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lundi 15 février 2016

Prison contre les signalements de contrôleurs RATP sur Internet !

Il ne s'agit pas d'une information type Gorafi ou autre site parodique. 

Oui, le parlement vient de voter ceci : Les auteurs d’applications dédiées ou de comptes Twitter qui retweetent les signalements de contrôles RATP ou SNCF auront à tenir compte de la disposition suivante : « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende ».(1) Oui, carrément de la prison pour avoir organisé la surveillance du service public, alors qu'en ce qui concerne les usagers, le fait de prendre le métro  expose à la videosurveillance de la RATP, pour ne signaler que ce seul mode de surveillance. 

Mais si on ne laisse pas les contrôleurs faire leur travail, comment on lutte contre la fraude, dirons certains ? 

Il y a trois types de réponses possibles. La première, c'est le développement de l'appétence à payer de la part des clients, sachant que de toutes façons, le prix du ticket ou celui du Pass Navigo est trop bas, et est très loin de couvrir les besoins de la RATP (2). Il conviendrait donc que les fraudeurs, quelque soient leurs raisons, intègrent en eux le caractère civique de l'achat de tickets. Ce civisme doit s'étendre à la prise de conscience individuelle de la nécessité de ne pas se déplacer quand on a pas d'argent (ou la volonté de payer) pour le faire. C'est à cette seule condition que la fraude disparaîtra. 

La deuxième raison, c'est évidemment la privatisation de la RATP, la mise en concurrence des lignes de bus et de métro et le futur développement, non pas des transports en commun, mais des modes de transports publics individuels, comme les voitures en location type Autolib ou les futures voitures et bus sans chauffeurs. Ces modes de transport permettront des trajets individualisés et ne nécessiteront plus d'énormes monopoles publics pour les gérer. A ce titre, regrettons que ce thème de campagne porté par la liste d'Aurélien Véron et Karine Madar (3) aux dernières régionales n'ait pas pris dans le débat public.
De toutes façons, la lutte contre la fraude coûte autant que ce qu'elle rapporte. De plus, elle est parfois menée dans des conditions de totale asymétrie entre les agents et les usagers (4). 

La troisième consiste à imaginer des peines alternatives à la prison. S'il existe un consensus en Ile de France pour lutter contre la fraude dans les transports en commun tout comme il a existé un consensus pour lutter contre la prostitution dans certaines villes américaines en exposant les photos des plaques des voitures des clients, pourquoi ne pas essayer le name & shame des fraudeurs ? 



Mais puisqu'on parle de contrôles et de prison, pourquoi les députés, toujours majoritairement de gauche à l'Assemblée Nationale, n'ont pas légiféré contre les contrôles au faciès, une promesse du candidat Hollande ? 

source Direct Matin

Puisque les prisons françaises sont déjà surpeuplées, notamment en région parisienne, pourquoi les parlementaires n'ont pas décidé un plan de construction d'établissements pénitenciers ? 


Et puisqu'on veut envoyer les délinquants en prison, pourquoi Sylvie Andrieux, députée, n'est toujours pas en prison, bien qu'elle ait détourné 700 000 euros et que la justice l'ait condamnée pour cela ? 






(3) Ingrid Amprou Transports et développement économique en Île de France : 22 novembre 2015 

dimanche 27 septembre 2015

Non, Bartolone n'aidera pas les parisiennes harcelées dans le métro !

Le traitement de certains sujets de campagne serait à mourir de rire si il ne concernait pas directement le sentiment d'insécurité de 53% de la population parisienne : les femmes. 
La gente féminine connait bien ce problème spécifique aux transports en commun : le harcèlement de rue.Vous vous souvenez en effet du reportage de Sofie Peteers à Bruxelles (1).
Etant donné que les régions gèrent les transports en commun (mais pas toute la police des transports en commun puisque seuls les gros bras du GPSR (2) sont employés de la RATP ), Claude Bartolone, dont le parti gère la région Ile de France depuis 17 ans, se réveille. Voila sa proposition : 
  • 1. Prévenir la violence par des campagnes permanentes de sensibilisation dans les transports en communs et les espaces publics.
  • 2. Lutter contre la violence par la présence des personnels de sécurité, [...] la création d’une police des transports par contractualisation avec l’État, le STIF, la SNCF et la RATP, la mise en place de l’arrêt à la demande sur des lignes de bus. 
  • 3. Accompagner les victimes par la formation des agents des transports à la prévention du harcèlement sexiste et à l’accompagnement des victimes.

Oui, c'est à mourir de rire. Au problème réel de la peur d'être agressée, Bartolone, dont le parti, répétons le encore une fois, détient tous les leviers du pouvoir politique et médiatique français (Elysée, Matignon, intérieur, défense, majorité à l'Assemblée Nationale, ville de Paris, région Ile de France, France Télévision, etc ...) répond par des campagnes de pub et par de la démagogie.
Oui, c'est de la démagogie que de proposer de la présence des personnels de sécurité ou la création d’une police des transports, d'abord parce que la police des transports existe déjà.



Comment se fait-il que Claude Bartolone, élu depuis 1981 (!), n'ait jamais entendu parler du Service de protection et de sécurité du métro (SPSM) de la police, du Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR) ou même de l'armée française, puisque celle ci est de facto affectée au controle des tickets de métro lorsqu'elle patrouille dans les couloirs du métro dans le cadre des missions Vigipirate ?
Claude Bartolone veut plus de personnel : ok, mais avec quel argent ? Il parait que nous sommes en léger déficit, c'est à dire que la dépense publique est déjà un chouia plus élevée que l'ensemble des recettes. Oh, rassurez-vous, trois fois rien, même si à cause de ce rien, nous avons déjà un peu de mal à payer les heures sups de la police (3) ...
Quand bien même cette police que Claude Bartolone veut recruter travaillerait gratuitement, combien veut-il de recrutements ? Il y a 5,5 millions de franciliennes, et 699 rames de métro à Paris. Faut-il un policier par francilienne ? Un par rame de métro ? Un par wagon de métro ? Quid des quais ? des couloirs ? Des ascenseurs ?
De plus, n'oublions pas qu'il faudrait que ces policiers soient des hommes, vu que les policiers femmes sont aussi des femmes (4). Voila qui nous ramène à l'absurde proposition de Marie-Ségolène Royal en 2007 ...(5) !

Combien de temps les politiciens vont-ils prendre les français pour des moutons, désireux de choisir entre divers clans de loups ?
Face à l'insécurité dans le métro, nous n'allons évidemment pas attendre qu'il y ait un policier par rame. Le type de société que cela implique, peut être est-ce dont rêve le Parti Socialiste ou leurs alter égo de "droite", mais c'est ni possible, ni, surtout, souhaitable.

Face à l'insécurité des femmes dans le métro, il y a un type de solution : la réponse individuelle, de la part des principales intéressées, mais aussi de la part des hommes.
Les femmes doivent être en situation de pouvoir se défendre face à une agression, et les témoins hommes devraient avoir le droit de défendre les victimes, sans risquer la prison (6).
Que les femmes décident de prendre des cours d'auto défense type krav maga, cela relève d'une décision individuelle. Les politiciens ne vont pas leur tenir la main pour aller s'inscrire à des cours. Dotées de ce capital d'auto défense, les femmes seraient de plus en mesure de ne plus confondre drague, même lourde, et agression sexuelle (7).
En revanche, la où le politique peut agir, c'est sur le corpus législatif qui fait qu'il est rationnel, quand on assiste à une agression, de ne surtout rien faire. Déjà, les sciences sociales nous apprennent que la responsabilité est diluée dans les endroits publics, surtout dans les pays où on apprend aux citoyens que c'est au gentil Etat omnipotent de s'occuper de tout. La ministre Laurence Rossignol en sait quelque chose (8). Mais si en plus de cette donnée psychologique, on est sur que la justice sera plus favorable aux délinquants qu'aux justiciers, à quoi bon ?

Claude Bartolone ferait donc bien mieux de convaincre ses collègues socialistes de réviser les lois sur la légitime défense, sans parler de celles interdisant le port d'armes, plutôt que de se moquer des femmes, avec des propositions de campagne aussi démagogiques !



EDIT : le blogueur centriste l'Hérétique a répondu, il n'est pas d'accord. Lire "Propositions libérale et socialiste, pas d'aide aux femmes harcelées !"




(1) Le Parisien Libéral #harcelementderue 2 aout 2015

jeudi 2 avril 2015

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche?

Au nom de la laïcité, la RATP a décidé de retirer la mention "pour les chrétiens d'Orient" sur les affiches annonçant le prochain concert des "Prêtres", et dont les bénéfices devaient être versés à une association qui leur vient en aide. 

Concert pour les chrétiens d'Orient: la RATP a-t-elle eu raison de censurer l'affiche dans le métro parisien ? Vous pouvez voter sur le site de RMC BFM.

Au delà de la polémique sur les chrétiens d'Orient, il serait du coup bon que la RATP nous précise ce qu'elle est : un espace privé dans lequel s'applique son règlement privé, fondé sur une vision stricte de la laïcité (laicarde, on pourrait dire), ou bien un espace public qu'elle met à la disposition de clients, qu'ils soient annonceurs ou voyageurs ? 

On pourrait admettre une RATP qui fonde ses valeurs sur le programme des franc-maçons, après tout, toutes les entreprises ont une culture et des valeurs, au delà de leur but, faire de l'argent, mais alors, pourquoi le règlement interne du métro parisien actuellement en vigueur s'appuie t-il sur le décret édicté le 22 mars 1942 ? 
Oui, vous avez bien lu. L'entreprise qui entend faire de la morale en plus de transporter des voyageurs (enfin, tant qu'un conducteur de la ligne A du RER n'est pas en grève ...) est aussi une administration qui n'a jamais renié les principes Vichystes qui président à certaines de ses actions. 
La paille et la poutre ? 

Difficile de dire comment la RATP décide qu'une affiche publicitaire est compatible ou pas avec ses propres règles (cf l'affaire Gleeden), mais ce qui est en revanche certain, c'est qu'il est vraiment temps de dépoussiérer le mode de fonctionnement de la Régie "Autonome" des Transports Parisiens. 

Enfin, rassurez-vous, pendant que la RATP, en France, regarde vers le passé, à l'étranger, elle est pragmatique, et s'accommode bien des valeurs libérales, à Londres , là où des compagnies privées font rouler de bus, en concurrence, sans CGT, sans comité de censure et en diffusant des pubs diverses et variées, parfois christianophobes, parfois christianophiles.


EDIT vendredi 3 avril 2015

sur le même sujet, lire Encore un Epic Fail de la laïcité à la française sur le blog de H16 ou Quand la RATP reste « neutre » face aux assassins sur le blog de Koztoujours

vendredi 20 mars 2015

Pollution à Paris ? Panique au gouvernement !

Ça fait plusieurs jours que le nord de la France est touché par un pic de pollution impliquant des particules PM 10 (1). 

Pollution atmosphérique à Paris, le 18 mars 2015
Source : AFP

Et dans ces conditions, il est recommandé, que les jeunes enfants, les personnes âgées et les malades évitent les activités physiques, en plein air ou en intérieur, les particules affectant particulièrement les systèmes respiratoire et cardio-vasculaire.
Cette recommandation d'éviter les efforts physiques, pour tous mais plus particulièrement pour les personnes les plus fragiles sus-mentionnés, n'a pas empêché la mairie de Paris  de mettre ainsi en place la gratuité d’une heure d’Autolib’ mais surtout du ticket 1 jour Vélib (2)’ accompagné des 30 premières minutes offertes par trajet. Passons ! Ceux qui se sentent mal sur leurs Vélib pourront toujours tenter une Autolib pour le trajet retour !

Dans ce contexte de pollution atmosphérique, un certain nombre de mesures sont normalement prévues : il s'agit, d'une part, de l'abaissement des limitations maximales de vitesse de circulation sur les routes franciliennes, et, d'autre part, de la circulation alternée. Le but est de réduire les émissions de polluants par les véhicules, à la fois par véhicule circulant et par réduction du nombre de véhicule en circulation. La mesure de circulation alternée, on connait déjà, une avait eu lieu le 1er octobre 1997 pour lutter contre un pic de pollution au dioxyde d'azote, et une autre, le 17 mars 2014 (3) pour lutter contre un pic de pollution aux particules fines. Pas de chance, c'est toujours sur la gauche que ça tombe !

Cette fois-ci, étant donné que nous sommes dans le même contexte qu'en mars 2014, la ville de Paris a demandé à l'Etat de mettre en place la circulation alternée (4), puisqu'il ne peut s'agit que d'une décision préfectorale. Quelle erreur ! Anne Hidalgo, la maire de Paris, a provoqué un drame au sommet de l'Etat !
Déjà, ne cherchez surtout pas à savoir quel texte peut bien régir cette situation de circulation alternée : la préfecture de police de Paris est aux abonnés absents sur le sujet. En revanche, pour "lutter contre le terrorisme", ça va, elle est bien présente !

Circulation alternée : mode d'emploi - La préfecture de Police ? Erreur 401 !

En réponse à la demande de la maire de Paris, le gouvernement a dit non à cette demande de circulation alternée, malgré la dégradation de la situation, et bien que nous soyons exactement dans la même situation qu'en mars 2014. 

Mieux, Ségolène Royal fait de l'explication de texte directement, sur twitter, dans une réponse aussi ininformée que démagogique : la ministre de l'environnement ne sait-elle donc pas que les parisiens circulent déjà en métro  (moins d'un parisien sur deux a une voiture), métro qui, au passage, est aussi pollué que l'air ambiant à proximité immédiate du périf  (6) ? 






Imposer du jour au lendemain à la banlieue la circulation alternée ne serait pas respectueux ... ce gouvernement touche vraiment le fond. 
Est-ce que, quand le RER A se met en grève subitement et prive juste quelques centaines de milliers de travailleurs de moyen de transport, les mettant en retard, les faisant rater des examens, les poussant à s'entasser comme des sardines dans les lignes de substitution, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement prend des lois rétroactives, notamment au niveau fiscal, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement déjuge des lois votées à l'unanimité comme celles sur Ecomouv' et force ce pauvre bougre de con-tribuable à payer la note de plusieurs centaines de millions d'euros, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 

L'explication, c'est le quotidien l'Opinion qui la fournit (7) : à quatre jours du premier tour des élections départementales, le dispositif de circulation alternée mettrait en colère les milliers de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans la capitale. C'est impensable pour un Parti Socialiste menacé par une gifle électorale historique.


Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement par Lopinionfr


Voila où nous en sommes. La majorité socialiste (alliée, théoriquement, aux écologistes d'EELV) est tellement paniquée qu'elle est prête à sacrifier ses propres principes d'action au profit de minables tactiques de court terme, et ce au détriment de la santé publique.

Dans ce contexte, comment l'Essonne ou la Seine Saint Denis peuvent-elles rester socialistes dimanche ? Parce que, il ne faut pas que la banlieue s'y trompe. Les parisiens ne votent pas dimanche (8), donc c'est tant pis pour eux. Mais les électeurs des communes d'Ile de France n'ont évidemment aucune raison pour faire confiance à des gens qui seraient prêts à déclarer quelque chose en conseil départemental et tout autre chose en tant que ministre. Il est d'ailleurs très significatif que l'on n'ait pas entendu Valls sur le sujet. En tant que conseiller municipal d'Evry (tiens, un cumul mandat local - fonction ministérielle !), le premier ministre doit bien avoir un avis sur la question de la pollution atmosphérique en Ile de France, non ?

Ségolène Royal a commencé sa carrière au début des années 80, et a été ministre au début des années 90. A l'époque, malgré le sang contaminé, malgré le Rainbow Warrior, les citoyens avaient peu de moyens de contester les décisions politiques . Aujourd'hui, les class actions existent en France. Après celle du RER A (9), celle de l'absence de décision en faveur de la circulation alternée ?






(7) Ecologie Libérale Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement 19 mars 2015
(8) Le Parisien Libéral Pas d'élections cantonales à Paris ! 18 mars 2015
(9) Le Monde Des usagers du RER A lancent une action de groupe 3 mars 2015

jeudi 13 novembre 2014

Il est temps de débaptiser la station Robespierre

Les 350 stations du métro parisien sont nommées de manière assez logique : elles portent très souvent le nom de la rue qu'elles desservent, ou du point d'intérêt le plus proche. Mais, cette géographie du métro n'est pas fixe, comme le rappelle l'article Wikipedia Liste des stations du métro parisien ayant changé de nom. 

Ainsi, on apprend que, globalement, la RATP et les autorités politiques ont banni du métro les références à un pays qui fut notre ennemi militaire et idéologique (l'Allemagne), et ont au contraire tenu à rendre hommage à des hommes ou à des lieux censés refléter les valeurs de notre pays (notamment : des victoires de la Seconde Guerre Mondiale et la résistance). 

Imagine t-on, aujourd'hui, alors que l'on prolonge ou cherche à étendre le réseau du métro parisien au delà du périf, et qu'on crée donc de nouvelles stations, rendre hommage à des personnalités controversées comme Louis-Ferdinand Céline ou Philippe Pétain ? Cela parait peu imaginable. 

Alors, combien de temps devrons nous supporter l'existence d'une station Robespierre ? 



Si la France cherche à bannir de son paysage mental et intellectuel l'extrême droite (avec le succès que l'on sait ...), on peut donc s'attendre au fait que nous ne rendions pas hommage non plus à un dictateur sanguinaire. 

Dictateur sanguinaire ? Halte à l'anachronisme, dirons certains, telle l'extrême gauche parisienne (1) qui se revendique de ce sinistre personnage, encore ces jours ci, rebondissant sur la sortie d'un simple jeu vidéo, Assassin's Creed (2), qui parlerait mal de leur héros. 


Assassin’s Creed Unity Presents: Rob Zombie’s... par Gameblog



A ces accusations d'anachronisme, on pourra répondre que, d'une part, la France de Vichy est jugée, en 2014, avec le regard de 2014 et non pas celui de 1940, et que des comportements et opinions qui étaient répandus durant les années 30, tels que l'antisémitisme, ne sont plus acceptés aujourd'hui, au nom des valeurs que nous défendons aujourd'hui, et que, d'autre part, même en 1793, les excès de la Révolution et le caractère sanguinaire de Robespierre étaient déjà dénoncés. Le mot "terreur" ne vient pas de nulle part !

L'extrême gauche préfère fermer les yeux sur les crimes qui ont permis à la République d'émerger, c'est son droit. Mais n'oublions pas l'usage de la guillotine à tout va, les sinistres noyades de la Loire  (3) ou la campagne de Vendée. N'oublions pas non plus que Robespierre a servi de modèle à Pol Pot et aux Khmers Rouges (4), ces grands adeptes de la table rase. 

Robespierre fait partie de l'histoire nationale. C'est un fait. Il y a quelques jours, Christiane Taubira affirmait que la République devait avoir le courage et l'honneur de reconnaître que ce qui avait été fait en son nom était injuste et illégal. Elle ne parlait ni du génocide vendéen, ni de la colonisation, mais de la répression de la grève des mineurs de 1948.

Son propos aurait cependant être le suivant : La République doit avoir le courage et l'honneur de reconnaître que certains des actes qui ont été faits en son nom ont été injustes et illégaux. Elle aurait pu ainsi dénoncer la Terreur et rappeler le fait que l'extrême gauche, comme l'extrême droite, puise son idéologie dans une histoire de violence.

Ce débat n'est pas ouvert. En revanche, dans un pays où l'apologie des crimes contre l'humanité est non seulement interdite, mais en plus criminelle, il est temps de commencer à rappeler que Robespierre était un criminel, agissant certes au nom de la République, mais un criminel quand même. Dans ce contexte, il est temps de débaptiser la station Robespierre.








dimanche 2 novembre 2014

Le problème de l'insécurité des parisiennes dans le métro

Avez-vous lu ce sondage qui dit que d'après une étude de la fondation Thomson Reuters, la capitale française est la 11e ville au monde où les femmes se sentent le moins en sécurité dans les transports publics ? La 11e ville au monde ! Et la première capitale occidentale, devant Londres ou New York. Cette étude a été reprise par tous les titres de presse, de Madame Figaro à Terra Femina, en passant par 20 Minutes, Metro ou le Daily Telegraph.

Egalement publié sur Agoravox


D'après cette étude, 85% des Parisiennes pensent qu’elles ne bénéficieraient d’aucune aide si elles se faisaient publiquement agresser dans les transports en commun. Ce chiffre est de 74% à Londres.
Notons que le fait qu'une femme de gauche, Anne Hidalgo, dirige Paris, ne change rien à la situation. Il y a deux ans, c'était 67,1% des Franciliennes qui avaient peur "au moins de temps en temps" dans les transports en commun, à leur domicile ou dans leur quartier le soir (et contre 34,3% des hommes)




Ce sondage arrive dans un climat où deux videos ont largement fait le buzz cette semaine.

La première, intitulée "Je suis à l'heure", montre un jeune homme dans le RER qui n'intervient pas face à une agression sexuelle d'une racaille envers une jeune femme. Cette vidéo, fictionnelle, s'inspire de faits divers réellement arrivés, tels qu'à Lille. Les auteurs, Isabelle Quintard et Fabien Motte, veulent dénoncer la non-assistance à personne en danger dans les transports en commun.


La seconde, intitulée "10 Hours of Walking in NYC as a Woman", montre une jeune femme qui subit ce qu'on appelle le harcèlement de rue. L'actrice, Shoshana Roberts, veut démontrer le fait que les femmes ne sont pas laissées tranquilles dans la rue.


Cette vidéo rappelle celle réalisée par Sofie Peeters, une étudiante flamande qui avait montré le harcèlement de rue dans le quartier Anneessens, à Bruxelles. 

Question : y a t-il une solution qui permettrait de rendre les grandes villes, à commencer par Paris, viables et agréables pour les jeunes femmes ? 

Déjà, formulons un regret. Tous ces féministes qui dénoncent la non assistance à personne en danger, notamment dans le cadre d'agressions sexuelles, s'abstiennent bien, par réflexe politiquement correct sans doute, de dénoncer les législations anti auto-défense. 
Comment se fait-il que personne ne parle de cet homme qui, dans le cadre d'une agression sexuelle, défend sa collègue et se retrouve au tribunal (1) ? Comment voulez-vous que reviennent des réflexes altruistes quand on sait que l'on risque d'être soit même une victime de la "justice" ? 

Ensuite, on s'étonne de la naïveté des solutions proposées par les associations féministes, souvent proches de la gauche. Elles tournent souvent autour de l'"éducation", comme s'il était possible de reformater ces hommes qui, manifestement, appliquent d'autres codes culturels que ces femmes harcelées. Déjà, qui n'a pas remarqué que le RER en journée, Annessens ou Battery Park sont des quartiers où de nombreux jeunes hommes traînent, faute d'emploi, et que les femmes semblent absentes ou effacées ? 
Ce dont les femmes ont besoin, ce ne sont certainement pas des leçons de savoir vivre formulées par une Education Nationale qui n'arrive déjà pas à faire apprendre l'essentiel (lire, écrire, compter), mais d'hommes au travail (et non pas dépendants d'allocations diverses et variées ou vivant de trafics rendus d'autant plus rentables que les différents pays ont décidé de mener une guerre contre la drogue) et de femmes sures d'elles, indépendantes, fortes et en parité avec les hommes.

Il y a en effet un cercle vicieux : plus les femmes se sentent minoritaires dans un wagon de métro, notamment le soir, plus elles ont peur. La solution apparaît donc évidente : il faut que les femmes cessent de déserter les transports en commun, et qu'elles soient capables de se défendre. Et plutôt que d'attendre, elles pourraient prendre des cours d'auto défense (Krav Maga, etc).  
Il faudrait aussi qu'on se demande pourquoi dans certains quartiers, les femmes sont numériquement archi minoritaires face aux hommes, et si cela est sain, sur la durée. Quiconque s'est promené en Seine Saint Denis, dans la partie nord de la ligne 13 à partir d'une certaine heure, ou même dans certaines rues du XVIIIeme arrondissement, est frappé par une chose : il n'y a que très peu, voire pas de femmes, notamment en terrasses des cafés. 
Cette impression est corroborée par les chiffres : il y a des villes où il y a un très fort déséquilibre hommes femmes : les villes industrielles et portuaires, les villes d'immigration et les villes à fort taux d'ingénieurs scientifiques. Citons l'étude data minée relayée par Slate : La carte du surnombre d'hommes célibataires pour 100 femmes fait apparaître plusieurs types de villes masculines: [...] des villes d'immigration comme Aubervilliers, qui se classe au premier rang des villes de plus de 60.000 habitants avec le plus fort déséquilibre hommes/femmes chez les jeunes (148 hommes pour 100 femmes ne vivant pas en couple) (2).
A croire que ce qui était chanté par Tristan au milieu des années 80 est donc vrai : Paris est plein de parisiens, pas assez de parisiennes et trop de parisiens. En tout cas, c'est vrai pour certaines banlieues.

L'insécurité ressentie par les femmes est un problème à la fois réel mais surestimé et sociologique et culturel, qui ne sera pas résolu par des campagnes d'éducation. En effet, on le voit bien dans la deuxième vidéo, "10 Hours of Walking in NYC as a Woman", certaines femmes amalgament flirt léger, drague lourde et intrusion dans l'espace personnel. Quand un homme dit à cette jeune femme "Nice" ou "Hello", est ce que c'est de sa faute si dix ou cinquante autres hommes ont dit la même chose, et est-ce du harcèlement ? Non, c'est juste du comique de répétition.
En revanche, on peut se douter que si cette jeune femme s'était baladée le long de Park Avenue, elle aurait eu moins de remarques.
Chez nous, c'est pareil. Comment se fait-il qu'à Londres, où les français sont toujours étonnés de la propension des jeunes femmes britanniques à s'habiller (plus) court et à boire beaucoup, le sentiment d'insécurité soit moindre ?

Il faut aussi que les féministes disent dans quelle société elles veulent vivre. Et il y a deux types de société qui s'offrent à elles : soit une société d'évitement, soit une société de confrontation. Pour l'évitement, c'est facile, c'est la voie que nous prenons actuellement : elle passe par le port du voile en banlieue, par les propos déconnectés des féministes de centre ville, et, bientôt, les wagons de RER réservés aux femmes.

Dans le cas de la confrontation, c'est plus simple : on part du réel, et on constate que les relations hommes femmes sont tantôt pacifiées, tantôt conflictuelles. Partons du principe que le métro est le principal lieu de danger pour les femmes, et non pas l'intimité de leur foyer bobo partagé avec un conjoint éduqué et de gauche (3), ou le bureau d'une mairie de gauche (4) (en réalité, on sait que les femmes sont le plus souvent agressées par des proches, et non pas par des inconnus dans le métro). Dans ce cas, nous avons besoin de dédramatiser les relations hommes femmes, et d'accepter que des codes culturels différents s'expriment dans le même espace différent, tout en offrant une réponse ferme à ce qui serait de l'ordre de l'agression. La présomption de légitime défense face à des coups portés en réponse au harcèlement de rue doit devenir la norme ! 

Enfin, que les féministes aient quand même leur attention attirée sur un point : si on part du principe que les hommes ont autant envie de rencontres que les femmes (hypothèse à discuter, on peut en convenir), alors il existe une inégalité fondamentale entre hommes et femmes :




Il y a vraiment du boulot ...!



Sur le même sujet, voir 

#harcelementderue, un post du 2 août 2012





vendredi 23 août 2013

Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) : un besoin de @CopwatchFrance ?

Alors qu'Anne Hidalgo rejette l'idée d'une police municipale armée à Paris, et que le débat se poursuit parmi les candidats à la municipale 2014 à Paris (lire Qui sont les têtes de liste à #Paris2014 ? sur le blog Municipales 2014 à Paris), il existe une force para-policière dont on oublie fréquemment le poids et la force, à Paris : le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR).

Le GPSR fait parfois la Une de l'actualité heureuse, quand certains de ses membres ramènent des médailles Olympiques. Mais, le plus souvent, la mauvaise image de cette milice parfois surnommée les Robocops prend le dessus, comme l'illustre ce post du blog Jura Libertaire : "« On est en France ici, arrête de me casser les couilles avec tes droits, il n'y a aucun témoin ! Cherche pas ! »"

Le GPSR est composé d'individus hommes et femmes recrutés sous le statut d'agent RATP, assermentés et détenteurs de l’autorisation du port d’arme de 4e et de 6e catégories. Ils sont donc dotés de larges pouvoirs très certainement justifiés par le niveau d'incivilité et d'insécurité qui règne sur le réseau de la RATP. Leur travail mérite donc d'être souligné.

En revanche, comme tout pouvoir, faut-il que celui du GPSR et des conducteurs de bus soit hors de contrôle, sans limites ? 

Un lecteur de ce blog rapporte avoir été témoin d'une scène pouvant être assimilé à un abus de pouvoir de la part d'un chauffeur de bus, envers un passager ayant proféré une insulte vexante mais néanmoins non violente. Le chauffeur de bus aurait répliqué en lançant par appel radio une véritable chasse à l'homme envers ce passager, descendu du bus, par les agents du GPSR, pour protester contre l'insulte, tandis qu'il aurait répondu aux autres passagers mécontents de l'arrêt inopiné : "oui, je vous prends en otage, oui, je suis un terroriste". Il fallait manifestement prendre cette phrase avec humour puisque semble t-il que le chauffeur du bus était arabe.

Que faut-il penser de cette histoire ? Déjà, que le bus, un transport en commun, doit forcément reposer sur la courtoisie partagée, sinon le système ne peut pas fonctionner. Or, cette nécessaire courtoisie nécessite que les deux parties, les passagers comme les personnels de la RATP, en fassent preuve.
D'autre part, il est dommage que les conducteurs de bus imitent les policiers qui usent et abusent de l'outrage à agent pour clore le débat et faire comprendre au citoyen qui est le plus fort.

Cet abus, ce sont nous, les citoyens, qui l'avons rendu possible, en laissant se développer cette milice, parce que la majorité d'entre nous avons peur dans le métro. Conclusion, tout comme les dérives de la police de Valls prennent pour appui la demande des citoyens pour toujours plus de sécurité, à tout prix, le GPSR n'est plus challengé par une quelconque opposition.

N'oublions pas que les lois qui ont rendu possible l'arrestation et la détention de Nicolas Bernard-Busse sont des lois votées par la gauche et par la droite pour répondre à la demande des citoyens en terme de sécurité. Ne laissons pas les bavures policières et para policières devenir les œufs cassés de l'omelette sécuritaire, car, ces œufs, ce pourrait être n'importe qui. La police, le GPSR ou tout autre autorité, devrait se donner pour principe d'agir avec proportionnalité, et de voir leur action potentiellement remise en cause par les citoyens devant un tribunal.
A défaut et puisque la parole policière pèse plus que celle des gens, surveillons la police, par exemple avec Copwatch !