eme Division Blindée libérer Paris, qui n'était pas un objectif militaire mais symbolique et politique. Le travail, lui, a été fait entre le 6 juin 1944 et la fin juillet, dans le bocage Normand. L'art de la récupération ne date pas d'aujourd'hui ...!
Accordons toutefois à de Gaulle en 1944 d'avoir eu la clairvoyance nécessaire pour éviter une guerre civile. Reste à évaluer le prix de cette clairvoyance ...Nous payons en 2015 les dommages collatéraux du programme du Conseil National de la Résistance.

Toutefois, puisqu'en ce 25 août, jour de la Saint Louis, nous fêtons la libération de Paris, souvenons nous avant tout du sacrifice de toutes les personnes qui ont rendu ce discours "Paris Libéré" possible !

jeudi 20 août 2015

Vidéosurveillance: Les Parisiens favorables à plus de caméras dans la capitale, vraiment ?

Alors comme ça, les Franciliens seraient à 94% favorables à l’augmentation des caméras dans les parkings, 93% dans les transports en commun, 86% dans les lieux publics en ville, 82% dans les commerces, 77% sur les routes et autoroutes. Des pourcentages à chaque fois au-dessus de la moyenne nationale. C'est ce que nous affirme un sondage publié par 20 Minutes (1).

Sans doute pensent-ils que la vidéosurveillance va faire diminuer l'insécurité, et, plus encore, le sentiment d'insécurité. Après tout, ne nous dit-on pas que "les 1.130 caméras de notre Plan de "vidéoprotection" (et non pas vidéosurveillance) pour la ville de Paris (PVPP) ont permis 10.000 interpellations depuis leur installation en décembre 2011" ? 

10 000 interpellations ... 

En réalité, nous devrions être très méfiants vis a vis de ce Plan de "vidéoprotection" pour la ville de Paris, pour les raisons suivantes : bien qu'incomplet, il est liberticide.

Déjà, notons que même dans les coins les plus vidéosurveillés de la planète, comme la ville de Londres, il y a quand même de la délinquance. La videosurveillance ne supprime pas la délinquance, elle la déplace, elle la renforce ou elle la transforme en spectacle. 

D'autre part, la video surveillance et la transparence, même la police et la justice n'arrive pas à s'en servir correctement, et ne font pas confiance aux citoyens pour en faire usage. Comment se fait-il, par exemple, que, plus de 6 mois après la tuerie de Charlie Hebdo, nous les citoyens ne disposons toujours pas du film de la fuite des frères Kouachy du coeur du 11eme arr à Pantin, un jour de semaine habituel à Paris ? Mettre en ligne ces images aurait permis de discréditer rapidement et définitivement les propos complotistes sur le sujet, tout en illustrant le fait que la police a beau surveiller la capitale, elle ne peut que réagir à posteriori et non pas empêcher les actes délictueux et criminels.

Enfin, si la video surveillance n'est pas liberticide, pourquoi les citoyens n'ont-ils pas le droit d'aller planter eux-mêmes des caméras de surveillance devant les lieux qu'ils voudraient eux même surveiller : salles de réunion de l'Assemblée Nationale, domicile privé des politiciens et autres lieux où, là, miraculeusement, la vie privée retrouve ses droits ?


vendredi 14 août 2015

#TelAvivSurSeine à Paris-Plages : Anne Hidalgo n'ose pas aller au bout de sa démarche

300 policiers supplémentaires pour surveiller l'opération Tel Aviv sur Seine !(1) Est-ce que ca en valait la peine ?

Mais prêtons à Anne Hidalgo deux neurones d'intelligence, et imaginons que derrière l'opération Tel Aviv à Paris Plages, la maire de Paris cherche réellement à proposer un modèle alternatif à la subordination classique des villes aux pays auxquels elles appartiennent. En effet, malgré le caractère émotif du contexte du conflit israélo-palestinien, la tribune d'Anne Hidalgo contient des éléments intéressants. Certes, ceux-ci auraient été plus visibles dans le cadre d'Athènes Paris Plages mais la gauche et l'extrême gauche préfèrent combattre Israël plutôt que la Grèce.

Anne Hidalgo nous dit : «Tel Aviv est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier (...) ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants». «C'est à Tel-Aviv qu'ont lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l'enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques». «Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement» (2).

Ces propos n'ont rien d'évidents. Ils ont d'ailleurs immédiatement été critiqués par Claude Goasguen (3), le maire UMP /Les Républicains du XVIeme arrondissement. Il a dit : «Tel-Aviv ne se borne pas à une plage». «Comment peut-on distinguer la ville de Tel-Aviv de l'État d'Israël? La distinction laisse perplexe (...) Je ne crois pas non plus que les habitants de Tel-Aviv aient refusé de défendre leur pays lorsqu'il a été victime des roquettes du Hamas». Autrement dit, pour Claude Goasguen, soutenir Tel Aviv, c'est soutenir Israël.

Qu'est-il passé par la tête d'Anne Hidalgo pour qu'elle expose une telle vision ? Pensait-elle au fait qu'elle est qualifiée de "frondeuse" de facto par une partie de la presse quotidienne (4) ou hebdomadaire (5) et que donc, elle ne se sent pas comptable de la politique de Valls et Hollande ? Avait-elle en tête le défi lancé par le maire du IIeme arrondissement, l'écolo Jacques Boutauld, officier d'état civil et chargé de faire appliquer la loi de par ses fonctions et pourtant recensé comme participant à une manifestation interdite par le pouvoir (6) ? Ou bien pensait-elle à la mairie du XXeme arrondissement, qui agit fréquemment comme un contrepoids au Quai d'Orsay en affichant sur la façade de la mairie ses propres orientations diplomatiques (7) ? 
La maire de Paris, la collectivité locale la plus peuplée et la plus riche de France, vient de tranquillement affirmer qu"on ne saurait rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement". Pourquoi ? 

Le phénomène de prise de distance de certaines villes vis a vis du pouvoir n'a rien de neuf. Pensons par exemple au conflit qui a opposé Etienne Marcel à la royauté, ou à l'autonomie croissante des villes marchandes de Flandres au Moyen Age;
Mais cette problématique a récemment été réactualisée, par le biais des "villes-monde" qui cherchent à être autre chose que de simples municipalités. New York et Paris ne cherchent-elles pas, par exemple, à prendre acte du fait que leurs populations ne sont pas toujours en règle avec les lois sur l'immigration et qu'il faut donc offrir aux sans papiers une alternative aux politiques bureaucratiques gouvernementales (7) ?

C'est donc un vieux débat qu'Anne Hidalgo vient de réactualiser. Mais ses implications peuvent aller bien plus loin que l'analyse de la relation entre villes et états. 
Prenons le cas de la France, son système social payé à crédit, ses guerres en Afrique décidées sans en avoir référé au parlement, ses lois parfois violemment contestées par une partie croissante de la population. Anne Hidalgo, en affirmant que nous ne sommes pas forcément comptables de la politique d'un gouvernement, a t-elle conscience qu'elle s'attaque au principe de la démocratie représentative ? Si tel est le cas, alors cela peut etre une bonne chose. Mais alors, qu'elle en tire quelques conclusions pratiques, comme la mise en place plus fréquente de référendums, à commencer par l'échelon qui est le sien, au niveau de la ville de Paris. Fiscalité, Jeux Olympiques, Tour Triangle ... il y a tant de sujets sur lesquels les parisiens sont comptables malgré eux de la politique de l’exécutif parisien ...!



(4) L'Opinion Anne Hidalgo, frondeuse capitale 10 décembre 2014

jeudi 13 août 2015

#TelAvivSurSeine : incorrigible extrême gauche parisienne

Alors, même au coeur de l'été, et même sur une opération aussi anodine que Paris Plages, il faut que l'extrême gauche, celle qui a voté pour le président Hollande, et celle qui gouverne partiellement avec Anne Hidalgo à Paris, se préoccupe des combats hors sujet ?

La ville de Paris, qui organise la célèbre opération "Paris Plages " ( à ne pas confondre avec Paris Plage, depuis 1882 (1)) a décidé cette année, non pas, une fois de plus, de faire place nette en expulsant les SDF des berges de Seine  (2) (et oui, c'est ça aussi, la gauche), mais de s'associer, dans le cadre des partenariats ponctuels que la mairie est amenée à signer, à la ville de Tel Aviv.

Face à ce partenariat, l'extrême gauche parisienne s'est réveillée. Elle qui est traditionnellement un "soutien" de la "cause palestinienne" ne supporte pas l'idée que la ville de Paris puisse, d'une manière ou d'une autre, donner l'idée qu'une institution française légitime la politique israélienne. Oui, vous avez bien lu, dire "I love Tel Aviv", c'est cautionner le sionisme (qui est, au passage, né à gauche), la lutte d'Israel contre le terrorisme (*) palestinien ou les exactions que Tsahal aurait pu être amenée à commettre. Lisez la tribune de Julien Salingue docteur en science politique et membre du NPA, par exemple (3), celle de Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué à Saint-Denis (93) et militant du Front de Gauche (4) ou les propos d'Alexis Bachelay,  député socialiste des Hauts-de-Seine (5).

La réponse d'Anne Hidalgo face à ses détracteurs est tellement symbolique des contradictions de cette gauche française ultra communautariste. Lisez plutôt la tribune publiée par le Monde :
"Face à Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques.

C'est d'un risible.

C'est vrai que Tel Aviv est une ville festive, une ville balnéaire, et une ville gay friendly. Mais cette façon de juger de la sociologie de Tel Aviv à l'aune des problématiques internes au Parti Socialiste français est tout bonnement ridicule. Si Anne Hidalgo juge les moeurs de Tel Aviv tellement attractives, pourquoi ne demande t-elle pas immédiatement la légalisation de la gestation pour autrui (légale chez nos amis Israéliens) ? Quand le progressisme est à géométrie variable ...

De plus, le Parti Socialiste français est surtout, sur le sujet de la question Israélo-Palestinienne comme sur d'autres, prisonnier de ses contradictions internes. Il  y a quelques années, quand l'actuel premier ministre français n'était que le maire de la ville d'Evry, il était un fervent soutien de la cause palestinienne (6). La ville d'Evry, connue pour son apparent manque de white, de blancos (si on en croit son ex maire (7)...), valait bien cela.
Aujourd'hui, il se présente comme l'ami éternel d’Israël et soutient notamment Anne Hidalgo dans son opération Tel Aviv Sur Seine. Et pour soutenir ce partenariat, l'Etat n'hésite donc pas à mobiliser des centaines de policiers (8), en pleine période de restrictions budgétaires et de mobilisation des forces de sécurité contre l'insécurité.

Simplement, en attendant que le Parti Socialiste prenne conscience de ses contradictions et dénonce également le discours de haine tenu par l'extrême gauche, comme il le faut à l'encontre de l'extrême droite, osons deux questions simples. 
D'une part, pourrait-on faire le bilan financier et le bilan carbone de l'opération Paris Plages, puis demander leur avis aux citoyens et contribuables parisiens afin de savoir s'ils sont pour ou contre le maintien d'habillage par Bertrand Delanoë d'une pratique qui existait depuis des années, à savoir l'usage estival des berges par les Parisiens et les touristes ?
D'autre part, est-ce le rôle de la mairie de Paris que de se mêler de questions diplomatiques, ou bien Anne Hidalgo devrait-elle concentrer ses efforts sur ce pour quoi elle a été désignée ? Il parait que Paris a quelques problèmes de budget (9), ainsi que de propreté (10) ...




(2) Liberation A Paris, les SDF priés de sortir de la photo 22 juillet 2006
(*) un mot ambigu puisque les résistants français contre l'occupant national socialiste, entre 1940 et 1944, étaient qualifiés de terroristes
(6) Mediapart Palestine : le revirement de Manuel Valls 31 juillet 2014
(10) Municipales 2014 à Paris @Paris, ville sale ? - Beurk sur la ville 27 juillet 2014




jeudi 6 août 2015

Paris: Un «trou» de plus de 300 millions d'euros dans le budget 2016 de la Ville

Apparemment, la hausse du prix des parking et des amendes ne sera pas suffisante !

La Ville de Paris va être confrontée à un «manque à gagner» de plus de 300 millions d'euros pour boucler son budget 2016, a-t-on appris auprès de l'adjoint en charge des Finances Julien Bargeton (PS). (1)

Il va en falloir du stationnement payant en août pour compenser ...!

Quand on pense que même l'Institut Montaigne avait contribué à l'enfumage et avait critiqué la parole de vérité relayée par Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, lors des dernières municipales, rappelez-vous (2) !







(2) Le cercle Les Echos Paris, finances en danger 17 décembre 2013

vendredi 31 juillet 2015

Réguler les loyers à Paris, refuser le réel

Demain, les propriétaires parisiens auront l'obligation de se soumettre aux dispositions de la loi ALUR et du décret n°2015-650, paru au Journal officiel le 10 juin 2015 (1). 

Réguler les loyers ... faut vraiment être très loin du réel pour avoir une idée pareille. Parce que, rappelons quelques évidences : un loyer, c'est quoi ? C'est bien un prix. C'est, dans le cadre d'une relation librement consentie entre un propriétaire et un locataire, une somme d'argent versée par l'un à l'autre en échange du droit d'occuper un logement ? 

Mais pourquoi le propriétaire loue t-il ? Par altruisme ? Non. Il loue car il pense que son bien peut lui rapporter. 
Et pourquoi les loyers sont-ils plus élevés à Paris qu'à Roubaix ou à Tulle ? Est-ce que les propriétaires sont plus méchants dans la capitale ? Non, c'est simplement le résultat de l'offre et de la demande : il y a plus de gens qui veulent habiter à Paris qu'à Roubaix ou à Tulle. 

Mais, avec ces loyers élevés, est ce que les propriétaires parisiens se gavent, au moins ? Même pas. 


Même s'il vaut évidemment mieux recevoir un loyer, quand on possède un bien immobilier, plutôt que ne rien recevoir, les rendements ne sont pas élevés dans la capitale. 

Autrement dit, peut etre que cette loi est un mauvais coup contre Paris, une ville qui a pourtant besoin d'investissement immobilier, pour autant que le foncier soit disponible. 

La Fondation Abbé Pierre nous dit que cette loi ALUR, c'est "enfin de l'action contre la crise du logement" (3). Mais ne comprennent-ils donc pas que, plus on régule le logement, plus la barrière à l'entrée est haute, et plus les propriétaires seront enclins à demander des garanties et des documents sur les postulants locataires ? 
La garantie des loyers, certes, mais que répond la Fondation Abbé Pierre à celles et ceux qui n'ont pas de garants, pas de fiches de paie, pas de sceau de l'Etat au bas d'un contrat d'embauche au sein de la fonction publique ? 

Le réel, il est la : la demande en logement à Paris demeure forte. Les arrangements avec le réel ne peuvent se faire qu'au détriment des faits. Et les faits, c'est que sur le territoire des 105 km² de la capitale, la demande en logement est croissante face à une offre relativement stable. 





(3) Le Monde Agir enfin contre la crise du logement 28 juillet 2015

jeudi 2 juillet 2015

Mixité sociale : la "droite" parisienne prise au piège de son penchant socialiste

Sacrés soi-disant droitards !
Faute de formuler une alternative claire à la politique menée par le Parti Socialiste, ils en sont réduis, en plein conseil municipal, à élever la voix contre les "staliniens" qui pratiquent une politique "dogmatique" en matière de logement (1). 
L'objet de la discorde : les HLM dans le XVIeme arrondissement. Le communiste Ian Brossat est fier de pouvoir en implanter. 

Il est vrai que si on considère que la loi SRU est légitime et que, deuxième condition, les arrondissements parisiens sont, en ce qui concerne le logement, des villes à part entière, alors force est de constater que le seizième arrondissement n'est pas un bon élève du logement social. 


Source : APUR
Alors que 36% des logements du XIXeme sont des HLM, cette proportion tombe à moins de 3% dans le XVIeme.


Pourtant, les critiques du parti Les Républicains contre la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à Paris tombe un peu à plat, faute de s'attaquer au coeur du problème : l'existence du concept de LM, une hérésie. 

A t-on vu la "droite" parisienne expliquer, lors de la dernière campagne municipale, qu'il fallait remettre en cause la loi SRU et l'existence du parc HLM ? Non. Trop soucieuse de courir après le PS, et désireuse de ne pas faire de vagues, elle a préféré faire profil bas sur le sujet, dont on sait pourtant qu'il a contribué à la victoire d'Hidalgo (2). 

Un logement, c'est quoi ? Citons Wikipedia : Un logement, C'est un local, un appartement ou une maison et plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s'abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé. C'est un endroit pour s'abriter (héberger) le jour et la nuit.
Et un logement social, c'est quoi ? Un logement social est un logement destiné, à la suite d'une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. L'expression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques d'économie sociale qui président à son administration.

Première erreur de la "droite" : penser qu'il faille aider les personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé.
Si on reprend la pyramide des besoins selon Maslow, le logement, certes indispensable, vient néanmoins, dans la hiérarchie des besoins auxquels les êtres humains sont confrontés, directement derrière les fonctions vitales, telles que se nourrir. Or, depuis l'échec de l'expérience communiste, personne ne songe sérieusement à nationaliser l'agriculture, Danone, Auchan et Carrefour pour que l'Etat s'assure que chacun mange. Pour se nourrir, une fonction vitale, on fait confiance au marché et à ses millions d'intervenants décentralisés, du producteur de semences au caissier du magasin. Alors pourquoi le logement devrait sortir de ce schéma ? 

Si des parisiens n'arrivent pas à se loger dans Paris, pourquoi les aider alors qu'ils peuvent tout simplement déménager pour aller plus loin ? 

Deuxième erreur de la droite : souscrire au concept de mixité sociale. L'idée du PS, c'est que le logement social permet aux "pauvres" de vivre aux cotés des "riches". Mais qui a dit que les différents groupes sociaux aient envie de se méler ? 
Pas les pauvres, en tout cas, ni les riches, pour peu que l'on puisse adopter une typologie aussi simpliste. 
Quand les habitants de HLM s'installent dans le VIIeme ou le XVIeme, ils ne font pas leur course à Passy ou rue Cler, ils prennent le métro pour trouver des produits moins cher. Et oui, habiter quelque part ne fait pas tout, encore faut-il que l'environnement ne soit pas hostile. 
On peut d'autant plus rire quand on évoque la question de la mixité sociale quand on reprend toutes es stratégies que les plus informés mettent en oeuvre pour éviter à leur enfant la mixité scolaire. Entre les options rares, les classes spéciales ou carrément les écoles privées, n'est ce pas la caractéristique des CSP+ de gauche, pas forcément ultra fortunées mais à fort capital intellectuel, que de penser que leurs enfants n'ont pas à subir les volontés niveleuses de l'Education Nationale ? Il ne s'agit pas de blâmer ces parents, mais juste de voir les choses en face : la mixité sociale, personne n'en veut (3). 

Troisième erreur de la droite : valider l'idée de mixité sociale se fait par arrondissement. C'est vrai, pourquoi ne pas chercher à affiner le concept, et vérifier que dans chaque rue, voire dans chaque immeuble, il y a maximum 40% de diplomés de l'enseignement supérieur, 10 ou 15% de gays, 52% de femmes, 10% de maghrébins, bref que chaque immeuble reflète bien la sociologie de l'Ile de France ? Mieux, pourquoi ne pas bloquer les mariages de CSP + (4) ou de CSP +++, afin de s'assurer que la mixité sociale s'applique aussi aux familles ? 

Résumons nous : les HLM sont une arnaque sur le plan intellectuel. Ils octroient un pouvoir démesuré au politique, et ce au détriment des contribuables. De plus, des gens qui y résident n'ont rien à y faire. L'avantage qu'il implique est tel qu'il fait l'objet de trafics. 
Si la droite était vraiment une opposition, elle proposerait la seule idée qui vaille : privatiser ces logements sociaux, en les proposant à la vente à qui veut, à commencer par leurs actuels occupants. 




(1) Municipales 2014 à Paris #HLM : affrontement Goasguen-Brossat en #Conseil de Paris 2 juillet 2015
(2) Challenges Et si la résistance du PS à Paris s'expliquait par... ses HLM ? 31 mars 2014
(3) LPL La mixité sociale, personne n'en veut 28 mars 2012
(4) Le Parisien Paris : Anne Hidalgo a marié Emmanuelle Cosse et Denis Baupin 20 juin 2015
(5) Le Parisien Anne Hidalgo va marier Pierre Moscovici 3 juin 2015




Sur le même sujet 


La question du logement à Paris, un post du 16 novembre 2011

Privatiser pour en finir avec le scandale des HLM, un post du 23 mars 2012
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mercredi 17 juin 2015

Il y a 130 ans, la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis

Vous avez vu le Doodle du jour ? 


Il y a 130 ans la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis pour célébrer le centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine, et en signe d’amitié entre les deux nations (1), et Google célèbre cela aujourd'hui.

L'occasion de se rappeler que le libéralisme, il vient de chez nous, pas d'outre Atlantique, même si notre pays se traduit souvient par une réelle obsession anti-libérale (2), et l'occasion également de se souvenir que chez nous aussi, il y a une statue de la liberté !