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lundi 2 novembre 2015

Unité de facade de la gauche parisienne

Il y a quand même quelque chose de curieux à présenter comme évident une union entre le Parti Socialiste, l'extrême gauche (PCF, Front de Gauche et autres) et les écologistes. 
Il parait qu'ils ont des valeurs communes ...
Pourtant, rien n'est moins sur. 

Prenez le conseil municipal du XVIIIeme arrondissement, ce soir. Au menu du jour, le stade Championnet, du coté de la Porte de Saint Ouen. 
Cela fait des mois qu'un collectif appelé "pas touche le stade" se bat pour en empêcher la transformation en logements (1).

C'est ça aussi, l'alliance gauche - extrême gauche (bien réelle, elle, à l'inverse de l'union fantasmée entre l'UMP-Les Républicains et le Front National) : on est élus donc on déroule le rouleau compresseur, peu importe les revendications des citoyens, de Championnet à Roland Garros. 

Dans ce contexte, EELV fait entendre sa différence. Une élue locale Europe Ecologie les Verts, Douchka Mir Markovic, n'est tout simplement pas d'accord avec la vision des communistes en terme de densification d'un arrondissement et d'une zone déjà très peuplée.



Que veulent les communistes ? Bétonner, et construire des logements (HLM, on parie). Il faut croire que 80 ans de soviétisme et l'impact que cela a eu sur l'état écologique de l'URSS ne leur a pas suffit. 

A l'heure de la COP21, si la droite se donnait la peine d'ouvrir les yeux, elle réaliserait que l'écologie pourrait être la vraie base du conservatisme (au sens positif du terme). Il n'y a qu'à voir la plateforme éléctorale de l'élu local londonien Zac Goldsmith. 
En tout cas, il n'y a vraiment rien d'inscrit au fait que l'ont trouve des écologistes uniquement aux cotés de la gauche, et un certain nombre de dossiers locaux parisiens (3) le prouve. Et il en revanche honteux que la majorité socialiste parisienne accepte de travailler avec les héritiers des régimes totalitaires qui ont généré 100 millions de morts.



Sur le meme sujet 

Contrepoints Tour Triangle, symbole de l’inanité de l’accord PS-Verts à Paris ? 12 novembre 2014


(2) Municipales 2014 à Paris 75018 - Stade Championnet : EELV pas d'accord avec la position du PCF 2 novembre 2015
(3) EELV Paris Manifestation aux Serres d'Auteuil  21 mars 2015 

dimanche 1 novembre 2015

Valls colistier de Bartolone en Ile de France ?

Comme le rappelle le blogueur l'Hérétique (1), qui a fait l'effort d'analyser le programme de Valérie Pécresse (UMP-les Républicains) et de Claude Bartolone (PS) (2), il y a des élections régionales, dans un peu plus d'un mois, les 6 et 13 décembre 2015. 
Les nombreux étrangers qui viendront en France à l'occasion du sommet de la COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015) pourront prendre une leçon de démocratie. 

Enfin, nombreux étrangers, pas forcément tant que ça. Il parait que le gouvernement craint à la fois l'immigration de gens venus des pays du sud (3), et les attaques de Black Bloc , et du coup, on va limiter la délivrance de visa et rétablir les contrôles aux frontières (4) en suspendant la libre-circulation des citoyens de l’Union européenne. Maudits étrangers (5) ! A croire que c'est le parti dont il ne faut pas prononcer le nom qui pourrait avoir raison !

Quand à la leçon de démocratie, peut-être que les visiteurs seront un peu chagrinés par le mélange des genres pratiqué du niveau gouvernemental. 

En effet, quand Manuel Valls fait des propositions pour l'Ile-de-France, dans le respect de tradition planificatrice de la classe politique actuelle, quand il propose de créer 6 quartiers sur le modèle de la Défense, que fait le premier ministre, si ce n'est être le candidat surprise d'Ile-de-France, comme le dénonce le Parti Libéral Démocrate (6) ?



Question : est ce que les interventions du gouvernement vont être ajoutées au compte de campagne des candidats PS en région, à commencer par ceux de Claude Bartolone, qui fait lui-même campagne en utilisant les moyens de l'Assemblée Nationale (7) ? 

Quand est-ce que les socialistes vont enfin mettre en cohérence leurs propos et leurs pratiques ? Manuel Valls va t-il cesser de faire ce que le PS dénonçait en 2010, quand Pécresse était ministre ? Et Claude Bartolone, qui confond la station de RER Auber et la ville d'Aubervilliers, va-t-il enfin aller sur le site ratp.fr pour réaliser qu'il peut se rendre de son luxueux logement des Lilas (8) aux studios de BFM TV, Porte de Versailles, en métro (en 50 mn) ?  
C'est là où il comprendra que l'avenir, ce n'est certainement pas plus de transports en commun (on ne pourra de toutes façons jamais mettre une station de métro au pied de l'immeuble de chaque francilien), mais au contraire la fin annoncée des transports publics en Ile-de-France ? 



(2) L'Hérétique Transports et environnement : Bartolone-Pécresse 30 octobre 2015
(6) Parti Libéral Démocrate Manuel Valls candidat surprise d'Ile-de-France ? | 16 octobre 2015
(9) Le Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

jeudi 27 août 2015

Donald Trump, le cauchemar américain ?

A la une de Libé, ce jeudi : Donald Trump, le cauchemar américain (1). 

Diantre !

Que peut-il bien se passer pour que le quotidien du Marais, celui qui trouve vulgaire rien que l'idée de déménager à Bagnolet (2), parle en ces termes d'un candidat à la primaire des présidentielles aux Etats Unis ? 

Passé la Une, on comprend que Donald Trump a tout du parfait "bon client" de Libé, qui n'y va pas avec le dos de la cuillère : Trump aurait contre lui le fait d'être : 

  • complotiste (car climato-sceptique)
  • menteur compulsif
  • raciste invétéré
  • "connard laqué" au niveau style
  • égotiste vantard
  • beauf multirécidiviste
  • insultant et en "dérapage" permanent
N'en jetez plus !

Le problème, c'est que toutes ces critiques mettent sur le même plan des éléments d'importance différente, sans les mettre en perspective, et dans certains cas, en les faisant tomber à plat. 

Commençons par le climato-scepticisme. Rappelons que la thèse communément admise par la majorité des médias, alimentée par le GIEC, c'est que le réchauffement climatique auquel nous assistons actuellement et qui va faire s'élever le niveau des océans a pour cause l'activité humaine, et non pas une origine naturelle et séculaire. La conclusion des partisans de cette thèse, c'est qu'il faut de toute urgence cesser la consommation d'énergies fossiles et hâter la transition écologique. 
C'est vrai qu'il y a réchauffement. Et c'est vrai aussi qu'une économie décarbonée pourrait présenter bien des avantages, à commencer par le fait d’arrêter de donner de l'argent à la Russie de Poutine ou à l'Arabie Saoudite.
Mais pourquoi les journalistes de Libération n'ont-ils jamais entendu parler ni des falsifications du GIEC (3), ni des intérêts des partisans de la thèse du Peak Oil dans des investissements boursiers dans l'énergie (4) ? 
Enfin, pourquoi sont-ils incapables de comprendre que les Etats-Unis ne sont pas seuls à ne pas vouloir renoncer au confort que procure l'usage des énergies fossiles, il y a aussi et surtout tous les pays moins développés et moins riches que l'Occident, à savoir la Chine, l'Inde et l'Afrique ? Les pays du sud rêvent, eux aussi, de supermarchés ravitaillés par des camions et aux parkings remplis d'automobiles. Et ce n'est ni Libé ni les écolos occidentaux qui vont les empêcher.

Ensuite, Libé explique que Trump est un menteur compulsif. No comment, surtout en ce jour de publication des chiffres du chômage en France. Quand on a pour président de la république François Hollande, celui qui a promis d'"inverser la courbe du chômage", critiquer le mensonge d'autres politiciens, c'est rappeler le proverbe de la paille et de la poutre.

Ensuite, Donald Trump serait un raciste, un "connard laqué" au niveau style, un égotiste vantard et un beauf multirécidiviste. On ne se souvient pas du fait que, la dernière fois où Manuel Valls a fait la Une de Libération, le premier ministre ait eu droit à des qualificatifs similaires, malgré le manque de white, de bancos à Evry, malgré les costumes aux couleurs improbables, malgré l'usage d'un jet privé de la République pour aller voir un match de football.

Les critiques de Libération envers Donald Trump se concentrent sur des aspects secondaires, car au niveau programme, les idées de Trump pourraient avoir le terrible tort de leur plaire. Par exemple, Trump oppose l'économie dite réelle (Main Street) à la finance (Wall Street).   



N'est-ce pas du niveau du discours du Bourget, une sortie pareille ?

La seule critique qui pourrait sonner juste, c'est quand Libération dénonce les propos de Trump sur l'immigration, qu'il veut sérieusement restreindre (enfin, sauf quand il veut se remarier puisqu'il- a épousé une immigrée).

En effet, les Etats Unis d'Amérique sont une terre d'immigration. Les amérindiens n'ont pas demandé de visa aux passagers du Mayflowers. C'est donc plutôt anti américain que de développer une critique de l'immigration, sur une perspective historique. Mais Libération n'ose pas pour autant dire que Donald Trump n'est pas en ligne avec l'histoire et les valeurs de son pays, car, dans la foulée, il faudrait aussi dénoncer les tentatives de doter les Etats-Unis d'un système social proche de celui en vigueur en Europe. Les Etats Unis sont une terre d'immigration, certes, mais aussi une terre de refus du socialisme. L'Obamacare est tout aussi en dehors des valeurs américaines que la régulation de l'immigration. C'est pourquoi le président Reagan a, lui, baissé les dépenses sociales et régularisé massivement des immigrés clandestins en 1986 (6). La, il y a une logique et une cohérence !

En fait, il y a un point sur lequel Libération oublie de critiquer Donald Trump : c'est sur un point clef, antilibéral, de son programme économique. Donald Trump ne veut pas seulement que l'Amérique se protège contre d'éventuels nouveaux immigrés, il veut aussi que l'industrie US bénéficie d'un protectionnisme accru. Pointer cet aspect du programme, un classique au sein de la branche isolationniste du Parti Républicain, obligerait à qualifier de populistes tous les adeptes de ce genre de solutions, y compris au sein de la gauche européenne. Chez nous aussi, de ce coté de l'Atlantique, au Royaume Uni (7) comme en France, nous avons nos adversaires au libéralisme !

La candidature de Donald Trump a au moins une vertu : elle sera financée par le candidat lui-même. Pour le reste, Donald Trump ressemble trop à ses congénères politiciens, prêts à la surenchère verbale afin de se trouver une clientèle. Ceci étant dit, puisqu'on parle de cauchemar, le rêve américain, n'est-ce pas aussi l'idée exactement inverse à celle véhiculée par Jeb Bush et Hillary Clinton, les fils de et femmes de ?



(1) Libération Etats-Unis Trump, candidat primaire 26 août 2015
(2) Libération A nos risques et périph’ 4 mars 2014
(3) Mediapart Climate Gate: nous ment-ont a propos du climat ? 3 décembre 2009
(4) Wikipedia Matthew Simmons
(5) Libération Bush tente de dresser des barrières d'acier 7 juin 2001
(6) Wikipedia Immigration Reform and Control Act of 1986
(6) L'Opinion Comment les démocraties finissent 24 aout 2015

vendredi 20 mars 2015

Pollution à Paris ? Panique au gouvernement !

Ça fait plusieurs jours que le nord de la France est touché par un pic de pollution impliquant des particules PM 10 (1). 

Pollution atmosphérique à Paris, le 18 mars 2015
Source : AFP

Et dans ces conditions, il est recommandé, que les jeunes enfants, les personnes âgées et les malades évitent les activités physiques, en plein air ou en intérieur, les particules affectant particulièrement les systèmes respiratoire et cardio-vasculaire.
Cette recommandation d'éviter les efforts physiques, pour tous mais plus particulièrement pour les personnes les plus fragiles sus-mentionnés, n'a pas empêché la mairie de Paris  de mettre ainsi en place la gratuité d’une heure d’Autolib’ mais surtout du ticket 1 jour Vélib (2)’ accompagné des 30 premières minutes offertes par trajet. Passons ! Ceux qui se sentent mal sur leurs Vélib pourront toujours tenter une Autolib pour le trajet retour !

Dans ce contexte de pollution atmosphérique, un certain nombre de mesures sont normalement prévues : il s'agit, d'une part, de l'abaissement des limitations maximales de vitesse de circulation sur les routes franciliennes, et, d'autre part, de la circulation alternée. Le but est de réduire les émissions de polluants par les véhicules, à la fois par véhicule circulant et par réduction du nombre de véhicule en circulation. La mesure de circulation alternée, on connait déjà, une avait eu lieu le 1er octobre 1997 pour lutter contre un pic de pollution au dioxyde d'azote, et une autre, le 17 mars 2014 (3) pour lutter contre un pic de pollution aux particules fines. Pas de chance, c'est toujours sur la gauche que ça tombe !

Cette fois-ci, étant donné que nous sommes dans le même contexte qu'en mars 2014, la ville de Paris a demandé à l'Etat de mettre en place la circulation alternée (4), puisqu'il ne peut s'agit que d'une décision préfectorale. Quelle erreur ! Anne Hidalgo, la maire de Paris, a provoqué un drame au sommet de l'Etat !
Déjà, ne cherchez surtout pas à savoir quel texte peut bien régir cette situation de circulation alternée : la préfecture de police de Paris est aux abonnés absents sur le sujet. En revanche, pour "lutter contre le terrorisme", ça va, elle est bien présente !

Circulation alternée : mode d'emploi - La préfecture de Police ? Erreur 401 !

En réponse à la demande de la maire de Paris, le gouvernement a dit non à cette demande de circulation alternée, malgré la dégradation de la situation, et bien que nous soyons exactement dans la même situation qu'en mars 2014. 

Mieux, Ségolène Royal fait de l'explication de texte directement, sur twitter, dans une réponse aussi ininformée que démagogique : la ministre de l'environnement ne sait-elle donc pas que les parisiens circulent déjà en métro  (moins d'un parisien sur deux a une voiture), métro qui, au passage, est aussi pollué que l'air ambiant à proximité immédiate du périf  (6) ? 






Imposer du jour au lendemain à la banlieue la circulation alternée ne serait pas respectueux ... ce gouvernement touche vraiment le fond. 
Est-ce que, quand le RER A se met en grève subitement et prive juste quelques centaines de milliers de travailleurs de moyen de transport, les mettant en retard, les faisant rater des examens, les poussant à s'entasser comme des sardines dans les lignes de substitution, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement prend des lois rétroactives, notamment au niveau fiscal, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement déjuge des lois votées à l'unanimité comme celles sur Ecomouv' et force ce pauvre bougre de con-tribuable à payer la note de plusieurs centaines de millions d'euros, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 

L'explication, c'est le quotidien l'Opinion qui la fournit (7) : à quatre jours du premier tour des élections départementales, le dispositif de circulation alternée mettrait en colère les milliers de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans la capitale. C'est impensable pour un Parti Socialiste menacé par une gifle électorale historique.


Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement par Lopinionfr


Voila où nous en sommes. La majorité socialiste (alliée, théoriquement, aux écologistes d'EELV) est tellement paniquée qu'elle est prête à sacrifier ses propres principes d'action au profit de minables tactiques de court terme, et ce au détriment de la santé publique.

Dans ce contexte, comment l'Essonne ou la Seine Saint Denis peuvent-elles rester socialistes dimanche ? Parce que, il ne faut pas que la banlieue s'y trompe. Les parisiens ne votent pas dimanche (8), donc c'est tant pis pour eux. Mais les électeurs des communes d'Ile de France n'ont évidemment aucune raison pour faire confiance à des gens qui seraient prêts à déclarer quelque chose en conseil départemental et tout autre chose en tant que ministre. Il est d'ailleurs très significatif que l'on n'ait pas entendu Valls sur le sujet. En tant que conseiller municipal d'Evry (tiens, un cumul mandat local - fonction ministérielle !), le premier ministre doit bien avoir un avis sur la question de la pollution atmosphérique en Ile de France, non ?

Ségolène Royal a commencé sa carrière au début des années 80, et a été ministre au début des années 90. A l'époque, malgré le sang contaminé, malgré le Rainbow Warrior, les citoyens avaient peu de moyens de contester les décisions politiques . Aujourd'hui, les class actions existent en France. Après celle du RER A (9), celle de l'absence de décision en faveur de la circulation alternée ?






(7) Ecologie Libérale Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement 19 mars 2015
(8) Le Parisien Libéral Pas d'élections cantonales à Paris ! 18 mars 2015
(9) Le Monde Des usagers du RER A lancent une action de groupe 3 mars 2015

lundi 10 novembre 2014

Tour Triangle (75015) : symbole de l'inanité de l'accord PS-EELV à Paris ?

Les électeurs qui ont tenté de comprendre quelque chose à la campagne des municipales Paris 2014 avaient bien remarqué quelque chose : la sortante Anne Hidalgo, au pouvoir aux cotés de Bertrand Delanoé depuis 2001, était opposée à tout une série d'opposants, de l'extrême droite non résidente à Paris (Wallerand de Sant Just) à l'extrême gauche (Danielle Simonnet), en passant par NKM, les centristes (Christian Saint-Etienne) et les écolos (Christophe Najdovski).
Or, au vu de la campagne et des amabilités que s'étaient échangées les militants socialistes et les écologistes durant des mois, il était apparu pour le moins étrange qu'Hidalgo et Najdovski parviennent, quelques heures après la fin du premier tour, à un accord de fusions de listes entre le PS et EELV (1). Les points de désaccords fondamentaux ou de frictions étaient en effet nombreux : le tram sur les berges de Seine, le péage urbain, la lutte contre les particules fines (2) ...  la question de la Tour Triangle n'était pas la moindre. D'ailleurs, l'allié écolo d'Anne Hidalgo n'a jamais caché sa position sur la Tour Triangle (3), position qui n'a jamais variée chez les écolos parisiens (4)

La Tour Triangle, c'est ce projet architectural qui vise à construire, Porte de Versailles, le long de l'Avenue Ernest Renan, une tour de forme triangulaire de 180 m de hauteur et 42 étages (la tour Montparnasse en fait 210 m), sur un terrain appartenant à Unibail Rodamco. 

Cette tour attire une très forte opposition, émanant de groupes variés aux motifs divergents :
  • les riverains, qui ne veulent pas subir les désagréments tels que l'ombre portée de la tour ou les 5000 travailleurs qui vont venir encombrer la ligne 12 du métro matin et soir (5)
  • l'extrême gauche, opposée par principe à un projet qui a une tête de capitalisme (même si c'est la Mairie qui pilote ...
  • les écolos, contre la consommation énergétique que cette tour pourrait générer
  • les centristes (6), qui expliquent que les 90 000m² de bureaux sont en retrait du projet initial
  • l'UMP et NKM, qui reprennent l'avis de l'Unesco (7) en mettant en avant l'impact architectural
On trouve même des arguments qui sortent du champ politique rationnel, puisque des "anti illuminatis" (8) et autres "anti francs maçons"(9) voient en la tour Triangle une preuve de l'influence (néfaste ?) qu'auraient ces groupes sur la vie politique parisienne. 

Et ne parlons pas du Canard Enchainé qui, le vilain, voit des montages financiers douteux partout !




Seuls le Parti Socialiste Parisien et le MEDEF parisien semblent se prononcer en faveur de la tour Triangle. 

Après les déclarations de Jean-Louis Missika (adjoint PS d'Hidalgo) la semaine dernière (10), c'est au tour de Christophe Girard, le maire PS du IVeme, de s'exprimer dans la presse (11. Que dit-il ? D'une part, qu'il est fier du fait que Jacques Herzog et Pierre de Meuron "mettent en œuvre tout leur talent au bénéfice de notre Capitale", et qu'opposer la préservation du patrimoine et l’innovation urbaine est, pour sa part, un non-sens

Autrement dit, les électeurs du XVeme qui, de toute bonne foi, ont voté pour Anne Hidalgo au 2eme tour après avoir voté EELV au premier tour se trouvent relativement floués, puisqu'ils se retrouvent avec le sujet du retour des tours (de bureaux) à Paris.

Il serait pourtant simple de trancher. Plutôt que de négocier dans les coulisses du conseil municipal pour débaucher des élus centristes et UMP, qui pourraient voter oui, en remplacement des élus EELV, pourquoi ne pas organiser un referendum au niveau du XVeme arrondissement et d'Issy les Moulineaux, voire au niveau de l'ensemble de la capitale ?

En vérité, le vrai problème, c'est que la campagne d'Anne Hidalgo, qui a préféré parler de fontaines d'eau pétillante, a esquivé deux sujet majeurs : l'exode des sièges sociaux de Paris vers la banlieue, et l'absence de plan d'extension de Paris, en dehors des bricolages de type intercommunalité. 

L'un des problèmes de Paris, c'est que la Défense est entre Courbevoie, Puteaux et Nanterre, et non pas dans le 1er arrondissement, à Châtelet les Halles.
Pourquoi est-ce un problème ? D'une part, parce que le modèle fiscal parisien, de taxation relativement faible des habitants, ne tient que parce qu'il y a une énorme base taxable d'entreprises. Or, si les entreprises déménagent (notamment faute de locaux disponibles et accessibles), il sera de plus en plus dur de financer le programme socialiste de soviétisation progressive du logement (objectif de 30% de HLM, vous vous souvenez ?) et Paris pourrait rapidement devenir Bruxelles : un centre pauvre et des banlieues riches, et séparatistes.
D'autre part, il se trouve que Châtelet les Halles est desservi par 3 lignes de RER et 5 lignes de métro. Sans tomber dans les excès de l'inacceptable Plan Voisin, il aurait été judicieux de profiter de cette centralité pour faciliter l'acheminement des gens qui travaillent dans des tours.
Girard a raison de rappeler qu'une tour peut être joliment dessinée. Est-ce le cas de la tour Triangle, ça se discute. Mais l'exemple de la City de Londres montre qu'on peut mettre des tours au cœur d'un quartier historique. 

En ce qui concerne la volonté du PS de faire bouger Paris à travers la tour Triangle, sous prétexte que "Tokyo, Séoul, Shanghaï, Singapour, Jakarta ou New-York" bougent au niveau architectural, ça n'a pas de sens. Encore une fois, on ne peut pas comparer les 105 km² de Paris avec New York, mais éventuellement New York et la Petite Couronne (75+92+93+94) comme l'a bien montré le dessinateur Vahram Muratyan .

Source Huffington Post


Le candidat centriste, Christian Saint-Etienne, avait montré qu'en parallèle de la question du Grand Paris (jusqu'au Havre), il fallait réouvrir le dossier des frontières de Paris intra muros. Elles n'ont plus bougé depuis Napoleon III ! Les densités comparées de Paris et d'autres capitales sont nettement en défaveur de la ville lumière. Si les habitants du XVeme ne veulent pas de la tour Triangle, c'est peut être parce qu'à la différence de la City of London où personne n'habite, il y a 21 000 habitants au km² à Paris !
Pourquoi Anne Hidalgo est-elle incapable de proposer aux habitants de Montrouge, Saint Denis, Boulogne ou Montreuil de devenir des nouveaux arrondissements parisiens, ce qui permettrait d'envisager l'aménagement métropolitain autrement ? Ainsi, le PS parisien arrêterait de réfléchir seul dans son coin, et gérerait Paris à une autre échelle. 

Evidemment, pour cela, il aurait fallu un programme qui aille au delà des petits accords de circonstance, et artificiels, entre états-majors politiques ...



(1) Municipales 2014 à Paris L'accord #PS-#EELV attire les moqueries des twittos 24 mars 2014
(9) Tour Triangle & Secte Maçonnique La « Tour Triangle », une pyramide maçonnique… 2 septembre 2013 
(10) Delaponolis Tour Triangle : qui veut passer à la tringle ? 3 novembre 2014

lundi 13 octobre 2014

Les entreprises ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat

Les propos irresponsables de Ségolène Royal sur l’arrêt de l'écotaxe (1) permettent au moins la confirmation sur le point suivant : les entreprises, même du CAC 40, même impliquées dans le capitalisme de connivence (2), ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat et sa parole toujours susceptible d'être remise en cause. 

En effet, la ministre de l'environnement ne s'est pas contentée de mettre fin à l'écotaxe, adoptée à la quasi unanimité (y compris les socialistes), elle a assorti ses propos de lourdes menaces sur les concessions autoroutières, en promettant de les taxer plus car leurs profits sont trop élevés, et elle a ajouté qu'Ecomouv se verrait opposer une bataille juridique en contentieux.

Est ce que Ségolène Royal a agit pour ne pas avoir affronter une coalition Bonnets Rouges/chauffeurs routiers ? Oui, certainement. 
Mais de quel droit la ministre de l'environnement décide que le gouvernement doit engager des négociations avec des entreprises qui ont acheté des actifs publics il y a quelques années ? Pourquoi la ministre de l'environnement, déjà, ne respecte pas la hiérarchie gouvernementale qui consisterait à laisser Manuel Valls s'exprimer ? Cela éviterait à Sapin d'avoir à rappeler que les contrats de concession des autoroutes privatisées prévoient une hausse du prix des péages en cas de hausse de la fiscalité. 

Ensuite, puisqu'elle était déjà ministre en 1993, il y a plus de 20 ans (!), pourquoi Royal ne nous explique pas pourquoi l'Etat, alors propriétaire des autoroutes, n'a pas supprimé les péages ? 
Sapin et Royal déjà ministres en 1992

Rappelons que ceux ci, crées "à titre temporaire" durant les années 60, devaient servir à financer la construction du réseau, car la France était en retard par rapport à l'Allemagne et à l'Italie. 
En 1990, les péages, qui auraient du disparaître, sont restés, et l'Etat, comme Vinci ou Eiffage aujourd'hui, a encaissé d'énormes profits qui ont servi à construire de nouvelles autoroutes inutiles ou à financer le reste des dépenses de l'Etat. 

D'autre part, Ségolène Royal a affirmé sur France Inter que le chiffre de 1 milliard d'euros à verser à Ecomou, la société opérateur de l'écotaxe, à titre de dédommagement, n'était pas certain. Au contraire, l'Etat traînerait Ecomouv en justice pour démontrer que le concessionnaire avait sa part de responsabilité dans l'échec du système. 

On peut parier à coup sûr que la justice, en effet, trouvera quelque chose à redire. En effet, bien que la commission d'enquête du sénat avait démontré qu'il n'y avait pas d'irrégularité avec le contrat (3), Ecomouv n'avait pas réussi à diffuser de manière large les boîtiers de contrôle qui devaient interagir avec les fameux portiques. 
De toutes façons, l'Etat, qui joue avec l'argent des contribuables, n'a t-il pas le temps pour lui, face à une entreprise qui doit rembourser ses fournisseurs et payer ses salariés ? 

Il n'y a pas un jour, pas une situation qui ne cesse de prouver que les entreprises ont raison de ne pas avoir confiance en l'Etat. Que ce soit des petits entrepreneurs qui livrent des ministères et se retrouvent étranglés par les délais de paiement (l'Etat les réforment pour les autres mais jamais pour lui) ou des grands groupes qui voient les règles du jeu changer en cours de match, tous les acteurs sont touchés. 
Comment voulez vous, dans ce contexte, que la parole de gens comme Sapin ou Royal, soit entendue, et que des dispositifs comme le CICE puissent avoir de l'effet ? 

Ecomouv aurait pu être à ce début de XXIeme siècle ce que les fermiers généraux étaient au grand siècle français. On sait ce que ces derniers sont devenus. Entreprises : l'Etat vous propose un partenariat public privé ? Fuyez, vous n'êtes pas des partenaires égaux !




(1) Ecologie Libérale Ecotaxe : quand Marie-Segolene Royal se moque de nous 13 octobre 2014
(2) Wikilibéral Capitalisme de connivence
(3) L'Opinion Ecomouv’ : ces vérités inavouables 7 novembre 2013

samedi 4 octobre 2014

Dernière idée d'@Anne_Hidalgo : s'occuper des sachets plastiques

Non mais, Allo quoi ! comme dirait vous savez qui.

La ville de Paris est à la recherche de 400 millions (1), la fin de la bulle immobilière met en danger l'édifice clientéliste mis en place par le pouvoir socialiste (2), les visiteurs qui débarquent Gare du Nord ont une image catastrophique de la ville (3), la saleté des rues demeure une honte, mais de quoi s'occupe la maire de Paris ? 


Oui, vous avez bien lu : L’Exécutif parisien propose d'interdire les sacs plastiques à usage unique (source : Ville de Paris).

Bon, quand on passe au delà du titre, en fait on comprend que la ville de Paris n'a aucun moyen d'interdire, elle peut "juste" se contenter d'engager une concertation avec les commerçants parisiens pour arrêter la distribution de ce type de sacs. C'est déjà plus raisonnable, et cela ne correspond pas vraiment à l'affirmation très péremptoire d'Anne Hidalgo. Une concertation à 61 000 (si on en croit les chiffres de la CCIP), donc. 

Ça, c'est bien une méthode socialiste. Les super effets d'annonce qui s'adressent, non pas aux citoyens et contribuables, mais à différents partenaires d'une majorité qui ne partage rien. 

En effet, comment Europe Ecologie Les Verts ont-ils pu choisir, en quelques heures, de fusionner leurs listes avec celles du PS Parisien alors qu'ils ne sont d'accord sur rien ?

Un seul exemple ? le pic de pollution de la semaine dernière. Valls et Hidalgo n'étaient pas d'accord avec l'analyse de Christophe Najdovski (5). 

Par contre, puisqu'Anne Hidalgo veut s'occuper de sacs plastiques, pourquoi n'interdit-elle pas les ignobles sachets verts plastiques qui remplacent les poubelles publiques, mis en place "pour raisons de sécurité", plutôt que de s'immiscer dans la façon dont les commerçants gèrent leurs affaires ? 

Commerçants qui, au passage, n'ont pas attendu Anne Hidalgo soit pour faire payer les sacs plastiques, soit pour proposer des alternatives comme les sacs réutilisables. La stratégie de Monoprix en est un bon exemple.

Comme souvent, l'écologie passera par chacun d'entre nous, à partir de solutions décentralisées, et certainement pas par des injonctions venues d'en haut. 

Et puis pendant qu'Anne Hidalgo joue à l'écolo comme Marie-Antoinette jouait à la fermière, elle ne s'occupe pas de son boulot : 
  • gérer les 50 000 fonctionnaires (6) de la Ville de Paris (plus que l'ensemble de la fonction publique directement employée par l'Union Européenne)
  • essayer, dans la mesure du possible et dans le respect de la vie privée, de s'assurer que les animateurs recrutés dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires sont des gens équilibrés et non pas des violeurs d'enfants (7)
  • expliquer pourquoi Delanoé, qui n'est plus conseiller municipal, a toujours un bureau à la mairie de Paris (8)
  • boucler le budget, récupérer le milliard d'euros des parisiens donnés à Hollande et Ayrault alors qu'ils étaient tant réclamés à Sarkozy et Fillon (9)
  • assurer la propreté de la ville afin que les rats cessent de proliférer aux Tuileries (10)


Bref, est-ce trop demander à Anne Hidalgo de se concentrer sur ce pour quoi elle a été élue ? (Enfin, élue ... le XVeme arr, où elle s'est présentée, a clairement dit non, mais le système électoral parisien est ce qu'il est). 


(8) Observatoire des Subventions qui paye le bureau et la secrétaire de Bertrand Delanoé 9 juin 2014
(10) Le Monde Les rats ont pris leurs quartiers aux Tuileries 29 juillet 2014

mercredi 16 octobre 2013

De 1€51 à 1€96 le litre de SP 98 à Paris

Quand on interroge les français, la plupart diront que, la concurrence, c'est mal, donc ils sont contre. Mais quand on regarde concrètement les effets d'un manque de concurrence, alors les opinions changent. 

Vous voyez cette photo ? C'est une relique, une incongruité au pays d'Anne Hidalgo : une station service !

Boulevard Raspail 75014

Il faut dire que depuis quelques années, la municipalité socialiste a tout fait pour expulser les stations services de Paris. 
Alors, certes, le prix de l'essence a bien plus à voir avec les taxes (56% du prix du litre d'essence) qu'avec la concurrence entre stations. Mais n'oublions pas que, de manière plus globale, même ceux qui n'ont pas de voiture seront touchés par le cout de l'énergie : les chauffeurs livreurs et les artisans travaillent encore avec des véhicules à moteur à explosion. 

En attendant que Paris devienne une "ville à énergie positive", nous aurons donc besoin que ceux qui se déplacent puissent le faire aisément. 

Pas sur que nous empruntions ce chemin. 

En attendant, apprécions dans la joie et la bonne humeur la hausse sur les taxes votée hier ! (1)





Sur le même sujet 

Le coté obscur de la Force Verte un post du 16 mars 2010
N'allez plus chez eux par hasard ..., un post du 14 octobre 2010

dimanche 4 août 2013

Révolte fiscale : les Bretons refusent les taxes de l'État français !

L'heure de la révolte fiscale a sonné du coté de la Bretagne !
Hier, des manifestants ont abattu un portique écotaxe situé à Guiclan (sur la N12, entre Morlaix, Landivisiau et Carantec)


Si cela n'est pas, avec la révolte des tondus, méprisée par Marisol Touraine, le début d'une jacquerie de grande ampleur !




Que va faire Valls ? Envoyer des CRS quadriller la Bretagne ? Grace aux 35 heures, depuis le mois de mai dernier, il n'y pas assez de policiers et gendarmes, selon Economie Matin. De toutes façons, entre les troubles à Marseille, les Roms à expulser à Lille, à Paris ou dans l'Essonne, la surveillance des stations balnéaires à risque (lire Le Figaro : La délinquance gagne les plages) ou le réveil des anti Notre Dame des Landes, ce ne sont pas les théâtres d'opération qui manquent ! 

Les français n'en peuvent plus de tous ces impôts que l'UMP et le PS s'ingénient à inventer. Cela fait quelques mois que le gouvernement sait que la zone rouge est atteinte, et que le rendement fiscal diminue alors que les taux et assiettes augmentent, vérifiant ainsi la courbe de Laffer. 
Maintenant, avec la révolte de Guiclan, le message est clair : non, c'est non !

Ceci étant dit, rendons quand même à César ce qui appartient à César. Ce ne sont pas Moscovici, Cahuzac et Ayrault qui ont décidé le principe de l'écotaxe poids lourds. C'est une décision du précédent gouvernement.  Et si on en croit l'Agence Bretagne Presse, le trouble suscité par l'écotaxe en Bretagne va bien au delà des 0.02 € à 0.25€/km de taxe demandés aux poids lourds : c'est bien le respect du traité signé entre Anne de Bretagne et François 1er qui est en jeu, et il faut croire que décidément, conformément à ce que soulignait un article du Figaro du 9 mai 2009, Sarkozy n'avait effectivement rien compris à la Bretagne et à son anti jacobinisme. 

Reste toutefois le principe de l'écotaxe. Elle vise, dans son principe, à faire internaliser par les usagers de la route (dont les routiers) les coûts environnementaux réels ou supposés générés par le trafic routier, afin de rendre le train et le ferroutage plus compétitif. Le problème est que l'Etat, actionnaire à 100% de la SNCF, bloque les initiatives privées et régionales de fret ferroviaire (lire Novatrans-Combiwest : l’Araf tranche en faveur de RFF), en admettant même que le ferroutage puisse atteindre le degré de flexibilité du fret routier un jour, ce qui est evidemment impossible. 
L'autre problème réside dans le fait que le trafic routier est déjà ultra taxé. Automobilistes, aviez-vous remarqué que vous êtes sujets à une double taxation sur chaque litre d'essence ? La TVA s'ajoute à la TIPP payée, dans un joyeux micmac d'autant moins clair que l'Etat ne veut pas que les distributeurs affichent clairement sur les tickets de caisse la distinction entre les deux taxes. 

Quelque part, l'ecotaxe correspond quand même à une vision, celle d'accélérer la transition énergétique, afin de faire évoluer l'économie française, trop dépendante au pétrole, vers une économie plus verte, décarbonnée, circulaire (qui favorise le recyclage), conformément au schéma de Jeremy Rifkin. 

Mais quand bien même on serait séduit par le concept (et c'est loin d'être gagné), rien n'est dit par son auteur quand aux moyens politiques à mettre en oeuvre pour parvenir à cette situation. Or, on réalise bien que pour le PS, EELV, les deux Fronts (de gauche ou national) et une partie de l'UMP, il y a une avant garde éclairée, qui doit guider le peuple,de gré ou de force, à coup de barrières ecotaxes installées sans débats ni concertation. Ne serait-il pas plus simple de laisser les gens débattre ? Qui, par exemple, dans le monde politique français, rappelle que notre mode de vie implique toujours plus de guerres au Mali ou ailleurs et de baisers sur les pieds des Saoudiens ? Les gens sont capables de comprendre que le tout-pétrole est incompatible avec une diplomatie des Droits de l'Homme. Ils n'ont pas besoin d'écotaxe pour cela. Ils ont juste besoin d'alternatives simples, efficaces et disponibles. Les Velibs, les véhicules électriques, et le train, n'en sont pas.

Si Jean-Marc Ayrault, Philippe Martin, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Cécile Duflot sont tellement interessés par l'écologie, qu'ils démissionnent de la fonction publique, abandonnent la politique et créent des entreprises focalisées sur la recherche d'alternatives au pétrole. Sinon, qu'ils laissent les gens rouler, de préférence en baissant les taxes, histoire de les laisser profiter d'une liberté constitutionnelle, celle de circuler librement. Le marché, en ajustant les prix du pétrole à la demande, se chargera de faire le tri, tout seul comme un grand, sans Etat nounou pour lui tenir la main. 

mercredi 3 juillet 2013

Et si on supprimait le ministère de l'écologie ?

De quoi s'occupe le ministère de l'écologie, le développement durable et de l'énergie ? 
Il regroupe 6  directions générales qui couvrent des champs variés : 

  • la Direction générale de l’énergie et du climat : elle est chargée de la définition et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de lutte contre les changements climatiques. 
  • la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer : programmation d’infrastructures, régulation sociale et économique de l’ensemble des secteurs concernés (ferroviaire, fluvial, routier…), sécurité des infrastructures et des services de transport.  
  • la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature  : elle élabore, anime et évalue les politiques de l’urbanisme, de la construction, du logement (aménagement des espaces, politiques urbaines de l’habitat, politique de la ville, politique de la construction). 
  • la Direction générale de la prévention des risques : elle exerce la coordination interministérielle des politiques de prévention des risques majeurs (risques industriels, risques technologiques, risques naturels – crues, inondations…), de lutte contre le bruit et de gestion des déchets. 
  • la Direction générale de l’aviation civile : elle est responsable de la sécurité du transport aérien, de la gestion du trafic aérien, de la régulation du marché, de la surveillance et de la certification de l’ensemble des acteurs de l’aviation civile. 
  • la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture : elle conçoit, fait évoluer et applique la réglementation dans le domaine des pêches maritimes et de l’aquaculture (gestion de la flotte, des possibilités de pêche...). 



Que constate t-on ? Que toutes les missions dévolues au Ministère de l'Ecologie  sont soit mal menées par l'Etat et la puissance publique (cf l'état des routes ou la crise du logement) soit susceptibles d'être menées par des opérateurs privés. 

Le climat ? Chaque propriétaire de maison ou d'appartement est assez grand pour faire lui-même le calcul des bénéfices liés à une meilleure isolation de son logement, sans que l'état nounou ne vienne se méler de cela.

Les infrastructures ? Le gouvernement vient de mettre le hola au développement des nouvelles lignes TGV, avec raison, d'ailleurs. Il a aussi bloqué des projets comme le canal Seine-Nord. 

Le logement ? No comment. Les lecteurs fidèles de ce blog savent que la fin de la crise du logement en France passe notamment par la constructibilité par défaut de tous les terrains en France, et non pas l'inverse 

Les risques industriels ? La façon dont le gouvernement n'a pas géré la crise de Lubrizoil Rouen cet hiver montre qu'il n'y a rien à attendre des pouvoirs publics en cas de gros problème. Le gouvernement ne fera jamais mieux que Twitter sur ce coup la. 

L'aviation civile ? Le contrôle aérien est partiellement privatisé au Royaume Uni depuis 2001 (voir Libération) et en Espagne depuis 2010 (voir le blog de H16). Est-ce que les avions sont plus en danger dans les cieux des royaumes d'Elisabeth II et de Juan Carlos ? 

La pêche ? Pourquoi ne pas laisser l'Europe s'en charger totalement ? 


Il n'y a décidemment que peu de justifications à laisser le ministère de l'écologie ouvert. Si on croit en l'écologie, c'est à dire si on pense que l'action de l'Homme devrait s'inscrire dans la prise en compte du coût environnemental , alors c'est dans chaque ministère, et surtout, dans chacun de nos gestes, qu'il devrait y avoir de l'écologie (sur le même sujet : quelle est la justification d'un ministère des affaires européennes ??).
Ça tombe bien, il n'y a pas besoin de lois pour faire de l'écologie. L'open data et la connaissance partagée  (1) permettent à chacun de se saisir du sujet (2). 

mardi 2 juillet 2013

Sur proposition du 1er ministre, le président de la République a mis fin aux fonctions de Mme Delphine Batho

Qui eut crû que, sur ce blog, on linkerait avec plaisir un communiqué de presse de la Présidence de la République ?
Sur proposition du premier ministre, le président de la République a mis fin aux fonctions de Mme Delphine Batho.
Enfin !
Les contribuables et les parisiens ont tant souffert de la présence de cette personnalité au sein du gouvernement. Souvenez -vous de l'arrogance de l'ex députée Batho qui avait le cûlot de garder son HLM alors qu'elle gagnait un peu plus que la limite haute du salaire des riches dans ce pays (lire Privatiser pour en finir avec le scandale des HLM, un post du 23 mars 2012)

Mais ça n'est pas pour cette impertinence que Batho a été virée. C'est pour avoir critiqué le budget du gouvernement, qui prévoyait une baisse de 7% du budget consacré à l'écologie en 2014.




Pour une fois, le président Hollande a respecté une promesse, celle que le centriste Lagarde (UDI) rappelait cette après-midi (voir le Figaro)

De toutes façons, Delphine Batho n'aura pas été une bonne ministre, souvenez vous de la catastrophique gestion de la crise de l'émission de gaz Lubrizoil à Rouen ! (lire Fuite de gaz de Rouen : on a connu le gouvernement plus bavard, un post du 23 janvier 2013=

Maintenant, cette fin de fonction ne constitue nullement une réponse aux problèmes qui se posent encore à ce gouvernement :

  • les députés socialistes, dont la majorité absolue s'amenuise de semaine en semaine, ne suivent pas le gouvernement. La preuve en est qu'ils refusent de faire appliquer la proposition du candidat Hollande sur le cumul des mandats, quand ils ne rechignent pas à être transparents sur leur patrimoine immobilier ou financier (il est vrai qu'en la matière, l'exemple vient de très haut et de très loin !)
  • le gouvernement n'a toujours pas de ligne claire. Au delà de la critique du budget formulé par Delphine Batho, quelle est la cohérence d'un gouvernement qui a Valls et Duflot au sein d'une même équipe ? Taubira et Conway ? Pinel et Pellerin ? Belkacem et Touraine ? 
Hollande semble avoir composé son gouvernement comme il gerait le PS : avec finesse. L'équilibre instable est désormais un chateau de cartes. Batho partie, c'est l'édifice qui s'écroule, sans parler de la promesse de parité qui vole en éclats. Seule une dissolution pourrait contribuer à sortir la France du mauvais pas dans lequel le gouvernement Ayrault s'évertue à l'y plonger. 
Mais il n'y a pas qu'au sein du gouvernement que l'on attend des démissions. Où en est Yacine Chaouat, l'adjoint socialiste à la mairie du XIXeme arr qui a été condamné par la justice pour avoir battu sa femme ? Où en sommes nous dans la plainte de Xavier Kemlin contre la Présidence, en rapport avec l'ISF du président de la République ? Où sont les explications de Valls, Ayrault et Moscovici sur l'affaire Cahuzac ? Savaient-ils dès le 15 décembre, ou pas ? 

Quand à l'écologie, on ne sait pas encore si le gouvernement va adopter un point de vue moins favorable au principe de précaution et moins complaisant avec les thèses de décroissance. Une chose est sûre, quand on pense que EELV s'est associée au PS pour promouvoir "un autre modèle de croissance" et "une France apaisée", il y a au final de quoi sourire, quand on voit ceci. 

Source : "Notre Dame des Landes sera le Vietnam du gouvernement", sur le blog Ecologie Libérale

Quand à Philippe Martin, député du Gers propulsé ministre de l'Ecologie, une grande militante libérale et candidate UMP dans le Gers, Douce de Franclieu, est bien placée pour dire qu'il n'y a pas grand chose à attendre de lui.