vendredi 17 décembre 2010

Les rois du pétrole !

D'après l'Expansion, Boursier.com, les Echos, le Telegramme ou encore la Tribune, les agriculteurs français avaient profité en 2010 d'une hausse moyenne de 66% de leurs revenus.
Cette hausse est de 89% pour les éleveurs laitiers et de 130% pour les céréaliers.
Si des traders lisent ce blog, qu'ils arrêtent les options sur indice et se lancent dans la Montbeliarde, la Normande ou la Prim'holstein. !
Certes, Les agriculteurs nuancent la nouvelle. La France Agricole parle « d'une baisse de 5 % chaque année depuis cinq ans ».
De plus, il faut garder à l'esprit que les incendies de cet été en Russie ont contribué à faire exploser le prix des céréales dans le Monde (voir le post Passez par la case départ en touchant 20 000 du 26 Aout dernier sur ce blog).
Ceci étant dit, rappelons le contexte. Un agriculteur, c'est un chef d'entreprise, souvent petit indépendant, qui achète du capital (terres, machines), spécule sur l'avenir au sens littéral du terme (en pariant sur le fait qu 'il va vendre son produit), lutte contre les éléments adverses et imprévisibles comme la météo pour vendre à des clients hyper concentrés, la grande distribution ou les acteurs de l'industrie agro alimentaire. Autrement dit, il faut avoir du courage pour être agriculteur. La où ca déraille, c'est au niveau des revenus de l'agriculteur, justement. La politique agricole commune (PAC) pertube ce beau schema entrepreneurial.
En moyenne sur les années 2004 à 2006, la part des subventions dans le revenu dépasse très nettement 100 % pour les exploitations spécialisées en production de céréales, oléagineux et protéagineux, en production bovine orientée vers la viande et en production ovine (source INSEE) . En plus, ces aides sont concentrées sur les plus grosses exploitations, ce qui est logique mais pas très conforme à l'optique plutot socialiste de la PAC.
Une bonne réforme de la PAC est nécessaire, et ce pour 3 raisons.
La première raison, idéologique, est que l'argent public n'a pas vocation à soutenir des entreprises privées à but lucratif. Il faut être cohérent. On ne peut pas passer son temps à s'acharner sur les soit disant "plans d'aides" aux banques et en même temps renforcer la PAC.
La deuxième, pratique, est liée à la poursuite de l'élargissement de l'Union Européenne, qui intègre des pays dont la composante agricole est plus forte au sein de leur PIB qu'en Europe de l'Ouest (sans même mentionner le cas Turc) . Mécaniquement, le nombre d'éligibles à la PAC augmente.
La troisième est économique. Accepter la volatilité des prix agricoles c'est donner une chance aux consommateurs de pouvoir être de mesure de bénéficier de baisse des prix temporaires. C'est aussi donner une chance aux agriculteurs africains, dont on s'étonne pour certains qu'ils ne soient pas compétitifs, lui et ses petits outils, face à une production subventionnée.
Mais comment les agriculteurs pourraient vivre, alors ?
Ne nous trompons pas, les professionnels ont déjà des réponses. L'une d'entre elle est un concept cher aux écolos, la relocalisation. L'idée de consommer ce qui est produit dans sa région avant tout, et vendu en circuit court, fait son chemin, comme le montre l'exemple de L’échoppée locale, une épicerie qui vend des produits franciliens comme les "cerises noires d’Andresy, la moutarde de Provins, le sirop au coquelicot de Nemours" ...



Mangez francilien grâce à l'échoppée locale!

Dernière remarque, sachant que la Couronne Britannique (par le biais du UK) ou la famille princiere de Monaco (par le biais de leur domaine de l'Aisne) sont de gros bénéficiaires nets de la PAC , il est comique de voir que la défense par les anti royalistes de la PAC aboutit finalement à ce que ces derniers versent leur echo aux mariages des princes William of Wales et Albert de Monaco.

Supprimer la PAC ? Un bon moyen de s'attaquer à la dette publique, de redonner à l'agriculteur son autonomie d'entrepreneur et de permettre à l'UE de financer autre chose que la bague de Charlène !

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