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lundi 10 août 2015

Les prisons, on en parle ?

Il y a un sujet sur laquelle la classe politique évite généralement de se prononcer, c'est l'état des prisons françaises.
Or, il est honteux.

Prenez, par exemple, le sujet que l’Observatoire international des prisons (OIP) a porté en référé, mercredi 29 juillet, devant le Conseil d’Etat (1) : a t-il fait l'objet d'une journée de polémique au même titre les performances de Chris Froome ou les photos d'Aurélie Filipetti et Arnaud Montebourg ? Non. Et la classe politique ne s'est pas vraiment emparée du sujet. Pourtant, elle devrait. 

D'une part, Il n'y a globalement jamais eu autant de monde, en France, en prison. Les stats sont formelles, il n'y a pas eu de rupture majeure entre le très décrié tandem Bernard Cazeneuve - Christiane Taubira et leurs prédecesseurs UMP : il y a toujours plus de 0,1% de la population du pays qui séjourne en prison. Certes, y a des peines non exécutées.  Mais notons que 66270 personnes étaient incarcérées en France au 1er janvier 2015. La population carcérale est nettement supérieure à ce qu'elle était il y a 10 ans, puisque le nombre de détenus était de 58231 au 1er janvier 2005, soit environ 8000 de moins (2). 
Au 1er juillet 2015, 66.864 personnes étaient incarcérées en France, ce qui représente une baisse de 2,1 % par rapport au mois de juillet 2014 (68.295). Au 1er juin 2015, il y avait 66.674 personnes incarcérées, ce qui représente une hausse mensuelle de 0,3 %. (3)
On parle donc de baisse de 2%, pas de 10% ou 20%. 

D'autre part, l'état des prisons françaises est critiqué par les organisations. Au 1er juillet 2015, le parc pénitentiaire comptait 57.759 places opérationnelles et le taux de densité carcérale est de 115 %. Autrement dit, on manque de prisons. Outre le fait qu'il n'y ait pas assez de places, l'insalubrité est un qualificatif qui revient fréquemment dans les rapports des observateurs. On peut donc dire que, si la mission des prisons est de punir mais aussi réinsérer les individus après qu'ils aient payé pour leurs erreurs, alors l'état des prisons françaises est un danger pour nous tous. 

L'acception générale, en matière de prison, consisterait à dire que c'est bien fait pour les détenus, qu'on ne se retrouve pas en prison par hasard, qu'il faut quand même avoir franchi un certain nombre de limites. C'est vrai. Tout le monde ne vole pas, ou ne se transforme pas en criminel. Mais le fait est que tout le monde, à part les députés bien sur,  peut risquer d'être confronté au système carcéral, à moins, évidemment, de mener une vie parfaitement conforme aux desiderata du pouvoir. 
Prenons par exemple Nicolas Bernard-Busse, étudiant, militant de la Manif pour tous, condamné à quatre mois de prison pour faits de rébellion et de refus de prélèvement ADN. 
Cela ne vous interpelle t-il pas ? 
Si ce jeune est allé en prison, c'est donc bien suite à la combinaison de l'existence de l'Orwellien FNAEG (au début, crée juste pour les violeurs, pas la gauche, et renforcé et élargi par la droite), du zèle policier qui sort des outrages à agent à tout bout de champ et de la justice expéditive en correctionnelle (4). 
Sans aller jusqu'à la prison, combien de français ne se sont pas retrouvés un jour face au défi de l'outrage à agent, où la parole du policier pèsera toujours plus lourd que celle du civil ? 

Dans notre pays, il n'y a que Sylvie Andrieux, la députée ex socialiste, pour être condamnée à de la prison mais ne pas avoir à se confronter à la réalité de l'univers carcéral (5). Pour les autres, le risque existe. 

Dans un pays non pas idéal mais au moins en ligne avec ce qu'on attend de l'état, nos impôts devraient servir à financer l'excellence de l’exécution des missions régaliennes. La plupart des français, même ceux atteints de manière aiguë par le ras le bol fiscal, sont d'accord pour que les impôts servent à financer une police respectueuse et efficace, une justice rapide, une diplomatie qui promeut nos valeurs et des prisons dignes. 
Est-ce trop demander que de souhaiter que l’exécutif s'empare enfin du sujet des prisons, afin que les détenus soient traités de manière juste, ne serait-ce que pour assurer la sécurité des français ? Faut-il rappeler le role de la prison dans nombres d'affaires où un ex petit délinquant s'est transformé en criminel ou en terroriste ?



(1) Le Monde / Libertés surveillées La prison de Nîmes : 1,33 m² par détenu. Le dossier au Conseil d’Etat 30 juillet 2015
(5) Le Monde La députée Sylvie Andrieux condamnée en appel 23 septembre 2014

vendredi 17 avril 2015

1984 était finalement le projet politique de l'actuelle majorité socialiste ?

Quand on pense que Hollande a été, rappelons le quand même, élu pour "réparer" et "apaiser la France", "abîmée par 5 ans de Sarkozysme". Plus précisémment, c'était "la République et notre démocratie" qui auraient souffert (1). 

Rappelez-vous quand le PS défendait les libertés sur Internet (2) ou quand il voulait lutter contre l'extension du secret défense (3) ? 
Aujourd'hui, qu'avons nous ? N'est-ce pas le même PS qui transcrit à la virgule près le "roman" (d'anticipation) de George Orwell, 1984 ? 

Ecoutez le ministre de l'intérieur dire que la vie privée ne fait pas partie des libertés. 



Honnêtement, si de tels propos avaient été tenus par Hortefeux sous le précédent quinquennat, n'y aurait-il pas des manifs dignes de décembre 1995 pour bloquer le pays ? 

Il y a tant de choses surprenantes chez tous ces militants "de gauche", comme leur silence face au maintien des destructions de camps de Roms, la poursuite des arrestations de "sans-papiers", la persistance des bavures policières, l'incapacité à dénoncer, pour certains, le danger que recèlent toutes ces lois "anti terroristes", ou, plus anecdotiquement,leur acceptation de voir le président de la république utiliser le pavillon de la Lanterne et Air Sarko One comme si de rien n'était ? Et au delà de tout ça, où est leur rejet de l'Etat Big Brother qui vient (4) ? 

Puisque la gauche socialiste a légalement été élue, comment cela va t-il se terminer ? La blogosphère et les twittos reflètent bien toutes ces inquiétudes que l'on peut légitimement avoir ...! 


Notre pays, La France, prend une trajectoire très inquiétante (5), et les libéraux ne sont pas les seuls, loin de la, à le dire !

lundi 23 mars 2015

Pendant ce temps, les choses sérieuses continuent !

Vous n'avez rien compris aux élections départementales 2015  ? Vous n'êtes pas seul ! Chacun s'est revendiqué vainqueur d'un scrutin à forte abstention, grâce à des des chiffres pleins d’amalgames pour masquer le fait que le FN est bien le 1er parti de France (1). Et surtout, les candidats se sont donc présentés à un scrutin devant déboucher sur des assemblées départementales dont on ne connait rien des futures attributions, puisque la création des grandes régions devrait aboutir à une réorganisation de la répartition des missions publiques !
Enfin, peu importe. Ils appelleront ici ou la au Front Républicain, à la mobilisation générale, la vérité c'est que les électeurs voteront pour des partis qui proposeront soit encore plus de dépense publique départementale, soit  encore plus de dépense publique départementale.
Ca, c'est le premier point d'accord entre tous ces partis politiques qui ont finalement tous choisi de nationaliser un scrutin local. 

Le second point d'accord entre tous ces partis politiques soi disant en concurrence, c'est sur la lutte anti terrorisme et la supposée nécessité de réduire nos libertés au profit de la sécurité.

Sur ce point, il n'y a pas de débat, puisque "l'opposition" UMP-UDI a décidé de voter, à l'Assemblée Nationale, la loi sur le renseignement portée et défendue par Manuel Valls et son ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve. Sarkozy a affirmé que l'UMP voterait la loi sur le Renseignement si elle "n'est pas dénaturée dans le cadre du débat parlementaire" (2) (vive l'autonomie et la liberté de vote des députés ...!). Quand à l'opinion de l'UDI, elle est à ce jour inconnue. La seule opposition politique au projet de loi renseignement semble émaner du Parti Libéral Démocrate (ainsi que quelques courageux députés isolés comme Laure de la Raudière, UMP), qui dénonce la violation des libertés (3) ainsi que la fin de la protection de la vie privée des français (4). 


Les libéraux s’appuient sur les conclusions :

  • de la Ligue des Droits de l'Homme qui pense que la loi Urvoas sur le renseignement s'inscrit dans la dérive antidémocratique de la politique actuelle (5)
  • d'anciens officiers en renseignement qui affirment la loi renseignement nous fait gagner trop peu en efficacité pour justifier les atteintes aux libertés qu’elle comporte (6)
  • des blogueurs comme Authueil qui pensent que la séparation des pouvoirs n'est pas un élément mineur de notre ordre juridique (7)
  • de la CNIL qui émet de fortes réserves face à certaines dispositions clés du projet de loi qui comportent des mesures de surveillance beaucoup plus larges et intrusives que ce qui existe actuellement (8)
  • de la CGT (!) Police (!) qui déplore le fait que le projet de loi ne concerne pas que le terrorisme mais aussi les "intérêts majeurs de politique étrangère" et les "violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique" (9)
  • des think tanks comme la Quadrature du Net
On nous dit "les gens honnêtes n'ont rien à cacher". Si de tels propos émanaient de Vladimir. Poutine, de Robert Mugabe ou de Kim Jong, n'hurlerait-on pas ? Ne dirait-on pas que ces propos sont dignes de ceux de la RDA ou de l'URSS ? 
La preuve, c'est que quand des SSII françaises vendent des systèmes de surveillance de masse à des pays comme la Lybie, chacun est d'accord pour dire que ce n'est pas bien. Alors pourquoi accepte t-on ce genre de propos quand ils sont prononcés par des socialistes de gauche (PS) ou de droite (UMP) français ou des démocrates ou des républicains américains ?

Quand aux français qui acceptent ce genre de déclarations, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de la logique de la transparence et publier sur son mur Facebook son numéro de carte bleue, un extrait de casier judiciaire, sa feuille d’impôts ou le montant et la raison des dernières amendes payées ? 
Même les politiciens refusent de publier leurs avis d'imposition, c'est dire !
Si la videosurveillance ne dérange personne, pourquoi ne streame t-on pas les images en permanence et en direct sur le net ? Après tout, cela ne devrait déranger personne, pas même les législateurs, que l'on puisse surveiller par Internet son voisin ? 

Et même si vous pensez que vous êtes une personne normale, ne vous y méprenez pas : vous ne savez absolument pas ce qui sera interdit ou considéré comme déviant dans le futur. Qui, par exemple, aurait pu penser que manifester contre le mariage pour tous puisse être considéré par le pouvoir comme étant le signe d'une proximité avec des mouvements "réac", "facho" et donc digne d'une répression policière violente, pour ne prendre que cet exemple ?
Inversement, pour le cas où vous ne vous reconnaîtriez pas dans la Manif pour Tous, si un pouvoir anti gauche, anti "progressisme" (au sens PS du terme) arrive, serez vous toujours dans la légalité ?

Sans même parler de la théorie des 6 degrés (nous sommes tous à 6 relations les uns des autres), pensez-vous que surveiller l'ensemble des français aurait pu éviter l'attentat de l'Hyper Casher et la tuerie de Charlie Hebdo ? 
La littérature, le cinéma, nous ont déjà décrit le monde que Valls ou Cazeneuve tentent de mettre en place. Revoyez Ennemi d'Etat (10) ou Matrix ou relisez 1984 pour comprendre à quel point le projet de loi sur le renseignement est néfaste pour nous tous !

Enfin, puisque l'objet est la lutte contre le terrorisme, voyons les choses au moins sur le plan factuel : que recherchent les terroristes ? Certainement pas des victoires militaires contre un pays comme la France, cela parait difficile. Ce qu'ils recherchent, outre le fait de convaincre des nouveaux soutiens, ce sont des victoires symboliques, telles que l'altération de notre mode de vie. Restreindre les libertés civiles en Occident est un objectif des terroristes. Ne leur offrons pas cette victoire. 



(3) Parti Libéral Démocrate La loi sur le renseignement viole nos libertés 18 mars 2015

mercredi 18 mars 2015

Réouverture de l'HyperCacher de la Porte de Vincennes : la CB de Cazeneuve ne passe pas

Quand il s'agit de payer soi-même, ça paraît bien compliqué pour le gouvernement... 


Explication : Cazeneuve ne connait pas le code de sa carte bleue. 

Paye t-il trop en liquide, ce liquide dont son collègue de Bercy, Michel Sapin, veut limiter l'usage ? 

Ou bien, plus prosaiquement et plus surement, ne paye t-il jamais rien, habitué qu'il doit être depuis sa sortie de l'ENA Sciences Po Bordeaux à ne jamais rien payer lui-même ? 

samedi 21 février 2015

Terrorisme : Bernard Cazeneuve est-il Charlie ?

Qui peut se dire que la lutte contre le terrorisme n'est pas un objectif prioritaire ? A priori, personne. Du coup, le gouvernement, très républicain, très dirigiste et autoritaire, se permet de prendre en otage les démocrates et les gens attachés aux Droits de l'Homme dans ce pays, avec ses propositions liberticides.

Dernier exemple en date : le voyage du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, qui est allé rencontrer des représentants d’Apple, Google, Facebook, Twitter et Microsoft (1). Objectif : que ces géants de l'Internet s'autorégulent en bloquant par eux-mêmes les communications liées au terrorisme djihadiste (2). 
Il est vrai que le ministre n'a cessé de répéter que «90% de ceux qui basculent dans des activités terroristes au sein de l’Union européenne le font après avoir fréquenté Internet», et qu'il faut donc réguler Internet.
Terrorisme ou pas, Cazeneuve, mais aussi 90% des politiciens, veulent réguler Internet (depuis la place Beauvau plutot que depuis un bureau en Californie).
C'est comme si ca tombait bien que des jeunes partent en Syrie ou tuent à Paris, soi-disant après avoir vu une vidéo sur Youtube. C'est comme si Cazeneuve nous expliquait qu'avant 2005 (date d'invention de Youtube) ou avant 2003 (date d'invention de Facebook), il n'y avait pas de terrorisme islamiste qui tuait à Paris.


Est-ce que prendre le risque de critiquer la politique anti-terroriste (et liberticide) du gouvernement, ce n'est pas laisser penser qu'il ne faille rien faire contre le terrorisme ?

Notons quand même que la France, le pays des Droits de l'Homme, est aussi un des pays qui demande déjà le plus à Twitter d'effacer des tweets. Oui, la France, pas une grosse république populaire asiatique, une dictature communiste ou quelque état fermé sur lui-même . Il ne s'agit pas d'une information conspirationniste mais d'un fait relayé par la presse mainstream (3). On sait également, depuis les révélations d'Edward Snowden, que la France fait aussi partie des pays qui enregistrent et surveillent ce que disent et font les citoyens (4).
Autrement dit, la surveillance de masse, et les interventions chez les gros fournisseurs de services sur Internet, ça ne marche pas (5).

En réalité, il n'y pas besoin de réguler Internet, on a surtout besoin d'une doctrine au sein du gouvernement et au sein du pays.
Déjà, les membres du gouvernement eux-mêmes ne sont ps d'accord entre eux. Quand un ministre dit qu'il faut comprendre les jeunes qui partent en Syrie, qu'un autre pense qu'il faut envoyer des armes aux opposants à Bachar el Assad, qu'un autre affirme qu'aller faire la guerre au Mali, c'est lutter contre le terrorisme ici, et qu'un autre se dit que ce n'est pas grave que la France se dote d'outils de surveillance de sa population plus puissants et plus intrusifs que ceux dont la RDA disposait, où est la cohérence ?
Quand la France affirme que le terrorisme islamiste n'a rien à voir avec l'islam, mais que dans le même temps, elle interdit des pièces de théâtre ou des films qui pourraient choquer les musulmans, tout en affirmant que Charlie Hebdo a raison de pratiquer ce que les musulmans considèrent comme un blasphème, où est la cohérence (6) ?

On sait pourtant très bien que les terroristes, bien plus que de vouloir défaire militairement la France (puisqu'il parait que nous sommes en guerre ...(7)), veulent surtout introduire une guerre civile en France, et rallier à leur cause, ou du moins à leur sympathie, les 5 millions de musulmans de France, tout en luttant contre notre mode de vie, malgré tout plus libre que la moyenne encore ? Alors, pourquoi, y compris au sein du gouvernement, contribuer à donner raison à leur stratégie, en tentant d'adopter un entre-deux en terme de valeurs, et en attaquant les libertés civiles ?

Il ne faut pas lutter contre la propagande djihadiste sur Internet, et ce pour plusieurs raisons.

La première est fondamentale, elle a trait à la cohérence de l'action publique et des lois. On ne sait jamais ce qui sera considéré, dans le futur, comme étant illégal sur Internet. Si la propagande djihadiste est considérée comme étant illégale, qui dit qu'ensuite ce ne sera pas telle ou telle religion, puis, telle ou telle opinion ?

La seconde raison est pratique : comment-voulez vous repérer des gens si vous les forcez à se cacher ? Il sera beaucoup plus aisé de repérer des futurs tueurs s'ils ne prennent pas trop de précautions.

La troisième raison est aussi d'ordre pratique : imaginons que Cazeneuve parvienne, on ne sait pas trop comment, à faire préférer à YouTube les lois françaises à la freedom of speech garantie par le 1er amendement : que fera t-il ensuite quand les vidéos migreront sur RUTube ?

En réalité, et sans tomber dans la culture de l'excuse, le gouvernement français ne se pose pas exactement les bonnes questions. Certes, toutes les personnes ayant habité le XIXeme arrondissement de la capitale ne deviennent pas des délinquants, et, certes, tous les prisonniers ne deviennent pas des terroristes.
Ceci étant dit, qui peut nier que la radicalisation passe aussi par ces séjours dans des établissements surpeuplés et ignobles, mais qui dépendent pourtant du ministère de la justice française, la justice du pays des droits de l'homme ?
On le sait, Coulibaly avait fait un séjour à Fleury Merogis (8), d'où il en avait tiré un reportage diffusé sur France 2, montrant l'état inacceptable de la plus grande prison d'Europe.



Dans le secret de la prison Fleury-Mérogis 1 par Francki94


Pendant que Cazeneuve demande à Youtube de ne plus diffuser telle ou telle video, il évite de rappeler que les prisons françaises sont toujours surpeuplées (9), ce qui n'est pas digne d'un pays qui donne des leçons de droits de l'homme à la terre entière.






(1) Libération Cazeneuve traque les jihadistes au Far Web 19 février 2015
(2) L'Opinion Cyberdjihadisme : Bernard Cazeneuve veut passer un «deal» avec les géants du web 20 février 2015
(3) Le Monde La France, numéro un mondial des demandes de suppression de tweets 6 février 2014
(4) Le Monde Snowden : « la surveillance de masse est pratiquée dans tous les pays » 10 décembre 2014
(5) Contrepoints Et maintenant une bonne surveillance de masse qui ne marche pas ! 1 février 2015
(6) Delanopolis Victoire posthume des frères Kouachi : progrès spectaculaires de la «dhimmicratie» en France 4 février 2015
(7) Le Figaro Manuel Valls : «La France est en guerre contre l'islamisme radical» 14 janvier 2015
(8) Les Echos Surpopulation carcérale : la France pointée du doigt 11 février 2015
(9) Le Monde Quand Amedy Coulibaly dénonçait les conditions de détention à Fleury-Mérogis 12 janvier 2015

lundi 26 janvier 2015

Cazeneuve, l'homme qui protège les recettes fiscales plutot que les automobilistes

Vous avez lu les mesures que le ministre des finances de l'intérieur (1) propose pour augmenter les recettes fiscales améliorer la sécurité des automobilistes ? 

Généralisation des radars double face, interdiction de l'usage de kit oreillette au volant, abaissement des limitations de vitesse sur certaines routes (et ce alors que les faits montrent qu'une telle mesure ne diminue pas, au contraire, la mortalité (2)) ...
On s'étonnerait presque de l'oubli du rajout d'une ou deux mesures anti terroristes, histoire d'en rajouter une louche sur la sécurité !

Vraiment, chaque jour voit émerger un motif de rage contre ce gouvernement !

De qui se moque Bernard Cazeneuve ?? 

Pendant que les policiers seront des zélés auxiliaires de Bercy travailleront à la sécurité des automobilistes, ils ne feront pas leur travail de protection des biens et des personnes. 
Est ce que, franchement, la priorité c'est de légiférer sur les kit téléphones ou sur les limitations de vitesse ?  Rappelons simplement qu'en 2013 (Hollande et Valls ne pouvaient plus accuser le précédent gouvernement), Les vols de voitures étaient repartis à la hausse en France en 2013 pour la première fois depuis 12 ans avec 111.950 vols enregistrés, soit un rebond de +0,6%. 


La place Beauvau affiche ses priorités. Qu'on ne vienne pas nous parler de sécurité. 





mardi 9 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat


Alerte rouge ! Alors que la France est à 2000 milliards d'euros de dette et que 5 millions de français sont au chômage, la classe politique s'inquiète de savoir si le président Hollande se représentera en 2017, commente la présence de crèches dans telles ou telles villes ou cherche à savoir qui est le plus socialiste  ... Pourtant, et même si l'abstention croissante illustre la défiance grandissante du peuple envers ses élus, ces derniers sont quand même mandatés pour deux missions essentielles : voter le budget, voter les lois et contrôler l'action du gouvernement. 

Entre le vote pour un budget en hausse ET en déficit et la validation de propositions de lois absurdes, il reste quand même le contrôle de l’exécutif, notamment par le biais de la procédure des questions au gouvernement. Suggérons à nos députés de poser les questions suivantes :


Question au Premier ministre : Manuel Valls. Les résistances au projet de loi Macron  (1) proviennent avant tout de votre parti, le Parti Socialiste. Elles prouvent que vous n'avez plus de majorité. Il parait que vous vous voyez au pouvoir jusqu'en 2017. Et si vous suggériez plutôt une dissolution, suivie de votre démission ? 

Question au Ministre de l’Intérieur : Bernard Cazeneuve. Félicitations, vous êtes toujours ministre, et vous n'avez pas démissionné, malgré la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse. Votre priorité, après l'affaire de l'agression de Créteil (2), c'est, comme vous l'avez affirmé, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Pourquoi ne pas élargir votre propos à la lutte contre toutes les violences, y compris contre celles qui touchent les gens lambda comme cette jeune femme  dont les médias n'ont pas parlé, et "violée parce que française (3)" ? Pourquoi donner l'impression que toutes les atteintes à l'intégrité physique des gens ne se valent pas ? Et puisque le racisme est un sujet, allez vous y adjoindre la lutte contre la christianophobie et la germanophobie ? 

Question au Ministre des Affaires étrangères : Laurent Fabius. La SNCF va donc payer des réparations pour son rôle dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale, de la France pétainiste vers le IIIeme Reich (4). Cela signifie t-il que la France va revoir sa position sur les réparations demandées par la république d'Haiti pour le rôle de la France dans la traite des noirs (5), sujet que le président Hollande a toujours refusé de considérer, ou bien faut-il estimer que les français de 2014 n'ont pas à devoir payer pour les fautes de leurs ancêtres, qu'il s'agisse de la Shoah ou du commerce triangulaire transatlantique ? L'Etat, qui au passage n'a pas d'argent, va t-il contester cet accord ? 

Question au Ministre de l'Éducation nationale : Najat Belkacem. Les classements relatifs à l'éducation montrent qu'on est de plus en plus mauvais en tout et on est les meilleurs dans l'augmentation des inégalités. Madame Belkacem, à quand la liberté des communautés éducatives plutot que des directives venues d'en haut et qui ne produisent rien de bon en matière d'éducation ? 

Question au Garde des sceaux : Christiane Taubira. On constate, partout dans le monde, un grave recul de la liberté d'expression sur le net (6). La France, qui aime combattre pour les Droits de l'Homme, va t-elle s'exprimer sur le sujet, et regarder sa position sur le sujet, ou bien va t-elle continuer à faire passer des lois qui permettent, par exemple, à des fonctionnaires de lire les mails des citoyens, sans contrôle d'un juge ? 

Question au Ministre des Finances : Michel Sapin. Quand allez-vous cesser de vous moquer du contribuable ? Depuis que Hollande a affirmé qu'il n'y aurait plus de nouveaux impôts, 6 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires ont été programmés ou confirmés (7). Les français n'en peuvent plus ! Quand allez-vous entamer la remise à plat de la fiscalité en France ?

Question au Ministère de la Fonction publique : Marylise Lebranchu. La classe politique tente de faire croire que le statut est consubstantiel à notre conception du service public, alors qu'il relève d'une simple contingence historique (8). Madame Lebranchu, à quand une remise en cause du statut des fonctionnaires ? 



Evidemment, ne parlons plus du vote du budget de l'Etat, il semble normal que l'on vote un budget dans lequel on dépense 1,20 euros pour 1 euro de taxes et impôts collectés, sans baisser de 20 centimes la dépense publique ...




(1) L'Opinion Que faut-il attendre du projet de loi Macron ? 8 décembre 2014




mercredi 26 novembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l' @AssembleeNat

Article 20 de la Constitution française
Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement
Article 24
Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. 
Article 48 
Une séance par semaine au moins [...] est réservée par priorité aux questions des membres du Parlement et aux réponses du Gouvernement.




Suggérons à nos députés quelques questions à poser au gouvernement, afin qu'ils en contrôlent effectivement l'action 



  • Question pour Manuel Valls, 1er ministre : Mr le Premier Ministre, vous dites être un grand républicain, un garant du vivre ensemble. Allez-vous vous exprimer et condamner les actes christianophobes qui jalonnent l'actualité (1), ou bien allez-vous considérer qu'il existe certains groupes religieux qui n'ont pas droit au respect, en France ? Le cas échéant, si vous préférez ne pas condamner, allez-vous enfin proposer de supprimer les lois Gayssot et Pleven qui portent atteinte à la liberté d'expression (2) ? 
  • Question pour Jean-Marie le Guen, ministre des relations avec le parlement : comment se fait-il que  vous n'ayez toujours pas signé la pétition de Contribuables Associés et la PPL visant à proposer l'inéligibilité des élus fraudeurs (3) ? Allez vous dire à Sylvie Andrieux, condamnée à de la prison ferme (4), à défaut de pouvoir la forcer à démissionner, que sa présence au sein de l'Assemblée Nationale, sur ces bancs, constituent une insulte à l'attachement à nos institutions, et que cette remarque est aussi bien valable pour Patrick Balkany ? Votre propre sous évaluation de votre patrimoine, de 700 000 euros, détectée par Médiapart (5), vous empêche t-elle de tenir un tel discours ? 
  • Question pour Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères : vous êtes assisté par un secrétaire d'État aux Affaires européennes, Harlem Désir. A quoi sert-il, puisque par définition, toutes les matières ministérielles françaises sont Européennes, étant donné que la France est un des 28 états membres de l'Union Européenne. Allez-vous proposer, par souci d'économie, de supprimer ce poste de secrétaire d'état aux affaires européennes ? 
  • Question pour Christiane Taubira, ministre de la justice : la France se targue d'être le pays des droits de l'homme et la gauche se targue, parait-il, de faire autrement que ces prédécesseurs. Cependant, le nombre d'arrestations ne baisse pas, et les prisons sont toujours aussi pleines. Allez-vous, plutôt que de commenter ce qui se passe aux Etats-Unis, faire en sorte que le pays des droits de l'homme traite ses prisonniers convenablement ? Quels sont les plans, à la fois, de construction de prison, de dépénalisation des délits les moins graves et de recherche de peines alternatives à la prison ? Quelle réforme de la comparution immédiate envisagez vous également ?
  • Question pour Jean-Yves le Drian, ministre de la défense : le Président de la République, en cohérence avec l'embargo sur les exportations vers la Russie, a décidé de suspendre la livraison de deux frégates à livrer à la Russie sine die (6). Quelles conséquences prévoyez-vous ? L'Ukraine sera t-elle à 2014 ce que la Serbie a été à 1914 ?
  • Question pour François Rebsamen, ministre du travail : Il parait que le débat ouvert par votre collègue Emmanuel Macron est clos (7). Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment, vous, vous arrivez à assurer vos fonctions de ministre du travail et de conseiller municipal de la ville de Dijon, en 35 heures par semaine ? 
  • Question pour Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur : après l'affaire du Tireur Fou, où le coupable, Abdelhakim Dehkar, était mû par des idéaux d'extrême gauche (8), après les violences de Nantes, où les "antifas" se sont illustrés, allez-vous, en cohérence avec des précédentes décisions de dissolutions de groupuscules d'extrême droite, demander la dissolution du NPA, de Lutte Ouvrière et autres groupuscules d'extrême gauche ? Ou bien considérez-vous, à juste titre, que dissoudre un groupe ne fait pas disparaître des idées, et que, du coup, Manuel Valls a eu tort de dissoudre l'Oeuvre Française et les Jeunesses Nationalistes suite à l'affaire Méric ? 
  • Question pour Pascale Boistard, la secrétaire d'État aux Droits des femmes : le Parti Socialiste, malgré l' affaire Jacques Maheas (9), malgré l'affaire Yacine Chaouat (10), se veut le parti qui protège l'intégrité physique et morale des femmes et respecte les gens en général. Or, on apprend que, selon le Point (11), vous êtes mise en cause pour harcèlement. Considérez-vous que vous êtes toujours légitime dans l'exercice de vos fonctions ministérielles, ou alors allez-vous porter plainte en diffamation contre Le Point et la jeune femme qui vous accuse ? 
  • Question pour Michel Sapin, ministre des finances : pouvez-vous confirmer que les français, écrasés par les impôts, doivent, contre leur gré, financer toujours plus des syndicats toujours moins représentatifs ? (12) Le Parti Libéral Démocrate le rappelle (13), les salariés refuseraient, si on le leur demandait, de payer une cotisation supplémentaire pour financer les syndicats !
  • Question pour Najat Belkacem, ministre de l'éducation nationale : Madame la ministre, une de vos collègues s'est récemment illustrée en notant qu'elle n'avait pas le temps de lire. Oserions nous vous recommander de prendre le temps de parcourir "Virage européen ou mirage républicain" de Nelly Guet (14), afin de réfléchir à un avenir pour une éducation dont le caractère méritocratique est désormais clairement une fiction ? 



Tout ceci fait parti des sujets dont on aimerait entendre plus parler. Mais non, vous verrez que les députés discuteront des chiffres truqués de la délinquance, du barrage de Sivens, un sujet local, ou de telle ou telle subvention. Après tout, les vrais sujets, l'équilibre budgétaire, le bon fonctionnement des missions régaliennes de l'Etat, l'égalité devant la justice et le respect des libertés civiles sont des questions de second ordre ...




(4) Le Monde La députée Sylvie Andrieux condamnée en appel 23 septembre 2014
(12) Le Point Sapin : les syndicats lui disent merci ! 26 novembre 2014 
(13) Parti Libéral Démocrate Refusons la rente syndicale 26 novembre 2014

mardi 4 novembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l' @AssembleeNat

Vous le savez, le parlement, à commencer par l'Assemblée Nationale, a deux missions essentielles : voter le budget, et contrôler l'action du gouvernement. 
Pour cela, les députés ont plusieurs outils à leur disposition, dont la pratique des questions au gouvernement, diffusées le mardi et le mercredi. 

Hélas, il y a des questions qui ne sortent jamais. En voici quelques unes.

Question de la majorité  

Pause fiscale : il semblait que chaque député avait constaté la nécessité d’arrêter avec cette avalanche de taxes et d’impôts (1). Allons nous voter à l'unanimité contre ce projet de surtaxe sur les résidences secondaires (2) qui, rappelons le, sont déjà soumises à la taxe foncière ? 

Santé mentale des ministres : Le 28 août 2014, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve déclarait être opposé à l'ouverture d'un centre pour migrants à Calais. Le lundi 3 novembre 2014, Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, entérinait la mise en place d'un centre d'accueil de jour pour les migrants de Calais.
En 2011, Manuel Valls était totalement favorable à la GPA. En 2014, il y était totalement opposé.
En 2009, Ségolène Royal votait oui au Grenelle de l'environnement et à l'écotaxe, en 2014, elle trouvait le dispositif idiot.
Faut-il demander aux personnes susceptibles d'être recrutées à des fonctions ministérielles de se soumettre à des tests psychologiques afin de détecter de possibles cas de schizophrénie ?

Guerre au Mali : la semaine dernière, un jeune soldat français est mort au Mali. La même semaine, un incendie a ravagé quelques étages d'un bâtiment de bureau à Paris, la maison de Radio France. Le Président Hollande a choisi de rendre hommage à l'action des pompiers qui ont éteint l'incendie de Radio France. Y aura t-il un tweet d'hommage à ce soldat décédé au Mali ? 
Sur la guerre au Mali, lancée en vertu d'une interprétation assez personnelle de l'article 50 de la charte des Nations Unies, quel est le calendrier de retrait ? 

Police : le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, et à ce titre responsable des opérations de la police, peut-il certifier, les yeux dans les yeux, qu'aucun policier n'est jamais employé pour faire de la provication dans les manifestations ? Et puisque tel est le cas, nous n'en doutons pas, quelles suites Bernard Cazeneuve compte t-il donner aux propos d'Olivier Besancenot (3) qui dénigre notre belle police républicaine ? Va t-il porter plainte ? 

Liberté sociale : chers collègues députés, nous sommes tous certains du fait que les français adhèrent à ce que nous nommons le pacte républicain, et qu'ils sont d'accord avec le contrat social. Dans ce cas, quel risque y a t-il à organiser un référendum sur le monopole de la Sécurité Sociale (4) ? Demander aux français s'ils préféreraient toucher leur salaire complet (5) et s'assurer eux-mêmes, ou s'ils préfèrent le statu quo, ne peut-il que déboucher sur la réponse du statu quo, si les français sont attachés au système social à la française ? 

La question de l'héritage : Chers collègues de la majorité, nous reprochons suffisamment à la précédente majorité UMP et UDI ce que nous appelons le bilan. Nous sommes pourtant en situation d'en corriger certains aspects. Par exemple, nous ne nous sommes pas privés de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires. En revanche, nous ne sommes pas revenus sur l'extension du champ d'application du secret défense décidée par la précédente majorité. Qu'attendons-nous ?

Libertés civiles et individuelles : Chers collègues socialistes, nos concitoyens n'attendaient pas grand chose de nous en matière économique. Contrairement au Président Hollande, ils avaient remarqué qu'il y avait une crise. En revanche, ils avaient voté pour nous aussi pour revenir sur les excès du sarkozysme, notamment en matières de libertés. 
Le garde des sceaux, Madame Taubira, peut-elle informer la représentation nationale sur les points suivants : 
  • les tests ADN pour des faits qui ne relèvent ni du terrorisme ni de viols vont-ils être supprimés ? 
  • Y a t-il eu un coup d'arrêt à la multiplication des gardes-à-vue (562.083 gardes-à-vue en 2007 contre 336.718 en 2001)
  • Va t-on soulager les prisons, surpeuplées, en libérant les personnes qui n'ont rien à y faire, comme les consommateurs et les revendeurs de drogue ?
  • Avons-nous mis fin à la pratique des préfets mutés
  • Les fichiers Edvirsp. ex Edvige, Chistina, base nationale identifiant élève et Eloi ont-ils été supprimés ?  
Tous ces points, chers collègues socialistes, ne sont pas fantasmés. Nous avions écrit un livre la dessus (6) ! Libération (7) et Médiapart en avaient parlé ! Qu'attendons nous ? 




Questions de l'opposition

Violences à Nantes : Mr Cazeneuve, les actes de violences commis par des groupuscules d'extrême gauche, ces derniers jours, en écho à la mort d'un manifestant dans le Tarn, ont entraîné 34 arrestations à Nantes et Toulouse. En comparaison, la Manif Pour Tous a vu en 3 mois, 702 arrestations sans qu'aucun débordement durant les manifestations n'eut lieu. Mr Cazeneuve, pouvez-vous nous rappeler les motifs d'interpellation de manifestants par la police ? Allez-vous remettre votre démission au Premier Ministre, aussi bien du fait de la mort de Rémi Fraisse que de votre incapacité à garantir la protection des biens et des personnes, à Nantes ?

EDF : Madame Royal, le 19 juin dernier, vous annonciez, sans concertation avec Matignon, l'annulation de la hausse des prix d'EDF (prix qui, au final, ont quand même augmenté de 2% le 1er novembre). Ce faisant, vous provoquiez une chute du cours d'EDF de 10%. Or, certaines personnes étaient, d'après un certain nombre d'observateurs du monde de la finance, bien préparées à vos déclarations intempestives puisque les puts sur EDF (strikes 25/27 EUR Échéance 20/06) ont alors explosé, en totale déconnexion du reste de la cote : +590 à +3450% .. grâce à votre annonce. Y a t-il eu délit d'initié (8) ?  Pouvez-vous, Madame Royal, nous tenir informé sur une éventuelle enquête au sein de vos services et de votre réseau relationnel ainsi que des démarches que l'Autorité des Marchés Financiers n'aura pas manqué d'entreprendre ? 

Démission du Président de la République : François Hollande disait en 2006 :"«Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour cinq ans dont il y aurait rien à changer au cours de la mandature. Je pense qu'il y a forcément un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature.".» et "«[...] Si, d'aventure, à l'occasion de la vérification démocratique que j'évoquais, une crise profonde se produisait ou des élections législatives intervenaient, contredisant l'élection présidentielle, nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence."» (9).
Chers collègues, ne devrions nous pas, dans le respect de la séparation des pouvoirs mais au vu des sondages actuels, entamer une procédure de destitution du Président de la République, puisqu'il n'a pas encore envisagé la démission précédée d'une dissolution ?

Ras le bol fiscal : deux députés socialistes suggèrent de taxer les sites web de petites annonces immobilières au titre d'un virtuel "manque à gagner en terme de TVA pour l'Etat". Suggèrent-ils aussi de taxer : 
  • les propriétaires de jardin qui font pousser leurs légumes (concurrence déloyale vis a vis des maraîchers et absence de TVA)
  • les marcheurs et autres usagers de vélo (concurrence déloyale vis a vis des transports en commun et absence de TVA)


Education : au vu de la #QAG écrite posée par notre collègue Sylviane Bulteau, qui suggère de taxer les sites web de petites annonces immobilières au titre d'un virtuel "manque à gagner en terme de TVA pour l'Etat" (10), pourrions nous suggérer à l'ensemble de cette assemblée la lecture de la pétition des marchands de chandelles (11), rédigée par Frédéric Bastiat, un député libéral, qui siégeait à gauche, en 1845, et qui est toujours d'actualité ?




(4) Le Parisien Libéral Idée de référendum (qui ne sera jamais proposé) 18 février 2012
(5) Wilikibéral Salaire complet
(10) Contrepoints Sylviane Bulteau 

lundi 10 mars 2014

Les opposants au PS doivent cesser leur allégeance aux valeurs "républicaines"

Le parti socialiste est au pouvoir. Démocratiquement élus ou nommés dans le cadre des dispositions prévues par la constitution de la Veme République, des socialistes sont à l'Elysée, à Matignon, à la Défense, à l'Intérieur, à la tête des villes de Paris, Lille, Lyon, Nantes, à la tête de 21 régions sur 22, dans une majorité de départements ainsi qu'à la tête de nombreuses agences para publiques, de préfectures et de rectorats.

Peut-on parler d'un véritable état PS ? Oui pour Challenges (1) et Valeurs Actuelles, par exemple. 

Mais jusqu'ici, tout est normal, c'est le jeu de la démocratie. En France, les élections sont libres et les citoyens ont fait leur choix, parfois par défaut (le Président Hollande), parfois avec enthousiasme.

Ce qui est par contre très fort avec le PS au pouvoir, c'est aussi le fait de forcer la droite à mesurer son discours à l'aune de son allégeance aux "valeurs républicaines". 

On sait tous ce que sont les valeurs républicaines, théoriquement. Elles sont contenues dans la devise de la République : liberté, égalité, fraternité, ainsi que dans le préambule de la constitution. Mais à ces valeurs héritées de 1789, la vie politique récente a rajouté quelques éléments comme la laïcité ou le consentement à payer toujours plus d’impôts sans poser de questions.

Au même moment, la gauche socialiste a préempté les valeurs républicaines et a réussi à imposer à ses opposants son discours.
Ainsi, une Une de Valeurs Actuelle titrant "Roms, l'overdose", est qualifiée d'anti-républicaine par le Parti Socialiste (3) alors que ce même PS au pouvoir expulse autant de Roms que son prédécesseur (4). Le Parti Socialiste veut "Révéler l'imposture du FN et combattre son projet antirépublicain" (5) alors que le FN est au contraire ultra républicain (6) et joue le jeu de la démocratie représentative, à la différence des mouvements à la droite de l'extrême droite. 
Le Parti Socialiste affirme que qu'être contre le remboursement de l'avortement, c'est être anti-républicain (7), alors que la situation issue de la loi Veil était un équilibre qui satisfaisait tout le monde, jusqu'ici (8).
Pour Bernard Cazeneuve, l'impot participe au pacte républicain (9) mais néanmoins on adopte une niche fiscale pour la presse en ligne. 
Les revendications autonomistes des Bonnets Rouges ? Anti républicaines ! La demande par 700.000 citoyens français d'un référendum ? Anti-républicain ! La critique du président de la République ? Anti-républicaine ! 

Dans ce contexte, puisque le PS a pris l'avantage, par rapport à l'UMP, sur la course au toujours plus d'Etat, toujours plus de loi, toujours plus d'impots, et puisque le PS a préempté les causes telles que la lutte contre l'homophobie (paradoxalement, par le biais de thèses essentialistes), la droite n'a pas d'autre choix que de cesser son allégeance aux valeurs "républicaines". Si les centristes ou les conservateurs veulent revenir au pouvoir un jour, cela ne se fera jamais sur le terrain occupé par les socialistes. NKM, par exemple, à Paris, le constate bien. Alors que la députée de l'Essonne et candidate à la mairie de Paris est à titre personnel manifestement totalement ouverte aux problématiques des militants LGBT, ces mêmes militants lui reprochent de l’ambiguïté et préfèrent finalement l'original Hidalgo à la copie, dans la presse du moins (voyons ce que cela donnera sur le plan électoral dans 2 semaines).

C'est pourquoi, même si cela a été dit de manière maladroite, il faut "saluer" l'initiative de Christine Boutin qui a osé dire à Anne Hidalgo que les barrières entre la droite et l'extrême droite étaient tombées. Cette initiative n'est pas positive, dans le sens où les sympathisants de droite ne se reconnaissent pas d'une manière ou d'une autre dans les thèses du FN. C'est juste qu'ils en ont assez de se voir dicter leur agenda par des personnnes qui ne les trouveront de toutes façons jamais assez proches de l'idéal PS et, qui plus est, sont alliées à l'extrême gauche, à Paris notamment (alliance entre le PS d'Anne Hidalgo et le PCF de Ian Brossat). Pourquoi accepter des leçons de gens associés à des communistes ? Etant donné que la vie politique est toujours ramenée au bipartisme, et que la gauche est alliée à l'extrême gauche, alors il n'y a pas d'autre choix pour la droite que d'être alliée à l'extrême droite. 

Evidemment, la solution idéale serait que, comme chez nos voisins, il y ait 5 forces politiques clairement distinctes :


  • les ultra étatistes de gauche (die Linke, Front de Gauche)
  • les sociaux démocrates, la gauche qui refuse toute alliance avec les héritiers de Marx (SPD, Labour)
  • les centristes, libéraux démocrates, fédéralistes (UDI, LibDem, FDP)
  • les conservateurs (CDU, Conservatives)
  • les ultra étatistes de droite (FN)
Mais cela n'existe pas. La presse ramène la vie politique à un affrontement gauche/droite PS/UMP.

Dommage que Copé soit à la tête de l'UMP. Il a réussi l’exploit de :

  • ni de mener de réflexion sur le sarkozysme, ce socialisme de droite
  • ni de créer une alternative idéologique aux valeurs républicaines de la gauche
  • ne pas réussir à se départir des thèmes imposés par la gauche, au jour le jour
Oui, il est grand temps que l'UMP, l'UDI et les autres cessent leur allégeance aux valeurs "républicaines". Tous les jours, les citoyens peuvent constater par eux mêmes que :

  • la République de Valls, Ayrault, Hollande, Taubira et Belkacem s'oppose à la démocratie (arrestations arbitraires, deux poids deux mesures, violence policière etc)
  • nous avons pour voisins des démocraties non républicaines (Espagne, Royaume Uni, Pays Bas, Belgique, Luxembourg, Suède)

La France souffre de ce consensus autour des "valeurs républicaines".

Est-ce que l'actuelle opposition veut représenter une alternative au PS, ou bien préfèrent-ils voir la situation actuelle (50% d'abstentionnistes et émergence de mouvements post politiques) se prolonger ? 

En réalité, le vrai problème est que l'UMP, n'est qu'un courant supplémentaire du PS. Même l'option bipartisane, qui est déjà un problème, est incomplète en France, alors que face aux valeurs républicaines du PS, l'UMP (ou l'UDI, si l'UMP ne veut pas faire ce travail) pourrait dégainer des valeurs démocrates. 
Par un curieux truchement de l'histoire, aux Etats Unis, la "gauche", c'est le parti démocrate, et la droite, le parti républicain. Comme quoi ...



(1) Challenges Rectorats, préfectures, ... L'Etat PS 26 février 2014
(2) Valeurs Actuelles Dossier. Enquête sur l’État PS 21 février 2014
(3) Le Figaro Le PS dénonce la une de Valeurs actuelles 21 août 2013