mardi 4 mars 2014

Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital »

C'est fou comme même sur les bonnes idées, le gouvernement socialiste arrive à sortir des énormités. 
Exemple : Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital ». C'est rapporté par le Monde, Libération ou Boursier.com. 
Qui peut être contre n'importe quel juste prix ? Et si le capital est trop cher, en effet, son coût doit baisser. 

Seulement, lisons avec attention les propos de Benoit Hamon. Il dit, pour établir une relation entre pression des dividendes et cout du capital, ceci : 
« Jusqu'en 2008, les entrepreneurs allemands se sont serrés la ceinture puisqu'ils ont consenti une baisse des taux de distribution de dividendes de 10%. Pendant la même période, les chefs d'entreprises français faisaient quoi ? Il augmentaient les distributions de dividendes de 50 % », « Si les marges des entreprises sont plus basses aujourd'hui qu'elles ne l'étaient auparavant, c'est aussi qu'il y a une captation des marges par la distribution des dividendes. »
Hamon nous dit : pour restaurer la rentabilité des entreprises françaises (et donc leur compétitivité), il faut que les entrepreneurs baissent leurs exigences de rémunération sur le capital, à savoir les dividendes. 
Or, ce que raconte Hamon n'a pas de fondement sur le plan de la théorie comptable. Pire, c'est de la com politique qui accrédite des thèses d'extrême gauche et induisent en erreur des non spécialistes des entreprises. Autrement dit, en parlant d'un sujet sérieux, Hamon fait en fait un clin d'oeil électoraliste à la clientèle de Mélenchon. 
Benoit Hamon ne peut pas ignorer comment on calcule une marge.
bourde journaliste france 2 allemagne 640x316 Un journaliste de France 2 confond lAllemagne avec le Royaume Uni
S'il ne le sait pas, il peut aller sur Wikipedia, sur Impots Gouv.fr ou sur la finance pour tous. Ainsi, il apprendra qu'une marge opérationnelle, c'est le chiffre d'affaire d'une entreprise ("ses ventes") moins ses coûts opérationnels, à savoir : le cout d'achat des marchandises, les salaires et charges sociales, principalement. Les dividendes (et même les frais financiers) n'interviennent pas du tout dans le calcul des marges opérationnelles. 
Benoit Hamon ne peut ignorer non plus que les dividendes sont une fraction des bénéfices. Si cette fraction est de 0%, l'entreprise garde tous ses bénéfices pour renforcer ses fonds propres et, pourquoi pas, réinvestir. Si ce taux est de 100%, l'entreprise distribue tous ses bénéfices à ses actionnaires. Notons que quand l'Etat investit dans une entreprise, le taux est plus souvent au dessus de 50% qu'en dessous. Un hasard sans doute ...(1)
Bref, à partir du moment où Benoit Hamon utilise des raisonnements faux pour étayer ses conclusions, on comprend ce que ces dernières valent. 
Evidemment, se poser des questions sur le coût du capital évite de se demander si les charges sociales sont juste beaucoup trop élevées en France par rapport à ce qu'elles sont en Allemagne, par exemple. 
Décidément, le gouvernement donne tous les jours une raison au Medef pour qu'il refuse purement et simplement le "pacte" de responsabilité ...



(1) Contrepoints L’État actionnaire, un actionnaire impitoyable 8 décembre 2012



Sur le même sujet 

Stupide pacte de responsabilité, un post du 14 février 2014
Près de la moitié des TPE ne connaissent pas le Pacte de responsabilité 21 février 2014

lundi 3 mars 2014

Donateurs et militants de l'UMP, @jf_cope se moque t-il de vous ?

L'UMP a pour président Jean-François Copé depuis novembre 2012. Ce haut fonctionnaire de 49 ans (ENA promo 89), membre du Siècle et de la Trilatérale a pris la présidence du parti de droite dans des conditions mouvementées, après avoir été assez light dans son soutien à Nicolas Sarkozy. Question de calcul, sans doute. 

Pour se donner un avenir, il faut bien ne rien faire qui puisse prolonger le supplice des quadras et quinquas de l'UMP : l'extraordinaire popularité de Sarkozy auprès des militants et sympatisants de droite.

Copé a un problème : son impopularité. Près de trois quarts des Français ont une mauvaise opinion de Jean-François Copé, selon un sondage BVA (1). 1% des sympatisants UMP le soutiennent pour 2017 (2)
On ne sait même pas si cet élitiste (3), cumulard qui se prétend chef de l'opposition à Hollande, partage seulement les valeurs et idéaux des conservateurs, censés être représentés par l'UMP. Copé a voté la loi de Grenelle 1 (et donc y compris l'écotaxe) (4), et il était, avant que la Manif pour tous n'émerge comme un mouvement de masse et de fond, plutôt contre les revendications portées par Ludovine de la Rochère. 

En Août dernier, les français ont été nombreux à donner à l'UMP pour solder un trou de 11 millions d'euros lié à la campagne de Nicolas Sarkozy. Nous étions, à titre personnel, très septique sur l'idée même qu'il faille sauver l'UMP pour sauver la démocratie française (5) mais les sympathisants de droite ont jugé différemment. Des journalistes ont continué à creuser l'affaire de ce trou dans les finances de l'UMP et ont trouvé, non pas que l'UMP avait un problème, mais qu'il était possible que les pratiques de Copé aient porté préjudice à l'UMP, nuance, lire EXCLUSIF. Affaire Copé : des copinages qui coûtent cher à l'UMP. Une possible affaire de surfacturation de prestations événementielles payées par l'UMP à des amis de Copé émerge dans un contexte plus global de constitution de réseaux et d'"amitiés" par Copé (8). 
Le Point, certes plus proche du Nouvel Obs que de Valeurs Actuelles, n'a jamais écrit que l'UMP était un parti de pourris ou que Sarkozy était un voleur, Le Point a écrit que Copé a des amis qui semblent bénéficier des largesses de l'UMP. 


Et quelle est la réponse de Jean-François Copé ? 

  • 1. dire que comme il entretient une inimitié avec Franz-Olivier Giesberg, alors tout ce qu'écrit le Point est forcément une attaque politicienne, comme si les journalistes avaient un autre but que de vendre leur journal
  • 2. dire que toute attaque contre sa personne est une attaque contre l'UMP et contre Nicolas Sarkozy, un peu comme quand le PS dit que critiquer Moscovici ou Hollande, c'est critiquer la France
  • 3. pratiquer la tactique de la terre brulée, en forçant les questions sur la transparence des comptes de l'UMP à devenir une question de transparence de la vie politico-médiatique, accréditant par la-même la thèse du tous pourris et en comptant sur le probable silence des socialistes vis à vis de sa proposition de nouvelle loi




Copé annonce une proposition de loi exigeant la... par BFMTV



Donateurs et militants de l'UMP, allez-vous continuer à vous laisser abuser longtemps par ce personnage ? Pensez-vous que cet ancien ministre du budget, ce pilier de l'ex majorité, n'a pas eu assez de temps et de pouvoir pour supprimer la niche fiscale des journalistes et les aides publiques à la presse ainsi que réformer le financement des partis politiques ?

Ne vous laissez pas abuser par la tentative de Copé de faire croire que les attaques du Point contre SON réseau sont des attaques contre l'UMP.

En revanche, comme dit Bastiat 2022, il est toujours bon que les politiciens soient poussés, de gré ou de force, à mettre le sujet de la transparence sur la table.

Et profitons de ce post pour retwitter la question que Bourdin volait poser à Copé ce matin, en relation avec l'article du Point, si Copé n'avait pas annulé son interview à la dernière minute (9)


Les militants et donateurs UMP devraient contribuer à pousser à plus de transparence. Ni clairement libéral, ni conservateur au sens classique du terme, mais juste un énième énarque qui déroule son plan de carrière, Copé aurait pu aussi bien être au PS.
D'ailleurs, on peut croire, au vu des propos de Lionel Tardy, député UMP pour qui "tout le monde savait" que de plus en plus d'élus se pose la question du maintien de Copé à la tête de l'UMP. 


(6) Contrepoints UMP : pourquoi il ne faut pas financer le parti 8 juillet 2013
(8) Le Point La "petite entreprise" de Jean-François Copé 27 février 2014
(9) 20 Minutes Copé annule tout et donne un rendez-vous mystère à la presse 3 mars 2014 à 4h21 du mat !
(10) 

Surprenante campagne pro traité de Rome de Martin Schulz

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Avez vous vu l'affiche de campagne de Martin Schulz ? "free movement is under attack" ?
N'est-elle pas surprenante, pour un politicien qui se réclame du socialisme ?
Certes, Martin Schulz est un élu européen, d'origine allemande, donc il est plus proche de Monet ou Schuman que de Marx.

Mais la liberté de circulation n'est-elle pas contradictoire avec une politique socialiste (de gauche comme de droite) ?

Rappelons que la libre circulation (free movement) est un acquis du traité de Rome (signé en 1957) et de la convention de Schenghen. Rappelons le contenu des articles 2 et 3 du traité de Rome, celui qui institue et crée la CEE : 

Article 2 
La Communauté a pour mission, par l'établissement d'un marché commun, d'une Union économique et monétaire [...]

Article 3
Aux fins énoncées à l'article 2, l'action de la Communauté comporte, dans les conditions et selon les rythmes prévus par le présent traité: 
a. l'élimination, entre les États membres, des droits de douane et des restrictions quantitatives à 
l'entrée et à la sortie des marchandises, ainsi que de toutes autres mesures d'effet équivalent, 
c. un marché intérieur caractérisé par l'abolition, entre les États membres, des obstacles à la libre 
circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux, 
d. des mesures relatives à l'entrée et à la circulation des personnes dans le marché intérieur 
conformément à l'article 100 C, 
g. un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée dans le marché intérieur, 
h. le rapprochement des législations nationales dans la mesure nécessaire au fonctionnement du 
marché commun

On le voit : l'ADN de l'Europe est libéral, et fédéraliste. 

Le socialisme, lui, est un système économique et politique qui repose sur la propriété collective, à divers degrés et sous diverses formes, des moyens de production. Sous sa forme étatique, il implique nationalisations et planisme ; sous sa forme utopique, il préconise coopération et mutualisme.

En France, le Parti Socialiste affirme qu'ils sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire. Les socialistes affirment que certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels. Ils font de la création et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.  

Sur le plan économique, le PS se revendique de l'interventionnisme keynésien, comme le montre les sessions de formation interne au parti. 

Autrement dit, le PS, porteur (non exclusif) des idées socialistes pense que :

  • tout ne doit pas être soumis au marché et à la construction du marché intérieur Européen
  • l'Etat doit intervenir en économie, pour mettre en oeuvre le multiplicateur keynésien, dont chacun sait qu'il fonctionne d'autant mieux que nous sommes en économie fermée. 
On vérifie d'ailleurs dans la pratique du PS au pouvoir la méfiance vis à vis de la libre circulation. A la libre circulation des hommes, le PS oppose : 

  • le refus la directive détachement 
  • le maintien de la condition de nationalité pour les emplois de fonctionnaires
  • les expulsions de Roms
A la liberté de circulation des marchandises, le PS oppose :
  • l'écotaxe
  • l'investissement public dans PSA à la condition explicite que Peugeot et Citroën maintiennent des emplois en France
A la liberté de circulation des services, le PS oppose :
  • le maintien de l'exception françaises sur les services publics, hors concurrence
  • la non équivalence des diplômes étrangers de médecine 
  • le refus de transposer la directive 92/49/CEE visant à mettre en concurrence la Sécurité Sociale française
A la liberté de circulation des capitaux, le PS oppose :

Martin Schulz, qui a mis beaucoup de pragmatisme dans son socialisme, devrait informer ses collègues français sur l'incompatibilité de leur idéologie avec les idéaux de l'Europe.
Sur le plan de la politique politicienne, ces derniers semblent mieux défendus par les libéraux démocrates, dont l'UDI en France. 

Imaginez une manif dans Paris de soutien à des néo nazis ?

Il faut croire que les morts n'ont pas la même valeur en Ukraine et au Vénézuela.

Alors que la communauté internationale s'était indignée, à juste titre, de la violence de la répression entreprise par le président Ianoukovitch vis à vis des manifestants d'Euro Maidan, personne ne parle des morts liés à la répression de manifestations anti gouvernementales au Vénézuela.

Mieux : des français militants d'extrême gauche se permettent de manifester leur soutien à Maduro.




Question : quand est-ce que la France va enfin mettre sur le même plan Front de Gauche et Front National ?
Le socialisme, comme le national socialisme, tue.

samedi 1 mars 2014

#MUN75000 - A 3 semaines du 1er tour, #NKM réalise que sa liste est incohérente idéologiquement parlant !

Selon le Lab Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) va destituer Hélène Delsol, sa tête de liste du IIe (1). La cause de cette destitution serait la préférence donnée par Hélène Delsol à Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate) vs Christophe Lekieffre ainsi que des propos ou attitudes homophobes qu'Hélène Delsol aurait eu.

Ce dernier point reste à confirmer, sachant que l'article du Lab Europe 1 contient une erreur majeure qui n'échappera ni aux libéraux ni aux observateurs de la vie politique : classer Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate) comme étant un proche de la Manif pour tous et se classant "très à droite de l'échiquier politique". 
Chacun sait que, si être  "très à droite" c'est être contre le mariage pour tous, Aurélien Véron est, de ce point de vue qui n'a rien à voir avec les municipales parisiennes (puisque la loi est votée, applicable et appliquée), très à gauche de l'échiquier politique (lire Oui au mariage homo, pour une famille durable sur Atlantico ou voir « Mariage » homosexuel : l’abbé Guillaume de Tanoüarn vs Aurélien Véron, un post du 29 aout 2011).

Mais, du. coup, puisque Nathalie Kosciusko-Morizet vire Hélène Delsol, va t-elle aussi demander à Jean-François Legaret (75001) ou à Claude Goasguen (75016) de partir ? N'étaient-ils pas en pointe sur la Manif pour Tous, et en porte à faux avéré et assumé vis-à-vis de leur tête de liste ? Quid d'Atanase Périfan (75020). De manière plus générale, les positions de toutes ces têtes de liste,  y compris Delsol, sont connues.

En réalité, il est stupide de faire de l'opinion des uns et des autres un critère clé pour une place de tête de liste aux cotés de NKM, et ce pour les raisons suivantes :

  • la loi, répétons le, est adoptée et s'applique. Il n'y a plus de débat jusqu'à un prochain changement de majorité au parlement. Quelques soient les gens qui seront élus en mars prochain, ils marieront des couples gays si l'occasion se présente
  • en virant Delsol, NKM donne raison à celles et ceux, notamment à droite, qui critiquent ce qui serait une soumission aux desiderata du lobby LGBT et des franc-maçons
  • en voulant se donner une image gay friendly au sens PS du terme, NKM ne comprend pas qu'elle ne fera jamais mieux qu'Hidalgo, qui a préempté le terrain et affiche des têtes de listes pour qui la sexualité est un élément d'identité, carrément.
  • NKM ne pense pas aux gens, y compris gays, qui refusent les thèses essentialistes que la gauche fait circuler, et elle ignore les solutions que les libéraux auraient pu (dans un cadre, répétons le une fois de plus, national et législatif, et non pas municipal) lui apporter, à savoir la privatisation du mariage et la fin du mariage civil.
Bref, il était temps que NKM réalise qu'il n'y a rien d'idéologiquement commun entre ses différentes têtes de liste. A 3 semaines du 1er tour, la vérification s'imposait, en effet. 



(1) Le Lab Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) va destituer Hélène Delsol, sa tête de liste du IIe (1).  28 février 2014
(2) Atlantico Oui au mariage homo, pour une famille durable, par Aurélien Véron, 25 juillet 2011