C'est quand même hallucinant que, le jour où le gouvernement va se féliciter d'être une "force progressiste", au service de la cause féministe, on donne une Légion d'honneur au prince héritier saoudien (1) .
Quand va t-on sortir de ce double discours sur les Droits de l'Homme, qui décrédibilise notre pays et ses valeurs ?
Est ce que Valls, Hollande, Ayrault & co sont trop peu intelligents pour se rendre compte qu'échanger les emplois liés à la construction de quelques avions de chasse, contre nos valeurs affichées ne nous attire que le mépris et la haine de la planète entière, à commencer par nos "amis" Saoudiens ? L'Occident se décrédibilise à jouer la réal politik avec des dictatures.
Nous serions bien plus nous même en rappelant nos valeurs, un peu comme quand la princesse Marie du Danemark (2) ou Michelle Obama rappellent que les femmes Occidentales ne se voilent pas.
D'ailleurs, avant que le wahhabisme préempte l'islam, le voile n'était pas une tradition musulmane.
Tout ça pour dire qu'il faudra un jour qu'on tranche le débat sur l'universalité, ou non, des droits de l'homme (dont l'égalité hommes femmes). Sont-ils valables en Arabie Saoudite, ces Droits de l'Homme, ou pas ?
Si notre Légion d'Honneur a une portée universelle, ou en tout cas une valeur en Arabie Saoudite, pourquoi ne pas accorder la même portée à la journée des droit des femmes ? Difficile d'être universaliste à mi-temps.
(1) Le Parisien Ayrault bafouille pour justifier la Légion d'honneur au prince héritier saoudien 7 mars 2016
(2) Au Feminin La princesse Mary de Danemark refuse de porter le voile en Arabie Saoudite 1 mars 2016
Affichage des articles dont le libellé est islam. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est islam. Afficher tous les articles
mardi 8 mars 2016
vendredi 8 janvier 2016
Agressions sexuelles à Cologne / Allemagne : l'analyse d'Aldo Sterone
Face à ce qui s'est passé à Cologne, chacun conviendra que la réaction d'Henriette Reker, la Kölner Oberbürgermeisterin (maire de Cologne) est hallucinante et stupide : non, ce n'est pas aux européennes non musulmanes à s'adapter aux moeurs arabo-musulmanes.
Pour le v-blogueur Aldo Sterone, les choses sont claires : le problème est systémique. Les pays type Algérie sont "victimes" d'une misère sexuelle organisée et les racailles qui ont agi à Cologne sont le produit d'une culture.
Aldo Stérone réagit aussi au problème des piscines à créneaux féminins, réclamées par certaines musulmanes d'Europe.
Analyse intéressante, (mais qui ne doit pas occulter les violences dont sont victimes les européennes et qui ne proviennent pas des arabo-musulmans). Intéressante et inquiétante, car elle signifie clairement qu'il y a une totale inadaptation des valeurs et mentalités européennes à l'islam.
mardi 5 janvier 2016
Mais pourquoi y a t-il une piscine municipale à Mantes-la-Jolie ?
Nouvel accro au "vivre ensemble" : un collectif de Mantes la Jolie réclame des horaires de piscine réservés aux femmes (1). De l'aveu même du père de famille (!) qui est à l'initiative de cette pétition, la "communauté arabo-musulmane est très majoritaire parmi les signataires de la pétition".
Est-il normal et acceptable, dans un pays comme la France, que l'on sépare les hommes et les femmes dans les piscines, mais aussi à l’hôpital ?
Quel est ce "bien être" dont les femmes désireuses d'aller à la piscine sont privées ? Et quelle est la pudeur dont elles se réclament ? Si on comprend bien la pétition, le regard des hommes serait un problème, à tel point qu'il faudrait également du personnel féminin dédié aux séances réservées aux femmes.
Nulle volonté de dire que les relations hommes femmes soient idylliques en France, et que seuls les musulmans soient des agresseurs en puissance. Les frasques impliquant des cinéastes célèbres ou des élus athées ou d'autres religions que l'islam, de gauche (2) comme de droite (3), prouvent le contraire.
Mais force est de constater que la montée en puissance des valeurs musulmanes en France (et notamment la question des relations hommes femmes selon l'islam) pousse à répondre aux questions suivantes :
Mais force est de constater que la montée en puissance des valeurs musulmanes en France (et notamment la question des relations hommes femmes selon l'islam) pousse à répondre aux questions suivantes :
- les hommes et les femmes peuvent-ils se trouver dans des endroits communs, sans forcément se sauter dessus ?
- la vue d'une chevelure féminine déclenche t-elle immanquablement un flot hormonal incontrôlable chez les hommes ?
- jusqu'où, à la RATP notamment, faut-il accepter les comportements de mépris des femmes (4) ?
- peut-on être une musulmane et une français en même temps ou bien l'intégration risque t-elle de se finir à coup de ceinturon, attachée à un radiateur (5) ?
- jusqu'où, à la RATP notamment, faut-il accepter les comportements de mépris des femmes (4) ?
- peut-on être une musulmane et une français en même temps ou bien l'intégration risque t-elle de se finir à coup de ceinturon, attachée à un radiateur (5) ?
Si on pense que non, alors la cohabitation hommes femmes est possible et le collectif de Mantes la Jolie ne devrait pas craindre de voir des hommes et des femmes utiliser les mêmes piscines au même moment.
En revanche, au vu d'incidents récents, tels que les viols sur la place Tahir (6) ou bien les incidents lors du Nouvel An à Cologne (7), on peut, comme ce père de famille de Mantes la Jolie, penser que la cohabitation est impossible, avec les hommes en général, et avec les racailles en particulier.
La vérité se situant probablement entre ces deux bornes, demeurent d'autres questions, outre la nécessaire prise de parole de la "communauté" musulmane de France, qui doit se lever et parler (8), il est temps que l'Europe réaffirme de toute urgence ses valeurs chrétiennes, donc laïques (9), afin que l'on explique clairement pourquoi, après des siècles d'erreurs, les européens sont parvenus à un certain consensus sur l'égalité hommes femmes notamment, ce consensus étant, au passage, ni parfait, ni entièrement acquis.
Enfin, si malgré tout devait demeurer la volonté chez certaines de se voiler les cheveux, de ne pas se montrer en maillot de bain devant des hommes ou encore de n'être soignées que par des femmes, alors il faudrait qu'une décision soit prise : si certains veulent s'exclure de la vie sociale telle qu'elle est pratiquée en Europe, alors il conviendrait également de revoir les conventions de prohibition de l'exclusion, du racisme, etc. En clair, il serait plus que temps de légaliser le racisme, afin que la liberté de conscience des uns ne se heurte pas à l'impossibilité pour les autres d'exercer la même liberté de conscience.
Question ultime : comment une ville comme Mantes la Jolie (Impôt sur le revenu net moyen par foyer : 2 021 €, et 476 euros par habitant de dotation globale de fonctionnement accordée par l' Etat , soit 20,5 millions d'euros en 2012) peut-elle se permettre d'avoir une piscine ayant couté 20 millions d'euros (10) ?
Question ultime : comment une ville comme Mantes la Jolie (Impôt sur le revenu net moyen par foyer : 2 021 €, et 476 euros par habitant de dotation globale de fonctionnement accordée par l' Etat , soit 20,5 millions d'euros en 2012) peut-elle se permettre d'avoir une piscine ayant couté 20 millions d'euros (10) ?
La meilleure manière d'être tranquille dans sa piscine, c'est encore de se construire la sienne et de demander à la municipalité de fermer celle publique !
Pourquoi le collectif de Mantes la Jolie n'achèterait-il pas un terrain et se ne monterait pas une opération de crowdfunding pour bâtir sa propre piscine privée, réservée aux membres de l'association ?
Pourquoi le collectif de Mantes la Jolie n'achèterait-il pas un terrain et se ne monterait pas une opération de crowdfunding pour bâtir sa propre piscine privée, réservée aux membres de l'association ?
(1) Le Figaro Mantes-la-Jolie : un collectif réclame des horaires de piscine réservés aux femmes 5 janvier 2016
(2) Elle Condamné pour agressions sexuelles, Jacques Mahéas démissionne du Parti Socialiste 8 juillet 2011
(3) Le Parisien Pédophilie : un élu UMP des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(4) Nouvelles de France À cause de l’islam, les machinistes femmes de la RATP en voient des vertes et des pas mûres 1 février 2013
(5) Closer Il battait sa compagne à coups de ceinturon : Yacine Chaouat démissionne du conseil du PS 22 juin 2015
(2) Elle Condamné pour agressions sexuelles, Jacques Mahéas démissionne du Parti Socialiste 8 juillet 2011
(3) Le Parisien Pédophilie : un élu UMP des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(4) Nouvelles de France À cause de l’islam, les machinistes femmes de la RATP en voient des vertes et des pas mûres 1 février 2013
(5) Closer Il battait sa compagne à coups de ceinturon : Yacine Chaouat démissionne du conseil du PS 22 juin 2015
(6) Le Monde Les viols et agressions de femmes se multiplient place Tahrir, au Caire 30 juin 2012
(7) RT Vague d'agressions sexuelles lors du nouvel an à Cologne 4 janvier 2016
(8) Ordre Spontané Lève-toi et parle ! 31 juillet 2014
(9) Atlantico La laïcité, cette invention spécifiquement chrétienne 24 novembre 2012
(10) Le Parisien La nouvelle piscine ouvre aujourd'hui 30 décembre 2011
dimanche 26 juillet 2015
#JeSuisMaroua, ou bien ?
Et si le traitement médiatiques des attentats qui ont secoué la ville de Maroua, dans le nord du Cameroun, donnaient raison à ceux qui, pour des raisons différences, ont dénoncé le Charlysme, je "#JeSuisCharlie" de janvier dernier ?
Rappelez-vous. En janvier dernier, la capitale a été secoué par deux événements, l'un, abusivement appelé attentat, en réalité une vendetta anti Charlie Hebdo dirigée par des musulmans qui protestaient contre les caricatures du prophète Mahommet, et l'autre, une prise d'otage, attentat antisémite, dans la supérette Hypercasher de la Porte de Vincennes.
Suite à ces événements, le pays qui s'était massivement mobilisé en faveur de la liberté d'expression (et non pas en restriction de celle ci ...) et le gouvernement avait alors habilement joué de la confusion que certains tentent d'imposer entre la France (le pays) et la République (le régime) pour faire admettre l'idée que nous étions Tous Charlie.
Quelques voies s'étaient bien élevées ça ou là pour dire qu'elles n'étaient pas Charlie, notamment chez certains "jeunes de banlieue" ou au sein des médias alternatifs (1), mais une impressionnante coalition gauche/droite politiciens/journalistes (2) s'était chargée du rappel à l'ordre. Et gare à ceux qui, pour une quelconque raison, se sentaient "Charlie Coulibaly" (3). L'heure n'était ni à la provocation, ni aux blagues de mauvais gout. Et tant pis si les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo détestaient, pour diverses raisons la encore, les institutions, de Manuel Valls au Nasdaq, qui les soutenaient alors.
Par la suite, les actes terroristes n'ont pas cessé. Il y a eu Copenhague en février 2015 (4) et d'autres encore.
Aujourd'hui, il y a Maroua.
Aujourd'hui, il y a Maroua.
#Cameroun > Au moins une vingtaine de personnes ont été tuées hier soir dans un attentat à la bombe contre un bar de #Maroua dans le nord
— iTELE (@itele) 26 Juillet 2015
Cet attentat suit un autre, survenu également cette semaine, dont personne n'a parlé. Comme se demande le blogueur et politicien lyonnais Romain Blachier, "Médiatiquement, les camerounais sont-ils une race inférieure " ? (5)
Alors, certes, il y a les règles journalistiques des morts/kilomètre (6) et de la reprise d'une information par d'autres médias, de préférence dit de référence. On préférera toujours parler du décès par accident d'un pilote de Formule 1 des Alpes Maritimes que du décès de 20 personnes sur un marché en Afrique, c'est ainsi, tout comme on parlera toujours plus d'un fait divers qui se passe quelque part aux Etats-Unis plutôt que de la découverte par le CERN d'une nouvelle particule (7).
Il y a aussi l'évident manque de leadership médiatique des dirigeants politiques africains, qui, dictateurs ou non, ont défilé le 11 janvier à Paris ou à l'Elysée. Leur age, leur décalage vis a vis de leurs pays et leur attachement manifeste à la Françafrique que le président Hollande a reconstitué, en dépit des promesses de campagne, constituent probablement les facteurs explicatifs de l'absence de mobilisation autour de slogans tels que Je Suis Maroua ?
Il y a aussi gène, chez nous, autour de notre politique étrangère. Il y a deux semaines, le président Hollande était au Cameroun. Est-ce que les médias en ont parlé ? Pas vraiment. C'était la canicule, il fallait parler des propos de Ségolène Royal qui suggérait de boire de l'eau quand il fait chaud. Et puis surtout, cela aurait forcé les journalistes à demander à François Hollande si Moi Président compte continuer à inviter des dictateurs à l'Elysée (8), s'il compte expliquer quel sera le rôle du Cameroun dans la guerre contre l'islamisme (9) et si, aujourd'hui, ce pays est victime d'une représailles.
Bref, puisque nous ne sommes pas Maroua, peut être que tous ceux qui ne se sentaient pas Charlie avaient raison ?
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.
(1) Boulevard Voltaire Gabrielle Cluzel : "Non, je ne suis pas Charlie !" 7 janvier 2015
(2) Mediapart Repérer et traiter ceux qui ne sont pas "Charlie" : la traque est ouverte. La France est mûre, les médias en ordre de bataille. 13 janvier 2015
(3) Le Monde « Je me sens Charlie Coulibaly » Dieudonné 4 février 2015
(4) The Guardian Francois Hollande says France shares pain of Copenhagen shootings 16 février 2015
(5) Romain Blachier Médiatiquement les camerounais sont une race inférieure 22 juillet 2015
(6) Le blog du communicant Massacres au Nigeria & Journalisme : Pourquoi la règle « mort-kilomètre » persiste dans les médias ? 18 janvier 2015
(7) SwissInfo CERN: première observation concluante de pentaquarks 14 juillet 2015
(8) Lui Président Invitation de dictateurs à Paris
jeudi 23 avril 2015
Migrants de Méditerranée ? halte à l'hypocrisie !
Un bateau d'immigrés qui chavire, la médiatisation qui s'en suit, et ça y est, la planète politique s’émeut. Enfin, la planète politique ... toute ? Non. Car un village peuplé d'irréductibles gens d'extrême droite résiste encore et toujours en restant fidèles à leurs principes.
Mais au moins, quand les nationaux socialistes disent "coulez les bateaux", ont-ils le mérite de ne pas tomber dans l'insupportable hypocrisie dont le Parti Socialiste nous abreuve.
.@jccambadelis Il faut un plan massif pour lutter contre les filières, et résoudre la question des migrants. #19hRuthElkrief
— Parti socialiste (@partisocialiste) 23 Avril 2015
Déjà, un petit rappel : non, il n'y a pas de vague migratoire qui nous submergerait. Quand bien même un million d'arabes et d'africains débarqueraient sur les cotes Européennes (nous sommes 500 millions au sein de l'UE ...), cela ne représenterait que 0.09% du milliard et quelques d'Africains.
Les africains, comme la plupart des gens sur cette planète, ne rêvent pas tous de migrer. Ils rêvent de vivre en paix et avec un minimum, chez eux.
Et quand ils migrent, ils ne se dirigent pas tous vers l'Europe. Ils vont d'abord vers des pays africains voisins ou vers le Golfe (1), en dehors du cas du Maghreb qui, lui, a des liens avec la France.
.
Ensuite , sur le cas spécifique des migrants de Méditerranée, dont la traversée signifie le plus souvent la mort, qui peut vraiment dire, parmi les responsables politiques des pays européens, que nous ayons réellement envie de les sauver ? Qu'ils se noient dans un cas sur deux arrange bien tout le monde, à commencer par les autorités italiennes qui, elles, pour le coup, sont submergées par le phénomène, et ce alors que l'Italie n'est souvent pas la destination finale des migrants.
La plupart des états européens, à commencer par la France et les etats membres de l'UE les plus socialistes, sont dans un dilemme.
Citons Serge Federbusch (2), il a parfaitement résumé la situation, on ne saurait mieux dire :
"Cette triste situation nous renvoie à l'incohérence fondamentale des politiques migratoires. Si l'on prétend, comme la gauche française et une partie de la droite, défendre un modèle social fondé sur la solidarité nationale, avec des lois protectrices, des transferts et des aides en tout genre, alors l'immigration doit être strictement et sévèrement contrôlée. Il faut en finir avec le regroupement familial et tout ce qui permet l'entrée sur nos territoires autrement qu'au compte-goutte.
L'alternative que peu envisagent mais qui est pourtant cohérente serait de laisser l'Europe ouverte aux mouvements de population. Ceux qui veulent tenter leur chance peuvent s'y installer. Que le meilleur et le plus travailleur gagne ! Mais il faut alors être logique : cela implique la fin de l'Etat providence et de tous les systèmes de législation protectrice de la main d'oeuvre puisque, bien évidemment, de très nombreux migrants seront prêts à travailler sans salaire minimum ni droits sociaux et qu'il sera vite impossible de réprimer leurs employeurs. De même, il ne doit y avoir aucun système d'assistanat qui puisse créer une incitation à l'émigration. La logique de "gauche", libérale en matière migratoire, implique en réalité un ultra libéralisme économique que la gauche, incohérente, vomit. "
La France socialiste de Nicolas Hollande et de François Sarkozy n'a pas envie de voir débarquer des migrants prêts à bosser pour moins que le SMIC, voila la réalité ! Et elle ne peut pas non plus supporter plus de gens qui ne travaille pas, étant donné l'état des comptes sociaux du pays.
Alors, quand est-ce qu'on remettra en cause le système social à la Française ?
Et quand est-ce qu'on cessera de donner une prime aux passeurs, en autorisant tout simplement les migrations ?
Quand les anglais, les français, les allemands ou les hollandais ont débarqué du Mayflower et des bateaux suivants, il n'y avait ni service de l'immigration pour les accueillir, ni service de la sécurité sociale pour leur garantir une vie sans travail. Ils ont bâti ce que sont devenus les Etats-Unis avec leur travail (volontaire des européens mais aussi forcé des esclaves africains). Alors pourquoi, en Europe en 2015, ne pas également autoriser chacun à avoir sa chance ?
Reste, disent les identitaires, le problème de la compatibilité culturelle. En effet, a priori, nous sommes peu nombreux à vouloir voir s'installer une république islamiste en France. Mais est-ce qu'un pays où seulement 4% des habitants pratique la religion qui a un historique de plus de 1000 ans sur le territoire peut se plaindre de la progression d'autres religions ? Si les catholiques "non pratiquants" désertent les églises, pourquoi regrettent-ils ensuite l'installation de mosquées ? Tout en disant très clairement aux migrants quelles sont les règles en vigueur dans ce pays, et notamment la laïcité, héritage du christianisme (3), ce qui implique que ceux qui ne sont pas prêts à les accepter ne sont pas forcés de rester, peut être pouvons nous ouvrir le dossier de notre propre rapport au sacré ?
Quelques soient les décisions que nous prendrons pour régler ce problème de migrations trans-Méditerranée, il faudra qu'elles soient marquées du sceau de la cohérence. Soit nous voulons être une Corée du Nord, ultra socialiste, où personne ne migre, soit nous voulons être une Suisse, libérale. Le fait que nos voisins supportent un taux d'étrangers bien plus élevé que chez nous montre que manifestement, nos problèmes proviennent peut être non pas de Lampedusa mais de Bercy.
Oh, one last thing, comme disait Steve J. Puisque le sujet du racisme est connexe, quand est-ce qu'on cessera d'idéaliser les pays de transit des migrants, pour enfin dénoncer les violences dont sont victimes les immigrés au Maroc (4) ou en Lybie ? Pas politiquement correct ? C'est toute cette question de gestion de l'immigration qui ne l'est pas. Mais tant que la France refusera d'amender son système social, mais aussi ses lois anti racistes (qui génèrent en fait plus de racisme), les non dits de l'immigration continueront à générer de la frustration (euphémisme ...) chez les citoyens !
(1) Le Monde Catherine Wihtol de Wenden "Le développement accélère les migrations" 7 janvier 2009
(2) Le Delanopolis On surmonte la haine mais pas le mépris : pourquoi François Hollande ne parvient pas à reconquérir les Français 22 avril 2015
(3) Atlantico La laïcité, cette invention spécifiquement chrétienne 24 novembre 2012
(3) Bladi Maroc : violences racistes contre les migrants à Tanger 17 aout 2014
mardi 24 février 2015
La logique dérive nationaliste du Parti Socialiste
Il y a quelques jours, le premier ministre Manuel Valls a, parlant de l'idéologie qui anime les terroristes type Coulibaly ou Kouachi, parlé d'islamo fascisme (1).
La polémique a duré 24 heures. Que n'eut-on entendu dans les medias, en boucle durant des jours, si les sinistres lieutenants de l'ancien président de la république (Hortefeux, Besson et les autres) avaient parlé d'islamo fascisme ? Mais Valls est "de gauche". Il a donc le droit de dire ce qu'il veut.
Hier, le président Hollande a utilisé l'expression "français de souche" (2). Pour le PS, il n'y a pas de polémique, il parait qu'il y avait des guillemets à comprendre dans le discours de Hollande, qui parlait des jeunes profanateurs de tombes juives à Sarre-Union.
Evidemment, utiliser l'expression français de souche lui a permis d'éviter de dire "jeunes extrémistes de gauche, antifas"
Mais surtout, là encore, alors que le président de la République utilise une expression qui autrefois (c'est à dire avant le 22 janvier 2015) était d'extrême droite, la encore, la polémique passe.
C'est insupportable mais fort logique. Le PS court après le FN, quand ce ne sont pas ses militants qui passent directement à l'extrême droite (3).
Quand va t-on comprendre que le socialisme est forcément nationaliste, et que le Front National est un Parti Socialiste cohérent ?
(1) Le Parisien «Islamo-fascisme» : après l'«apartheid», la nouvelle formule choc de Valls 16 février 2015
(2) Le Monde « Français de souche » : polémique autour d'un mot utilisé par Hollande 24 janvier 2015
(3) Libération À Amiens, Le FN recrute une ancienne socialiste 24 février 2015
Sur le même sujet
Le socialisme ne peut etre que nationaliste 24 mai 2012
Le socialisme est forcément nationaliste 29 octobre 2012
Sur le même sujet
Le socialisme ne peut etre que nationaliste 24 mai 2012
Le socialisme est forcément nationaliste 29 octobre 2012
samedi 21 février 2015
Terrorisme : Bernard Cazeneuve est-il Charlie ?
Qui peut se dire que la lutte contre le terrorisme n'est pas un objectif prioritaire ? A priori, personne. Du coup, le gouvernement, très républicain, très dirigiste et autoritaire, se permet de prendre en otage les démocrates et les gens attachés aux Droits de l'Homme dans ce pays, avec ses propositions liberticides.
Dernier exemple en date : le voyage du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, qui est allé rencontrer des représentants d’Apple, Google, Facebook, Twitter et Microsoft (1). Objectif : que ces géants de l'Internet s'autorégulent en bloquant par eux-mêmes les communications liées au terrorisme djihadiste (2).
Dernier exemple en date : le voyage du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, qui est allé rencontrer des représentants d’Apple, Google, Facebook, Twitter et Microsoft (1). Objectif : que ces géants de l'Internet s'autorégulent en bloquant par eux-mêmes les communications liées au terrorisme djihadiste (2).
Il est vrai que le ministre n'a cessé de répéter que «90% de ceux qui basculent dans des activités terroristes au sein de l’Union européenne le font après avoir fréquenté Internet», et qu'il faut donc réguler Internet.
Terrorisme ou pas, Cazeneuve, mais aussi 90% des politiciens, veulent réguler Internet (depuis la place Beauvau plutot que depuis un bureau en Californie).
C'est comme si ca tombait bien que des jeunes partent en Syrie ou tuent à Paris, soi-disant après avoir vu une vidéo sur Youtube. C'est comme si Cazeneuve nous expliquait qu'avant 2005 (date d'invention de Youtube) ou avant 2003 (date d'invention de Facebook), il n'y avait pas de terrorisme islamiste qui tuait à Paris.
Est-ce que prendre le risque de critiquer la politique anti-terroriste (et liberticide) du gouvernement, ce n'est pas laisser penser qu'il ne faille rien faire contre le terrorisme ?
Notons quand même que la France, le pays des Droits de l'Homme, est aussi un des pays qui demande déjà le plus à Twitter d'effacer des tweets. Oui, la France, pas une grosse république populaire asiatique, une dictature communiste ou quelque état fermé sur lui-même . Il ne s'agit pas d'une information conspirationniste mais d'un fait relayé par la presse mainstream (3). On sait également, depuis les révélations d'Edward Snowden, que la France fait aussi partie des pays qui enregistrent et surveillent ce que disent et font les citoyens (4).
Autrement dit, la surveillance de masse, et les interventions chez les gros fournisseurs de services sur Internet, ça ne marche pas (5).
En réalité, il n'y pas besoin de réguler Internet, on a surtout besoin d'une doctrine au sein du gouvernement et au sein du pays.
Déjà, les membres du gouvernement eux-mêmes ne sont ps d'accord entre eux. Quand un ministre dit qu'il faut comprendre les jeunes qui partent en Syrie, qu'un autre pense qu'il faut envoyer des armes aux opposants à Bachar el Assad, qu'un autre affirme qu'aller faire la guerre au Mali, c'est lutter contre le terrorisme ici, et qu'un autre se dit que ce n'est pas grave que la France se dote d'outils de surveillance de sa population plus puissants et plus intrusifs que ceux dont la RDA disposait, où est la cohérence ?
Quand la France affirme que le terrorisme islamiste n'a rien à voir avec l'islam, mais que dans le même temps, elle interdit des pièces de théâtre ou des films qui pourraient choquer les musulmans, tout en affirmant que Charlie Hebdo a raison de pratiquer ce que les musulmans considèrent comme un blasphème, où est la cohérence (6) ?
On sait pourtant très bien que les terroristes, bien plus que de vouloir défaire militairement la France (puisqu'il parait que nous sommes en guerre ...(7)), veulent surtout introduire une guerre civile en France, et rallier à leur cause, ou du moins à leur sympathie, les 5 millions de musulmans de France, tout en luttant contre notre mode de vie, malgré tout plus libre que la moyenne encore ? Alors, pourquoi, y compris au sein du gouvernement, contribuer à donner raison à leur stratégie, en tentant d'adopter un entre-deux en terme de valeurs, et en attaquant les libertés civiles ?
Il ne faut pas lutter contre la propagande djihadiste sur Internet, et ce pour plusieurs raisons.
La première est fondamentale, elle a trait à la cohérence de l'action publique et des lois. On ne sait jamais ce qui sera considéré, dans le futur, comme étant illégal sur Internet. Si la propagande djihadiste est considérée comme étant illégale, qui dit qu'ensuite ce ne sera pas telle ou telle religion, puis, telle ou telle opinion ?
La seconde raison est pratique : comment-voulez vous repérer des gens si vous les forcez à se cacher ? Il sera beaucoup plus aisé de repérer des futurs tueurs s'ils ne prennent pas trop de précautions.
La troisième raison est aussi d'ordre pratique : imaginons que Cazeneuve parvienne, on ne sait pas trop comment, à faire préférer à YouTube les lois françaises à la freedom of speech garantie par le 1er amendement : que fera t-il ensuite quand les vidéos migreront sur RUTube ?
En réalité, et sans tomber dans la culture de l'excuse, le gouvernement français ne se pose pas exactement les bonnes questions. Certes, toutes les personnes ayant habité le XIXeme arrondissement de la capitale ne deviennent pas des délinquants, et, certes, tous les prisonniers ne deviennent pas des terroristes.
Ceci étant dit, qui peut nier que la radicalisation passe aussi par ces séjours dans des établissements surpeuplés et ignobles, mais qui dépendent pourtant du ministère de la justice française, la justice du pays des droits de l'homme ?
On le sait, Coulibaly avait fait un séjour à Fleury Merogis (8), d'où il en avait tiré un reportage diffusé sur France 2, montrant l'état inacceptable de la plus grande prison d'Europe.
Dans le secret de la prison Fleury-Mérogis 1 par Francki94
Pendant que Cazeneuve demande à Youtube de ne plus diffuser telle ou telle video, il évite de rappeler que les prisons françaises sont toujours surpeuplées (9), ce qui n'est pas digne d'un pays qui donne des leçons de droits de l'homme à la terre entière.
Terrorisme ou pas, Cazeneuve, mais aussi 90% des politiciens, veulent réguler Internet (depuis la place Beauvau plutot que depuis un bureau en Californie).
C'est comme si ca tombait bien que des jeunes partent en Syrie ou tuent à Paris, soi-disant après avoir vu une vidéo sur Youtube. C'est comme si Cazeneuve nous expliquait qu'avant 2005 (date d'invention de Youtube) ou avant 2003 (date d'invention de Facebook), il n'y avait pas de terrorisme islamiste qui tuait à Paris.
Est-ce que prendre le risque de critiquer la politique anti-terroriste (et liberticide) du gouvernement, ce n'est pas laisser penser qu'il ne faille rien faire contre le terrorisme ?
Notons quand même que la France, le pays des Droits de l'Homme, est aussi un des pays qui demande déjà le plus à Twitter d'effacer des tweets. Oui, la France, pas une grosse république populaire asiatique, une dictature communiste ou quelque état fermé sur lui-même . Il ne s'agit pas d'une information conspirationniste mais d'un fait relayé par la presse mainstream (3). On sait également, depuis les révélations d'Edward Snowden, que la France fait aussi partie des pays qui enregistrent et surveillent ce que disent et font les citoyens (4).
Autrement dit, la surveillance de masse, et les interventions chez les gros fournisseurs de services sur Internet, ça ne marche pas (5).
En réalité, il n'y pas besoin de réguler Internet, on a surtout besoin d'une doctrine au sein du gouvernement et au sein du pays.
Déjà, les membres du gouvernement eux-mêmes ne sont ps d'accord entre eux. Quand un ministre dit qu'il faut comprendre les jeunes qui partent en Syrie, qu'un autre pense qu'il faut envoyer des armes aux opposants à Bachar el Assad, qu'un autre affirme qu'aller faire la guerre au Mali, c'est lutter contre le terrorisme ici, et qu'un autre se dit que ce n'est pas grave que la France se dote d'outils de surveillance de sa population plus puissants et plus intrusifs que ceux dont la RDA disposait, où est la cohérence ?
Quand la France affirme que le terrorisme islamiste n'a rien à voir avec l'islam, mais que dans le même temps, elle interdit des pièces de théâtre ou des films qui pourraient choquer les musulmans, tout en affirmant que Charlie Hebdo a raison de pratiquer ce que les musulmans considèrent comme un blasphème, où est la cohérence (6) ?
On sait pourtant très bien que les terroristes, bien plus que de vouloir défaire militairement la France (puisqu'il parait que nous sommes en guerre ...(7)), veulent surtout introduire une guerre civile en France, et rallier à leur cause, ou du moins à leur sympathie, les 5 millions de musulmans de France, tout en luttant contre notre mode de vie, malgré tout plus libre que la moyenne encore ? Alors, pourquoi, y compris au sein du gouvernement, contribuer à donner raison à leur stratégie, en tentant d'adopter un entre-deux en terme de valeurs, et en attaquant les libertés civiles ?
Il ne faut pas lutter contre la propagande djihadiste sur Internet, et ce pour plusieurs raisons.
La première est fondamentale, elle a trait à la cohérence de l'action publique et des lois. On ne sait jamais ce qui sera considéré, dans le futur, comme étant illégal sur Internet. Si la propagande djihadiste est considérée comme étant illégale, qui dit qu'ensuite ce ne sera pas telle ou telle religion, puis, telle ou telle opinion ?
La seconde raison est pratique : comment-voulez vous repérer des gens si vous les forcez à se cacher ? Il sera beaucoup plus aisé de repérer des futurs tueurs s'ils ne prennent pas trop de précautions.
La troisième raison est aussi d'ordre pratique : imaginons que Cazeneuve parvienne, on ne sait pas trop comment, à faire préférer à YouTube les lois françaises à la freedom of speech garantie par le 1er amendement : que fera t-il ensuite quand les vidéos migreront sur RUTube ?
En réalité, et sans tomber dans la culture de l'excuse, le gouvernement français ne se pose pas exactement les bonnes questions. Certes, toutes les personnes ayant habité le XIXeme arrondissement de la capitale ne deviennent pas des délinquants, et, certes, tous les prisonniers ne deviennent pas des terroristes.
Ceci étant dit, qui peut nier que la radicalisation passe aussi par ces séjours dans des établissements surpeuplés et ignobles, mais qui dépendent pourtant du ministère de la justice française, la justice du pays des droits de l'homme ?
On le sait, Coulibaly avait fait un séjour à Fleury Merogis (8), d'où il en avait tiré un reportage diffusé sur France 2, montrant l'état inacceptable de la plus grande prison d'Europe.
Dans le secret de la prison Fleury-Mérogis 1 par Francki94
Pendant que Cazeneuve demande à Youtube de ne plus diffuser telle ou telle video, il évite de rappeler que les prisons françaises sont toujours surpeuplées (9), ce qui n'est pas digne d'un pays qui donne des leçons de droits de l'homme à la terre entière.
(1) Libération Cazeneuve traque les jihadistes au Far Web 19 février 2015
(2) L'Opinion Cyberdjihadisme : Bernard Cazeneuve veut passer un «deal» avec les géants du web 20 février 2015
(3) Le Monde La France, numéro un mondial des demandes de suppression de tweets 6 février 2014
(4) Le Monde Snowden : « la surveillance de masse est pratiquée dans tous les pays » 10 décembre 2014
(5) Contrepoints Et maintenant une bonne surveillance de masse qui ne marche pas ! 1 février 2015
(6) Delanopolis Victoire posthume des frères Kouachi : progrès spectaculaires de la «dhimmicratie» en France 4 février 2015
(7) Le Figaro Manuel Valls : «La France est en guerre contre l'islamisme radical» 14 janvier 2015
(8) Les Echos Surpopulation carcérale : la France pointée du doigt 11 février 2015
(9) Le Monde Quand Amedy Coulibaly dénonçait les conditions de détention à Fleury-Mérogis 12 janvier 2015
(2) L'Opinion Cyberdjihadisme : Bernard Cazeneuve veut passer un «deal» avec les géants du web 20 février 2015
(3) Le Monde La France, numéro un mondial des demandes de suppression de tweets 6 février 2014
(4) Le Monde Snowden : « la surveillance de masse est pratiquée dans tous les pays » 10 décembre 2014
(5) Contrepoints Et maintenant une bonne surveillance de masse qui ne marche pas ! 1 février 2015
(6) Delanopolis Victoire posthume des frères Kouachi : progrès spectaculaires de la «dhimmicratie» en France 4 février 2015
(7) Le Figaro Manuel Valls : «La France est en guerre contre l'islamisme radical» 14 janvier 2015
(8) Les Echos Surpopulation carcérale : la France pointée du doigt 11 février 2015
(9) Le Monde Quand Amedy Coulibaly dénonçait les conditions de détention à Fleury-Mérogis 12 janvier 2015
jeudi 19 février 2015
Carême : les politiciens ont oublié quelque chose ?
Hier, c'était le mercredi des cendres, date d'entrée des chrétiens en Carême (1). Le Carême, qu'est ce que c'est ? Le carême est un temps de préparation à la fête de Pâques, une période qui dure 40 jours. (2). Le carême passe par un temps de prière, et par un effort sur soi, qui peut prendre la forme du jeûne.
Le catholicisme et le protestantisme ne sont pas les seules religions qui connaissent de telles périodes de jeûne. L'autre religion largement pratiquée en France, l'islam, est notamment connue pour le "ramadan".
Question : étant donné que la religion, au sens large, dans un pays laïc comme la France, relève de la sphère privée, les chrétiens auraient-ils du attendre des politiques qu'ils se joignent à leurs prêtres pour leur souhaiter une bonne entrée en Carême ?
La réponse est dans la question. Non seulement Hollande, Valls, Cazeneuve et Hidalgo ont raison de ne pas se mêler de religion, mais en plus la liberté d'expression dont nous bénéficions en France permet à la christianophobie d'être légale. De plus, le Carême ne doit pas être démonstratif, alors que les politiciens l'oublient, quelque part, c'est tant mieux.
| Egalement publié sur Contrepoints |
Du coup, symétriquement, est-il logique que le ramadan fasse l'objet d'une communication particulière de la part des autorités politiques (3) et que les fêtes religieuses musulmanes soient financées, notamment à Paris, par l'ensemble des contribuables (4) ?
La encore, la réponse devrait être non. Les hommes et femmes politiques devraient laisser la religion aux prêtres et aux imams, et s'abstenir, sous prétexte de vouloir créer du vivre ensemble ou de lutter contre telle ou telle erreur historique, de discriminer en faveur de tel ou tel groupe. N'ont-ils pas à gérer les finances publiques qui sont dans un état catastrophique, ou s'occuper de faire fonctionner les services publics régaliens ?
(1) Diocèse de Paris Mercredi des Cendres 18 février 2015
(2) Contrepoints Le mercredi des Cendres, jour d’entrée en Carême 18 février 2015
(3) La Croix Pour la fin du Ramadan, François Hollande adresse ses vœux aux musulmans 19 aout 2012
(4) Metro Nouvelle polémique autour de la fête du ramadan de la mairie 23 mai 2014
jeudi 29 janvier 2015
Les dérapages du Tous Charlie
Fermez les yeux. Les cigales chantent, nous sommes à Marseille, dans une classe il y a plusieurs dizaines d'années en arrière.
"Monsieur Berlaudier ! Comment traduisez-vous "Paete, non dolet" ?
-Euh... "Péter n'est pas douloureux."
Rires.
-Comment !
Silence ! 2h de consigne. Prenez votre passeport, ..M. Berlaudier"
Source :Marcel Pagnol, le temps des secrets (1).
Rouvrez les yeux et prenez une des actu du jour :
Dans une école primaire de Nice, les élèves d'une classe de CE2 discutent du drame avec leur instituteur.
- Êtes-vous Charlie ?», demande-t-il.
Ahmed, 8 ans, répond que non. Pourquoi ? «Parce qu’ils ont caricaturé le prophète. Moi, je suis avec les terroristes.»
Le prof alerte son directeur. Ce dernier décide de convoquer le gamin, puis ses parents, qui raisonnent leur rejeton. Mais il ne s’arrête pas là. Le 21 janvier, le directeur de cette école, située dans le sud de la ville, dépose plainte au commissariat pour «apologie du terrorisme» (2).
On ne va pas forcément comparer une blague potache avec des propos idiots.
Mais, première question : qu'est ce que le professeur d'une classe de CE2 (est-ce que vous vous rappelez de votre niveau de conscience politique en CE2, vous, chers lecteurs ??) avait à demander à des gamins de 8 ans, donc, s'ils étaient Charlie ?
Deuxième question : est-ce que la réponse du gamin (ou plutôt ce qu'il a répété après avoir sans doute entendu un frère ou ses parents en discuter) valait autre chose qu'une heure de colle ou une bonne gifle ?
Troisième question : sachant que ce gamin de 8 ans (!!) a été convoqué par la police (!!), ne risquera t-il pas de constituer t-il pas un vecteur privilégié de haine anti-française d'ici quelques années ?
Récapitulons. Nous sommes tous Charlie, c'est à dire tous attachés à la défense de nos valeurs, dont la liberté d'expression, mais :
- un gamin de 8 ans est mis en examen pour propos qui ne lui appartiennent sans doute pas (tiens, où sont les associations de gauche qui protestaient, sous Sarkozy, contre les interventions de police dans les écoles (3) ?)
- la ville de Clichy se pose des questions sur une expo qui pourrait heurter la sensibilité des musulmans (4) (mais, pas d'amalgames) quelques semaines après la polémique Houellebecq sur son dernier roman, "soumission"(5).
- Hollande ne s'excuse pas d'avoir rendu hommage à feu le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, tout en rappelant que nous sommes toujours en guerre contre le terrorisme et le fondamentalisme (non, il n'y a pas de contradictions !).
- dans le cadre d'une simple législative partielle, Manuel Valls en appelle à "l'esprit du 11 janvier" (6), sous entendant que seul le PS "défend les valeurs de la République" (mais, non, il n'y a pas de récupération ...)
- La gauche et l'extrême gauche se félicitent de l'existence des lois Pleven, Gayssot et Taubira, "anti expression raciste", oubliant par la même qu'elles sont à l'origine directe de la concurrence mémorielle dont on voit les conséquence aujourd'hui.
Les réveils en sursaut, c'est mauvais pour le cœur. Certes, il était temps que la France (enfin, plus
précisément la France bobo) se réveille en prenant conscience du décalage, voire du gouffre qui existe entre les valeurs qu'elle affiche et celles qu'elle poursuit.
Oui, il y a des questions à se poser quand à l'existence de systèmes de pensée qui, à l'évidence, ne favorisent pas le vivre ensemble. De là à dire que nous devrions tous penser la même chose, de préférence sous l'égide de ce que peut raconter l’exécutif socialiste, il y a un pas que nous serons nombreux à ne pas franchir, surtout si ce dernier n'est pas capable de surmonter ses contradictions idéologiques.
précisément la France bobo) se réveille en prenant conscience du décalage, voire du gouffre qui existe entre les valeurs qu'elle affiche et celles qu'elle poursuit.
Oui, il y a des questions à se poser quand à l'existence de systèmes de pensée qui, à l'évidence, ne favorisent pas le vivre ensemble. De là à dire que nous devrions tous penser la même chose, de préférence sous l'égide de ce que peut raconter l’exécutif socialiste, il y a un pas que nous serons nombreux à ne pas franchir, surtout si ce dernier n'est pas capable de surmonter ses contradictions idéologiques.
Tous Charlie, vraiment ?
Vous verrez ! Puisque le gouvernement est en total échec sur le chômage (7), la lutte "contre le terrorisme" sera la carte unique qu'il jouera jusqu'en 2017. C'est plus simple de faire des sites web rigolos (8) que de remettre tout le monde au travail, aspirants djihadistes y compris.
Vous verrez ! Puisque le gouvernement est en total échec sur le chômage (7), la lutte "contre le terrorisme" sera la carte unique qu'il jouera jusqu'en 2017. C'est plus simple de faire des sites web rigolos (8) que de remettre tout le monde au travail, aspirants djihadistes y compris.
(1) MarcelPagnol.com le forum
(2) Libération Un enfant de 8 ans au commissariat pour «apologie du terrorisme 28 janvier 2015
(3) Arret sur image Anti-drogue : des gendarmes accusés de rudoyer des élèves dans le Gers 2 décembre 2008
(4) L'Express Des escarpins sur un tapis de prière pour musulman: une oeuvre d'art retirée à Clichy 27 janvier 2015
(5) Contrepoints « Soumission » de Michel Houellebecq 10 janvier 2015
(6) Le Point Législative partielle : Valls en appelle à "l'esprit du 11 janvier" 28 janvier 2015
(7) L'Opinion Chômage : retour à la dure réalité pour François Hollande 27 janvier 2015
(8) H16 Ivre, le gouvernement fait des sites web rigolos 29 janvier 2015
(7) L'Opinion Chômage : retour à la dure réalité pour François Hollande 27 janvier 2015
(8) H16 Ivre, le gouvernement fait des sites web rigolos 29 janvier 2015
mercredi 21 janvier 2015
Alors, NoGoZones dans Paris, ou bien ?
Émoi au sein de l’exécutif parisien ! Et tout ça pour quoi ?
FoxNews, une chaine regardée par 2 millions d'américains (sur une population de 300 millions ...), la plupart ayant plus de 60 ans (1), a osé diffusé l'"information" suivante : il existerait, dans la capitale française, des no go zones, des zones de non droit où les non musulmans n’accéderaient pas (2) !
Evidemment, n'importe quel parisien qui connait Brochant-Les Epinettes, le boulevard Ney, Chateau Rouge, Evangile-Stalingrad ou surtout le 11eme, le coeur du boboland, sait que, d'une part, les situations sont diverses et que, d'autre part, ces quartiers sont effectivement pour certains des no go zones, mais pour les non bobos :-)
No Go Zones: Fox News a raison. Les barbus font la loi à Paris ! pic.twitter.com/vuoleKjWgm
— SousLaRobe (@herminator71) 21 Janvier 2015
Alors, franchement, est-ce que Anne Hidalgo et les services juridiques de la mairie de Paris n'ont pas pensé que le silence gêné devant la manifeste méconnaissance de Paris par FoxNews était meilleur que l'idée de porter plainte (3) contre cette chaîne TV ? Et si le silence ne suffisait pas, l'humour n'était-il pas une option, comme le prouve intelligemment Vanity Fair, qui propose de pratiquer du "tourisme de l'extrême" en allant dîner dans ces fameuses no-go zones (4) ?
Cette plainte est d'autant plus comique qu'elle survient quelques jours seulement après que la France entière ait manifesté pour la liberté d'expression. On est tous Charlie, remember ?
Ils sont drôles, nos socialistes qui, la semaine dernière encore, étaient tous Charlie. Mais somme dit le blogueur H16, (5) "Après les attentats, les cartes devaient être rebattues, la liberté de la presse et celle, concomitante, d’expression, elle devait être à nouveau indiscutable. Le monde entier, à nouveau éclairé par le phare bien français de la Liberté, allait voir ce qu’il allait voir".
On a vu ! Il faut croire que nous sommes libre de dire ce que l'on veut, sauf ce qui ne colle pas avec ce que pensent les socialistes.
En plus, il ne faudrait pas que cette plainte se retourne contre Anne Hidalgo et surtout contre la ville de Paris ! Imaginons que FoxNews approfondisse le cas, et dise que leur analyse se fonde sur les propos de Manuel Valls (6), sur l'analyse de la carte des ZSP récemment étendues (7) ou sur l'étude des incidents tels que les manif pro Palestine interdites par le gouvernement et qui dégénèrent ?
Et puis, franchement, la ville de Paris n'a t-elle pas les moyens d'organiser la riposte médiatique ? avec un service de communication employant 247 personnes (8), pour un coût annuel de 10,6 millions d'euros (soit plus de gens et d'argent que la plupart des entreprises du CAC 40), Paris peut en faire passer, des messages ! Sans parler de la centaine de films tournés tous les ans dans les rues de la capitale (9) ! Eux aussi vendent l'image de la ville ...
Seulement voila ! Pendant qu'Anne Hidalgo s'occupe de porter plainte contre FoxNews, elle évite de parler de l'insécurité qui touche les touristes.
Est-ce qu'Anne Hidalgo pourrait nous faire un commentaire sur les incidents du Trocadéro (10), relayés dans le monde entier ? Pourrait-elle nous dire quel est son plan pour améliorer le sentiment de sécurité des parisiennes dans le métro (11) ?
Enfin, il faudra que Anne Hidalgo pense aussi à porter plainte contre :
Enfin, il faudra que Anne Hidalgo pense aussi à porter plainte contre :
- les médias Afghans, qui laissent penser que «A Paris, les hélicoptères aspergent la ville de parfum» (12), diffusant une image fausse qui pousse des migrants potentiels à venir
- Luc Besson, le producteur de Taken (13)
- la quasi totalité des français non franciliens, qui passent leur temps à dénigrer Paris :-)
Vraiment, on ne peut qu'être admiratif d'Anne Hidalgo. Cette cumularde (elle est aussi conseillère régionale) trouve vraiment le temps pour tout faire, y compris l'inutile !
(1) Daily Mail The average age of Fox News viewers is 68 2 février 2014
(2) BFM TV Les no-go zones à Paris de Fox News, consternation dans les quartiers concernés 21 janvier 2015
(3) L'Express Plainte contre Fox News et ses "No go zones": "Anne Hidalgo veut marquer le coup" 21 janvier 2015
(4) Vanity Fair Tourisme de l'extrême : où manger dans les no go zones ?23629 20 janvier 2015
(5) H16 Liberté d’expression : la contre-attaque des Bisounours 21 janvier 2015
(6) Le Monde Manuel Valls évoque « un apartheid territorial, social, ethnique » en France 20 janvier 2015
(7) Gouvernement 9 ZSP relèvent de la compétence de la préfecture de police de Paris
(8) Le Parisien Le budget communication fait bondir l'opposition 11 mai 2010
(9) Rue 89 Carte : rue par rue, retrouvez plus de 600 films tournés à Paris
(10) Atlantico PSG : un bus de touristes pillé par les casseurs 14 mai 2013
(11) 20 Minutes Les parisiennes ne se sentent pas en sécurité dans le métro 31 octobre 2014
(10) Atlantico PSG : un bus de touristes pillé par les casseurs 14 mai 2013
(11) 20 Minutes Les parisiennes ne se sentent pas en sécurité dans le métro 31 octobre 2014
(12) Le Parisien M6 - « Zone interdite » Embarqués avec les clandestins 24 novembre 2013
(13) Programme TV Pour Liam Neeson, Taken a découragé le venue des touristes américains en Europe 19 janvier 2015
(13) Programme TV Pour Liam Neeson, Taken a découragé le venue des touristes américains en Europe 19 janvier 2015
jeudi 15 janvier 2015
Stop aux subventions à la presse !
L'affaire de l'assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo ramène sur le devant de la scène un sujet qui a le don d'irriter les contribuables et citoyens que nous sommes tous : le scandale des subventions à la presse (1). Ces aides servent à « garantir la liberté de la presse et à conforter les conditions de son pluralisme ». En effet, Fleur Pellerin, ministre de la culture, avait rapidement évoqué l'idée d'une subvention exceptionnelle à Charlie Hebdo (2).
Le plus drole est de voir ces politiciens, notamment d'extrême gauche, en appeler à l'Etat, c'est à dire à notre argent, pour organiser ce "pluralisme, bien qu'au quotidien, ils luttent contre ce pluralisme, et alors que l'ensemble de la presse française, y compris celle de droite, est prise dans le carcan du cadre mental et idéologique hérité de 1945.
Qu'est ce qu'un journal ? C'est avant tout une entreprise, c'est à dire une réunion de gens qui, parce qu'un actionnaire a mis de l'argent dans un projet, ont choisi de mettre en commun leurs compétences rédactionnelles pour servir de média, c'est à dire d'intermédiaire entre l'information et les clients. Une entreprise, c'est censé faire un produit et gagner de l'argent grâce à ses clients, ou fermer si le projet n'est pas rentable.
Le blogueur Autueil notait, il y a quelques temps, à quel point le journalisme était entré dans une phase d'obsolescence, notamment parce qu'il avait manqué la nécessaire adaptation de son produit (4). En France, c'est plus que cela. La presse française n'est pas seulement en retard au niveau numérique (avec les notables exceptions de l'Opinion ou surtout de Médiapart), elle est surtout en retard de diversité. En effet, si on admet que la presse devrait refléter la diversité d'opinion, où est le grand quotidien ou l'hebdomadaire conspirationniste (un corpus de thèses peu ou prou partagé par 50% des français (5) )
Où est le grand quotidien ou l'hebdomadaire anti européen voire europhobe (une opinion partagée par au moins 20% des électeurs) ?
Il est communément admis de dire qu'un journal n'est pas qu'une entreprise, mais que c'est aussi un des vecteurs de la démocratie et donc à ce titre un projet d'intérêt "général". Si c'est vrai, la France, qui lit très peu de quotidiens par rapport à ses voisins, a donc du souci à se faire.
Si la presse doit refléter le pluralisme, est-il cohérent que l'Humanité, diffusant une idéologie morte en 1989, soit aidé y compris par le biais d'amendements nocturnes et discrétionnaires (6) ? Le gouvernement ne devrait-il pas, par cohérence, choisir d'aider autant Minute que ses alter ego d'extrême gauche ?
En réalité, la raison pour laquelle il n'y a absolument pas besoin d'aider la presse réside dans le fait que le pluralisme existe, non pas grâce à l'État et à ses fonctionnaires, mais parce qu'en 1992, dans un laboratoire à Genève, un informaticien anglais a inventé le worldwide web, parce qu'en 1995, un jeune ingénieur californien a crée le premier navigateur grand public, et parce que depuis plus de 15 ou 20 ans maintenant, des entrepreneurs (au sens large de du terme, pas seulement au sens marchand) se saisissent de leur pouvoir de création pour lancer des plateformes d'information (Agoravox, le Huffington Post) ..., des espaces de bloggings (Blogger ...), des réseaux sociaux (Facebook, Twitter), etc.
Durant les événements de la semaine dernière Porte de Vincennes et à Dammartin-en -Goele, les musulmans avaient été invités à se démarquer des terroristes et à condamner leurs actes, alors qu'ils pouvaient éventuellement partager de la gène vis a vis des caricatures de Charlie Hebdo. Les musulmans feraient mieux, plutôt que de qualifier tel ou tel titre d'islamophobe (7), de commencer par demander l'arrêt de toutes les aides à la presse.
De manière plus globale, les français doivent comprendre que le vrai préalable au pluralisme de la presse, c'est la liberté entrepreneuriale, et le démantèlement du système actuel dominé par une AFP partiale (8) et archi subventionnée. Ainsi, une fois la liberté restaurée, on cessera de se demander pourquoi la presse parle des 17 morts de Paris mais pas des 2000 morts du Nigéria (9).
Cette liberté, c'est celle qui fait que Charlie Hebdo survivra grâce à ses clients (10), et non pas parce que Matignon ou l'Elysée auront décidé de prendre des abonnements et le ministère de la culture fait voter une subvention.
(1) Contrepoints Le montant des aides à la presse révélé 24 décembre 2013
(2) La Tribune Qui soutient Charlie Hebdo ? 9 janvier 2015
(3) Le Figaro Charlie Hebdo : Mélenchon au chevet de la presse d'opinion 14 janvier 2015
(4) Authueil L'obsolescence du journalisme 31 décembre 2014
(5) Atlantico Qui sont ces Français qui croient aux théories du complot et pour qui votent-ils ? 8 mai 2013
(6) Contribuables Associés Aides à la presse : plus de 4 millions de dette effacée pour le quotidien l'Humanité 28 mars 2014
(7) Allain Jules Quand le journal islamophobe Charlie Hebdo dénonce la liberté d’expression 26 novembre 2013
(8) Enquête & Débat L’AFP demande à Contre-Attaque de ne plus lui envoyer de communiqué de presse 26 août 2013
(9) L'Opinion Boko Haram a tué des dizaines de personnes à Baga 8 janvier 2015
(10) BFM Business Charlie Hebdo: pas besoin d'eBay, il y en aura pour tout le monde en kiosque l 14 janvier 2015
mardi 13 janvier 2015
#JeSuisCharlie : "#onfaitquoi maintenant ?" Réponse : rien !
Des millions de français ont manifesté hier contre le terrorisme et en hommage aux victimes des terroristes.
Aujourd'hui, le débat est ouvert : "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi (1)
Alors, quelles réponses apporter à cet épisode terroriste ?
Commençons par poser une question qui fâche : est-ce que Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste ? Le code pénal définit l'acte terroriste comme un acte se rattachant à « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur » (2).
Question : à la différence de la prise d'otage du magasin casher de la Porte de Vincennes, un acte clairement antisémite, est ce que Charlie Hebdo a été victime d'un acte terroriste ou bien d'une sorte de vendetta ? Attention, poser la question, ce n'est nullement exonérer les frères Kouachi de leurs responsabilités ou leur donner un quelconque blanc-sein. Il va de soi que leur acte est inexcusable et aurait mérité, s'ils étaient toujours vivants, l'application pleine et entière des lois en vigueur dans ce pays.
Mais s'ils étaient vivants, les frères Kouachi auraient répondu que puisque le Coran lu au sens littéral appèle à châtier ceux qui se moquent du Prophète, alors les deux tueurs étaient dans leur logique de mort. Comment expliquer autrement le soutien, minoritaire mais néanmoins réel, que la tuerie de Charlie Hebdo a rencontré, dans certaines banlieues notamment (3) ?
Quelque soit la qualification des actes de frères Kouachi et de celui de Koulibaly, une chose est claire : il ne faut rien faire, en tout cas au niveau législatif et politique !
Il ne faut rien faire car il existe déjà des lois qui punissent les atteintes à l'intégrité physique des gens, dont le meurtre. Les terroristes auteurs des actes de la semaine dernière dont morts, donc la justice ne se penchera pas sur leur cas, mais ne doutons pas du fait que s'ils avaient été jugés, ils auraient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Le meurtre, l'apologie d'actes terroristes, les actes en réunion tombent déjà sous le coup de la loi. Pourquoi en rajouter ? Rien ne fera revenir les 17 personnes tuées la semaine dernière.
Il ne faut rien faire car la France vient déjà de se doter d'un corpus législatif liberticide, l'article 20 de la loi de programmation militaire (4), dont les effets porteront sur tous, et non pas juste sur les terroristes présumés. Voulons-nous vraiment d'une police autorisée à faire n'importe quoi au nom de la lutte contre le terrorisme, pour que dans 10 ans nos soyons comme les américains actuellement, à ouvrir le dossier de la violation des libertés civiles ? Et sans même faire parler les morts, est ce que les journalistes de Charlie Hebdo auraient approuvé un Patriot Act ?
Il ne faut rien faire car le président Hollande et l'ensemble de la classe politique regrettaient, à juste titre, qu'entre 2007 et 2012, le fait que l'actualité dirige l'agenda de l'Assemblée Nationale. Sous le précédent quinquenat, le pouvoir avait tendance à réagir à l'actualité en proposant de nouvelles lois. Est-ce que nous allons continuer à faire des lois en fonction des faits divers, aussi dramatiques et sanglants soient-ils ? L'ancien président de la République veut par exemple réouvrir le débat sur le port d'armes, notamment pour les policiers municipaux. Mais en quoi la jeune policière antillaise tuée à Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, aurait été aidée ? Coulibaly lui a tiré dans le dos. Nicolas Sarkozy a eu 5 ans, entre 2007 et 2012, pour autoriser d'autres citoyens que les gendarmes et les policiers à porter des armes. Il n'a rien fait mais profite de cette actualité pour ouvrir le débat. Sont-ce des bonnes façons de procéder ?
Il ne faut rien faire car la France (en tout cas ses politiciens) n'est pas au clair sur ses options politiques et militaires en matière de guerre contre le terrorisme. La précédente majorité avait déclaré la guerre au terrorisme, aux cotés des américains, en envoyant notamment les soldats de l'armée française en Afghanistan. Or, l'actuelle majorité, non seulement avait déposé une motion de censure contre cette guerre (5) mais avait aussi accéléré le retrait d'Afghanistan. C'est cette même majorité qui, après avoir d'abord voulu aider les ennemis de Bachar El Assad, (6) est maintenant membre de la coalition qui bombarde l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) en Syrie et en Irak.
Autrement dit, au delà de la permanence de l'administration, notamment celle du Quai d'Orsay, nous avons un exécutif qui n'a aucune doctrine et qui change en permanence d'opinion. Peut-être qu'un bon point de départ serait la réflexion sur ce que nous pensons et sur ce que nous voulons. Le Président Hollande, s'il est cohérent, va t-il rendre hommage à l'intervention militaire menée par le président Sarkozy et par Hervé Morin (7) ?
Il ne faut rien faire car même sur le motif direct de l'attaque, l'attentat contre la liberté d'expression, nous les français, ne sommes pas parfaitement au clair. Les journalistes de Charlie Hebdo sont morts car ils se sont donnés le droit, parfaitement légitime tant au regard du droit français que des valeurs françaises (y compris la liberté d'expression) de caricaturer le prophète Mahommet, (tout comme ils s'arrogeaient le droit de représenter le Pape en train de sodomiser de jeunes enfants !) Normalement, ces caricatures n'auraient du faire l'objet d'aucun commentaire. Pourtant, l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'avait-il pas désapprouvé (8) ? Tant que des français, notamment socialistes, par volonté de ne pas froisser les musulmans d'ici ou d'ailleurs ou par souci d'éviter le débat sur la repentance vis a vis de la guerre d'Algérie, ne diront pas clairement que l'islam n'a pas de droit particulier sur la loi et sur les coutumes françaises, pourquoi voulons-nous que des islamistes, d'ici ou d'ailleurs, pensent autrement ?
En fait, plutôt que toujours plus de lois qui ne changeront rien au terrorisme en France, il faut évidemment autre chose : une France libérale.
Commençons par poser une question qui fâche : est-ce que Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste ? Le code pénal définit l'acte terroriste comme un acte se rattachant à « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur » (2).
Question : à la différence de la prise d'otage du magasin casher de la Porte de Vincennes, un acte clairement antisémite, est ce que Charlie Hebdo a été victime d'un acte terroriste ou bien d'une sorte de vendetta ? Attention, poser la question, ce n'est nullement exonérer les frères Kouachi de leurs responsabilités ou leur donner un quelconque blanc-sein. Il va de soi que leur acte est inexcusable et aurait mérité, s'ils étaient toujours vivants, l'application pleine et entière des lois en vigueur dans ce pays.
Mais s'ils étaient vivants, les frères Kouachi auraient répondu que puisque le Coran lu au sens littéral appèle à châtier ceux qui se moquent du Prophète, alors les deux tueurs étaient dans leur logique de mort. Comment expliquer autrement le soutien, minoritaire mais néanmoins réel, que la tuerie de Charlie Hebdo a rencontré, dans certaines banlieues notamment (3) ?
Quelque soit la qualification des actes de frères Kouachi et de celui de Koulibaly, une chose est claire : il ne faut rien faire, en tout cas au niveau législatif et politique !
Il ne faut rien faire car il existe déjà des lois qui punissent les atteintes à l'intégrité physique des gens, dont le meurtre. Les terroristes auteurs des actes de la semaine dernière dont morts, donc la justice ne se penchera pas sur leur cas, mais ne doutons pas du fait que s'ils avaient été jugés, ils auraient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Le meurtre, l'apologie d'actes terroristes, les actes en réunion tombent déjà sous le coup de la loi. Pourquoi en rajouter ? Rien ne fera revenir les 17 personnes tuées la semaine dernière.
Il ne faut rien faire car la France vient déjà de se doter d'un corpus législatif liberticide, l'article 20 de la loi de programmation militaire (4), dont les effets porteront sur tous, et non pas juste sur les terroristes présumés. Voulons-nous vraiment d'une police autorisée à faire n'importe quoi au nom de la lutte contre le terrorisme, pour que dans 10 ans nos soyons comme les américains actuellement, à ouvrir le dossier de la violation des libertés civiles ? Et sans même faire parler les morts, est ce que les journalistes de Charlie Hebdo auraient approuvé un Patriot Act ?
Il ne faut rien faire car le président Hollande et l'ensemble de la classe politique regrettaient, à juste titre, qu'entre 2007 et 2012, le fait que l'actualité dirige l'agenda de l'Assemblée Nationale. Sous le précédent quinquenat, le pouvoir avait tendance à réagir à l'actualité en proposant de nouvelles lois. Est-ce que nous allons continuer à faire des lois en fonction des faits divers, aussi dramatiques et sanglants soient-ils ? L'ancien président de la République veut par exemple réouvrir le débat sur le port d'armes, notamment pour les policiers municipaux. Mais en quoi la jeune policière antillaise tuée à Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, aurait été aidée ? Coulibaly lui a tiré dans le dos. Nicolas Sarkozy a eu 5 ans, entre 2007 et 2012, pour autoriser d'autres citoyens que les gendarmes et les policiers à porter des armes. Il n'a rien fait mais profite de cette actualité pour ouvrir le débat. Sont-ce des bonnes façons de procéder ?
Il ne faut rien faire car la France (en tout cas ses politiciens) n'est pas au clair sur ses options politiques et militaires en matière de guerre contre le terrorisme. La précédente majorité avait déclaré la guerre au terrorisme, aux cotés des américains, en envoyant notamment les soldats de l'armée française en Afghanistan. Or, l'actuelle majorité, non seulement avait déposé une motion de censure contre cette guerre (5) mais avait aussi accéléré le retrait d'Afghanistan. C'est cette même majorité qui, après avoir d'abord voulu aider les ennemis de Bachar El Assad, (6) est maintenant membre de la coalition qui bombarde l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) en Syrie et en Irak.
Autrement dit, au delà de la permanence de l'administration, notamment celle du Quai d'Orsay, nous avons un exécutif qui n'a aucune doctrine et qui change en permanence d'opinion. Peut-être qu'un bon point de départ serait la réflexion sur ce que nous pensons et sur ce que nous voulons. Le Président Hollande, s'il est cohérent, va t-il rendre hommage à l'intervention militaire menée par le président Sarkozy et par Hervé Morin (7) ?
Il ne faut rien faire car même sur le motif direct de l'attaque, l'attentat contre la liberté d'expression, nous les français, ne sommes pas parfaitement au clair. Les journalistes de Charlie Hebdo sont morts car ils se sont donnés le droit, parfaitement légitime tant au regard du droit français que des valeurs françaises (y compris la liberté d'expression) de caricaturer le prophète Mahommet, (tout comme ils s'arrogeaient le droit de représenter le Pape en train de sodomiser de jeunes enfants !) Normalement, ces caricatures n'auraient du faire l'objet d'aucun commentaire. Pourtant, l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'avait-il pas désapprouvé (8) ? Tant que des français, notamment socialistes, par volonté de ne pas froisser les musulmans d'ici ou d'ailleurs ou par souci d'éviter le débat sur la repentance vis a vis de la guerre d'Algérie, ne diront pas clairement que l'islam n'a pas de droit particulier sur la loi et sur les coutumes françaises, pourquoi voulons-nous que des islamistes, d'ici ou d'ailleurs, pensent autrement ?
En fait, plutôt que toujours plus de lois qui ne changeront rien au terrorisme en France, il faut évidemment autre chose : une France libérale.
Déjà, partons du principe que ce
qui est arrivé menace de se reproduire. Il n'y a pas de raison
fondamentale pour penser que ce qui a crée les Kouachi, Mennouche,
Merah, Coulibaly et autres se soit volatilisé. Une des questions qu'il
convient d'ouvrir, c'est de déterminer si le cas des terroristes
relèvent de la psychiatrie, ou bien si ces types sont "rationnels" et se
sont engagés consciemment dans une guerre asymétrique (mais juste selon leur point de vue). Rappelons que le but des terroristes n'est pas unique (tuer des cibles et répandre la terreur) mais a aussi une composante politique : susciter l'adhésion, notamment auprès des populations qui pourraient basculer, en terme de soutien, dans les banlieues françaises ou dans le Maghreb.
Tout d'abord, sur la durée, il faut rouvrir les perspective des jeunes en libérant la croissance par une vraie politique libérale créatrice de richesse et d'emploi. Dans les banlieues et au sein de la population musulmane de France, il n'y a pas que des délinquants, loin de la, il y a aussi des entrepreneurs dynamiques dont on entend la parole partout sauf chez nous (9) ou des activistes qui ont compris que face à l'échec de l'État sur tous les plans, dans tous les domaines, il nous faut des solutions libérales (10).
Qui plus est, il faut combattre le sentiment d'humiliation par la remise en cause des lois mémorielles, dont la surenchère nourrit les rancœurs, et par la suppression des contrôles d'identité sans motif, blessants et inutiles. Pour ce dernier point, c'est simple, c'est une promesse du candidat Hollande, au même titre que le mariage pour tous ou la suppression du cumul des mandats ... Quand au premier point, il est tabou, mais pourquoi ignorer le fait que Dieudonné, le discours Soralien et les propos antisémites de certains trouvent leur origine directe dans l'existence du refus d'ouvrir la question de la nocivité des lois Pleven-Gayssot-Taubira (11) et de l'inévitable concurrence victimaire qui en découle (12) ?
Enfin, à court terme, il faut réparer les trous dans la raquette des renseignements et de la justice à partir des outils existants, mais surtout pas par le biais d'un "Patriot Act" à la française qui ne ferait qu'offrir une victoire supplémentaire aux terroristes.
(1) France Info "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi 2 janvier 2014
(2) Sénat Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme
(3) RMC BFM TV Écoles: quand la minute de silence "part en vrille" 12 janvier 2014
(4) Next Impact Le décret de l’article 20 de la LPM publié : on fait le point
(5) Le Monde François Hollande (PS) : "Nous refusons, par notre motion de censure, le renfort militaire de la France en Afghanistan 8 avril 2008
(6) le Monde comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie 21 août 2014
(7) Le Parisien Afghanistan : l'interview exclusive d'Hervé Morin 25 aout 2008
(8) RTL Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, Ayrault désapprouve 18 septembre 2012
(9) Facebook Aziz SENNI 9 janvier 2015
(10) Zaman France Yassine Lamaoui : des idées libérales pour les quartiers
(11) La Lime Dieudonné, fils de Gayssot et de Taubira 11 janvier 2014
(12) Le CRAN Dieudonné 31 décembre 2013
Enfin, à court terme, il faut réparer les trous dans la raquette des renseignements et de la justice à partir des outils existants, mais surtout pas par le biais d'un "Patriot Act" à la française qui ne ferait qu'offrir une victoire supplémentaire aux terroristes.
(1) France Info "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi 2 janvier 2014
(2) Sénat Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme
(3) RMC BFM TV Écoles: quand la minute de silence "part en vrille" 12 janvier 2014
(4) Next Impact Le décret de l’article 20 de la LPM publié : on fait le point
(5) Le Monde François Hollande (PS) : "Nous refusons, par notre motion de censure, le renfort militaire de la France en Afghanistan 8 avril 2008
(6) le Monde comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie 21 août 2014
(7) Le Parisien Afghanistan : l'interview exclusive d'Hervé Morin 25 aout 2008
(8) RTL Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, Ayrault désapprouve 18 septembre 2012
(9) Facebook Aziz SENNI 9 janvier 2015
(10) Zaman France Yassine Lamaoui : des idées libérales pour les quartiers
(11) La Lime Dieudonné, fils de Gayssot et de Taubira 11 janvier 2014
(12) Le CRAN Dieudonné 31 décembre 2013
samedi 10 janvier 2015
La France va résister au terrorisme ! Mais à l'Etat ?
Ces derniers jours, 17 français ont été victimes des attentats perpétrés par trois terroristes auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de Vincennes.
- Chez Charlie Hebdo, mercredi : les dessinateurs Stéphane Charbonnier alias Charb, Cabu, George Wolinski ,Tignous et Honoré. Bernard Maris, économiste. Mustapha Ourrad, correcteur, ainsi que deux autres collaborateurs : Elsa Cayat et Frédéric Boisseau. Invité de la rédaction de Charlie Hebdo, Michel Renaud, un ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, a aussi été tué. Deux policiers ont également trouvé la mort à Charlie. Franck Brinsolaro du service de protection des personnalités, affecté à la protection de Charb, et Ahmed Merabet., rattaché au commissariat du 11e arrondissement.
- Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de Montrouge, âgée de 26 ans, tuée alors qu'elle était en patrouille.
- Dans l'Hyper Casher de la Porte de Vincennes, Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen, François-Michel Saada.
La France a déjà commencé à leur rendre hommage (1), et le fera encore lors des manifestations parisiennes de ce dimanche auxquelles assisteront nombre de politiciens français et étrangers. Outre l'hommage rendu aux victimes, ces manifestations seront le meilleur témoignage possible des français qui crieront leur refus de la victoire des terroristes. Même si la presse se fait écho de représailles visant des lieux fréquentés par les musulmans (2), même si la communauté juive exprime son inquiétude, (3), la diversité professionnelle et ethnique des victimes des actes terroristes de ces trois derniers jours soulignera à quel point les terroristes ne pourront jamais gagner contre les français, car nous sommes tous ces victimes !
Qu'est ce qui a amené ces franciliens à devenir des terroristes djihadistes? Nous ne le saurons jamais avec précision, puisqu'ils ont été tués lors des opérations de police, ce qui est dommage (il n'y aura pas de procès) mais semble conforme avec les idéaux suicidaires qui les animaient.
Peut-être qu'il reste des Kouachi ou des Amedy Coulibaly en liberté dans la nature, et qu'il y aura encore des attentats.
Mais ne nous y trompons pas.
Ces actes terroristes restent par nature exceptionnels, tant du fait de la rareté (heureusement) du type de profil psychologique qu'implique de tels comportements que du fait du travail de l'ombre des services de police et de renseignement.
Qu'est ce qui a amené ces franciliens à devenir des terroristes djihadistes? Nous ne le saurons jamais avec précision, puisqu'ils ont été tués lors des opérations de police, ce qui est dommage (il n'y aura pas de procès) mais semble conforme avec les idéaux suicidaires qui les animaient.
Peut-être qu'il reste des Kouachi ou des Amedy Coulibaly en liberté dans la nature, et qu'il y aura encore des attentats.
Mais ne nous y trompons pas.
Ces actes terroristes restent par nature exceptionnels, tant du fait de la rareté (heureusement) du type de profil psychologique qu'implique de tels comportements que du fait du travail de l'ombre des services de police et de renseignement.
En revanche, outre tous les risques habituels auxquels nous sommes "naturellement" exposés (il est plus probable de mourir écrasé en traversant la rue qu'en vivant un nouveau 11 septembre), il y a un risque que l'on sous-estime en permanence : mourir par la faute de l'Etat.
Entendons nous bien. Prenons l'Etat comme cet ensemble d'institutions ainsi que le personnel chargé de les faire fonctionner, selon un protocole de séparation des pouvoirs (conforme aux idéaux de démocratie.) Parfois, la démocratie fonctionne, et dans ce cas, l'Etat, recentré sur ses missions régaliennes, met en œuvre des lois claires et simples, votées par des parlementaires indépendants et responsables, surveillant effectivement le gouvernement et comptant sur une justice diligente et impartiale pour faire appliquer la loi et faire respecter les contrats.
Dans d'autres cas, parfois hélas plus proches d'une certaine réalité, des parlementaires dépendants de leur parti politique, parfois lestés d'un casier judiciaire, échouent à contrôler l'action d'un exécutif liberticide et avide d'extension sans vergogne du domaine d'action de l'Etat, sans que la justice, parfois politiquement orientée à coup de Mur des Cons et autres prises de positions partisanes, ne parvienne à faire appliquer des lois dans le respect du droit naturel.
Sur le plan des relations internationales, le XXeme siècle a prouvé la capacité que les Etats avaient à envoyer des jeunes gens se faire tuer au nom d'idéologies. Il n'est pas contestable de dire que l'étatisme au sens large a été la première cause de mortalité violente de masse, notamment du fait des guerres mondiales. Mais sur le plan intérieur, a t-on évalué ne serait-ce qu'un instant l'impact du terrorisme d'Etat ?
Dans le cadre du "contrat social" (qu'on attend toujours de signer ...) qui lit les citoyens à l'Etat, ou même dans le cadre de la relation quasi contractuelle qui lit l'électeur au politicien, nous déléguons à l'Etat le fait d'agir au nom de l'intérêt général, en notre nom.
Est-ce au nom de l'intérêt général que l'Etat, un piètre employeur, se révèle aussi être le plus mauvais des payeurs (4) ?
On parle très souvent des délais de paiements qui pèsent sur la trésorerie, et parfois sur la survie, des PME. Mais quand on évoque le sujet, on pense spontanément à a grande distribution, ou aux entreprises du CAC 40 qui présureraient les petites sociétés. Pourquoi ne parle t-on jamais des PME que l'Etat a coulé (5) et de ces entrepreneurs qui en sont mort, souvent de manière symbolique, parfois de manière réelle ?
Pourquoi n'évoque t-on jamais ces lois qui tuent, comme le concept de monopole des jeux qui, de proche en proche, a tué Mamie Yvette (6) ?
Pourquoi ne mentionne t-on jamais le manque d'humanité des services fiscaux, même quand des contribuables en sont à se donner la mort faute de perspectives ?
Sans même aller chercher en dehors de nos frontières et dans le passé plus ou moins lointain des actes d'assassinats commandités par l'Etat, au nom de la fameuse raison d'Etat, pourquoi ne parle t-on jamais, ici chez nous, de toutes ces situations où le citoyen se soumet à des forces qui le dépassent d'autant plus qu'elles ont pour elles la légitimité du droit du plus fort ?
L'épisode terroriste actuel nous interpelle par son aspect ponctuellement violent et spectaculaire, et parce qu'il fait intervenir le champ lexical de la guerre dans des paysages de notre quotidien, en l'occurrence les rues de la capitale. Mais il doit aussi nous rappeler que la principale menace qui pèse sur la France, ce n'est pas le djihadisme mais l'omniprésence d'un Etat qui dépense trop, gère mal, s'endette trop, édicte trop de lois et étouffe le citoyen dans un carcan de lois, règlements et autres décrets, parfois contradictoire.
Nous sommes à titre collectif bien plus menacés par les dettes et les déficits publics (signes d'un Etat trop dépensier et trop présent) ou par les menaces sur les libertés (loi de programmation militaire, fichiers de police divers et variés) que par des djihadistes, même armés de Kalashnikov.
Alors formons un double vœu : d'une part, restons vigilants, c'est capital, sur le fait que l'exécutif ne profite pas de cette crise terroriste pour faire passer un réel Patriot Act à la française. (8) La meilleure réponse au terrorisme sera la fermeté sur nos valeurs, pas la restriction des libertés. D'autre part, espérons que la majorité socialiste ne profitera pas de la situation actuelle pour mettre au second plan ses calamiteux résultats sur le plan économique.
La combinaison du maintien des 35 heures + la proposition de taxer les revenus à 75% + l'idée qu'il faille recruter 60 000 profs + la progression de la dépense publique y compris en 2014 + l'absence de simplification et de clarification de l'environnement économique (notamment sur le plan législatif) sont un 11 septembre qui a bien plus d'impact négatif sur la France que trois djihadistes.
Par leur amour de la liberté, les français arriveront bien mieux à lutter contre le terrorisme qu'un gouvernement qui n'adopte pas la bonne grille de lecture en matière de relations internationales (9) et n'ouvre pas les yeux sur les contradictions du politiquement correct (10) (encore une fois, rappelons que l'ancien premier ministre, Ayrault, désapprouvait les caricatures de Charlie Hebdo sur Mahomet, mais pas celles sur Benoit XVI). Puisque le gouvernement n'est pas qualifié pour proposer un plan de lutte contre le terrorisme djihadiste, qu'il se concentre sur la lutte contre une autre forme de terrorisme : l'excès d'Etat qui étouffe la France.
(1) Atlantico 700.000 français ont défilé dans plusieurs villes de province, annonce Bernard Cazeneuve 10 janvier 2014
(2) BFM TV Plusieurs tirs et explosions contre des mosquées 9 janvier 2014
(3) Le CRIF Réunion de crise au sein de la Communauté juive 9 janvier 2014
(4) Yahoo ! News La vérité sur l’Etat mauvais payeur (serait-ce là la raison pour laquelle les médecins ne veulent pas du tiers payant ?) 7 janvier 2015
(5) France Bleu Etat mauvais payeur : une PME gardoise au bord du gouffre 28 novembre 2013
(6) 20 Minutes Loto illégal: Mamie Yvette est décédée le jour de Noël 26 décembre 2014
(7) La Dépêche Créteil. Un quinquagénaire se suicide devant le centre des impôts 26 janvier 2012
(8) Le Monde Pour Manuel Valls, il faut envisager de « nouveaux dispositifs » en matière de sécurité 10 janvier 2014
(9) Contrepoints Le terrorisme contemporain : comment y faire face 9 janvier 2014
(10) Contrepoints Quand la loi française donne une légitimité aux actes terroristes 10 janvier 2014
(11) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve"18 septembre 2012
Inscription à :
Articles (Atom)














