samedi 27 février 2016

Taxis Parisiens vs VTC : le combat d'arrière garde ?

N'est-il pas significatif que les archi conservateurs de l'extrême gauche ou de l'extrême droite soient parmi les derniers soutiens pro statu quo des taxis parisiens ?

Pendant que le Front de Gauche (1) et le Front National (2) dénoncent la stratégie d'ubérisation de notre société/les américains / les paradis fiscaux / la concurrence déloyale et se battent pour "protéger le modèle social français", le front de l'innovation se déplace.

La guerre est-elle entre Uber/Le Cab/Chauffeur-Privé et les taxis ? Même plus. C'est limite du passé. 

On a appris cette semaine que, dans le cadre de l'analyse des projets de smart city, Jean-Louis Missika, en charge de ces dossiers à la mairie de Paris, "étudie la mise en place à Paris de transports sans chauffeur d'ici 2020" (3).
Les taxis se battent contre les VTC, alors que les VTC sont déjà dans le paysage et qu'une autre offre est en train d'émerger. 

Il n'y a pas de surprise à une telle annonce de la part de la ville de Paris..

Déjà, chez Google, les voitures sans chauffeurs avancent, et ce n'est pas le seul acteur.
Par exemple, Londres va lancer des voitures sans chauffeur à Heathrow cet été (4). Même Uber a une réflexion (sans doute très avancée) sur le sujet (5).

Ensuite, et c'est dommage que la campagne 2015 des régionales Ile de France ait préféré mettre l'accent sur des petites phrases type "candidat de la race blanche" plutôt que sur des enjeux stratégiques, le candidat centriste et libéral Aurélien Véron, de la plateforme aux Urnes Citoyens, avait fait passé le message d'un archaïsme des monopoles publics type RATP (6) ou privés type taxis sous licence, face à l'émergence de nouvelles technologies alternatives, comme la voiture ou les bus sans chauffeur.




Les électeurs, dont les taxis, et les médias, avaient-ils reçu le message ? Le message est en train de se transformer, sous nos yeux, en faits.

Face à cette vague technologique, des taxis, et même des VTC, n'ont pas tout à perdre. Ils ont même une carte à jouer, celle du service et de la relation directe, humaine.
Disons bien : Des taxis, pas Les taxis. Les taxis, ça ne veut rien dire. Il y en a des inutiles (au véhicule sale ou obsolète, pas équipées en lecteur de carte de crédit, à la conversation insipide ou pénible) et il y en a des bons (a propos dans la conversation, conduisant bien, équipés de véhicules plaisants).
Il y aura toujours des gens qui préféreront faire des déplacements en taxi. Tout est dans l'offre, tout comme le concept de la start up parisienne 4 roues sous un parapluie (se promener dans Paris en Citroen 2 CV décapotée) n'a tué le Vélib, ni la ligne 73 des bus RATP, ni la ligne 6 du métro, ni les velos-taxis, ni les même les taxis. Le même client peut avoir envie d'expériences différentes et peut donc être amené à utiliser tous ces services. Et ne parlons pas de ceux qui, véhicules sans chauffeur ou pas, ne seront jamais des clients des taxis.

Si les politiciens voulaient rendre service au taxis, ils leur proposeraient deux choses : d'une part, une opération vérité sur ces fameuses licences. Ils rappelleraient que les licences de taxis font certes l'objet d'un commerce, mais qu'elles ont aussi été distribuées gratuitement par la préfecture de police de Paris. 

D'autre part, ils leur feraient lire la pétition des marchands de chandelles, le classique de Frédéric Bastiat (7). Les plaintes des vendeurs de bougie contre la concurrence déloyale du soleil sont décidément d'une telle actualité ...


On pourrait ajouter une troisième action : faire prendre conscience aux 12 millions de franciliens que nous sommes tous des ambassadeurs de Paris, et de l'image, positive ou négative, véhiculée auprès des touristes.
Faire brûler des pneus sur le périf ou organiser des opérations escargot sur la A1 est-elle la meilleure réponse que les taxis puissent apporter, dans ce contexte ? 
Toutes les villes de la terre, qui ont vu fleurir les VTC, sont la preuve vivante que le marché est assez grand pour tous et que le marché s’est étendu, sans faire de victimes de la faillite (7). C'est normal : la diversité crée le marché !

Ce qui est sûr, c'est que c'est fini, les rentes de situation, et tant mieux ! Les taxis parisiens, une fois qu'ils auront fini de pleurer la perte du contrat Agnès Saal (9), pourront peut-être passer à autre chose ? 




(2) Front National Taxis : les raisons d’une juste colère 27 janvier 2016
(3) Municipales 2014 à Paris Transports: Des minibus sans chauffeurs à Paris avant 2020 26 février 2016
(5) Les Echos Uber accélère sur la voiture autonome 25 février 2016
(6) Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

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