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samedi 26 septembre 2015

Sarkozy à Barcelone : très intéressant

Les catalans voteront dimanche pour un scrutin qui pourrait conduire à l'indépendance de la Catalogne vis a vis de l'Espagne. 
Dans ce contexte, les indépendantistes (de gauche) et les unionistes (dont le gouvernement Espagnol dirigé par Mariano Rajoy, du Parti Populaire, droite) font campagne. Rien que de très normal. 

Or, s Sarkozy, le président du parti Les républicains ex UMP, s'est rendu vendredi au dernier meeting du Partido Popular (PP), aux côtés de la tête de liste Xavier García Albio. 


Ceci a été critiqué par un certain nombre d'observateurs, dont l'extrême gauche, mais aussi par certains libéraux. 
En effet, pour ceux-ci, on peut se demander de quoi se mèle l'ancien président de la République Française. 
Imagine t-on, disent-ils, que Tony Blair vienne à un meeting du gouvernement Hollande pour dénoncer les vélléités indépendantistes des Bonnets Rouges bretons ou des Corses ? 

Et bien au contraire. ! C'est très intéressant que Sarkozy se soit rendu à Barcelone, et ce à plus d'un titre. 

D'une part, on peut être pour l'indépendance de la Catalogne, et admettre que chacun puisse exprimer son point de vue. A priori, Sarkozy ne s'est pas rendu de son propre chef, il a été invité par le PP Espagnol. Si les Unionistes pensent que Sarkozy avait quelque chose à apporter à leur message, pourquoi leur en faire grief ?  

D'autre part, on reproche trop souvent, à juste titre d'ailleurs, le fait que les classes politiques Européennes soient nationales et non pas fédéralisées, à l'échelle du continent. C'est très bien qu'un leader français soit allé exprimer son point de vue en Espagne, en tant que membre du même parti Européen, le PPE (2), le groupe qui rassemble l'UMP-Les républicains, le PP, la CDU, le Conservative Party ...

Enfin, sur le fond, en exprimant son point de vue, Sarkozy a rappelé que partout en Europe, y compris chez nous en France, il existe un point de vue globalement toujours pro Etats (dans leur périmètre actuel), et très rarement pro régions. A ce titre, ne saluons pas les menaces de la Commission Européenne qui a annoncé que si la Catalogne devient indépendante, elle sortira de l'UE. C'est justement au nom de l'application du principe de subsidiarité, un principe Européen, et de la volonté de séparer les missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie, qui pourraient être fédéralisées au niveau Européen) des autres services publics que les régionalistes agissent.

Difficile de dire si Sarkozy aura été décisif dans cette campagne. Toutefois, il aura au moins eu le mérite d'aller exprimer en personne le point de vue des conservateurs européens. Cette prise de parole contraste avec le silence d'un certain premier ministre français, que la Catalogne concerne au premier chef.


mercredi 29 juillet 2015

Beigbeider coupe les ponts avec les libéraux


L'ancien membre du Parti Radical puis de l'UMP n'aurait donc aucun état d'âme à soutenir Marxine le Pen ? 
Pour soutenir le programme économique d'extrême gauche du Front National (1), il faut vraiment ne plus savoir où on en est. 

Que les questions sociétales importent à certains, nul ne saurait le reprocher, pas plus qu'on ne saurait critiquer outre mesure les positions authentiquement conservatrices (et non pas libérales) que défendent des gens comme Charles Beigbeider mais aussi François Fillon ou Marion Maréchal le Pen. Mais qu'ils ne s'y trompent pas : le national socialisme n'est pas un conservatisme, c'est bien un socialisme. Quand bien même Marxine le Pen aurait pris ses distances avec son père, au profit du programme ultra étatiste et chevenementiste de Florian Philippot, en réalité, on ne sait pas ce qu'elle pense sur le sujet, comme en atteste son absence totale de communication sur la Manif Pour Tous (2)  (à la différence de sa nièce). 

On peut aussi comprendre le concept selon lequel le Parti Socialiste étant régulièrement associé aux extrémistes de gauche du Front de Gauche (Hollande élu avec les voix de l'extrémiste Mélenchon, ou Anne Hidalgo qui gère Paris avec les communistes), il faudrait envisager des ponts entre le Front National et les Républicains. Mais la encore, il y a de gros bémols : d'une part, le FN ne veut pas collaborer avec les Républicains, il veut les tuer. D'autre part, les socialistes n'ont pas tellement eu à se forcer pour collaborer avec des communistes puisque c'est en réalité tout notre pays qui, depuis le programme du CNR, est influencé à divers niveaux par le communisme. 

Donc, n'avoir aucun état d’âme à soutenir Marxine le Pen, une personnalité volontairement floue sur les sujets sociétaux et dont la stratégie n'est pas exactement coopérative, c'est pour le moins osé. 

Quoi qu'il en soit, bon vent à Charles Beigbeider avec ses nouveaux amis !




jeudi 2 juillet 2015

Mixité sociale : la "droite" parisienne prise au piège de son penchant socialiste

Sacrés soi-disant droitards !
Faute de formuler une alternative claire à la politique menée par le Parti Socialiste, ils en sont réduis, en plein conseil municipal, à élever la voix contre les "staliniens" qui pratiquent une politique "dogmatique" en matière de logement (1). 
L'objet de la discorde : les HLM dans le XVIeme arrondissement. Le communiste Ian Brossat est fier de pouvoir en implanter. 

Il est vrai que si on considère que la loi SRU est légitime et que, deuxième condition, les arrondissements parisiens sont, en ce qui concerne le logement, des villes à part entière, alors force est de constater que le seizième arrondissement n'est pas un bon élève du logement social. 


Source : APUR
Alors que 36% des logements du XIXeme sont des HLM, cette proportion tombe à moins de 3% dans le XVIeme.


Pourtant, les critiques du parti Les Républicains contre la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à Paris tombe un peu à plat, faute de s'attaquer au coeur du problème : l'existence du concept de LM, une hérésie. 

A t-on vu la "droite" parisienne expliquer, lors de la dernière campagne municipale, qu'il fallait remettre en cause la loi SRU et l'existence du parc HLM ? Non. Trop soucieuse de courir après le PS, et désireuse de ne pas faire de vagues, elle a préféré faire profil bas sur le sujet, dont on sait pourtant qu'il a contribué à la victoire d'Hidalgo (2). 

Un logement, c'est quoi ? Citons Wikipedia : Un logement, C'est un local, un appartement ou une maison et plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s'abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé. C'est un endroit pour s'abriter (héberger) le jour et la nuit.
Et un logement social, c'est quoi ? Un logement social est un logement destiné, à la suite d'une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. L'expression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques d'économie sociale qui président à son administration.

Première erreur de la "droite" : penser qu'il faille aider les personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé.
Si on reprend la pyramide des besoins selon Maslow, le logement, certes indispensable, vient néanmoins, dans la hiérarchie des besoins auxquels les êtres humains sont confrontés, directement derrière les fonctions vitales, telles que se nourrir. Or, depuis l'échec de l'expérience communiste, personne ne songe sérieusement à nationaliser l'agriculture, Danone, Auchan et Carrefour pour que l'Etat s'assure que chacun mange. Pour se nourrir, une fonction vitale, on fait confiance au marché et à ses millions d'intervenants décentralisés, du producteur de semences au caissier du magasin. Alors pourquoi le logement devrait sortir de ce schéma ? 

Si des parisiens n'arrivent pas à se loger dans Paris, pourquoi les aider alors qu'ils peuvent tout simplement déménager pour aller plus loin ? 

Deuxième erreur de la droite : souscrire au concept de mixité sociale. L'idée du PS, c'est que le logement social permet aux "pauvres" de vivre aux cotés des "riches". Mais qui a dit que les différents groupes sociaux aient envie de se méler ? 
Pas les pauvres, en tout cas, ni les riches, pour peu que l'on puisse adopter une typologie aussi simpliste. 
Quand les habitants de HLM s'installent dans le VIIeme ou le XVIeme, ils ne font pas leur course à Passy ou rue Cler, ils prennent le métro pour trouver des produits moins cher. Et oui, habiter quelque part ne fait pas tout, encore faut-il que l'environnement ne soit pas hostile. 
On peut d'autant plus rire quand on évoque la question de la mixité sociale quand on reprend toutes es stratégies que les plus informés mettent en oeuvre pour éviter à leur enfant la mixité scolaire. Entre les options rares, les classes spéciales ou carrément les écoles privées, n'est ce pas la caractéristique des CSP+ de gauche, pas forcément ultra fortunées mais à fort capital intellectuel, que de penser que leurs enfants n'ont pas à subir les volontés niveleuses de l'Education Nationale ? Il ne s'agit pas de blâmer ces parents, mais juste de voir les choses en face : la mixité sociale, personne n'en veut (3). 

Troisième erreur de la droite : valider l'idée de mixité sociale se fait par arrondissement. C'est vrai, pourquoi ne pas chercher à affiner le concept, et vérifier que dans chaque rue, voire dans chaque immeuble, il y a maximum 40% de diplomés de l'enseignement supérieur, 10 ou 15% de gays, 52% de femmes, 10% de maghrébins, bref que chaque immeuble reflète bien la sociologie de l'Ile de France ? Mieux, pourquoi ne pas bloquer les mariages de CSP + (4) ou de CSP +++, afin de s'assurer que la mixité sociale s'applique aussi aux familles ? 

Résumons nous : les HLM sont une arnaque sur le plan intellectuel. Ils octroient un pouvoir démesuré au politique, et ce au détriment des contribuables. De plus, des gens qui y résident n'ont rien à y faire. L'avantage qu'il implique est tel qu'il fait l'objet de trafics. 
Si la droite était vraiment une opposition, elle proposerait la seule idée qui vaille : privatiser ces logements sociaux, en les proposant à la vente à qui veut, à commencer par leurs actuels occupants. 




(1) Municipales 2014 à Paris #HLM : affrontement Goasguen-Brossat en #Conseil de Paris 2 juillet 2015
(2) Challenges Et si la résistance du PS à Paris s'expliquait par... ses HLM ? 31 mars 2014
(3) LPL La mixité sociale, personne n'en veut 28 mars 2012
(4) Le Parisien Paris : Anne Hidalgo a marié Emmanuelle Cosse et Denis Baupin 20 juin 2015
(5) Le Parisien Anne Hidalgo va marier Pierre Moscovici 3 juin 2015




Sur le même sujet 


La question du logement à Paris, un post du 16 novembre 2011

Privatiser pour en finir avec le scandale des HLM, un post du 23 mars 2012
Pas surpris par l'affaire Philippe Kaltenbach (sénateur maire #PS de Clamart) ...! 5 aout 2013
Affaire #FrigideBarjot & scandale des HLM parisiens : tous les vendre, au prix du marché. 18 septembre 2013
S'opposer à l'idée de logement social à Paris, oui et alors ? 19 décembre 2013
#MUN75003 - Affaire de HLM donnés à des cadres sups de la FFT ? Quelle surprise ! 20 février 2014
Contrôle des sous-locations de HLM parisiens : hypocrite mais bienvenu ! 7 mars 2015

dimanche 7 juin 2015

Fouquet’s, Rolex et Karcher

A votre avis, qui a dit : « la devise de la République est liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas Fouquet’s, Rolex, Karcher. » 
C'est Jean-Christophe Cambadélis (1), toujours très intelligent, à l'occasion de son discours de clôture du Congrès du PS à Poitiers.
Est-ce que les militants UMP-Les Républicains réalisent à quel point, en élisant Nicolas Sarkozy à la tête de leur parti, ont fourni au Parti Socialiste la meilleure occasion non seulement de tuer le débat politique, mais aussi de fournir au PS un flot intarissable de propos dénués de fond ? 

Les militants UMP Les Républicains disent "Nicolas Sarkozy nous représente", malgré son bilan catastrophique en tant que président de la république et son manque de consistance idéologique, alors qu'ils pouvaient choisir soit la consistance, la cohérence et la sincérité totalement conservatrice (Hervé Mariton) ou le renouveau plutôt centriste (Bruno Le Maire).
Ils ont surtout oublié que Nicolas Sarkozy traîne une désastreuse une image bling bling qui annihile tout débat de fond. 
Pourtant, en matière de Fouquet’s, Rolex et Karcher, les socialistes de gauche en connaissent un rayon : 
  • François Hollande a son Fouquet's, le Laurent (2). Ce restaurant est au Fouquet's ce qu'un Hippopotamus est au kebab du coin : pas la même catégorie de prix, ni le même standing. 
  • Les montres de prix, les socialistes, frondeurs ou non, connaissent bien. N'était-ce pas Cahuzac qui avait 100 000 euros de montres chez lui (3) ? Et Moscovici, Dray, Jospin ou Fabius, ils ne sont plus socialistes (4) ? 
  • En matière de karcher, il semblerait que même si Tourcoing, Marseille ou la Seine Saint Denis ne sont pas complètement sous contrôle, Valls et Cazeneuve ne se débrouillent pas trop mal contre les Roms ou les sans-papiers (5) ? 


Il n'y a aucune différence majeure sur la politique étatiste, dirigiste et liberticide menée entre les socialistes de droite (2002-2012) et celle à l'oeuvre depuis 2012, et ça, Jean-Christophe Cambadélis ne peut pas l'ignorer. Valls s'est glissé dans les habits de Sarkozy, Cazeneuve a repris les dossier d'Hortefeux, et Sapin est aussi inconséquent que Baroin.




Alors, il attaque sur l'anecdotique, en pratiquant une sorte de racisme social qui ne dit pas son nom, en dénigrant un parvenu. La stratégie est risquée : en procédant de la sorte, Cambadelis rappelle l'ascendance Neuilléenne d'un certain nombre de socialistes de premier plan ou leur membership dans des clubs comme le Siècle.
Etre riche ou de bonne famille comme peut l'être l'actuel président de la République est-il un crime ? Non, assurément, pas plus qu'aimer les bons restaurants, les montres suisses et les nettoyeurs haute pression made in Germany n'est condamnable. 

Cambadelis préfère deviser sur les goûts, plutôt bas de gamme (pour du luxe), de Sarkozy, plutôt que commenter l'usage du pavillon de la Lanterne à Versailles par la copine du président de la République (6) ou les trajets Poitiers-Berlin en jet privé pour aller voir un match de foot (7). C'est son choix. Pas sur que cela relève le niveau du débat politique en France, surtout à un moment où nos libertés sont menacées, comme le rappelait encore ce soir le bâtonnier de Paris. 







(2) Contrepoints François Hollande a son Fouquet’s 30 avril 2012