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lundi 14 mars 2016

Les emprunts dits toxiques de Dexia, on en parle ?

Il ne fait pas bon défendre les méchants banquiers. Surtout ceux qui, parce que leur banque n'était pas très bien gérée, auront coûté des milliards au contribuable, en terme de recapitalisation. 
C'est le cas de Dexia, banque, notons le, semi publique, qui, à la différence de BNP Paribas de la Société Générale, nous aura coûté cher : 6.6 milliards d'euros dès 2013, selon la Cour des Comptes (1). 

Mais outre le fait que cette banque, contrôlée depuis des années par des hommes politiques pourtant de haut niveau comme Jean-François Copé (dans les années 1990's) ou plus récemment François Rebsamen (En 2007 et 2008, il est administrateur de Dexia-Crédit Local (2)), était mal gérée, elle est surtout connue pour avoir vendu à des collectivités locales les fameux "emprunts toxiques" (3). 




Un emprunt, tout le monde c'est ce que c'est : vous avez un projet à financer, vous allez voir une banque pour emprunter, et vous remboursez des mensualités qui comprennent le principal du prêt, et des intérêts. Notons, c'est important de le préciser, que personne n'est obligé d'emprunter. Il n'y a rien qui force un particulier à acheter son logement à crédit, tout comme il n'y a rien qui force un député-maire à payer la piscine municipale, la salle omnisport, les ronds points, un palais des congrès ou une ligne de tram à crédit. 

Il y a, pour les particuliers comme pour les entreprises ou les collectivités, deux grandes catégories de prêts : à taux fixes ou à taux variables. Les français, dans leur immense majorité, ont privilégié les taux fixes, notamment à cause de la sécurité qu'ils apportent en terme de visibilité. 
Seulement, à l'aube des années 2000, des politiciens, souvent de ceux qui dénoncent "la finance exubérante", les "innovations financières folles", "les marchés débridés" et autres "adversaires sans visage", ont cru être plus malins que les autres, en empruntant à taux variables : c'est l'affaires des  emprunts structurés, dits "toxiques". 
Globalement, un emprunt structuré dit toxique a des chances (mais pas la certitude) de ressembler à un prêt subprime : doux au début, violent à la fin quand les condition changent. 
Et ce que nous racontent les gentils politiciens au service de leurs intérêts de l'intérêt général, c'est qu'ils ne savaient pas, qu'ils se sont faits avoir par les méchants banquiers, qu'ils ont été bernés. 

Ce type de défense,  les gentils politiciens bernés par les méchants banquiers vendeurs d'emprunts structurés, dits "toxiques", pose un problème : elle risque de confirmer l'incompétence des fonctionnaires en charge des finances et des politiciens qui les supervisent. 
En effet, quand 97 % de la dette de la Seine-Saint-Denis s'est composée d'emprunts structurés, qui a forcé Claude Bartolone à signer ces crédits ? 
Et quand ce même Claude Bartolone porte plainte contre Dexia, que dit-il, si ce n'est, au choix, que : 
  • soit les fonctionnaires de Seine Saint Denis en charge des finances, des Bac + 5 en finance publique recrutés sur concours, sont incompétents
  • soit que ces fonctionnaires savaient ce qu'ils faisaient mais que les politiciens qui ont pris les décisions ont sciemment pris trop de risques
Bref, Claude Bartolone envoie un très mauvais signal (4). 

En plus d'être mauvais, ce signal est faux en ce qui concerne la première proposition, celle de l'incompétence des fonctionnaires. Une étude universitaires récemment publiée montre que les collectivités qui ont eu recours aux emprunts structurés, dits "toxiques" ne sont pas des petits villages dirigés par des maires lambda, mais les plus grosses collectivités, dirigées par des politiciens formés, censés être compétents, et entourés de conseillers. 

Oui, en matière d'emprunts toxiques : certains élus locaux savaient ce qu’ils faisaient (5). C'est un professeur de finance de Harvard, qui a co-écrit « The Political Economy of Financial Innovation : Evidence from Local Governments » (6) , qui l'affirme. 



En réalité, les emprunts structurés, dits "toxiques" ne sont que l'actualisation d'un vieux proverbe bien connu : "après moi, le déluge", et une variation autour du thème du cycle politique de la dépense publique. On le sait, les élus aiment rendre rapidement visibles les effets de la dépense publique tout en repoussant le cout, de préférence en la faisant payer par d'autres. 

Pourquoi la ville de Saint-Etienne ne s'est pas tout simplement dit qu'elle n'avait pas les moyens de faire un tram ? Pourquoi le département de Seine Saint Denis n'a pas ajusté sa dépense publique au potentiel fiscal de ses contribuables ? 
Et pourquoi les politiciens comme le sénateur maire PS François Rebsamen n'ont jamais eu à répondre de leurs actes ? 

Telles sont quelques unes des questions auxquelles les politiciens comme Claude Bartolone ont à répondre. Ca fait quand même 5 ans que les contribuables sont exposés au risque Dexia (7). Il est temps d'avoir des explications 



(3) Libération Carte des emprunts toxiques 
(4) Le Parisien Libéral Banques : la Seine-Saint-Denis donne un mauvais signal 11 février 2011
(7) Contribuables Associés Emprunts toxiques : 5500 collectivités locales concernées 21 septembre 20111

lundi 26 octobre 2015

Les "contraintes" du budget 2016 de la ville de Paris

Le conseil municipal de Paris discute du budget 2016, et Anne Hidalgo, pour préparer ses électeurs à des lendemains qui déchantent, a envoyé le message suivant : "La situation dans laquelle s’élabore le budget pour 2016 est marquée par des contraintes inédites". Ce message est accompagné de l'infographie suivante :



On croit rêver ! Anne Hidalgo dénonce la "baisse sans précédent des dotations de l'Etat".

Est-ce qu'on parle de la maire socialiste de Paris qui a codirigé avec Bertrand Delanoé la ville, et a donc accepté, non seulement de manière générale le bilan de 12 ans de mandature (2001-2013), mais aussi plus précisément la décision de renoncer à la dette de l'Etat envers la ville de Paris ? (1)
Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé n'ont-ils pas explicitement subordonné une dette à une couleur gouvernementale ? 

Qui plus est, cette semaine, on a appris que non seulement, depuis la fin de l'ère Tiberi, l'enveloppe des subventions accordées aux associations a explosé de plus de 60 %, mais qu'en plus, Hidalgo a ainsi distribué 242 millions d'euros en 2014 et 246 millions en 2015 (2). 

Est-ce qu'on parle bien de la ville a qui il manquait 400 millions d'euros pour boucler le budget 2015 (3), et a qui il manque toujours 400 millions en 2016 ? 

Les parisiens ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Aurélien Véron, le président du Parti Libéral Démocrate, les avaient prévenu du fait que les finances de la ville étaient en danger (4), contrairement à ce qu'affirmait le pourtant sérieux Institut Montaigne. Les parisiens avaient aussi à disposition les analyses Serge Federbusch, qui note depuis des années que le budget de la ville de Paris, structurellement plombé par le clientélisme immobilier de la mairie, ne repose que sur la bulle immobilière et ses droits de mutations (5). Cette analyse est d'ailleurs corroborée par d'autres observateurs, comme le blogueur Social Nec Mergitur (6). 

N'est ce pas comique ? Afin de lutter contre les baisses de dotations de l'Etat, conséquence directe des besoins croissants de l'Etat en argent public (qui découlent directement de la politique socialiste menée), la majorité parisienne, socialiste, se transforme en promoteur immobilier qui spécule. C'est en effet la dernière option avant la hausse de toutes les taxes possibles, et la baisse des prestations de services publics qui seront rendus. 

Tout en se gardant bien de tomber dans l'anti socialisme primaire, force est de constater qu'avec le socialisme, c'est toujours la même histoire : il fonctionne tant que le mur de la réalité n'est pas percuté de plein fouet. Les excuses, c'est bie, même si il faut aller les chercher du coté du gouvernement duquel on est censé être solidaire, mais assumer sa politique, c'est mieux !
Alors, du coup, anecdotiquement, la ville de Paris va t-elle renoncer à dépenser 60 millions d'euros uniquement pour sa candidature aux JO 2024 ? Et sur le fond, va t-elle abandonner son objectif de soviétisation du parc immobilier ? 




(4) Les Echos Paris, finances en danger, par Aurélien Véron 17 décembre 2013

jeudi 9 juillet 2015

"Lutte contre le terrorisme" : la détestable baseline de notre AngSoc (*)


Pas besoin de revenir sur l'état global du pays, on connait tous les chiffres. Mais, comme nous sommes en 2015, il devient très difficile pour l'actuelle majorité d'accuser la précédente. Vous vous souvenez que depuis 3 ans, le Parti Socialiste au pouvoir fait le coup de l'héritage. C'est vrai que le précédent président de la République, et sa politique de socialisme de droite, nous a légué 600 milliards d'euros de dette publique supplémentaire, 51 taxes et impôts créés ou relevés, aucune baisse significative du nombre de fonctionnaires, etc.
Egalement publié sur Contrepoints

Mais, au vu des chiffres que chacun peut observer depuis 2012, le Parti Socialiste est obligé de changer de discours. Il ne peut plus seulement accuser la gestion de l'UMP. 
Il est vrai que quand on prend le bilan, il n'est pas fameux : en ce qui concerne la dette publique, elle a progressé de 236 milliards d’euros depuis mai 2012 (1) . Quand au chômage : il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, puisque fin 2014, il y avait déjà 600 000 chômeurs de plus depuis 2012.

Face à cela, que font nos voisins ? Ils parviennent manifestement à combiner baisse du chômage et baisse de la dépense publique. En France, le chômage augmente, à l'inverse de tout ce qui se passe partout ailleurs en Europe (3)


En Allemagne, (4.7% de chômage), les comptes publics sont en équilibre, grâce à la bonne santé économique et grâce à la politique menée par Angela Merkel (4). 
En Pologne  (7.9% de chômage), dirigée de 2007 à 2014 par le libéral Donald Tusk, la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit des finances publiques inférieur à 3.3 % du PIB en 2015 et 2.6% en 2016 (5)
Au Royaume Uni (5.5% de chômage), le gouvernement conservateur vise 10 milliards de livres excédent en 2020 (6)

Ce jeudi matin, François Kalfon, secrétaire national au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle du Parti Socialiste, était invité à commenter, sur BFM Business, les politiques de nos voisins. 


Voici en résumé les principaux points de son intervention :

  • Les conservateurs allemands de la CDU ne peuvent pas diriger l'Europe
  • Les retraités allemands imposent leur point de vue aux autres
  • C'est dommage qu'il n'y ait pas de gouvernement économique de l'Europe
  • La Grande Bretagne n'est pas un pays industriel, mais reste un paradis fiscal avec la City 
  • La France ne veut pas de contrats zéro heures comme au Royaume Uni
  • Le modèle britannique n'est pas le modèle de société dans lequel nous voudrions vivre
  • Chez nous, en France, il y a des hopitaux et une armée à faire tourner

Il y a donc tous les poncifs d'une certaine gauche antilibérale et parfois germanophobe, et qui ignore que l'Allemagne n'est pas un pays du tiers monde, que le Royaume Uni produit plus d'automobiles que la France, et que chez nous aussi, il y a des contrats zéro heures, ça s'appelle le chômage. 

Mais c'est l'un des derniers points de l'intervention de François Kalfon qui est intéressant. 
Il a expliqué que, contrairement à d'autres, la France "assume ses responsabilités au sein de l'union Européenne" et que du coup, la France "se tape le sale boulot" en allant faire la guerre contre le terrorisme au Mali. En conséquence, c'est nous, les français, qui faisons face à une vague de terrorisme sans précédent.
Egalement publié sur Agoravox

François Kalfon réalise t-il la portée de ses propos ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7),  adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :

"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)

Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.

Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.

Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?

C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient. 
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.

Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35  milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht. 
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que

Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).

Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ? 
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?




(3) Le Parisien Le chômage baisse en Europe, sauf en France 30 avril 2015
(5) BNP Paribas Pologne Q1 2015 
(6) BBC Budget 2015: Osborne offers country 'new contract' 9 juillet 2015
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015


(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc. 

samedi 31 janvier 2015

Contribuables Associés, un site web conspirationniste selon l'Express ?

L'Express est un hebdomadaire qui, selon un rapport de la Cour des comptes publié en février 2013, aurait reçu plus de 6,2 millions d'euros par an d'aides directes de l'État, de 2009 à 2011, soit 23 centimes par exemplaire diffusé (1).
L'Express, c'est aussi ce media connu pour ses Unes tapageuses sur l'immobilier ou sur l'islam, et pour l'écharpe rouge de son médiacrate cumulard de directeur de la rédaction.

Malgré ou à cause de ces évidents atouts ;-), l'Express vient d'être revendu par un groupe belge de medias, le groupe Roularta, au pourtant talentueux homme d'affaires Patrick Drahi (2), qui a manifestement l'intention d'associer cet hebdomadaire au  quotidien Libération et à la chaine TV d'infos continue i-24news (3).

Et alors, que donne l'Express nouvelle formule ? Est-ce que vous pensez qu'ils vont enquêter sur les risques liés à la surveillance de masse par les services secrets, à commencer par la NSA (4) ? analyser la réalité des chiffres du chômage en France (5) ? Creuser le cas de ces militaires français qui rejoignent l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) (6) ? Se poser des questions sur les risques liés à l'intelligence artificielle (7) ? Allons donc !

Pourquoi ne pas se concentrer sur les vrais sujets, surtout s'ils sont conformes à ceux que Najat Belkacem décrète d'importance nationale (8) ? 

L'Express, à l'écoute du gouvernement, n'a donc pas hésiter à publier l'article suivant : Conspirations, rumeurs, parodies: l'annuaire des sites "d'infaux (9).

Bonne idée, direz-vous ! Après tout, combien de personnes, y compris assez intelligentes pour devenir députée et chef de parti, ne sont-elles pas tombé dans le panneau d'un site parodique (10) et ont pris pour argent comptant ce qui n 'était qu'une blague ?

Simplement, la méthode est un peu dérangeante, pour ne pas dire choquante. Passons sur le fait que le journaliste de l'Express n'ait pas signé son article, en dépit des leçons de morale de son employeur (11). Ce n'est pas la blogosphère qui niera les avantages de l'anonymat ! Merci à l'Express de le confirmer, donc. Non, le problème, c'est cet amalgame : Conspirations, rumeurs, parodies, comme si on pouvait mettre sur le même plan de l'information alternative (donc vraie mais non reprise par la presse mainstream), des sites conspirationnistes (qui plus est contradictoires entre eux), des sites parodiques (donc ouvertement faux) et des sites et blogs militants ?

Ainsi, parmi la longue liste de sites recensés comme transmettant des informations douteuses ou fausses, l'Express parvient à mettre www.contribuables.org/, le site web de l'association Contribuables Associés.



Passons sur le fait que le journaliste (le stagiaire ??) de l'Express se ridiculise en n'étant pas capable d'écrire correctement "Fausses rumeurs sur la retrait des fonctionnaires européens (Le Monde)". En français, cela donnerait plutôt Fausses rumeurs sur la retraitE des fonctionnaires européens (Le Monde).

L'Express met en lien un article de décodage du Monde (12), qui affirme, texto "On l'a vu, la rumeur est ancienne [...] Tout part de l'association « Sauvegarde retraites », proche de la mouvance « contribuables associés » ou « SOS éducation ».

Oui, vous avez bien lu. Etre proche de tel ou tel groupe, et non pas être tel ou tel groupe, suffit à vous classer dans la rubrique "conspirationnistes" de l'Express. 

Et quand bien même Contribuables Associés eut effectivement, une fois, réellement publié une information fausse, est-ce que cela ferait de ce think tank de 350 000 membres un site web plus conspirationniste que TF1 (13) ou le Monde (14)? 

Voila où nous en sommes, chers citoyens et contribuables.

Non seulement il devient dangereux de penser différemment du gouvernement ou des journalistes, mais en plus, même si nous n'achetons pas ou plus cette presse, nous sommes quand même forcés de les subventionner.

Mais si mais le journaliste veut creuser les sujets sur lesquels Contribuables Associés enquête, il pourra étudier l'usage de l'IRFM par les députés (15), le coût des emprunts toxiques ou l'inefficacité de la dépense publique, par exemple.




(1) Cour des Comptes Plan d'aide à la presse écrite 2009-2011 février 2013
(10) BFM TV Boutin piégée par "Le Gorafi" sur BFMTV 4 février 2014
(13) Bug Brothers blog Loppsi: TF1 manque à l’honnêteté de l’information 15 février 2010

mardi 18 novembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l' @AssembleeNat

Faire vivre la démocratie ! La République qui gagne ! Le gouvernement du peuple par le peuple ! Combien de fois n'avons-nous entendu ces expressions dans la bouche des politiciens de tout bord, à commencer par ceux de la majorité socialiste ? Leur rôle, au delà des polémiques et des magouilles politiciennes, n'est-il pas de donner une réalité à ces expressions, et notamment d'appliquer un principe démocratique fondamental, à savoir contrôler l'action du gouvernement ? 

Alors, aidons nos représentants à poser les bonnes questions au gouvernement. Il y a cependant un fort risque que nous ne les entendions pas cette après-midi au Palais Bourbon et sur LCP (1).


  • Question pour Manuel Valls, 1er ministre : Mr le Premier Ministre, êtes-vous toujours le responsable hiérarchique de la ministre de l'environnement, Marie-Ségolène Royal, ou bien êtes-vous à votre tour victime du même déni d'autorité que celui que vous avez infligé à Jean-Marc Ayrault ? Comment se fait-il que la ministre de l'environnement, et non pas vous même, annonce que les portiques écotaxe soient réutilisés par la gendarmerie (2) ? Sur le fond, approuvez-vous cette idée ? Pouvez-vous garantir aux français qu'une telle mesure ne constitue pas le prélude à la mise en place d'un gigantesque système de radars tronçons et de flicage généralisé des automobilistes français ? 
  • Question pour Jean-Marie le Guen, ministre des relations avec le parlement : Bruno Le Roux a déclaré "Pas de place à l'Assemblée Nationale pour les élus qui fraudent" (3). Même si vous même, Mr le Ministre, vous avez été ou êtes concerné par des problématiques judiciaires, comme l'a mentionné la presse avec récemment la sous évaluation de votre patrimoine (4),  allez vous signer la PPL visant à proposer l'inéligibilité des élus fraudeurs (5) ? Et allez vous demander à Sylvie Andrieux, condamnée à de la prison ferme, de démissionner, dans le respect de sa liberté de choix, ou bien va t-elle être autorisée à apporter sa voix aux votes sur lesquels le PS a du mal à garantir une majorité à l'Assemblée Nationale ?
  • Question pour Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères : comment se fait-il, Monsieur le Ministre, que vous soyez toujours en poste ? L'Union Européenne, dont la France est l'un des 28 états membres, n'a t-elle pas déjà une Haute représentante pour la diplomatie, Federica Mogherini (6) ? Pourquoi ce doublon inutile entre le Quai d'Orsay et Bruxelles ? Votre inutilité n'est-elle pas confirmée par les gaffes à répétition du Président Hollande qui, comme W. Bush, invente des nouveaux noms de pays ou méconnaît le protocole ? 
  • Question pour Christiane Taubira, ministre de la justice : quand un citoyen porte plainte contre la police, il n'a aucune chance de gagner. La police pourra toujours invoquer le délit de rébellion, ou l'outrage à agent. Madame la ministre, vous qui aimez tant l'égalité, allez-vous proposer aux députés de réviser le corpus juridique qui permet à la police de s'abriter derrière des décisions de justice pour masquer d'éventuelles bavure ?    
  • Question pour Jean-Yves le Drian, ministre de la défense : Comme les honnis USA de W. Bush en leur temps,  la France de Hollande est en guerre, "contre le terrorisme" et "pour la démocratie", aux 4 coins du monde, à commencer par le Mali. Pouvez-vous faire un point sur les objectifs militaires et politiques de ces conflits ? Contribuent-ils, selon vous, à répandre la démocratie dans le monde et à lutter contre le terrorisme ? 
  • Question pour François Rebsamen, ministre du travail : Pouvez vous expliquer pourquoi vous excluez les départements et territoires d'outre-mer dans vos calculs du chiffre du chômage ? Les DOM-TOM ne font-ils plus partie de la France ? 
  • Question pour Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur : comment se fait-il qu'après le drame de Sivens, vous soyez toujours en poste ? Si la droite était au pouvoir, comme en 1986 et que la gendarmerie avait tué un jeune manifestant, n'auriez-vous pas été le premier à réclamer la démission du ministre de l'intérieur ?
  • Question pour Alain Vidaliès, secrétaire d'état aux transports : les français n'ont ni compris, ni accepté, la grève des pilotes d'Air France KLM. Ces derniers réclament maintenant le paiement des jours de grève. Pouvez-vous nous communiquer quelles mesures disciplinaires l'Etat, en tant qu'actionnaire de l'entreprise, va proposer au conseil d'administration ? Des licenciements massifs des pilotes kamikazes sont-ils envisagés ? 
  • Question pour  Najat Belkacem, ministre de l'Education Nationale, et Marisol Touraine ministre de la santé : En tant que socialistes et en tant que membres  du gouvernement Valls, vous êtes très attachées à la mise en oeuvre des promesses électorales formulées en 2012  par le Président Hollande. Votre action en faveur du mariage pour tous en témoigne. Question : quand allez-vous mettre en oeuvre la promesse de non cumul de mandat local avec des fonctions dans le gouvernement ? Allez-vous démissionner immédiatement de vos mandats locaux, respectivement dans le Rhone (7) et dans l'Indre (8), ou alors allez-vous continuer à vous moquer des français que vous forcez à travailler 35 heures par semaines, eux, et ce au profit de votre égo et de votre compte en banque ?
  • Question pour Michel Sapin, ministre des finances : Mr le Ministre, concernant l'affaire Luxleaks (10), vous avez déclaré :"l'optimisation fiscale n'est plus acceptable". Aujourd'hui, nous apprenons que grâce au crédit impôt recherche (CIR), la France est un paradis fiscal pour les entreprises de haute technologie telles que Huwaei ou Microsoft (11). Face à ce cas d'évidente concurrence déloyale vis a vis de nos partenaires européens qui n'ont pas de dispositif équivalent, allez vous demander la suppression du CIR ? 
  • Question pour Emmanuel Macron, ministre de l'économie : les députés s’apprêtent à voter un budget  à la fois en déséquilibre, en progression et dont les postes ne permettent pas d'assurer correctement les missions régaliennes de l'Etat, pas plus que les autres. A titre d'exemple, l'Education Nationale Française dépense plus par élève qu'en Allemagne, pour des résultats scolaires moindres. Où sont les baisses d'impots et donc la très forte réduction de la dépense publique ? Allez-vous appeler à rejeter ce budget qui se paie le luxe à la fois de matraquer les français d'impots et qui viole les traités Européens ?


Mais, comme toujours, force est de constater que, comme toujours, les QAG éviteront sans doute les questions qui fâchent. Cela risquerait d'énerver Manuel Valls, toujours prompt à voir du manque de respect et de la menace pour la démocratie dans le débat. 






(1) Au fait, saviez vous que LCP, la Chaine Parlementaire, publique, a un budget de 35 millions d'euros par an pour un audimat epsilonnesque ? Source BFM Business
(6) Les Echos Diplomatie européenne:Mogherini s’impose 16 novembre 2014
(9) Le Parisien Libéral «#Luxleaks»: le Luxembourg a raison de mener sa politique ! 6 novembre 2014



Listes précédentes de QAG qu'on a pas entendu