lundi 18 mars 2013

Quelle politique pour la ville ?

Oyez oyez les franciliens et plus spécialement les habitants de Seine Saint Denis , vous en avez de la chance petits veinards ! On a un ministre, un certain François Lamy (vous ne connaissiez pas ? votre bloggeur non plus !) qui bosse dur pour ne rien dire !

François Lamy
Quelle politique pour la ville ? La super question que les journalistes de Public Sénat se posent avec notre argent. 

Déjà, penchons nous sur le cv du super ministre : ah oui, ça, c'est du parcours ! Né en 1959 (oui, encore un de ces baby boomers qui pensent que ce qu'ils ont vécu est dû au mérite de leur génération et non pas à la prédation faite sur les générations suivantes), animateur socio-culturel, puis instituteur, puis professionnel de la politique. Avec une expérience pareille, on peut parier que le ministre de la ville est (hélas sincèrement) convaincu de l'existence de ce modèle "méritocratique républicain" auquel les socialistes se raccrochent pour mieux masquer les privilèges dont bénéficient certains.

Passons. Après tout, nul ne choisit sa naissance et son milieu. 

Par contre, ce qu'on choisit, c'est ce qu'on dit. Et quand on a rien à dire à part des banalités, des faux semblants et des inexactitudes, il vaut mieux rester chez soi. 


LE DEBAT,Quelle politique pour la ville ? par publicsenat Exemple concret ? Lamy (à ne pas confondre avec celui de l'OMC) pense que son initiative, des conventions cadres dans tous les sens signées avec les autres ministres ou Pole Emploi ( pour fixer les objectifs et les engagements financiers de la mobilisation dans leurs domaines de compétence (emploi, éducation, sécurité, santé, jeunesse, etc.)) est une première. 

Oui, chers Franciliens, chers Dyonisiens, encore un type qui ignore que nous sommes à l'heure de Google, Youtube et Dailymotion. Et oui, ce que fait François Lamy, c'est que faisait Fadela Amara, et les autres avant, sans doute.




Première erreur. 

Deuxième erreur : le fond. 

François Lamy pense que l'Etat doit faire plus pour les "quartiers". Vous trouverez dans la Gazette des Communes toute une série de propositions qui tendent toutes vers le même but : amener plus d'argent public vers les zones prioritaires, ce qui signifie forcément prendre plus d'argent aux zones non prioritaires, alias les contribuables. 

Mais les quartiers dit sensibles n'ont pas besoin de plus d'argent public. Ils ont besoin de moins d'Etat. Le 93 est plus pauvre que le VIeme arrondissement ? Oui, et alors ? D'ailleurs, ce ne sont pas les socialistes fans de la rive gauche de Paris/de l'Ile de Ré/des collèges & lycées privés/des mas en Provence qui s'en plaindront ! Il ne faudrait quand même pas que les gens de Villiers le Bel viennent les déranger !
Mais bien sûr qu'il y a des coins de riches et des coins de pauvres dans un pays comme la France. Même en URSS, il y avait des datchas pour la nomenklatura et des HLM hideuses pour les prolétaires supposément égaux. Il faut juste le dire, et sortir de l'illusion de l'égalité, dont les français ne veulent pas, pas plus qu'ils ne veulent de mixité sociale (lire La mixité sociale, personne n'en veut, un post du 28 mars 2012)

Ce ne sont pas les problématiques liées au logement auxquelles il faut s'attaquer, mais à celles liées aux barrières à la création de richesse et au travail. 
Exemple concret ? Pourquoi le permis de conduire coûte t-il si cher ? Est-ce qu'un pays comme les Etats Unis, où des jeunes gens conduisent à 16 ans après une formation bien plus sommaire que chez nous, est foncièrement plus mortifère au niveau routier ? Si le permis était moins cher, sans doute y aurait-il besoin de moins de nouvelles lignes de RER. Evidemment, il faudrait remettre en cause le numerus clausus que l'on constate de facto pour les places d'examen ...
L'emploi ? Vaste sujet ! Est-ce que le gouvernement est vraiment prêt à tout faire pour que l'offre de travail (proposée par les salariés) et la demande de travail (exprimée par les employeurs) puisse se rencontrer ? Rien n'est moins sûr. Sinon, le gouvernement aurait 
  • supprimé les 29 ou 30 différents types de contrats disponibles au profit de la liberté contractuelle
  • baissé la dépense publique et amendé à la baisse la redistribution afin de pouvoir réduire et simplifier le taux de charges sociales qui pèse sur les emplois
  • supprimé, par la même occasion, les dispositifs d'aides et autres défiscalisations, afin de cesser de laisser croire aux entreprises que telle ou telle pourra, selon, exister ou être remise en cause. A la place, une fiche de paie type Luxembourgeoise pourrait être instaurée (peu de lignes, peu de prélèvements  et impôt sur le revenu à la source)
  • refuser d'instaurer ces "emplois d'avenir" discriminants qui, heureusement (pour la lutte contre le racisme), ne décollent pas.
  • dépénalisé la production, la consommation, la détention et la vente de drogue, afin de diminuer le gap de rentabilité entre un boulot de guetteur en cité et un emploi chez Mc Do.
Une politique de la ville, c'est une ville sans politique pour entraver ou influencer les choix des acteurs que sont les gens. Que l'Etat s'occupe de son boulot, les français s'occuperont de leurs affaires. Or, si on en croit l'actu, (militaires tués au Mali (1) pour une guerre dont on ne comprend pas le but (2), diplomates accusés de corruption (3), législateurs en procès pour des détournements de fonds publics (4), policiers aux pratiques contestables (5), justice qui manque cruellement de moyens ou surpopulation carcérale (6)), l'Etat fait mal son boulot. Et le tout, à crédit et en augmentant les impots !


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