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jeudi 31 mars 2016

Grève de la RATP : les franciliens pris en otage, une fois de plus

Dans le cadre de la mobilisation de nombreux citoyens contre le projet de Loi Travail, dit loi El Khomri, les syndicats UNEF - UNL - FIDL - CGT - FO - FSU - Solidaires - FGAF appelent les français à manifester ce jeudi 31 mars 2016. 

Le préavis concerne les ports (dockers cégétistes qui coulent la France), la presse (subventionnée, contre le gré des contribuables), et les services publics RATP et SNCF,. 

l'impact risque d'être sévère, notamment en ce qui concerne les déplacements en Ile de France. 


Dans le métro parisien, 3 rames sur 4 sont prévues en moyenne. Sympa, notamment, pour les usagers de la ligne 13 !


Sur la ligne du RER A, la ligne de train la plus surchargée d'Europe, 1 train sur 2 est maintenu.
Sur la ligne B du RER, il y a également 1 train sur 2 programmé. De plus, il y aura des problèmes d'interconnection, un changement de train est impératif à la Gare du Nord afin de poursuivre un trajet en direction du sud ou du nord, d'après les informations communiquées par la régie.

Sur le RER C, seulement 1 train sur 3 est prévu en moyenne. Concernant le RER D, 1 train sur 2 est prévu, et, cherry on the cake. aucun trafic n'est assuré entre Gare de Lyon et Châtelet-Les Halles. Amis usagers du RER D, passez sur le RER A dans la section la plus chargée de la ligne !
Pour le RER E, il faut prévoir 1 train sur 2 en moyenne.



Sur les réseaux Transilien et TER, 1 train sur 2 est prévu en moyenne, mais les lignes J, R et U risquent d'être un peu plus perturbées.

Et évidemment, comme il y aura l'inévitable défilé syndical, de la Place d'Italie à Nation, en passant par la gare d'Austerlitz et Reuilly Diderot, le trafic des bus sera perturbé,, notamment dans le 12eme. 




Tout ceci tient vraiment de l'imposture la plus totale !


Les syndicats disent lutter pour le travail, et ils s'apprêtent à pourrir la journée des millions d'usagers des transports qui cherchent, justement, à aller travailler.  

Mais cette grève amène aussi quelques questions, à commencer par la plus importante :  les fonctionnaires doivent-ils avoir le droit de grève ?
En effet, on nous répète souvent que notre pays se caractérise par l'existence d'un filet social censé aider tout le monde, mais aussi et surtout par la disponibilité permanente d'un service public de qualité. C'est le fameux modèle social à la Française, et les célèbres services publics à la Française. 
Question :  pourquoi les fonctionnaires font-ils grève sur un sujet qui ne les concerne pas ? Le Code du Travail ne s'applique pas à la fonction publique. Sa réforme non plus, donc.
Est-ce que ça ne devrait pas être les 6 millions de chômeurs, qui devraient s'exprimer, et non pas les insiders retranchés que sont les salariés de la fonction publique ? 

D'autre part, quand avons nous oublié que le service public est censé être au service du public, mais qu'en revanche, il n'est pas forcé d'être géré par le secteur public, c'est à dire le gouvernement ? Mais dans la réalité, quel levier possèdent les citoyens, usagers et contribuables sur la fonction publique ? Ce levier est nul, nous le voyons bien un jour comme aujourd'hui.  Si quelques milliers de fonctionnaires oint choisi de bloquer l'Ile de France, des millions d'usagers, eux, subissent !

Du coup, se repose la question de la mise en concurrence de la RATP sur son marché clef, l'Ile de France. Et qu'on ne nous dise pas que cela n'est pas possible.
D'une part, la concurrence, la RATP connait, mais à l'étranger, à Londres notamment. D'autre part, le seul fait que la SNCF et la RATP se partagent l'exploitation de lignes de RER en Ile de France montre bien que plusieurs entreprises de service ferroviaire oeuvent bien exploiter une même infrastructure.

A long terme, le monopole ne tiendra pas, de toutes façons. Dès 2020, nous dit-on, les voitures autonomes arriveront, ce qui permettra d"individualiser et de flexibiliser au maximum les déplacements urbains. Mais, en attendant, combien de grèves faudra t-il supporter ?




vendredi 26 février 2016

SNCF, et si vous ameniez les Eurostar à Austerlitz ?

En attendant le Brexit et la future nouvelle guerre de cent ans entre les British et nous, nos amis et voisins anglais sont parmi les plus importants touristes pour notre pays : ils sont près de 12 millions à venir visiter notre pays (1), soit le deuxième groupe de touristes juste derrière les allemands.

La porte d'entrée en France de ces touristes, c'est très souvent la Gare du Nord, le terminus des Eurostar.
Or, on le sait, la Gare du Nord est un problème.

Déjà, c'est la gare parisienne la plus fréquentée, avec ses Eurostar, ses Thalys, ses TGV, son réseau banlieue, ses lignes vers la Picardie et le Nord Pas de Calais, sans oublier ses deux lignes de RER et ses trois lignes de métro.
La Gare du Nord voit passer près de 550.000 voyageurs chaque jour, soit 190 millions de voyageurs par an.
C'est simple, le volume de passagers que connait la Gare du Nord est 4 fois plus élevé que celui observé à Saint Pancras (2), elle même deux fois moins importante en terme de trafic que Waterloo.
Mais si le match entre la Gare du Nord et Saint Pancras  ne concernait que les chiffres du trafic voyageurs ...!

C'est simple : même France 2 est obligée de reconnaître qu'entre la gare du Nord à Paris et celle de Saint-Pancras à Londres, les voyageurs constatent de nettes différences (3).





Alors, la mairie de Paris nous dit "on va faire des travaux", par exemple, rendre piéton le boulevard de Denain. 
Ou encore, la SNCF va dire "on va travailler sur la propreté". 

Mais est-ce suffisant ? 

Si l'objectif est de mieux accueillir les touristes, afin qu'ils évitent de dire, comme Andy Street, directeur général d'une chaîne de magasins britanniques, que la Gare du Nord est  «le trou le plus sordide d'Europe» et St-Pancras «une gare moderne tournée vers le futur" (4), pourquoi ne pas envisager une solution un peu plus radicale ?  



Rappelons-nous le contresens géographique apparent qui consiste, quand on vient de France, donc du sud de l'Angleterre, à arriver à Saint Pancras, c'est à dire par le nord, plutôt qu'à Waterloo, au sud de Londres. 

Pourquoi la SNCF ne proposerait pas un échange équivalent, en amenant les Eurostar à Austerlitz, ce qui aurait trois points positifs : 

  • soulager la Gare du Nord, gare surexploitée qui, rappelons le, doit, avec la Gare de l'Est, encore finaliser la réflexion sur la desserte de Roissy Charles de Gaulle
  • donner du trafic à une gare sous-exploitée et marginalisée depuis que le TGV dessert l'ouest et le sud ouest
  • célébrer une victoire militaire française :-)

Mais on fait comment ? 

L'infrastructure existe déjà quasiment. 

Au nord de Roissy Charles de Gaulle, les TGV disposent déjà d'une voie de contournement de l'Ile de France, et qui permet aussi de desservir EuroDisney. 

Il suffirait donc que la SNCF décide de construire un pont de franchissement de la Seine, dans le Val de Marne, entre Villeneuve Saint George et Vitry sur Seine, pour faire communiquer les voies avec l'approche de la Gare Austerlitz.
Et étant donné que la SNCF n'a pas d'argent pour le faire, elle a déjà du mal à entretenir les voies existantes (Cf le drame de Brétigny(5)) c'est naturellement n'importe quel investisseur privé, Eurostar, Eurotunnel ou autre, qui pourrait s'en occuper.

Bâtir une telle infrastructure, et rénover la Gare d'Austerlitz, coûterait sans doute bien moins cher que les millions d'euros que la SNCF compte investir Gare du Nord (6), notamment pour doubler la taille du terminal Eurostar !



Source : SNCF Reseau




Egalement publié sur Contrepoints




(1) Bercy 83,8 millions de touristes étrangers en France en 2014
(2) L'Express Saint-Pancras contre gare du Nord.html 1 juin 2010
(3) France TV Info Gare du Nord à Paris vs Saint-Pancras à Londres, un contraste saisissant 11 juillet 2015
(4) Le Figaro «La France est finie», juge le patron des grands magasins anglais John Lewis 3 octobre 2014
(5) BFM TV Catastrophe de Brétigny: les usagers réclament "une commission d'enquête parlementaire" 24 février 2016
(6) Le Figaro La SNCF s’attaque au chantier de la gare du Nord 25 juin 2015

lundi 15 février 2016

Prison contre les signalements de contrôleurs RATP sur Internet !

Il ne s'agit pas d'une information type Gorafi ou autre site parodique. 

Oui, le parlement vient de voter ceci : Les auteurs d’applications dédiées ou de comptes Twitter qui retweetent les signalements de contrôles RATP ou SNCF auront à tenir compte de la disposition suivante : « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende ».(1) Oui, carrément de la prison pour avoir organisé la surveillance du service public, alors qu'en ce qui concerne les usagers, le fait de prendre le métro  expose à la videosurveillance de la RATP, pour ne signaler que ce seul mode de surveillance. 

Mais si on ne laisse pas les contrôleurs faire leur travail, comment on lutte contre la fraude, dirons certains ? 

Il y a trois types de réponses possibles. La première, c'est le développement de l'appétence à payer de la part des clients, sachant que de toutes façons, le prix du ticket ou celui du Pass Navigo est trop bas, et est très loin de couvrir les besoins de la RATP (2). Il conviendrait donc que les fraudeurs, quelque soient leurs raisons, intègrent en eux le caractère civique de l'achat de tickets. Ce civisme doit s'étendre à la prise de conscience individuelle de la nécessité de ne pas se déplacer quand on a pas d'argent (ou la volonté de payer) pour le faire. C'est à cette seule condition que la fraude disparaîtra. 

La deuxième raison, c'est évidemment la privatisation de la RATP, la mise en concurrence des lignes de bus et de métro et le futur développement, non pas des transports en commun, mais des modes de transports publics individuels, comme les voitures en location type Autolib ou les futures voitures et bus sans chauffeurs. Ces modes de transport permettront des trajets individualisés et ne nécessiteront plus d'énormes monopoles publics pour les gérer. A ce titre, regrettons que ce thème de campagne porté par la liste d'Aurélien Véron et Karine Madar (3) aux dernières régionales n'ait pas pris dans le débat public.
De toutes façons, la lutte contre la fraude coûte autant que ce qu'elle rapporte. De plus, elle est parfois menée dans des conditions de totale asymétrie entre les agents et les usagers (4). 

La troisième consiste à imaginer des peines alternatives à la prison. S'il existe un consensus en Ile de France pour lutter contre la fraude dans les transports en commun tout comme il a existé un consensus pour lutter contre la prostitution dans certaines villes américaines en exposant les photos des plaques des voitures des clients, pourquoi ne pas essayer le name & shame des fraudeurs ? 



Mais puisqu'on parle de contrôles et de prison, pourquoi les députés, toujours majoritairement de gauche à l'Assemblée Nationale, n'ont pas légiféré contre les contrôles au faciès, une promesse du candidat Hollande ? 

source Direct Matin

Puisque les prisons françaises sont déjà surpeuplées, notamment en région parisienne, pourquoi les parlementaires n'ont pas décidé un plan de construction d'établissements pénitenciers ? 


Et puisqu'on veut envoyer les délinquants en prison, pourquoi Sylvie Andrieux, députée, n'est toujours pas en prison, bien qu'elle ait détourné 700 000 euros et que la justice l'ait condamnée pour cela ? 






(3) Ingrid Amprou Transports et développement économique en Île de France : 22 novembre 2015 

vendredi 17 juillet 2015

Pourquoi il faut arrêter avec la repentance

Nous sommes le 17 juillet.

Il y a 73 ans (ce n'est pas si vieux, soixante-treize ans, il y a encore des témoins de cette époque en vie), la police française, de son propre chef, raflait des français, de confession juive, pour les mettre dans les trains à destination des camps d'extermination des nationaux socialistes allemands. 


A l'époque, un doute pouvait subsister sur la destination finale des convois, puisque la réalité des camps était encore inconnue. En revanche que les autorités françaises aient agi par pur antisémitisme, une opinion répandue et légale à l'époque, ne fait aucun doute. Depuis, et parce que 1945 est passé par là, avec la découverte de l'ampleur du processus d'assassinat de masse de gens parce que de telle religion, la France a eu deux attitudes. 


Dans un premier temps, la France s'est dissociée de ces crimes, en arguant du fait que Vichy, ce n'était pas la France, et que de toute façons, la France ne s'excuse pas de son histoire. C'était la position de Mitterrand. Puis, dans un second temps, avec Chirac, on a admis l'idée que, même si Vichy, ce n'était pas la France, il fallait quand même que la Veme République endosse les crimes commis par la police nationale en 1942. Mais surtout, la Shoah a fait l'objet de réparations, financières notamment, comme on l'a encore vu avec l'exemple de la SNCF qui a choisi de verser de l'argent à des victimes américaines (1). 

Pourtant, il n'est pas certain que d'assortir la reconnaissance de certains génocides de compensations financières soit une bonne idée. 

D'une part, le préjudice de la Shoah, comme de tout génocide, est incalculable. Au delà des biens appartenant à des juifs qui furent "aryanisés", comment calculer de manière réaliste le cout d'une vie gâchée, voire détruite ? Comment évaluer, des années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui aurait du être, à la place que ce qui fut ? 

D'autre part, l'argent n'achète pas tout. Dans le cas spécifique de la SNCF, on peut même parler de dépense qui n'aidera pas l'entreprise. Si des stakeholders influents dans le processus de décision des transports aux Etats-Unis estiment qu'in fine, la SNCF de 2015, ses hommes, ses femmes, restent comptables des actes commis par leurs prédécesseurs, pourquoi voulez-vous que 60 millions de dollars effacent quoi que ce soit ? De toutes façons, la réussite économique d'Hugo Boss (fournisseur d'uniformes de l'armée allemande et du parti national socialiste) ou de BMW montrent qu'une telle tache n'est manifestement pas un obstacle au commerce. 

Enfin, la repentance et les réparations laissent l'impression d'un traitement à géométrie variable des crimes. Or, l'idée du deux poids deux mesures est précisément l'un des facteurs qui alimente le ressentiment (2) de certains. Est-ce que les français de 2015 ont à payer, moralement ou financièrement, pour la Shoah, le Rwanda (3) ou le génocide Camerounais (4) ?  Pourquoi continuer à alimenter la fort logique concurrence victimaire ? 

Avoir une réponse claire, cohérente et définitive à cette question permettait aussi au président Hollande d'éviter les "maladresses" quand il parle de la "dette" de la France envers Haiti (5) ou encore à Fabius de pouvoir reprendre les propos de bon sens de la députée Européenne Sylvie Goulard, en disant une fois pour toute à Alexis Tsipras que la Grèce, membre de l'UE, n'est pas fondée à demander des réparations à l'Allemagne, membre de l'UE .


Grèce, Allemagne : dette et paix par sgoulard




(2) Ligue des Droits de l'Homme L'antisémite Dieudonné condamné pour son hommage à Faurisson 27 octobre 2009

lundi 16 mars 2015

Paris-Normandie : peut-on faire rouler les trains plus vite ?

Pourquoi est-ce si long d'aller de Paris en Normandie en train ? C'est la question que se pose le quotidien Ouest France, qui rappelle qu'en  1970 : Paris-Caen se faisait 1 h 49 (1). Actuellement, les meilleurs temps de trajet sont plutôt d'1h55 (2).
Surtout, des nombreux incidents, recensés par Normandie Actu (3), le Pays d'Auge (4), Coté Caen (5)  ou Vernon Train de Vie tendent à montrer que près d'un train sur deux seraient en retard. 

Sur l'autre rive de la Seine, la situation n'est pas meilleure, à tel point que les politiciens de la région du Havre doivent écrire au PDG de la SNCF pour avoir des explications sur les incidents sur la ligne le Havre-Rouen-Paris (6).
Citons Hubert de la Bâtie, maire (UDI) de la commune de Sainte-Adresse : "Les retards ne constituent plus une exception mais la règle quotidienne. Les coupures de trafic sont extrêmement pénibles, surtout le week-end où nous sommes "coupés du monde". Les pannes de matériel sont répétitives et lassantes. Bref, plus personne ne veut prendre le train".
Le blogueur Train Train Quotidien, par exemple, ne peut que constater la dégradation des conditions de transport des voyageurs entre le Havre et Paris.

Alors, que se passe t-il pour que les lignes Paris-Caen et Paris-Rouen-Le Havre soient aussi problématiques, et surtout, y a t-il des pistes d'amélioration ? 

Il y a une contrainte technique de base, incontournable : pour faire circuler des trains, il faut de voies de chemin de fer. Celles qui relient Paris à la Normandie sont anciennes. Au passage, balayons tout de suite un cliché issu de la mystique étatiste : oui, sans Etat, des infrastructures peuvent se développer. Ce sont des entrepreneurs privés, des capitalistes qui ont construit la ligne de Paris au Havre (7) ou la branche Mantes-Cherbourg (8) au XIXeme siècle, pas l'Etat. La SNCF, puis RFF, ne sont venues que des dizaines d'années plus tard pour unifier des réseaux déjà existants. 
Quoiqu'il en soit, chacun sera d'accord pour noter que si les problèmes du trafic entre Paris et la Normandie relève de problématiques liées au matériel (voies, et éventuellement matériel roulant), alors on comprend que le problème, c'est le montant des investissements consentis, qu'ils soient privés ou publics. 

Il y a une deuxième contrainte, celle liée à la conception en étoile du réseau ferroviaire français. Les lignes de chemin de fer qui relient Paris à la Normandie souffrent du même défaut que celui qui handicape la circulation des trains sur le tronçon central du RER A : la congestion survient quand divers trafics de différentes origines s'amalgament sur des tronçons centraux. 
Ce qui pose problème au trafic Paris Normandie, c'est que deux lignes, le tronçon Caen-Cherbourg et le tronçon Rouen-le havre, se rejoignent à l'entrée de la région parisienne, à Mantes. Entre la ville de naissance de Saint Louis , et la Gare Saint Lazare, plusieurs sortes de trafic se mélangent : les intercités, le RER, le trafic banlieue et le fret. 

Il y a une petite différence entre 1970 et 2015 : le trafic a augmenté. Mais de combien précisément ? L'opendata à la SNCF a des limites : on ne sait pas combien de voyageurs circulent en temps réel, malgré les tentatives de sites comme Raildar, le Flightradar du train, de tracker les trains. Un autre moyen pour la SNCF d’accroître la transparence serait de publier, conformément à l'esprit des normes comptables IFRS et à l'exigence de transparence dont les pouvoirs publics aiment tant parler, la rentabilité de l'exploitation de ses trains, ligne par ligne.
Ainsi, elle pourrait expliquer aux voyageurs pourquoi, malgré des tarifs qui augmentent sans cesse (9), la SNCF est toujours si peu rentable. Est-ce uniquement un problème de coût des péages de RFF ou bien une question de structure de coûts salariaux ?  

Les contraintes physiques et économiques sont telles qu'une consultation a eu lieu, il y a deux ans, pour savoir s'il fallait effectivement construire une nouvelle ligne (10). Les experts en sont arrivés à la conclusion qu'il faudrait entre 6 et 10 milliards d'euros pour construire de nouvelles infrastructures , y compris sur des zones soit fortement urbanisées, soit rurales, et créer des nouvelles gares, dans la région de Rouen et peut-être à Nanterre - la Défense. (11). Autrement dit, cela parait difficile.

Question : est-ce que l'autoroute A13, malgré tous les inconvénients, ne reste t-elle pas le meilleur scénario alternatif au train ? Et puis, qui sait, si Macron parvient à faire passer sa loi, peut-être y aura t-il des bus pour relier Paris à la Normandie ?
En tout cas, alors que la classe politique ne cesse de vanter la qualité des services publics, les citoyens, contribuables et usagers savent, eux, ce qu'il en est. 



(4) Le Pays d'Auge Tir de chasseur : 750 usagers du train Paris-Caen bloqués 30 septembre 2014

mardi 9 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat


Alerte rouge ! Alors que la France est à 2000 milliards d'euros de dette et que 5 millions de français sont au chômage, la classe politique s'inquiète de savoir si le président Hollande se représentera en 2017, commente la présence de crèches dans telles ou telles villes ou cherche à savoir qui est le plus socialiste  ... Pourtant, et même si l'abstention croissante illustre la défiance grandissante du peuple envers ses élus, ces derniers sont quand même mandatés pour deux missions essentielles : voter le budget, voter les lois et contrôler l'action du gouvernement. 

Entre le vote pour un budget en hausse ET en déficit et la validation de propositions de lois absurdes, il reste quand même le contrôle de l’exécutif, notamment par le biais de la procédure des questions au gouvernement. Suggérons à nos députés de poser les questions suivantes :


Question au Premier ministre : Manuel Valls. Les résistances au projet de loi Macron  (1) proviennent avant tout de votre parti, le Parti Socialiste. Elles prouvent que vous n'avez plus de majorité. Il parait que vous vous voyez au pouvoir jusqu'en 2017. Et si vous suggériez plutôt une dissolution, suivie de votre démission ? 

Question au Ministre de l’Intérieur : Bernard Cazeneuve. Félicitations, vous êtes toujours ministre, et vous n'avez pas démissionné, malgré la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse. Votre priorité, après l'affaire de l'agression de Créteil (2), c'est, comme vous l'avez affirmé, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Pourquoi ne pas élargir votre propos à la lutte contre toutes les violences, y compris contre celles qui touchent les gens lambda comme cette jeune femme  dont les médias n'ont pas parlé, et "violée parce que française (3)" ? Pourquoi donner l'impression que toutes les atteintes à l'intégrité physique des gens ne se valent pas ? Et puisque le racisme est un sujet, allez vous y adjoindre la lutte contre la christianophobie et la germanophobie ? 

Question au Ministre des Affaires étrangères : Laurent Fabius. La SNCF va donc payer des réparations pour son rôle dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale, de la France pétainiste vers le IIIeme Reich (4). Cela signifie t-il que la France va revoir sa position sur les réparations demandées par la république d'Haiti pour le rôle de la France dans la traite des noirs (5), sujet que le président Hollande a toujours refusé de considérer, ou bien faut-il estimer que les français de 2014 n'ont pas à devoir payer pour les fautes de leurs ancêtres, qu'il s'agisse de la Shoah ou du commerce triangulaire transatlantique ? L'Etat, qui au passage n'a pas d'argent, va t-il contester cet accord ? 

Question au Ministre de l'Éducation nationale : Najat Belkacem. Les classements relatifs à l'éducation montrent qu'on est de plus en plus mauvais en tout et on est les meilleurs dans l'augmentation des inégalités. Madame Belkacem, à quand la liberté des communautés éducatives plutot que des directives venues d'en haut et qui ne produisent rien de bon en matière d'éducation ? 

Question au Garde des sceaux : Christiane Taubira. On constate, partout dans le monde, un grave recul de la liberté d'expression sur le net (6). La France, qui aime combattre pour les Droits de l'Homme, va t-elle s'exprimer sur le sujet, et regarder sa position sur le sujet, ou bien va t-elle continuer à faire passer des lois qui permettent, par exemple, à des fonctionnaires de lire les mails des citoyens, sans contrôle d'un juge ? 

Question au Ministre des Finances : Michel Sapin. Quand allez-vous cesser de vous moquer du contribuable ? Depuis que Hollande a affirmé qu'il n'y aurait plus de nouveaux impôts, 6 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires ont été programmés ou confirmés (7). Les français n'en peuvent plus ! Quand allez-vous entamer la remise à plat de la fiscalité en France ?

Question au Ministère de la Fonction publique : Marylise Lebranchu. La classe politique tente de faire croire que le statut est consubstantiel à notre conception du service public, alors qu'il relève d'une simple contingence historique (8). Madame Lebranchu, à quand une remise en cause du statut des fonctionnaires ? 



Evidemment, ne parlons plus du vote du budget de l'Etat, il semble normal que l'on vote un budget dans lequel on dépense 1,20 euros pour 1 euro de taxes et impôts collectés, sans baisser de 20 centimes la dépense publique ...




(1) L'Opinion Que faut-il attendre du projet de loi Macron ? 8 décembre 2014




dimanche 22 juin 2014

La CGT : en toute impunité ?

Des millions de Français pris en otage pendant 10 jours de grève purement politique dans les transports en commun, aucun résultat ni aucune sanction. Normal !



samedi 13 juillet 2013

Bretigny-sur-Orge, perte du AAA : La France en crise

Hier après-midi, un train corail SNCF en provenance de Paris Austerlitz et à destination de Limoges a déraillé en gare de Bretigny-sur-Orge. Ce qui devait être un joyeux départ en week end ou en vacances est devenu un carnage.



Ayons une pensée pour les victimes de cet accident, et ce d'autant plus qu'après le déraillement lui-même, des "jeunes" des cités alentour sont manifestement venus les voler (source : "Nouvelles de France "Victimes de Brétigny-sur-Orge dépouillées par des «jeunes» des cités : le sinistre des Transports minimise").

Mais il ne s'agit pas que du seul drame qui a frappé la France hier : la dette publique du pays a vu sa note de long terme dégradée de AAA à AA+ par la dernière agence, Fitch, qui lui donnait encore la note maximale. Autrement dit, la France en tant qu'emprunteur est identifiée comme étant un peu moins sûre que ses voisins. 

Y a t-il un lien entre la SNCF, les racailles de Bretigny-sur-Orge et le rating de la dette de la France ? 
Pour la SNCF, il faut attendre les conclusions de l'enquête pour avoir les causes de l'accident, mais, d'ores et déjà, une chose frappe : les remarques des clients réguliers des trains Corail, un univers à mille lieux du confort, pour ne pas dire du luxe, de la première classe du Thalys que les élus empruntent pour aller à Bruxelles.

La SNCF est structurellement en faillite, non seulement parce qu'elle ne fait pas assez de fret (faute de compétitivité) et parce que le coût des infrastructures pèse sur les charges d'exploitations. Certes, c'est RFF qui porte la dette du TGV, et, quand on va à Marseille ou qu'on se rend à Londres, on est bien content d'utiliser des trains modernes et rapides. Mais à quel prix ? Le choix de la SNCF de tout miser sur quelques lignes TGV, qui ne concernent en rien le quotidien (sauf cas spécifiques) a conduit à ce que les trains et infrastructures des autres lignes soient en état moins flamboyant. 

Inversement, plus l'Etat s'occupe d'autres missions que celles de la police, de la justice, de l'armée et de la diplomatie, plus il est amené à délaisser ces missions régaliennes, à en abaisser la qualité, et à dévaluer son autorité. 

En tant que libéral, on ne va pas s'abaisser à dire que si des "jeunes" pillent des voyageurs blessés à Bretigny, c'est la faute à-Valls-et-Taubira. C'est avant tout le libre choix de ces "jeunes" et le fruit d'une éducation défaillante et des circonstances. Mais ce qui est par contre sûr et certain, c'est que le contribuable n'en a pas pour son argent, alors que les impots devraient théoriquement servir à garantir les droits (de propriété, notamment) de chacun. Or, quand les autres "jeunes" de Grigny ont été simplement avertis, quel signal a été envoyé ? 

La France, qui expérimente depuis quelques mois les prédictions de Laffer (plus d’impôts et moins de recettes fiscales) est maintenant au pied du mur. Soit nous fermons des lignes SNCF secondaires et nous concentrons la dépense publique sur le fonctionnement d'une justice qui fonctionnerait enfin, soit nous continuons sur la voie d'un Etat qui dépense trop, par clientélisme, et dans ce cas d'autres accidents, humains ou financiers, sont à prévoir. 

Combien de temps les français vont-ils accepter que l'Etat les endette, pour financer du social qui se retourne contre eux ?


A lire également, au sujet de la SNCF

Sécurité des voyageurs : privatisons la SNCF ?, un post du 9 Juillet 2011
SNCF : désinformation du Monde, un post du 29 octobre 2012

dimanche 5 mai 2013

Services publics : si au moins nous étions contents

Combien de temps la mythologie d'une Nation forgée et rassemblée par ses services publics va t-elle tenir ?
Combien d'impots va t-il falloir payer pour avoir, notamment :
  • 100 000 jeunes par an qui sortent du système scolaire sans qualifs
  • un étudiant sur 2 à Polytechnique dont au moins un des parents est instituteur/enseignant/prof
  • une insécurité croissante, notamment à Paris pour les femmes, mais pas uniquement
  • un taux de livraison du courrier e J+1 toujours inférieur à ce qu'il est en Allemagne ou aux Pays Bas
  • des bureaux de poste vides en Lozère et bondés en Seine Saint Denis
  • des bavures policières sans cesse présentes
  • un parc nucléaire non assuré, au coût de démantèlement inconnu et à la production de déchets nucléaires à la durée de vie très longue
  • la persistance des inégalités entre français devant la retraite par répartition, que l'on soit fonctionnaire ou salarié du privé
Le service public, il y a celui des livres de la CGT, de FO, du Front de Gauche, du Parti Socialiste, et puis il y a celui de la réalité. 




Toutes ces vidéos montrent bien que la force publique n'est pas forcément bienveillante et efficace !


De plus, on nous dit toujours que le service public garantit l'accès à des biens et services indispensables.

Lisez ce texte de Stéphane Geyres, publié par Economie Matin, "Le marché, base naturelle de l’économie". Il est on ne peut plus limpide.

"l'état et ses services publics prétendent venir suppléer le marché là où il en va de notre vie ou de notre sécurité – car dans ces domaines, la logique des affaires ne fonctionnerait pas.
Vue l'importance vitale pour quiconque de s'alimenter, on s'interroge donc devant l'absence de « service public alimentaire » plus ou moins nationalisé pour « urgence ultra prioritaire ».Quelle fonction vitale peut être plus précieuse pour l'homme que l'alimentation et le maintien en vie ?
Faisons simple : si ce service n'existe pas, c'est parce que tout service public n'est qu'un leurre. Aucun n'est capable de rendre un service à la hauteur de ce que le libre marché offrirait. Il est par contre un instrument de pouvoir et de formatage. Il n'y a sinon aucune, absolument aucune raison qu'un service dit « public » se substitue aux libres marchés, y compris complexes. Et si les hommes de pouvoir n'ont pas osé créer un service public de l'alimentation, c'est qu'ils savent qu'il n'aurait jamais pu être aussi performant et meilleur. Et qu'un peuple affamé est un peuple qui se soulève."

On voit bien que les politiciens ne créent pas de services publics pour les choses qui nous sommes vraiment ultra essentielles (avoir à manger et un toit), ils créent des services publics là où le couple efforts de mise en oeuvre/capacité à brouiller les pistes sur l'utilité est maximale. Sinon, Nexity, Danone, Carrefour, les épiceries de quartier et la production agricole seraient 100% publiques et nationalisées. Il est plus vital de pouvoir boire et manger que de pouvoir prendre le train, non ?

Les choses sont très claires. En dehors des fonctions régaliennes de l'Etat, le service au public n'a pas forcément à être un service public. La police, la justice, l'armée et la diplomatie ont vocation à rester dans le périmètre public, de préférence géré au niveau fédéral Européen et avec un droit de contrôle des contribuables (exemple : élection au suffrage universel direct des commissaires de police, ou, autre exemple, alignement du droit public sur le droit privé et disparition du statut de fonctionnaire). Le reste peut être régionalisé, privatisé ou confié au secteur non marchand des ONG.

vendredi 22 février 2013

Illusions sur le modèle social français

Vous avez regardé Des Paroles et Des Actes (#dpda) hier soir ? 
On a eu droit à un beau festival d'anti libéraux, entre tel qui se ventait de refuser la France Allemande et telle autre qui disait qu'il avait négocié pour faire remonter les prix du lait. 
A un moment quand même, on a cru avoir la chance de pouvoir se réveiller, quand Bruno le Maire a rappelé à la fille à papa de Saint Cloud que même les agriculteurs français vivaient de la mondialisation. Las, bloqué dans un logiciel socialiste de droite, le représentant de l'UMP n'a pas pu répondre efficacement, faute de coming out libéral. 

Il y avait en revanche une chose frappante, c'était cette permanente référence à un modèle social français qui serait tellement supérieur à tous les autres. 
Le modèle social français, c'est quoi ? On peut le définir par la négative, d'après les propos des journalistes gauchistes (pardon pour le pléonasme) et des politocards qui en parlent : on ne veut pas de l'Allemagne et de ses travailleurs pauvres, on ne veut pas du Royaume Uni et de sa super mega flexibilité ultra libérale sauvage, etc. 
On peut aussi le définir par la "positive" : une Poste par village, EDF et GDF 100% publics (les politocards oublient de rajouter : "et gratuit pour les clients"), la SNCF partout, pour tous, à faible tarif, et de préférence avec une liaison à 320 km/h, uniquement en 1ere classe, personne payé en dessous du SMIC, une allocation dès que tu penses que tu ne gagnes pas assez, etc.

Mais, chers politiciens, ne voyez vous pas que ce fameux modèle social français, même dans son age d'or, n'a concerné qu'une minorité de français ? 

On ne veut pas supprimer le SMIC, mais on embauche massivement dans le CAC 40 des stagiaires à 400 euros par mois (voire zéro euros dans certains organismes publics). On ne veut pas supprimer le statut de la fonction public, donc on engage des contractuels en CDD permanents dans les collectivités locales. On ne veut pas se départir du principe de précaution, conclusion on fait fabriquer par des ouvriers chinois nos ordinateurs, nos I-Phone, nos baskets. On ne veut pas extraire de gaz de schiste dans le Larzac ou en Seine et Marne, donc on va "sécuriser" nos positions au Mali, ou on hésite pas à enrichir les Russes ou les Algériens en leur achetant leur gaz. Etc, etc.

Il y a une grosse hypocrisie à laisser penser que le modèle social français soit un objectif à préserver, alors que l'on sait qu'il ne concerne surtout qu'une minorité (les "hommes blancs de 30 à 45 ans", qualifiés, syndiqués, employés à vie du CAC 40 ou de la fonction publique et logés en HLM). La force du socialisme (de gauche comme de droite) est d'avoir réussi à laisser croire que ce modèle, acheté à crédit, soit viable, souhaitable et même simplement juste. Les stagiaires, les chomeurs, les jeunes, les vieux, les femmes savent qu'il est injuste.

Tous les ans depuis 30 ans, la France emprunte pour payer ce modèle social. N'oublions pas que le credo des keynésiens au pouvoir, c'est que à long terme, ils seront morts. Le modèle social français n'est ni juste ni efficace. Il fait payer par tous, de manière invisible, les avantages visibles de quelques uns. Il y a ce qui se voit, et ce qui ne se voit pas, disait Frédéric Bastiat. Peut-être serait il temps de déchirer le voile d'ignorance pudiquement appelé programme du CNR. 

jeudi 21 février 2013

La fracture sociale pour ceux qui ne veulent pas comprendre

Il y a un truc super comique en matière d'analyse de cette pauvre France qui souffre du fait du méga libéralisme sauvage et ultra américain qui la caractérise, c'est quand un bobo au sens littéral du terme (portefeuille à droite et vote à gauche) veut vous expliquer qu'il faut plus d'Etat afin de lutter contre la précarisation des populations fragilisées (les classes moyennes rurbaines). 

Ah, ces  bobos qui ne veulent pas comprendre qui ne veulent pas comprendre que la fracture sociale, c'est nous tous, c'est ce que nous voulons.

Prenez Jegoun et son post "Les nouvelles classes populaires" du 21 février 2013,  en réaction à l'article du Monde Exclues, les nouvelles classes populaires s'organisent en "contre-société", ou Sarkofrance et son post "hors système". 

Jegoun écrit : 


  • J’ai acheté mon appartement en 1994 en proche banlieue Parisienne. 
  • Quand je suis arrivé, nous avions une usine. Mon quartier, tout près de la Nationale 7, à 500 mètres de la capitale, hébergeait plein d’ateliers divers 
  • L’usine a disparu, remplacée par un centre commercial. Les ateliers ont été remplacés par des immeubles d’habitation ou de bureau. 
  • Des « cadres Parisiens » (comme moi) ont commencé à habiter cette petite ville. Les ouvriers ont disparu. Repoussé en banlieue. 
  • Le parc de logements sociaux est très important (37% de mémoire) et est occupé en partie par des populations issues de l’immigration, relativement bien intégrées. 
  • Dernier épisode en date : le siège de LCL s’est installé dans la commune voisine
  • Où sont passés les ouvriers ? Ils ont été poussés vers une banlieue plus lointaine. De toute manière, il n’y a plus d’usine, dans le coin. 

et, plus loin 

  • Il faut redonner l’espoir à cette « nouvelle France populaire », réorienter le développement économique, renforcer les services publics sur le territoire, …

Déjà, félicitations à Jegoun. Il a acheté pile poil au sortir de la crise de l'immobilier de 1991-1994, juste avant le début du fameux bull market de 1996-2006, pendant lequel l'immobilier a été multiplié par 3. 

Ensuite, c'est là où ça se gate, c'st quand nos amis gauchistes partent en mode "il faut que l'Etat intervienne contre les conséquences de nos choix individuels". C'est du foutage de gueule puissance maxi ! Pourquoi ? 

Les bobos, ils ne sont ni fous ni débiles. Ils ont raison de partir des endroits chers, où l'on paie 6, 7, 8 ou même 9000 euros le mêtre carré, pour aller vers les endroits où le mètre carré est à 2,3 ou 4000 euros. Mais ce faisant, ils encouragent les opérations de rénovation urbaine. Les promoteurs immobiliers et les urbanistes ou même les commerçants ne sont pas animés par un esprit de méchanceté mais de rationalité. Ils voient que si une population plus aisée remplace une population plus pauvre, alors les prix peuvent monter. 

Si les bobos voulaient vraiment aider les ouvriers à garder leur mode de vie, alors ils resteraient dans des minuscules deux pièces du XIIIeme ou du XVIIeme arrondissement plutôt que d'aller chercher plus grand et moins cher de l'autre coté du périph'. 

Le Kremlin Bicètre, Heloise Nez
En plus, les bobos ne se contentent pas de pousser les prix immobiliers à la hausse : ils amènent leur propre mode de vie, qui n'a rien de critiquable mais qui n'est pas celui des ouvriers. Le blog "photographier la ville" le montre bien : quand un sushi shop/Daily Monop/agence Acadomia s'installe dans un quartier de la petite couronne, c'est très rarement parce que des prolos l'ont ardemment réclamé. En général, c'est plutôt un entrepreneur pas trop stupide qui a vu qu'une nouvelle population pourrait constituer sa clientèle.

Ce processus de gentrification, il a été étudié à maintes reprises par les universitaires, et il suit toujours le même schéma  de Ivry (voir l'article de Libération sur cette autre ville probablement perdue pour les communistes au profit des socialos en 2014) à Saint Ouen, en passant par Montreuil ou Clichy : d'abord les explorateurs (vrais pauvres créatifs et originaux) puis les jeunes familles abonnées à Libé soi-disant à la recherche de la diversité (sauf dans l'école des enfants) puis, enfin, l'apartheid social sous couvert d'investissement public, mené par un maire socialiste. 

Quand la mairie lance des grands chantiers type couverture de la N7, c'est trop tard, les socialistes ont investi la place, il n'y à plus qu'à déménager, les pauvres ! (voir le forum de Europe Ecologie les Verts - Val de Marne). 

Quelle conclusions pratiques tirer de cette entreprise de désinformation qu'est le mythe de la gauche amie des ouvriers ? 

Déjà, ouvrez les yeux ! Ca n'est pas une quelconque main invisible d'un moloch marché tout puissant qui gentrifie Montreuil ou le Kremlin Bicètre mais des décisions très visibles de mairies de gauche. A quoi cela sert-il, pour la Fédération Anarchiste, de faire des manif contre la Loi du Marché alors que c'est bien le maire de la ville, Dominique Voynet, qui a signalé le squatt. Les maires gauchistes qui n'assument pas disent "il y a du danger dans ces squatts" ou "c'est à l'Etat de reloger ces gens". Pourquoi ne pas avoir tout simplement laissé les gens habiter des immeubles délabrés, dans ce cas, si le propriétaire et les locataires étaient d'accord ? Réponse : parce qu'une mairie préfère des immeubles à 4000 euros le mètre carré, comme au Kremlin Bicètre, plutôt qu'à 1000.

Ensuite, les gens qui protestent contre l'usage d'argent public pour faire des aménagements urbains ou des travaux publics d'envergure, comme les manifestants de Notre Dame des Landes, ont raison ! Qu'est ce qui peut rassembler des écolos radicaux et les Contribuables (voir le blog Ecologie Libérale) ? C'est bien le fait que l'argent public est pris à tous pour servir à seulement quelques uns, sans même évoquer la rentabilité douteuse ou nulle de certains projets ? 

C'est exactement le même genre de paradoxe que l'on voit en réaction à l'excellente idée de la SNCF, créer des TGV low cost, le Ouigo. Les bien-pensant comme Seb Musset ou la CGT & proches écrivent : 
  • Ce qui ressemble à la réintroduction de la 3e classe permet en fait la disparition progressive de la classe intermédiaire
  • La SNCF, une compagnie qui assurait autrefois un service correspondant davantage à la notion de service public (???), a  réinventé la troisième classe
Nos gauchistes n'ont pas compris ou pas voulu voir le fait que, quand la SNCF créait ses lignes TGV à grand frais, elle le faisait à crédit,  (un kilomètre de ligne TGV coûte 15 fois plus qu'un kilomètre de voie ferroviaire classique, d'après le Journal du Net ) (1). ce faisant, puisque la dette s'accumulait au sein de RFF, elle préparait la future inaccessibilité du TGV au plus grand nombre. Pourquoi ? Parce que la SNCF relève ses prix pour pouvoir rembourser le réseau. 

Nous n'avons qu'à ne pas payer la dette de RFF ? Pourquoi pas (sachant qu'elle a quand même servi à payer les ingénieurs et les ouvriers ou le matériel utilisé pour construire les lignes ...), mais dans ce cas, quelle boite acceptera de travailler gratuitement, à l'avenir, à la construction de lignes ou à leur entretien ? Il est donc bien préférable que ce soit les clients du TGV qui paient les péages de RFF, et puisque nous sommes arrivés à des prix du billet trop élevés, l'idée de TGV low cost est donc une excellente idée. 

Alors, au final, quelles solutions ? 

  • déjà, accepter que la mixité sociale doit cesser d'être un objectif politique : les français n'en veulent pas (lire La mixité sociale, personne n'en veut, un post du 28 mars 2012). 
  • ensuite, stopper d'urgence les politiques publiques qui impliquent de taxer les uns pour redistribuer à d'autres puisque souvent, ces politiques publiques ont des conséquences anti sociales (au sens gauchiste du terme). En effet, combien de CSP - à Roissy Charles de Gaulle Terminal E, à Louis le Grand ou dans le TGV high cost ? 
  • enfin, sortir de la société d'Etat-nounou qui veut que les politicards ultra interventionnistes s'accordent le droit de définir ce qu'est un logement décent ou non. L'inacceptable des uns est le rêve des autres, et le prix permet de mettre tout le monde d'accord
  • ajoutons : en finir avec les idées ultra interventionnistes en matière de logement, d'aménagement ou de transport, au profit des solutions privées, individuelles et décentralisées, le résultat final n'est pas plus mauvais (2).

Moins d'Etat ! Plus de libertés !


(1) Coût de construction d'une ligne TGV
  • LGV Nord 1989 : 7.5 millions d'euros le kilometre (source : gouv.fr) 
  • LGV Est 2002 : 13 millions d'euros le kilomètre (source LGV Est)
  • Le Mans-Rennes 2011 : 18 millions d'euros le kilomètre (source Challenges)
  • Bordeaux Tours 2012 : 22 millions d'euros le kilomètre (source Wikipedia)
  • Paris Lyon bis 2025 : 23 millions d'euros le kilomètre (source Lyon Capitale)



(2) La Défense, une initiative publique, gaulliste puis mitterrandiste est dans le rouge (source : MonPuteaux.com), alors que Carary Wharf, 100% privée y compris le métro DLR, fait des profits (source : Télégraph).