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vendredi 5 février 2016

Le retour de Nicolas Sarkozy : quelle crédibilité ?

Autant l'avouer tout de suite, votre serviteur n'en revient pas. 

Oui, il en faut du courage à l'ancien président de la République pour oser se représenter devant les français, surtout au vu du bilan de 2007-2012. Rappelons, en effet, ce qui s'est passé pendant 5 ans : les français ont pris cher, ils ont souffert. Nous avons été assaillis par un déluge de taxe, validé par un gouvernement de "droite" : taxe sur les stock options, surtaxe sur le certificat d'immatriculation, taxe sur les véhicules polluants, taxe sur les complémentaires santé, baisse du 1er euro du seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières, taxes sur les taxes (TVA sur TIPP), taxe sur les sodas, etc... sans oublier l'incroyable exit taxe, une sorte de Mur de Berlin fiscal, taxer les riches qui partent de France. 


A l'époque, et surtout après Lehman Brothers, Sarkozy nous disait :

  • on ne va pas abandonner le "modèle social" français
  • je ne me lève pas le matin en me demandant ce qu'aurait dit Hayek
Bref, Sarkozy, en bon socialiste de droite (1), avait en tête bien plus le catéchisme étatiste que les méthodes de Margaret Thatcher. 

Depuis, Sarkozy est parti, et nous avons pire : toujours plus d'Etat, de lois, de dépense payée à crédit (et donc de déficits et de dette). Rien de surprenant à cela. Pourquoi ? Parce que tant qu'on ne remet pas en cause le périmètre de l'Etat, alors il faut bien financer toutes ces dépenses, et donc il faut bien taxer, ou emprunter pour payer les services publics et les fonctionnaires. Dont acte. 

Aujourd'hui, alors que Hollande a fait la démonstration de son incompétence, Sarkozy tente un retour au niveau des idées, dans les médias. Cela a commencé par la publication de "la France pour la vie". 


On pensait que celui qui faisait son jogging avec un tshirt "NYPD" (!) avait ses rêves orientés vers les Etats Unis, mais bon, passons. 

Cela s'est poursuivi avec la participation à l'émission Des Paroles et des Actes. Et là, force est de constater que celui qui ne rendait même pas hommage au statut de l'auto entrepreneur dans son livre, a choisi de défendre, comme François Fillon, sur le plan économique, des mesures qu'il n'a pas appliqué pendant 5 ans, mais qui vont plutôt dans le bon sens (2) : 
  • contre-choc fiscal de 25 milliards d’euros
  • baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu
  • suppression de l’ISF
  • baisses de charges pour les entreprises
  • programme d’économies de 100 milliards d'euros
  • retour du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite étendue aux collectivités locales
  • augmentation du temps de travail dans la fonction publique
  • recul de l’âge légal de départ à la retraite
  • dégressivité des allocations chômage votées « dès l’été 2017 »
  • programme de privatisation affecté au désendettement
  • arrêt des régimes spéciaux de retraite


Ce sont des bonnes idées pour la plupart. Quel dommage qu'elles n'aient pas été mises en oeuvre entre 2007 et 2012, comme la suppression de l'ISF ou celle des 35 heures.

Mais, le vrai problème, c'est, comme le note l'Opinion, il y a un problème de méthode.





Economie : pourquoi Nicolas Sarkozy se trompe... par Lopinionfr



Passons sur le fait qu'un contre-choc de 25 milliards, ce n'est pas assez. Passons aussi qu'il n'est pas très logique de promettre des baisses de charges sans affirmer que le corollaire, c'est la fin de la protection sociale telle que les français, y compris à droite, l'entendent. 

Le problème, c'est que Nicolas Sarkozy tente d'attirer la droite et les libéraux par effet d'affichage. Les médias comme la Croix ne tombent-ils pas déjà dans le panneau d'un Sarkozy qui serait un libéral (3) ? On en rirait presque, car désolé d'affirmer que, pour les libéraux, le compte n'y est pas du tout. 

La question, certes, est de baisser les impôts puisque la France est déjà à un niveau record. Mais le préalable doit d'abord être une question philosophique, et non pas fiscale. 
Où est la réflexion sur le rôle de l'Etat ? Où est l'analyse de la nécessité de recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ? Où est l'étude de l'articulation entre la possibilité de gérer au niveau fédéral européen les missions régaliennes de l'Etat et de déléguer à des régions redevenues des patries d'autres missions de service public ? Pourquoi devrait-il y avoir le même modèle, imposé par un ministère, en Bretagne, en Provence, en Savoie, en Corse ou en Flandres ? 

L'autre souci avec Nicolas Sarkozy est sa crédibilité. On avait déjà vu sa capacité à changer d'avis comme de chemise, notamment avec l'affaire du mariage pour tous. Sur le plan économique, quand bien même les idées de Sarkozy iraient dans le bon sens : qui a envie de le croire (4) ? 

Nous n'avons pas oublié 2007-2012, un quinquennat de légitimation du socialisme et du dirigisme.










Egalement publié sur Contrepoints




(3) La Croix Nicolas Sarkozy repart à l’offensive 5 février 2016
(4) Nathalie MP Le cas Sarko : pas aimé, pas voulu, et pourtant bouge encore 5 février 2016

mercredi 26 août 2015

Alors comme ça, Claude Guéant prend le RER ?

Si vous voulez rire un peu (ou pleurer), allez voir l'interview de Claude Guéant, reprise par Le Lab Europe 1


Guéant sur les contrôles dans les trains... par BFMTV


L'ancien ministre (UMP) de l'intérieur, celui qui a avoué qu'il existait des primes en liquide (2) alors que les fonds secrets avaient été soi-disant supprimés, est venu au secours du ministre Front National Parti Socialiste Alain Vidaliès. 
En effet, nouveauté, à gauche, on pense désormais que la discrimination, c'est pas si grave (3). Alors, logiquement, les socialistes de droite de l'UMP/Les Républicains comme Claude Guéant ne peuvent qu'approuver.
En plus d'être d'accord avec le gouvernement, Claude Guéant nous livre une autre information capitale : il a déjà pris le RER ! Oui, un train du réseau express régional d'Ile de France !
Claude Guéant, ancien préfet un peu partout en France métropolitaine et dans les DOM TOM, puis directeur de cabinet et enfin ministre, a donc pris le RER, et il a été contrôlé. 

S'agissait-il d'un contrôle d'identité, ou bien d'un simple contrôle de titre de transport (dont les parisiens usagers des transports savent qu'ils sont de plus en plus assistés de forces de police et même de militaires Vigipirate) ? L'histoire ne le dit pas, pas plus que Claude Guéant ne nous expliquera pourquoi il utilise le RER au lieu de faire comme ses collègues hauts fonctionnaires, prendre des taxis (4). D'ailleurs, y a t-il un RER à Boulogne, la ville dans laquelle Guéant a tenté, en vain, d'être parachuté ? Pas que l'on sache. 

Alors, juste quelques trucs pour Claude Guéant : costume cravate ou pas, tout le monde subit des contrôles de titre de transport dans le métro. Tous ceux qui prennent le RER à la Défense en savent quelque chose. 
De plus, en imaginant qu'il y ait des portiques de sécurité dans les gares françaises (bon courage pour filtrer les centaines de milliers d'usagers quotidiens de la Gare du Nord ...), en quoi cela aurait-il empêché l'incident du Thalys ? Il semble que la France n'ait pas encore annexé Bruxelles, gare de départ du terroriste présumé. Bruxelles, c'est bien en Belgique. 

Enfin, sur sa petite phrase "Certains ont plus une allure de délinquants que d’autres", elle a effectivement un fond de vrai. Les politiciens, UMP comme PS, ont plus souvent une tête de délinquant que les autres français. En effet, quand on voit le casier judiciaire des ministres actuels ou passés, on se dit que Claude Guéant devait forcément penser à son propre milieu, au risque de valider la thèse du tous pourris ? En tout cas, quand un citoyen et contribuable voit un politicien, il a hélas tendance à voir un délinquant (au choix : violeur (5), fraudeur fiscal (6), vendeur de sang contaminé, adepte de l'abus de bien social,  raciste, fraudeur aux subventions (7), conducteur fou amateur d'excès de vitesse, pédophile (8), époux violent (9), bénéficiaire d'emploi fictif, acheteur compulsif de tableaux, faites votre choix (10)). C'est quand même dommage, non ? 

On savait, avec cette affaire d'attaque terroriste déjouée dans le Thalys, qu'on allait assister à un festival de petites phrases clownesques, facepalmesques. Force est de constater que jusqu'à présent, la compétition fait rage. On souhaite bon courage à Claude Guéant. On imagine qu'il préférera peut-être le RER pour se rendre à Nanterre (11) ...


(1) Le Lab Europe 1 Sécurité dans les trains : Claude Guéant raconte ce jour où il a été contrôlé dans le RER 24 août 2015
(2) Sud Ouest Affaire Claude Guéant : un système occulte de primes ? 4 mai 2013
(3) Le Monde Alain Vidalies accusé d’encourager le « délit de sale gueule terroriste » 25 aout 2015
(4) Atlantico Taxis en folie et vols gouvernementaux peu justifiés : ce que pourrait nous révéler un audit global des "menues" dépenses de la fonction publique 18 juin 2015
(5) Le Figaro Le PS gêné par un élu coupable d'agression sexuelle 13 juin 2011
(6) Mediapart Jean-Marie Le Guen a minoré de 700 000 euros son patrimoine 27 juin 2014
(7) Libération Peine aggravée en appel pour la députée ex-PS Sylvie Andrieux 23 septembre 2014
(8) Le Parisien Pédophilie : un élu des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(9) Le Parisien Violences conjugales : Yacine Chaouat, un secrétaire national du PS forcé de démissionner 21 juin 2015
(10) L'Express Ces élus condamnés et réélus 22 juin 2009
(11) Le Monde Claude Guéant mis en examen pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale » 6 mars 2015

vendredi 10 avril 2015

Loi Macron, #PJLRenseignement : cette droite qui assume totalement son antilibéralisme

Le libéralisme, c'est quoi ? Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique (1) visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). Depuis plusieurs siècles maintenant, le libéralisme a instauré la démocratie, fondée notamment sur le principe de séparation des pouvoirs et l'existence de contre-pouvoirs, et a  rendu possible le développement d'une économie libre, fondée sur les droits de propriété et la concurrence. Quels que soient leurs nuances et leurs débats, les libéraux s'accorderont tous à dire que la base de tout, c'est l'individu, et le respect de ses droits naturels (la liberté, l'égalité, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression, tous contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (2)).
Les philosophies étatistes, elles, prônent exactement l'inverse. Elles n'accordent aucune importance à l'individu. Par exemple, pour le socialisme, il n'y a pas d'individus avant tout, il y a d'abord une "société" (3), et pour le national socialisme, la société doit se confondre avec son état, un peu comme quand on explique que la nation française et l'état français, c'est la même chose. 

Depuis 1789, les principes libéraux ont été largement altérés par une progression continue de l'intervetionnisme public, dans toutes les sphères, à tous les niveaux. Mais on aurait pu croire que cet interventionnisme ne serait pas défendu par tous et que le jeu de la démocratie permettrait de présenter sur le spectre politique des opinions alternatives au "toujours plus d'Etat" qui semble si ancré en France. 
Il n'en n'est rien. 
Les médias disent fréquemment que les différents courants de la droite, y compris le Sarkozysme, sont libéraux, et que quand le PS s'éloigne de son extrême gauche pour aller vers le Vallsisme, il devient "social libéral". Mais la encore, il n'en n'est rien. 
Il y a une conséquence fabuleuse au bipartisme qui découle des institutions de la Veme république : les députés se retrouvent à devoir voter contre ce qu'ils pensent. C'est vrai de la gauche, qui se voit obligée de voter des projets de loi en totale contradiction avec le discours du Bourget de François Hollande, par exemple, mais c'est vrai aussi de la droite, qui pinaille sur la loi Macron, mais valide la loi sur le renseignement ...
Mais dans le cas de la droite française, il est vrai que les institutions ne sont pas seules en cause. Elles agissent, en ce qui concerne certains, comme un véritable révélateur de l'antilibéralisme qui anime en réalité l'esprit d'un grand nombre de députés UMP et UDI. Ne parlons même pas du Front National, il est aligné sur son alter ego le Front de Gauche. 

Ainsi, il y a deux gros projets de loi qui devraient, en ce moment, retenir toute notre attention. Ils semblent un peu plus important que les affaires internes à la famille le Pen, ou le fait que telle tenniswoman soit enceinte. 
Le premier de ces projets de lois, c'est le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (dit loi Macron) (4). 
Le second de ces projets de lois, c'est le Projet de loi renseignement:
On pourrait ajouter à cette liste le projet de loi santé (dit loi Touraine). 
Ces projets de loi n'ont pas la même philosophie, même s'ils émanent tous d'un gouvernement socialiste. 

Macron souhaite transcrire dans le droit français certaines des conclusions du rapport Attali, celui qui était censé servir de livre de chevet à l'ancien président de la République. Certes, il ne s'agit absolument pas d'un big bang comme aurait pu le faire Margaret Thatcher, mais le Parti Libéral Démocrate (5) aussi bien que Jean-Christophe Fromantin (UDI) (6) l'affirment : c'est un pas dans la bonne direction. 
Alors quand on voit des élus de droite et du centre comme Morin-Desailly, Estrosi ou Huygues amender la loi Macron pour "encadrer le moteur de recherche Google" (7), rejeter la privatisation des aéroports régionaux, être plus à gauche que le gouvernement sur le don du sang (comme si sa libéralisation était un danger (8)) et défendre les professions réglementées (9), on voit bien ce qu'il en est : au delà des postures politiciennes, la droite n'est, à quelques exceptions prêt (Hervé Mariton, Frédéric Lefevre) pas vraiment prête à une révolution libérale. Mention spéciale, dans ce contexte, à leur chef qui se déclare maintenant contre les auto entrepreneurs, pourtant l'une des rares mesures libérales du précédent quinquennat  !
Voila où en est l'UMP : à rejeter une loi qui vise, dans l'ensemble, à commencer à libérer un peu l'économie française de son carcan, elle qui, en 10 ans, n'a su ni réformer les professions réglementées, ni supprimer les 35 h, ni mettre en concurrence la Sécurité Sociale, ni supprimer le code du travail. 

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas , rapporteur du projet de loi renseignement, et le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, tous deux membres du PS, sont eux dans une tout autre optique qu'Emmanuel Macron. Le but explicite du projet de loi renseignement (10), un piratage informatique légalisé et généralisé, est de renforcer les moyens d'action des services de renseignement via l'usage d'outils de surveillance, sans l'aval d'un juge, dès lors que cette quête répond « aux intérêts publics suivants » :
  • La sécurité nationale
  • Les intérêts essentiels de la politique étrangère
  • Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France
  • La prévention du terrorisme
  • La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous
  • La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  • La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique.

Le principe de base de ce projet de loi, c'est que les "honnêtes gens" n'ont rien à cacher, et qu'il faut sacrifier nos libertés au profit de plus de sécurité. 


Ce projet de loi a été dénoncé par un grand nombre d'organisations dont le souci est la protection des droits de l'homme (11): Amnesty International, la Quadrature du Net, Reporters sans frontière, le Syndicat de la Magistrature (!), la ligue des droits de l'homme, la CNIL, Charlie Hebdo. Au niveau politique, le Parti Pirate, le Parti Libéral Démocrate (12), le Parti de Gauche s'opposent aussi à ce projet de loi, mais en revanche, l'UMP, elle, "votera le texte". 



Protéger les libertés civiles, c'est faire de la politique politicienne ?  Étrange raisonnement de la part de quelqu'un qui est obligé de téléphoner sous pseudo avec des mobiles prépayés pour parler à son avocat et qui sait, de par son vécu personnel, que l'Etat use de moyens à la légalité douteuse à des fins politiciennes, notamment en écoutant des conversations entre un avocat et son client.
Nul ne pourra dire qu'il ne savait pas, même les députés UMP. Et les mêmes qui défendent le projet de loi renseignement aujourd'hui, sont aussi ceux qui vont nous parler de cabinet noir ou d'acharnement du public sur la transparence quand leur vie privée sera étalée demain ?

Y a t-il une opposition libérale en France aujourd'hui, qui soutiendrait le gouvernement quand il desserrerait le carcan étatique qui enserre l'économie mais le rappellerait à l'ordre quand ce même gouvernement serait tenté par des mesures liberticides ? En dehors de quelques rares députés qui parfois se distinguent à droite (*), on peut dire que non. L'UMP est totalement alignée sur l'ultra étatisme de la gauche socialiste, celle qui, comme les conservateurs de droite, rejettent la loi Macron mais soutiennent le projet de loi renseignement. Que la presse cesse donc de parler du supposé (ultra) libéralisme de la droite.
En attendant que le Parti Libéral Démocrate ait des élus au Palais Bourbon, nous semblons enfermés dans un dialogue entre étatistes et dirigiste pour qui la libre concurrence et la séparation des pouvoirs ne sont pas des concepts importants. 





(1) Wikilibéral Libéralisme 
(3) Parti Socialiste Nos valeurs
(4) Assemblée Nationale projet de loi pour la croissance et l’activité. 11 décembre 2014
(5) Parti Libéral Démocrate Encourageons Macron à aller plus loin 6 janvier 2015
(6) Jean-Christophe Fromantin Loi Macron : ce n’est pas une révolution mais avançons … 16 février 2015
(8) Le French Libertarien Libéralisation du don du sang 12 février 2015
(9) Sans langue de bois Loi Macron : l'UMP soigne ses professions réglementées 30 janvier 2015
(12) Parti Libéral Démocrate La loi sur le renseignement mettra fin à la vie privée des français 17 mars 2015
(*) Si ce n'est déjà fait, suivez et encouragez Laure de la Raudière sur Twitter et  Facebook.

dimanche 1 février 2015

#circo2504 : abstention !

Pour succéder à Pierre Moscovici, le commissaire européen socialiste chargé de mettre en oeuvre à Bruxelles ce qu'il était incapable d'appliquer à Paris (1), une élection législative partielle a été organisée dans le Doubs ce dimanche. 

L'enjeu est de taille : c'est celui de la majorité absolue à l'Assemblée Nationale (2) et donc la capacité de l’exécutif à faire passer ses projets de loi. Même en comptant sur les voix de Thomas Thévenoud ou de Sylvie Andrieux (3), cela devient difficile.

Notez que l'opposition au Parti Socialiste ne devrait absolument pas se réjouir du fait que le parti du président de la République et du premier ministre perde le contrôle de l'Assemblée Nationale : en effet, Valls et Hollande sont en échec sur à peu près tous les sujets (dette, déficits publics, chômage, croissance etc ...) sauf sur ceux qui concernent l'extension du champ d'action de l'Etat, et la restriction des libertés publiques. Si le PS ne parvenait désormais plus à mettre en oeuvre son programme, chacun peut être sûr du fait que Manuel Valls et François Hollande exploiteront cette excuse pour masquer leur incompétence.

Toujours est-il que 13 candidats ont sollicité les suffrages des électeurs. Voici les résultats du premier tour de la 4eme circonscription du Doubs (#circo2504) :

Inscrits 66 825
Abstention: 40 389 soit 60,44% des exprimés
Votants: 26 436 soit 39,56 % des exprimés
Blancs: 446 soit 1,69 % des votants
Nuls: 281 soit 1,06 % des votants
Exprimés: 25709 soit 97,25 % des votants

Sophie MONTEL (Front National): 8 382 voix, 32,60%
Frédéric BARBIER (Parti Socialiste): 7 416 voix, 28,85 %
Charles DEMOUGE (UMP): 6 824 voix, 26,54 %
Vincent ADAMI (Front de Gauche-PCF-PG-NPA-MRC): 941 voix, 3,66 %
Bernard LACHAMBRE (EELV): 799 voix, 3,11%
Michel TREPPO (Lutte Ouvrière): 404 voix, 1,57%
Alde VINCI (Parti de la France): 315 voix,1,23 %
Jean-Claude BONNOT (Fédéraliste): 152 voix, 0,59%
Yannick HERVÉ (Union Populaire Républicaine): 147 voix, 0,57 %
Ismaël BOUDJEKADA (Indépendant): 137 voix, 0,53 %
Antonio SANCHEZ (Communistes): 127 voix, 0,49 %
Marc Ouchebbouk (Indépendant): 40 voix,0,16 %
Nicolas ROUSSEAUX (Rebond Citoyen): 26 voix, 0,10 %

Notons déjà que ni l'UDI, ni le Parti Libéral Démocrate n'ont présenté de candidats. Il y avait le choix, donc, entre des étatistes de droite (UMP), des étatistes de gauche (PS), des extrémistes de gauche (Front de Gauche, Front National, Lutte Ouvrière, divers communiste) et des extrémistes de droite (Parti de la France).

Ensuite, observons le profil des candidats arrivés en tête : Sophie Montel est une cumularde professionnelle de la politique (députée Européenne et conseillère régionale), Frédéric Barbier est un professionnel de la politique (Vice-président du Conseil Général du Doubs / Ancien Député) et un cadre de la quasi fonction publique (employé par ERDF), Charles Demouge est un retraité de la fonction publique et un professionnel de la politique, quand à Vincent Adami (4), c'est aussi un professionnel de la politique, dont le père faisait déjà de la politique.

Le plus drôle, c'est la réaction des uns et des autres suite à ces résultats, qui ont vu le FN arriver en tête, et le PS arriver en second. 
Immédiatement, le PS en a appelé à "l'esprit du 11 janvier" et au "Front Républicain" (5). 

Mais si on y réfléchit une minute, comment l'UMP pourrait appeler à voter PS, et ensuite expliquer que l'UMPS n'existe pas ? 

D'autre part, en appeler au Front Républicain signifie que le FN ne serait pas un parti légal, en accord avec les lois de la république. Dans ce cas, pourquoi Manuel Valls ne dissout pas ce parti immédiatement ?

Si la stratégie est d'exclure les extrêmes comme le Front National, ce qui pourrait se comprendre, dans ce cas, Hollande va t-il s'excuser d'avoir rendu hommage au communisme (6), et le candidat socialiste de la 4eme circonscription du Doubs, Frédéric Barbier, va t-il annoncer très rapidement qu'il ne veut pas des voix de Vincent Adami, le candidat Front de Gauche ? Comment peut-on parler de Front Républicain alors que le PS est un allié de l'Extrême Gauche ?

D'ailleurs, comment Vincent Adami, soutenu par Syriza (7), pourrait appeler à voter Pasok Parti Socialiste ? Son fit naturel, c'est le Front National, tout comme Syriza est associé, en Grèce, à un parti nationaliste de droite anti libérale.

Enfin, et de manière plus fondamentale, programmatique, quelle différence entre la politique anti libérale que le FN propose, et ce que veut Frédéric Barbier, justice sociale, politique de réindustrialisation, services publics etc ? 


Même sur les marronniers mensongers, le PS et le FN sont d'accord, cf le cumul des mandats !

Il y a bien une différence entre le FN et le PS, mais elle est de degré, pas de nature. FN comme PS veulent toujours plus d'Etat. 

Dans ce contexte, il n'y a qu'une seule décision à prendre pour les électeurs : abstention !
Quand à l'UMP, elle serait fort inspirée de cesser son allégeance aux valeurs républicaines (8). Celles-ci forcerait l'UMP à rentrer dans la logique du front républicain, alors qu'on sait bien, de toutes façons, que les électeurs n'attendent certainement pas que Fillon, Juppé, Pécresse, NKM ou Sarkozy leur disent quoi voter. Comme si, en 2014, des consignes de vote pouvaient encore prendre. Arrêtons de prendre les gens pour des moutons !






mardi 27 mai 2014

Unir l'UDI et l'UMP ? Quelle idée saugrenue !

Avant qu'il ne démissionne de la présidence de l'UMP, le maire de Meaux employait déjà fréquemment l'expression "la droite et le centre" (1).
Aujourd'hui, c'est au tour d'Alain Juppé, le respecté maire de Bordeaux mais néanmoins calamiteux ex-premier ministre condamné par la justice (2), de prendre la main des électeurs et de suggérer un rapprochement entre la droite et le centre (3). 

Avant tout, une remarque de bon sens : Si Alain Juppé aime le centre, il n'a qu'à adhérer à l' UDI. C'est 20€ la cotisation, et 30€ si Madame Juppé est intéressée.
Au passage, si Alain Juppé aime le centre et ses idées, on se demande bien pourquoi, en 1995, il a viré Alain Madelin (ex Démocratie Libérale) du gouvernement ?

Ensuite, pourquoi Alain Juppé ne commence t-il pas par peser au sein de l'UMP afin de faire en sorte que SON parti politique ait les idées et une ligne claires sur des idées telles que le souverainisme, le socialisme de droite, le conservatisme sociétal. Que pense l'UMP sur l'Europe ? Qu'il faut revenir à l'Europe des 6 (Wauquiez) ou suivre les idées fédéralistes du PPE (Lamassoure) ? Que pense l'UMP sur l'économie ? Qu'il faut du socialisme de droite (Guaino, Peltier) ou du libéralisme (Raffarin) ? Et sur la famille, c'est abstention militante (NKM) ou suivi du pacte de la Manif pour Tous ?

Enfin, pourquoi Alain Juppé ne comprend t-il pas qu'au delà des incroyables capacités de mise en avant de François Bayrou et Marielle de Sarnez, il n'y a plus de Modem et que le centre, c'est l'UDI ?

En réalité, la position d'Alain Juppé se comprend dans le cadre d'une bipolarisation de la vie politique de la Veme République, qui, vraiment, ne peut plus continuer. Juppé, Hollande et autres caciques semblent continuer à croire que la France, seule en Europe, peut continuer à se séparer sagement entre droite et gauche, UMP et PS, et ce alors que rien que l'UMP rassemble des personnalités et opinions aussi différentes que Guillaume Peltier (ex FNJ), Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano ou Laure de la Raudière. Ca en devient comique. La fiction d'une union qui rassemblerait de manière permanente des libéraux, des gaullistes, des ex-FNJ et des bobos du 14eme tient de moins en moins. Qu'ils devraient se séparer ne veut pas dire qu'ils ne puissent pas travailler ensemble, dans le cadre de coalitions gouvernementales. Mais on a vraiment envie de rire quand on les voit singer le PS et son unité de facade. En effet, chez leurs amis "concurrents", quel rapport entre Christian Eckert et Gaétan Gorce ?


Chez tous nos partenaires Européens, qui pour la plupart sont des démocraties parlementaires, certaines  étant des monarchies, il y a en proportion variable 6 familles politiques :

  • une extrême gauche d'inspiration communiste anti libérale
  • des sociaux démocrates 
  • des écologistes
  • des centristes, libéraux démocrates et fédéralistes Européens
  • des conservateurs
  • une extrême droite d'inspiration nationaliste anti libérale


En France, cela donnerait les partis suivants 
  • le Front de Gauche (Mélenchon rejoint par Eva Joly, Christian Eckert, Arnaud Montebourg et autres adeptes du socialisme nationaliste)
  • le Parti Socialiste (expurgé de ses canards boiteux)
  • EELV (rassemblée autour de Nicolas Hulot et NKM)
  • L'ALDE France (avec des personnalités comme Denis Payre, Hervé Morin ou Jean-Christophe Fromantin), fédéraliste et libérale
  • Le Parti Populaire (RPR / DLR avec Michele Alliot-Marie ou Nicolas Dupont-Aignan), eurosceptique 
  • le Front National (avec les Le Pen, Guaino, Peltier, Engelmann et autres), socialiste et nationaliste

Si les partis politiques sont intelligents, ils feront ce travail de reconstruction. A Alain Juppé d'y contribuer, à commencer par sa propre famille, l'UMP. Une fois ce travail fait et une fois la réforme constitutionnelle introduisant la proportionnelle adoptée, alors on pourra envisager des coalitions de projet. 




jeudi 17 avril 2014

75017 - @geoffroyboulard, ou @la_droiteforte qui aime le programme d'Hidalgo !

Lisez ce tweet.
Il émane non pas de Ian Brossat (communiste) ou de Didier le Reste (CGT), tous deux élus parisiens sur les listes d'Anne Hidalgo, mais d'un des responsables du courant UMP "la Droite Forte" (Vous savez, les vrais types de "droite" genre Guillaume Peltier, qui proposent de mettre fin à la "gabegie socialiste et aux hausses d’impôts locaux".)
Bien sûr, que le tram, c'est sympa. Le bus intra muros, par beau temps et avec un bon bouquin, aussi, c'est sympa. Simplement, ce que nos charmants amis de la Droite Forte du XVIIeme ont oublié, c'est que le projet du bouclage du tramway autour de la capitale, porté par Anne Hidalgo, n'est pas un projet économiquement intelligent, au vu de la situation des finances parisiennes. 

D'abord, il y a le coût direct. 
Prenons les 12,4 km du tram T3, entre le Pont du Garigliano, dans le XVeme, et la Porte de Vincennes, dans le XIIeme : le coût de l'infrastructure, évalué initialement à 615 millions d'euros, atteint 651,9 millions d'euros lors de la signature de la convention de financement le jeudi 16 avril 2009, soit 433,6 millions d'euros pour la Ville de Paris et 218,3 millions d'euros pour la région Île-de-France. S'ajoutent à ces chiffres 149 millions d'euros pour les travaux d'aménagement urbain financés par la Ville de Paris, et 86,1 millions d'euros pour le matériel roulant (Source Wikipedia). 
En 2010, les magistrats de la Cour des Comptes ont dénoncé le coût du tram T3 (source le Monde) qui coûte donc 54 millions d'euros le kilomètre d'infrastructure (contre 20 à 30 millions d'euros en moyenne). 

Ensuite, il y a le coût d'opportunité. Il y a ce qui se voit, et ce qui ne se voit pas. Ce qui se voit, c'est un moyen de transport agréable, à l'air libre, et qui permettrait, si les plans de Hidalgo sont menés à terme, de faire le tour de Paris.  Et ce qui ne se voit pas, c'est que des centaines de millions d'euros consacrés au tram, ce sont autant de centaines de millions d'euros qui ne seront pas consacrés à l'amélioration de la ligne 13, à la prolongation de la ligne 14 ou à l'accélération des travaux du RER E. Apparemment, Geoffroy Boulard, en manifestant sa joie à l'idée qu'Anne Hidalgo dépense joyeusement notre argent, réagit en élu local du XVIIeme. C'est compréhensible. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas voir un peu plus loin que le bout du nez des habitants de la porte Maillot, et voir que l'une des priorités absolues du système de transports publics de la région parisienne, c'est d'apporter des réponses aux habitants du Nord Est de la petite couronne, en plein développement ? La Fourche se trouve aussi dans le XVIIeme !

Enfin, il y a le symbole politique. Apparemment, trois semaines après la victoire d'Hidalgo, la droite parisienne n'a toujours pas compris pourquoi elle a perdu ? Certes, le XVIIeme est dans une situation particulière, puisque les listes d'union UMP-UDI ont gagné au 1er tour, malgré les scandales des HLM (1). Mais de manière plus générale, et Aurélien Véron, Charles Beigbeider ou Serge Federbusch l'ont bien analysé, la droite a perdu parce que les parisiens ne sont pas idiots : s'ils veulent de la dépense publique, ils préféreront toujours l'original PS à la copie UMP de socialisme de droite. Qu'est ce que c'est que cette "Droite Forte" qui applaudit les projets d'une retraitée dépensière au lieu de proposer des solutions alternatives de transport ? 

Question : Geoffroy Boulard a t-il des impôts locaux à payer ?? Et si oui, comment peut-il approuver des projets de transport qui non seulement coûtent trop chers, mais en plus ne vont pas plus vite que les bus qu'ils remplacent (2) ? 



(3) le JDD T3: Le tram le plus cher de France 19 décembre 2010

mercredi 26 mars 2014

#MUN75004 - remettons les pendules à l'heure" : Anne Lebreton n'était pas forcée de rejoindre le PS

Après avoir rejoint les listes de Chistophe Girard (PS), Anne Lebreton, plutôt que de s'écraser, a préféré prendre la plume et poster une justification sur le Hufffington Post, intitulée "Municipales à Paris: remettons les pendules à l'heure" (1)
En voici les points clefs : 
  • L'idée "libérale" n'est même plus de gauche ou de droite, elle est un sous-courant qui existe aussi bien au PS et dans les partis de la droite traditionnelle et à bien du mal à faire entendre sa voix. Pour le social, c'est un peu la même chose 
  • Sur certains autres sujets qui me tiennent à cœur comme celui de l'immigration, l'UDI est beaucoup plus proche du PS que de l'UMP.
  • Non, je n'ai pas fait partie de "Paris Libéré":
  • Oui, j'ai fait partie des nombreuses personnes à Paris qui ont été maltraitées par les errements de la campagne de NKM
  • Nous n'avons jamais dit pour qui nous nous prononcerions au second tour
  • Oui, nous avons d'abord envisagé une alliance à droite. Du coté de Vincent Roger j'ai trouvé porte close, une proposition qui ne nous convenait pas et un ultimatum.
  • Oui, c'est une transgression de changer de "coté", et j'en suis bien consciente. Nous avons été à deux doigts de n'appeler à voter pour personne. Cette solution n'était pas non plus très satisfaisante. A la fin, nous avons privilégié l'action.
  • Maintenant je vous pose la question: vous êtes si nombreux à demander une politique moins partisane, plus pragmatique, comment y arriver si personne n'accepte jamais de faire bouger les lignes pré-établies ?
Il y a bien un point sur lequel les libéraux seront d'accord avec Anne Lebreton : le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite, ou, plus exactement, la gauche a abandonné le libéralisme depuis 1 siècle, quand la droite s'en méfie. 

Tout le reste est contestable. 

Déjà, si Anne Lebreton était libérale, elle serait membre d'Alternative Libérale ou du Parti Libéral Démocrate, deux structures membres de l'UDI qui esssayent précisémment de dépasser les clivages sur certains sujets, sans jamais faire de concessions avec le socialisme, de gauche comme de droite. 

Ensuite, sur le sujet de l'immigration, le PS et l'UMP ont la même politique. Peut être qu'Anne Lebreton n'a pas la TV ou Internet chez elle, sinon elle aurait que Hollande et Valls ont exactement la même attitude vis à vis de l'immigration que Sarkozy et Hortefeux, que ce soit par rapport aux roms (2) ou aux sans-papiers (3). Ce n'est d'ailleurs pas par pure méchanceté ou par pur racisme mais tout simplement parce que la France, ce zoo fiscal, impose par nature de ne pas donner le signal qu'elle ne va "pas accueillir toute la misère du monde", comme disait Rocard. Anne Lebreton ne peut donc pas prendre le prétexte d'une plus grande humanité du PS pour se justifier. Les immigrés ont bon dos ! Le mythe de la gauche socialiste humaniste, ca suffit ! Les villes de Lille (4), Nantes (5) ou Paris (6) sont socialistes, pas conservatrices !

Anne Lebreton dit qu'elle n'a pas fait partie de "Paris Libéré" de Charles Beigbeider. C'est inexact, et l'Indépendant du IVeme (7) explique ses nombreux changements. Ce que Anne Lebreton voulait dire, c'est qu'elle a très vite renoncé à être une candidate Paris Libéré quand certains de ses amis lui ont fait remarqué que Stéphane Journot, le militant de droite assez controversé, en faisait partie également. C'est bien ce que rappelle le Huffington Post (8)

Ensuite, Anne Lebreton nous dit qu'elle n'a jamais dit si ses éventuelles alliances de deuxième tour se feraient à gauche ou à droite. Cela signifie t-il que l'ancienne conseillère nationale de l'UDI n'a pas lu la charte de son parti ? L'UDI s'est crée au centre droit, en dénonçant les alliances à gauche du Modem et en promettant de s'allier, si nécessaire et quand possible, à droite. 

Anne Lebreton avait un choix à faire : ne rien faire de ses 5%. Elle a préféré aller négocier avec Girard, Monsieur LVMH et membre du même parti politique que Hollande, Valls, Belkacem ou Ayrault.  Quelle honte ...


NB : Anne Lebreton n'habite pas le 4eme.


(1) Le Huffington Post Municipales à Paris: remettons les pendules à l'heure 26 mars 2014 
(2) YouTube LibertarienTV Hollande et son gouvernement persécutent les Roms 6 aout 2012
(4) Le Figaro Démantèlement du plus grand camp de roms de Lille 11 septembre 2013
(7) L'Indépendant du IVeme MCCCXCI : Anne Lebreton : la rupture c'est maintenant ! 25 mars 2014

mardi 25 mars 2014

#MUN75004 : choquant choix d'Anne Lebreton (UDI)

Ne vous fiez pas à sa petite taille. Le 4eme arr, c'est Dallas, Texas, avec tous les mauvais coups qui vont avec. Ainsi, on reste sans voix (euphémisme) devant le choix d'Anne Lebreton (UDI) de rejoindre le camp de Christophe Girard (PS) plutôt que de s'abstenir d'intervenir dans un débat UMP-PS gauche socialiste/droite socialiste.

Pourquoi ? Parce qu'il aurait fallu qu'une UDI aille forcément à droite ? Non, même pas. C'est juste à cause du profil de la personne qu'elle rejoint.

Rassurez-vous, rien de grave. Christophe Girard est un honnete citoyen, du point de vue de la justice. A la différence de nombre de ses amis socialistes comme Andrieux, Guérini et autres, Christophe Girard n'a rien volé à personne et gère sa mairie sans provoquer d'affaires comme à Marseille ou dans le Pas de Calais ?

Mais quid du soupçon de conflit d’intérêt régulièrement rapporté par la presse, citons le Journal du Dimanche "François Douady argue que tout un chacun doit respecter les règles d’urbanisme, "y compris l’administration, y compris Bernard Arnault". Et il pointe un "conflit d’intérêts évident": "L’adjoint à la culture, Christophe Girard (PS), est aussi au comité de direction de LVMH." "(1), Bakchich (2), Marianne (3) ou le Delanopolis (4)

Anne Lebreton aurait déclaré "l'UMP m'a fermé la porte"; Possible. Et alors ? Est-ce une raison pour rejoindre le moins acceptable des deux candidats entre Girard et Roger ? 

Il est temps que ces élections se terminent.


NB : très sincères excuses pour avoir appelé à voter Lebreton dans le IVeme dimanche dernier. Une grave erreur, manifestement.




(1) le JDD Le "nuage de verre" cloué au sol 5 février 2011
(2) Bakchich LVMH prend la Samaritaine de Haut 30 mars 2010

dimanche 2 février 2014

Les digues entre la droite et l'extrême droite sont tombées ? Bonne nouvelle


Bonne nouvelle !
Selon Christine Boutin "les digues entre la droite et l'extrême droite sont tombées". La présidente du Parti Chrétien Démocrate s'exprimait dans un débat face à Anne Hidalgo.

Pourquoi une bonne nouvelle ?


  • Déjà, pour la clarification politique. En effet, le PS est associé avec l'extrême gauche (avec le PCF à Paris pour les municipales 2014) sans que cela choque
  • Ensuite, parce qu'il n'y a pas de différence de programme entre les étatistes et les anti libéraux de droite (Guaino, Boutin) et leurs amis d'extrême droite.
  • Enfin, parce que le PS a largement préempté depuis 2 ans le vocable républicain. A quoi bon que l'UMP veuille être "républicaine" et gagner des élections sur cet item puisque le PS sera toujours meilleur sur ce terrain ? 
Cette analyse d'un rapprochement de la droite et de l'extrême droite d'un coté, et de la gauche et de l'extrême gauche de l'autre, libère un espace pour les centristes, libéraux et démocrates sur un programme de fédéralisme Européen qui rejette l'UMP, le PS et ses deux Fronts, de gauche ou national.


Dans un pays où 40% des gens s'abstiennent régulièrement de voter, et où des mouvements type Manif pour Tous émergent sans que des partis politiques ne les aient souhaités, il serait en effet temps de se rendre compte que la fusion des partis "de gouvernements" avec leurs extrêmes (qui aspirent eux aussi à gouverner) ne veut plus forcément dire grand chose.

source http://leparisienliberal.blogspot.fr/2010/08/matrice-de-nolan-du-paysage-politique.html


samedi 14 décembre 2013

Rapport sur l'intégration : l'appeau à trolls du PS fonctionne bien !

Chers amis de droite, chers supporters de l'UMP,

Bravo ! Vous faites exactement ce que Ayrault, Valls et Hollande veulent que vous fassiez.
Matignon met en ligne un "rapport" sur la refondation de la politique d’intégration le 13 novembre 2013 sur son site web (1). Personne n'en parle, alors qu'il contient des propositions que même la gauche pro white, pro blancos (2), ne voudrait pas. 
Alors, un jour, le rapport sur lequel personne n'avait cliqué jusque la "fuite" dans la presse (comme par hasard, c'est le Figaro qui en parle le premier) et alors la droite et l'extrême droite s'emparent du sujet qui devient, évidemment, ultra polémique. 

Et là, que se passe t-il ? Le PS peut continuer à jouer la partition de l'unité anti raciste et anti droite, tout en insultant en public le chef auto proclamé de l'UMP et tout en déployant cet écran de fumée qui sert à ne plus parler des vrais sujets du moment. 
Quand on pense que la classe politique s'insurge contre la "BFMisation de la vie politique (3)" ...

Amis de droite, chers supporters de l'UMP, n'avez vous pas remarqué que pendant que l'on parle du rapport sur l'intégration, on ne mentionne :


  • ni le fait que seulement 46 députés (sur 577) sont pour le moment près à demander la saisine du Conseil Constitutionnel pour faire bloquer le liberticide article 13 de la loi de programmation militaire (et que donc une majorité de députés de gauche comme de droite sont d'accord avec cette loi ?)
  • ni le fait que le fait d'intervenir dans la guerre civile de Centrafrique (4) risque de se transformer en coûteux Vietnam pour la France 
  • ni le fait que la Suisse, un de nos partenaires économique (5), en a assez de notre impérialisme (6), ainsi que de notre façon de gérer des contentieux (7)
  • ni la loi de finance 2013, qui, note l'IFRAP (8), ne contient que des économies virtuelles (9)
  • ni le fait que le premier ministre tente de refiler au parlement la discussion sur la réforme fiscale alors que c'est lui qui l'a initié, en faisant intervenir les syndicats mais pas les associations de contribuables
  • ni le cadeau de 4 millions fait par le gouvernement à l'Humanité et que les députés ont voté sans discussion (10)
  • ni les nombreuses affaires qui concerne les "fils de" des oligarques du PS (11)

Tous ces faits ne sont plus au devant de l'agenda médiatique à cause d'un rapport dont le fond peut se discuter mais qui ne saurait être mis en oeuvre, pour le coup, à la seule et simple faveur d'un vote nocturne précipitamment expédié.

Et puis, amis de droite, chers supporters de l'UMP, n'avez vous pas vu que Hollande et Ayrault font tout pour faire revenir Sarkozy sur la scène médiatique tout en tentant de faire résumer la droite à Copé, un homme dont seulement 2% des sympathisants de droite veulent en 2017 (12) ? Le PS, et la presse, ont besoin de méchants dans la pitoyable sitcom qu'ils sont en train de tourner, ce qui au final arrange aussi Copé. Ce bon Enarque, au fond, n'est pas différent de Hollande. Il cherche la même chose que lui et le fait de devenir l'interlocuteur de la gauche l'arrange. Pensez-vous que Copé puisse accepter de se faire insulter en public, et de laisser dire que les électeurs UMP dérivent vers l'extrême droite (!) si cela ne servait pas quelque plan de long terme, comme celui de devenir premier ministre socialiste de droite d'une cohabitation avec Hollande ?

La représentativité de l'UMPS est quasi nulle en ce moment. Peut-être que les politiciens pourraient alors, à un moment, se concentrer plutôt sur la défense des libertés, plutôt que sur le commentaire de rapport. 

Aussi scandaleux le rapport sur l'intégration soit-il, le but du PS est d'abord de rendre le socialisme, de gauche comme de droite, irréversible dans notre pays. Et des amendements à la loi de finance ou à la loi de programmation militaire pourront aider à parvenir à ce but. 


(3) Paperblog Vive la « BFMisation » de la vie politique ! 11 décembre 2013
(4) France Info Centrafrique : la montée du sentiment anti-français 13 décembre 2013
(11) Contrepoints Laisse pas traîner ton fils 13 décembre 2013

lundi 18 novembre 2013

PS - PCF/FDG : quand les digues se fissurent

Le Monde publie ce matin : UMP-FN : quand les digues se fissurent; Le Monde a évidemment raison : une partie de la droite, sans doute influencée les idées socialistes de droite et par le brillant parcours de Guillaume Peltier, rêve de rapprochement avec l'extrême droite. 

Lisez un extrait ce cet article du Monde ci-dessous : 

L'UMP et le FN répètent inlassablement le même message : il n'y aura pas d'accord national entre leurs partis. Des passerelles existent pourtant entre la droite et l'extrême droite. Dans les médias, Valeurs actuelles contribue à brouiller les lignes idéologiques en se voulant l'hebdomadaire de la droite extrême, obsédé par les thématiques de l'islam ou de l'immigration.

Dans le milieu universitaire, l'Union nationale interuniversitaire (UNI) proche de l'UMP, rassemble des militants de la droite « dure » et d'autres d'extrême droite.

Au niveau local, des élus de la droite républicaine se rapprochent du FN à l'approche des élections municipales. Des contacts existent déjà. Avec la famille Le Pen directement à la manœuvre. Trois exemples concrets illustrent cette porosité dans le Sud-Est : Avignon, Nice et Saintes-Maries-de-la-Mer.

Seulement, ce que le Monde a oublié, c'est qu'entre le PS et le PCF ou le Front de Gauche, les digues se fissurent aussi. 
Voila ce que le journaliste aurait pu ajouter : 

Le PS et le FDG répètent inlassablement le même message : il n'y aura pas d'accord (1) national entre leurs
partis (2). Des passerelles existent pourtant entre la gauche et l'extrême gauche. Dans les médias, Le Monde Diplomatique contribue à brouiller les lignes idéologiques en se voulant l'hebdomadaire de la gauche extrême, obsédé par les thématiques de l'anti libéralisme ou du refus de la libre circulation des personnes, des idées, des marchandises ou ou des idées.

Dans le milieu universitaire, l''Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) proche du PS, rassemble des militants de la gauche « dure » et d'autres d'extrême gauche (3).

Au niveau local, des élus de la gauche républicaine se rapprochent du PCF et/ou FDG à l'approche des élections municipales. Des contacts existent déjà.  directement à la manœuvre. Trois exemples concrets illustrent cette porosité dans l'ensemble du pays : Brest (4), Brignoles (5) ou Toulouse (6)..

En réalité, ce sont les deux grands partis principaux qui, faute de prise sur le réel et de fond idéologique, sont attirés par leurs extrêmes. Quand une élue UMP caricature Taubira sur Facebook (7), quand un élu PS ramène la sénatrice Ghali à sa seule qualité d'arabe (8), quand des militants UMP sifflent le Président Hollande, quand des militants PS sifflent Sarkozy ou caricaturent l'ancien président en nazi (9), quand une élue UMP veut "remettre les immigrés dans les bateaux", quand un député socialiste affirme que les exilés fiscaux sont des traîtres, on voit bien dans quelle direction l'UMP et le PS regardent : pas vers le centre. 

Face aux extrêmes qui pèsent sur l'UMP, le centre doit affirmer son ancrage libéral, démocrate et pro fédéralisme Européen.
Les français doivent refuser d'accorder du crédit au FN, un parti d’extrême gauche.




Mais ils devraient aussi refuser d'accorder des voix aux partis porteurs des idées communistes, auxquelles le Président Hollande a rendu hommage. 


(5) L'Humanité La politique en bref...