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vendredi 28 août 2015

L'Eglise et Sciences po face au FN : pourquoi ce n'est rien

Aujourd'hui, si vous voulez rire, allez voir l'édito de Bruno Roger-Petit publié par Challenges : "L'Eglise et Sciences po face au FN: pourquoi c'est un phénomène inquiétant (1)". 

Ce journaliste, qu'on peut sans l'insulter qualifier d'éditocrate au coeur du système médiatique français (diplômé de Sciences Po, il est passé de France Inter à Europe 1 puis à Challenges), s'inquiète de deux nouvelles : d'une part, une section FN est en cours de création à Sciences Po Paris (avec, accrochez vous, des anciens UMP, des anciens PS et des anciens FDG (2), ce qui valide la thèse UMPS que le FN dit critiquer), et, d'autre part, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen est attendue à l'université d'été de la Sainte-Baume, une manifestation organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon (3), ce qui émeut d'ailleurs l'ensemble de la presse. Notons qu'il y aura également à cette université d'été un député PS et une députée UMP, mais passons. 

Déjà, on peut se demander pourquoi une école comme Sciences Po n'avait pas de section FN. Cet établissement ne forme t-il pas des futurs hauts fonctionnaires, et ne rassemble t-il pas des gens que la politique, au sens large, intéresse ? Comment peut-on penser qu'il puisse exister des énarques extrémistes de gauche ou de droite mais qu'ils n'aient pas de relais à Sciences Po ?
Et comment peut on, également, accepter l'idée que les extrémistes de la gauche de l'extrême gauche (4) soient représentés à Sciences Po, mais pas les extrémistes de droite ? 
Par simple souci de pluralité des idées, il était logique que le Front National s'implante à Sciences Po, tout comme le Front de Gauche (5) y est acclimaté.  
Si on veut dénoncer l'extrémisme, alors dénonçons tous les extrémismes. C'est juste de rappeler la filiation idéologique du FN (encore que les différences sont énormes entre les différents courants du FN) mais n'oublions pas de rappeler également celles du FDG, héritier du communisme. 

Ensuite, c'est franchement comique de voir ce journaliste s'inquiéter de l'impact de discussions tenues dans le cadre d'une réunion organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon. 
Actuellement, il y a moins de 5% des français qui fréquentent les églises. Etant donné qu'il y a un peu plus d'un million d'habitants dans le diocèse de Fréjus-Toulon, on peut donc estimer qu'il y a 55 000 personnes qui suivent  Mgr Dominique Rey. Cinquante cinq mille personnes ... whaou ! Et pour la plupart, sans doute au dessus de 50 ans de moyenne d'age. C'est sûr que c'est le diocèse de Fréjus-Toulon qui va faire la différence dans la progression du Front National dans le sud ou ailleurs ...! 
La vérité, c'est que des gens comme Bruno Roger-Petit surestiment largement le poids de l'Eglise, ou alors ils regrettent ce qu'elle est devenue : une religion marginale et ultra minoritaire, et qui n'a plus d'impact sur la France. On ne peut pas en même temps se réjouir du fait que "Oui, le mariage hétéro-normé est mort, et avec lui la famille judéo-chrétienne imposée par l'Eglise-institution au tournant du XIIe siècle" (6) et en même temps dire que l'Eglise a un impact sur quoique ce soit : les catholiques, mais aussi les musulmans et les juifs de la Manif pour Tous n'ont pas pu empêcher le président Hollande de réformer le mariage civil en l'ouvrant aux couples gays. Dès lors, pourquoi se préoccuper de ce que, non pas l'Eglise, mais tel ou tel diocèse, serait amener à dire ou faire ?
Au passage, rappelons quand même que Roger Cukierman , le président du CRIF, a jugé que Marine Le Pen était « irréprochable personnellement ». A t-on accusé les juifs de devenir inquiétants ?

En fait, ce qui fait peur, ce sont les idées derrière l'édito de Bruno Roger-Petit, surtout quand il écrit que l’Eglise et Sciences po sont "deux établissements de la société française qui, par destination, devraient s’opposer au Front national" : l'Eglise catholique n'est pas un parti politique, ni même un établissement qui devrait faire ceci ou cela, c'est juste la communauté de ceux qui pensent que Jésus est mort et ressuscité pour annoncer sa bonne nouvelle. Sciences Po, elle, est une école dépolitisée, de gens prêts à exercer le pouvoir, quel qu’il soit. On le voit bien dans la dépolitisation relative de tous ces Sciences Po/Enarques qui pourraient aussi bien être ministres d'un gouvernement socialiste de gauche que d'un gouvernement socialiste de droite. Quand au concept de "société", comme disait Margaret Thatcher (7) ... Sous ses dehors "progressistes" (exemple :: soutien à la PMA), Bruno Roger-Petit semble en réalité rêver du monde stable, hiérarchisé, cloisonné et identifiable de la France des années 60.

Critiquer les conséquences, c'est bien. S'attaquer aux causes, c'est mieux. Ce n'est pas lutter contre le FN qu'il faudrait, mais contre la prégnance des idées nationalistes et socialistes parmi nos compatriotes. Or, le FN, ce parti ultra étatiste, et ultra socialiste, est le mieux disant en la matière. Bruno Roger Petit a raison de s'inquiéter de la progression du FN, mais il aurait dû noter, dès 2012 voire auparavant, que les thèmes politiques portés par l'UMP, le PS et le Front de Gauche, vont tous dans le même sens : toujours taper sur Bruxelles (y compris le président Hollande !), refuser le fédéralisme européen, dénoncer  le soi-disant"l'ultra libéralisme" (Mélenchon, le Pen, Sarkozy, le PS évidemment), laisser penser que la France et les français ont besoin d'un homme ou d'une femme providentiel(le), etc, et Bruno Roger-Petit n'a jamais été le dernier à chercher, malgré lui peut-être, à laisser croire que le "modèle social français" doit survivre..



OpinionS : La France sous surveillance ? par Lopinionfr


Qu'on le veuille ou non, le FN, qui a son programme économique aligné sur celui du FDG (8), est désormais le meilleur défenseur de ce "modèle social français" et de tous les mensonges électoraux que son maintien imposera de prononcer. Ses succès proviennent de là. Alors qu'il soit représenté à Sciences Po ou que tel ou tel diocèse l'invite, ce n'est rien, ou plus exactement, c'est la conséquence, pas la cause.
Si, demain, par malheur et suite à la surenchère démagogique, le FN arrive au pouvoir, les anciens de Sciences Po ne quitteront pas la France. Ils mettront leurs compétences au service du parti au pouvoir. Quand à l'Eglise, sa crise (notamment des vocations et de la fréquentation) ne sera pas achevée pour autant.

Evidemment, on pourrait s'imaginer un autre futur, un futur libéral fondé sur la vérité des faits et sur l'idée que les français peuvent se passer d'un Etat omniprésent paré de toutes les vertus. La seule alternative aux idées dirigistes, interventionnistes, nationalistes et socialistes portées à divers degrés par quasiment tous les partis politiques français, c'est celle proposée par le Parti Libéral Démocrate. Les journalistes comme Bruno Roger-Petit ont évidemment un peu de mal à l'admettre.



(6) Le Salon Beige Bruno Roger-Petit croit encore au sens de l''Histoire 17 septembre 2012
(7) Margaret Thatcher quotes "there is no such thing as society"
(8) Contrepoints Front national : un programme économique d’extrême gauche 6 décembre 2014

mercredi 29 juillet 2015

Beigbeider coupe les ponts avec les libéraux


L'ancien membre du Parti Radical puis de l'UMP n'aurait donc aucun état d'âme à soutenir Marxine le Pen ? 
Pour soutenir le programme économique d'extrême gauche du Front National (1), il faut vraiment ne plus savoir où on en est. 

Que les questions sociétales importent à certains, nul ne saurait le reprocher, pas plus qu'on ne saurait critiquer outre mesure les positions authentiquement conservatrices (et non pas libérales) que défendent des gens comme Charles Beigbeider mais aussi François Fillon ou Marion Maréchal le Pen. Mais qu'ils ne s'y trompent pas : le national socialisme n'est pas un conservatisme, c'est bien un socialisme. Quand bien même Marxine le Pen aurait pris ses distances avec son père, au profit du programme ultra étatiste et chevenementiste de Florian Philippot, en réalité, on ne sait pas ce qu'elle pense sur le sujet, comme en atteste son absence totale de communication sur la Manif Pour Tous (2)  (à la différence de sa nièce). 

On peut aussi comprendre le concept selon lequel le Parti Socialiste étant régulièrement associé aux extrémistes de gauche du Front de Gauche (Hollande élu avec les voix de l'extrémiste Mélenchon, ou Anne Hidalgo qui gère Paris avec les communistes), il faudrait envisager des ponts entre le Front National et les Républicains. Mais la encore, il y a de gros bémols : d'une part, le FN ne veut pas collaborer avec les Républicains, il veut les tuer. D'autre part, les socialistes n'ont pas tellement eu à se forcer pour collaborer avec des communistes puisque c'est en réalité tout notre pays qui, depuis le programme du CNR, est influencé à divers niveaux par le communisme. 

Donc, n'avoir aucun état d’âme à soutenir Marxine le Pen, une personnalité volontairement floue sur les sujets sociétaux et dont la stratégie n'est pas exactement coopérative, c'est pour le moins osé. 

Quoi qu'il en soit, bon vent à Charles Beigbeider avec ses nouveaux amis !




samedi 2 mai 2015

Un premier mai qui a tenu toutes ses promesses ...

Tous les ans, à l'occasion de la fête du travail, dont on ne rappellera jamais assez qu'elle est d'origine pétainiste (1), on assiste à la même pièce de théâtre, dans laquelle les mêmes acteurs jouent le même scénario.

D'un coté, on a l'extrême droite, qui, débarquée des 4 coins de France, hurle en plein Paris, entre le Louvre et la place de l'Opéra "on est chez nous", et de l'autre, on a l'extrême gauche, celle qui a pris en otage le pays en 1945, qui crie du coté de Bastille-République-Nation "gardons notre modèle social"

En fait, ils jouent le même sketch, d'autant plus surréaliste que la scène n'est pas adaptée.
Prenez le Front National (FN). De quel "nous" parlent-ils ? De la France de la bière, ou de la France du vin ? De celle du beurre, ou celle de l'huile d'olive ? De celle de la langue d'oc, ou celle de la langue d'oil ?
Cette propension à fantasmer la concordance de la vision jacobine et de la réalité un peu plus complexe qu'est la France réelle est toujours fascinante, surtout chez des gens pour qui le substrat historique de notre pays est soi disant important.

Et prenez, identiquement, le Front de Gauche (FDG). Quand ils réclament plus de social, plus d'intervention de l'Etat, plus de dépense publique (comme leurs alter ego du FN qui partagent le même programme économique et social) ou quand ils se réclament de l'exception française ou du programme du conseil national de la résistance, quand admettrons t-ils que bien loin de nous protéger, le système social français n'est qu'un dommage de guerre qui nous plombe, y compris et surtout "les plus faibles" que la gauche dit protéger ?


Dans ce match extrême gauche - extrême droite, l'une de deux parties bénéficie quand même d'un sacré désavantage : elle joue le role du méchant. L'autre, en revanche, se voit pardonner ses petits écarts, surtout quand ils ne collent pas avec le script.

Il y avait deux infos, hier, qui auraient dû faire l'objet d'un traitement médiatique au moins équivalent.
D'une part, une série d'incidents ont émaillé le défilé du FN (intrusion des Femen place de l'Opéra, qui ont fait le salut nazi et prise de bec entre un élu FN et des équipes de Canal +).
D'autre part, une agression antisémite s'est produite dans le 11eme. Deux  juifs tabassés par des colleurs d’affiches du NPA, qui est au FDG ce que le Parti de France est au FN, l'extrême dans l'extrême.



Comment se fait-il que cette agression n'ait pas fait l'objet d'une couverture médiatique large et de condamnations unanimes, notamment de la part des anti racistes professionnels (SOS Racisme & co). Et où sont tous ceux qui, comme Anne Hidalgo, Julien Dray ou David Assouline, passent leur temps à combattre la résurgence du racisme ? Ils sont gênés par leur sympathie pour l'extrême gauche ? 

Quand est-ce qu'on va enfin mettre sur le même plan extrême droite et extrême gauche ? C'est la même haine, des deux cotés.


(1) Contrepoints Le 1er Mai, héritage du pétainisme 1er mai 2015

dimanche 19 avril 2015

Hollande en flagrant délit de mensonge sur les valeurs communistes

Apparemment, cette après-midi, le président Hollande, socialiste, invité d'une émission de TV sur Canal +, s'est manifestement attaché à expliquer que le Front National et le Front de Gauche, ce n'est pas la même chose.
On comprend bien que le président Hollande cherche à démonter l'équivalence extrême gauche - extrême droite, puisque l'une est son alliée électorale directe. Hollande n'a t-il pas, en dépit des 100 millions de morts du communisme, rendu hommage à ses "valeurs" et à sa "culture" ?


De plus, Mélenchon, du Front de Gauche, dans le cadre du second tour de la présidentielle de 2012, a appelé à voter "contre Sarkozy", au lieu de s'abstenir, lui qui déteste Hollande.
Imagine t-on le scandale si Marine le Pen avait appelé à voter "contre Hollande" et si Sarkozy avait gagné ? N'y aurait-il pas un procès permanent en extrémisme ?

Pourquoi accepte t-on que la gauche socialiste se permette une alliance avec l'extrême gauche ? On ne peut même pas se placer sur le terrain des valeurs prétendument "humanistes" pour cela. En effet, Hollande nous dit que la différence entre le FN et le FDG, c'est que le le Parti communiste ne demandait pas de chasser les étrangers. Or, c'est faux, et un militant conservateur, Gonzague de Chantérac, a bien fait de le rappeler au président Hollande.


En effet, ce militant fait mention à l'affaire du bulldozer de Vitry (1), affaire dans laquelle une municipalité communiste, en 1980, luttait à coup de machines contre les maliens. On était très loin des discours actuels (2) mais parfaitement en ligne avec ce que le leader des communistes disait à l'époque : 



En 1981, les communistes ne pratiquaient pas le double langage : ils pensaient ce qu'ils disaient et le mettaient en oeuvre, notamment en ce qui concerne l'immigration;qu'ils percevaient comme étant un danger pour la classe ouvrière française.
Ils étaient, en ce sens, très loin de l'hypocrisie de ces maires de la gauche actuelle (Ayrault, Aubry, Hidalgo, etc ...) qui adorent les Roms dans leurs discours mais les expulsent de Nantes (3), Lille (4) ou Paris (5) dès que cela est possible. 

On comprend donc que le discours de l'extrême gauche du début des années 80 et celui d'extrême droite de la même époque était similaire. Comment le président Hollande, un homme instruit, qui plus est contemporain de cette période, peut-il être amnésique à ce point ? Ce mensonge "le Parti communiste ne demandait pas de chasser les étrangers, il avait des valeurs" est une honte !
Le comportement du PCF du début des années 80, et de tous ceux qui pensent en général que l'immigration est un problème, est en revanche cohérent avec l'idéologie malthusienne du socialisme (partage du travail denrée rare, colbertisme, etc). 

Le Président Hollande était en Suisse ce week end. Faute de comprendre les ressorts de ce petit pays anti dirigisme dont la prospérité est fondée sur la liberté et le travail, il en parle comme étant un miracle (6). Mais n'a t-il pas remarqué que chez nos voisins et amis Helvètes, le taux d'immigration est bien plus élevé que chez nous, et que le taux de chômage est plus faible ? 
En régime libérale, aussi éloigné que possible des valeurs socialistes et communistes, les immigrés s'intègrent par le travail (qualifié ou non), y compris en l'absence de salaire minimum (7) et en présence d'un code du travail aussi réduit que possible (8).

Le Président Hollande veut lutter contre les valeurs extrémistes ? Qu'il commence par dénoncer le communisme qui irrigue notre pays depuis 1944. Ses valeurs constituent bel et bien le socle du Front National de 2015. Et que le Président Hollande admette la vérité : le discours du FN en 2015 est quasi identique à celui du FDG en 2015 (9). Le PS ne se grandit pas de cette alliance avec un parti extrémiste.


(2) Parti Communiste Français L’immigration n’est pas un problème
(6) Tribune de Genève A l'EPFL, François Hollande salue le «miracle suisse» 17 avril 2015
(7) Contrepoints Pourquoi 76% des Suisses ont voté non au SMIC 20 mai 2014
(9) Gaspard Koenig, Génération Libre Le FN, parti "hard left" 23 février 2014

vendredi 27 mars 2015

Ces villes de banlieue parisienne où le PS oublie son "front républicain"

Cela ne vous avait pas échappé :  le premier ministre Manuel Valls a appelé au "front républicain" dans le cadre des départementales 2015 (1). Mais c'est quoi au juste, ce front républicain ? Difficile d'y répondre avec précision, sachant qu'on a déjà du mal à dire ce qu'est un parti républicain (2). On pensait pourtant qu'Alliance Royale, un parti clairement anti-républicain, ne présentait pas de candidats aux départementales 2015 ...
Alors on nous dit, un parti républicain, c'est un parti qui s'inscrit pleinement dans les valeurs de la République (Liberté, Egalité, Fraternité ?) et qu'a contrario, les partis qui ne sont pas dans cette tradition sont anti-républicains. Du coup, le Front National se retrouve classé dans les partis antirépublicains, bien qu'ils aient un programme plus socialiste et plus étatiste que le Front de Gauche. C'est l'historique du FN qui pose problème, ainsi que les déclarations de certains candidats. Fondé au début des années 70 par des partisans de l'OAS, par ailleurs admirateurs pour certains de la Waffen-SS, le FN rassemble actuellement des chevenementistes énarques  admirateurs d'une certaine vision du gaullisme (Florian Philippot), des traditionalistes de droite (Marion Maréchal le Pen), ainsi que, comme la presse l'a abondamment souligné, des pédophiles potentiels, des antisémites et des racistes. 

Au vu du CV de certains des candidats FN, c'est vrai qu'il y a de quoi être plus que circonspect. 

Mais si on doit juger certains candidats aux départementales à la fois sur leur CV et sur l'idéologie des fondateurs de leur parti politique, ne faudrait-il pas que l'on juge tous les candidats départementales à la fois sur leur CV et sur l'idéologie des fondateurs de leur parti politique ?

Ainsi, on verrait qu'aux cotés de ce parti politique fondé par un admirateur du IIIeme Reich, il existe, dans le paysage politique français, un autre parti politique, dont l'histoire trouve ses racines dans un autre totalitarisme, le communisme, et dont les prises de positions dans le passé font également froid dans le dos : soutien ou non-dénonciation des pires régimes de la planète (URSS, Cuba, Cambodge des Khmers Rouges, Vietnam etc). Ce parti politique, c'est le Parti Communiste Français (PCF) et par extension le Front de Gauche, la coalition de partis politiques d'extrême gauche que le PCF a rejoint. 

Outre le fait que le Front de Gauche s'appuie donc sur un contexte historique tout aussi douteux que celui qui anime le Front National, on trouve à l'extrême gauche les mêmes déviances qu'à l'extrême droite : pédophilie (3), antisémitisme (4),  racisme (principalement la germanophobie, mais pas que). 

Dès lors, puisque le Parti Socialiste se dit être un parti attaché à la démocratie, au respect de l'Homme et aux valeurs de la République, il doit nécessairement dénoncer le Front de Gauche de la même façon qu'il dénonce le Front National.

Or, il y a un certain nombre de villes dans lesquelles un candidat extrémiste de gauche affronte une autre couleur politique, et dans lesquelles le PS devrait donc nécessairement appeler à faire barrage au candidat Front de Gauche.
Passons sur le cas spécifique de Genevilliers (5), dans les Hauts de Seine, où un Front National affrontera son alter ego de gauche aux départementales dimanche ... quel (non) choix entre deux étatistes partageant la même vision dirigiste et étatiste de la politique ! Idem à Choisy le Roi (Val de Marne).
Mais quid des cas du type le Blanc Mesnil (Seine Saint Denis) où le FDG affronte l'UMP ?
Et dans le Val de Marne, à Fontenay sous Bois, à Vitry sus Seine 1ou à Champigny sur Marne 1 ? 

La balle est dans le camp de Manuel Valls, le même premier ministre de gauche tellement mobilisé contre le "fascisme" et l'extrémisme (de "droite" avant tout) qu'il en oublie de regarder l'idéologie de ses alliés d'extrême gauche.
Et s'il ne veut pas s'attaquer à ce dossier douloureux pour le Parti Socialiste donneur de leçons, peut-être pourrait-il alors supprimer ces 100 mesures prises sous Vichy mais toujours en vigueur, telles que l'obligation de porter sur soi une carte d'identité ? 



(2) Le Parisien Libéral Au fait, c'est quoi un parti républicain ? 11 juin 2012

samedi 7 mars 2015

Contrôle des sous-locations de HLM parisiens : hypocrite mais bienvenu !

25 ans après la chute du Mur de Berlin (1), il y a encore une extrême gauche communiste en France, et à Paris, capitale de la France, ces communistes collaborent avec le Parti Socialiste, celui qui donne des leçons anti extrémistes. C'est incroyable mais c'est ainsi ! Le Parti Socialiste peut s'allier aux communistes du FDG, par contre si l'UMP tentait ne serait-ce que d'envisager une collaboration avec les nationaux socialistes du FN ...

Cette collaboration PS-FDG se matérialise notamment par la présence de Ian Brossat aux cotés d'Anne Hidalgo, en tant qu'adjoint au logement. Ian Brossat, vous savez, c'est celui qui, sans doute inspiré par l'architecture et l'urbanisme soviétiques, aurait bien rasé le Sacré-Coeur, ça pose le personnage. 

Pourtant, l'executif parisien a pris une décision de bon sens cette semaine : lutter contre la sous-location de HLM. 


En effet, chacun comprend que l'existence même de HLM est un scandale : étant donné que le logement représente le premier poste de dépense de la plupart des ménages, pourquoi le contribuable devrait aider certains à se loger, tout en subissant un coût d'opportunité énorme et en contribuant à raréfier l'offre libre ? De plus, les HLM sont, on le sait, un instrument de clientélisme. 

Néanmoins, si on admet que ce scandale puisse exister, alors force est de constater que le scandale dans le scandale, la sous location de HLM, doit cesser. Il était en effet temps que la Mairie de Paris rappelle aux titulaires de baux HLM que sous-louer son HLM en cas de vacances,  déménagement ou de mutation professionnelle risque de coûter très cher aux occupants en titre (4) !
Mais en même temps, qui peut reprocher à des locataires de HLM de se comporter de la sorte ? Le logement est un bien rare et cher, et une fois qu'un HLM est attribué, il n'y a plus de contrôles. Les ministres et autres députés qui ont été logés dans un logement du parc social de la ville de Paris, de droite comme de gauche, UMP comme PS, en savent quelque chose !
Le contrôle des sous-locations de HLM parisiens est donc une bonne idée. Il se trouve néanmoins que exécutif parisien et sa majorité socialo-communiste est vraiment hypocrite pour le coup. En effet, comme le rappelle l'élu d'opposition Pierre-Yves Bournazel (UMP), Ian Brossat jugeait, il y a peu de temps, le phénomène de sous-location "marginal" et qu'il n'y avait pas lieu de prendre des mesures. 


C'était le 1er octobre 2014 que la majorité socialo-communiste n'était pas inquiète (5) !

Il y avait beau y avoir les petites annonces, voire les récits que tous les parisiens peuvent entendre, dans leur entourage, de locataires de HLM, bénéficiaires de minima sociaux, qui n'habitent carrément plus dans la capitale mais ont transformé leur bail en business rentable, mais non, la majorité ne voulait rien entendre, ou plus exactement, elle refusait l'idée que l'opposition puisse formuler une remarque de bon sens. 

Au delà même du fond de l'affaire et de l'opportunité à faire le ménage, est-ce que les politiciens, de droite comme de gauche, peuvent comprendre que les français sont fatigués par leur cynisme et leur capacité à avoir des vérités successives, fonction de leur situation personnelle, dans l'opposition ou au pouvoir ? 

Anne Hidalgo peut-elle, par exemple, comprendre qu'il est inélégant, pour ne pas dire méprisable de rejeter l'idée qu'il faille faire des économies quand c'est Charles Beigbeider ou NKM qui le disaient (timidement, du bon des lèvres) puis reprendre cette idée à son compte quand il s'agit de voter un budget (6) ? 
A ce petit jeu de vérités à géométrie variable, le PS est champion, Hollande a montré l'exemple en 2012, même si l'UMP est quasiment ex-æquo. L’honnêteté intellectuelle semble définitivement interdite de séjour dans le débat politique ...

Il y a quand même un fait qui lui, demeure intangible, invariable, quelle que soit la couleur de la majorité : il n'est pas question de réduire l'emprise de l'Etat et du secteur public sur la vie des gens, et de ramener un peu de mécanismes de marchés dans des secteurs aussi soviétisés que le logement, pour ne prendre que cet exemple. Après tout, c'est pas cher, c'est l'Etat qui paye ! Et qu'on ne vienne pas nous dire qu'il faut bien que l'Etat l'occupe du logement car c'est un bien essentiel. Que l'on sache, se nourrir est encore plus vital pour l'Homme que d'avoir un toit. Pourtant, il ne viendrait à l'idée de personne, pas même des socialistes, de vouloir nationaliser Danone, Carrefour, Michel & Augustin ou Monoprix pour s'assurer que tout le monde ait de quoi manger ! De la à ce qu'un politicien dise les choses clairement, à savoir le fait que chacun devrait habiter là ou ses moyens lui permettent de louer ...

Le fait reste qu'il ne devrait pas y avoir de contrôle des sous-locations de HLM parisiens, tout simplement parce qu'il ne devrait pas y avoir de HLM tout simplement !




(3) Ville de Paris Paris lutte contre la sous-location des HLM 2 mars 2015. 
(4) Le Parisien Sous-location des HLM : la lutte est engagée 2 mars 2015
(5) Le Parisien Les sous-locations de HLM inquiètent l'UMP 1 octobre 2014

dimanche 1 février 2015

#circo2504 : abstention !

Pour succéder à Pierre Moscovici, le commissaire européen socialiste chargé de mettre en oeuvre à Bruxelles ce qu'il était incapable d'appliquer à Paris (1), une élection législative partielle a été organisée dans le Doubs ce dimanche. 

L'enjeu est de taille : c'est celui de la majorité absolue à l'Assemblée Nationale (2) et donc la capacité de l’exécutif à faire passer ses projets de loi. Même en comptant sur les voix de Thomas Thévenoud ou de Sylvie Andrieux (3), cela devient difficile.

Notez que l'opposition au Parti Socialiste ne devrait absolument pas se réjouir du fait que le parti du président de la République et du premier ministre perde le contrôle de l'Assemblée Nationale : en effet, Valls et Hollande sont en échec sur à peu près tous les sujets (dette, déficits publics, chômage, croissance etc ...) sauf sur ceux qui concernent l'extension du champ d'action de l'Etat, et la restriction des libertés publiques. Si le PS ne parvenait désormais plus à mettre en oeuvre son programme, chacun peut être sûr du fait que Manuel Valls et François Hollande exploiteront cette excuse pour masquer leur incompétence.

Toujours est-il que 13 candidats ont sollicité les suffrages des électeurs. Voici les résultats du premier tour de la 4eme circonscription du Doubs (#circo2504) :

Inscrits 66 825
Abstention: 40 389 soit 60,44% des exprimés
Votants: 26 436 soit 39,56 % des exprimés
Blancs: 446 soit 1,69 % des votants
Nuls: 281 soit 1,06 % des votants
Exprimés: 25709 soit 97,25 % des votants

Sophie MONTEL (Front National): 8 382 voix, 32,60%
Frédéric BARBIER (Parti Socialiste): 7 416 voix, 28,85 %
Charles DEMOUGE (UMP): 6 824 voix, 26,54 %
Vincent ADAMI (Front de Gauche-PCF-PG-NPA-MRC): 941 voix, 3,66 %
Bernard LACHAMBRE (EELV): 799 voix, 3,11%
Michel TREPPO (Lutte Ouvrière): 404 voix, 1,57%
Alde VINCI (Parti de la France): 315 voix,1,23 %
Jean-Claude BONNOT (Fédéraliste): 152 voix, 0,59%
Yannick HERVÉ (Union Populaire Républicaine): 147 voix, 0,57 %
Ismaël BOUDJEKADA (Indépendant): 137 voix, 0,53 %
Antonio SANCHEZ (Communistes): 127 voix, 0,49 %
Marc Ouchebbouk (Indépendant): 40 voix,0,16 %
Nicolas ROUSSEAUX (Rebond Citoyen): 26 voix, 0,10 %

Notons déjà que ni l'UDI, ni le Parti Libéral Démocrate n'ont présenté de candidats. Il y avait le choix, donc, entre des étatistes de droite (UMP), des étatistes de gauche (PS), des extrémistes de gauche (Front de Gauche, Front National, Lutte Ouvrière, divers communiste) et des extrémistes de droite (Parti de la France).

Ensuite, observons le profil des candidats arrivés en tête : Sophie Montel est une cumularde professionnelle de la politique (députée Européenne et conseillère régionale), Frédéric Barbier est un professionnel de la politique (Vice-président du Conseil Général du Doubs / Ancien Député) et un cadre de la quasi fonction publique (employé par ERDF), Charles Demouge est un retraité de la fonction publique et un professionnel de la politique, quand à Vincent Adami (4), c'est aussi un professionnel de la politique, dont le père faisait déjà de la politique.

Le plus drôle, c'est la réaction des uns et des autres suite à ces résultats, qui ont vu le FN arriver en tête, et le PS arriver en second. 
Immédiatement, le PS en a appelé à "l'esprit du 11 janvier" et au "Front Républicain" (5). 

Mais si on y réfléchit une minute, comment l'UMP pourrait appeler à voter PS, et ensuite expliquer que l'UMPS n'existe pas ? 

D'autre part, en appeler au Front Républicain signifie que le FN ne serait pas un parti légal, en accord avec les lois de la république. Dans ce cas, pourquoi Manuel Valls ne dissout pas ce parti immédiatement ?

Si la stratégie est d'exclure les extrêmes comme le Front National, ce qui pourrait se comprendre, dans ce cas, Hollande va t-il s'excuser d'avoir rendu hommage au communisme (6), et le candidat socialiste de la 4eme circonscription du Doubs, Frédéric Barbier, va t-il annoncer très rapidement qu'il ne veut pas des voix de Vincent Adami, le candidat Front de Gauche ? Comment peut-on parler de Front Républicain alors que le PS est un allié de l'Extrême Gauche ?

D'ailleurs, comment Vincent Adami, soutenu par Syriza (7), pourrait appeler à voter Pasok Parti Socialiste ? Son fit naturel, c'est le Front National, tout comme Syriza est associé, en Grèce, à un parti nationaliste de droite anti libérale.

Enfin, et de manière plus fondamentale, programmatique, quelle différence entre la politique anti libérale que le FN propose, et ce que veut Frédéric Barbier, justice sociale, politique de réindustrialisation, services publics etc ? 


Même sur les marronniers mensongers, le PS et le FN sont d'accord, cf le cumul des mandats !

Il y a bien une différence entre le FN et le PS, mais elle est de degré, pas de nature. FN comme PS veulent toujours plus d'Etat. 

Dans ce contexte, il n'y a qu'une seule décision à prendre pour les électeurs : abstention !
Quand à l'UMP, elle serait fort inspirée de cesser son allégeance aux valeurs républicaines (8). Celles-ci forcerait l'UMP à rentrer dans la logique du front républicain, alors qu'on sait bien, de toutes façons, que les électeurs n'attendent certainement pas que Fillon, Juppé, Pécresse, NKM ou Sarkozy leur disent quoi voter. Comme si, en 2014, des consignes de vote pouvaient encore prendre. Arrêtons de prendre les gens pour des moutons !






vendredi 9 janvier 2015

Union Nationale

Le gouvernement et le PS appellent à manifester dimanche en soutien à Charlie Hebdo, dans une démarche d'"union nationale". 
Couac dans la démarche : tous les partis politiques sont invités à manifester, sauf le Front National, qui ne serait pas un parti républicain.

Quand cette crise de terrorisme sera derrière nous, il faudra que le gouvernement nous explique :

  • si on peut à ce point ostraciser le parti qui rassemble un électeur sur quatre
  • en quoi le FN n'est pas républicain mais pourtant légal (s'il n'est pas conforme aux lois, il faut l'interdire ?)
  • en quoi le FN est plus ou moins républicain que le Front de Gauche
  • si la République, et non pas la démocratie, est vraiment l'horizon de la France
 Le fait est que le parti politique dirigé par Marxine le Pen semble surtout être un parti hyper socialiste à court sûr, et probablement républicain, sachant qu'une république n'est pas forcément démocratique.



En tout cas, au delà de la crise, on peut féliciter les stratèges du PS qui ont encore donné des points de sondage au FN. Bravo les gars ...!


Sur le même sujet, lire aussi le point de vue de H16 (une unité millimétrée), celui de l'Hérétique (Convier ou non le FN à la marche républicaine ?) ou celui de Corto74 (Faut-il interdire le Front National ? Monsieur Da Silva, vous avez la parole... )

jeudi 13 novembre 2014

Il est temps de débaptiser la station Robespierre

Les 350 stations du métro parisien sont nommées de manière assez logique : elles portent très souvent le nom de la rue qu'elles desservent, ou du point d'intérêt le plus proche. Mais, cette géographie du métro n'est pas fixe, comme le rappelle l'article Wikipedia Liste des stations du métro parisien ayant changé de nom. 

Ainsi, on apprend que, globalement, la RATP et les autorités politiques ont banni du métro les références à un pays qui fut notre ennemi militaire et idéologique (l'Allemagne), et ont au contraire tenu à rendre hommage à des hommes ou à des lieux censés refléter les valeurs de notre pays (notamment : des victoires de la Seconde Guerre Mondiale et la résistance). 

Imagine t-on, aujourd'hui, alors que l'on prolonge ou cherche à étendre le réseau du métro parisien au delà du périf, et qu'on crée donc de nouvelles stations, rendre hommage à des personnalités controversées comme Louis-Ferdinand Céline ou Philippe Pétain ? Cela parait peu imaginable. 

Alors, combien de temps devrons nous supporter l'existence d'une station Robespierre ? 



Si la France cherche à bannir de son paysage mental et intellectuel l'extrême droite (avec le succès que l'on sait ...), on peut donc s'attendre au fait que nous ne rendions pas hommage non plus à un dictateur sanguinaire. 

Dictateur sanguinaire ? Halte à l'anachronisme, dirons certains, telle l'extrême gauche parisienne (1) qui se revendique de ce sinistre personnage, encore ces jours ci, rebondissant sur la sortie d'un simple jeu vidéo, Assassin's Creed (2), qui parlerait mal de leur héros. 


Assassin’s Creed Unity Presents: Rob Zombie’s... par Gameblog



A ces accusations d'anachronisme, on pourra répondre que, d'une part, la France de Vichy est jugée, en 2014, avec le regard de 2014 et non pas celui de 1940, et que des comportements et opinions qui étaient répandus durant les années 30, tels que l'antisémitisme, ne sont plus acceptés aujourd'hui, au nom des valeurs que nous défendons aujourd'hui, et que, d'autre part, même en 1793, les excès de la Révolution et le caractère sanguinaire de Robespierre étaient déjà dénoncés. Le mot "terreur" ne vient pas de nulle part !

L'extrême gauche préfère fermer les yeux sur les crimes qui ont permis à la République d'émerger, c'est son droit. Mais n'oublions pas l'usage de la guillotine à tout va, les sinistres noyades de la Loire  (3) ou la campagne de Vendée. N'oublions pas non plus que Robespierre a servi de modèle à Pol Pot et aux Khmers Rouges (4), ces grands adeptes de la table rase. 

Robespierre fait partie de l'histoire nationale. C'est un fait. Il y a quelques jours, Christiane Taubira affirmait que la République devait avoir le courage et l'honneur de reconnaître que ce qui avait été fait en son nom était injuste et illégal. Elle ne parlait ni du génocide vendéen, ni de la colonisation, mais de la répression de la grève des mineurs de 1948.

Son propos aurait cependant être le suivant : La République doit avoir le courage et l'honneur de reconnaître que certains des actes qui ont été faits en son nom ont été injustes et illégaux. Elle aurait pu ainsi dénoncer la Terreur et rappeler le fait que l'extrême gauche, comme l'extrême droite, puise son idéologie dans une histoire de violence.

Ce débat n'est pas ouvert. En revanche, dans un pays où l'apologie des crimes contre l'humanité est non seulement interdite, mais en plus criminelle, il est temps de commencer à rappeler que Robespierre était un criminel, agissant certes au nom de la République, mais un criminel quand même. Dans ce contexte, il est temps de débaptiser la station Robespierre.








mardi 27 mai 2014

Unir l'UDI et l'UMP ? Quelle idée saugrenue !

Avant qu'il ne démissionne de la présidence de l'UMP, le maire de Meaux employait déjà fréquemment l'expression "la droite et le centre" (1).
Aujourd'hui, c'est au tour d'Alain Juppé, le respecté maire de Bordeaux mais néanmoins calamiteux ex-premier ministre condamné par la justice (2), de prendre la main des électeurs et de suggérer un rapprochement entre la droite et le centre (3). 

Avant tout, une remarque de bon sens : Si Alain Juppé aime le centre, il n'a qu'à adhérer à l' UDI. C'est 20€ la cotisation, et 30€ si Madame Juppé est intéressée.
Au passage, si Alain Juppé aime le centre et ses idées, on se demande bien pourquoi, en 1995, il a viré Alain Madelin (ex Démocratie Libérale) du gouvernement ?

Ensuite, pourquoi Alain Juppé ne commence t-il pas par peser au sein de l'UMP afin de faire en sorte que SON parti politique ait les idées et une ligne claires sur des idées telles que le souverainisme, le socialisme de droite, le conservatisme sociétal. Que pense l'UMP sur l'Europe ? Qu'il faut revenir à l'Europe des 6 (Wauquiez) ou suivre les idées fédéralistes du PPE (Lamassoure) ? Que pense l'UMP sur l'économie ? Qu'il faut du socialisme de droite (Guaino, Peltier) ou du libéralisme (Raffarin) ? Et sur la famille, c'est abstention militante (NKM) ou suivi du pacte de la Manif pour Tous ?

Enfin, pourquoi Alain Juppé ne comprend t-il pas qu'au delà des incroyables capacités de mise en avant de François Bayrou et Marielle de Sarnez, il n'y a plus de Modem et que le centre, c'est l'UDI ?

En réalité, la position d'Alain Juppé se comprend dans le cadre d'une bipolarisation de la vie politique de la Veme République, qui, vraiment, ne peut plus continuer. Juppé, Hollande et autres caciques semblent continuer à croire que la France, seule en Europe, peut continuer à se séparer sagement entre droite et gauche, UMP et PS, et ce alors que rien que l'UMP rassemble des personnalités et opinions aussi différentes que Guillaume Peltier (ex FNJ), Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano ou Laure de la Raudière. Ca en devient comique. La fiction d'une union qui rassemblerait de manière permanente des libéraux, des gaullistes, des ex-FNJ et des bobos du 14eme tient de moins en moins. Qu'ils devraient se séparer ne veut pas dire qu'ils ne puissent pas travailler ensemble, dans le cadre de coalitions gouvernementales. Mais on a vraiment envie de rire quand on les voit singer le PS et son unité de facade. En effet, chez leurs amis "concurrents", quel rapport entre Christian Eckert et Gaétan Gorce ?


Chez tous nos partenaires Européens, qui pour la plupart sont des démocraties parlementaires, certaines  étant des monarchies, il y a en proportion variable 6 familles politiques :

  • une extrême gauche d'inspiration communiste anti libérale
  • des sociaux démocrates 
  • des écologistes
  • des centristes, libéraux démocrates et fédéralistes Européens
  • des conservateurs
  • une extrême droite d'inspiration nationaliste anti libérale


En France, cela donnerait les partis suivants 
  • le Front de Gauche (Mélenchon rejoint par Eva Joly, Christian Eckert, Arnaud Montebourg et autres adeptes du socialisme nationaliste)
  • le Parti Socialiste (expurgé de ses canards boiteux)
  • EELV (rassemblée autour de Nicolas Hulot et NKM)
  • L'ALDE France (avec des personnalités comme Denis Payre, Hervé Morin ou Jean-Christophe Fromantin), fédéraliste et libérale
  • Le Parti Populaire (RPR / DLR avec Michele Alliot-Marie ou Nicolas Dupont-Aignan), eurosceptique 
  • le Front National (avec les Le Pen, Guaino, Peltier, Engelmann et autres), socialiste et nationaliste

Si les partis politiques sont intelligents, ils feront ce travail de reconstruction. A Alain Juppé d'y contribuer, à commencer par sa propre famille, l'UMP. Une fois ce travail fait et une fois la réforme constitutionnelle introduisant la proportionnelle adoptée, alors on pourra envisager des coalitions de projet. 




jeudi 8 mai 2014

69 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le combat continue

Aujourd'hui, la France, et les alliés fêtent leur victoire du 8 mai 1945 (1) sur l'Allemagne Nazie.

Quand on y pense (et certains y ont pensé (2)), cette phrase simple donne vraiment matière à réflexion.

D'une part, on ne saluera jamais assez la vista du Général de Gaulle qui a réussi à ramener la France dans le camp des nations Alliées, alors que pendant 4 ans, le pays a formellement été dirigé par un régime dit de Révolution Nationale, dont peu diront qu'il semblait être tellement opposé aux forces nationales socialistes allemandes. Rappelons que le Vichysme n'est pas tombé de nulle part, et qu'il ne s'est pas évanoui dans la nature après la Seconde Guerre Mondiale. Certes, le Vichysme était un régime d'inspiration dictatorial (au sens actuel du terme), mais son background idéologique s'est bien ancré sur toute la réflexion anti libérale et anti démocrate que l'on a pu observé en France durant les années 30, à l'extrême droite (les ligues) aussi bien qu'à gauche et à l'extrême gauche. Les fonctionnaires du régime de Vichy étaient-ils seuls à afficher leur anglophobie et leur judéophobie ?


D'autre part, saluons la capacité qu'ont eu les anglo-américains d'accueillir les forces démocrates d'Europe occupée et de coaliser les combattants anti-nazis. On a tous en tête le séjour du Général de Gaulle à Londres, mais n'oublions pas, également, l'accueil que les anglais ont su manifester pour les gouvernements en exil de pays tels que la Pologne, la Norvège, les Pays Bas, la Yougoslavie ... (3).

Enfin, et surtout, on peut vraiment se demander si le combat pour la liberté est terminé. 
Rappelons que la Seconde Guerre Mondiale est née de l'antagonisme entre des pays expansionnistes et totalitaires (Allemagne national socialiste, Empire du Japon et Union des Républiques Socialistes Soviétiques) et des démocraties libérales (monarchies et républiques) qui n'ont pas demandées à être envahies (Pologne, France, Benelux) ou à être attaquées (Royaume Uni). En effet, les pays totalitaires ont tous théorisé puis mis en pratique l'idée qu'il faille que l'individu s'efface devant le collectif, et que ce collectif devait avoir accès à des ressources, terrestres notamment, situées dans d'autres pays, tout en pensant que le droit du plus fort devait primer sur la négociation bilatérale ou multi latérale.

Est-ce que, aujourd'hui, nous sommes certains d'en avoir fini avec :
  • le non respect des droits des minorités
  • les revendications territoriales, y compris au sein de l'Europe
  • la tentation de bafouer les libertés civiles, au profit de "l’intérêt général" représenté par l'Etat
  • les dérives eugénistes et la volonté plus ou moins explicite de créer un homme nouveau
  • la collusion entre les hauts fonctionnaires et les grandes entreprises
Oui, le communisme stalinien et le nazisme ne se sont pas "contentées" de créer des camps de concentration et de massacrer en masse, comme à Oradour sur Glane (4) pour les SS ou à Katyn pour les soviétiques. Les deux extrémismes ont aussi proposé un mode de régulation opposé au capitalisme libéral, et leurs idées se sont diffusées bien au delà des frontières du IIIeme Reich ou de l'Union Soviétique. Le non respect absolu de la vie humaine a été un des points des plus frappants de la Seconde Guerre Mondiale et donc le plus rejeté par la suite, mais d'autres idées, elles, ont survécu.

Ainsi, en ce qui concerne le cas français, il serait sain que nous menions une réflexion sur l'héritage de Vichy, qu'il comprenne l'accouchement sous X, la fête du travail, la fête des mères, cantine d’entreprise, le salaire minimum, l'Ordre des médecins, le CNC, la carte nationale d'identité ... (6). Certaines de ces mesures ne sont pas uniquement gênantes car héritées de Vichy, elles expliquent aussi aujourd'hui, en 2014, certains des blocages qui paralysent le pays. 
Là encore, l'après-guerre donne l'impression d'une refondation. Mais le fait est que de Gaulle a passé un pacte avec les communistes, pour éviter une guerre civile, et s'est appuyé sur l'administration, y compris passablement non dévichysée, pour éviter que l'AMGOT prenne le pouvoir en France, comme il l'a fait en Allemagne.

Ainsi, nous français avons été trop indulgents avec les communistes qui nous ont légué des boulets comme les nationalisations ou la sécurité sociale. Nous avons aussi échoué à nous débarasser des boulets étatistes légués par Vichy. Au vu de ces deux faits, on comprend aussi pourquoi l'extrême gauche actuelle (le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon) et l'extrême droite actuelle (le Front National de Marine le Pen) s'entendent aussi bien (idéologiquement parlant) et parviennent à séduire la gauche du PS (Eckert, Lienneman, Galut ...) ou la droite de l'UMP (Guaino, Wauquiez ...).

69 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, le combat continue donc. Tant que le gouvernement actuel, socialiste, ne rejettera pas le programme du Conseil National de la Résistance, tant qu'il ne supprimera pas l'obligation d'avoir une carte d'identité sur soi, tant qu'il acceptera que l'on puisse faire l'apologie du communisme en France, tant qu'il ne réalisera pas l'incongruité à ce qu'il existe un ministère de la Jeunesse et des Sports, alors la Seconde Guerre Mondiale ne sera pas terminée.


(1) France 3 Paris Ile de France Le programme des cérémonies du 8 mai 2014 à Paris 7 mai 2014 
(2) France TV Infos Le 8 mai 1945, une date pas si simple 6 mai 2014
(3) Wikipedia Gouvernement de Londres
(5) Katyncrime Le massacre de Katyn
(6) Enquête & Débat L’héritage de Vichy – Ces 100 mesures toujours en vigueur 16 octobre 2012

lundi 24 mars 2014

Municipales 2014 : et le Front de Gauche ?

Egalement publié sur Agoravox
A l'occasion de ce premier tour des municipales 2014, on parle beaucoup du Front National. En effet, sur un total de 36000 communes françaises et donc autant d'élections de maires, le Front National arrive en tête dans dix-sept communes de plus de 10 000 habitants et sept autres villes plus petites (1) . Il sera également présent dans 229 triangulaires. Etonnant, n'est ce pas, pour un parti politique qui rassemble les suffrages d'un électeur sur cinq ou sur six, en score national et selon les élections ... ;-) ? 

Il y a un autre front dont on parle un peu moins, c'est le Front de Gauche. 
D’après le secrétaire national du Parti de Gauche Eric Coquerel (2), "ces listes ont obtenu en moyenne 11,71% des voix (contre 15,54% pour le FN), et dans 307 villes elles en ont recueilli plus de 8%, égalant quasiment le FN. Il en va ainsi de Rennes (15%), Clermont Ferrand (12%), Poitiers (15,29%), Avignon (12,46%) et Limoges (14%) par exemple".

De manière plus globale, ne peut-on pas s'étonner du fait que, 25 ans après la chute du mur de Berlin, des mairies comme Arles, Bobigny, Dieppe ou Nanterre se réclament du communisme ? 

Le Front National et le Front de Gauche sont les deux faces de la même pièce de monnaie ultra étatiste et dirigiste. Gaspard Koenig a comparé, sur son blog Liberté Chérie, le programme officiel du Front national à celui du Front de gauche. Ils sont en grande partie interchangeables (3). 


pas de collaboration FN-UMP
Certaines personnalités de l'UMP font du rejet des extrêmes un de fondamentaux de leur colonne vertébrale idéologique. On peut penser, par exemple, à Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) qui a toujours fait du rejet de l'extrême droite, de ses valeurs et de son histoire, un point clef.
D'autres personnes, comme Anne Hidalgo (#PS), n'hésitent pas à s'allier à des extrémistes, tels que Ian Brossat (Parti Communiste) et à utiliser le logo Front de Gauche dans leur campagne.
PS et FDG unis

On reproche, à juste titre, la filiation du FN avec les idées collaborationnistes de la WWII ou les actes de torture en Algérie, par exemple. Pourquoi ne dénonce t-on pas les propos des communistes et leur négation de l'Homme et des libertés ? Les morts de Staline ou de Che Gevara ne valent pas ceux de Hitler ou ceux de la junte argentine ?

Cette complaisance vis à vis de l'extrême gauche, surtout observable au PS, est insupportable. Il est temps que la presse rappelle que le Front de Gauche et le Front National, c'est la même chose. Sur le plan électoral, seuls l'UDI et quelques personnalités de l'UMP se caractérisent par un rejet clair des extrêmes. Au PS, les choses sont plus floues. 



(2) Les Inrocks Front de gauche : l’autonomie a globalement porté ses fruits aux municipales 24 Mars 2014
(3) Le Point Le FN, parti "hard left" 23 Février 2014



25 mars 2014 EDIT
un aimable lecteur note que les communistes n'ont tué aucun français. En est-il si certain ? Se souvient-il de l'antisémitisme et le collaborationnisme de la gauche et de l'extrême gauche ?


lundi 3 mars 2014

Imaginez une manif dans Paris de soutien à des néo nazis ?

Il faut croire que les morts n'ont pas la même valeur en Ukraine et au Vénézuela.

Alors que la communauté internationale s'était indignée, à juste titre, de la violence de la répression entreprise par le président Ianoukovitch vis à vis des manifestants d'Euro Maidan, personne ne parle des morts liés à la répression de manifestations anti gouvernementales au Vénézuela.

Mieux : des français militants d'extrême gauche se permettent de manifester leur soutien à Maduro.




Question : quand est-ce que la France va enfin mettre sur le même plan Front de Gauche et Front National ?
Le socialisme, comme le national socialisme, tue.