samedi 2 octobre 2010

Milliards jetés par la fenêtre (de la mondialisation)


Apparemment, les journalistes n'ont pas vu le même Président de la République hier au Mondial de l'Auto.

Sud Ouest y a vu un Président "passant un savon aux constructeurs français", Libération, fidèle à son opposition systématique mais non constructive, un Président "Mondial de l’auto-promotion" (de manière très paradoxale : le quotidien socialiste reproche l'interventionnisme économique du pouvoir actuel), et le Figaro, un gouvernement "satisfait de la prime à la casse".

Point commun ? Aucun pour se poser les questions de base suivante : est-il normal d'aider à la consommation et à la production d'automobile par des aides aux constructeurs et aux consomateurs ? (Pourquoi aider l'automobile et pas la fabrication de yaourt, d'ordinateurs ou de produits dérivés climatiques ?).

Est ce que l'expression constructeur automobile français a vraiment un sens ? Parce que le siège social est en France ? Ou parce que l'usine est en France ? La Smart, fabriquée en Lorraine par un constructeur allemand, d'après le design original d'un Suisse, est-elle française ? allemande ? suisse ? Renault gagne plus d'argent en dividendes tirés de Nissan, Volvo, Samsung qu'en vendant des Renault. Est-il un constructeur automobile français ou un hedge fund automobile basé à Boulogne, tout comme Porsche a gagné l'an dernier plus d'argent en call & put Volkswagen qu'en vendant des Porsche ?
Il serait bon d'avoir une réponse à ces deux questions, histoire de comprendre :
- pourquoi le gouvernement actuel aide l'industrie automobile mais fustige les expatriés fiscaux résidents Suisses (dont une partie de la famille Peugeot fait partie)
- pourquoi les automobiles MDI ne sont pas aidées, dans la même logique ?
- pourquoi le sort des petits constructeurs français comme Venturi ou Bugatti n'est jamais évoqué ?

Le plus simple : arrêter d'aider les constructeurs automobiles. La France reste un endroit compétitif pour construire certains types de véhicules, et une usine ne se déplace par du jour au lendemain. Ne plus aider les constructeurs ne veut donc pas dire explosion immédiate du chomage.
Par contre, avec plus de 500 voitures pour 1000 habitants, la France peut-elle être raisonnablement tenue pour un marché d'avenir pour l'automobile ?

Deuxième remarque : avant de rouler, les voitures prennent le train. La SNCF et sa branche fret sont-elles un atout ou un boulet pour les usines auto en France ? Que le gouvernement cherche la réponse à cette question pour voir où il serait judicieux de mettre de l'argent : en prime auto pour des clients qui auraient de toutes façons changé leur voiture, ou en indemnisations de licenciements pour restructurations de cheminots ?

Préparons l'avenir au lieu de pleurer le passé. Cessons de considérer les constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroen et Renault comme des biens nationaux.

Bon Salon de l'Auto si vous allez le visiter. Et n'oubliez pas que la Porte de Versailles est impraticable en voiture durant deux semaines, le temps du salon. Prenez la ligne 8 ou la 12 du métro, ou profitez du Tram en pensant aux contribuables parisiens qui le font rouler !


Prédédents posts sur le meme sujet :
Peugeot Moissy-Cramayel : une bonne leçon pour les amateurs de politique industrielle
Renault ferme ...

1 commentaire:

  1. Je traite sensiblement le même sujet dans un article sur les secteurs stratégique. Les secteurs "stratégiques" qui ont donc besoin d'être aidés par le gouvernement sont ceux qui n'arrivent pas à être financés par le secteur privé... ce sont donc les secteurs les moins rentables!

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