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jeudi 26 novembre 2015

Pavoiser aux couleurs Bleu Blanc Rouge, en hommage aux victimes du 13 nov 2015 ?

De manière assez surprenante, qui montre qu'en politique, il n'y a pas vraiment de limites au cynisme et à la récupération, le président Hollande a appelé les français à pavoiser aux couleurs du drapeau national (1), à l'occasion de l'hommage qui sera rendu aux victimes des attentats parisiens du 13 novembre 2015. 
Le zèle avec lequel les propagandistes de la Hollandie (2) défendent une telle idée fait partie du sketch, mais évidement, cela ne trompe pas tout le monde (3). Le retournement de veste a t-il des limites ? 

On peut parler de récupération car les français n'ont pas attendu le chef de l'Etat pour pavoiser, en témoigne le mouvement spontané sur Facebook (4). On peut également évoquer la surprise car jusqu'à il y a quelques semaines, afficher un drapeau bleu blanc rouge était perçu de manière assez sulfureuse et provocatrice. On a en mémoire les qualificatifs usés par les socialistes en ce qui concerne le meeting de Sarkozy au Trocadero le 1er mai 2012 ou toutes les réticences que le drapeau Bleu Blanc Rouge suscite toujours à gauche et à l'extrême gauche (5). 

Qui plus est, il n'est même pas certain que cette demande présidentielle soit pertinente. En effet, comme l'écrit Michel Schiffres dans l'Opinion, quel sens y a t-il à pavoiser (6) ? Que fêtons nous ? Nos drapeaux en devraient-ils pas plutôt être en berne ? 

Enfin, il y a quelque chose d'indécent, de la part du chef de l'Etat, à se prévaloir d'un patriotisme des plus rigoureux quand, dans le même temps, il reproche à l'Union Européenne (7) de ne pas s'impliquer assez dans nos guerres (8), comme les guerres que Valls et Hollande ont décidé seuls (le Mali par exemple), sans en référer au préalable à nos 27 partenaires au sein de l'UE.





Alors, s'il y a des couleurs à afficher demain, ne seraient-ce pas celles de l'Union Européenne, et de préférence, en berne ?






(2) Bruno Roger-Petit / Challenges Quand Hollande rend à la gauche le drapeau tricolore pris par Sarkozy et le FN 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Pavoiser vraiment ? 25 novembre 2015


mercredi 25 novembre 2015

"#FN#PS" : Hollande ne va t-il pas "un peu" trop loin ...?

Est-ce que les militants PS (mais aussi, de manière surprenante, certains centristes) qui soutiennent les récentes décisions du FN Président de la République ont noté que Marion Maréchal le Pen a dit " Le président de la République « nous a surpris, partiellement positivement, il faut bien l'avouer, parce qu'il y a eu des inflexions positives »"  (1) ?
Reprenons un peu certaine des dernières idées de celui qui a été élu du fait, notamment, de la droitisation de Sarkozy :


Drapeau tricolore





Immigration





Déchéance de nationalité




Fermer des mosquées salafistes




Etat d'urgence et suspension de la Constitution

No comment ... Il parait que le FN est un danger pour la démocratie.
En attendant, qui s'assoie sur la séparation des pouvoirs et demande de valider une loi qui pourrait manifestement être inconstitutionnelle ?





Schengen et frontières nationales







Si vous êtes un nationaliste et/ou un socialiste, il n'y a plus d'obstacle au vote Marine le Pen : François Hollande approuve ses idées et en met en oeuvre quelques unes. 
En revanche, si ces valeurs ne sont pas les vôtres, alors il faudra en tenir compte pour les prochaines élections, régionales comme présidentielles, en élisant des libéraux démocrates assumés, comme la plateforme centriste Aux Urnes Citoyens., afin de sanctionner ces girouettes qui n'ont aucunes convictions de fond. 



(1)  Le Point Marion Maréchal-Le Pen : "Hollande nous a surpris" 22 novembre 2015

mercredi 7 octobre 2015

Air France : Marion Maréchal le Pen n'a rien compris à la notion d'Etat nounou

Quelle surprise de lire dans le Parisien d'hier le résumé d'une intervention de Marion Maréchal-Le Pen (Front National). Ça partait bien : elle explique qu'elle veut moins d'"Etat-nounou", plus "d'Etat régalien". 
Ces notions, moins d'Etat-nounou" et plus "d'Etat régalien, les libéraux ne les renieraient pas. 
En effet, un des problèmes de notre pays, c'est qu'on a un Etat qui s'occupe de tout (de la couleur des gommes à la largeur des allées des hypermarchés (3), la liste est longue ...(4) ) sauf de l'essentiel (une police qui protège les citoyens sans abus d'autorité, une justice rapide et séparée du politique, une armée aux missions claires et aux moyens avérés et une diplomatie efficace). 

Mais ensuite, la députée FN nous explique qu'il "faut garder une grande compagnie aérienne publique", que Air France est "un patrimoine" mais "l'Etat français est actionnaire d'Air France mais il n'a pas joué son rôle d'Etat stratège." Il parait même qu"on abandonne clairement une entreprise qui pourrait être bénéficiaire" (quasiment les mêmes propos, dans l'idée, qu'Olivier Besancenot, qui a déclaré sur BFM TV qu'Air France va bien).



Et la, on comprend que pour Marion Maréchal le Pen, l'Etat régalien, c'est un peu à géométrie variable. Elle n'est pas la seule ... combien de fois entend-on, de la part de députés de gauche ou de "droite", que tel ou tel produit (de l'agriculture au livre, en passant par la culture, l'eau, le médicament)  n'est "pas un produit comme les autres" ? 

Alors, quelques rappels, d'abord sur Air France. 
Si cette compagnie a des problèmes, c'est d'abord de la faute de son personnel. Rappelez-vous, l'année dernière, la grève suicidaire de ses pilotes kamikazes (5)  !




Ensuite, c'est justement parce que l'Etat, cet investisseur schizophrène, est au capital d'Air France, que les problèmes sont aggravés (6)
A ce titre, on se demande bien de quoi se mêle Manuel Valls. C'est vrai que les images du DRH quasi lynché par les salariés peuvent porter un sacré coup à l'image de la France. Mais le Premier Ministre n'a t-il pas d'autres dossiers plus urgents à traiter (inversion de la courbe du chômage, déficits publique, dette hors de contrôle, guerres Bushistes en Afrique, surpopulation carcérale ...).

L'urgence, tant financière du point de vue de l'Etat, que managériale du point de vue d'Air France, c'est que Bercy vende ses titres et privatise enfin cette compagnie aérienne.

Reprenons l'histoire d'Air France, et notamment les récentes négociations avec les syndicats (7). Comment voulez-vous que l'Etat soutienne le management tout en voulant ménager les syndicats et, cerise sur le gâteau, pousser les pions de la SNCF qui, sur certaines destinations, entre en concurrence directe avec Air France (Paris Marseille, Paris Strasbourg, Paris Londres) ? En finir avec l'Etat-nounou, c'est pas tenir une perche au bord du bassin de la piscine. C'est laisser le gamin se jeter à l'eau pour qu'il nage par lui-même.
Egalement publié sur Agoravox
En matière de volonté d'en finir avec l'Etat-nounou, il y avait une politicienne qui avait clairement fixé le cap. Elle s'appelait Margaret Thatcher (8).
Aujourd'hui, British Airways est privatisée, et cela ne l’empêche pas d'emmener un peu des valeurs britanniques dans les airs à chaque fois qu'un de ses avions décolle, quelque part dans le monde. La privatisation et l'ouverture à la concurrence n'ont pas donné un coup d'arrêt au transport aérien au Royaume Uni, au contraire. Chacun a en tête les succès de l'irlandais Ryanair ou de l'anglais Easyjet, ou encore de Virgin Atlantic.




On ne peut pas vouloir moins d'Etat-nounou et vouloir garder dans le giron de l'Etat un actif qui n'a rien à y faire. En quoi Air France KLM répond à la définition de service public régalien ?

Comme quoi, il n'y a pas de surprise. Que l'on parle des chevenementistes type Florian Philippot ou des conservateurs comme Marion Maréchal le Pen, le FN est bel et bien un énieme parti socialiste de plus ... ! Ce n'est donc pas avec ce parti qu'on sortira de la grande nurserie.
Et évidemment, si Marion Maréchal le Pen aime tant Air France que cela, elle est toujours libre d'acheter, avec son propre argent, des actions de cette compagnie !



(2) Wikiberal Etat-nounou
(3) le Point Les délires de l'État nounou 13 novembre 2013
(4) Contrepoints Etat Nounou
(5) Le Parisien Libéral Délaissez @airfrance pour mettre leurs pilotes irresponsables au chômage ! 30 septembre 2014
(6) L'Opinion L’Etat actionnaire, pompier pyromane chez Air France 6 octobre 2015
(7) Le blog de Nathalie MP Un peu d’histoire d’Air France
(8) The Guardian A short history of privatisation in the UK: 1979-2012 29 mars 2012


mardi 25 août 2015

Charles de Gaulle : "Paris libéré !"

Discours de l'Hôtel de Ville de Paris, 25 août 1944





"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.


Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France !"





On remercie évidemment les anglo-américains qui ont rendu cette libération possible. Tout à la joie de voir la capitale libérée de l'occupation nationale socialiste allemande, le général de Gaulle a "oublié" de mentionner le fait que les Alliés ont laissé la 2eme Division Blindée libérer Paris, qui n'était pas un objectif militaire mais symbolique et politique. Le travail, lui, a été fait entre le 6 juin 1944 et la fin juillet, dans le bocage Normand. L'art de la récupération ne date pas d'aujourd'hui ...!
Accordons toutefois à de Gaulle en 1944 d'avoir eu la clairvoyance nécessaire pour éviter une guerre civile. Reste à évaluer le prix de cette clairvoyance ...Nous payons en 2015 les dommages collatéraux du programme du Conseil National de la Résistance.

Toutefois, puisqu'en ce 25 août, jour de la Saint Louis, nous fêtons la libération de Paris, souvenons nous avant tout du sacrifice de toutes les personnes qui ont rendu ce discours "Paris Libéré" possible !

mercredi 29 juillet 2015

Beigbeider coupe les ponts avec les libéraux


L'ancien membre du Parti Radical puis de l'UMP n'aurait donc aucun état d'âme à soutenir Marxine le Pen ? 
Pour soutenir le programme économique d'extrême gauche du Front National (1), il faut vraiment ne plus savoir où on en est. 

Que les questions sociétales importent à certains, nul ne saurait le reprocher, pas plus qu'on ne saurait critiquer outre mesure les positions authentiquement conservatrices (et non pas libérales) que défendent des gens comme Charles Beigbeider mais aussi François Fillon ou Marion Maréchal le Pen. Mais qu'ils ne s'y trompent pas : le national socialisme n'est pas un conservatisme, c'est bien un socialisme. Quand bien même Marxine le Pen aurait pris ses distances avec son père, au profit du programme ultra étatiste et chevenementiste de Florian Philippot, en réalité, on ne sait pas ce qu'elle pense sur le sujet, comme en atteste son absence totale de communication sur la Manif Pour Tous (2)  (à la différence de sa nièce). 

On peut aussi comprendre le concept selon lequel le Parti Socialiste étant régulièrement associé aux extrémistes de gauche du Front de Gauche (Hollande élu avec les voix de l'extrémiste Mélenchon, ou Anne Hidalgo qui gère Paris avec les communistes), il faudrait envisager des ponts entre le Front National et les Républicains. Mais la encore, il y a de gros bémols : d'une part, le FN ne veut pas collaborer avec les Républicains, il veut les tuer. D'autre part, les socialistes n'ont pas tellement eu à se forcer pour collaborer avec des communistes puisque c'est en réalité tout notre pays qui, depuis le programme du CNR, est influencé à divers niveaux par le communisme. 

Donc, n'avoir aucun état d’âme à soutenir Marxine le Pen, une personnalité volontairement floue sur les sujets sociétaux et dont la stratégie n'est pas exactement coopérative, c'est pour le moins osé. 

Quoi qu'il en soit, bon vent à Charles Beigbeider avec ses nouveaux amis !




vendredi 17 juillet 2015

Pourquoi il faut arrêter avec la repentance

Nous sommes le 17 juillet.

Il y a 73 ans (ce n'est pas si vieux, soixante-treize ans, il y a encore des témoins de cette époque en vie), la police française, de son propre chef, raflait des français, de confession juive, pour les mettre dans les trains à destination des camps d'extermination des nationaux socialistes allemands. 


A l'époque, un doute pouvait subsister sur la destination finale des convois, puisque la réalité des camps était encore inconnue. En revanche que les autorités françaises aient agi par pur antisémitisme, une opinion répandue et légale à l'époque, ne fait aucun doute. Depuis, et parce que 1945 est passé par là, avec la découverte de l'ampleur du processus d'assassinat de masse de gens parce que de telle religion, la France a eu deux attitudes. 


Dans un premier temps, la France s'est dissociée de ces crimes, en arguant du fait que Vichy, ce n'était pas la France, et que de toute façons, la France ne s'excuse pas de son histoire. C'était la position de Mitterrand. Puis, dans un second temps, avec Chirac, on a admis l'idée que, même si Vichy, ce n'était pas la France, il fallait quand même que la Veme République endosse les crimes commis par la police nationale en 1942. Mais surtout, la Shoah a fait l'objet de réparations, financières notamment, comme on l'a encore vu avec l'exemple de la SNCF qui a choisi de verser de l'argent à des victimes américaines (1). 

Pourtant, il n'est pas certain que d'assortir la reconnaissance de certains génocides de compensations financières soit une bonne idée. 

D'une part, le préjudice de la Shoah, comme de tout génocide, est incalculable. Au delà des biens appartenant à des juifs qui furent "aryanisés", comment calculer de manière réaliste le cout d'une vie gâchée, voire détruite ? Comment évaluer, des années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui aurait du être, à la place que ce qui fut ? 

D'autre part, l'argent n'achète pas tout. Dans le cas spécifique de la SNCF, on peut même parler de dépense qui n'aidera pas l'entreprise. Si des stakeholders influents dans le processus de décision des transports aux Etats-Unis estiment qu'in fine, la SNCF de 2015, ses hommes, ses femmes, restent comptables des actes commis par leurs prédécesseurs, pourquoi voulez-vous que 60 millions de dollars effacent quoi que ce soit ? De toutes façons, la réussite économique d'Hugo Boss (fournisseur d'uniformes de l'armée allemande et du parti national socialiste) ou de BMW montrent qu'une telle tache n'est manifestement pas un obstacle au commerce. 

Enfin, la repentance et les réparations laissent l'impression d'un traitement à géométrie variable des crimes. Or, l'idée du deux poids deux mesures est précisément l'un des facteurs qui alimente le ressentiment (2) de certains. Est-ce que les français de 2015 ont à payer, moralement ou financièrement, pour la Shoah, le Rwanda (3) ou le génocide Camerounais (4) ?  Pourquoi continuer à alimenter la fort logique concurrence victimaire ? 

Avoir une réponse claire, cohérente et définitive à cette question permettait aussi au président Hollande d'éviter les "maladresses" quand il parle de la "dette" de la France envers Haiti (5) ou encore à Fabius de pouvoir reprendre les propos de bon sens de la députée Européenne Sylvie Goulard, en disant une fois pour toute à Alexis Tsipras que la Grèce, membre de l'UE, n'est pas fondée à demander des réparations à l'Allemagne, membre de l'UE .


Grèce, Allemagne : dette et paix par sgoulard




(2) Ligue des Droits de l'Homme L'antisémite Dieudonné condamné pour son hommage à Faurisson 27 octobre 2009

dimanche 9 novembre 2014

25 ans après la chute du Mur de Berlin

En 1919, 52 ans après qu'un historien allemand eut écrit que le capitalisme devra être remplacé par un mode de production fondé sur la propriété commune, des révolutionnaires inspirés par cette idée débutent l'expérience qui débouchera sur l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Pour l'idéologue et ses exégètes, pour sortir de la "lutte des classes" ("bourgeoisie" contre "prolétariat"),  la fin (l'horizon communiste) passe par une phase socialiste. C'est la trame du manifeste du Parti Communiste. Le but est de créer un "homme nouveau", débarrassé de ses "anciens déterminismes".

Parallèlement, en Italie, un ancien membre du Parti Socialiste Italien pousse le concept d'homme nouveau jusqu'au bout de sa logique (le fascisme). Ce leader italien inspire son alter égo autrichien, membre du Parti National Socialiste des Ouvriers Allemands. En URSS aussi, on précipite l'expérience, en évitant le débat (fin de la démocratie) et en faisant comprendre, de force, ce que les gens doivent faire (kolkhozes agricoles par exemple). 

On peut donc dire que, le socialisme, c'est un homme ou un groupe qui, sous prétexte de mieux savoir que les gens ce qui est bon pour eux, mettent en place un système coercitif et répressif afin que les objectifs globaux soient atteints. Aux anciens régimes antilibéraux (empires autoritaires, monarchies non démocratiques, etc), le socialisme ajoute donc le fait de se parer des couleurs du bien.

En 1939, le dirigeant de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), Joseph Staline, signe un pacte avec l'Allemagne National-Socialiste d'Adolf Hitler. C'est le pacte Germano Soviétique, approuvé par les communistes du Parti Communiste Français et du journal l'Humanité.
Ce pacte prévoyait notamment la répartition entre les deux puissances antilibérales des territoires tels que celui de la Pologne.

En 1945, l'Armée Rouge dirigée par Joseph Staline pérennise ses positions prises sur les nazis en Europe de l'Est, et met en place des régimes de "démocraties populaires", d'inspiration socialiste et pro soviétiques, dans les pays sous occupation, de la Bielorussie à la République Démocratique Allemande (Allemagne de l'Est). Les partis politiques sont supprimés et réprimés, mais c'est pour le bien de tous. Et surtout, la liberté de circuler est supprimée. C'est une constante dans les dictatures : les dirigeants ne veulent pas que les citoyens partent. 

Spécifiquement, en Allemagne, non seulement les allemands de l'est n'avaient progressivement plus le droit d'aller s'installer en zone occupée par les Anglais, les Français et les Américains, mais dans Berlin également, il en fut de même. En 1961, les soviétiques emmurent les secteurs Anglais, Français et Américains afin d’empêcher les habitants de Berlin Est de fuir à l'ouest, et pour les faire rester dans le paradis socialiste. Ce système durera 28 ans. 
Paradoxalement, le coût de gestion des frontières est-allemandes (jusqu'à 2% du PIB durant les années 80) contribuera à la chute du bloc de l'est). 

En 1989, suite à une combinaison de désorganisation au sein de l'appareil politico-administratif de la RDA, de manifestations géantes à Leipzig, de l'action de Jean-Paul II et d’essoufflement de l'URSS dans sa course avec les Etats Unis, le Mur finit par tomber. 


Il y a plusieurs observations à tirer de l'échec, car c'est un échec, de la parenthèse des démocraties populaires en Europe de l'Est. 

Premièrement, les régimes socialistes, dirigistes, centralisés, ne marchent pas. Toutes les tentatives de diriger l'économie aboutissent au mieux à une pauvreté partagée, au pire à des graves pénuries. Dans le cas de la RDA, on dispose d'un cas d'école. Rappelons que la Prusse et Berlin ont été le théâtre d'un vrai développement, Berlin étant par exemple la première ville d'Europe à disposer d'un éclairage public électrique, pas Frankfurt ou Munich. Les destructions par bombardement massif des alliés, en 1944, ont de plus fait repartir l'Allemagne à zéro après la Seconde Guerre Mondiale. Or, en 1989, la différence technologique et économique entre l'est et l'ouest était gigantesque. Au niveau écologique également, l'écart était considérable (1). Alors que les véhicules ouest allemands étaient tous équipés de pots catalytiques en 1989, en Allemagne de l'Est, ce n'était pas le cas, loin de là. 

Deuxièmement, la démocratie libérale, bien qu'imparfaite, au même titre que la nature humaine, attire plus que les régimes socialistes. Ce qui est frappant, c'est, d'une part, que la RDA se soit sentie obligée d’empêcher sa population de fuir. Or, il n'y a aucun pays de la CEE de l'époque qui se soit doté d'un système équivalent, pas plus qu'il n'y a eu d'exode ou de tentative d'exode massif, entre 1945 et 1989, d'ouest vers l'est.
La leçon de 1989, c'est que les gens préfèrent, in fine, être libres. Aucun habitant de Hambourg n'a construit de tunnel ou de ballon pour fuir vers la RDA.

Troisièmement, la liberté reste un combat actuel, y compris et surtout dans les pays tels que la France ou les Etats-Unis. 
En effet, la RDA aurait rêvé d'avoir à sa disposition les moyens technologiques et légaux à la disposition de la France ou des US de 2014. Aux fiches cartons de l'époque répondent maintenant les fichiers de tout type qui traquent les citoyens sans que des organismes comme la CNIL aient leur mot à dire. Paranoïa ? Non, simplement, constatation que la technique de la grenouille plongée dans l'eau tiède fonctionne. On commence par dire, par exemple, que le FNAEG ne concerne que les violeurs, et au final, de simples manifestants doivent voir leur ADN fiché par l'Etat. 

En fait, parfois, on se demande si la démocratie libérale a vraiment gagné en 1989, ou si ce n'est pas l'étatisme qui a trouvé un compromis, partout dans le monde. Déjà, sur le seul plan économique, les pays vraiment libéraux sont rares. Il y a certainement la Suisse, les Pays Bas, Hong Kong, mais la France certainement pas, et les Etats Unis dans une certaine mesure, non plus. Ensuite, sur le plan des libertés civiles, c'est pire. Edward Snowden a beau être piégé, son message est passé.
Partout dans le monde, on sait que les gouvernements interviennent, interfèrent, fichent, traquent, taxent, imposent, surveillent, et ce en profitant du fait que nous nous éloignons de la démocratie directe. En France, à 57% du PIB qui passe par l'Etat, nous ne sommes pas encore aux 99,9% de la RDA, mais nous nous en inspirons, parce que le rêve de 99% de nos politiciens n'est pas de laisser les gens se débrouiller.

Enfin, sur le plan purement politicien, la différence de traitement médiatique, en France, entre une extrême gauche qui a une filiation directe avec les régimes socialistes d'Europe de l'Est, et l'extrême droite, est choquante.
Comment se fait-il que le hashtag #MoiMaGauche, lancé par le Parti Communiste, n'ait pas été massivement dénoncé par les journalistes, à l'image de la réaction qui aurait été déclenchée par un hashtag du type #MoiMonNationalSocialisme ? 



(1) Ecologie Libérale Chute du Mur de Berlin - 9 Novembre 1989 9 novembre 2011

jeudi 26 juin 2014

Le "grand capital apatride" en 2014 en France

En 2014, un député de l'Assemblée Nationale française peut se permettre d’utiliser l'expression "grand capital apatride" lors d'une question au gouvernement. Ce député, il s'appelle Jean-Jacques Candelier, il est communiste.



Déja, est ce normal que, 25 ans après la chute du mur de Berlin, il y ait encore des communistes en France ? Comment ces gens peuvent-ils oser se réclamer d'une idéologie mortifère qui a fait 100 millions de morts ? La question est posée. En plus, que pèsent-ils dans l'opinion ? Mais bon, les institutions et les règles du scrutin uninominal majoritaire à deux tours sont ce qu'elles sont. Les communistes sont 10 alors le Front National a seulement 2 élus, mais c'est comme ça. L'Assemblée Nationale n'a rien d'une représentation instantanée et proportionnelle de l'état de l'opinion du pays. La preuve : le PS est toujours majoritaire.

Ensuite, le député communiste Jean-Jacques Candelier a expliqué au Lab Europe 1 que son expression ne devait pas être prise dans son sens antisémite, qu'elle était "non connotée".
Est-ce que le député communiste Candelier dit vrai  quand il affirme qu'il a utilisé son expression sans connotation antisémite ? C'est  possible. Les communistes sont connus pour leur amnésie. La gauche et l'extrême gauche ont fourni de gros bataillons de collaborateurs, mais se disent ajourd'hui en lutte contre les idées qui ont amené l'Europe a souffrir du joug nazi. 
Mais si ce que dit le député Candelier est faux ? C'est possible aussi. Problème : cela soulève plusieurs questions, à commencer par celles  de la transmission et celles de la cohérence de la lutte anti extrême droite. Si le député Candelier, agé de 69 ans (encore un gauchiste qui veut la retraite à 60 ans sauf pour lui, un peu comme Martine Aubry, Jack Lang et d'autres), politicien professionnel, ignore que "grand capital apatride" est une expression que l'extrême droite utilise fréquemment, alors comment peut-il, lui et ses amis, passer son temps à nous vendre son école et sa république alors qu'on voit bien qu'elles ne transmettent rien du tout, même pas des cours d'histoire décents ? 

Certains diront : attention, en montant en épingle cette histoire de grand capital apatride, on retombe dans les travers de la repentance qui fait qu'en 2014, on ne peut rien dire parce qu'il y a 74 ans, des français, notamment la police française, ont préféré, par idéologie, envoyer des gens à la mort. C'est vrai que nous ne sommes pas responsables de ce qui s'est passé. Mais cela n’empêche pas de tirer des leçons de ce qui s'est passé et surtout d'identifier les coupables, à commencer par le nationalisme inhérent à toute idée socialiste.

Enfin, quelle réaction de la gauche aux propos du député Candelier ?

On a certes le choc des mots de Candelier mais surtout le poids des actions de Montebourg, félicité par Valls. En effet : si Jean-Jacques Candelier dénonce le "grand capital apatride", Montebourg, Eckert et autres passent, eux, leur temps à le combattre effectivement, en faisant tout pour que la France ne soit pas attractive. Ils transforment aussi le sens des mots, en donnant aux français l'illusion d'un droit divin à avoir des emplois, en utilisant trop fréquemment les expressions "nos entreprises" ou "nos emplois", dans une vision très soviétique de l'économie. Comme si les groupes du CAC 40 n'avaient pas de propriétaires, les actionnaires ? Quand une Polytechnicienne affirme que "je préfère que nos entreprises restent à capitaux français" (au lieu de démissionner et d'en créer une, d'entreprise) et que personne ne la reprend en demandant si elle voulait dire "je préfère que les entreprises incorporées en France soient détenues par des personnes  françaises", c'est infiniment plus dangereux car cela accrédite dans l'opinion, sur le long terme, l'idée qu'il y ait une sorte de propriété collective, de patrimoine commun. Etre en France ne signifie pas appartenir à la France et aux Français. Les 20 millions de logements situés en France appartiennent à des gens, leurs propriétaires, pas à la France. Et ces propriétaires peuvent aussi être du grand capital apatride. 

Accessoirement, la gauche, socialiste, communiste ou autre, est bien contentes quand ce grand capital apatride finance notre mode de vie à crédit. N'oublions pas que quand la SNCF ou la Sécurité Sociale vont à New York ou à Singapour pour vendre leurs obligations, c'est bien le grand capital apatride qu'elles vont draguer.

Préférence socialiste pour le capitalisme de connivence, nationalisme, crise de représentativité : la petite phrase du député communiste Candelier en ouvre des tiroirs !

Egalement publié sur Agoravox


Enfin, que n'aurait -on dit si c'était un député d'extrême droite qui avait utilisé cette expression ? Preuve supplémentaire est faite que extrême droite et extrême gauche, c'est le même combat.

Manuel Valls, au lieu de rire quand le député Candelier parle de grand capital apatride, ferait mieux de s'expliquer sur sa politique et sur sa complaisance vis a vis de l'extrême gauche.

Egalement publié sur Contrepoints

jeudi 6 juin 2013

Il y a 69 ans ...Souvenons nous de leur sacrifice !



Souvenons-nous du sacrifice de ces jeunes hommes débarqués du Nouveau Monde, ainsi que des forces françaises d'Afrique, venus libérer la France du joug national socialiste.