Cette après-midi, les Ministres des Finances de la zone Euro sont réunis au Luxembourg.
Il n'y a pas beaucoup d'options, il y en a quatre :
- garantir la dette Grecque au niveau Européen, c'est à dire faire payer les contribuables Européens
- mettre la Grèce en faillite et la laisser se faire racheter par le plus offrant, Allemands, Chinois, Russes ...
- demander aux Grecs de payer, car après tout, cet état touristique et commercial possède des actifs, et peuvent couper dans les dépenses, militaires notamment.
- passer l'éponge et faire supporter les pertes aux prêteurs. La dette Grecque deviendrait le nouvel Emprunt Russe, avec des conséquences très serieuses pour les 14 autres pays de la zone Euro.
Ca sera un mix des quatre ?
NB : l'option sortie de la Grèce de la zone Euro semble exclue.
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dimanche 19 juin 2011
mercredi 18 mai 2011
La crise de la dette menace, on fait quoi ?
Ne nous laissons pas abuser par les quelques bonnes nouvelles sur le front économique, comme le retour à une croissance légèrement meilleure que prévue en France au Q1 2011. Ne nous trompons pas non plus quand à la pertinence de la soit-disante règle d'or adoptée par les députés.
Certes, au premier trimestre 2011, la croissance du PIB s'est portée à +1% contre 0,3% sur les trois mois précédents (nb : en ce qui concerne l'Allemagne, c'était +1.5% sur la même période). Et le gouvernment mettra aussi, sans doute, en avant la volonté de maitriser les déficits publics, par l'affirmation de la volonté de constitutionnaliser l'équilibre des finances publiques. Au passage, il était temps. Le dernier budget public voté en équilibre date de 1980.
Toutefois, ni le vote de finances publiques équilibrées, pour peu que ce soit possible, ni 1% de croissance ne seront suffisants pour nous permettre d'atteindre la trajectoire de croissance économique forte que certains optimistes comme Alain Madelin pensent possibles pour la France.
Les raisons sont multiples.
La première est que 1%, c'est peu, en termes relatifs. Certes, la plupart de nos partenaires Européens, à commencer par le Royaume Uni, font pire. Mais le reste de la planète avance 4 ou 5 fois plus vite, du Mexique à la Corée du Sud, en passant par l'Indonésie ou le Nigeria. Ces pays partent de plus bas en terme de revenu par tête, donc ils restent loin derrière en termes absolus, mais l'idée est que nous n'avançons pas vite.
La deuxième idée est que même si nous parvenions à voter des budgets en équilibre, il resterait la dette. Pour la réduire, il faut en réalité voter des budgets en excedent. Or, les impots sont déjà élevés. C'est donc des coupes franches dans les dépenses publiques qui sont nécessaires. Bien plus que les électeurs, la plupart des hommes politiques ne sont pas près à cela, car ils s'adressent à diverses clientèles qui ne comprendraient pas que l'on réduise la part du budget public qui les concernent. De plus, contrairement à la vocation première d'un parlement, les députés n'ont que très peu de levier sur le budget, qui décidé dans ses grandes lignes à Bercy, et est à 80% reconduit d'une année sur l'autre. Pour le moment, on ne voit pas quelles dépenses vont être fortement réduites.
C'est tout le paradoxe. La France est un pays riche en valeur absolu, et encore plus en valeur relative. Le revenu par habitant y est elevé. Simplement, nous vivons doublement au dessus de nos moyens. Sur le plan privé, nous avons jusqu'à présent profité de l'importations de biens et matières premières agricoles ou minières venues d'ailleurs, et sur le plan public, l'Etat emprunte pour financer des dépenses courantes, ce qui n'est pas tenable à moyen terme. C'est donc au moment à la fois le prix des matières premières doit monter et que les dépenses publiques ne peuvent pas baisser que nous devons réduire notre dépendance à l'argent public et aux bénéfices dérivés de la mondialisation. Comment ca va se traduire pour chacun d'entre nous ? C'est simple, il va falloir accepter plus d'inégalités, à moins que nous adoptions une voie d'austérité uniformisée. Le pouvoir d'achat de l'Euro reste ce qu'il est, elevé, mais en cas de renchérissement du coût de la dette, tout va devenir plus cher : l'argent que l'Etat emprunte pour boucler ses fins de mois, le crédit immobilier, etc. Dans un scénario catastrophe mais pas totalement fictif, c'est la version "Le jour où la France a fait faillite" (du titre de l'essai de Philippe Ries et Phillipe Jaffré) qui nous attend. L'exemple argentin de 2001 donne une idée très précise de ce qui se passe dans ce cas la. Est ce que la baisse de la dépense publique, préalable à la diminution de la dette, est tant un problème que cela ? Non, car l'argent public, contrairement à ce que laisse penser la thèse de la bienveillance neutralité de l'Etat, n'aide pas le citoyen. Il s'agit de sommes prelevées au profit de missions parfois mal effectuées (sécurité, éducation et enseignement, transports publics) et parfois liberticides (défense, police, justice, poste et télécoms etc).
Il existe donc trois pistes de sortie de crise de la dette. La première est la voie empruntée par les Etats -Unis, qui eux aussi sont confrontés à une crise de la dette publique : acceptation de la dévalorisation constatée du dollar (ce qui en plus peut avoir un effet positif sur leurs exportations) + recherche de nouvelles sources d'énergie comme le gaz de schiste domestique ou le pétrole irakien + acceptation des chocs assymétriques touchant quelques parties du territoire par accompagnement de l'Etat fédéral (comme au Tennessee ou dans l'Etat du Mississipi, où 20% des gens dépendent des aides publiques pour manger.
La deuxième voie est la piste empruntée par l'Union Soviétique à plusieurs reprises, qui consiste à faire défaut, tout simplement. De l'emprunt russe qui a touché tant de familles françaises aux GKO bonds de 1998 qui ont surtout frappé les spéculateurs comme Edouard Stern, c'est toujours la même histoire d'un pays qui ne respecte pas sa parole et qui se restructure dans la violence interne et externe.
La troisième piste c'est celle que tente de suivre l'Union Européenne, qui consiste à se fixer des règles et à les respecter (traité de Maastricht, par exemple), à créer un marché commun pour que les chocs assymétriques soient atténués par la possibilité de faire circuler les hommes, les marchandises, les capitaux, les idées et à rechercher un nouveau chemin de croissance fondé sur l'économie de la connaissance.
Quelle piste emprunteront nous ?
mardi 19 avril 2011
S&P downgrade les Etats Unis : fin du monde ?
Qui est S&P ?
Standard & Poor's (S&P) est une agence de notation, c'est à dire une entreprise qui emploie des analystes chargés de donner une opinion sur la santé financière et la capacité à rembourser un crédit d'entreprises ou d'etats. S&P est Etats-Uniens, filiale d'un groupe d'édition qui s'appelle Mc Graw Hill.
Les Etats Unis d'Amérique sont un Etat fédéral de 50 Etats, de 308 millions d'habitants, avec un PIB de 14 milliards de dollars. Les Etats Unis sont le 3eme pays du monde par la population, le 4eme par la surface et le 1er par le PIB, avec 24% du PIB mondial. Les Etats Unis, c'est aussi une dette de 14 milliards de dollars (100% du PIB).
Qu'a décidé S&P ?
Les agences de notation, quand elles notent les emprunteurs, peuvent faire deux choses : prévenir qu'elles vont changer la note de crédit, ou la changer effectivement. En abaissant la perspective (et non pas la note) de la dette publique US, S&P a juste prévenu, pour le moment. Le président Obama est donc briefé : soit il restructure l'économie US serieusement, soit le statut privilégié de l'économie US sera remis en cause par les marchés.
Préter, c'est un métier à risque. Les entreprises peuvent faire faillite et ne jamais rembourser, et les Etats peuvent aussi, à un moment, faire défaut de manière volontaire ou non. Depuis le 13 octobre 1307, date à laquelle Philippe le Bel a fait arreter les Templiers, les prêteurs savent que les souverains peuvent ne pas leur faire de cadeau quand ils sont acculés. Plus récemment, l'URSS et son emprunt russe sont un bon exemple de ce qui se passe dans le pire des cas pour les préteurs. Du coup, les agences de notation aident les préteurs à cerner la capacité des Etats à payer leur dette, c'est à dire leur capacité et leur volonté à lever de l'impot de manière réaliste.
Faut-il bruler les agences de notation ?
On a critiqué les agences de notation pour n'avoir su voir venir le caractère risqué des produits qui ont acceleré la crise de 2008 (en fait, il s'agissait d'une crise de liquidité et de confiance), va t on maintenant les critiquer pour les avertissements qu'elles lancent aux Etats les plus "surs" ?
Faut-il une agence de notation Européenne (publique ?)
La Grande Idée , c'est de créer une agence Européenne pour contrebalancer Standard & Poors, Moody's et Fitch (cette dernière étant, au passage, française). C'est profondémment méconnaitre l'objet de ces organismes, qui sont censés juger aussi bien l'Albanie que le Zimbabwé. On reproche aux agences de notation de favoriser les Etats Unis ? Combien de fois ce pays a t il fait défaut ou dévalué, depuis 1788 ? Du reste, Moody's, Fitch et S&P ne sont pas seules. En France, nous avons la Coface qui fait du rating risque pays. Pourquoi ces derniers n'ont ils pas profité de la crise pour terrasser leurs concurrentes américaines décrédibilisées ?
Au niveau dette, qui sont les pays les plus surs ?
Comme disait Lou, dans Wall Street 1, "à long terme, seule la mort et les impots sont surs". Plaisanterie mise à part, les préteurs peuvent raisonnablement faire confiance à la Suisse et à la Norvege, les quelques AAA de l'agence de rating d'origine chinoise. Il est clair que mener, budgétairement parlant, deux guerres majeures de front (Afghanistan, Irak) est un sacré challenge, le tout sur fonds de récession. Alors quitte à prendre des risques, les épargnants devraient plutot se tourner vers les marchés action.
liste des agences de notation
A. M. Best
Baycorp Advantage
Dagong Global
Dominion Bond Rating Service
Fitch Ratings
Moody's Investors Service
Muros Ratings
Standard & Poor's
Egan-Jones Rating Company
Japan Credit Rating Agency, Ltd.
Eh oui, la concurrence existe mais les clients préfèrent les marques connues, un peu comme en téléphonie mobile.
Sur le même sujet :
Grèce, question et réponses
Post du 29 avril 2010
http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/04/grece-questions-et-reponses.html
liste des agences de notation
A. M. Best
Baycorp Advantage
Dagong Global
Dominion Bond Rating Service
Fitch Ratings
Moody's Investors Service
Muros Ratings
Standard & Poor's
Egan-Jones Rating Company
Japan Credit Rating Agency, Ltd.
Eh oui, la concurrence existe mais les clients préfèrent les marques connues, un peu comme en téléphonie mobile.
Sur le même sujet :
Grèce, question et réponses
Post du 29 avril 2010
http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/04/grece-questions-et-reponses.html
dimanche 10 avril 2011
Du Marathon de Paris au marathon électoral
Félicitations aux 50 000 marathoniens qui parcourent les rues de la Capitale ce dimanche (ensoleillé !).
Les 42,195 kilometres qu'ils parcouront entre deux (!) et quatre heures sont à rapprocher de l'heure qu'il faut à un train pour parcourir la distance de 42 km qu'il y a entre Paris Gare de l'Est et Meaux, en Seine et Marne.
Pendant que les marathoniens géreront leur course, les electeurs islandais auront à réfléchir à la conséquence du NON au référendum sur le sauvetage des banques islandaises. En première approche, leur décision est evidemment la bonne. Une banque en faillite, comme n'inporte quelle entreprise en difficulté, doit fermer si ses fonds propres ne lui permettent pas de faire face à ses obligations. Pendant que l'UMP et le PS rivalisaient d'ultra interventionnisme pendant la crise, les libéraux, dont Sabine Herold, étaient les seuls à adopter la posture qu'aurait pris Margareth Thatcher si elle était encore au pouvoir.
Simplement, que les islandais, comme les français ou les américains qui villipendent les banques réfléchissent quand même à ce paradoxe : est-il logique d'empocher à titre personnel les bénéfices de la prospérité et de rejeter sur la faute de "la société" ou de "la sphère financière" la responsabilité de la crise, tout comme on peut se demander s'il est logique de privatiser les profits et nationaliser les pertes. La réponse est non, bien sur. Les clients des banques aiment avoir leur crédit pour la voiture, la maison ou le dernier écran plat. Les Etats aiment voir leur dette achetée à un taux faible également. S'il y a eu crise de spéculation, c'est parce qu'il y a aussi eu spéculation, c'est à dire, au sens premier du terme, croyance en le fait que demain vaudrait plus qu'aujourd'hui. Les islandais ont-ils rendu leur BMW X5 achetées en masse pendant la bulle ?
Nous sommes tous des spéculateurs, au sens litteral du terme. Quand un jeune couple achète un logement, à crédit, sur 15 ou 20 ans, pour une valeurs faciale représentant 5, 10 ou 15 ans de revenus, il fait le pari que le logement va s'apprécier pour pouvoir le revendre plus cher, et ainsi reprendre un crédit plus important sur un logement plus grand dans quelques années. Quand l'Etat s'endette, il fait le pari que la croissance économique va élargir l'assiette de taxation des contribuables, ce qui lui permettra de rembourser sa dette, au lieu de la transformer en emprunt russe. Les banques ne sont que l'instrument de cette transformation du présent certain en avenir incertain.
Alors, refuser sauver mettre les banques en faillite ? Bonne idée. Mais ne pleurons pas les récessions puisque nous n'applaudissons pas les périodes d'expansion. Alors, quand nous nous lançons dans une course, gardons un rythme constant, seul moyen de finir ses 42 kilometres et quelques sans trop de dégats.
Prochaine course francilienne : la Paris Saint Germain
Prochain rendrez-vous électoral parisien : 2012 !
samedi 22 janvier 2011
Contre-emprunt russe
Non seulement les russes viennent donc entrainer leus militaires sur d'anciennes bases de l'OTAN en Islande (cf le post Timeo Danaos et dona ferentes du 5 Octobre dernier) mais en plus ils achètent de la dette Européenne.
“La Russie pourrait être intéressée par l’achat de titres de dette souveraine émis par le fonds européen de stabilité financière : le fonds de sauvetage de la zone euro, a déclaré Alexeï Koudrine"
N'y aurait il pas quelque chose qui cloche ?
vendredi 11 juin 2010
Visite de Vladimir Poutine à Paris
D'apres le site de l'Elysee :
13h00
Déjeuner de travail de M. le Président de la République avec M. Vladimir POUTINE, Premier ministre de la Fédération de Russie au Palais de l'Elysée.mercredi 10 mars 2010
Oubliez la robe de Carla
Chronique interessante d'Eric Zemmour en date du 3 Mars 2010, sur RTL, concernant les enjeux de ce fameux diner à l'occasion duquel Mylene Farmer a generé un peu de buzz sur la toile et où Carla Bruni-Sarkozy s'est montrée d'une transparence dont l'Elysée a fait peu preuve ces jours-ci (cf la confusion comptes de campagne de l'UMP - déplacement présidentiel dans le Jura). parenthèse (Contribuable Jurassien, reveille toi !) Fin de la parenthèse.
Les Francais vont ils renouer avec la Triplice, une simple nouvelle alliance franco-russe, ou un pacte continental Chiraquien renforcé ?
Il y a une catégorie de francais que la reponse intéresse tout particulierement : les détenteurs d'emprunt russe. Il apparait en effet clairement, comme le note si bien Courrier International, que leurs intérêts, gigantesques au demeurant, seront sacrifiés sur l'autel de la diplomatie. Oublier les emprunts russes ? Il est comique de constater que l'atavisme des russes pour le 7eme arrondissement de la Capitale pourrait potentiellement refermer la boucle ouverte il y a 110 ans avec le Pont Alexandre III.
Pendant que le débat intello est alimenté par André Glucksmann , le gouvernement russe "s'engage à améliorer la sécurité juridique en Russie". Voyons si les Russes revendiquent la propriété de la Cathédrale Orthodoxe de Nice, un ouvrage apparemment bati grace à de l'argent public russe. Si tel était le cas, alors il sera logiquement déclaré saisissable par les créanciers de l'Etat Russe !
L'emprunt russe, ou le bon coté de la culture Vulture Fund !
Les Francais vont ils renouer avec la Triplice, une simple nouvelle alliance franco-russe, ou un pacte continental Chiraquien renforcé ?
Il y a une catégorie de francais que la reponse intéresse tout particulierement : les détenteurs d'emprunt russe. Il apparait en effet clairement, comme le note si bien Courrier International, que leurs intérêts, gigantesques au demeurant, seront sacrifiés sur l'autel de la diplomatie. Oublier les emprunts russes ? Il est comique de constater que l'atavisme des russes pour le 7eme arrondissement de la Capitale pourrait potentiellement refermer la boucle ouverte il y a 110 ans avec le Pont Alexandre III.
Pendant que le débat intello est alimenté par André Glucksmann , le gouvernement russe "s'engage à améliorer la sécurité juridique en Russie". Voyons si les Russes revendiquent la propriété de la Cathédrale Orthodoxe de Nice, un ouvrage apparemment bati grace à de l'argent public russe. Si tel était le cas, alors il sera logiquement déclaré saisissable par les créanciers de l'Etat Russe !
L'emprunt russe, ou le bon coté de la culture Vulture Fund !
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