mardi 20 octobre 2015

Militant socialiste, révolte toi !

Militant socialiste, 

comment peux tu accepter cette mascarade qui a tenu lieu de référendum, dont l'objet était " l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales " (1)  ? 

Ton très controversé chef explique que si le PS et EELV rompent le contrat de gouvernement qui les lie au niveau régional aussi bien que national, c'est "la porte ouverte à la droite, voire au FN". 

Comment peux tu accepter de te faire traiter de la sorte ? 

Revenons à la source des problèmes, l'élection de François Hollande à la présidentielle en 2012. De cet anachronisme (nous sommes l'un des rares pays d'Europe à élire au suffrage universel direct pour le chef de l'Etat et non pas juste le gouvernement) est né le malaise que tu ne dois pas manquer de ressentir. 
En effet, comme le vil camelot de foire qui lui servait de concurrent au 2eme tour, Hollande a fait assaut de démagogie pour être élu, y compris avec des voix extrémistes. Ce faisant, il a fait trois erreurs impardonnables :
  • (se) mentir sur situation budgétaire et financière de l'Etat 
  • tenter, lors de la campagne, de réconcilier les valeurs de gauche ("sociale démocrate) et de l'extrême gauche anti libérale et anti capitaliste
  • faire des promesses qu'il n'avait pas l'intention de tenir. 
En effet, qui peut croire que l'ancien chef de l'opposition (dirigeant du PS, un des principaux partis politiques de France), une personne à la formation de top niveau (Sciences Po, HEC, ENA) dont le cv ne pouvait que l'amener à la connaissance du pays (Cour des comptes, député) n'était pas au courant, d'une part, en 2012, de la dureté de la crise économique qui sévissait, et, d'autre part, de la réalité des finances de l'Etat, des collectivités locales et du système de Sécurité Sociale ? François Hollande ne lisait-il pas les journaux ? Les rapports de la Cour des Comptes ? 
Et comment une personne qui croit (à tort) au rôle de l'Etat peut-elle reprocher à son prédécesseur d'avoir endetté la France alors que la politique menée entre 2007 et 2012 était parfaitement socialiste, interventionniste et keynésienne ? Plutôt que de réduire la dépense publique et de diminuer le rôle de l'Etat, la précédente majorité, socialiste de droite, a préféré "préserver le modèle social français". D'ailleurs, Martine Aubry l'a reconnu, elle n'aurait pas fait autrement, elle aurait fait plus. 

En plus de vouloir cacher la réalité des chiffres, Hollande a commis une deuxième erreur inacceptable (en tout cas, du point de vue démocrate), tenter de faire croire que puisque son adversaire au deuxième tour glissait vers l'extrême droite, lui pouvait glisser vers l'extrême gauche. Comment, en effet, analyser le discours du Bourget et son très populiste appel à "lutter contre la finance sans visage", elle qui permet pourtant à la France de maintenir son niveau de vie ? Comment comprendre cet hommage aux valeurs communistes (2), alors qu'elles ont généré 100 millions de morts ? Si Sarkozy a bien entendu le discours Maurrassien, il s'est abstenu de rendre hommage aux valeurs du national socialisme (En admettant qu'il y ait un point commun entre le maurrassisme et le nazisme, ce qui n'a rien d'évident).
De plus, cette concession aux valeurs de l'extrême gauche n'est pas qu'un problème purement moral. Elle a aussi une conséquence très pratique : la déception, et la colère qui va avec, d'Air France au referendum de "la vraie gauche".

Enfin, Hollande a fait des promesses catégorielles qu'il n'avait manifestement pas l'intention de tenir, alors qu'il en avait les moyens. En ce qui concerne l'économie, chacun comprendra que Hollande a menti de bonne foi, en regardant droit dans les yeux ses électeurs moins informés que lui, et qui pensent que le président de la république peut appuyer sur un bouton pour réduire le chômage. Mais le droit de vote des étrangers ? La proportionnelle ? L'arrêt des contrôles de police au faciès ? La fermeture de Fessenheim ? Toutes ces promesses, Hollande aurait pu les tenir dans les premiers mois de son mandat, quand il avait la majorité et au Sénat et à l'Assemblée Nationale. Hollande ne peut pas accuser l'opposition (elle n'a pas de pouvoirs) ou les frondeurs (ils n'existaient pas en 2012) ou même l'opposition interne au PS (elle a été réduite au silence pendant le mariage pour tous).

Cambadélis dit : il ne faut pas confondre le sujet des régionales 2015 avec celui de la critique du gouvernement. 
Soit.
Alors parlons des sujets locaux !

Quand Anne Hidalgo achète des bus diesel, il est où, le respect du contrat entre le PS et EELV ?
Quand Bernard Cazeneuve autorise une opération de police, boulevard de la Chapelle, digne de la droite de 1997, elle est où, la cohérence avec la critique systématique de la politique du RPR-UMP-LR par la gauche avant 2012 ?
Quand Manuel Valls décide, contre l'avis des riverains concernés, y compris une de ses ministres, de l'extension de Roland Garros, elle est où, la démocratie participative et renouvelée ?
Quand la municipalité socialiste accentue son programme de vidéo surveillance de la capitale, il est où le respect de la vie privée ?
Quand la ministre de la justice ferme les yeux sur les bavures policières à Saint Denis ou dans le Xeme, elle est où l'exemplarité ?

Militant socialiste, réveille toi !
Tu es en train de soutenir un gouvernement qui a fait voter la Loi Renseignement, loi qui a été dénoncé par la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty, les avocats, un des syndicats de la police et bien d'autres organisations.
Tu acceptes qu'un député parle en ton nom en approuvant la nouvelle doctrine française d’exécutions extra judiciaires, pratique inaugurée par Bush et amplifiée par Obama.

Au delà des magouilles politiciennes et des petits calculs, Europe Ecologie Les Verts a doublement raison de vouloir se présenter seul aux régionales face au PS : d'une part, nous ne sommes pas dans un pays de parti unique, et d'autre part, le compte n'y est pas, avec le PS, qui n'affiche guère de différences avec Les Républicains.

Maintenant, puisque les Régionales 2015 sont l'occasion de lancer un débat plus large que le rôle des régions (3), pourquoi ne pas t'intéresser, non pas aux étiquettes, mais aux programmes, comme celui d'Aux Actes Citoyens, par exemple ? Et pourquoi, également, ne pas se demander si les nouvelles régions, qui ne correspondent à rien, seront vraiment des sources d'économie ? 



(1) Le blog de Nathalie MP PS : Cambadélis et son référendum de pacotille 17 octobre 2015
(2) Libertarien TV François Hollande rend hommage au communisme
(3) L'Hérétique Régionales en île de France : vous y comprenez quelque chose, vous ? 16 octobre 2015
(4) Parti Libéral Démocrate Aux actes citoyens 30 septembre 2015

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