lundi 6 décembre 2010

Trop de lois ...

... tuent l'emploi !
Exemple concret d'enfer réglementaire pavé de bonnes intentions : la volonté de réglementer le maquis des stages en entreprise et autres jobs de début de carrière.
Certes, l'intention était bonne. Qui peut raisonnablement accepter que des jeunes travaillent pour rien et soient corvéables à merci ?

Cela dit, réfléchissons deux minutes et demandons nous pourquoi le phénomène du stagiaire est aussi développé en France ?
On le sait, en France, (en dehors de quelques initiatives interessantes mais isolées comme l'opération Phenix de Axa, CCE, Danone, HSBC, la Marine Nationale, L’Oréal, PricewaterhouseCoopers, Renault, Société Générale) , une formation = un type de job. Or, pour diverses raisons, nous ne sommes pas dans un pays où une licence d'histoire médiévale permet de devenir chargé d'affaires en fusions et acquisitions. De plus, la présence ou non de stages est un élément clef de l'étude des CV de juniors donc de l'embauche. Même si les stages ne servent à rien du point de vue expérience accumulée, ils donnent au moins au junior les codes linguistiques de son futur emploi, et une idée du rythme de travail. Du coup, rendre plus difficile l'obtention d'un stage en post Master, sachant que les jeunes qui ont le plus besoin d'un stage post études sont ceux qui ont fait le moins d'incursions en entreprises lors de leurs années d'université, c'est en fait donner une double prime à ceux qui ont déja le plus.
Reprenons la traditionnelle opposition universités vs écoles de commerce. l'enseignement théorique y est le même. La différence vient surtout de la présence de stages obligatoires dans le cursus des secondes, ou dans celui des facs qui ont compris comment ca marche, comme Dauphine. Conclusion, à bac +5 "égal", l'étudiant d'école de commerce a déjà 12 ou 18 mois d'expérience sous forme de stages, tandis que celui de fac en a 6 maximum. C'est ce dernier qui est pénalisé par l'impossibilité de signer une convention de stage post études, alors que la Loi adoptée était censée le protéger contre l'exploitation des employeurs.

Deuxième loi à effets pervers : les périodes de notification de fin de période d'essais plus longues. Les employeurs le savent, il n'est plus possible d'attendre le dernier jour pour signifier à un candidat qui ne fait pas l'affaire qu'il ne sera pas confirmé. De six mois auparavant, la période d'essai s'est transformée en une période de 4 mois, sur le plan pratique. En gros il n'y a plus droit à l'erreur.

Qu'en conclure ?
Déjà, une fois de plus, trop de lois tuent l'emploi. Nous avons refusé le CPE, nous n'avons pas voulu de la directive Bolkestein, mais par contre nous ne disons pas non aux tarifs toujours plus compétitifs et aux délais serrés. Les stagiaires sont la variable de l'ajustement à la française, et ceci devient structurel. La convention de stage est manifestement le moyen de garder en France de l'emploi non délocalisable mais trop cher pour le SMIC.
De plus, on mesure l'écart qui sépare les députés des entrepreneurs et des consommateurs. Regardez la sociologie des députés, sur le site web de l'Assemblée Nationale : une fois qu'on a enlevé les enseignants et professeurs, les fonctionnaires des grands corps de l'Etat, les sans profession déclarée (!) et les permanents politiques, il reste peu de monde qui a déjà envoyé une offre d'emploi sur monster.fr, reçu uen avalanche de cv, fait passé des entretiens, envoyé une déclaration d'embauche à l'Urssaf Montreuil, procedé à des licenciements, le tout en gardant à l'oeil le chiffre d'affaires et les clients.

Chacun son métier ? Oui. Que les Députés se contentent de voter un budget en équilibre et de controler l'action d'un exécutif en charge uniquement des fonctions régaliennes de l'Etat, c'est déjà un énorme travail. Et qu'ils simplifient le droit du travail en sabrant dans le Code du Travail et en laissant les partenaires sociaux engager des relations contractuelles librement consenties.

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