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samedi 1 août 2015

Droit de préemption : l’extrême gauche parisienne reine de la géométrie variable !

Ce qu'il  a de fascinant avec l'extrême gauche, dans la capitale ou ailleurs, c'est sa maitrise du double think (1). Quand on défend les valeurs extrémistes de gauche, il faut, dans un difficile exercice de novlangue, être capable d'accepter simultanément deux points de vue opposés et donc de rejeter le principe de non-contradiction.

Prenez, par exemple, le droit de propriété. Un enfant de deux ans sait très bien ce qu'est le droit de propriété : essayez un peu de reprendre un cadeau d'anniversaire ou un doudou. Ce droit, il a également été rappelé par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (2) : "Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité." Les juristes nous parlent du droit de propriété comme étant le droit d'user (usus), de profiter (fructus) et de disposer (abusus) d'une chose, d'en être le maître absolu et exclusif dans les conditions fixées par la loi.

Or, malgré le caractère "inviolable et sacré" du droit de propriété, régulièrement, des politiciens tentent d'en priver les citoyens, pour des raisons de "nécessité publique". Ces politiciens se recrutent le plus souvent à la gauche de la gauche (3), mais pas seulement . Or, ces politiciens ont d'autres valeurs, comme la volonté de faire du social" (au sens gauchiste du terme) qui peuvent rentrer en conflit avec un droit pourtant issu de 1789, la révolte du "tiers état" contre l'absolutisme. Du coup, attention, c'est la où ça se complique. Une personne d’extrême gauche, on ne peut pas lui demander de renoncer au droit de propriété dans n'importes quelles conditions :

  • Laisser les associés d'une SCOP de faire ce qu'il veulent de leur entreprise : bien (4)
  • Laisser un méchant patron de faire ce qu'il veut de son entreprise ? : pas bien (5)
  • La mairie de Paris consacre 140 millions d'euros : a priori, c'est bien (6)
  • La mairie de Paris use de son droit de propriétaire pour changer l'affectation de locaux : pas bien du tout dans certains cas !!

Ainsi, prenez l'affaire  du collectif Ramponeau, du nom de cette rue du XXeme arrondissement de la capitale, vers Belleville. C'est assez exemplaire. 



Le collectif explique très clairement l'objet de son courroux : la mairie de Paris, qui a préempté une ancienne usine en 2005 (en violant donc le droit de propriété de l'ancien propriétaire) et en est devenue propriétaire, choisit maintenant de changer à nouveau l'affectation des locaux. 


Comme il s'agit d'artistes qui bloguent via Mediapart (7), et non pas d'une petite vieille à la retraite en butte à une bande d'antifas, ici, pas de bad buzz, pas de procès en sorcellerie, pas d'accusation d'extrémisme de droite. 
Au contraire, un soutien bienveillant, pas d'Anne Hidalgo évidemment, ni de Ian Brossat, bien embeté, mais du reste de la nomenklatura parisienne, de Danielle Simonnet (Parti de Gauche) aux collègues de NKM (les Républicains) (8). 

Et au fait, pourquoi les socialo-communistes au pouvoir à la mairie de Paris préfèrent virer des artistes pour permettre à une auberge de jeunesse de s'installer ? C'est simple. Pour l'argent. Il faut bien financer toutes ces préemptions et ces HLM, surtout dans un contexte dans lequel la ville de Paris a, contrairement à l'opinion communément admise, un très gros problème de fuite de sièges sociaux d'entreprises  (9) et toutes les taxes qui vont avec ? 

Le collectif de la rue Ramponeau, qui, au vu des scores électoraux aux dernières municipales (10), est sans doute ok avec le point de vue de l’extrême gauche sur les préemptions, ne comprend t-il donc pas que le respect des principes constitutionnels ne saurait être subordonné à des contingences politiques de court terme, sous peine de vérifier deux maximes bien connues, à savoir "dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes" et "le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres" ?
Un enfant de deux ans pourrait presque dire : tel est pris qui croyait prendre !


(1) Wikipedia Double pensée (1984)
(3) Ian Brossat (Parti Communiste, mairie de Paris) préemption

samedi 7 mars 2015

Contrôle des sous-locations de HLM parisiens : hypocrite mais bienvenu !

25 ans après la chute du Mur de Berlin (1), il y a encore une extrême gauche communiste en France, et à Paris, capitale de la France, ces communistes collaborent avec le Parti Socialiste, celui qui donne des leçons anti extrémistes. C'est incroyable mais c'est ainsi ! Le Parti Socialiste peut s'allier aux communistes du FDG, par contre si l'UMP tentait ne serait-ce que d'envisager une collaboration avec les nationaux socialistes du FN ...

Cette collaboration PS-FDG se matérialise notamment par la présence de Ian Brossat aux cotés d'Anne Hidalgo, en tant qu'adjoint au logement. Ian Brossat, vous savez, c'est celui qui, sans doute inspiré par l'architecture et l'urbanisme soviétiques, aurait bien rasé le Sacré-Coeur, ça pose le personnage. 

Pourtant, l'executif parisien a pris une décision de bon sens cette semaine : lutter contre la sous-location de HLM. 


En effet, chacun comprend que l'existence même de HLM est un scandale : étant donné que le logement représente le premier poste de dépense de la plupart des ménages, pourquoi le contribuable devrait aider certains à se loger, tout en subissant un coût d'opportunité énorme et en contribuant à raréfier l'offre libre ? De plus, les HLM sont, on le sait, un instrument de clientélisme. 

Néanmoins, si on admet que ce scandale puisse exister, alors force est de constater que le scandale dans le scandale, la sous location de HLM, doit cesser. Il était en effet temps que la Mairie de Paris rappelle aux titulaires de baux HLM que sous-louer son HLM en cas de vacances,  déménagement ou de mutation professionnelle risque de coûter très cher aux occupants en titre (4) !
Mais en même temps, qui peut reprocher à des locataires de HLM de se comporter de la sorte ? Le logement est un bien rare et cher, et une fois qu'un HLM est attribué, il n'y a plus de contrôles. Les ministres et autres députés qui ont été logés dans un logement du parc social de la ville de Paris, de droite comme de gauche, UMP comme PS, en savent quelque chose !
Le contrôle des sous-locations de HLM parisiens est donc une bonne idée. Il se trouve néanmoins que exécutif parisien et sa majorité socialo-communiste est vraiment hypocrite pour le coup. En effet, comme le rappelle l'élu d'opposition Pierre-Yves Bournazel (UMP), Ian Brossat jugeait, il y a peu de temps, le phénomène de sous-location "marginal" et qu'il n'y avait pas lieu de prendre des mesures. 


C'était le 1er octobre 2014 que la majorité socialo-communiste n'était pas inquiète (5) !

Il y avait beau y avoir les petites annonces, voire les récits que tous les parisiens peuvent entendre, dans leur entourage, de locataires de HLM, bénéficiaires de minima sociaux, qui n'habitent carrément plus dans la capitale mais ont transformé leur bail en business rentable, mais non, la majorité ne voulait rien entendre, ou plus exactement, elle refusait l'idée que l'opposition puisse formuler une remarque de bon sens. 

Au delà même du fond de l'affaire et de l'opportunité à faire le ménage, est-ce que les politiciens, de droite comme de gauche, peuvent comprendre que les français sont fatigués par leur cynisme et leur capacité à avoir des vérités successives, fonction de leur situation personnelle, dans l'opposition ou au pouvoir ? 

Anne Hidalgo peut-elle, par exemple, comprendre qu'il est inélégant, pour ne pas dire méprisable de rejeter l'idée qu'il faille faire des économies quand c'est Charles Beigbeider ou NKM qui le disaient (timidement, du bon des lèvres) puis reprendre cette idée à son compte quand il s'agit de voter un budget (6) ? 
A ce petit jeu de vérités à géométrie variable, le PS est champion, Hollande a montré l'exemple en 2012, même si l'UMP est quasiment ex-æquo. L’honnêteté intellectuelle semble définitivement interdite de séjour dans le débat politique ...

Il y a quand même un fait qui lui, demeure intangible, invariable, quelle que soit la couleur de la majorité : il n'est pas question de réduire l'emprise de l'Etat et du secteur public sur la vie des gens, et de ramener un peu de mécanismes de marchés dans des secteurs aussi soviétisés que le logement, pour ne prendre que cet exemple. Après tout, c'est pas cher, c'est l'Etat qui paye ! Et qu'on ne vienne pas nous dire qu'il faut bien que l'Etat l'occupe du logement car c'est un bien essentiel. Que l'on sache, se nourrir est encore plus vital pour l'Homme que d'avoir un toit. Pourtant, il ne viendrait à l'idée de personne, pas même des socialistes, de vouloir nationaliser Danone, Carrefour, Michel & Augustin ou Monoprix pour s'assurer que tout le monde ait de quoi manger ! De la à ce qu'un politicien dise les choses clairement, à savoir le fait que chacun devrait habiter là ou ses moyens lui permettent de louer ...

Le fait reste qu'il ne devrait pas y avoir de contrôle des sous-locations de HLM parisiens, tout simplement parce qu'il ne devrait pas y avoir de HLM tout simplement !




(3) Ville de Paris Paris lutte contre la sous-location des HLM 2 mars 2015. 
(4) Le Parisien Sous-location des HLM : la lutte est engagée 2 mars 2015
(5) Le Parisien Les sous-locations de HLM inquiètent l'UMP 1 octobre 2014