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lundi 14 mars 2016

Les emprunts dits toxiques de Dexia, on en parle ?

Il ne fait pas bon défendre les méchants banquiers. Surtout ceux qui, parce que leur banque n'était pas très bien gérée, auront coûté des milliards au contribuable, en terme de recapitalisation. 
C'est le cas de Dexia, banque, notons le, semi publique, qui, à la différence de BNP Paribas de la Société Générale, nous aura coûté cher : 6.6 milliards d'euros dès 2013, selon la Cour des Comptes (1). 

Mais outre le fait que cette banque, contrôlée depuis des années par des hommes politiques pourtant de haut niveau comme Jean-François Copé (dans les années 1990's) ou plus récemment François Rebsamen (En 2007 et 2008, il est administrateur de Dexia-Crédit Local (2)), était mal gérée, elle est surtout connue pour avoir vendu à des collectivités locales les fameux "emprunts toxiques" (3). 




Un emprunt, tout le monde c'est ce que c'est : vous avez un projet à financer, vous allez voir une banque pour emprunter, et vous remboursez des mensualités qui comprennent le principal du prêt, et des intérêts. Notons, c'est important de le préciser, que personne n'est obligé d'emprunter. Il n'y a rien qui force un particulier à acheter son logement à crédit, tout comme il n'y a rien qui force un député-maire à payer la piscine municipale, la salle omnisport, les ronds points, un palais des congrès ou une ligne de tram à crédit. 

Il y a, pour les particuliers comme pour les entreprises ou les collectivités, deux grandes catégories de prêts : à taux fixes ou à taux variables. Les français, dans leur immense majorité, ont privilégié les taux fixes, notamment à cause de la sécurité qu'ils apportent en terme de visibilité. 
Seulement, à l'aube des années 2000, des politiciens, souvent de ceux qui dénoncent "la finance exubérante", les "innovations financières folles", "les marchés débridés" et autres "adversaires sans visage", ont cru être plus malins que les autres, en empruntant à taux variables : c'est l'affaires des  emprunts structurés, dits "toxiques". 
Globalement, un emprunt structuré dit toxique a des chances (mais pas la certitude) de ressembler à un prêt subprime : doux au début, violent à la fin quand les condition changent. 
Et ce que nous racontent les gentils politiciens au service de leurs intérêts de l'intérêt général, c'est qu'ils ne savaient pas, qu'ils se sont faits avoir par les méchants banquiers, qu'ils ont été bernés. 

Ce type de défense,  les gentils politiciens bernés par les méchants banquiers vendeurs d'emprunts structurés, dits "toxiques", pose un problème : elle risque de confirmer l'incompétence des fonctionnaires en charge des finances et des politiciens qui les supervisent. 
En effet, quand 97 % de la dette de la Seine-Saint-Denis s'est composée d'emprunts structurés, qui a forcé Claude Bartolone à signer ces crédits ? 
Et quand ce même Claude Bartolone porte plainte contre Dexia, que dit-il, si ce n'est, au choix, que : 
  • soit les fonctionnaires de Seine Saint Denis en charge des finances, des Bac + 5 en finance publique recrutés sur concours, sont incompétents
  • soit que ces fonctionnaires savaient ce qu'ils faisaient mais que les politiciens qui ont pris les décisions ont sciemment pris trop de risques
Bref, Claude Bartolone envoie un très mauvais signal (4). 

En plus d'être mauvais, ce signal est faux en ce qui concerne la première proposition, celle de l'incompétence des fonctionnaires. Une étude universitaires récemment publiée montre que les collectivités qui ont eu recours aux emprunts structurés, dits "toxiques" ne sont pas des petits villages dirigés par des maires lambda, mais les plus grosses collectivités, dirigées par des politiciens formés, censés être compétents, et entourés de conseillers. 

Oui, en matière d'emprunts toxiques : certains élus locaux savaient ce qu’ils faisaient (5). C'est un professeur de finance de Harvard, qui a co-écrit « The Political Economy of Financial Innovation : Evidence from Local Governments » (6) , qui l'affirme. 



En réalité, les emprunts structurés, dits "toxiques" ne sont que l'actualisation d'un vieux proverbe bien connu : "après moi, le déluge", et une variation autour du thème du cycle politique de la dépense publique. On le sait, les élus aiment rendre rapidement visibles les effets de la dépense publique tout en repoussant le cout, de préférence en la faisant payer par d'autres. 

Pourquoi la ville de Saint-Etienne ne s'est pas tout simplement dit qu'elle n'avait pas les moyens de faire un tram ? Pourquoi le département de Seine Saint Denis n'a pas ajusté sa dépense publique au potentiel fiscal de ses contribuables ? 
Et pourquoi les politiciens comme le sénateur maire PS François Rebsamen n'ont jamais eu à répondre de leurs actes ? 

Telles sont quelques unes des questions auxquelles les politiciens comme Claude Bartolone ont à répondre. Ca fait quand même 5 ans que les contribuables sont exposés au risque Dexia (7). Il est temps d'avoir des explications 



(3) Libération Carte des emprunts toxiques 
(4) Le Parisien Libéral Banques : la Seine-Saint-Denis donne un mauvais signal 11 février 2011
(7) Contribuables Associés Emprunts toxiques : 5500 collectivités locales concernées 21 septembre 20111

samedi 5 mars 2016

Déficits : dites Michel Sapin, elles sont où les promesses ?

Michel Sapin ...

Mais comment peut-il encore être Ministre de l'Économie et des Finances ?

Souvenons-nous du fait que Michel Sapin (comme ses autres collègues ministres socialistes) se dit fier d'appartenir à une majorité qui "tient ses promesses".

Or, qu'avait promis Hollande, en 2012 ?
Certes, il y avait "les emplois d'avenir". Mais il y avait aussi la réduction des déficits.

Souvenons-nous : le 7 septembre 2012, François Hollande, chef de l’Etat, disait : «Je confirme l'engagement pris par la France de ramener le déficit à 3% fin 2013» devant la Cour des comptes. 


Peut-on considérer que quand le Président de la République française s'exprime et formule un engagement, sa parole l'engage, surtout quand il dit que "le ralentissement économique rend cette politique encore plus nécessaire" (1) ? 

La Constitution dit que le Président de la République, sur la proposition du Premier Ministre, nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. François Hollande a donc le pouvoir de mettre fin aux fonctions de Michel Sapin, son pote de promo à l'ENA et Ministre de l'Économie et des Finances.

Etant donné que le Président de la République a à cœur de ne pas passer pour un menteur ou pour un incapable, comment imaginer qu'il puisse accepter de son ministre des finances des vérités successives ? 
Nous ne comptons plus les réécritures successives du discours sur les déficits (2). C'est digne du Ministère de la Vérité. 
Penchons nous seulement sur deux élements : d'une part, des propos de Jérome Cahuzac, d'autre part la déclaration de Michel Sapin du . 
L'ancien ministre du budget, Jérome Cahuzac, a tenu, en 2013, des propos qui auraient mérité plus de commentaires. Il a dit : 

"On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3% de déficit en 2013." (3)

Quand à Michel Sapin, il a dit : "En 2016, la France fera mieux que 3,8 % en 2015" (4) ... le 4 mars 2016.
Depuis 2012, Michel Sapin n'a pas arrêté de se chercher des excuses, pour ne pas dire mentir. 
Quand ce n'est pas "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité", c'est "l'héritage lié à la droite" (5). Mais, en 2014, donc avant les attentats de Charlie Hebdo puis ceux du 13 novembre, où étaient "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité" ? Et en 2015, où était la prise en compte de la baisse de l'euro, du pétrole et des taux d'intérêts (6) ? 

Certes, au delà des chiffres, même s'ils sont extraits d'un traité que la France est censée respecter, il y a une réalité : comment faire passer le déficit de 32% à 0% ? (Préférons parler de déficit de 32% des recettes par rapport aux dépenses (7), comparer un déficit par rapport à un PIB n'a qu'une signification macro économique). La réalité, c'est l'absence de volonté de réfléchir au périmètre de l'Etat, préalable à la baisse de la dépense publique, Du coup, la seule politique souhaitable, la baisse des dépenses publique, n'est jamais clairement mentionnée comme étant une option possible. Les déficits progressent donc, puisque malgré la hausse des prélévements obligatoires, les dépenses publiques croissent encore plus rapidement.

Juste une question : que peut-on penser d'une équipe gouvernemental qui fait du mensonge un mode de management "normal" ? 



(1) Public Sénat François Hollande - Déficits : la France vise les 3% 7 septembre 2012
(5) Le Figaro Déficit 2016: "objectifs inchangés" (Sapin) 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Déficits : Sapin, Sarko, Mosco, l’hôpital et la charité 4 février 2016
(7) Nouvelles de France Les politiques ne l’avoueront jamais : le déficit public est de 32% et non de 4% ! 10 décembre 2014

mardi 9 février 2016

#Paris2024 ! Et le referendum ?

La candidature de Paris vient de dévoiler le logo de la candidature. C'est vrai qu'il est pas mal, avec cette Tour Eiffel stylisée en un 2 et un 4 et les couleurs Olympiques.



Les parisiens peuvent en profiter sur l'Arc de Triomphe.




Il change sensiblement des précédentes éditions





Maintenant, pourquoi ne faut-il pas suivre aveuglément le comité d'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris, ou, autrement dit, qu'est ce qui a changé par rapport aux précédentes candidatures, 2005 notamment (pour les JO de 2012) ?

Le premier point , c'est le changement d'opinion de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ainsi que son soit-disant attachement à la démocratie participative. 
Les Jeux Olympiques ne faisait pas partie du programme d'Anne Hidalgo. Rappelez-vous ! Anne Hidalgo était réticente en ce qui concerne les JO à Paris en 2024, mais ça c'était avant (1)  ! Avant quoi ? Avant que François Hollande, qui a perdu tous ses paris, au détriment des français (inverser la courbe du chômage, apaiser le pays, faire oublier le Sarkozysme) mise tout, comme un vulgaire joueur de casino, sur le rouge sur les Jeux Olympiques, faute de pouvoir, à l'instar de Mitterrand ou Pompidou, léguer un musée à Paris. 
Quel est le deal entre Hidalgo et Hollande ? Mystère. La maire de Paris a déjà renoncé au milliard d'euro des parisiens (2) , et maintenant elle accepte que Hollande dépense encore plus de milliards d'euros que nous n'avons pas. L'histoire dira peut-être pourquoi, un jour. En attendant, la démocratie participative, celle que Anne Hidalgo met tant en avant quand il s'agit de poser deux ou trois plantes vertes à un carrefour lambda de la capitale, passe à la trappe : la maire de Paris, contrairement à Hambourg ou Boston, ne veut pas organiser de referendum (3) !  Pourquoi ? Parce que la mairie a peur que les opposants se mobilisent !

Le deuxième point, celui qui préoccupe une partie des opposants aux Jeux Olympiques 2024 à Paris, ce sont l'état des finances de la ville de Paris, des collectivités d'Ile de France et celles du pays. En gros, on peut légitimement craindre que la France devienne une nouvelle Grèce.




Souvenez-vous, à la fin des années 90 et au début des années 2000, qui, dans les médias, parlait des déséquilibres, pourtant connus des experts, des finances publiques Grecques ? Athènes s'est ruinée pour organiser les JO 2004. 
Or, la France n'est pas la Grèce, certes, mais elle n'est pas la Suisse non plus. Ce qui se passe en ce moment est inquiétant. La Ville de Paris a du mal à boucler son budget, au point que, comme le note l'économiste Philippe Herlin, elle en est à maquiller des opérations immobilières par des manifestations écologiques (4). 
On veut, nous dit-on, associer la banlieue à l'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris. Ok, mais quid des Yvelines qui augmentent leur taxe foncière de 60% ? Quid de l'Essonne et de la Seine Saint Denis qui ne peuvent pas payer le RSA ? Si ces collectivités locales ont de quoi financer entre 6 et 12 milliards d'euros, alors elles peuvent finances les missions sur lesquelles elles se sont déjà engagées, non ? 

Le troisième point, ce sont les soucis que pose le CIO. Peut-on faire comme si on ignorait que l'organisation des Jeux Olympiques suppose des amendements aux droits et aux libertés civiles des citoyens, et que le CIO est entouré d'un halo de suspicion en ce qui concerne la corruption, qui semble de moins en moins acceptable ? 
Anne Hidalgo et François Hollande nous parlent souvent de rupture avec les vieilles pratiques. Pactiser avec le CIO, cet organisme peu démocratique et peu écologique, ressemble, à ce titre, à une sorte de retour en arrière, non ? 

Les JO 2012 à Londres étaient magnifiques. Ils ont fait rêver. Et organiser une épreuve d'escrime au pied de la Tour Eiffel ou un Triathlon sur les berges de Seine aurait une classe folle, même si nous n'avons ni James Bond, ni la Queen pour la cérémonie d'ouverture. 

Mais il n'est pas sûr que nous devions signer les yeux fermés pour des JO 2024 à Paris. Entre 6 et 12 milliards d'euros, c'est beaucoup d'argent, qui pourrait être utilisé autrement. Pour vérifier le soutien des citoyens et contribuables, le meilleur moyen, c'est d'organiser un référendum avec une question simple : parisiens, franciliens, pour ou contre l'organisation des Jeux Olympiques à Paris ? 

(1) l'Express Anne Hidalgo réticente aux JO à Paris en 2024, mais ça c'était avant 23 mars 2015
(2) Je suis stupide, j'ai voté Hollande Quand un maire socialiste critique la baisse des dotations … de l’Etat socialiste ! 27 octobre 2015
(3) France TV Sport Paris ne veut pas d'un référendum pour les JO  30 novembre 2015
(4) Philippe Herlin "Réinventer Paris" : embellir la ville ou combler le déficit du budget ? 5 février 2024

lundi 25 janvier 2016

Confirmation : l'économie n'est pas de l'astrologie !

Ah, le fameux alignement des planètes ! 

Pas celui qu'on peut observer en ce moment dans le ciel (1) (alignement de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, visible jusqu'au 20 février), non, celui qu'attendaient les charlatans experts de l'Elysée, rappelez vous !

Déjà, à la base, Hollande, bien qu'il critiquait la "gestion" de l'économie sous Sarkozy, n'avait pas jugé bon réfléchir à la gestion de la crise économique avant le 31 août 2012 (2). 

Même malgré cela, Hollande, adepte de la théorie des cycles, pensait que la croissance allait revenir automatiquement, et sauver son quinquennat, en lui permettant de ne pas faire les réformes indispensable. 

Mieux, Hollande avait identifié la baisse des prix du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêts comme facteurs de reprise en 2015 en France (3).
C'est vrai que c'est bien si le pétrole qu'on importe et que l'argent qu'on emprunte sont peu chers. Et c'est bien aussi pour les entreprises françaises qui exportent hors zone euro, type Airbus ou Louis Vuitton, si l'euro est bas face aux autres devises.
Mais le problème est que l'Elysée ne semble pas au courant du fait que la France n'est pas seule sur Terre. Le pétrole, ce sont nos importations, mais aussi les exportations d'autres pays.
Un pétrole bas ne peut-il pas signifier une Arabie Saoudite, un Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) ou une Russie encore plus agressives, tout comme l'Etat français, dont le socialisme arrive en bout de course (4) , va se montrer toujours plus agressif envers ses serfs citoyens et contribuables ? 
La baisse des taux, ne met-elle pas sous pression les fonds de pension à la recherche de rendement pour les retraites ? 

L'environnement actuel, dominé par les révisions en baisse des chiffres de croissance en Chine (5) , les faillites de banques, les difficultés de quelques hedge funds (6), les dettes du gaz de schiste américain, sans parler de la macro dégradée en France (chômage et déficits), devrait nous alerter tous.

Dans ce contexte de risques à tous les étages, faut-il se réjouir du fait de vendre des armes à l'Inde (puissance nucléaire de 1,2 milliards d'habitants), après avoir vendu des armes au Pakistan (puissance nucléaire de 182 millions d'habitants) ? 



(3) L'Opinion Les «trois astres» censés sauver François Hollande 8 décembre 2014 
(5) Les Echos Chine : la croissance au plus bas en 25 ans 19 janvier 2016

vendredi 15 janvier 2016

Paris, l'Essonne et la Seine Saint Denis sont dans un bateau ...

... Et le bateau coule !

Ce bateau, il ne s'appelle pas Titanic, il s'appelle finances publiques de la République socialiste Française. 

Prenez un peu l'actualité de ces derniers jours : 

  • "L’Essonne se dit dans l’impossibilité de payer ses aides sociales" (1) 
  • "La Seine-Saint-Denis a décidé de ne pas prendre en compte dans son budget la hausse du RSA" (2)
  • "Standard & Poor's prévoit toutefois une dégradation des comptes de la capitale en raison des baisses de dotations de l’Etat, la hausse des dépenses sociales et l’augmentation de la péréquation"
les faits sont clairs : les collectivités franciliennes sont pour certaines en grande difficulté (euphémisme), pour d'autres contraintes de faire face à une explosion des dépenses sociales. Et cela ne dépend pas de la couleur de la majorité actuellement aux commandes : le socialisme, de gauche comme de droite, atteint ses limites. 
En effet, que s'est-il passé ? Le contexte global, chacun l'a bien en tête. Alors que les finances publiques sont globalement déficitaires (il y a soit trop de dépense publique au sens large, soit pas assez de prélèvements d’impôts et de taxes), l'Etat a mené une politique assez hypocrite de transfert de charges (notamment, le paiement du RSA, délégué aux départements), sans transférer aux collectivités territoriales les ressources afférentes. 
Il ne s'agirait quand même pas que les départements soient libres de taxer et de dépenser comme ils le veulent ! 

Cette politique de cavalerie jacobine, encore une fois, on ne peut pas simplement l'attribuer à Valls et Hollande. C'est bien la précédente majorité qui l'a initié. En revanche, ce qui pourrait être considéré comme drôle (ce qui ne l'est pas, puisqu'au final, ce sont les bénéficiaires potentiels qui trinqueront), c'est que les collectivités locales, toutes de gauche jusqu'aux premières défaites socialistes, à partir de 2013, ont avalisé cet état de fait, mieux, elles l'ont applaudi, comme si il s'agissait, dans ce domaine comme dans d'autres, de dire qu'une bêtise mise en oeuvre par la gauche n'est pas vraiment une bêtise. 

Souvenez-vous de la renonciation d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé à réclamer à l'Etat PS le milliard d'euros des Parisiens, alors qu'ils n'avaient cesse de s’époumoner quand Sarkozy et Fillon dirigeaient le pays (5) !


Anne Hidalgo : "L'Etat doit plus d'un milliard... par AnneHidalgo


Mieux, faut-il traiter en psychiatrie tous ces élus députés PS qui sont aussi, à temps partiel, des élus départementaux dans le 93 ou ailleurs ? 
On entend dire "l'Etat doit prendre en charge les difficultés budgétaires des départements". Mais l'Etat, outre le fait qu'en théorie, on devrait dire "les contribuables, représentés par les autorités publiques", n'est ce pas toujours un peu les mêmes personnes qui, un jour, sont conseillers généraux, le lendemain ministre de la ville (chargé de dépenser), le surlendemain député (charger de voter et contrôler les dépenses) ? 

Les citoyens ont voulu croire au miracle, oubliant que dépenses publiques ne tombent pas de nulle part. Le retour au réel va faire mal.
Dommage qu'ils n'aient pas voulu entendre le langage de vérité, notamment celui des libéraux, surtout quand on sait que le RSA et les dépenses sociales n'aident pas les pauvres à s'en sortir. Ils ne font, au mieux, que maintenir les bénéficiaires dans la pauvreté et la précarité sous tutelle (6) administrative  !



(3) Le Parisien Budget : la Ville de Paris conserve son « AA » 20 décembre 2015



lundi 26 octobre 2015

Les "contraintes" du budget 2016 de la ville de Paris

Le conseil municipal de Paris discute du budget 2016, et Anne Hidalgo, pour préparer ses électeurs à des lendemains qui déchantent, a envoyé le message suivant : "La situation dans laquelle s’élabore le budget pour 2016 est marquée par des contraintes inédites". Ce message est accompagné de l'infographie suivante :



On croit rêver ! Anne Hidalgo dénonce la "baisse sans précédent des dotations de l'Etat".

Est-ce qu'on parle de la maire socialiste de Paris qui a codirigé avec Bertrand Delanoé la ville, et a donc accepté, non seulement de manière générale le bilan de 12 ans de mandature (2001-2013), mais aussi plus précisément la décision de renoncer à la dette de l'Etat envers la ville de Paris ? (1)
Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé n'ont-ils pas explicitement subordonné une dette à une couleur gouvernementale ? 

Qui plus est, cette semaine, on a appris que non seulement, depuis la fin de l'ère Tiberi, l'enveloppe des subventions accordées aux associations a explosé de plus de 60 %, mais qu'en plus, Hidalgo a ainsi distribué 242 millions d'euros en 2014 et 246 millions en 2015 (2). 

Est-ce qu'on parle bien de la ville a qui il manquait 400 millions d'euros pour boucler le budget 2015 (3), et a qui il manque toujours 400 millions en 2016 ? 

Les parisiens ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Aurélien Véron, le président du Parti Libéral Démocrate, les avaient prévenu du fait que les finances de la ville étaient en danger (4), contrairement à ce qu'affirmait le pourtant sérieux Institut Montaigne. Les parisiens avaient aussi à disposition les analyses Serge Federbusch, qui note depuis des années que le budget de la ville de Paris, structurellement plombé par le clientélisme immobilier de la mairie, ne repose que sur la bulle immobilière et ses droits de mutations (5). Cette analyse est d'ailleurs corroborée par d'autres observateurs, comme le blogueur Social Nec Mergitur (6). 

N'est ce pas comique ? Afin de lutter contre les baisses de dotations de l'Etat, conséquence directe des besoins croissants de l'Etat en argent public (qui découlent directement de la politique socialiste menée), la majorité parisienne, socialiste, se transforme en promoteur immobilier qui spécule. C'est en effet la dernière option avant la hausse de toutes les taxes possibles, et la baisse des prestations de services publics qui seront rendus. 

Tout en se gardant bien de tomber dans l'anti socialisme primaire, force est de constater qu'avec le socialisme, c'est toujours la même histoire : il fonctionne tant que le mur de la réalité n'est pas percuté de plein fouet. Les excuses, c'est bie, même si il faut aller les chercher du coté du gouvernement duquel on est censé être solidaire, mais assumer sa politique, c'est mieux !
Alors, du coup, anecdotiquement, la ville de Paris va t-elle renoncer à dépenser 60 millions d'euros uniquement pour sa candidature aux JO 2024 ? Et sur le fond, va t-elle abandonner son objectif de soviétisation du parc immobilier ? 




(4) Les Echos Paris, finances en danger, par Aurélien Véron 17 décembre 2013

dimanche 15 mars 2015

Budget participatif parisien : une bonne idée, mais biaisée

Dans les gadgets du programmes d'Anne Hidalgo, on se souvient du "budget participatif".
A la base, que les citoyens soient consultés sur les dépenses de leur commune, cela semble être une bonne chose. Les parisiens avaient jusqu'à minuit pour soumettre des idées.



5 % du budget investissements de la ville, seront consacrés à leur réalisation sur la mandature.

C'est la où on se dit que l'idée participative est biaisée. Non, les parisiens n'ont pas été consultés sur le budget investissement de la ville de Paris, mais sur 5% de celui-ci. Vous direz : c'est déjà mieux que rien, et ce même si le budget investissement dans son ensemble ne représente que moins de 20% du budget total. Les parisiens se sont donc exprimés sur 1% du budget total. 

L'autre problème, c'est que toutes les idées n'étaient pas acceptables, pour la mairie de Paris. Il n'était par exemple pas possible de proposer d'économiser, tout simplement, ces 5% du budget investissements de la ville.




A la proposition de rendre de l'argent aux contribuables,  la mairie de Paris a répondu que l'idée n'était pas recevable ... (1).

No comment ! Participatif, vous avez dit ? Oui, mais avec beaucoup de limites !





(1) Contribuables Associés budget participatif de Paris : une parodie de démocratie 3 février 2015

lundi 6 octobre 2014

Bruxelles va sanctionner le budget 2015 ? Tant mieux

Hollande se moque de nous. De tous. Ne voila t-il pas que pour respecter sa "promesse" de ne plus augmenter les impôts, il relève toutes les taxes, jusqu'à vouloir élargir le champ d'application de la redevance TV à tous les appareils ayant un écran ?

Mais pourquoi Hollande poursuit-il le massacre ?

Déjà, parce qu'il apparaît de plus en plus clairement que l'appareil étatique est une farce



D'autre part, parce que Hollande (comme Sarkozy auparavant) n'ose pas clairement dire à tous les français qui bénéficient d'argent public (enfants, étudiants, fonctionnaires, familles, entreprises amatrices de capitalisme de connivence, retraités ...) que le social, c'est fini.

Rappel : quand la France dépense 1 euro d'argent public, elle ne collecte que 75 à 80 centimes, et il se trouve que ce prélèvement est déjà trop élevé (puisque personne ne veut payer plus d'impots).

Alors, Hollande va t-il hypocritement attendre que Bruxelles sanctionne la France,ou va t-il se mettre au travail ?



jeudi 19 juin 2014

Anne Hidalgo, maire de Paris : incompétente ou menteuse ?

Il n'y a que deux conclusion auxquelles on peut arriver en lisant le dernier article de Capital consacré aux finances de la Capitale (1) : soit Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris est une incompétente, soit est une menteuse ! On ne sait pas ce qui est pire entre les deux hypothèses. 


Egalement publié sur Contrepoints


En effet, comment la Maire de Paris peut-elle tomber des nues en ce qui concerne les finances de la Ville ? Anne Hidalgo ne débarque pas de nulle part et elle ne s'est pas vu opposer de l'obstruction, comme dans les villes communistes conquises par l'UDI, sur la passation (2), puisque la dauphine de Bertrand Delanoé a fait partie de l'équipe précédente, à un niveau très senior ? Si Anne Hidalgo découvre la situation financière de Paris, c'est qu'elle n'a pas suivi le travail effectué par Anne Hidalgo entre 2001 et 2014 ? Peut-être était-elle occupée dans son arrondissement, le XVeme ? Ah non, on souffle dans l'oreillette qu'Anne Hidalgo ne s'occupait pas des affaires locales ... (3)

Mieux, l'extrême gauche parisienne (4) aussi bien que l'opposition ont dénoncé avec force le double langage de la maire de Paris concernant les liens financiers de la Ville de Paris avec l'Etat. Pour mémoire, Paris, comme toutes les villes, doit recevoir des dotations de l'Etat. Or ce dernier était en retard dans ses paiements vis a vis de Paris, pour un montant d'un milliard. Alors que sous Sarkozy et Fillon, Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé réclamaient avec force les sommes dûes, l’exécutif parisien a délibérément choisi de ne pas réclamer cette somme quand Hollande et Ayrault sont arrivés au pouvoir. N'est-il pas absolument scandaleux qu'Anne Hidalgo transforme ainsi son rôle de représentante des contribuables et citoyens parisiens ? Pire, qu'elle se place en victime d'une politique mise en oeuvre par ses soins et ceux de Delanoé ? 

Aujourd'hui, la mairie de Paris peut aussi dire merci à Duflot. En effet, on sait que la loi ALUR contribue à bloquer les transactions immobilières et ce alors que tout le business plans de ces joueurs à découvert que sont Hidalgo et son équipe consiste à profiter des droits de mutations pour faire toujours plus de social et de clientélisme.
Un bel effet de ciseau se profile à l'horizon. Et quand tous les sièges sociaux auront quitté Paris pour la banlieue ou la province, ce sera pire encore, à moins évidemment que la création du Grand Paris sauce socialiste ne masque le problème ...

Penchons pour le mensonge, signe manifeste de vista politique, plutôt que pour l'incompétence. Le symbole serait trop lourd, autrement. 




(1) Municipales 2014 à Paris Mairie de Paris : qui va payer les 400 millions d'euros manquants ? 19 juin 2014