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jeudi 4 février 2016

17 arrondissements Parisiens là où il en faudrait 30 ?

Dernière idée de la maire de Paris : Anne Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris, en fusionnant les arrondissements 1, 2, 3 et 4. (1).


A priori, le fait qu'Anne Hidalgo ne se préoccupe pas que de la soviétisation clientéliste du logement  politique de logement social (2) ou de gérer une fronde en carton, mais aussi des problèmes institutionnels de la ville serait un point à porter à son crédit. Et ce d'autant plus que la proposition ne semble pas politicienne, les 4 arrondissements étant d'abord gérés par le Parti Socialiste et alliés écolos EELV.

Pourtant, il s'agit d'une idée mal calibrée, et également un peu hypocrite. 

Regrouper les arrondissements centraux répond, selon le document, au souci d’«une meilleure représentation démocratique» des Parisiens, nous dit-on, ainsi qu'au besoin d’unifier la représentation politique et l’organisation administrative des moins peuplés 

Autrement dit, Anne Hidalgo s'attaquerait à deux problèmes en même temps : le mille-feuille administratif, source d'inefficacité, et le déficit démocratique lié au poids démographique inégal des arrondissements. 

Mais il n'en est rien. En quoi la réforme d'Anne Hidalgo va t-elle adresser un début de solution au problème de manque de représentativité du maire de Paris ?
En effet, rappelons quand même que le maire de Paris n'est pas élu par les 2 millions de parisiens, mais par au moins 82 des 163 conseillers municipaux de Paris, et que ne pas être élue dans son arrondissement n'a pas empêché Anne Hidalgo de devenir maire. 

Il faut se souvenir du score d'Anne Hidalgo dans le XVeme arrondissement face à Goujon (3) : les électeurs avaient clairement dit non. Pourtant, la magie du spectacle en a voulu autrement.

Et encore, les magouilles et les bizarreries de la carte électorale sont un sujet mineur.
Le vrai sujet, que l'on soutienne le programme ultra socialiste d'Anne Hidalgo, ou pas, notamment en matière de logement social, ce sont les finances de la ville de Paris. Après même pas deux ans de gouvernance Hidalgo, on sait enfin qu'elles sont catastrophiques.

La question que la maire de Paris devrait chercher à résoudre, ce n'est pas faut-il fusionner le 3eme et le 4eme arr, mais comment trouver des ressources financières à un moment où de plus en plus d'entreprises partent en banlieue, que ce soit à Neuilly, à Montreuil, à Saint Denis, à Malakoff ou à la Défense (4), et comment rapprocher les structures politiques et administratives de l'évolution des modes de vie, dans lesquels, on l'a vu le 13 novembre dernier, le Stade de France fait autant partie de l'échosystème Parisien que le Parc des Princes, et les squatts de Saint Denis autant que ceux du quartier de l'Evangile.

Peut-être est-il temps de revenir sur l'agrandissement de 1860.



Peut-être qu'Issy les Moulineaux, Ivry, Bagnolet ou Saint Ouen pourraient devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme les Batignolles, la Villette, Charonne ou la Butte aux Cailles sont devenus des arrondissements parisiens.
Les nouveaux arrondissements bénéficieraient des économies d'échelles des infrastructures parisiennes et la capitale récupérerait la CVAE et la CFE payée par les entreprises en banlieue.

 Evidemment, un tel projet obligerait Anne Hidalgo à discuter avec les parisiens, les maires des villes concernées et les habitants, plutôt que de décider, seule, en autocrate, dans son bureau, avant d'informer les manants de citoyens par le biais du Monde.
Accessoirement, ca permettrait d'avoir une raison pour en finir avec cette structure inutile qu'est la métropole du Grand Paris (5), structure que la gauche parisienne est bien contente de pouvoir mettre sur le chemin de la région Ile de France.

Oui, ca serait vraiment un tout autre projet.




(1) Le Monde Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris  29 janvier 2016
(2) la Tribune Hidalgo promet 30% de logements sociaux à Paris, bluff électoral ou objectif réaliste ? 16 septembre 2013
(3) Slate Anne Hidalgo, patronne de Paris mais pas de son arrondissement 31 mars 2014
(4) Contrepoints Les grandes entreprises fuient Paris : Hidalgo sous pression ! 15 mats 2015
(5) Fromantin : L’Ile-de-France, championne du monde du millefeuille territorial ! » 23 janvier 2015

vendredi 18 décembre 2015

A quoi servent les élections ?

Telle est la question que l'on pourrait tenter de se poser, à la vue de deux événements concomitants.

En effet, en ce vendredi 18 décembre 2015, le nouveau Conseil Régional d'Ile de France, élu dimanche dernier, prend ses quartiers dans l’hôtel de région.


Mais, au même moment, la métropole du Grand Paris se réunit, elle aussi.


Attention, ne confondez surtout pas

- conseil régional d'Ile de France
- métropole du Grand Paris
- Société du Grand Paris

La région Ile de France, c'est cet organe élu, celui que dédaigne Claude Bartolone. Il est en charge,
notamment, de faire tourner les lycées et de faire rouler les RER. Notons que, comme l'avait remarqué la Liste des Usagers de Jean-Claude Delarue, son pouvoir de décision sera d'ores et déjà sérieusement amendé par des décisions financières à long terme du STIF, signées quelques jours avant les élections régionales : 



le contrat entre le Stif et la SNCF pour la période 2016-2019 a été signé le 10 novembre 2015 par Jean-Paul Huchon !

La Métropole du Grand Paris, elle, c'est  une intercommunalité définie par la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropole. La métropole regroupera les communes de Paris, des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) et plusieurs communes de grande couronne. Que fera la Métropole du Grand Paris ? Mystère. Tout juste sait-on que la métropole "exercera des compétences qui lui sont déléguées principalement par les communes membres, mais également par l’État, la Région et le Département, dans les conditions fixées par le Code général des collectivités territoriales."
Attention, petite subtilité, il ne faut pas confondre la Métropole du Grand Paris avec le syndicat mixte d'études Paris Métropole ! 
Paris Métropole est un syndicat mixte d’études, créé en juin 2009, qui repose sur une démarche de coopération entre plus d’une centaine de collectivités d’Île-de-France de différents échelons : communes, intercommunalités, départements, région. Etant donné qu'il s'agit d'un organe de coopération entre Paris et sa banlieue, on aurait pu croire que ça ressemblait à l'intercommunalité décrite plus haut. 


Enfin, l'établissement public de la Société du Grand Paris est, lui, pour l'essentiel chargé de concevoir et réaliser le Réseau de transport public du Grand Paris (RTGP) , alias le super métro du Grand Paris Express, de conduire les opérations d'aménagement ou de construction liées au RTGP, de porter son financement et d'organiser les relations entre la SGP et les autres acteurs concernés par le projet (RATP, STIF, SNCF, élus, etc.).


Ce qui est drôle, c'est que les étatistes de tout poil qualifient souvent le secteur privé d'anarchique et de non efficient. Mais, en ce qui concerne l'Ile de France, quand différentes instances construisent, chacune dans leur coin (mais toujours avec l'argent du contribuable), des réseaux de transports en commun, qui sont les anarchistes ? 

Le Conseil Régional est donc en concurrence avec différentes instances. Certes, cette affirmation doit être amoindrie par le fait que, comme les élus cumulent, sans parler du fait que certains sont des fonctionnaires, on trouve les mêmes personnes dans toutes ces enceintes à la fois. Mais on ne sait pas, surtout, comment les répartitions de taxes se feront exactement (1), et donc si les citoyens et contribuables auront encore un contrôle sur les dépenses. 

D'où la question : à quoi servent les élections, si des couches bien grasses du mille feuille administratif ne cessent de se superposer ? C'est la question qui n'a pas du tout été soulevée pendant la campagne des élections régionales (2). Il était plus important de parler de la race blanche et du mariage pour tous que de la possible régression démocratique (3) que pourrait constituer le Grand Paris. 



(3) Le Blog de Phil Le Grand Paris et la régression démocratique 17 décembre 2015

dimanche 29 novembre 2015

#Régionales2015 : le point pour l’Ile-de-France. Pour qui voter ?

Dans une semaine, les français sont appelés à voter pour le premier tour des élections régionales 2015. En effet, celui ci se tiendra le 6 décembre 2015. Quand au deuxième tour, il aura lieu une semaine plus tard, le 13 décembre 2015. La question qui se pose est :faut-il aller voter, et si oui, pour qui aller voter ? 

Il y a trois semaines, nous notions qu'il était compliqué de saisir les enjeux liés aux élections régionales parce qu'on ne sait pas ce que font les régions, comment elles le financent, et qui sont les élus régionaux (1)
En ce qui concerne la région Ile-de-France, la situation est la suivante : il y a une majorité sortante, une alliance PS-EELV, qui a géré un budget de plusieurs milliards d'euros réparti de la sorte : 

  • Transports : 1,803 milliard d’euros
  • Lycées :  704 millions d’euros, hors rémunération des agents des lycées
  • Développement économique, innovation, tourisme : 229,64 millions d’euros
  • Apprentissage, formation professionnelle, emploi : 689,7 millions d’euros
  • Enseignement supérieur, recherche : 129,16 millions
  • Logement 163,377 millions d’euros
  • Environnement : 153,58 millions d’euros
  • Politique de la ville et renouvellement urbain : 45,3 millions d’euros
  • Sécurité : 14,3 millions d’euros
  • Culture : 99,8 millions d’euros

Le bilan, chacun le connait. Il est mauvais pour le socialiste Jean-Paul Huchon et sa majorité (2). Si on utilise les critères de bonne gestion d'une collectivité, au sens socialiste et écologiste du terme, il est impossible de décerner le moindre bon point aux sortants : malgré 17 ans de socialisme, l’Ile-de-France est la région où les inégalités sont toujours les plus fortes (3), y compris devant l'Alsace (pourtant dirigée par la droite), et ce, donc, malgré la redistribution importante opérée par l’impôt et les prestations sociales ou les dispositifs type SRU et autres taxes (4). Quand à l'écologie, les fréquents pics de pollution montre qu'un exécutif EELV n'a pas servi à grand chose. 
Certes, direz-vous, les inégalités de situation ne relèvent pas du politique et ne devraient absolument pas faire l'objet d'un traitement politique. Vous direz même que les inégalités, quelque part, sont justes (au sens de Rawls par exemple).  Quand à la pollution en Ile-de-France, on sait qu'elle provient fréquemment des épandages dans la Beauce (4). Mais, puisque la gauche est au pouvoir, autant la juger sur ses propres critères, non ? 

Mais le passé est le passé. Ce qui intéresse, c'est l'avenir. Et les élections régionales 2015 permettent d'en parler, de l'avenir. En Ile-de-France, 13 listes sont en compétition pour cette élection qui est à la fois majoritaire et proportionnelle. Et que nous proposent ces listes ? 

Franchement, il y a, dans la majorité des cas, de quoi être déçu. En effet, si on part de l'idée que les citoyens français ne sont pas sous-administrés, mais qu'au contraire, ils sont sur-administrés et ils souffrent du mille-feuille administratif, de l'excès de lois et de l'intervention publique à tous les niveaux, force est de constater que la plupart des listes aux régionales 2015 en Ile-de-France peinent à proposer autre chose que la poursuite des politiques actuelles, à savoir toujours plus d'intervention, le tout dans un contexte de dilution des responsabilités et de contraintes budgétaires fortes.
N'oublions pas que, le 1er janvier 2016, en plus des 2500 communes présentes dans la région, des 8 départements et des intercommunalités (comme Paris Métropole, délimité par le trait rouge sur la carte ci dessous) parfois pertinentes, parfois construites sur une logique purement politicienne (5) , il y aura la création de la Métropole du Grand Paris (en couleurs sur la carte ci dessous). Au mille feuille administratif actuel se rajoutera une couche supplémentaire. 

Ile de France (gris) vs Paris Métropole (rouge) vs Métropole du Grand Paris (vert)


En mauve : Paris Métropole (un syndicat miste d'études)

En gris : la Métropole du Grand Paris (une intercommunalité)

Autrement dit, et même si cela n'est pas si évident que cela pour nos amis des 20 12 autres régions métropolitaines de France, les franciliens, eux aussi, sont victimes du jacobinisme et de la volonté répétée de l'Etat de mettre la main sur les finances et la vie quotidienne des habitants d'Ile-de-France.
Le fait que le projet de la Métropole du Grand Paris n'est même pas discutée par les politiques est à ce titre significatif. Vous habitez au 8 rue du Corbillon à Saint Denis ? Vos interlocuteurs administratifs sont donc, au 1er janvier 2016, outre Jawad - le logeur - Bendaoud, également le maire communiste de la ville de Saint Denis, Didier Paillard, le président communiste de la Communauté d'agglomération Plaine Commune, Patrick Braouezec, le député socialiste Bruno le Roux, mais aussi Patrick Devedjian (Les Republicains) en sa qualité de président de Paris Métropole, le futur dirigeant de la Métropole du Grand Paris et, évidemment, le futur président du conseil régional d'Ile-de-France. Vous avez suivi ? 

Mais,  admettons que la région Ile-de-France ait le bon contour, malgré le décalage avec le périmètre du domaine royal des capétiens (oui, l'Oise est historiquement francilienne) ou même l'ancienne province royale d'Ile de France. 

Ile de France en 1790

Admettons aussi que la réforme des régions, portée de manière unilatérale et non concertée par le gouvernement actuel soit bonne, et que les missions que les régions exercent (principalement : faire rouler des bus et des trains, et gérer des lycées et centres de formation) soient les bonnes. 

Alors, demeure la question principale : pour qui voter ?



La première liste est intitulée Nos vies d'abord ! Elle est dirigée par le sénateur communiste Pierre LAURENT (PCF-Front de Gauche). Le choix du nom de la liste est excellent. En effet, quoi de plus égoïste et de plus court-termiste que l'idée que les services publics déficitaires d'aujourd'hui doivent être payés par les contribuables de demain, par le biais de la dette ? Mais penchons nous sur leur projet : il est tout bonnement ridicule. En quoi, par exemple, le politique peut-il influer sur le fait que (malgré des loyers plus élevés), les entreprises préfèrent créer des emplois à l'ouest (à la Défense par exemple) plutôt que dans la zone franche de Champigny ? Ou cette idée de solidarité à tout prix, à quoi rime t-elle

Il y a cependant une mesure intéressante chez les communistes, c'est la proposition de referendum sur la réforme territoriale. Le reste correspond à des mesures ultra dirigistes et égalitaristes.


La seconde liste est "Une Ile-de-France humaine", dirigée par Claude BARTOLONE (PS). La encore, la tête de liste est un cumulard : Bartolone est député de Seine Saint Denis, président de l'Assemblée Nationale. Certains lui reprochent d'ailleurs de faire campagne avec les moyens de l'Assemblée Nationale (7). D'autres lui reprochent sa gestion catastrophique de la Seine Saint Denis (8), dont il a géré le conseil général. Tous, enfin, raillent sa prise de hauteur par rapport à la mixité sociale, du haut de sa maison de multimillionnaire. Enfin, nous ne sommes pas censés savoir, Bartolone est contre la transparence des patrimoines des élus.

Mais passons au projet de Bartolone. D'abord, la liste s'appelle "Une Ile-de-France humaine". Faut-il comprendre que l'actuelle Ile-de-France, celle que le socialiste Jean-Paul Huchon a dirigé, est inhumaine ? Sur les transports, Bartolone a deux grandes idées phares : d'une part, sécuriser les déplacements des femmes, et, d'autre part,  tout miser sur le nouveau métro du Grand Paris. En ce qui concerne la sécurité des femmes, nous avons déjà indiqué que non, Bartolone n'aidera pas les parisiennes harcelées dans le métro ! (9) Quand au métro du Grand Paris, son financement est tellement incertain qu'on ne comprend pas comment le PS peut encore le mettre en avant. Le reste du programme de Bartolone oublie de faire le bilan de Huchon, et de dire pourquoi le PS version 2015 ferait mieux que son prédécesseur. Apparemment, les franciliens ne s'y trompent pas, d'après les sondages.


La troisième liste est celle de l'Union Populaire Républicaine (UPR), dirigée par François ASSELINEAU. Disons le tout de suite : les régionales ne semblent pas intéresser l'UPR, un petit parti souverainiste et anti euro. Tout juste constituent-elle une tribune pour leurs idées. Du coup, la partie programme de François Asselineau est particulièrement light. En dehors de l'idée d'instaurer le référendum d’initiative populaire au niveau régional, il n'y a pas grand chose.




La quatrième liste, Changeons d'air, est dirigée par Emmanuelle COSSE (EELV). A la base, on pourrait souscrire à la thèse socialiste, qui, quelque part, dénonce cette candidature faite contre l'idée "d'union de la gauche". En effet, le PS et EELV n'ont-ils pas codirigé la région Ile-de-France, ensemble, depuis 2004 ? L'actuel 2eme vice-président chargé des transports et des mobilités ne s'appelle t-il pas Pierre Serne et n'est-il pas membre d'EELV ? EELV n'est-il pas comptable de ce bilan écologique marqué par la récurrence des pics de pollution qu'ils dénoncent ? Quand au programme de Changeons d'Air, il est un mélange de mesures de bon sens, que chacun peu plébisciter, d'idées ultra dirigistes contre intuitives et d'idées qui rappellent qu'il n'y a absolument pas besoin de lois pour faire de l'écologie (10). En effet, qui n'a pas envie d'un futur viable et d'un air sain ? Mais, en revanche, en quoi le politique doit se mêler de la "végétalisation de nos villes pour changer d’air" ? Les stratégies écologistes locales, chacun peut s'en saisir, dès maintenant, sans attendre qu'un politicien nous tienne la main. Là où, en revanche, les écolos ont vraiment totalement failli, dans le cadre de leur association avec le PS, c'est de parvenir à faire sortir la France en général et l'Ile-de-France en particulier de la dépendance vis a vis du pétrole. Au moment où nous avons besoin de prendre nos distances vis a vis de l'Arabie Saoudite et du Qatar, comment se fait-il que les bus de la RATP roulent encore au gasoil ?





La cinquième liste est intitulée : "Liste d'union citoyenne". Elle est dirigée par Dawari HORSFALL,  Maire-Adjoint Délégué aux Sports de la ville de Massy et directeur associatif. Le programme de la Liste d'union citoyenne consiste principalement à vouloir concurrencer le Bon Coin, Linkedin et Monster (Création des Plateformes d’Accès à l’Emploi et à la Formation), concurrencer le groupe de certification SGS (Créer une agence indépendante de certification des prestataires en formation), distribuer des subventions, demander plus de redistribution ... mais aussi favoriser l'Open Data. 




La sixième liste s'appelle Nous Citoyens pour l'Ile-de-France. L'élue centriste Valérie SACHS la dirige. Le programme de Nous Citoyens Ile de France, assez léger, ne comprend pas de promesses démagogiques. Il est porté par des personnes de qualité (exemple : Benoit Meyruey, un citoyen actif au niveau local dans le XIIIeme) mais également, hélas, par des politiciennes spécialistes des alliances tactiques (11) et autres retournements de vestes (12). Dommage pour le sérieux de l'ensemble.




La septième liste s'appelle Fédération Libertaire Unitaire Ouverte  (FLUO). L'ex EELV Sylvain DE SMET la dirige. Le constat de FLUO est intéressant : ils affirment "Les régions Françaises sont encore loin de jouir de l’autonomie des Länder en Allemagne, ou des Communautés Autonomes en Espagne. Malgré ses efforts de décentralisation, la France est encore captive d’une gestion étatique où la plupart des décisions restent prises par le gouvernement. Or, nous souhaitons pousser aussi loin que possible l’autonomie régionale et faire de l’Île-de-France une région pionnière pour expérimenter de nouvelles formes démocratiques, économiques et sociales sur son territoire". Hélas, quand on regarde le programme de FLUO, on constate que les colistiers de Sylvain de Smet sont , sur beaucoup trop de points, dans la démagogie totale(Offrir un toit pour tous les sans-abris ? Aller vers la gratuité des transports en commun ?) Il y a pourtant des points intéressants dans leur programme (Appliquer l’ensemble des propositions pour les élections régionales de l’association Anticor) mais dans d'autre cas (Abandonner toute forme de politique répressive directe ou indirecte à l’encontre des travailleurSEs du sexe, de leur clientèle et de leurs proches), cela ne dépend pas de la région.




La huitième liste est l'Union des Démocrates Musulmans Français - Nizarr BOURCHADA conduit cette liste.  Il a été élu au sein du conseil municipal de Brie Comte Robert sur une étiquette UDI. Le programme de l'Union des Démocrates Musulmans Français est un mélange de points positifs (améliorer l'orientation scolaire), de bonnes idées qui n'ont pas forcément besoin de la région pour exister (promouvoir l'auto entrepreneuriat), de propositions choc (wagons séparés pour les femmes dans le métro, ou création d'un musée de l'histoire coloniale) et de futures hausses de charges pour les entreprises (faire payer par les employeurs les frais de parking des employés qui utilisent un parking de gare RER/SNCF avant de prendre le train). 



La neuvième liste s'appelle Debout la France. Elle est conduite par le nationaliste et ultra jacobin Nicolas DUPONT-AIGNAN. NDA est énarque, et député maire. On aurait donc attendu de son programme un certain sérieux. Or, certains des points de son programme sont incompréhensibles. Par exemple, NDA nous dit par exemple qu'il faut rendre gratuites les autoroutes autour de l'Ile-de-France, afin de détourner le trafic camions de transit. Mais ne sait-il pas que les autoroutes payantes son privées et que, bien que nous sommes en Socialie, la propriété privée existe et que la région, ou même l'Etat, n'ont absolument rien à dire à Vinci ou à Eiffage ?

En matière de sécurité, NDA parvient indirectement à placer "renforcer les effectifs de police et gendarmerie" ou "expulser les délinquants étrangers". Quel est le rapport avec la région ?
Enfin, NDA veut que DHL ou Fedex aillent créer des emplois ailleurs qu'à Roissy, puisqu'il veut un couvre-feu sur les vols de nuit. Gageons qu'il est déjà en discussion avec les canadiens qui gèrent la plateforme de Vatry en Champagne, afin de leur tenir la main et leur dire quoi faire ? 



La dixième liste, "l'Alternance avec Valérie Pécresse", est une liste d'union Les Républicains-UDI-Modem. Elle est conduite par Valérie PECRESSE.  Faut-il s'arrêter à la cohérence de cette liste . Il a suffisamment été dit que Pécresse rassemblait des "Manif pour Tous" et des "Mariage pour Tous", des anciens socialistes, jeunes ou non (13), et des ultra droitiers. Mais rappelons quand même que le mariage n'est pas une compétence régionale. du coup, cela limite la portée de la critique (principalement venue du camp Bartolone) envers une liste Pécresse qui serait réactionnaire, voire "homophobe". Ce n'est pas le sujet.

C'est le programme de Pécresse qui est plus intéressant. En toute honnêteté, les électeurs socialistes, c'est à dire de la gauche modérée, non communiste, ont au moins deux raisons de voter pour Pécresse : d'une part, la députée des Yvelines a un programme modérément interventionniste, et d'autre part, c'est une femme. On sait à quel point la gauche française aime les effets d'affichage sur ce point précis. Alors, pourquoi les féministes de gauche voteraient pour Bartolone plutôt que pour Pécresse ? Et pourquoi ne dénoncent-elles pas les attaques subies par Pécresse parce que son mari, lui aussi, travaille.
En ce qui concerne le programme, la encore, celui de Pécresse est dans l'idée de celui de Bartolone, mais en mieux. Certes, il y a la lutte contre les inégalités ("réduire la fraction territoriale" ou aussi une volonté affichée de "créer des emplois", voire des propos démagogiques (maintenir le Pass Navigo unique à 70 euros ou faire rouler des métros H24 sur certaines lignes le week end), mais il y a aussi de bonnes idées, comme la proposition de déménager le siège du conseil régional de Paris vers la banlieue ou d'avantage d'autonomie pour les lycées. Le programme de Pécresse est relativement consensuel. On comprend pourquoi il est en tête des sondages.




La onzième liste s'appelle "Aux Urnes Citoyens". Elle est conduite par  Aurelien VERON (Parti Libéral Démocrate). Le PLD n'est pas le seul acteur de cette liste, soutenue par Jean-Marie Cavada, puisqu'il s'agit d'une plateforme collaborative entre plusieurs mouvements centristes. En ce qui concerne le programme d'Aux Urnes Citoyens, le volet transport est intéressant. D'une part, Aux Urnes Citoyens est opposé aux 30 milliards d’euros d’investissement du Grand Paris dans 4 nouvelles lignes dont personne n’a évalué le coût annuel de fonctionnement et de maintenance, qui viendra s’ajouter au budget du STIF. D'autre part, Aux Urnes Citoyens vise explicitement la mise en concurrence de la RATP, tout en notant que, à terme, les lignes en dur appartiendront rapidement au passé avec la révolution en cours des transports : émergence rapide des véhicules propres (électriques ou à hydrogène), sans conducteur, partagés. Science fiction ? Pas vraiment. Ce qu'Aurélien Véron évoquait récemment (voir interview) prend désormais corps, La révolution technologique permet d'envisager l'uberisation des transports.






Nous ne sommes plus dans l'utopie puisque puisque les véhicules sans chauffeurs ont déjà débuté leurs tests en ville. Au niveau formation, Aux Urnes Citoyens propose d'optimiser l'usage des lycées (en utilisant les plages horaires non utilisées pour de la formation) et de rendre les lycées autonomes. Au niveau subventions, un point intéressant : Aux Urnes Citoyens estime que "le Conseil régional ne doit pas subventionner les entreprises". A priori, ce sont les seuls qui tiennent de tels propos de bon sens. Aux Urnes Citoyens. Enfin, Aux Urnes Citoyens défend la culture du référendum, comme en Suisse. Aux Urnes Citoyens est donc une liste intéressante, donc, pour ne pas dire la plus intéressante. 



La douzième liste est celle du Front National. Elle est dirigée par Wallerand DE SAINT JUST, le conseiller régional de Picardie. Wallerand de Saint Just nous promet une "Ile de France Bleu Marine". Et ca veut dire quoi ? Ca passerait, par exemple, par une "banque publique régionale venant en aide aux TPE et PME" ou "la tolérance zero dans les transports". Le FN fera sans doute un très bon score la semaine prochaine, mais cela sera t-il sur des thèmes de campagne régionaux ou bien nationaux ? Rappelons quand même qu'il n'y a pas de police régionale et que l'Ile-de-France n'est pas une île. Sinon, si Wallerand de Saint Just veut des financiers au service des PME, pourquoi ne regarde t-il pas du coté des fintechs et du crowdfunding ? Des dizaines d'entreprises font déjà ce boulot. Faut-il une BPI régionale en plus ?

La treizième et dernière liste est celle de Lutte Ouvrière.
 Elle est dirigée par Nathalie ARTHAUD. Elle ne formule pas de programme spécifique à l'Ile-de-France.







Le choix semble large a priori. Mais en réalité il est restreint et simple : comme les Alsaciens, Lorrains, Champenois et Ardennais (14), les citoyens franciliens sont invités à choisir entre plus ou moins de dirigisme. 




(6) Ecologie Libérale AirParif : l'épisode de pollution causé par les épandages agricoles 18 mars 2015
(7) Contribuables Associés Exigez la démission de Claude Bartolone 24 juillet 2015
(8) H16 Bartolone, l’Île-de-France et le « 93xit » 3 juillet 2015
(9) Le Parisien Libéral Non, Bartolone n'aidera pas les parisiennes harcelées dans le métro ! 27 septembre 2015
(10) Ecologie Libérale Ecologie : loin du cirque médiatique de la #COP21, les gens agissent 26 octobre 2015
(11) Le Parisien Libéral #MUN75004 - remettons les pendules à l'heure" : Anne Lebreton n'était pas forcée de rejoindre le PS 26 mars 2014
(12) L'Indépendant du IVeme MCCCXCI : Anne Lebreton : la rupture c'est maintenant !  25 mars 2014
(13) Le Parisien Après Hidalgo pendant les municipales, Babette de Rozières soutient Pécresse 30 octobre 2015
(14) Contrepoints Régionales 2015 : le point pour l’Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes 26 novembre 2015

vendredi 6 novembre 2015

Régionales 2015 : pourquoi on ne comprend rien

Pourquoi est-ce si compliqué de saisir les enjeux liés aux élections régionales ? Il y a plusieurs raisons : on ne sait pas ce que font les régions, comment elles le financent, et qui sont les élus régionaux.
Commençons par le budget des régions. En ce qui concerne l'Ile de France (1), il était, pour 2015, de presque 5 milliards d'euros (donc moins que celui de la Ville de Paris, mais deux fois plus que l'aide publique au développement. L'essentiel des dépenses, c'est les transports (faire rouler des trains et RER) et l'éducation & apprentissage. 
Notons le montant astronomique dépensé, en Ile de France, en "développement économique, innovation, tourisme", comme si, avec la Défense, la Tour Eiffel, AirBnB, Eurodisney ou le Chateau de Versailles, il y avait besoin de dépenser de l'argent public pour faire venir des touristes ou des entreprises dans la région. 
  • Transports : 1,803 milliards d’euros
  • Lycées :  704 millions d’euros (hors rémunération des agents des lycées)
  • Développement économique, innovation, tourisme : 229,64 millions d’euros
  • Apprentissage, formation professionnelle, emploi : 689,7 millions d’euros
  • Enseignement supérieur, recherche : 129,16 millions
  • Logement 163,377 millions d’euros
  • Environnement : 153,58 millions d’euros
  • Politique de la ville et renouvellement urbain : 45,3 millions d'euros
  • Sécurité : 14,3 millions d'euros
  • Culture : 99,8 millions d'euros 

La où ça se complique, c'est qu'il n'y a pas directement un impôt régional pour financer tout cela. A la différence de nos voisins allemands, où les Landers touchent directement une petite partie des taxes prélevées auprès des contribuables, ici, en France, l'intégralité des ressources, en dehors des cartes grises, vient des dotations de l'Etat, du reversement par l'Etat de recettes fiscales nationales et d'emprunt.

Autrement dit, les régions n'ont pas d'autonomie. 

En outre, les élus régionaux sont mal connus. On aurait presque tendance à dire qu'ils se cachent. Normal, vu qu'ils cumulent presque tous, d'Anne Hidalgo (maire de Paris) à Valérie Pécresse (députée des Yvelines) Est-ce que cela les empêchent de faire un travail correct ? Pas forcément, puisqu'on aurait tendance à dire que gérer les affaires de la région et celle de sa ville francilienne, ça pourrait sembler complémentaire. 

Mais, dans ce cas, on se demande alors pourquoi on rajoute un échelon supplémentaire au mille feuille administratif entre les 2700 communes d'Ile de France (oui, 2700 !), les départements et la région.
Vous avez entendu parler de la Métropole du Grand Paris, qui arrive en janvier prochain. A quoi servira cette intercommunalité ? Mystère, surtout quand on la compare au Greater London, comme l'a récemment fait Aurélien Véron dans un débat public.

Puisque les candidats aux régionales, faute de levier sur les recettes, ne peuvent pas vraiment discuter du fond, ils auraient au moins pu s'emparer des débats de périmètre, d'autant plus que les régions ont changé récemment.
Mais même là, c'est le silence radio. Pourtant, il y aurait eu des choses à dire sur le fait que l'Oise ne rejoigne pas l'Ile de France ou que la Loire Atlantique demeure en dehors de la Bretagne.

Quelle logique aux nouvelles régions ? Pas historique, en tout cas


Mais tout comme Lucette a été briefé par l'Elysée avant d'être interviewée par Hollande, peut etre y a t-il eu des consignes pour ne pas parler d'autre chose que le seul sujet qui intéresse Valls : lutter (ou faire monter, on ne sait plus) le Front National !




(1) Région Ile de France Budget  2015

dimanche 1 novembre 2015

Valls colistier de Bartolone en Ile de France ?

Comme le rappelle le blogueur l'Hérétique (1), qui a fait l'effort d'analyser le programme de Valérie Pécresse (UMP-les Républicains) et de Claude Bartolone (PS) (2), il y a des élections régionales, dans un peu plus d'un mois, les 6 et 13 décembre 2015. 
Les nombreux étrangers qui viendront en France à l'occasion du sommet de la COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015) pourront prendre une leçon de démocratie. 

Enfin, nombreux étrangers, pas forcément tant que ça. Il parait que le gouvernement craint à la fois l'immigration de gens venus des pays du sud (3), et les attaques de Black Bloc , et du coup, on va limiter la délivrance de visa et rétablir les contrôles aux frontières (4) en suspendant la libre-circulation des citoyens de l’Union européenne. Maudits étrangers (5) ! A croire que c'est le parti dont il ne faut pas prononcer le nom qui pourrait avoir raison !

Quand à la leçon de démocratie, peut-être que les visiteurs seront un peu chagrinés par le mélange des genres pratiqué du niveau gouvernemental. 

En effet, quand Manuel Valls fait des propositions pour l'Ile-de-France, dans le respect de tradition planificatrice de la classe politique actuelle, quand il propose de créer 6 quartiers sur le modèle de la Défense, que fait le premier ministre, si ce n'est être le candidat surprise d'Ile-de-France, comme le dénonce le Parti Libéral Démocrate (6) ?



Question : est ce que les interventions du gouvernement vont être ajoutées au compte de campagne des candidats PS en région, à commencer par ceux de Claude Bartolone, qui fait lui-même campagne en utilisant les moyens de l'Assemblée Nationale (7) ? 

Quand est-ce que les socialistes vont enfin mettre en cohérence leurs propos et leurs pratiques ? Manuel Valls va t-il cesser de faire ce que le PS dénonçait en 2010, quand Pécresse était ministre ? Et Claude Bartolone, qui confond la station de RER Auber et la ville d'Aubervilliers, va-t-il enfin aller sur le site ratp.fr pour réaliser qu'il peut se rendre de son luxueux logement des Lilas (8) aux studios de BFM TV, Porte de Versailles, en métro (en 50 mn) ?  
C'est là où il comprendra que l'avenir, ce n'est certainement pas plus de transports en commun (on ne pourra de toutes façons jamais mettre une station de métro au pied de l'immeuble de chaque francilien), mais au contraire la fin annoncée des transports publics en Ile-de-France ? 



(2) L'Hérétique Transports et environnement : Bartolone-Pécresse 30 octobre 2015
(6) Parti Libéral Démocrate Manuel Valls candidat surprise d'Ile-de-France ? | 16 octobre 2015
(9) Le Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

mardi 26 mai 2015

Régionales 2015 en Ile de France : Valérie Pécresse (UMP) sur une drôle de voie

C'est parti ! Les élections régionales 2015 n'auront beau se tenir qu'en décembre prochain, entre le Téléthon et la trève des confiseurs, la campagne est déjà lancée.

Et en Ile de France, l'UDI a déjà quasiment abandonné l'idée d'avoir une liste autonome, au profit d'une possible stratégie d'union avec l'UMP.
Logique ! Comment l'UDI peut expliquer à ses électeurs que ce qui a fonctionné aux départementales 2015, les listes d'union UMP-UDI, n'est plus pertinent ?

Toujours est-il qu'on va rire quand les centristes vont nous expliquer les affinités qu'ils se trouvent avec Laurent Wauquiez, Guillaume Peltier & co, et même avec Valérie Pécresse.

Oui, Valérie Pécresse. La versaillaise bien née, qu'on pensait bien pensante (comme Wauquiez, né fils de bonne famille et maintenant qualifié de "bad boy de la droite"). Elle n'a pas hésité, cette apres midi et en partant d'un constat de bon sens (il y a trop d'impayés sur la fraude dans les transports en commun), à faire une proposition choc.


Ecoutez plutôt :


Transports en commun : Pécresse (UMP) propose... par LCP


La députée des Yvelines veut obliger les usagers à "prendre des papiers d’identité quand ils prennent les transports".

Bah alors Valérie,  c'est ça les idées neuves de la droite, donner plus d'importance à la carte d'identité nationale, dont on ne rappellera jamais assez qu'elle est un héritage de Vichy (1) ?

Vous direz : il faut bien lutter contre la fraude. Mais si on luttait plutot contre la RATP ? Comment ? C'est simple :
  • en rejetant, comme le propose l'économiste Philippe Herlin, le projet du Grand Paris Express, en bloc (2)
  • en citant Margaret Thatcher, qui disait "use your own car !"

Alors, Valérie Pécresse, la RATP, on la privatise quand ? 

Et si on se démarquait  de la gauche française étatiste et dirigiste en regardant ce qui se fait outre Manche (toujours pas de carte nationale d'identité chez nos voisins britanniques) ou outre Rhin (le controle social et l'auto régulation (pas de tourniquets dans le métro à Berlin) ? La Transport For London ,Authority et la Berliner Verkehrsbetriebe n'ont pas plus de difficultés que la Régie Autonome des Transports Parisiens. 

Quand aux Conservatives ou les membres du Christlich Demokratische Union, ils ne donnent pas forcément l'impression d'être laxistes. Seule différence : l'inexistence de contrôles au faciès permet de couper court aux théories de harcelement des minorités. 

Quelle Ile de France valérie Pécresse veut-elle ? Une région socialiste de droite, ou une région libre ? 




lundi 13 avril 2015

Le dossier #JO2024 à @Paris est lancé !

Si vous suivez le conseil municipal de la ville de Paris, broascasté sur le site web de la ville #conseildeparis, alors vous avez vu qu'une majorité d'élus a validé le principe d'une candidature à l'organisation des Jeux Olympiques d'été 2024. 

Les justifications que l’exécutif parisien sort pour vendre les JO, comme le fait de construire des logements et améliorer les transports,  sont vraiment pauvres. En effet, S'il faut construire des logements et améliorer les transports avec de l'argent public, pas la peine d'attendre les jeux et 2024, faisons le tout de suite !


On verra ce qu'en pensent les franciliens. Ils semblent préférer l'idée d'une exposition universelle en 2025 et payée par des sponsors privés à celle de Jeux Olympiques 2024 payés par de l'argent public (1).


Mais comme le dit le Delanopolis (2), on devrait voir "fleurir des sondages bidons sur le soi-disant engouement des Français pour cette opération de JO 2024" !

A suivre !



(1) Association Grand Paris Grand Paris : JO 2024 ou Expo 2025 ? 13 avril 2015
(2) Delanopolis Jeux Olympiques : le retour du délire 12 avril 2015

jeudi 12 mars 2015

Fuite de Paris des sièges du CAC 40 : Anne Hidalgo sous pression !

Il y a un cliché si fermement établi que même l’exécutif (socialiste) parisien pourrait être tenté d'y croire : Paris est assuré de voir ses recettes fiscales maintenues, notamment grâce à la présence d'un grand nombre d'entreprises, à commencer par celles du CAC 40, sur le territoire de la capitale. 

Pourtant, rien n'est moins sûr. Il y a une réalité : la fuite de Paris des sièges de grandes entreprises, notamment celles du CAC 40. 

Selon l'Insee, la capitale comptait officiellement 138 établissements de plus de 1.000 salariés en 2008 mais 123 en 2009. En 2007, Paris concentrait encore 32 % des sociétés, divisions et autres filiales installées en Île-de-France employant plus de 1000 personnes. En 2009, la proportion n'atteignait plus que 29,7 % (1). Et en 2010 déjà, à peine plus de la moitié du CAC 40 avait son siège social à Paris (2). 
La banlieue proche constitue un sérieux challenger pour la ville de Paris (3), puisque le Val de Marne, la Seine Saint Denis et surtout les Hauts de Seine avec la Défense constituent les terres d'accueil prioritaires des sièges des grandes entreprises, quand elles ne choisissent pas d'aller directement à l'étranger, pour diverses raisons ... (4). 

Le mouvement est loin d'être achevé : la Bourse de Paris, Euronext Paris, est sur le départ pour la Défense (5), Aéroports de Paris déménage à Roissy (6) et PSA Peugeot Citroen se rapproche de son usine de Poissy (7).
C'est un problème qu'Anne Hidalgo ne peut pas ignorer. Elle ne le découvre pas non plus, puisqu'elle a été l'adjointe de Bertrand Delanoé depuis 2001. Anne Hidalgo ne peut même pas se cacher derrière les autres fonctions qu'elle occupait durant la période, puisqu'elle était soit manifestement absentéiste en ce qui concerne sa mission d'élue du XVeme arrondissement (8) soit carrément portée disparue en ce qui concerne ses fonctions d'inspecteur du travail  (9) !

Mais en quoi la fuite de Paris des sièges du CAC 40 pose problème ? 

D'une part, la ville de Paris va progressivement devoir se poser de plus en plus de questions sur ses recettes fiscales. Si l'immobilier reste une manne pour Paris (10), avec tous les risques pour le budget de la ville que cela comporte en cas de retournement avéré du nombre de transactions, les entreprises et leurs contributions restent la base du business model parisien de faible imposition des particuliers. 

D'autre part, un siège social en moins, c'est autant de besoins en moins en terme de sandwicheries, de crèches privées d'entreprises, de gardiennage sécurité, bref de tous ces emplois qui nourrissent le tissu entrepreneurial parisien.  Certes, les besoins sont toujours la, ils sont simplement déplacés là où les sièges sociaux se trouvent. 
Et c'est là où ces localisations hors centre posent aussi un problème aux salariés eux-mêmes : en effet, il faut bien se rendre au travail, que ce soit en voiture ou en transports en commun, ou même en Velib' comme semble le suggérer Anne Hidalgo. Or, n'a t-on pas remarqué que l'un des problèmes de la Défense réside dans le fait qu'à la différence de Châtelet les Halles, une seule ligne de RER y passe ? (en attendant le prolongement du RER E vers la Défense et au delà (11)).

Face à l'effet de ciseau (baisse des recettes fiscales issues des transactions immobilières et baisse des taxes payées par les entreprises vs hausse des dépenses pour financer un programme surréaliste de HLM), qu'aurait pu faire Anne Hidalgo ? 

Certes, si les entreprises partent, notamment les plus grandes, ce n'est pas que de la faute de l'exécutif parisien. Il n'est pas que du ressort d'Hidalgo de faire en sorte que Paris puisse offrir des vastes surfaces modernes de bureaux, des accès et des parkings. Les contraintes urbanistiques et environnementales ne sont pas que du ressort de la Mairie de Paris, et Anne Hidalgo ne part pas d'une page blanche. Et ce n'est pas non plus du ressort d'Anne Hidalgo, mais plutot de clui du gouvernement, d'arbitrer entre une TTF pour faire plaisir à l’extrême gauche et des salles de marché à Paris plutôt qu'à Londres.
Mais, sans empêcher les entreprises de déménager, L'actuelle maire de Paris, et précédemment adjointe de Bertrand Delanoé, disposait de la meilleure monnaie qui soit, puisqu'elle est gratuite : la renommée (pas la sienne, celle de la ville de Paris, la marque Paris) pour éviter l'effet ciseau de baisses de recettes et de hausse de la structure de coûts. L’exécutif municipal, qui était si prompt à dénier au Touquet Paris Plage d'utiliser le nom de Paris Plage (cela ne faisait que depuis 1912 que cette ville s'appelait Paris Plage ...(12)) aurait pu proposer à Montreuil (siège d'Ubisoft), Malakoff (siège de LCL) à Saint Ouen ou à Saint Denis (SFR, GDF ...) de devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme, en 1860, Belleville, Auteuil, Charonne ou Montmartre ont rejoint la ville de Paris. 
Ce plan, évidemment, devient moins attractif pour les communes riveraines de Paris au fur et à mesure que les entreprises les préfèrent à la capitale, obligeant à ajuster la fair value de la marque Paris ? 

Comme dans tout bon match, l'horloge tourne. Peut être qu'Anne Hidalgo, plutôt que de s'occuper d'arbitrage de matchs de football (13) (surtout qu'avant 2014, on ne lui connaissait pas une grande passion pour le PSG), pourrait s'occuper de l'attractivité économique de la capitale. Ce n'est pas comme si il y avait urgence ...



(1) La Tribune Pourquoi Paris se vide de ses grandes entreprises 10 octobre 2010
(2) Cadremploi Reste-il des grosses entreprises à Paris ? 23 mars 2010
(3) CCIP Nos paris pour Paris 13 décembre 2013
(10) Votre Argent L'immobilier reste une manne financière pour paris 18 décembre 2014

dimanche 13 octobre 2013

Vivre local, à Paris ou ailleurs, c'est possible ?

Apparemment, nous dit Casino, c'est en partie possible !





Seulement, pour ne prendre qu'un seul exemple, la bière Gallia Paris coute en moyenne 1.74 € la bouteille, soit un prix sensiblement plus élevé que ses concurrentes. (1) Question : est ce que tous les français ont les moyens de vivre aux prix français ? Vu le succès de voitures comme les Dacia Logan, on peut en douter.

C'est Nouvelles de France qui, d'autre part, pose une excellente question : L’Oréal devra-t-il fermer la moitié de ses usines françaises si Marine Le Pen est élue en 2017 ? (2). En effet, pour ne prendre que les salariés de l'usine d'Aulnay, sans parler de ceux du siège à Clichy, travaillent-ils uniquement pour le marché français ? Non, bien sûr. 

En réalité, nous pourrions vivre dans une France démondialisée, pratiquant un "protectionnisme intelligent". Simplement, la vie en France serait  différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Nous serions obligés d'adapter toute notre économie en la tournant vers notre marché intérieur, en abandonnant l'idée de spécialisation, si des mesures de rétorsion venaient à émerger.  

Voila pourquoi les Front National et Front de Gauche s'attirent/s'aiment/se haissent autant, ils ont le même programme (cohérent malgré tout) de retour vers quelque chose qui ressemblerait à la RDA. Et voila pourquoi les partis socialistes de gauche (PS) ou de droite (UMP) louchent tant vers leurs extrêmes : si, comme eux, on préfère une dose plus ou moins forte de socialisme, d'étatisme et d'interventionnisme aux mécanisme de marché, alors on ne sera jamais mieux disant que les deux Fronts, qui eux ont un projet culturel en phase avec leur projet économique. 

Dans ce contexte, voila pourquoi les libéraux français sont associés aux centristes : c'est bien parce que l'Europe a quand même pour projet de libéraliser les économies des pays membres, que le projet libéral et le projet centriste (Européen fédéraliste) sont cohérents. Etre fier de la culture française (*) et de ses produits (marchands ou non) et bâtir un pays compétitif nous rendra capable de conserver un coup d'avance sur la concurrence. Mais nous ne croyons pas à cela, alors oui, nos pouvons tout de suite commencer à fermer les frontières, car, en effet, nous ne serons jamais compétitif dans le low cost, pas à court terme en tout cas. 


(*) dans toute sa diversité régionale

samedi 13 juillet 2013

Bretigny-sur-Orge, perte du AAA : La France en crise

Hier après-midi, un train corail SNCF en provenance de Paris Austerlitz et à destination de Limoges a déraillé en gare de Bretigny-sur-Orge. Ce qui devait être un joyeux départ en week end ou en vacances est devenu un carnage.



Ayons une pensée pour les victimes de cet accident, et ce d'autant plus qu'après le déraillement lui-même, des "jeunes" des cités alentour sont manifestement venus les voler (source : "Nouvelles de France "Victimes de Brétigny-sur-Orge dépouillées par des «jeunes» des cités : le sinistre des Transports minimise").

Mais il ne s'agit pas que du seul drame qui a frappé la France hier : la dette publique du pays a vu sa note de long terme dégradée de AAA à AA+ par la dernière agence, Fitch, qui lui donnait encore la note maximale. Autrement dit, la France en tant qu'emprunteur est identifiée comme étant un peu moins sûre que ses voisins. 

Y a t-il un lien entre la SNCF, les racailles de Bretigny-sur-Orge et le rating de la dette de la France ? 
Pour la SNCF, il faut attendre les conclusions de l'enquête pour avoir les causes de l'accident, mais, d'ores et déjà, une chose frappe : les remarques des clients réguliers des trains Corail, un univers à mille lieux du confort, pour ne pas dire du luxe, de la première classe du Thalys que les élus empruntent pour aller à Bruxelles.

La SNCF est structurellement en faillite, non seulement parce qu'elle ne fait pas assez de fret (faute de compétitivité) et parce que le coût des infrastructures pèse sur les charges d'exploitations. Certes, c'est RFF qui porte la dette du TGV, et, quand on va à Marseille ou qu'on se rend à Londres, on est bien content d'utiliser des trains modernes et rapides. Mais à quel prix ? Le choix de la SNCF de tout miser sur quelques lignes TGV, qui ne concernent en rien le quotidien (sauf cas spécifiques) a conduit à ce que les trains et infrastructures des autres lignes soient en état moins flamboyant. 

Inversement, plus l'Etat s'occupe d'autres missions que celles de la police, de la justice, de l'armée et de la diplomatie, plus il est amené à délaisser ces missions régaliennes, à en abaisser la qualité, et à dévaluer son autorité. 

En tant que libéral, on ne va pas s'abaisser à dire que si des "jeunes" pillent des voyageurs blessés à Bretigny, c'est la faute à-Valls-et-Taubira. C'est avant tout le libre choix de ces "jeunes" et le fruit d'une éducation défaillante et des circonstances. Mais ce qui est par contre sûr et certain, c'est que le contribuable n'en a pas pour son argent, alors que les impots devraient théoriquement servir à garantir les droits (de propriété, notamment) de chacun. Or, quand les autres "jeunes" de Grigny ont été simplement avertis, quel signal a été envoyé ? 

La France, qui expérimente depuis quelques mois les prédictions de Laffer (plus d’impôts et moins de recettes fiscales) est maintenant au pied du mur. Soit nous fermons des lignes SNCF secondaires et nous concentrons la dépense publique sur le fonctionnement d'une justice qui fonctionnerait enfin, soit nous continuons sur la voie d'un Etat qui dépense trop, par clientélisme, et dans ce cas d'autres accidents, humains ou financiers, sont à prévoir. 

Combien de temps les français vont-ils accepter que l'Etat les endette, pour financer du social qui se retourne contre eux ?


A lire également, au sujet de la SNCF

Sécurité des voyageurs : privatisons la SNCF ?, un post du 9 Juillet 2011
SNCF : désinformation du Monde, un post du 29 octobre 2012