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vendredi 23 décembre 2011

ECB chairman Mario Draghi admits that central banks contributed to the financial crisis







Prof. Dr. Mario Draghi at the IX. Ludwig-Erhard-Lecture in Berlin, Germany - 12/15/2011.

Q: I'm going to ask my question in German: My name ist Ralph Bärligea and I'm the chairman of the"Hayek Circle" at the University of Passau. We all know that the financial crisis was mainly caused by central banks due to too low interest rates - the mortgage crisis in the US but the sovereign debt crisis was caused by too low interest rates as well, by the the fact that the ECB accepted the deposition of government bonds and by granting loans to banks without demanding any equity capital as collateral. How would you as a representative of a central bank assess the idea of the abolition of the monopoly on money creation and the support of a development towards a market-based monetary system in which every investor is liable for his own decisions? When you as a lender of last resort grant loans, you are in fact also making an investment but there's no investor who is liable for this kind of investments. In addition to that, it is questionable in my opinion that you as a central instance can possess the same amount of knowledge as many decentralized investors.

A: Let me say just one thing about the crisis: I think the monetary policy was one circumstantial additional element to creating an environment where a crisis could actually erupt as it finally eventually did.

But I think that real root of the crisis has to be found in the several serious regulatory flaws in one financial jurisdiction. I think these regulatory jurisdiction flaws are not a one of event. It had been flaws, it had been created throughout several years starting more or less with 2000/2002/2003 onward until the crisis. And this environment has created a situation where you had assets which were impossible to price correctly because they were opaque. You had a weakening of the regulatory controls of all kinds - without going into too much detail. And around this you had an abundance of liquidity coming from monetary policy, but also coming from what was called the savings glut. In other words: money flowing into the capital markets from the Asian countries and other emerging market countries. And so again we had a situation which is in a sense similar to what I have described before for government bonds. We had risk premia that were not reflecting the inner riskiness of the assets. In this environment you also had excessive and misperceived leverage - that is to say: debt. In this environment of lacking transparency, very low interests rates, perverse incentives into action, you also had, you obviously had the actors raising too much debt and not even understanding how high was there debt often, because it was concealed by the very opacity of the instruments they were using to raise money. So, that's to give a overall fair picture of the background of which the crisis had erupted.



But, the next step is to say how would be a world without central banks? I don't know. Frankly, you see, that's one of the things which one like me should ask. Because we tend to, sort of, work so much into our own nest that we often avoid the big questions like: How would the world be if I didn't exist? And I promise I'll reflect on this!

mardi 25 janvier 2011

G20 : La France va jouer à Sim City ?

oups, tornade, c'est mort pour les récoltes !
A l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue au Palais de l'Elysées ce lundi 24 Janvier 2011, le Chef de l'Etat a rappelé quels seraient les objectifs de la France en tant que présidente du sommet du G20. 

Ils seront au nombre de 3

- réforme du système monétaire international
- lutte contre la volatilité des cours des matières premières 
- financement du développement.

Améliorer le fonctionnement des marchés des matières premières constitue une priorité pour la présidence française du G20, a souligné la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Christine Lagarde, qui a ajouté que .cette question figure en haut de la liste des priorités de la France et représente sa première préoccupation. 

On avait déjà vu que la spéculation sur les matières premières est un fait ancien (voir le post"Le G20 contre la civilisation" du 2 Janvier 2011) mais rappelons tout de même : pourquoi les matières premières fluctuent-elles ?

L'agriculture, la pèche et l'extraction minière constituent le lien entre ce qu'offre la nature et ce que demandent les hommes. Les biens agricoles font partie des biens les plus vitaux, ils sont bien plus universellement importants que les écrans plats ou les sacs Vuitton. 

Pourtant, un litre d'eau se vend un euro à la bouteille en supermarché à Paris, alors qu'un litre de Numero 5 de Chanel se vend 1035 euros le litre. Pourquoi ? 
Parce que bien que l'eau soit vitale, elle est relativement plus abondante ou en tout cas aisément disponible, en supermarché à Paris, que du Chanel. 
Mais si d'aventure les conditions naturelles font que l'eau devient très rare, que ce soit de manière ponctuelle (ouragan Kathrina) ou permanente (désertification du Sahel, une zone autrefois humide), alors le prix de l'eau, tant en valeur absolue que de manière relative au parfum, s'élève.

Ainsi, les matières premières fluctuent car 

- leur offre est instable : elle bouge en fonction de facteurs climatiques, miniers, biologiques ou autre
- leur demande est instable : le riz n'a pas toujours été un aliment universel, et le pétrole ne sert que si l'automobile se développe

On veut lutter contre la volatilité des cours des matières premières ? Cela ressemble à une mission impossible et ce pour les raisons suivantes

- il faudrait préciser de quel type de matières premieres on parle, agricoles ou minières. Elles ne répondent pas aux mêmes déterminants. 
- pour réguler les matières premières agricoles, il faut en réalité maitriser la météo. Comment la France va t-elle lutter contre les incendies en Russie et les fluctuations météo en Argentine pour stabiliser le blé ? 




A moins de jouer en god mode dans ce MMORPG géant qu'est le monde réel, on ne voit pas comment on va maitriser la météo.
La volonté de la France de lutter avec succès contre la volatilité des cours des matières premières s'appuie sur le précédent de la Politique Agricole Commune (PAC). Le revenu proposé aux agriculteurs ne dépénd pas de celui du marché. Mais pour arriver à ce résultat, l'Europe 

- consacre des moyens financiers colossaux
- ne peut éviter la volatilité des quantités disponibles (cf les stockages de beurre des années 80 et la mise en jachère de terres des années 90)

Rappelons simplement que l'industrie financière a inventé les outils utiles pour lutter contre la volatilité des cours des matières premières au niveau de l'agriculteur. Ca s'appelle les produits dérivés (forwards, calls, puts) et ca a été crée au XIXème siècle à l'initiative des agriculteurs eux-mêmes, sur le Chicago Mercantile Exchange. 
Il semble plus logique de trouver un spéculateur à mettre en face d'un agriculteur soucieux de garantir son revenu plutot qu'un contribuable déjà surtaxé, mais ceci ne semble pas évident, manifestement.

Vouloir lutter contre la volatilité des cours des matières premières  ne nous prémunira pas contre l'inflation qu'implique la croissance démographique et l'enrichissement généralisé des classes moyennes des pays émergeants. Il va juste falloir apprendre à partager.

jeudi 16 décembre 2010

Bonne nouvelle : les salaires montent en Chine !

C'est vrai, c'est formidable, non ?
Non seulement, c'est conforme à la théorie économique, mais en plus ca devrait satisfaire les tiermondistes.

Explication.

Selon le Wall Street Journal, les salaires progressent très rapidement en Chine. La Pravda Chinoise nuance mais ne dit pas autre chose.
Que se passe t-il ? C'est simple. Comme au Japon 40 ans auparavant, les chinois bossent comme des fous pour se développer, mais en même temps ils regardent la TV. Or, même si le cout de la vie en mode local est encore peu élevé, il existe des biens mondiaux pour lesquels chacun, sur cette planète, est prêt à se bouger pour les acquérir.
Ces biens mondiaux, c'est quoi ? On peut citer des choses qui semblent aussi basiques pour les français, même pauvres ou chomeurs, que les logements aux normes Occidentales, l'automobile ou le fast food. Dans un niveau de gamme de prix supérieure, on peut aussi évoquer le vin français, des sacs Vuitton ou les voitures de plus de 30 000 euros, que les riches chinois aiment, comme ici, et qu'on cherche de toutes façons à exporter.

Certes, il faudra 40 ans au rythme actuel pour que les salaires croissants mais encore faibles de Chine rejoignent ceux stagnants mais elevés de France, à environnement constant. On a donc encore de la marge. Sur les emplois manufacturiers, on est toujours dans un rapport de 1 à 12. Mais on espère que cette nouvelle de la progression des salaires en Chine réjouit notamment la gauche Européenne et tous ceux qui luttent contre les délocalisations :ces dernières seront de moins en moins interessantes.
Problème : il va aussi falloir expliquer que non seulement les biens importés de Chine en Europe couteront de plus en plus chers mais qu'en plus les Chinois, puis les autres asiatiques, puis les Africains se mettront à consommer les mêmes choses que nous : terre arable, pétrole comme si nous étions la dernière génération sur Terre et bien sur, de l'eau, avec les éventuelles guerres qui iront avec.

Conclusion : à court terme, la souveraineté Européenne passe par l'acceptation d'une baisse du niveau de vie des ménages les moins aisés et d'une acceptation des écarts de richesse. A long terme, cette souveraineté passe par la conquète de la Lune, au sens propre du terme. Que ce soit seuls ou avec les Américains, il semble relativement important que nous mettions la main sur les matières premieres qui s'y trouvent, avant que les Chinois ne le fassent.
Le pouvoir actuel préfère se pencher sur le financement des mosquées ou sur la possibilité de relaxer des policiers délinquants, plutot que de mettre en place les conditions d'exercice de nos futures libertés. Il est encore temps qu'il révise ses priorités.

mardi 14 septembre 2010

Vivre avec le SMIC (2006)

Vu sur le forum de France TV

Posté le 07-10-2006 à 09:23:08

Je voulais juste exprimer mon cas perso en ce qui concerne le SMIC et quand on dit que c’est impossible et inhumain de vivre avec 1000€/mois.

Je vis à Paris, 19ème dans un petit studio à 400€/mois. C’est petit certes, mais j’ai voulu habiter DANS Paris. Pour le même prix on peut aller en banlieue et avoir plus grand, c’est selon ses choix. Ou faire de la colloc… J’ai moins de 26 ans et 1000€/mois, donc j’ai des aides au logement de 260€ (faites le test sur caf.fr). Donc de ma poche, mon loyer est de 140€.

Concernant la bouffe, je ne vais qu’au Franprix, Leaderprice, etc. Pour 100€/mois je mange très bien et varié, encore faut-il savoir choisir le meilleur rapport qualité/prix… Je ne vais pas détailler mes repas, mais par exemple, un paquet de pates c’est 30cts (3 plats), sauce tomate : 90cts, 3 boites, gruyère 1€50 3 sachets, bref 3 repas pâte-tomate-fromage = 2.70€ soit 90cts le repas. Les fruits légumes, viande, tout çà ce n’est pas vraiment la ruine chez L.P.

Après les autres dépenses :

téléphone SFR : 19€/mois, je ne flambe pas sur le forfait et je fais gaffe à pas avoir de hors forfait
EDF : disons 15€ mois, et encore. En hiver je ne mets jamais le chauffage par exemple. Il fait froid? je mets un pull voire 2 plutôt que de payer une fortune en électricité, mais c’est un choix…
Transport : Zone 1-2 : 26€ (mon boulot paie 50% comme c’est souvent le cas à Paris) et je vais rarement en banlieue
J’ai le “luxe” d’avoir Internet : 15€/mois
Autre luxe : Carte UGC illimité : 20€
Fringues: disons 15€/mois. En fait je n’achète des fringues qu’en période de solde et que du bon rapport qualité prix. Jamais de marque! Un jean soldé à 25€ ok, un levis à 70€ jamais.
On va dire 50€ (je suis large) pour les autres dépenses de tous les jours style savon, ampoules, piles…

Impôts? => bah j’en ai pas, j’ai même une prime pour l’emploi…

Total = 1000-140-100-19-15-26-15-15-20-50 = 600€…

J’ai énoncé les dépenses vitales (et encore internet et le cinéma c’est du luxe), et il me reste 600€ pour m’amuser.

Je ne fume pas, hop 150€ d’économies (5€ un paquet * 30). Je n’ai pas de voiture, suicidaire à Paris => économie d’essence, de parking, d’assurance, de réparation, etc. Pas de télé non plus d’ailleurs, donc pas de redevance… (ceci dit je peux e payer une télé d’occas à 60€si j’en veux vraiment une)

Par contre, j’ai un péché, je fais la fête tous les WE (pub/restos,etc…) : 100€/We, soit 400€/mois. Il me reste 200€ mois que je mets de côté pour voyager par exemple. Et voyager coûte pas vraiment cher si on sait se débrouiller. J’ai parcouru l’Europe, par exemple la dernière fois Paris-Varsovie 60€ AR (skyeurope). Hôtel? non, auberges de jeunesses. ET je me fais souvent du eurolines aussi, c’est pas cher et çà économise des nuits d’hôtels…

Tout çà pour dire que je ne comprends pas les gens (jeunes travailleurs) qui disent que c’est impossible de vivre avec le SMIC. Mon experience montre que c’est largement faisable vu que je me paye le luxe de flamber. Je suis loin de vivoter comme le disent certains. Mais je ne vis pas au dessus de mes moyens et je n’hésites pas à me serrer la ceinture si je m’approche du 0 en banque (je ne supporte pas les découverts ou les crédits). Je vois pleins de gens qui se plaignent qu’ils ont pas de sous, mais ils reviennent un beau soir avec un lecteur DivX (ah oui mais tu comprends c'était une affaire en or et j’ai fait un 5ème crédit à la conso). Voilà comment on se surendette… Moi si j’ai pas les sous, je peux passer à côté d'une excellente affaire mais j’achète pas point!
Ou d’autres qui comprennent pas que je peux vivre avec 100€ de nourriture/mois. Et je m’aperçois que dans leur caddies, c’est exclusivement du danone, bonduelle ou barilla…

Il est vrai par contre que ce n’est pas avec un SMIC qu’on peut construire un long terme. Et encore... On avait proposé à ma mère (qui gagnait environ 1100€/mois) de racheter l'appart qu'elle louait en faisant un prêt sur 15 ans, avec des remboursements mensuels égales au prix du loyer. Payer un loyer ou un remboursement de crédit revenait donc au même, et en plus il y a des aides de l'Etat, et elle aurait pu avoir un bien en 15 ans (mais elle voulait aller ailleurs).

Bef, ceux qui sont au SMIC toute leur vie, oui c’est galère, ceux qui sont avec enfants aussi, mais pour les jeunes travailleurs comme moi, c’est mentir de dire que c’est galère…
Il suffit juste de faire un peu attention à ce qu’on dépense et se rappeller qu’on est pas millionnaire, et ne pas se précipiter d’acheter quelque chose quand on a un coup de coeur. Enfin c’est mon avis…

J’attends les commentaires, afin de m’aider ds ma réflexion



Qu'est ce qui a augmenté depuis 2006 ?

- la RATP : on est passé de 52 à 60.40 euros (+16.15% en 4 ans)
- EDF, malgré la légende des bas tarifs
- les pates, malgré les milliards de subvention versés aux agriculteurs
- bientot : l'ADSL, avec le gouvernement qui taxe tout ce qui bouge.

Qu'en pensez vous ?

vendredi 13 août 2010

Le consommateur est une force qui s'ignore

L'Etat régulateur étale toute son incapacité, ces jours ci, disons le. Et de manière symétrique, on voit bien que le consommateur, lui, détient le vrai droit de vote. Le monde est ce qu'on veut qu'il soit. Illustration.

En théorie, semble t-il que les actions de boycott sont limites voire interdites en France (source : le blog de UFC que Choisir Senlis).
D'ailleurs, quand il y a condamnation, c'est souvent pour d'autres motifs, du genre incitation à la haine raciale ou autre, comme dans le cas de cette affaire Carrefour / Palestine 68.

Ainsi, les fabricants de produit laitiers ont accepté de négocier avec les producteurs de lait, craignant pour leur image.

Dans un autre domaine, on imagine bien que Easyjet va très rapidement faire quelque chose pour ne pas se laisser se développer la polémique sur les handicapés refusés à bord. Cette compagnie, à l'image plutot sympathique jusqu'ici, ne peut pas risquer de passer pour le very bad guy de la classe.

Bref à chaque fois qu'on achète quelque chose, il faut qu'on soit conscient du choix que ca implique. C'est ca aussi la consommation citoyenne. Et dans cet esprit, rouler dans une grosse Audi n'est pas forcément moins citoyen que d'acheter une Logan, si on compare les salaires en Bavière et ceux en Roumanie, eh oui !

Une chose est sure, c'est que dans l'affaire des produits laitiers, on peut parier que suite aux très certaines hausses de prix qu'on verra cet automme ou même avant sur cette catégorie de produits, l'Etat sera appelé à la rescousse par les consommateurs en colère. Que va t-il alors proposer ? Une table ronde avec la grande distribution ? Un prix maximal sur la Vache qui rit ? Attention quand même à la soviétisation de l'économie ... En plus, après, il faudra s'occuper du poisson et des quotas de pèche !

jeudi 5 août 2010

Faut-il plus d’inflation ?

Rappel : inflation = une baisse durable de la valeur de la monnaie, qui se traduit par une hausse globale du niveau général des prix (Wikipedia) ou perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix (INSEE).

Alors, faut-il plus d’inflation ?

Si la question est posée, c'est que pendant longtemps, les étudiants de Sciences Po ont appris qu'il existe(rait) un trade-off entre inflation et chomage/activité économique. On devrait accepter de l'inflation en échange d'une économie dynamique qui crée des emplois. Entre temps (il y a 30 ans en fait), les économistes ont montré qu'il n'en était rien. Mais les politiques n'ont pas mis à jour le logiciel. Qu'est ce que ca donne ?

Réponse :

NB : alors que tous les hommes et femmes politiques ou presque, veulent, en gros, plus d'inflation pour "relancer" la "machine" économique, les gens, eux, percoivent une inflation bien plus forte que celle effectivement constatée par les indices, notamment parce que les biens de grande conso à bas prix montent alors que le prix des biens manufacturés s'effrondre.

Résumons : ok pour l'inflation mais non à la hausse des prix. Va comprendre ...

De toutes façons, on peut etre sur qu'avec la hausse du blé (incendies en Russie + intediction des exportations), du mil (secheresse au Sahel), du pétrole (incident BP + tension géopolitiques au Moyen Orient), de l'eau (mêmes raisons) et de l'electricité (pour le cas français), on verra ces memes hommes et femmes politiques hurler contre l'inflation, cet été et cet automne !

Solution libérale : laissez gérer la (quantité fixe) de monnaie par une autorité indépendante, ou, mettre en concurrence les monnaies.