dimanche 30 octobre 2011

Social, logement, Paris ? Trois mots incompatibles

Que sont devenues toutes les personnalités qui bénéficient de HLM (ou assimilés) parisiens ?

Non qu'il faille à tout prix jeter en patûre le nom de ces augustes détenteurs de privilèges, même si en tant que biens financés par de l'argent public, leur usage nous regardent tous.

Non, le souci (comme la vérité) est ailleurs. C'est le fait de qu'aucun politicien de l'UMPS n'ose affirmer clairement la couleur : il ne peut pas y avoir de politique sociale à Paris.

Paris est une ville qui a cessé de perdre des habitants depuis quelques années. Le nombre d'arrivées (immigrés pauvres récents d'Afrique ou d'Europe de l'Est, étudiants, jeunes pros, expats, oligarques, emirs, cadres du FMI de retour de Washington, élus sarthois en mal de Tour Eiffel) est supérieur au nombre de départ (jeunes retraités, familles qui s'agrandissent).


Or, Paris est une surface finie (105km² enserrés dans leur périf) et un stock de logement à peu prêt fixe (puisque la hauteur des immeubles est réglementée). Donc si plus de gens ou plus de ménages sont intéressés par un stock fixe de logement, chacun comprend que les prix montent. Cette montée aura une limite, située quelque part entre ce que les gens peuvent effectivement payer et ce que les propriétaires sont prêts à accepter comme faiblesse des rendements locatifs. Mais à court terme, on peut affirmer avec une probabilité quasi certaine que la Mairie de Paris se frotte les mains par rapport à la situation : à Paris les jeunes ou moins jeunes cadres célibataires ou en couples mais sans enfants, au reste de l'Ile de France ce qu'il faut pour que des familles puissent vivre : crêches, écoles, etc. 

Le plus beau dans le système est que la spéculation immobilière permet à la Mairie de toucher des droits de mutation pendant que les Mairies de Montreuil, Montrouge ou Levallois cherchent comment financer des services publics


Dans ce contexte, que faire de la politique HLM ? Pour les libéraux, c'est tout vu. Les HLM sont avant tout une hérésie. Il ne devrait pas y avoir de HLM. L'argent public ne doit pas servir à orienter des décisions privées, quand bien même elle seraient du domaine du vital, comme le fait d'avoir un toit. Déjà, il y a plus vital encore : manger, boire, respirer, dormir. On a jamais penser à nationaliser l'industrie agro alimentaire sous pretexte que nul ne peut ne pas manger. De plus, sur quel critère choisir ? 65% des ménages franciliens sont éligibles au HLM sur le critère du revenu. Donc quasiment toutes les demandes sont légitimes. Qui serait assez bête pour refuser de payer à la moitié ou au tiers du prix ? C'est bien pour cela que seule la loi du marché est juste. Plus un logement est désirable, plus il est demandé, plus il doit être cher. Logique, non ?
D'ailleurs, si une petite fraction du parc HLM de Seine Saint Denis n'est pas demandée ou innoccupée, c'est bien parce qu'elle est peu désirable : trop loin des axes de transport, ou avec une adresse défavorable et "stigmatisante".



Mais alors, comment on fait pour tous les gens qui doivent être présents au travail entre 5h et 7h du matin pour nettoyer les bureaux des bobos avant que ceux ci n'arrivent, paisiblement en vélib, à 9h ? C'est là où on peut se demander pourquoi les RER ne roulent pas 24h sur 24, comme à Berlin. Certes, les bus de nuit sont venus apporter un progrès à ce sujet. 

En tout cas on comprend bien qu'il devient URGENT d'en finir avec l'existence même de HLM à Paris. Une privatisation rapide et claire du parc HLM s'impose. Payons plutôt les gens, au salaire complet http://www.salairecomplet.com par exemple, plutôt que de rentrer dans des systèmes complexes et qui ne satisfont personne, et surtout pas les contribuables. Et si Paris veut vraiment la jouer social, pourquoi ne lance t-elle pas une OPA sur ses communes limitrophes, qui pourraient ainsi devenir de nouveaux arrrondissements Parisiens ? Montreuil XXIe, Vincennes XXIIe, St Mandé XXIIIe etc. En plus ca résoudrait accéssoirement un des problèmes de l'UMP Paris, en mal de circonscriptions.  
A très court terme, si le conseil municipal le veut vraiment, il est possible de construire très vite 15% de surfaces de logement en plus : autorisation de réhausser les immeublescouverture des emprises ferroviaires SNCF de la Gare du Nord, de l'Est et de Saint Lazare, etc.


Bref, s'il n'y avait qu'un seul mot d'ordre à retenir, il serait : faites payer au 1% (de top politiciens culumards qui surlégifèrent à tout va et à notre détriment) le vrai coût de leur vie, en commençant par le loyer !


(*) Michelle Blumenthal (PS), Georges Tron (UMP) ont-ils quitté leur logement ? Qu'en est-il de Fadela Amara ? Si vous avez des infos ...

Sur le même sujet : article du regretté Backchich. Des logements sociaux toujours Opac



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