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vendredi 11 mars 2016

Le boucher de la rue de Meaux (75019) ou l'injustice de l'Etat "providence".

Un des grands arguments des étatistes de gauche comme de droite, pour défendre l'interventionnisme d'état, les impôts élevés, le rôle écrasant du service public étatisé et fonctionnarisé, la Sécurité Sociale monopolistique obligatoire ainsi que de manière générale l'état providence, c'est que, en France, personne n'est "laissé sur le bord de la route".

N'avez-vous jamais entendu des phrases du type "en France, on ne demande pas la carte Visa Gold pour se soigner, contrairement aux Etats Unis" ou "On est contre le chacun pour soi, on est pas des anglais" ou encore "Si tu aimes tant la Somalie ou le Bangladesh, pourquoi tu ne vas pas y vivre ?"

Vous aurez beau dire que, non seulement notre modèle social est payé à crédit (car déficitaire) donc non viable, ou que un français sur trois ne se soigne plus, faute d'argent, ou que bien que les HLM existent, le mal logement voire le non logement (SDF) est très répandu, bref, que le modèle social est réservé aux gens bien connectés (cadres moyens de la fonction publique, militants associatifs, diplômés du supérieur, PDG du CAC 40, chefs d'états étrangers, membres de partis politiques de gauche, syndicalistes, intellocrates) mais demeure une fiction pour les outsiders (pauvres, femmes, immigrés, retraités pauvres, jeunes sans qualification, auto entrepreneurs), il y a des chances pour que votre interlocuteur ne vous croit pas, et reste accroché à l'idée qu'en France, c'est vraiment une chance que de bénéficier du "filet de protection de l'Etat". 

Pourtant, l'histoire du boucher de la Rue de Meaux (1) , dans le XIXeme arrondissement de Paris, montre à quel point le modèle social français est injuste et non protecteur. Le modèle social français, c'est des gens qui paient, d'autres qui bénéficient, rien de plus. 
La rue de Meaux, vous connaissez. Elle est devenue tristement célèbre suite à la tuerie de Charlie Hebdo (1). Mais ici, il ne s'agit pas de terrorisme, mais de défaillance de l'Etat qui dit nous protéger. 
Jérôme Hallain, 33 ans, avait ouvert une boucherie artisanale dans la rue de Meaux (XIXe) à la mi-2012 et avait rapidement recruté deux employés (2). Il est typiquement le genre d'employeur que Hollande et la gauche devraient applaudir et célébrer.
Seulement, ce jeune chef d'entreprise a eu un problème de santé : après un diagnostic de cancer, il a souffert d'une tumeur germinale métastatique grave qui l'a empêchent de travailler. Il a du procéder licenciement des employés de la boucherie, fermer son commerce fin 2013, et les dettes et les impayés de loyer se sont accumulés.

Aujourd'hui, l'ancien entrepreneur va se faire expulser de son logement. L’artisan, qui n’avait pas répondu à une convocation du commissariat concernant le conflit pour loyers impayés qui l'oppose à sa propriétaire (il était hospitalisé le jour du rendez-vous), a reçu un courrier lui annonçant qu’il pourrait être chassé à la fin de la trêve hivernale. 

Est-ce que notre ancien entrepreneur, qui a donc crée des emplois, et généré des cotisations sociales, a droit à une aide ou à un HLM pour pouvoir continuer à habiter quelque part ? Non. 
Ce que la mairie de Paris lui propose, c'est de contacter les foyers de SDF pour voir s'ils n'auraient pas une place pour lui 

Si on admet l'idée qu'il est juste que la collectivité aide les gens en difficulté à se loger (idée contestable) et que chacun paie, par le biais du financement du système social pour cela, ne peut-on pas considérer que Jérome Hallain semble correspondre aux critères, en tout cas bien plus que Juppé et fils, Chevenement, le directeur général de la Fédération Française de Tennis, les cadres sups de Paris Habitat, les élus les Républicains du XVeme arr comme Louise Agathe Charpentier (4) ou les collaborateurs PS du XIIIeme ? 

Il ne faut surtout pas croire que nous sommes égaux, en Socialie, quand viendra le temps des difficultés. Et ce n'est même pas une question d'argent, mais avant tout une question de connections. Pour se soigner, il vaut mieux connaitre un grand ponte de la médecine. Pour se loger, avoir un contact chez les sénateurs maires. 
Voila pourquoi la privatisation du social est juste. D'une part, un système assuranciel privé, régulé par le marché, est plus juste qu'un système public opaque où chacun est forcé de cotiser, à perte. 
D'autre part, face à la faillite de l'Etat providence, qui, malgré tout, continue à spolier prélever, la meilleure protection est double : c'est la possession d'actifs réels, si possible hors de France, si il vous reste des économies après tous les prélèvements obligatoires, mais c'est aussi, évidemment les solidarités réelles, comme tous ces parisiens qui veulent se mobiliser pour aider le boucher de la rue de Meaux. 

Sur le plan politique, la proposition du député les Républicains Hervé Mariton, privatiser les HLM, prend tout son sens.





(3) Libération Ces locataires de HLM qui font scandale 21 décembre 2007
(3) Municipales 2014 à Paris Ces élus du XVe arrondissement logés dans le parc social 9 avril 2015

lundi 5 octobre 2015

La Sécurité Sociale a 70 ans, elle peut supporter la vérité

Egalement publié sur Contrepoints
Ah, les commémorations ! Certaines sont ridicules, mais elles servent principalement à occuper un président de la République impuissant, qui attend la reprise (1). D'autres sont carrément obscènes, comme quand, par exemple, François Hollande le socialiste rend hommage à Jules Ferry, ce grand "républicain" (2).  Vous vous souvenez du "Messieurs, [...] les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures [...]. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[...] (3) ? 
Enfin, il y en à d'autres qui confinent au crime tant elles perpétuent des mensonges, avec des conséquences bien réelles pour notre vie quotidienne. 
Ainsi, à l'occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, François Hollande prononcera le 6 octobre 2015 un discours sur le modèle social français. Pourtant, on peut parier sur le fait que le président de la République oubliera de mentionner quelques vérités.


La Sécurité Sociale a des racines Vichystes

On nous présente très souvent la Sécurité Sociale comme une superbe conquête progressiste, un héritage républicain. Or, rien n'est plus inexact. La Sécu, fille de la Résistance  ? C'est un mythe récent et artificiel (4). Il n'y a rien de progressiste dans la Sécurité Sociale française. En 1941, le régime de Vichy de Pétain impose la retraite par répartition: les pensions sont financées par des cotisations basées sur certains impôts et les revenus de la population active. Ce dispositif, en partie géré par les syndicats, est intégré à la Sécurité sociale en 1945. A t-on, depuis, dénoncé le dispositif ?


La Sécurité Sociale ne devrait plus en avoir pour très longtemps, théoriquement

Ce qui frappe quand on parle de Sécurité Sociale, c'est la récurrence du mot "déficit". A 70 ans, la Sécurité Sociale est plutôt mal en point (5). Mais ce n'est pas la faute aux managers de cette administration. C'est le système, digne de Ponzi, qui est vicié et pose problème. Chacun constate que, d'une manière ou d'une autre, les diverses cotisations salariales progressent sans cesse. C'est normal, il faut bien payer la répartition, intenable dans le cadre du vieillissement de la population, sauf à vraiment saigner les jeunes.


La Sécurité Sociale n'aide pas les français à se soigner

Il y a un mythe, en France, d'une population bien soignée, grâce à la Sécurité Sociale. Premier accro au mythe : l'existence de toute une population qui échappe aux bienfaits, puisqu'ils renoncent à se soigner, faute d'argent (6). Mais parmi la majorité, celle qui se soigne, il y a un autre problème : l'abus de substances médicamenteuses. Comment explique t-on que notre pays, supposé être celui de l'équilibre, abuse autant de pyschotropes ? La France est toujours le numéro un en ce domaine. Il faut croire que la promesse d'un Etat qui s'occupe de tout et protège ne passe pas parmi la population.


Les français ne sont pas si attachés que ça à la Sécurité Sociale

On nous dit : Les Français sont attachés à leur système social. Si'ils le sont autant, pourquoi créer ds peines de prison envers ceux qui osent mentionner l'idée qu'éventuellement, des alternatives rendues possibles par la législation européenne, puissent exister (7) ?





A l'aune de tous ces éléments, pas sûr qu'on veuille lui souhaiter un bon anniversaire, à la Sécu ...!





(1) Le blog de Nathalie MP Y a-t-il un mystère Hollande ?/ 2 octobre 2015

samedi 4 avril 2015

Désormais, interdit d'être trop gros ou trop maigre !




Vous la reconnaissez ? Pour celles et ceux qui vivent sur Mars, voici Kim Kardashian, une star de la téléréalité, aux Etats-Unis, donc ailleurs également. Elle n'a rien fait de spécial mais c'est une vraie leader d'opinion. Quand le président Hollande et les quelques trois cents députés socialistes français doivent arriver, tous ensemble, péniblement, à cinq ou dix millions de followers sur Twitter, Kardashian arrive à en avoir 30 millions.
Mais il se trouve que les lois françaises, ce sont les députés qui les font, pas Kim Kardashian. Et qu'on décidé tout récemment nos députés (dont on rappellera qu'ils sont majoritairement des hommes quinqua et plus ...) ? Ils viennent de créer un nouveau délit (1), puni d’un an d’emprisonnement et de 10.000 euros d’amende visant à réprimer l’incitation à la maigreur excessive, notamment de la part de sites internet pro-anorexie.
Ce qui est drôle, c'est que dans le même temps, ils ont aussi interdit le Free Refill de sodas afin de lutter contre l'obésité. 
Au même moment où, manifestement, les canons de beauté en vogue, non pas chez les quinquas mais les ados, changent pour s'aligner sur les formes de Kim Kardashian (2), assez loin de l'anorexie, les députés, au lieu de proposer des budgets en équilibre, le respect des critères de Maastricht, la simplification du mille feuille administratif, la ratification des nombreuses guerres dans lesquelles la France est engagée ou la légalisation de l'auto défense, préfèrent légiférer sur le poids des mannequins !
Ce faisant, en admettant que le sujet relève effectivement de la représentation nationale et non pas du libre choix des consommateurs, ils s’apprêtent à exclure du marché du travail de nombreux mannequins comme cette septuagénaire, Lauren Hutton, qui ont le tort de plaire à la presse féminine mainstream et aux vraies cibles de l'industrie de la mode, les quinquagénaires à fort pouvoir d'achat (et non pas les petites ados qu'essayent vainement d'imiter certaines de leurs aînées).


Le plus drôle, dans les justifications de ces députés qui légifèrent sur tout et n'importe quoi, ce sont les justifications : Olivier Véran, socialiste de gauche (PS), explique que son amendement anti anorexie va permettre de protéger les mannequins en "sanctionnant de façon sévère les agences si jamais elles étaient amenées à provoquer un amaigrissement excessif et à mettre en danger les mannequins une fois qu'elles sont sous contrat"
Quand à Arnaud Richard, socialiste du centre (UDI), il explique aux manants qui auraient la malencontreuse idée de se désalterer plus que de raison après une après-midi chez Ikea, que "C’est le rôle de la loi de fixer un cadre pour protéger la population contre une surenchère commerciale".

Est-ce que ces députés vont interdire à Carrefour/Leclerc/Auchan/SuperU de vendre des paquets de biscuits "un acheté/un offert" à des mannequins ? Proposent-ils de poser à l'entrée des écoles des perfusions de nutrition pour les anorexiques ? Vont-ils suggérer de faire suggérer l'indice de masse corporelle sur les contrats de travail ? Ont-ils dans l'idée de rendre obligatoire pour tous les ménages français les suggestions de menus publiées par le ministère de la santé ? En un mot, jusqu'où ira l'intrusion dans la vie privée des gens ?

Notez, il y a quand même une certaine cohérence dans le raisonnement de Véran et Richard, pour peu que l'on accepte certaines hypothèses. Si on part du principe que les consommateurs de soda ou les anorexiques font peser un coût trop élevé sur le système de santé publique et donc sur la Sécurité Sociale, et vu qu'il est interdit ne serait-ce que de parler de la possibilité de sortir de la Sécurité Sociale, alors il est logique que les députés s'immiscent jusque dans les assiettes des français.
Voila exactement pourquoi on peut dire qu'il n'y a pas d'opposition, en France, aux principes socialistes et dirigistes qui président à l'action de la majorité actuelle. La "droite" n'envisage pas une seconde que chacun puisse être responsable de soi, et que les consommations des enfants ne devraient relever que du seul choix des parents.

Que chacun gère lui-même son capital santé, qui dépend à la fois de son ADN et de ses choix de vie ? En voila une idée !
Non, en socialie, c'est l'Etat qui décide !





(1) H16 Les députés s’occupent vaillamment de notre poids 2 avril 2015
(2) Atlantico De Nicki Minaj à Kim Kardashian en passant par Beyonce : la revanche des gros culs (et pourquoi c’est un sujet politique)13 novembre 2014

lundi 9 mars 2015

RSI : les indépendants manifestent à Paris

vendredi 19 décembre 2014

mercredi 17 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Deux mille milliards d'euros de dette, la note de crédit de la France dégradée, 5 millions de chômeurs, mais que font les politiciens ? 

Certains se déguisent en "vrais gens" de la téléréalité (1), pour "comprendre ce que les français vivent". D'autres, si on en croit la presse people, compteraient fleurette à des journalistes, que ce soit à gauche ou à l'extrême droite gauche du spectre politique.  Enfin, tous se battent sur le nombre de jours durant lesquels les français devraient travailler ... comme si c'était aux politiciens à s'exprimer sur le sujet, et non pas les gens eux-mêmes.

Ils ont pourtant été élus pour accomplir une mission essentielle : être le corps législatif, c'est à dire une des trois composantes du pouvoir, notamment pour voter le budget et contrôler  l'action du gouvernement . Pour cela, ils ont à leur disposition plusieurs outils, notamment les questions au gouvernement. 

Parions cependant sur le fait que les questions au gouvernement suivantes ne seront pas posées aux ministres : 
  • Question pour le Ministre de l'Économie, Emmanuel Macron : vous avez vu, dimanche dernier, à l'instar de 2,8 millions de français (2), l'émission "Zone Interdite" sur M6, consacrée au sujet suivant : Normes, RSI, quand l'administration nous rend fou ! Vous avez également observé lu l'ordonnance en référé du TGi de Nice du 11.12.2014 (3) qui condamne le RSI. Celui ci ne peut justifier de son immatriculation au registre national des mutuelles. Monsieur Macron, allez-vous officiellement demander à la représentation nationale, non seulement qu'elle annule l'alourdissement des sanctions récemment votées contre les assujettis désireux de quitter le RSI, mais qu'en plus elle reconnaisse, en conformité avec la législation européenne, la liberté de choix en matière de protection sociale ? 
  • Question pour le Ministre des Finances, Michel Sapin : la note de la dette de la France vient d'être dégradée (4) par l'une des trois plus grosses agences de notation. Nous n'avons pas vu votre réaction, et de manière plus générale, la presse se demande où vous êtes, et ce que vous faites (5). Monsieur le ministre, où en est la réforme de l'Etat, et son recentrage sur ses seules missions régaliennes, police, justice, armée et diplomatie ?
  • Question pour la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : vous avez indiqué hier sur BFM TV que  vous souhaitez un gel des tarifs des autoroutes en 2015 (6) et que vous attendez un effort d'un milliard d'euros des sociétés concessionnaires qui pourrait prendre la forme d'une taxe sur leurs bénéfices (en plus de l'impot sur les société + les taxes domaniales, donc), parce que "les tarifs des autoroutes ont trop augmenté par rapport au coût de la vie". Allez-vous, si on suit votre logique, demander une baisse des tarifs de la SNCF, puisque le prix des billets de train a lui aussi augmenté plus vite que le niveau général des prix (7) ? Puisque vous semblez être disposée à voir baisser les tarifs des autoroutes, allez vous demander la baisse de la redevance domaniale (8) ? 
  • Question pour Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget : le gouvernement est en train de mettre en place l’impôt sur la nationalité sans même passer par la case Parlement (9), comme l'avait d'ailleurs déjà mentionné le philosophe et militant du parti Libéral Démocrate Gaspard Koenig (10). De qui vous moquez-vous ? De quel droit modifiez-vous un principe de l’impôt sur le revenu ? Allez-vous respecter la souveraineté, largement bafouée, du parlement en ce qui concerne la fiscalité ? Cette nouvelle philosophie est-elle la contrepartie du cadeau fait aux contribuables situés dans la première tranche ? 
  • Question pour la Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : bravo, malgré la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse, vous êtes toujours en poste. Vous vous félicitez également du "bon fonctionnement" de la plateforme téléphonique de signalement des djihadistes potentiels, et ce malgré les évidentes limites d'une telle réponse. (11) Avez-vous, sur cette plateforme, reçu des appels concernant certains hypermarchés de région parisienne qui vendent des livres appelant au djihad (12) ? Avez-vous discuté avec votre collègue Fabius, qui proposait, il y a moins de 2 ans, de combattre certains despotes du Moyen Orient en aidant ceux qui allaient devenir les dirigeants de l'Etat Islamique en Irak et au Levant ? Pourquoi surveiller les réseaux sociaux et les français à travers un dispositif qui ridiculise la NSA, alors qu'il suffit d'aller faire ses courses en banlieue parisienne ou d'étudier les options politiques du Quai d'Orsay ? 
  • Question pour le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius :  allez-vous proposer une minute de silence pour les 132 enfants de Peshawar assassinés par les talibans (13) ? Estimez-vous que le retrait des forces combattantes françaises d'Afghanistan, précipité par le président Hollande, était une bonne idée ? Ou bien estimez-vous que nous n'avons rien à faire dans la région, et dans ce cas comment conciliez-vous ce point de vue avec la présence française au Mali, au Tchad et en Centrafrique ? 
  • Question pour Sylvia Pinel, ministre du logement : Libération revient sur les questions de deux députés socialistes qui suggèrent de limiter les ventes immobilières qui ne passent par les agences immobilières (14). Allez-vous rejeter une fois pour toute cette idée saugrenue et liberticide ? 
  • Question pour Manuel Valls, premier ministre : votre ministre des relations avec le parlement, Jean-Marie le Guen, ne semble pas être intéressé par une PPL visant, comme le propose l'association Contribuables Associés (15), à rendre inéligible à vie les élus fraudeurs.  Il est vrai que lui même avait été pris la main dans le sac, avec la sous évaluation de son patrimoine. Allez-vous, Mr le Premier Ministre, reprendre cette proposition et bâtir cette république irréprochable sur laquelle vous aviez tant communiqué ? Comprenez-vous que la présence au sein de cette assemblée de délinquants avérés (Jean-Marc Ayrault PS, Sylvie Andrieux ex PS, Patrick Balkany UMP) ou potentiels est une insulte jetée à la face des français qui doivent présenter un casier judiciaire vierge pour un simple poste de vigile ? 

Les députés, de l'opposition comme de la majorité, pourraient poser toutes ces questions, et bien d'autres. Mais non, certains préféreront servir de faire valoir au gouvernement (16), pendant que les ministres préfèreront commenter les interviews d'essayistes d'extrême droite (17). 



(1) Le Figaro D8 ose la première téléréalité politique, Politiques undercover 
(2) Toute la télé M6 : Zone interdite sous les 3 millions avec l’administration qui rend fou 15 décembre 2014
(3) Mouvement des libérés Le MLPS fait condamner le RSI ! 16 décembre 2014
(4) L'Opinion Fitch abaisse la note de la France d'un cran 12 décembre 2014
(5) Le Figaro Mais où est passé Michel Sapin ? 15 décembre 2014
(6) BFM TV Autoroutes: Ségolène Royal veut "un gel des tarifs en 2015" 16 décembre 2014
(7) Libération Les prix du train augmentent bien plus vite que l'inflation 13 janvier 2013
(8) Economie Matin Si les péages augmentent en 2015, c'est à cause d'une taxe d'Etat ! 16 décembre 2014
(9) Atlantico Comment l’air de rien, le gouvernement est en train de mettre en place l’impôt sur la nationalité sans même passer par la case Parlement 17 décembre 2014
(10) Parti Libéral Démocrate La poche des expatriés, nouvel eldorado du fisc 13 décembre 2014
(11) Le Monde Filières djihadistes : les limites de la réponse sécuritaire 17 décembre 2014
(12) Métro Livre prônant le djihad : une polémique mais pas d'interdiction 29 juillet 2014
(13) L'Opinion Massacre dans une école à Peshawar 16 décembre 2014
(14) Libération Le lobby de l’immobilier ne manque pas d’air 16 décembre 2014
(15) Contribuables Associés L'inéligibilité à vie des élus condamnés, une revendication de longue date de Contribuables Associés 25 novembre 2014
(16) Le Point Assemblée nationale : la séance d'autosatisfaction 17 décembre 2014
(17) Le Point Bernard Cazeneuve monte au créneau contre Éric Zemmour 16 décembre 2014



Lire également les précédents épisodes de la série, publiée par Contrepoints 
 : 

lundi 15 décembre 2014

Zone interdite sur M6 : Normes, RSI, quand l'administration nous rend fou !


"C'est l'histoire d'une France qui croule sous la paperasse, qui souffre de milliers de règles, de lois et de normes ubuesques qui paralysent les initiatives et pourrissent la vie des usagers. Une France aux prises avec une bureaucratie toute puissante dont les premières victimes sont les Français. 



Aujourd'hui, 400 000 normes régissent notre vie. Beaucoup sont absurdes et inutiles. Nous les subissons pourtant dans notre quotidien. Et elles nous coûtent cher : environ 600 millions par an. En cause, non seulement les lois mais surtout les multiples décrets, arrêtés et circulaires qui les accompagnent. 

 Pendant un an, les équipes de Zone Interdite ont suivi le combat de ces administrés confrontés aux aberrations de certains services publics. Elles ont sillonné la France à la rencontre de ces Français broyés par la machine administrative. Nous nous sommes aussi intéressés aux six millions de commerçants, artisans ou travailleurs indépendants qui vivent un enfer depuis huit ans, date de la création du RSI, le régime social des indépendants. Ils subissent les dysfonctionnements à répétition de leur régime de Sécurité Sociale qui leur réclame parfois des sommes astronomiques. Conséquences : des dizaines d'entreprises sont poussées à la faillite. Mais certains commerçants ou artisans ont décidé de se révolter. 

La cour des comptes surveille pourtant de près le fonctionnement de nos institutions. Comment travaillent les rapporteurs de la Cour des Comptes ? Quels sont leurs méthodes d'investigation ? Voyage au cœur de la France bureaucrate, celle des commissions inutiles et des agences fantômes, des règlementations contradictoires et coûteuses."

Replay disponible sur le site web http://www.6play.fr/m6#/m6

mardi 2 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Pauvre scène politique française ...! Il aura suffi qu'une élection se tienne au sein d'un parti politique d'opposition, pour que tout le reste disparaisse des écrans radars des journalistes, et donc des députés. Car il apparaît de plus en plus clairement que le théâtre des questions au gouvernement a de moins en moins à voir avec le contrôle de l'action de l’exécutif par les élus de la Nation, et de plus en plus à voir avec une comédie, jouant sur le comique de répétition, le ridicule et l'anecdotique. 

Il existe pourtant des députés sérieux, à gauche, au centre ou à droite. Espérons qu'eux mêmes reprennent les QAG suivantes ou bien qu'ils les soufflent à leurs collègues dont les deux missions fondamentales sont, rappelons le, le vote du budget et le contrôle de l'action du gouvernement :

  • Question pour le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo (1), n'a guère apprécié ce nouveau discours de Dakar prononcé  samedi 30 novembre 2014 par le président Hollande lors du sommet de la francophonie. Passons sur le fait que les médias n'aient fait écho ni du sommet ni du ton paternaliste de Hollande qui rappelle le discours de Guaino-Sarkozy sur l'homme africain. Mr Fabius, pourriez-vous nous rappeler le contenu de la promesse numéro 58 (2) du candidat Hollande, celle qui promettait de rompre avec la Françafrique et de relancer la Francophonie ? Comment articulez-vous cet engagement présidentiel avec les nombreuses guerres lancées depuis 2012, d'une part, et avec le ton de ce nouveau discours de Dakar, d'autre part ? 
  • Question pour la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : les Bonnets Rouges avaient été clairs : pas d'écotaxe ! Comment se fait-il que l'écotaxe revienne sur la table (3) ? Et en quoi une ecotaxe régionalisée serait compatible avec le concept d'égalité des français devant l’impôt ? 
  • Question pour la Ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem : Par un décret, paru au J.O du 20 novembre, vous avez mis un terme au redoublement (4). Madame Belkacem, plutôt que de diriger l'Education Nationale de haut en bas, pourquoi ne pas faire confiance aux communautés éducatives et les laisser gérer elles-mêmes leurs programmes et ses modalités d'application ? A quand la liberté scolaire ? 
  • Question pour la Garde des sceaux, Christiane Taubira : de nombreux articles de presse , publiés notamment par le Figaro (5) ou Paris Match (6) évoquent, en parlant de la situation fiscale du fils d'un de vos collègues, un possible cas de blanchiment derrière l'achat d'un appartement à 7 millions d'euros par une personne sans activité ni revenus. Madame Taubira, pouvez-vous nous confirmer que la prescription dan cette affaire interviendra dans un mois et que le fils de ce ministre pourra librement jouir de son 285 m² acheté pour près du double du prix qu'il coûtait 4 ans auparavant ? 
  • Question pour le Ministre des Finances, Michel Sapin : vendredi dernier, les allemands ont voté pour un budget en équilibre (7). Est ce que l'Allemagne soigne moins bien ses citoyens ? Eduque t-elle moins bien ses enfants ? Même pas ! Du coup, la question est : quel est le plan français pour tendre vers une telle situation ? Mr Sapin, vous qui êtes si doué pour trouver quelques milliards d'économie à quelques heures d'une réunion avec les autorités européennes à Bruxelles, avez-vous identifié d'autres postes sur lesquels nous pourrions économiser ? Envisagez-vous par exemple, un recentrage de l'état sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, par Bruxelles, et du coup une mise en concurrence de tout le reste (santé, éducation, etc) ou bien continue t-on avec cette dépense publique énorme, inefficace et injuste ?
  • Question pour le Ministre de la Défense , Jean-Yves Le Drian : pouvez-vous confirmer ou infirmer les informations de l'Opinion (8) qui note que trois après la chute de Mouammar Kadhafi, la France réfléchit à un nouvel engagement de ses forces armées en Lybie ? Avec quelle budget voulez-vous vous lancer dans une nouvelle guerre, et pour quels objectifs stratégiques ? 
  • Question pour la Ministre de la Santé, Marisol Touraine : madame la ministre, pendant que vous commentez la révolte des patrons contre l'excès de contraintes et de réglementations (9), vous ne vous occupez pas de la santé des français. Un seul exemple ? Où est votre réactions au sujet de l'incendie dans la centrale nucléaire de Tihange (Wallonie) dimanche dernier (10) ? Avez-vous rappelé aux populations du Nord, de Lorraine et d'Alsace quels sont les plans à suivre en cas d'incident nucléaire ? Vous-êtes vous mis en relation avec votre homologue belge pour suivre la situation ? Attendez-vous un vrai nouveau Tchernobyl pour dévoiler des plans ou bien constatez vous que, comme pour l'incident de l'usine chimique Lubrizoil de Rouen (11), les gens feront mieux tout seul qu'avec votre "aide" ? 
  • Question pour le Ministre de l'Emploi, François Rebsamen : vendredi dernier, les chiffres du chômage pour le mois d'octobre ont été révélés (12). Le nombre de demandeurs d'emplois en France, inscrits à Pôle Emploi de catégorie A s'établit à 3,46 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre 2014. Sur une année, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 5,5%. Et au total, le nombre total de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi (catégories A,B,C) était de 5,15 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre. Mr Rebsamen, nous n'avons pas vu votre réaction sur ces chiffres du chômage, où étiez vous ? En week end à Dijon, ville dont vous êtes toujours conseiller municipal ?
  • Question pour le Secrétaire d'État, chargé de la Réforme de l'État et de la Simplification, Thierry Mandon : entendez-vous le message des citoyens, qu'ils soient chef d'entreprise ou salariés ? Ils en ont assez des propos vides de sens. Mr Mandon, quand est-ce que le gouvernement va cesser de moquer du monde ? Qu'en-est il de cette simplification administrative où, par exemple, le silence de l'administration vaut approbation sauf... dans la majorité des cas (13) ? 
  • Question pour le Ministre de l'Économie, Emmanuel Macron : votre gouvernement n'a toujours pas transposé la directive européenne 92/50/CEE (14) et votre majorité socialiste a récemment renforcé les sanctions contre les personnes qui ne souhaitent plus, conformément à la législation européenne, être forcément affiliées à la Sécurité Sociale. Puisque les autorités publiques affirment être dans leur bon droit, peuvent-elles au moins apporter la preuve de la légalité de l'existence du RSI (15) ? Etant donné que le RSI tue (16), il serait bon qu'il le fasse au moins légalement !
  • Question pour Manuel Valls, premier ministre : votre ministre des relations avec le parlement, Jean-Marie le Guen, ne semble pas être interessé par une PPL visant, comme le propose l'association Contribuables Associés (17), à rendre inéligible à vie les élus fraudeurs. Allez-vous, Mr le Premier Ministre, reprendre cette proposition et batir cette république irréprochable sur laquelle vous aviez tant communiqué ? 

Gageons que les députés préféreront parler d'obscurs amendements de régularisation du budget 2014, du "danger fasciste qui menace". C'est vrai que, voter un budget en équilibre (donc en baisse) et contrôler l'action du gouvernement, ça serait trop demander ...!



Sur le même sujet 





(5) Paris Match Thomas Fabius - la roue tourne 25 juillet 2013
(6) Le Figaro Thomas Fabius dans l'œil du fisc 1 mai 2013 
(11) Le Parisien Libéral Fuite de gaz de Rouen : on a connu le gouvernement plus bavard 24 janvier 2013

mardi 28 octobre 2014

Il parait qu'on a un gouvernement pro business ...

Explication sur le site web de Jean-Christophe Fromantin, député maire de Neuilly sur Seine
PLFSS 2015 : Nouveau coup (très) dur contre les entrepreneurs

mardi 1 juillet 2014

République vs démocratie : même les députés PS commencent à comprendre

Jusqu'à présent, il était admis que, malgré toutes les imperfections de la pratique politique, la France était une démocratie (représentative) appliquant le principe de séparation des pouvoirs :

Egalement
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  • le peuple élit des représentants, un corps législatif qui fait la Loi, à commencer par la plus importante, la loi de finance
  • le gouvernement exécute, c'est à dire dispose de l'administration pour mettre en oeuvre les politiques voulues par les représentants du peuple
  • les juges s'occupent de faire en sorte que les lois soient respectées.
Mais ça, c'était avant. 

Hier, le 30 juin 2014, l'Assemblée Nationale discutait d'amendement sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Le sujet est d'importance, surtout au moment où les patrons font savoir leur impatience (1) et où tous les indicateurs sont au rouge écarlate (2000 milliards de dette, 5 millions de chômeurs (2), croissance atone ...). 
Or, le gouvernement et les députés ne sont manifestement pas d'accord. A tort ou à raison, notamment 41 députés socialistes ne veulent pas de la politique que le gouvernement voudrait mettre en oeuvre, à savoir baisser la pression fiscale sur les entreprises. Au moment de passer au vote, le gouvernement a suspendu la procédure (3), pour ne pas avoir à se battre amendement par amendement. C'est une initiative "étonnante" (4) (euphémisme ...) que seul le bruit généré par la coupe du Monde de football a pu couvrir ... !



Bien sûr, qu'on ne peut que regretter le fait que les 41 députés socialistes frondeurs pensent ce qu'ils pensent. Mais, attention, au moment où, rappelons le, la France a des forces armées un peu partout en Afrique pour se battre "pour la démocratie", est-il acceptable que, ici, chez nous en France, notre gouvernement se moque bien d'un principe aussi fondamental en démocratie que la séparation des pouvoirs ? 
Les chefs du parti socialiste, Jean-Marie le Guen (celui qui sous évalue son patrimoine de 700 000 euros) ou Bruno Leroux, en vrais chefs de gang, menacent les élus frondeurs en leur disant :

  • quand on est dans une majorité, on vote ce que le gouvernement dit de voter
  • il n'y a pas de députés de droit divin, vous avez été élus grâce à Hollande et à votre étiquette PS
  • le risque, c'est la dissolution, et vous ne serez pas réélu.
Au delà de leurs menaces, le Guen et Leroux soulèvent de vraies questions, celles du quinquennat ou de la nature du mandat des élus, impératif ou non. Si on poursuit la logique de Le Guen et Leroux, alors pourquoi ne pas ressortir une promesse de Hollande, la proportionnelle, assortie de scrutins de listes nationales, plutôt que l'actuel système de scrutin uninominal majoritaire ? Comme ça, le nom du député importera peu, et chaque élu sera attaché à une seule circonscription, la France ? 

Même si les 41 frondeurs contribuent à ne pas aller dans la bonne direction (pour ne pas dire :à couler la France !), ils ont raison de rappeler qu'ils ne sont pas aux ordres de l'Elysée et de Matignon !
De plus, nul ne peut prédire avec certitude le résultat d'une dissolution. Si Hollande démissionnait, c'est clair, il ne serait pas réélu, c'est évident. Mais quelle majorité se dégagerait d'une élection législative ? Mystère. L'état de décomposition de l'UMP (5) et la désorganisation de l'UDI ne garantissent nullement que l'actuelle opposition gagne des sièges, quand au FN, le système à deux tours fait que même si l'extrême droite est peut être la première opinion politique en France, elle a du mal à attirer 50% d'électeurs.  Autrement dit, une dissolution pourrait amener à un statu quo, voire à une gauchisation accrue de l'Assemblée Nationale. Et si c'était les 41 frondeurs qui avaient raison (sur la forme, et non pas sur le fond) ? 

En tout cas, ce qui est certain, c'est que le socialiste Manuel Valls affiche ses priorités : c'est la république avant la démocratie. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas (6) !



(1) L'Opinion Le ras-le-bol des entreprises contre l'Etat 29 juin 2014
(5) Authueil L'étrange écroulement 24 juin 2014

vendredi 27 décembre 2013

Blogosphère politique, à suivre

Voici quelques bonnes lectures
Quand à Twitter, voila quelques comptes intéressants 


Pourquoi les suivre ? Parce que ce qu'ils ont à raconter n'est ni l'"ultra libéralisme" que le PS rejette, ni la caricature de libéralisme que l'UMP présente de temps en temps, entre deux hoquets ultra étatistes et socialistes de droite.

En ce qui concerne les infos généralistes, il y a toujours, sans hésiter

Bonnes lectures en 2014 !

samedi 21 décembre 2013

Soutenons tous @Mediapart s'ils se montrent cohérents

Tout d'abord, avouons notre admiration (sincère) envers la très belle aventure entrepreneuriale qu'est Mediapart. Ce média en ligne a été crée il y a plusieurs années déjà, avec des journalistes expérimentés (comme Edwy Plénel, Laurent Mauduit, Martine Orange ou l'excellent Philippe Ries (1)), qui se sont lancés dans la création d'une entreprise originale, un journal 100% en ligne et qui plus est payant (à la différence de Contrepoints et Atlantico, qui eux sont gratuits).

Depuis, Mediapart et ses journalistes se sont caractérisés par des très bonnes enquêtes, sur les affaires Takkiedine ou Cahuzac par exemple. 

Au sujet de cette dernière affaire, souvenez-vous, par exemple, de arrogance d'une journaliste de France Inter, Pascale Clark, qui interrogeait avec mépris Edwy Plenel, il y a un an, sur les preuves dans l'affaire Cahuzac. 



Aujourd'hui, Mediapart est, comme beaucoup d'autres entreprises, victime d'un contrôle fiscal. On sait que, outre les entrepreneurs individuels qui sont traditionnellement harcelés par le fisc (avec de nombreux cas de suicide jamais médiatisés (2)), Bercy a lancé une vague de contrôles cette année, portant notamment sur l'usage du crédit impôt recherche (3). Pourquoi ? Par méchanceté et par hargne des gens de Bercy ? Peut-être du coté de quelques syndicalistes fous et partisans, mais ce n'est pas la vraie explication. La vérité c'est que comme la France dépense 1,25 euro d'argent public quand elle collecte 1 euro de taxes et impôts, alors l'Etat est à la recherche, par tous les moyens, de chaque euro à récupérer.

Le problème spécifique de Médiapart est lié à la TVA. Mediapart applique un taux de TVA de 2.1%, comme les journaux qui ont un taux de TVA dit super réduit, alors qu'ils devraient, selon la loi française, appliquer un taux de TVA de 19.6% (bientôt 20% alors que le PS avait fait campagne sur la non-hausse de la TVA ... mais c'est une autre histoire). Ce débat sur la TVA, il avait déjà été soulevé par Enquête & Débat, un autre média en ligne. Edwy Plénel avait opposé le droit à la loi (4).



Edwy Plenel estime que Médiapart ne fraude pas... par enquete-debat


Aujourd'hui, Edwy Plénel communique sur ce débat.


L'interview d'Edwy Plénel est intéressante mais elle contient des éléments contestables. Le directeur de Mediapart nous dit "La presse n'est pas une marchandise comme les autres, parce qu'elle est au service du public". Evidemment, c'est exagéré. Déjà, la presse n'est pas la seule à se considérer comme un produit "pas comme les autres". Il y a aussi les médicaments, les produits agricoles, les livres, l'eau, les trains, l'éducation, etc, si on en croit certains, qui sont des produits pas comme les autres, à se demander ce qu'est un produit comme les autres. Mais, n'en déplaisent aux journalistes de Mediapart, même s'ils influent sur le débat public, ils doivent quand même leur rémunération à l'argent de leurs actionnaires et à la confiance de leurs clients. La presse est bien un produit comme les autres.

Mediapart se considère comme le concurrent des journaux papier. C'est évidemment faux. Ce n'est pas dans ces canards boiteux que sont les journaux papiers qu'on a une chance de trouver des enquêtes un peu fouillées, sur Cahuzac notamment. Les lecteurs de Mediapart sont prêts à payer pour de la valeur ajoutée.

Mediapart mentionne le fait qu'au Royaume Uni, la TVA est à 0% sur les journaux en ligne. Ils mentionnent aussi le fait que l'Etat est hors la loi depuis 2011 car il n'applique pas une directive européenne qui devrait forcer la France à aligner la TVA applicable à la presse en ligne et à la presse papier. 
C'est là où les affirmations républicaines de Mediapart ("nous sommes prêts à payer nos impots") trouvent leur limite.

En France, nous sommes censés appliquer et respecter les lois même si elles sont stupides ou injustes. Combien d'automobilistes sont forcés à rouler à 50km/h sur des quasi autoroutes, par exemple ? Et combien de directives européennes ne sont pas traduites en droit français ? 

Oui, il faut soutenir Mediapart, mais il faudrait qu'Edwy Plenel soutienne aussi les milieux libéraux qui, non seulement veulent moins d’impôts, moins et mieux d'Etat, mais aussi que la France s'inscrive enfin dans un cadre européen et fédéral. 
Exemple concret la directive Européenne qui abolit le monopole de la Sécurité Sociale (5): C'est en application de la directive 92/49/CEE qu’en Allemagne les caisses publiques d’assurance-maladie sont en concurrence depuis janvier 1996.
Cette directive, importante, aucun journal n'en parle, et elle fait même l'objet d'une censure toute renforcée, récente (lire Je quitte la secu (6)). Or, si Mediapart réclame l'application d'une directive européenne, il devrait réclamer l'application de toutes les directives européennes, par cohérence de la hiérarchie des normes.

De manière plus globale encore, Mediapart devrait soutenir la réduction du rôle de l'Etat, préalable indispensable à la baisse des impôts et dont l'absence justifie de la part du fisc toutes les dérives, y compris l'illégalité (7) ou le recours à un arsenal liberticide (8) (article 13 de la LPM qui fera des agents de Bercy des gens mieux armés que ceux de la NSA).

La TVA à 19.6%, elle sert à faire fonctionner tous ces servics publics dont l'utilité voire la légitimité est contestable.

Avons-nous besoin d'un Etat qui prélève une redevance TV pour faire fonctionner France Inter (Pascale Clark ...) ou France 2 (Sophia Aram ...) ? ou bien de liberté de choix et d'abonnements librement consentis à Mediapart ou de dons librement décidés à d'autres pure players comme Contrepoints ?

Avons-nous besoin d'un Etat qui prélève des milliards pour se montrer incapable de faire fonctionner une éducation nationale à la dérive ou bien ne vaudrait-il pas mieux que les parents s'organisent librement dans des communautés éducatives de quartier ?

Mediapart, comme une partie non négligeable de la gauche, est (éditorialement parlant) dans un entre-deux idéologique peu confortable. En effet, il est malaisé de défendre des idéaux qualifiables d'interventionnisme tout en demandant plus de libertés. La gauche peut et doit redevenir libérale. Il n'y a aucun caractère de science fiction dans cela, c'est la mission que s'est donnée la gauche liberale (9).
Alors, à quand une distribution de Bonnets Rouges chez Mediapart ? 

samedi 9 novembre 2013

9 novembre 1989

Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin est tombé. 

28 ans plus tôt, les autorités est-allemandes, sincèrement convaincues de vouloir faire le bien du peuple et le Bien sur Terre, avaient érigé un mur autour de Berlin Ouest (en plus du rideau de fer, la frontière hermétiquement gardée entre l'Allemagne de l'ouest, une démocratie libérale, et l'Allemagne de l'est, une démocratie populaire socialiste) afin d'empêcher les gens de l'est de fuir à l'ouest. 



Berlin, deux ans avant la chute du Mur par LEXPRESS

Aujourd'hui, il existe encore quelques paradis socialistes (l'état, selon Marx, qui permet la transition vers le communisme) comme Cuba ou la Corée du Nord. A notre connaissance, aucun Coréen du Sud, aucun dominicain ou martiniquais ne cherche à fuir vers ces pays pourtant égalitaristes. 

Mais au delà de ces anecdotes, il y a l'immense archipel des états d'apparence démocratique mais aux très fortes tentations dirigistes, à commencer par la France. 

Déjà, la technologie aide. La DCRI, ou la NSA disposent de moyens de surveillance des foules dont n'aurait même pas oser rêver un type de la Stasi de 1989. 

Ensuite, il y a la volonté politique explicite de garder les citoyens dans un enclos, et d'user de tous les moyens, y compris illégaux, pour faire appliquer le droit du plus fort. Quand la France de François Fillon crée une exit tax (légal), quand elle fait appel à des listes de données bancaires volées et fait du recel (illégal), ou quand la France de Hollande met des douaniers à Genève pour photographier les français (légal ?), quand de simples manifestants se voient prélever leur ADN pour le fichier FNAEG, quand la Sécurité Sociale peut demander à avoir accès à nos comptes en banque, on peut penser qu'il se recrée un mur de Berlin numérique autour de notre liberté de mouvement. Tout le monde ne cherche pas à frauder le fisc ou à partir? Mais faut-il pour autant profiter de la volonté des français de vivre chez eux, dans leur pays, pour leur imposer toujours plus de taxes et d'impots, bref toujours plus d'Etat ? 

Restons vigilants. Il n'est pas si sûr que cela qu'en 1989, ce soient les démocraties libérales qui aient définitivement gagné la partie, loin de la. 
Les Murs de Berlin sont dans la logique de tous les étatismes. 

mardi 17 septembre 2013

Dérembourser les dépenses d'optique

Les salariés du privé, lisez ceci :

Alors que la la loi du 14 juin relative "à la sécurisation de l'emploi" impose le fait que, le 1er janvier 2016, tous les salariés du privé soient couverts par un contrat collectif de complémentaire santé souscrit au sein de leur entreprise, le gouvernement socialiste veut remettre en cause des aides fiscales attachées à ces contrats collectifs de complémentaire santé. 
Pour le moment, la participation des salariés à une complémentaire est déduite de leur revenu imposable, même si l'employeur en prend charge une partie du payement de ces mutuelles. L'exécutif souhaiterait mettre fin à ce mécanisme, et espère une hausse de l'impôt sur le revenu (IRPP) d'environ 1 milliard d'euros. La pause fiscale, ce n'est pas pour maintenant !

Autrement dit, l'Etat oblige les entreprises à payer des mutuelles à leurs salariés, puis prévoit de les taxer indirectement. Autrement dit encore, le gouvernement socialiste ne laisse pas le choix aux gens, tout ca pour sauver une Sécurité Sociale par définition en faillite du fait du vieillissement de la population.

Mieux, alors que l'essentiel du déficit est lié aux frais hospitaliers de nos ainés les plus agés, le gouvernement Ayrault réfléchit à ne plus faire rembourser du tout par la Sécu  les dépenses d'optique, dont on sait que le niveau de remboursement est déjà ridicule. 

Plus largement, un mouvement de racket des salariés est à l'oeuvre partout en Europe : en Pologne, le gouvernement est allé se servir dans les caisses privées de retraites pour rembourser de la dette publique (source Reuters), Quelle honte ! Idem au Portugal il y a déjà trois ans (source City AM) ou en France aussi, en 2010 (lire Slate). Pour financer le train de vie d'Etats trop dispendieux, les politiciens pillent l'épargne des salariés. 
Combien de temps encore ? 

A quand le respect des gens et la liberté de choix, celle que http://jequittelasecu.blogspot.fr essaye de mettre en oeuvre, par exemple ?