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lundi 21 mars 2016

Discrimination des jeunes : on commence par le gouvernement ?

Décidément, ce gouvernement Valls ne cessera de nous faire rire.

Au début du mois d'avril, le gouvernement lancera une campagne de "testing" pour mesurer le taux de discrimination à l'embauche (1) ?

Comment enfoncer des portes ouvertes, tout en se tirant une balle dans le pied.
Annoncer à l'avance des tests surprises ?
Quand au processus de recrutement, il est, par définition, une discrimination : il s'agit, à partir d'une pile de cv, de choisir avec qui on a envie de travailler.

Mais que l'initiative de ce testing soit gouvernementale, la, c'est franchement gonflé.
En effet, face aux juges de la Cour de Cassation, l'Etat n'a t-il pas justifié le contrôle au faciès au prétexte que Noirs et Arabes sont les "seuls susceptibles d'être étrangers" (2) ? Notons que Zemmour ne dit rien de fondamentalement différent ! Alors, la police qui discrimine, c'est bien, les recruteurs, c'est mal ? 

Quand on a un chef de gouvernement, ex maire d'une commune de banlieue, qui demande à ce qu'il y ait un peu de plus de white, de blancos sur le marché de sa ville, est-on le bon interlocuteur pour donner des leçons aux méchants patrons qui ne recrutent que des white, des blancos ? 

Quand les résultats de ce testing seront connus, et ils seront sans doute similaires à ceux de l'étude de l'Institut Montaigne de 2015 (4),  il faudra enfin qu'on nous explique ce que c'est, un cv identique, surtout après qu'on ait abandonné le cv anonyme (comme si un cv pouvait être anonyme).
Même à "diplôme égal", nous sommes tous différents. 

Le seul moyen d'en finir avec les discriminations à l'embauche, c'est la libéralisation de l'économie et une politique pro business qui permettra d'intégrer tous ceux qui veulent participer au marché de l'emploi. Un peu du genre de celle que mène le gouvernement britannique, en fait. Et il n'est pas interdit non plus de respecter ses promesses de campagne, comme l'abandon des contrôles d'identité au faciès.





jeudi 18 juin 2015

Et maintenant, une loi anti discrimination des pauvres !

L'enfer législatif est pavé de bonnes intentions. Vous le saviez déjà. Mais avez vous vu la dernière idée des sénateurs ?  Le Sénat a reconnu ce jeudi que la pauvreté pouvait être un critère de discrimination, en adoptant un projet de loi d'un sénateur socialiste. (1)

Cela fait des années qu'ATD Quart Monde dénonce l'existence de cas dans lesquels les pauvres (2). Les cas les plus connus, ce sont ces affaires où des médecins refusent de soigner des gens qui sont couvert par le dispositif CMU. 

ATD Quart Monde nous apprend également ce qu'on savait intuitivement, à savoir le fait que dans des testings de CV, quelqu'un qui a, dans son parcours, été dans une structure d'insertion sociale par le travail, est discriminé. Autrement dit, les emplois jeunes enferment leurs bénéficiaires mais ne leur permettent surement pas de s'insérer.




Alors, face aux refus de soin ou face aux discriminations diverses et variées, fallait-il légiférer ? 
Le législateur propose de punir de peine de prison et d'amendes les auteurs de telles discriminations. L'intention, lutter contre les discriminations, est louable, mais dans un pays qui comprend entre 5 et 8 millions de pauvres selon l'INSEE, soit autant de victimes potentielles, qui peut croire que l'on va pouvoir lutter contre cela ? 
Va t-on mettre en prison les sans doute milliers de médecins qui discriminent ? Forcer les employeurs à embaucher, surtout s'ils ont le choix des candidats ? 

Evidemment, c'est trop compliqué pour des socialistes (de gauche comme de droite) de reconnaître quelques vérités simples : d'une part, les dispositifs publics censés aider les gens tombent souvent à coté de leur objectif, de manière intrinsèque, car l'intervention publique introduit toujours de la complexité (papiers à remplir, critères à respecter, administrations à contacter ...). Or, tout le monde n'est pas adepte du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"
D'autre part, les dispositifs d'aide sont effectivement des marqueurs sociaux (pensez aux tickets de rationnement que l'UMP proposait en 2010) et c'est exactement pour cela que, quand ils ont encore le choix, les pauvres n'en veulent pas (3). Et oui, eux aussi ont leur dignité. 

La meilleure lutte contre la discrimination, c'est une politique pro business, qui permettra de revenir à de meilleurs niveaux d'emploi. Quand les employeurs auront épuisé le stock de candidats 100% désirables (la bonne adresse, la bonne apparence, le bon sexe), alors ils se tourneront vers les autres. Quand à la lutte publique anti pauvreté, elle est inutile tant que les politiciens n'auront pas compris qu'il faudrait passer d'une logique centralisée de stock à une logique décentralisée de flux. Evidemment, cela présuppose un certain nombre d'actions (4) que des étatistes ne sont pas près de mettre en oeuvre ...




(3) Le Parisien Libéral Tickets de rationnement pour les pauvres : stop ! 16 août 2010 
(4) Contrepoints « Mort aux pauvres ! » 4 mars 2015

jeudi 9 avril 2015

Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican ?

Les "progressistes" sont en émoi !

Le pape aurait refusé un ambassadeur envoyé par la France au Vatican, du coup du, Libération sous titre " Le pape François ne serait-il finalement pas si progressiste que cela ?" (1)



Pourtant, si on en croit Riposte Catholique (2),  l’archevêque de Paris, le cardinal André XXIII, a envoyé une lettre au pape François pour soutenir le choix de l’Elysée qui s'était porté sur  Laurent Stefanini, chef du protocole de la République depuis 2010 et diplomate depuis 1985. C'est à y perdre son latin, vous ne trouvez pas ? André XXIII, on s'en souvient, était, aux cotés de Gilles Bernheim, le grand rabbin de France, Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, et d'autres, opposé au projet de loi Taubira sur le mariage pour tous. Comme quoi, l'argument simpliste de l'homophobie des uns et des autres ne suffit pas à expliquer la situation ?

Première nouvelle : les pratiques sexuelles des gens figurent donc désormais sur leur CV. La prochaine fois que vous enverrez un CV à l'Elysée, chez Libération ou dans tout autre endroit dominé par le "progressisme de gauche" (qui consiste, donc, à essentialiser la sexualité) vous saurez pourquoi vous n'aurez pas été retenu, si comme 80 ou 90% des gens, vous êtes hétérosexuel. 

Deuxième nouvelle, il parait donc le Pape François avait "suscité l'enthousiasme général il y a deux ans". C'est drôle, parce que finalement, Libération avait presque oublié que le Pape est, en plus d'être le chef de l'état du Vatican, avant tout l’évêque de Rome et le chef de la communauté catholique, rien de plus. Point positif : personne n'est obligé d'être catholique, et l'apostasie n'y est même pas un crime, à la différence d'autres religions. 

Troisième (bonne) nouvelle, puisque la nomination de tel ou tel ambassadeur à tel ou tel endroit devient un sujet de conversation mainstream chez les "progressistes", alors peut-être demanderont-ils des comptes à François Hollande, voire instruiront-ils de logiques procès en racisme, face au refus de la France de voir Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil au poste d'ambassadeur de Mauritanie en France (3) ou face au plafond de verre dont semble avoir été victime Zair Kedadouche, diplomate français auparavant en poste en Andorre (4) ? Ne semble t-il légèrement pas plus grave que la France, pays des droits de l'homme, de l'assimilation et de la méritocratie, refuse de nommer un consul au nom à consonance arabe à un poste dans une ville sous prétexte qu'on y trouverait une forte communauté juive ? Ou bien chacun admettra t-il que tous les pays du Monde, même la France, sont souverains dans leurs décisions et peuvent refuser toutes les nominations qu'ils veulent, que ce soit pour être représenter aussi bien que pour accueillir des représentants ? 

En vérité, le président Hollande n'a rien fait pour cacher le mépris qu'il semble ressentir envers la communauté catholique et vis a vis du pape François, rappelez-vous la rencontre de janvier 2014.
Alors, que le poste d'ambassadeur près le saint Siège reste vacant quelques mois de plus, alors qu'il l'est depuis le 1er mars 2014, qu'est ce que cela peut bien faire ? 
En revanche, cette polémique sur le réseau diplomatique français, le deuxième du monde après celui des Etats Unis, tombe bien. Nous cherchons à faire des économies budgétaires, non ? Alors pourquoi ne pas proposer à nos 27 partenaires européens de mettre enfin en commun notre réseau d'ambassades ? Quel sens y a t-il à ce qu'il y ait 28 ambassades différentes des différents membres de l'UE à Washington, au Vatican ou à Pekin ? Que Fabius ferme le Quai d'Orsay et confie les clefs de la diplomatie à Federica Mogherini, en charge du même dossier à Bruxelles !

EDIT 10 avril 2015 : s'il s'agit d'un cas avéré d'homophobie, la France doit activer l'option logique qu'elle a entre ses mains : la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En quoi la France de François Hollande a t-elle finalement besoin d'entretenir des relations avec ce petit pays ? Et après tout, d'autres pays occidentaux comme les Etats Unis ou le Royaume Uni (5) ont déjà pris des options diplomatiques fortes pour montrer que la lutte contre l'homophobie était une priorité. En revanche, puisque le sujet plus largement est celui de la discrimination à l'embauche, peut être que les progressistes pourraient adopter une attitude moins communautariste dans leur approche, et considérer toutes les discriminations.



(1) Libération Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican 9 avril 2015
(2) Riposte Catholique Le cardinal Vingt-Trois promeut un homosexuel pour l’ambassade de France 7 avril 2015
(3) Cridem La France refuse les lettres de créance d’Ould Brahim Khlil depuis un an 9 mai 2013
(4) Le Parisien Racisme : un ambassadeur claque la porte du Quai d'Orsay 13 mai 2014