Affichage des articles dont le libellé est socialisme de droite. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est socialisme de droite. Afficher tous les articles

lundi 8 février 2016

Bénévolat contre RSA : le choix honteux des mots

Pour toucher le  revenu de solidarité active (RSA), les allocataires du Haut-Rhin devront faire du bénévolat (1).

Beaucoup de français, y compris des libéraux ou des sympathisants de droite, ont applaudi l'idée ce week end.

Pourtant, voila typiquement l'exemple même de fausse bonne idée.

Le RSA, c'est quoi ? C'est 524,16  € versé à un célibataire par la Caisse d'Allocations Familiales. Qu'on soit pour ou contre les aides sociales (chez les libéraux, à la différences des socialistes de droite, on est contre), 524 euros, il faut avouer que ce n'est pas grand chose. 
Rappel, en France, pour se loger, il faut payer chaque mois au grand minimum entre 200 euros pour un studio dans le Limousin ou 600 euros pour une chambre de bonne à Paris. 

Le RSA, qui le paye ? Le Conseil départemental,est chargé de financer le RSA socle, à destination des personnes sans emploi ou à très faible activité. Quand à l’Etat, il finance, par l'intermédiaire du Fonds national des solidarités actives (FNSA), le RSA activité  (pour ceux qui travaillent ou qui sont en formation rémunérée ayant de faibles revenus).
Le FNSA est financé par un prélèvement de 1,1% sur l’ensemble des revenus financiers, à l’exception de l’épargne populaire (livret développement durable, livret A, LEP et livret jeune).

Vous essayez tant bien que mal d'épargner quelques euros sur un compte en banque pour pouvoir payer vos impots, votre future retraite ou vos frais de santé ? Et vous versez cette épargne sur un compte alimenté par de l'argent déjà taxé puisque vous payez de l’impôt sur le revenu ? Vous payez pour le RSA. Les revenus du "capital" étant soumis à la CRDS et à la CSG, sans oublier la non moins poétique Contribution Additionnelle au Prélèvement Social de 0,3%, financent in fine le RSA. 

Maintenant, qui touche le RSA ? Pas assez de monde, aurait-on envie de dire, de manière provocatrice. 35 % des bénéficiaires potentiels du « RSA socle » ne le demandent pas et ce taux monte à 68 % pour le « RSA activité » (2). Pourquoi ? 

Certains bénéficiaires potentiels ne se manifestent pas car ils veulent se débrouiller sans. Mais pour une part plus importante encore, c'est tout simplement parce que c'est trop compliqué, ou qu'ils ne savent pas comment faire. 
Oui, chercher à rentrer dans la matrice n'est pas si simple. Il n'y a qu'à penser à ce paradoxe : comment toucher des chèques d'argent public quand on est SDF, sans adresse donc, ou sans compte en banque ? Pensons par exemple au cauchemar administratif vécu par cette ex chef d'entreprise, devenue SDF (lire Du dépôt de bilan à la rue : la descente aux enfers d'une jeune chef d'entreprise française).

Et bien que le nombre de bénéficiaires du RSA devrait être plus important que ce qu'il n'est actuellement, un certain nombre de départements français sont quand même déjà en faillite (4). Qu'est ce que ca serait si tous les bénéficiaires potentiels faisaient et pouvaient faire valoir leur "droit" !

En résumé, le revenu de solidarité active est un dispositif étatique qui a échoué dans sa mission de sortir de la pauvreté ceux qui n'ont rien, tout en taxant ceux qui n'ont rien demandé. 
Et comme beaucoup de dispositif de solidarité étatisée, le RSA constitue un dévoiement de la notion de solidarité. 

Quand au bénévolat, il n'a absolument rien à voir avec l'Etat ou les départements. Le bénévolat, c'est du temps libre fourni par un citoyen, qu'il soit lycéen, salarié, entrepreneur, retraité ou chômeur, pour une cause ou une association. 
Pour faire du bénévolat, qu'il s'agisse d'aider des collégiens en difficulté, vêtir des migrants, aider des prisonniers à se réinsérer, collecter des dons alimentaires, s'occuper de personnes agées, nettoyer un espace public ou organiser des maraudes pour aider des SDF, pas besoin d'Etat, ni de département. Il suffit qu'une personne ait la volonté d'agir, seule ou en groupe. Pour trouver des causes ou des associations, là encore, pas besoin d'Etat ou de département. Il suffit d'aller voir une des millions d'associations de France, ou encore d'aller sur Internet, sur les sites du type France Benevolat ou Tous Benevoles

La théorie du bénévolat, c'est, parait-il, le libre choix et le libre arbitre. C'est ce qui distingue le bénévolat du servage et de l'esclavage, qui ne sont ni volontaires ni rémunérés. Les bénévoles ne sont pas des serfs d'Etat, ce sont des gens libres qui choisissent d'effectuer gratuitement une tache. 
Quand au critère du salaire, c'est  ce qui permet de distinguer l'emploi salarié, volontaire et payé, du bénévolat, volontaire mais pas payé. Vu que le bénévolat, c'est le libre choix, il est honteux d'oser le présenter comme une potentielle contrepartie au RSA. Et derrière le choix honteux des mots, il y a la honteuse idéologie socialiste de droite. 

Le cumulard Eric Straumann, (Les Républicains) président du Conseil Départemental nous explique "Sept heures par semaine, ce n’est pas énorme. Je suis sûr qu’on ne me manquera pas d’activités, il y a plein d’associations qui manquent de bras », et il ajoute qu'une plate-forme numérique sera créée pour mettre en relation les profils des allocataires avec les besoins des associations, maisons de retraite, collectivités locales ou autres établissements publics. 
Autrement dit, le Haut Rhin, une collectivité publique, veut faire le travail de recrutement de bénévoles que les associations effectuent déjà ? Avec quel argent va t-il construire cette plateforme ? Avec l'indemnité forfaitaire de 6.412€ par mois que touche le député qui cumule avec la présidence du conseil départemental ? 

Il semble que la proposition du conseil départemental du Haut Rhin ne soit qu'une banale tentative de faire des économies. Ce geste aurait pu être louable, s'il ne s'était accompagné de la minable tentative de faire passer cette idée pour de l'humanitaire. 

Ce député cumulard, Eric Straumann, est élu à l'Assemblée Nationale depuis 2007. Pourquoi n'a t-il jamais déposé de projet de loi pour supprimer le RSA et, insistons sur le et, pour supprimer la CSG sur les revenus financiers ? 

La bonne idée, ce n'est pas de proposer des heures de Bénévolat contre le RSA. La bonne idée c'est de supprimer tout ce système social français, en faillite puisque payé à crédit. Une autre idée est de dépolitiser complètement l'aide sociale, c'est l'idée du revenu universel (5) défendu par Gaspard Koenig ou par d'autres acteurs. 
Si le député cumulard, Eric Straumann, avait un peu de courage, c'est à dire s'il osait sortir du socialisme de droite, il ne proposerait pas d'échanger le RSA contre quelques heures de bénévolat. Il proposerait de cesser de verser le RSA, au lieu de chercher à retarder le jour de l'annonce officielle de la faillite de l'Etat.

Au passage, bravo au député Straumann de fournir une occasion à Marisol Touraine et à la gauche de se redorer le blason à bon compte, en faisant une fois de plus passer la droite pour des gens sans coeur.




(4) Contrepoints Des départements encore plus près de la faillite 25 janvier 2016
(5) Génération Libre Un revenu de liberté pour tous 

dimanche 7 février 2016

Montebourg accuse le PS de devenir libéral, et il se trompe

Non, le paysage politico-médiatique français n'en a pas fini avec Arnaud Montebourg. Après tout, pourquoi pas, la liberté d'expression fait partie des valeurs fondamentales du pays, y compris quand on raconte des bétises des contrevérités.

Ainsi, on apprend que le PS (gouvernemental, au pouvoir) deviendrait libéral (1). 








Sacré Montebourg !

Passons sur la relation que le vice président développement d'Habitat, anti libéral donc, doit entretenir avec ses patrons et employeurs.

Non, concentrons nous sur l'analyse de l'ancien ministre de Hollande. 

Comment peut-on renvoyer dos à dos les deux formations UMP/ les Républicains et Parti Socialiste, «des partis dirigés par une sorte de bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles» ou évoquer un «sarkhollandisme économique», et ensuite parler de libéralisme au Parti Socialiste ? 

Pour le «sarkhollandisme économique», il n'y a pas de surprise. Les libéraux savaient, dès 2012, qu'il n'y aurait pas de changement majeur entre l'étatisme de Nicolas Sarkozy et l'étatisme de Hollande. 










Tout au plus pouvait-on deviner que François Hollande, poussé par ses hommages au communisme lors de sa campagne électorale en 2012, serait encore plus enclin à se montrer ultra étatiste et dirigiste. 

Quand à dénoncer la "haute bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles", c'est certes noter qu'il importe relativement peu que le pays soit dirigé par l'UMP/Les Républicains ou le PS quand l'administration (et donc le périmètre de l'Etat) ne change pas, mais pourquoi y associer Bruxelles, quand la France se montre incapable de respecter le traité de Maastricht (2) ou la Convention Européenne des Droits de l'Homme (3) ? Pour un pays soit-disant sous la coupe de Bruxelles, que d'écarts vis-a-vis des traités signés par la France et défendus, à l'époque, durant les années 90, par des gens comme François Hollande ou Manuel Valls !

Les libéraux, monsieur Montebourg, en ont assez d'être insultés par des gens qui, pourtant, ont dû suivre, dans leur cursus universitaire, un cours des idées politiques. Montebourg n'a t-il vraiment  pas lu Frédéric Bastiat, Jean-Baptiste Say ou Turgot ? 

Le libéralisme, c'est quoi (4) ? 
Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). le libéralisme est une opposition à la dictature de l'absolutisme du souverain. Le libéralisme est une théorie du droit.
Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l'indépendance personnelle, le respect des droits individuels. On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l'on retrouve dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen :
• l'égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l'oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
Actualisée avec les problématiques françaises d'aujourd'hui, le libéralisme a pour priorité la redéfinition du rôle de l'Etat (limité à ses fonctions régaliennes), la restauration du libre choix de dépense de la part du contribuable (et donc la baisse de la fiscalité), et le respect du préambule de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (dont la liberté d'opinion par exemple). C'est la base du programme du seul parti libéral en France, le Parti Libéral Démocrate.

Il existe de nombreux auteurs et essayistes français plus contemporains que Locke ou Bastiat, qui permettent de prendre conscience de ce qu'est le libéralisme. 









Quelle a été la politique menée par le Parti Socialiste depuis 2012, alors qu'il contrôle l'Elysée, les principaux ministères régaliens et, avant ses défaites électorales récentes, la majorité des collectivités territoriales ? 

  • dépense publique : elle a progressé en valeur absolue. Depuis 2012, il y a eu plus d’impôts, plus de dépense publique. 
  • périmètre de l'Etat : aucune mission publique n'a été remise en cause
  • démocratie : les parlementaires n'ont même pas le droit de se prononcer pour ou contre les guerres de Hollande, au Mali ou en Syrie. 
  • libertés civiles : la Loppsi est maintenue, la Hadopi aussi, l'extension du champs d'application du secret défense aussi, la Loi Renseignement est passée, ainsi que la Loi de Programmation Militaire

Human Rights Watch (5), l'Index of Economic Freedom (6), la Ligue des Droits de l'Homme (7) ou l'association Contribuables Associés (8) sont formels : les libertés reculent en France.
On peut donc logiquement en conclure que puisque les libertés reculent, Valls n'est pas un libéral. C'est un autoritaire (9)

Oui, on peut placer le Parti Socialiste et les Républicains sur le même plan. Mais ce plan n'est certainement pas libéral, Monsieur Montebourg !







(1) Tribune de Genève Montebourg accuse le PS de devenir libéral 7 février 2016
(4) Wikiberal Libéralisme
(5) Human Rights Watch France : Les pouvoirs liés à l’état d'urgence risquent de porter atteinte aux droits humains 24 novembre 2015
(6) Heritage Foundation France
(7) Ligue des Droits de l'Homme Etat d'urgence : l'urgence d'en sortir 3 février 2016
(8) Contribuables Associés La mère des réformes, c'est la baisse de la dépense publique 28 janvier 2016
(9) Le Point Un Fouché en imper noir 5 février 2016

vendredi 5 février 2016

Le retour de Nicolas Sarkozy : quelle crédibilité ?

Autant l'avouer tout de suite, votre serviteur n'en revient pas. 

Oui, il en faut du courage à l'ancien président de la République pour oser se représenter devant les français, surtout au vu du bilan de 2007-2012. Rappelons, en effet, ce qui s'est passé pendant 5 ans : les français ont pris cher, ils ont souffert. Nous avons été assaillis par un déluge de taxe, validé par un gouvernement de "droite" : taxe sur les stock options, surtaxe sur le certificat d'immatriculation, taxe sur les véhicules polluants, taxe sur les complémentaires santé, baisse du 1er euro du seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières, taxes sur les taxes (TVA sur TIPP), taxe sur les sodas, etc... sans oublier l'incroyable exit taxe, une sorte de Mur de Berlin fiscal, taxer les riches qui partent de France. 


A l'époque, et surtout après Lehman Brothers, Sarkozy nous disait :

  • on ne va pas abandonner le "modèle social" français
  • je ne me lève pas le matin en me demandant ce qu'aurait dit Hayek
Bref, Sarkozy, en bon socialiste de droite (1), avait en tête bien plus le catéchisme étatiste que les méthodes de Margaret Thatcher. 

Depuis, Sarkozy est parti, et nous avons pire : toujours plus d'Etat, de lois, de dépense payée à crédit (et donc de déficits et de dette). Rien de surprenant à cela. Pourquoi ? Parce que tant qu'on ne remet pas en cause le périmètre de l'Etat, alors il faut bien financer toutes ces dépenses, et donc il faut bien taxer, ou emprunter pour payer les services publics et les fonctionnaires. Dont acte. 

Aujourd'hui, alors que Hollande a fait la démonstration de son incompétence, Sarkozy tente un retour au niveau des idées, dans les médias. Cela a commencé par la publication de "la France pour la vie". 


On pensait que celui qui faisait son jogging avec un tshirt "NYPD" (!) avait ses rêves orientés vers les Etats Unis, mais bon, passons. 

Cela s'est poursuivi avec la participation à l'émission Des Paroles et des Actes. Et là, force est de constater que celui qui ne rendait même pas hommage au statut de l'auto entrepreneur dans son livre, a choisi de défendre, comme François Fillon, sur le plan économique, des mesures qu'il n'a pas appliqué pendant 5 ans, mais qui vont plutôt dans le bon sens (2) : 
  • contre-choc fiscal de 25 milliards d’euros
  • baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu
  • suppression de l’ISF
  • baisses de charges pour les entreprises
  • programme d’économies de 100 milliards d'euros
  • retour du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite étendue aux collectivités locales
  • augmentation du temps de travail dans la fonction publique
  • recul de l’âge légal de départ à la retraite
  • dégressivité des allocations chômage votées « dès l’été 2017 »
  • programme de privatisation affecté au désendettement
  • arrêt des régimes spéciaux de retraite


Ce sont des bonnes idées pour la plupart. Quel dommage qu'elles n'aient pas été mises en oeuvre entre 2007 et 2012, comme la suppression de l'ISF ou celle des 35 heures.

Mais, le vrai problème, c'est, comme le note l'Opinion, il y a un problème de méthode.





Economie : pourquoi Nicolas Sarkozy se trompe... par Lopinionfr



Passons sur le fait qu'un contre-choc de 25 milliards, ce n'est pas assez. Passons aussi qu'il n'est pas très logique de promettre des baisses de charges sans affirmer que le corollaire, c'est la fin de la protection sociale telle que les français, y compris à droite, l'entendent. 

Le problème, c'est que Nicolas Sarkozy tente d'attirer la droite et les libéraux par effet d'affichage. Les médias comme la Croix ne tombent-ils pas déjà dans le panneau d'un Sarkozy qui serait un libéral (3) ? On en rirait presque, car désolé d'affirmer que, pour les libéraux, le compte n'y est pas du tout. 

La question, certes, est de baisser les impôts puisque la France est déjà à un niveau record. Mais le préalable doit d'abord être une question philosophique, et non pas fiscale. 
Où est la réflexion sur le rôle de l'Etat ? Où est l'analyse de la nécessité de recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ? Où est l'étude de l'articulation entre la possibilité de gérer au niveau fédéral européen les missions régaliennes de l'Etat et de déléguer à des régions redevenues des patries d'autres missions de service public ? Pourquoi devrait-il y avoir le même modèle, imposé par un ministère, en Bretagne, en Provence, en Savoie, en Corse ou en Flandres ? 

L'autre souci avec Nicolas Sarkozy est sa crédibilité. On avait déjà vu sa capacité à changer d'avis comme de chemise, notamment avec l'affaire du mariage pour tous. Sur le plan économique, quand bien même les idées de Sarkozy iraient dans le bon sens : qui a envie de le croire (4) ? 

Nous n'avons pas oublié 2007-2012, un quinquennat de légitimation du socialisme et du dirigisme.










Egalement publié sur Contrepoints




(3) La Croix Nicolas Sarkozy repart à l’offensive 5 février 2016
(4) Nathalie MP Le cas Sarko : pas aimé, pas voulu, et pourtant bouge encore 5 février 2016

jeudi 2 juillet 2015

Mixité sociale : la "droite" parisienne prise au piège de son penchant socialiste

Sacrés soi-disant droitards !
Faute de formuler une alternative claire à la politique menée par le Parti Socialiste, ils en sont réduis, en plein conseil municipal, à élever la voix contre les "staliniens" qui pratiquent une politique "dogmatique" en matière de logement (1). 
L'objet de la discorde : les HLM dans le XVIeme arrondissement. Le communiste Ian Brossat est fier de pouvoir en implanter. 

Il est vrai que si on considère que la loi SRU est légitime et que, deuxième condition, les arrondissements parisiens sont, en ce qui concerne le logement, des villes à part entière, alors force est de constater que le seizième arrondissement n'est pas un bon élève du logement social. 


Source : APUR
Alors que 36% des logements du XIXeme sont des HLM, cette proportion tombe à moins de 3% dans le XVIeme.


Pourtant, les critiques du parti Les Républicains contre la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à Paris tombe un peu à plat, faute de s'attaquer au coeur du problème : l'existence du concept de LM, une hérésie. 

A t-on vu la "droite" parisienne expliquer, lors de la dernière campagne municipale, qu'il fallait remettre en cause la loi SRU et l'existence du parc HLM ? Non. Trop soucieuse de courir après le PS, et désireuse de ne pas faire de vagues, elle a préféré faire profil bas sur le sujet, dont on sait pourtant qu'il a contribué à la victoire d'Hidalgo (2). 

Un logement, c'est quoi ? Citons Wikipedia : Un logement, C'est un local, un appartement ou une maison et plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s'abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé. C'est un endroit pour s'abriter (héberger) le jour et la nuit.
Et un logement social, c'est quoi ? Un logement social est un logement destiné, à la suite d'une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. L'expression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques d'économie sociale qui président à son administration.

Première erreur de la "droite" : penser qu'il faille aider les personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé.
Si on reprend la pyramide des besoins selon Maslow, le logement, certes indispensable, vient néanmoins, dans la hiérarchie des besoins auxquels les êtres humains sont confrontés, directement derrière les fonctions vitales, telles que se nourrir. Or, depuis l'échec de l'expérience communiste, personne ne songe sérieusement à nationaliser l'agriculture, Danone, Auchan et Carrefour pour que l'Etat s'assure que chacun mange. Pour se nourrir, une fonction vitale, on fait confiance au marché et à ses millions d'intervenants décentralisés, du producteur de semences au caissier du magasin. Alors pourquoi le logement devrait sortir de ce schéma ? 

Si des parisiens n'arrivent pas à se loger dans Paris, pourquoi les aider alors qu'ils peuvent tout simplement déménager pour aller plus loin ? 

Deuxième erreur de la droite : souscrire au concept de mixité sociale. L'idée du PS, c'est que le logement social permet aux "pauvres" de vivre aux cotés des "riches". Mais qui a dit que les différents groupes sociaux aient envie de se méler ? 
Pas les pauvres, en tout cas, ni les riches, pour peu que l'on puisse adopter une typologie aussi simpliste. 
Quand les habitants de HLM s'installent dans le VIIeme ou le XVIeme, ils ne font pas leur course à Passy ou rue Cler, ils prennent le métro pour trouver des produits moins cher. Et oui, habiter quelque part ne fait pas tout, encore faut-il que l'environnement ne soit pas hostile. 
On peut d'autant plus rire quand on évoque la question de la mixité sociale quand on reprend toutes es stratégies que les plus informés mettent en oeuvre pour éviter à leur enfant la mixité scolaire. Entre les options rares, les classes spéciales ou carrément les écoles privées, n'est ce pas la caractéristique des CSP+ de gauche, pas forcément ultra fortunées mais à fort capital intellectuel, que de penser que leurs enfants n'ont pas à subir les volontés niveleuses de l'Education Nationale ? Il ne s'agit pas de blâmer ces parents, mais juste de voir les choses en face : la mixité sociale, personne n'en veut (3). 

Troisième erreur de la droite : valider l'idée de mixité sociale se fait par arrondissement. C'est vrai, pourquoi ne pas chercher à affiner le concept, et vérifier que dans chaque rue, voire dans chaque immeuble, il y a maximum 40% de diplomés de l'enseignement supérieur, 10 ou 15% de gays, 52% de femmes, 10% de maghrébins, bref que chaque immeuble reflète bien la sociologie de l'Ile de France ? Mieux, pourquoi ne pas bloquer les mariages de CSP + (4) ou de CSP +++, afin de s'assurer que la mixité sociale s'applique aussi aux familles ? 

Résumons nous : les HLM sont une arnaque sur le plan intellectuel. Ils octroient un pouvoir démesuré au politique, et ce au détriment des contribuables. De plus, des gens qui y résident n'ont rien à y faire. L'avantage qu'il implique est tel qu'il fait l'objet de trafics. 
Si la droite était vraiment une opposition, elle proposerait la seule idée qui vaille : privatiser ces logements sociaux, en les proposant à la vente à qui veut, à commencer par leurs actuels occupants. 




(1) Municipales 2014 à Paris #HLM : affrontement Goasguen-Brossat en #Conseil de Paris 2 juillet 2015
(2) Challenges Et si la résistance du PS à Paris s'expliquait par... ses HLM ? 31 mars 2014
(3) LPL La mixité sociale, personne n'en veut 28 mars 2012
(4) Le Parisien Paris : Anne Hidalgo a marié Emmanuelle Cosse et Denis Baupin 20 juin 2015
(5) Le Parisien Anne Hidalgo va marier Pierre Moscovici 3 juin 2015




Sur le même sujet 


La question du logement à Paris, un post du 16 novembre 2011

Privatiser pour en finir avec le scandale des HLM, un post du 23 mars 2012
Pas surpris par l'affaire Philippe Kaltenbach (sénateur maire #PS de Clamart) ...! 5 aout 2013
Affaire #FrigideBarjot & scandale des HLM parisiens : tous les vendre, au prix du marché. 18 septembre 2013
S'opposer à l'idée de logement social à Paris, oui et alors ? 19 décembre 2013
#MUN75003 - Affaire de HLM donnés à des cadres sups de la FFT ? Quelle surprise ! 20 février 2014
Contrôle des sous-locations de HLM parisiens : hypocrite mais bienvenu ! 7 mars 2015

jeudi 4 juin 2015

Mais au fait, libéral, tu votes pour qui ?

Une question récurrente qui revient, quand on interroge un libéral, c'est "mais finalement, à force de critiquer les socialistes de gauche (Parti Socialiste) ou les socialistes de droite (Les Républicains) (1), tu votes pour qui ?"
Egalement publié sur Contrepoints
Bonne question ! A commencer par le cas de l'élection reine en France, la présidentielle. Et attention à la réponse ! Si tu as le le malheur de répondre "ni le PS, ni les Républicains" (ce que dans ton esprit veut dire ni pour les socialistes de gauche, ni pour les socialistes de droite), gare aux réactions qui sont invariablement du type :"mais tu es Front National !"

Répondre à la question "tu votes pour qui ?" c'est se poser la question de l'existence de politiciens , dans le paysage politique français, pour qui la politique, c'est, par exemple, de "permettre à des couples gays de pouvoir défendre les plans de marijuana qu'ils cultiveraient sur leur propriété, avec leurs propres armes à feu (2)", ou, autrement dit, défendre toutes les libertés qui ne nuisent pas à autrui. Evidemment, depuis que Madelin a quitté la politique, ils se font rares, même si le Parti Libéral Démocrate a repris le relais. 

Les libéraux français qui, dans l'absolu, ne veulent pas prendre le pouvoir mais le rendre (3), (comme le rappelle les Libertariens), sont pour la majorité d'accord avec le constat de Ghislaine Ottenheimer (4) qui note que notre pays souffre spécifiquement d'un problème : le fonctionnement de nos institutions et le fait qu’un seul homme, le président de la république, monarque républicain, décide de tout sans pourtant parvenir à mener à bien les réformes nécessaires (et ce quelque soit sa couleur politique, son profil ou sa volonté). 
Ensuite, les libéraux français regrettent également cette stupide et artificielle bipolarisation de la vie publique, conséquence directe de ce focus sur la présidentielle. Cette bipolarisation entraîne un certain nombre d'incongruités, telles que le regroupement à gauche comme à droite de personnalités pourtant, idéologiquement parlant, absolument incompatibles entre elles. En effet, quel lien entre Guaino et Raffarin, Peltier et le Maire, Morano et la Raudière, Emmanueli et Macron, Lienemann et Blisko ou Jego et Bourlanges ? Les partis politiques ne brillent pas par leur cohérence !

Comment faire de la politique tout en se situant dans le champ post-politique (5) et avec la petite dose d'idéalisme que suppose le rejet de l'artificielle bipolarisation de la vie politique ?  

Voila le paradoxe du vote libéral : identifier les politiciens qui accepteront qu'il y ait aussi peu d'Etat que possible, et autant que nécessaire. Etant donné la propension des hommes (et femmes) politiques à s'accaparer toujours plus de pouvoir, pas facile d'avoir confiance !

Si, déjà, les partis politiques PS et les Républicains parlaient de responsabilité, la leur et celles de leurs membres qui, globalement, ont tous cogéré la France depuis les années 80, sans oublier la responsabilité des français qui non seulement n'hésitent pas à valider les politiques catastrophiques que les politiciens mènent, peut être que cela irait mieux. Car, oui, tout n'est pas entièrement de la faute des élus. Malgré tous les défauts de notre pays, nous sommes en démocratie, et le choix des élus est libre, même s'il est contraint par les règles de la vie politique.
Comment cela se fait que les français votent pour des repris de justice, des pourris, des incompétents, mais aussi pour des gens qui, par leurs actions, mettent sciemment le pays et ses finances publiques en danger ? Que les socialistes de gauche ou de droite votent, années après années, des budgets en déficit (et donc une dette en hausse), soit, mais comment se fait-il qu'ils soient reconduis ?
Est-ce une déviance du suffrage universelle, qui fait que les bénéficiaires des politiques publiques ne sont pas les payeurs, ou une illustration du court termisme de la politique dans son ensemble ?

Par défaut, un libéral sera donc amené à voter blanc, surtout à un deuxième tour de présidentielle socialisme de gauche/socialisme de droite - Hollande/Sarkozy. Il n'y a aucune différence de fond entre les deux hommes, qui se veulent providentiels, ni avant l'élection, ni après. Sarkozy avait gommé ses mesures intéressantes avant 2012, telles que la loi TEPA, quand il ne renie pas ses quelques mesures libérales (l'auto entrepreneur), inspiré qu'il est, hier comme aujourd'hui, par l'idée que décidément, c'est à l'Etat de s'occuper de tout. Hollande, n'en parlons pas. Lui au moins assume son dirigisme. Et les deux hommes ont les mêmes déficits, la même liberté prise avec les règles européennes (qu'ils ont pourtant tous les deux voté), etc.

Plus intéressantes, peut être, sont les élections locales et européennes. Au niveau local, que ce soit la ville ou la région, d'une part, la proportionnelle est de mise, et, d'autre part, la démocratie locale et directe peut parfois jouer après l'élection. Quand au niveau européen, non seulement c'est le seul pertinent, mais en plus il permet de retrouver une meilleure représentativité de tout le spectre des idées politiques, de l'extrême gauche antilibérale à l'extrême droite anti libérale, en passant par les sociaux démocrates, les écolos, les libéraux et les conservateurs.

Pour les prochaines élections, les régionales, les choses sont simples : le Parti Libéral Démocrate présente des listes (6). Si on pense que l’arrêt de la hausse de la fiscalité, l'amélioration de la qualité de service des RER, l'autonomie des établissements scolaires sont des priorités, c'est clairement pour Aurélien Véron qu'il faudra voter en décembre prochain.
Mais au delà, en ce qui concerne les élections qui intéressent les sondages ? Dans un système comme le notre où les politiciens sont en même temps des hauts fonctionnaires la plupart du temps, jamais le reflux de l'Etat ne se fera, ni même une vraie fédéralisation européenne de la vie politique française. Tant que Bercy (la fine fleur des énarques) aura la capacité de racketter taxer le contribuable, nous continuerons à subir ce cadre jacobin : les hauts fonctionnaires ne vont pas d'eu-même scier la branche sur laquelle ils sont assis !

C'est pourquoi le jeu démocratique implique, plutot que de s'abstenir, de tenter de constituer des majorités de bon sens, projet par projet (un peu ce que propose Jean-Christophe Fromantin (7), le député maire de Neuilly) et de permettre à une jeune classe politique, déterminée car indépendante, d'émerger. Ça prendra du temps ! Mais après tout, il a aussi fallu du temps pour que Margaret Thatcher arrive au pouvoir, que le Parti Conservateur devienne libéral et surtout que les britanniques acceptent et soutiennent des réformes !





mardi 11 mars 2014

Au fait, #lesEuropeens, c'était quoi ce buzz autour de Michel Barnier (PPE) ?

Si vous étiez sur Twitter ce week end, ou sur Facebook, ou encore en compagnie de frétillants et sémillants "Jeunes Pop", la force jeune de l'UMP, alors vous n'avez probablement pas manqué le buzzword #"soutien à Michel Barnier". 

Au final, il parait que l'équipe France a perdu car Merkel préfererait Juncker à Barnier. Alors, Allemagne 1- France 0 ? 

Michel Barnier, membre de l'UMP, a élu député européen le 7 juin 2009, après avoir été ministre de l'Agriculture et de la Pêche dans le deuxième gouvernement Fillon. Il est Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services depuis le 
Il faut dire que Juncker avait le soutien d'Angela Merkel, et Barnier celui de Copé ... (5)

Au delà de la nationalité, c'est une excellente chose que le chef du PPE soit le luxembourgeois, et non pas un socialiste de droite de plus. 

En effet, Michel Barnier exhibe pour principal fait d'armes sa réforme du système bancaire. Il a déclaré : Ce qui a fragilisé la confiance et la croissance, "ce n'est pas l'excès de règles, c'est la spéculation, l'opacité de certaines transactions, le risque de faillite désordonnée qu'on demande au contribuable de payer, sans parler d'un certain nombre de manipulations". 


  • d'interdire aux banques, dès 2017, de spéculer pour leur propre compte sur les produits financiers s'échangeant sur les marchés (actions, obligations, produits financiers complexes…) ainsi que sur les matières premières.
  • d'attribue aux autorités de contrôle du secteur bancaire le « pouvoir » d'imposer le cantonnement, dans une filiale séparée, d'autres activités de marché jugées à haut risque, réalisées pour leurs clients. 
Le problème est que le constat de Michel Barnier est faux. Ce n'est pas l'absence de règlementation qui a causé la crise de 2008, comme le rappelle le député européen Daniel Hannan (conservatives).