lundi 6 juillet 2015

Le berceau de la démocratie

Alors, comme ça, les Grecs ont dit non aux propositions de la Troïka (1) ? 
Que le FMI se mèle des finances publiques d'un pays, c'est bon pour les africains, mais certainement pas pour les Grecs, quand bien même ceux-ci aient prouvé leur capacité à être très éloignés des standards européens ? 
On peut concevoir cela, mais dans ce cas, comment les Grecs peuvent-ils vouloir le fait que les contribuables européens paient pour faire fonctionner les services publics Grecs ? 

Quoi qu'il en soit, on comprend à quel point le fait de vouloir à tout prix que la Grèce, berceau de la civilisation occidentale, fasse parti de l'Union Européenne et de ses quelques institutions vaguement et imparfaitement fédérales, est une hérésie : si les Grecs, ou les 27 autres, ne veulent pas des contraintes du fédéralisme, ils ne peuvent pas non plus vouloir être éligibles à ses bénéfices. 

A court terme, le non ne change rien (2) : la Grèce est en faillite, et ils ont besoin d'argent, la, tout de suite, pour fonctionner un minimum. Le plus cruel est que les gouvernements nationaux des 27 autres, pas plus que les institutions européennes, ne demanderont notre avis pour savoir s'il faudra donner aux Grecs une aide d'urgence. 
Mais à plus long terme, il y a un peu d'espoir dans ce vote, si chacun va au bout de sa logique. On va enfin savoir si l'Europe veut etre fédérale ou non. 
Si elle veut l'être, il semble évident que la justice, la diplomatie et l'armée des 28 doivent être gérées par Bruxelles, avec un impot fédéral, et que tous les autres services publics doivent être privatisés.
Enfin, on va enfin pouvoir commencer à réfléchir sur les éventuels bénéfices du renversement de l'élargissement. 

Qu'on arrête de nous dire que, parce que la Grèce est le berceau de la démocratie, alors elle est membre de droit de l'UE. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui nous ont légué le débat sur la démocratie (3), non ? 




(2) H16 Grèce : un non qui ne change rien 6 juillet 2015
(3) Philosophie La démocratie chez Platon et Aristote 12 octobre 2010

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