mercredi 26 février 2014

Les "erreurs" de jeunesse ...


Normalement, dans une démocratie représentative telle que la France, le peuple est souverain, et élit des gens chargés de le représenter (les parlementaires). Ces derniers, les élus, votent le budget et les lois. Le gouvernement, lui, est censé appliquer, et les élus doivent contrôler l'action du gouvernement, par divers procédés, dont les questions au gouvernement.
Egalement publié sur Agoravox

Certes, la Veme république était déjà une dérive par rapport à ce schéma, mais la conjonction 

  • des amendements à la Constitution passés ces dernières années (quinquennat)
  • de l'arrivée au pouvoirs d'ultras étatistes et de dirigistes comme Hollande ou Valls
  • de l'endogamie croissante des élites politiques françaises, appartenant toutes aux mêmes cercles
a accru le décalage entre l'idéal de séparation des pouvoirs et la réalité de confusion totale des (et du) pouvoir(s). 
Egalement publié sur Contrepoints


Certes, il restait aux élus de la majorité et de l'opposition la possibilité d'interpeller le gouvernement sur son action, par le biais des questions au gouvernement (#QAG). Mais les réponses sont de plus en plus évasives, quand elles ne sont pas carrément mensongères. Quand, par exemple, le député Charles de Courson (UDI) demande au ministre de la défense Jean-Yves Le Drian comment le ministère peut confondre un problème de décalage de trésorerie avec un problème de budgétisation, il n'y a pas de réponse (1)

Mais, depuis quelques semaines, le gouvernement inaugure un nouveau mode de réponse : celles et ceux qui ne sont pas du coté du gouvernement sont "des fachos", des "extrémistes de droite". Le plus drôle est qu'il n'y a pas de surprise. Le Parti Socialiste avait publiquement exposé son business plan lors de la dernière université d'été à la Rochelle : ce n'est plus la lutte contre l'insécurité, l'économie, la moralisation de la vie publique, l'apaisement du pays ou la réforme de l'Etat la priorité, mais la lutte contre l'extrême droite (2). 

Ainsi, quand un député UMP demande à Manuel Valls, le ministre de l'intérieur, s'il compte dissoudre les antifas, potentiellement responsables des dégats s'élevant à un million d'euros en marge de la manifestation anti Notre-Dame-des-Landes à Nantes, que répond Manuel Valls ? Que l'UMP est trop complaisante avec l'extrême droite.


Parlement’air - Questions au gouvernement... par LCP

(Voir entre la 29eme minute et la 34eme minute)


Pourquoi le député demande l'interdiction des antifas ? Parce que ce même gouvernement avait demandé la dissolution de deux groupe d'extrême droite,  l'Œuvre française ainsi que des Jeunesses Nationalistes le 24 juillet dernier (3) suite à la mort d'un militant d'extrême gauche, et parce que le gouvernement avait déjà accusé l'UMP d'être à l'origine du climat qui avait entraîné la mort de l'antifa.

Donc, à cette question, Valls répond à coté et fait rejaillir le passé d'extrême droite de certains.
Oui, en plus de ses responsabilités de chef de la corpo de droit à Assas, Claude Gloasguen était membre d'Occident, un groupuscule d'extrême droite.
Mais faut-il rappeler le passé des élus ?
Pourquoi Manuel Valls ne se demande pas s'il y a complaisance à gauche envers l'extrême gauche, au vu du nombre de hiérarques de gauche passés par la ligue communiste révolutionnaire

Au delà du passé et de la fin des années 60 durant lesquelles, manifestement, tous les politiciens étaient extrémistes de droite ou extrémistes de gauche, c'est plutôt d'aujourd'hui dont nous devrions parler.

Il se trouve qu'une expérience authentiquement socialiste, le Venezuela, est en train de tourner à la tragédie. Dix personnes sont mortes, dont cinq par balle, lors des manifestations anti-gouvernementales qui agitent le Venezuela depuis début février (4). Pourtant, le président Maduro suit exactement les mêmes préceptes que son prédecesseur, Chavez : le Partido Socialista Unido de Venezuela applique une politique 100% socialiste, authentiquement étatiste.

Question : est ce que le gouvernement français va dénoncer le socialisme, le vrai, celui qui tue, de Berlin à Caracas, en passant par Cuba ou Pyongyang ?

Quand aux QAG, on saura désormais ce qu'elles valent : pas grand chose, au niveau informatif, puisqu'elles servent surtout de défouloir à un ministre de l'intérieur manifestement sous pression. On le comprend. Comme pour Sarkozy, les mots ne remplacent pas les résultats.

N'ayons aucune complaisance avec les extrémistes, de gauche comme de droite, certes, mais n'en ayons encore moins pour ceux qui, au delà de leurs "erreurs" de jeunesse, continuent jusqu'aujourd'hui à soutenir des idéaux dictatoriaux ou non démocratiques et qui n'hésitent pas à se compromettent avec le pire, jusqu'à rendre hommage au communisme, par exemple, ou serrent la main de dictateurs (5)






(1) Blog lignes de défense Louvois à rallonges: 272 et 195 font 467 millions d'euros 19 décembre 2012

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