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mardi 14 mai 2013

Vu du Trocadéro : l'Etat n'est vraiment plus la solution, il est le problème !

Hier soir, de graves incidents ont gâché la fête des supporters du Paris Saint Germain. Des racailles éléments perturbateurs infiltrés n'ayant rien à voir avec le Club, et tout à voir avec la petite délinquance qui empoisonne la vie des parisiennes et des parisiens, les femmes et les jeunes notamment, ont cassé des vitrines, brûlé des voitures, volé des vêtements, défoncé du mobilier urbain, attaqué et pillé un bus de touristes (parfait pour l'image de la Capitale).

Est ce que de tels incidents étaient prévisibles par ceux qui sont en charge, théoriquement, de la sécurité, grâce au monopole légal de la violence légitime ? Oui, bien sur ! Le quotidien régional "Le Progrès de Lyon" titrait, le 4 mai dernier " Incidents Coupe de la Ligue place Jean-Jaurès: la note risque d'être salée" en réponse aux incidents qui ont interrompu la fête sur la place Jean-Jaurès, à Saint Etienne, le soir de la finale de la Coupe de la Ligue, du 20 avril dernier. 

Les incidents du Troca d'hier n'ont donc rien de spécifiquement parisien et franciliens. 

Le préfet de police de Paris n'avait pas d'informations ? Alors cela veut dire qu'il fait mal son boulot et qu'il ne lit pas la presse, sinon il aurait su que la veille, dimanche soir, des incidents avaient eu lieu sur les Champs Elysées (voir le blog d'H16, "des incidents pour tous")

Y-a t-il eu manque de forces policières au Trocadéro ? Oui, certainement ! Mais où était la police alors ? Peut-être en partie occupée à protéger Manuel Valls, suivi, au même titre que les autres membres du gouvernement, par "Huons nos Ministres". 


Vous souvenez-vous des polémiques dans la presse quand Sarkozy faisait un usage abusif de CRS lors de ses sorties, surtout vers la fin du quinquennat ? Pourquoi la presse ne mentionne le fait que l'actuel gouvernement socialiste a repris cette pratique, dès le début, pour toutes ses sorties (rappelez-vous le déplacement en RER de Ayrault, lire le Cri du Contribuable "200 CRS pour chaperonner le Premier ministre en visite en banlieue").

Ajoutons à cela le fait qu'il manque tout simplement de CRS mobilisables. Pourquoi ? Parce que le gouvernement a déjà épuisé son quota budgétaire et d'heures sups, pour lutter contre les opposants de Notre-Dame-des-Landes et les résistants au Mariage pour (presque tous). C'est
Jean-Baptiste Giraud, du site Economie Matin qui titrait le 23 avril dernier "Exclusif : pas assez de policiers et gendarmes en mai pour faire face aux manifestations politiques et sportives". Les 35 heures et la "lutte contre le terrorisme au Mali" doivent aussi faire partie du lot d'explications à avancer pour expliquer pourquoi il manque de forces de l'ordre mobilisables.

De toutes façons, les citoyens ont pris la mesure de l'incapacité de l'Etat à les protéger. Dans le quartier du Triolo à Villeneuve d'Ascq, près de Lille, ou dans le quartier Saint Paul à Bordeaux, les citoyens s'organisent pour faire eux-même la police (lire la Voix du Nord ou Sud Ouest). C'est normal. Quand on est face à un pouvoir autiste, qui ne réagit à rien, ni à l'explosion du nombre de cambriolages un peu partout dans le pays, ni aux immolations de plus en plus nombreuses, ni aux sujets de mécontentements. Les citoyens font le bon choix : ne plus croire en l'Etat, et tenter de s'organiser eux-mêmes. 

Une chose est sûre : la capacité que l'Etat (et ses représentants) a de s'auto absoudre de ses fautes est de nature à faire monter la moutarde au nez des contribuables et des citoyens de ce pays. Maintenant que tous les groupes sociaux sont conscients du fait qu'il y ait quelque chose de pourri au sein des administrations, il sera de plus en en plus dur pour celles ci de cacher leurs turpitudes. Quand des juges font du militantisme (voir le blog le Delanopolis sur les représailles anti Clément Reynal Weill), quand des policiers ont un biais extrémiste (voir Copwatch sur les dérives dans la police ou Nouvelles de France sur "Antoine Boutonnet, le commissaire qui ne cache pas ses opinions politiques"), comment croire en la neutralité de l'Etat et en sa volonté d'être juste et efficace ?

Dans ce contexte, comment imaginer que les habitants du Trocadéro, parmi les plus importants contribuables du pays, rappelons le, ainsi que les touristes, qui donnent du boulot à des centaines de milliers de parisiens, resteront sans réponse ? Nous pouvons être surs et certains que non !

Résumons :

  • un Etat incapable s'assurer les fonctions régalienne (police, justice, armée et diplomatie) mais qui se mèle pourtant de tout
  • une police qui n'est au courant de rien, quand ça l'arrange
  • un appareil d'Etat au service d'un clan, celui de Flamby  Mollande François Normal 1er Hollande
  • des fonctionnaires à l'impartialité discutable
Relayer l'appel de Claude Goasguen, qui demande la démission de Manuel Valls, est la base, mais ce n'est pas assez. C'est tout le contrat social qu'il faut revoir. La relation entre l'Etat et ses citoyens est un problème. 







et sur Contrepoints

mercredi 13 mars 2013

L'État obèse a la corde au cou




Les Français n'en peuvent plus d'être saignés par les impôts, le gouvernement va enfin devoir s'attaquer aux gabegies de dépenses publiques.

Pour ne pas sombrer dans les abysses de la misère économique, les ministères et les collectivités locales vont devoir se serrer la ceinture et ce de plusieurs crans.
Même Bruxelles est obligé de tirer la sonnette d'alarme et de freiner la boulimie de taxes de l'État français.
Le socialisme a atteint ses limites.


mardi 5 mars 2013

Données publiques : Open Data now !


"Est-il normal que, quand on cherche à obtenir les rapports d'activité des caisses d'assurances maladie (qui ne sont pas en ligne) et que l'on appelle la direction de la communication de ces caisses, on se voit répondre :  

  • de quel ministère dépendez-vous ? 
  • à quel titre demandez-vous ces rapports ?





lundi 25 février 2013

Le contrôle du budget par le Parlement

Il y a un truc ridicule, de l'ordre du comique de répétition, dans l'actualité politique française, c'est quand des députés (de gauche comme de droite) viennent nous parler de souveraineté budgétaire nationale / nécessité d'augmenter les recettes / dépense "financée" / contrôle du budget par le Parlement plutôt que par "Bruxelles" ou "Moody's". / blabla. 


Article 47 de la Constitution : Le Parlement vote les projets de loi de finances dans les conditions prévues par une loi organique. La Cour des comptes assiste le Parlement dans le contrôle de l'action du Gouvernement. Elle assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et de l'application des lois de financement de la sécurité sociale ainsi que dans l'évaluation des politiques publiques. Par ses rapports publics, elle contribue à l'information des citoyens. Les comptes des administrations publiques sont réguliers et sincères. Ils donnent une image fidèle du résultat de leur gestion, de leur patrimoine et de leur situation financière. 

Article 48 : Une semaine de séance sur quatre est réservée par priorité et dans l'ordre fixé par chaque assemblée au contrôle de l'action du Gouvernement et à l'évaluation des politiques publiques. 

Ca fait maintenant un moment que l'on sait que certains militaires, en Opex notamment, ne touchent pas leur solde. Apparemment, l'administration a des ptits problèmes de logiciel de paye (pour les détails sur l'affaire Louvois, voir le blog Opex360, Theatrum Belli ou le Bondy Blog). 

Qu'il y ait des problèmes de logiciel, ok, cela signifie que l'argent qui devait être versé aux militaires est resté bloqué sur le compte en banque de la défense, au lieu d'être transféré  Donc par définition, Louvois est un problème de déclenchement du flux, mais pas de trésorerie.

Or, comme en parlait Lignes de défense, le 19 décembre dernier, le ministre du budget Jérome Cahuzac a demandé une rallonge budgétaire de 195 millions d'euros, ce qui est complètement illogique, au vu de l'explication donnée ("La préparation par le ministère de la défense de la solde des militaires du mois de décembre a fait apparaître un besoin non anticipé de 195 millions d’euros [...] Ce besoin, complémentaire aux décrets d’avances que vous venez de ratifier, s’explique par des difficultés d’estimation et des dysfonctionnements considérables du système LOUVOIS – logiciel unique à vocation interarmées de la solde – sur les conditions de l’élaboration, de la validation et de la mise en œuvre duquel il faudra peut-être s’interroger")

Charles de Courson, UDI
Relayons l'interrogation de Charles de Courson, le député UDI qui a demandé :"On [ndlr : les députés] a ouvert, à votre demande, 272 millions dans le cadre du collectif de juillet : comment se fait-il que vous vous soyez trompé de près de 200 millions ? Si ce que vous dites est exact, cela signifierait que les services de la défense ne vous ont pas fait remonter les bonnes informations, y compris lors de l’audit de la Cour des comptes. Si vous défendez, monsieur le ministre, la thèse selon laquelle l’ancien gouvernement aurait inscrit 487 millions de moins que nécessaire, comment se fait-il que vous l’ayez découvert en deux temps, c’est-à-dire que vous ayez découvert seulement en décembre qu’il vous manquait encore 200 millions en plus des 272 que vous nous aviez demandés? Je ne comprends toujours pas!".

Aujourd'hui, Jérome Cahuzac demande 6 milliards de RECETTES SUPPLEMENTAIRES pour le budget de 2014. Hier, le député socialiste Yann Galut (ancien de l'UNEF ID et du MJS, dixit Metro) parlait de "taxer les français qui s'installent en Suisse".

Voila donc le profil de ces gens qui parlent de souveraineté budgétaire, au point de vouloir se mêler de la fiscalité de nos voisins avant même de s'occuper de mettre de l'ordre dans NOS finances publiques : incapables de faire une addition ou de tenir un raisonnement logique, mais pourtant au pouvoir.


"Ce pays est foutu !"


La presse n'a pas parlé de cette affaire de rallonge budgétaire Louvois.
Est-ce dû à la neige qui tombe en masse cet hiver (malgré le réchauffement climatique ^^), ou à la volonté de ne pas froisser le gouvernement avec lequel ils ont décidé d'être d'accord quoiqu'il advienne ? Le post de H16 Hashtable, De l’indépendance des journalistes, donne un élément de réponse.

Question subsidiaire  : si nous n'avons pas d'argent, que faisons nous au Mali à dépenser plusieurs millions d'euros par jour ?

jeudi 21 février 2013

La fracture sociale pour ceux qui ne veulent pas comprendre

Il y a un truc super comique en matière d'analyse de cette pauvre France qui souffre du fait du méga libéralisme sauvage et ultra américain qui la caractérise, c'est quand un bobo au sens littéral du terme (portefeuille à droite et vote à gauche) veut vous expliquer qu'il faut plus d'Etat afin de lutter contre la précarisation des populations fragilisées (les classes moyennes rurbaines). 

Ah, ces  bobos qui ne veulent pas comprendre qui ne veulent pas comprendre que la fracture sociale, c'est nous tous, c'est ce que nous voulons.

Prenez Jegoun et son post "Les nouvelles classes populaires" du 21 février 2013,  en réaction à l'article du Monde Exclues, les nouvelles classes populaires s'organisent en "contre-société", ou Sarkofrance et son post "hors système". 

Jegoun écrit : 


  • J’ai acheté mon appartement en 1994 en proche banlieue Parisienne. 
  • Quand je suis arrivé, nous avions une usine. Mon quartier, tout près de la Nationale 7, à 500 mètres de la capitale, hébergeait plein d’ateliers divers 
  • L’usine a disparu, remplacée par un centre commercial. Les ateliers ont été remplacés par des immeubles d’habitation ou de bureau. 
  • Des « cadres Parisiens » (comme moi) ont commencé à habiter cette petite ville. Les ouvriers ont disparu. Repoussé en banlieue. 
  • Le parc de logements sociaux est très important (37% de mémoire) et est occupé en partie par des populations issues de l’immigration, relativement bien intégrées. 
  • Dernier épisode en date : le siège de LCL s’est installé dans la commune voisine
  • Où sont passés les ouvriers ? Ils ont été poussés vers une banlieue plus lointaine. De toute manière, il n’y a plus d’usine, dans le coin. 

et, plus loin 

  • Il faut redonner l’espoir à cette « nouvelle France populaire », réorienter le développement économique, renforcer les services publics sur le territoire, …

Déjà, félicitations à Jegoun. Il a acheté pile poil au sortir de la crise de l'immobilier de 1991-1994, juste avant le début du fameux bull market de 1996-2006, pendant lequel l'immobilier a été multiplié par 3. 

Ensuite, c'est là où ça se gate, c'st quand nos amis gauchistes partent en mode "il faut que l'Etat intervienne contre les conséquences de nos choix individuels". C'est du foutage de gueule puissance maxi ! Pourquoi ? 

Les bobos, ils ne sont ni fous ni débiles. Ils ont raison de partir des endroits chers, où l'on paie 6, 7, 8 ou même 9000 euros le mêtre carré, pour aller vers les endroits où le mètre carré est à 2,3 ou 4000 euros. Mais ce faisant, ils encouragent les opérations de rénovation urbaine. Les promoteurs immobiliers et les urbanistes ou même les commerçants ne sont pas animés par un esprit de méchanceté mais de rationalité. Ils voient que si une population plus aisée remplace une population plus pauvre, alors les prix peuvent monter. 

Si les bobos voulaient vraiment aider les ouvriers à garder leur mode de vie, alors ils resteraient dans des minuscules deux pièces du XIIIeme ou du XVIIeme arrondissement plutôt que d'aller chercher plus grand et moins cher de l'autre coté du périph'. 

Le Kremlin Bicètre, Heloise Nez
En plus, les bobos ne se contentent pas de pousser les prix immobiliers à la hausse : ils amènent leur propre mode de vie, qui n'a rien de critiquable mais qui n'est pas celui des ouvriers. Le blog "photographier la ville" le montre bien : quand un sushi shop/Daily Monop/agence Acadomia s'installe dans un quartier de la petite couronne, c'est très rarement parce que des prolos l'ont ardemment réclamé. En général, c'est plutôt un entrepreneur pas trop stupide qui a vu qu'une nouvelle population pourrait constituer sa clientèle.

Ce processus de gentrification, il a été étudié à maintes reprises par les universitaires, et il suit toujours le même schéma  de Ivry (voir l'article de Libération sur cette autre ville probablement perdue pour les communistes au profit des socialos en 2014) à Saint Ouen, en passant par Montreuil ou Clichy : d'abord les explorateurs (vrais pauvres créatifs et originaux) puis les jeunes familles abonnées à Libé soi-disant à la recherche de la diversité (sauf dans l'école des enfants) puis, enfin, l'apartheid social sous couvert d'investissement public, mené par un maire socialiste. 

Quand la mairie lance des grands chantiers type couverture de la N7, c'est trop tard, les socialistes ont investi la place, il n'y à plus qu'à déménager, les pauvres ! (voir le forum de Europe Ecologie les Verts - Val de Marne). 

Quelle conclusions pratiques tirer de cette entreprise de désinformation qu'est le mythe de la gauche amie des ouvriers ? 

Déjà, ouvrez les yeux ! Ca n'est pas une quelconque main invisible d'un moloch marché tout puissant qui gentrifie Montreuil ou le Kremlin Bicètre mais des décisions très visibles de mairies de gauche. A quoi cela sert-il, pour la Fédération Anarchiste, de faire des manif contre la Loi du Marché alors que c'est bien le maire de la ville, Dominique Voynet, qui a signalé le squatt. Les maires gauchistes qui n'assument pas disent "il y a du danger dans ces squatts" ou "c'est à l'Etat de reloger ces gens". Pourquoi ne pas avoir tout simplement laissé les gens habiter des immeubles délabrés, dans ce cas, si le propriétaire et les locataires étaient d'accord ? Réponse : parce qu'une mairie préfère des immeubles à 4000 euros le mètre carré, comme au Kremlin Bicètre, plutôt qu'à 1000.

Ensuite, les gens qui protestent contre l'usage d'argent public pour faire des aménagements urbains ou des travaux publics d'envergure, comme les manifestants de Notre Dame des Landes, ont raison ! Qu'est ce qui peut rassembler des écolos radicaux et les Contribuables (voir le blog Ecologie Libérale) ? C'est bien le fait que l'argent public est pris à tous pour servir à seulement quelques uns, sans même évoquer la rentabilité douteuse ou nulle de certains projets ? 

C'est exactement le même genre de paradoxe que l'on voit en réaction à l'excellente idée de la SNCF, créer des TGV low cost, le Ouigo. Les bien-pensant comme Seb Musset ou la CGT & proches écrivent : 
  • Ce qui ressemble à la réintroduction de la 3e classe permet en fait la disparition progressive de la classe intermédiaire
  • La SNCF, une compagnie qui assurait autrefois un service correspondant davantage à la notion de service public (???), a  réinventé la troisième classe
Nos gauchistes n'ont pas compris ou pas voulu voir le fait que, quand la SNCF créait ses lignes TGV à grand frais, elle le faisait à crédit,  (un kilomètre de ligne TGV coûte 15 fois plus qu'un kilomètre de voie ferroviaire classique, d'après le Journal du Net ) (1). ce faisant, puisque la dette s'accumulait au sein de RFF, elle préparait la future inaccessibilité du TGV au plus grand nombre. Pourquoi ? Parce que la SNCF relève ses prix pour pouvoir rembourser le réseau. 

Nous n'avons qu'à ne pas payer la dette de RFF ? Pourquoi pas (sachant qu'elle a quand même servi à payer les ingénieurs et les ouvriers ou le matériel utilisé pour construire les lignes ...), mais dans ce cas, quelle boite acceptera de travailler gratuitement, à l'avenir, à la construction de lignes ou à leur entretien ? Il est donc bien préférable que ce soit les clients du TGV qui paient les péages de RFF, et puisque nous sommes arrivés à des prix du billet trop élevés, l'idée de TGV low cost est donc une excellente idée. 

Alors, au final, quelles solutions ? 

  • déjà, accepter que la mixité sociale doit cesser d'être un objectif politique : les français n'en veulent pas (lire La mixité sociale, personne n'en veut, un post du 28 mars 2012). 
  • ensuite, stopper d'urgence les politiques publiques qui impliquent de taxer les uns pour redistribuer à d'autres puisque souvent, ces politiques publiques ont des conséquences anti sociales (au sens gauchiste du terme). En effet, combien de CSP - à Roissy Charles de Gaulle Terminal E, à Louis le Grand ou dans le TGV high cost ? 
  • enfin, sortir de la société d'Etat-nounou qui veut que les politicards ultra interventionnistes s'accordent le droit de définir ce qu'est un logement décent ou non. L'inacceptable des uns est le rêve des autres, et le prix permet de mettre tout le monde d'accord
  • ajoutons : en finir avec les idées ultra interventionnistes en matière de logement, d'aménagement ou de transport, au profit des solutions privées, individuelles et décentralisées, le résultat final n'est pas plus mauvais (2).

Moins d'Etat ! Plus de libertés !


(1) Coût de construction d'une ligne TGV
  • LGV Nord 1989 : 7.5 millions d'euros le kilometre (source : gouv.fr) 
  • LGV Est 2002 : 13 millions d'euros le kilomètre (source LGV Est)
  • Le Mans-Rennes 2011 : 18 millions d'euros le kilomètre (source Challenges)
  • Bordeaux Tours 2012 : 22 millions d'euros le kilomètre (source Wikipedia)
  • Paris Lyon bis 2025 : 23 millions d'euros le kilomètre (source Lyon Capitale)



(2) La Défense, une initiative publique, gaulliste puis mitterrandiste est dans le rouge (source : MonPuteaux.com), alors que Carary Wharf, 100% privée y compris le métro DLR, fait des profits (source : Télégraph). 








jeudi 24 janvier 2013

Fuite de gaz de Rouen : on a connu le gouvernement plus bavard

On a de la chance avec ce gouvernement. Il est transparent et adore communiquer. Prenez le mariage pour preque tous (presque, uniquement, car comme le note très justement Extreme Centre, il ne légalise pas les couples polygames). Combien de fois avons-nous entendu Najat Belkacem sur le sujet ? 10 fois ? 20 fois ? Et sur l'antisémitisme sur twitter ? Et sur les problèmes de désignation d'un chef à l'UMP ? Et sur le caractère démocrate ou non de la Russie de Poutine ? 

Par contre, quand il s'agit d'alerter les français sur un risque sanitaire majeur, il n'y a plus personne. 

Attention, évacuons tout de suite un faux procès. Il ne s'agit pas (encore) d'accuser le gouvernement d'avoir provoqué un accident et d'être responsable. Il s'agit uniquement de noter que, quand on regarde la communication officielle autour de la fuite de gaz de l'usine chimique Lubrizoil de Rouen, on se dit qu'on a connu plus bavards. Et comme le notent les Centristes, Démocrates et Indépendants de Rouen, on a du mal à suivre ce que le gouvernement entend, au final, par principe de précaution. 

21 janvier à 13h10 : la préfecture de Seine Maritime sait qu'il y a une fuite de gaz dans une usine [classée Seveso], source 76actu.

22 janvier à 8h54 : selon le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (Cogic) de la sécurité civile, ce gaz n’est pas toxique  (source Dépêche du Midi)

22 janvier à 12h21 : des stadiers de l'OM sont malades et vomissent (source la Provence)

22 janvier à 22h16 : personne n’était en mesure de donner la quantité exacte de produit libéré par l’usine, pas plus que les concentrations d’éthylmercaptan dans l’atmosphère (source Libération)

22 janvier à 22h32 (UK)/23h32 (FR) Emergency officials in southern Kent advised residents "to keep doors and windows closed due to a gas cloud".(source BBC)

ah ? c'était dangereux, au final ?
pas grave, j'étais à Berlin aux frais du contribuable, hihi !
23 janvier à 7h24 : la ministre de l'Ecologie Delphine Batho a annoncé qu'une enquête administrative sera ouverte sur cette pollution (source Paris Normandie), mais toujours "pas de risque pour la santé. C'est répété sur le site du gouvernement, alors qu'ils ne savent pas quelle quantité de gaz a été relâchée.

23 janvier à 14h00 : le parquet a ainsi ouvert une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui (source Le Monde)

24 janvier à 11h10 : la Place Beauveau et le ministère de l'Ecologie ont annoncé qu'ils considéraient comme nul le risque pour la santé humaine (source les Echos)

Christian Sommade délégué général du haut-comité français pour la défense civile, note sur Atlantico que le système d'alerte français est obsolète et qu'il n'y a pas de moyens de prévenir les français en temps réel. Cette excuse est un peu légère car la place Beauvau, quand elle veut retrouver quelqu'un, sait comment le faire, tout comme elle a les moyens techniques de savoir qui se trouve où, grâce à un dispositif liberticide de flicage des gens, adopté par la précédente majorité, critiqué par les socialistes et renforcé depuis. Valls, qui dit vouloir lutter pour la sécurité des français, il était où ?
Si les israéliens arrivent à envoyer des SMS aux téléphones portables des palestiniens se trouvant à proximité d'une cible terroriste pour leur dire de s'éloigner, la France, qui valide la vente de systèmes de surveillance partout dans le monde, n'aurait pas les capacités techniques de faire de même ?
Et quand un gamin est enlevé, n'y a t-il pas un message sur les radios publiques tous les 1/4 d'heure ? 

"Est-ce normal que la population de
Rouen jusqu’à Paris soit avertie par Twitter ?
"
On aurait tort d'accepter que le gouvernement veuille réguler Twitter. Nous avons au contraire besoin d'une information décentralisée et libre, puisque le gouvernement, malgré ses relais
, vient de prouver qu'il n'avait pas su remonter et diffuser efficacement de l'information. 
Jusqu'à preuve du contraire, Twitter, entreprise privée californienne a offert un meilleur service au public (que nous sommes) que le gouvernement.  Il ne s'agit pas que de l'analyse d'un libéral/libertarien dogmatique, mais aussi et surtout le constat d'une députée normande EELV, Isabelle Attard.


Egalement sur Agoravox et Contrepoints. 

lundi 19 novembre 2012

La France perd son AAA - Moody's


France lost its top credit rating with Moody’s Investors Service, dealing a blow to President Francois Hollande’s efforts to show budget credibility in the face of a stalled economy.
France was cut to Aa1 from Aaa, the rating company said today. The Moody’s downgrade follows one by Standard & Poor’s in January and increases pressure on Hollande to find ways to bolster growth in Europe’s second-largest economy in the midst of the region’s three year-old debt crisis.
Moody’s said its decision to downgrade the rating and maintain the negative outlook reflects France’s long-term economic growth outlook is negatively affected by multiple structural challenges and the fiscal outlook is uncertain as a result of its deteriorating economic prospects.
source Bloomberg 

lundi 6 août 2012

Pourquoi revenir à 3% (au minimum) de déficit dès 2013 ?

Pourquoi revenir à 3% (au minimum) de déficit dès 2013 ? 
C'est vrai, après tout, 2007-2012 n'a t-il pas prouvé que les déficits, ça n'est pas grave ? 

Il y a en fait 2 raisons qui font qu'il faille revenir à 3% (au minimum) de déficit dès 2013 : non seulement, le Traité de Maastricht existe et a été signé, sur le plan juridique, mais en plus de 3% du PIB est économiquement non soutenable. 

Arrêtons de dire 3% du PIB, ca donne une mauvaise idée du deficit. Quand la France dépense 1 euro, elle emprunte 25 ou 30 cents. 

Le déficit de 3% du PIB est en réalité un déficit de 26% par rapport aux recettes. 326 milliards de recette et 414 milliards de dépenses 


Ca fait 88 milliards de deficit soit 88/326 = 26% de deficit.

vendredi 3 août 2012

Mais comment croire au modèle social français ?

Mais comment les citoyens et contribuables français peuvent-ils croire au modèle social français ?
C'est peut-être la question que les français de Londres ou les français allant voir London 2012 seront amenés à se poser.

En effet, c'est quoi le modèle social français ? Si on en croit Alternatives Economiques, c'est un ensemble complexe d'institutions et de législations nationales: le système de protection sociale (la Sécurité sociale), mais aussi l'école et les institutions d'éducation et de formation, le droit du travail et la législation sociale, ainsi que les prélèvements obligatoires, les allocations et les minima sociaux; il inclut, enfin, les services publics.

Les se(r)vices publics, parlons en !

Est ce que les français trouvent normal que 

  • la Sécurité Sociale lève des fonds de Londres à Singapour (lire Reuters)
  • la SNCF fait du prêt rémunéré de salariés pour conduire des trains à l'étranger, en utilisant des paradis fiscaux (lire l'Express) 
  • Notre police forme des polices étrangères, Michelle Alliot Marie en sait quelque chose (cf le Monde)
  • EDF exporte ses déchets nucléaires ultimes en Sibérie (lire le Parisien)
  • EDF, toujours, le bastion de la CGT, fait du trading à Londres  http://www.edftrading.com/
  • la RATP fait rouler des lignes de bus privées à à Londres et ailleurs 

et oui, vous avez vu la pub, EDF fournit Londres !

vous avez bien lu, la RATP exploite des lignes privées
Sans même faire du mauvais esprit, comme la Lime (lire Le modèle social français en action : une anecdote) ou un débat fouillé comme l'Ifrap peut en organiser, on se rend bien compte que non seulement le modèle social français est une fiction, mais qui en plus ne peut perdurer que grace à ces bouffées d'oxygène que sont les marchés étrangers. 

Il en faut, des profits, pour pouvoir financer ceci 

Chez EDF, on affiche la couleur : CGT !


Quand est ce que les français comprendront que le service public à la française n'est pas forcément au service du public ? 

mercredi 4 juillet 2012

Mais qui surveille les surveillants ?

After Work entre potes à Bercy !
Un haut-fonctionnaire de Bercy interpellé pour détention de cocaïne, titre le Point. bah, oui, ce pauvre collaborateur de Moscovici se devait d'inventer un impôt par jour. devant une telle pression, la pause coco s'impose !

Quand est ce que le public, à l'instar de H16 Hashtable qui rappelle que le scandale Barclays-Libor devrait être renommé scandale des régulateurs (comme dans l'affaire Maddoff) comprendra pourquoi les libéraux refusent de se soumettre aveuglément à un pouvoir dont les représentants ne sont pas des super héros mais des gens comme nous, voire pire ? 

Il n'y a jamais rien de bon à attendre de gens qui vous disent "je suis du gouvernement et je suis la pour résoudre vos problèmes", car en général, c'est eux le problème. 

Rappelons nous de ces deux maximes que Ronald Reagan aimait répéter, en ce 4th of July. Et reprenons la devise des libéraux allemands (FDP) : « Autant d'État que nécessaire, aussi peu d'État que possible » (« So viel Staat wie nötig, so wenig Staat wie möglich »).

vendredi 29 juin 2012

Hache comme Hollande, vraiment ?


Le gouvernement a annoncé une réduction de 2,5% par an des effectifs des ministères... qu'il avait niée il y a quelques jours. Ecole, police, gendarmerie et justice sont épargnés, affirme Libération. Même si on comprend qu'il y a eu mensonge au sommet de l'Etat, c'est quand même un début de réponse à la question que posait le Monde : "Où en est "l'agenda du changement" de M. Hollande ? "

Certes, les ministères sont loin d'être l'ensemble des trois fonctions publiques. Mais quelle ironie ! Il fallait qu'un gouvernement socialiste de gauche arrive au pouvoir pour poursuivre et accentuer la politique initiée par Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Electeurs de gauche, aviez-vous voté pour cela ? 

Préserver les jobs de fonctionnaires est parfaitement rationnel du point de vue des concernés, c'est logique, mais il faut aussi que nous sortions de ce discours - convenu - de l'intérêt général. Les cas de dérapage se multiplient : 

- 2 Avril : Un enseignant a été mis en examen pour agression sexuelle sur au moins deux écolières d’une maternelle de Créteil. Suspendu de ses fonctions, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
- 21 Juin : 7 douaniers de l’aéroport de Roissy ont été interpellés et placés en garde à vue. Ils sont soupçonnés de vols et de corruption en lien avec un trafic de stupéfiants.
- 21 Juin : Reuters nous apprend que Sylvie Andrieux, députée socialiste, sera jugée fin novembre pour complicité de détournement de fonds publics.
- 28 Juin : Radio France Picardie annonce que l'adjointe socialiste au maire d'Abbeville devait être jugée par le tribunal correctionnel d'Amiens pour fraude aux prestations sociales. Elle aurait perçue en plus de son indemnité d'élue, le RMI, le RSA, l'APL entre 2008 et 2010.

On le voit, les gens en charge de faire fonctionner l'Etat sont loin d'être tous irréprochables !

Résumons : des déficits publics excessifs en grande partie dûs à l'excès de fonctionnaires dans notre pays + des excès liés au statut de la fonction publique. 

Question : où est la réforme en profondeur que réclament les libéraux, qui permettrait d'avoir moins et mieux d'Etat en France ? Il faut abolir le statut de la fonction publique ! Heureusement, Bruxelles se charge à double titre de nous ramener au réel : d'une part en essayant de nous empécher de sombrer dans une dette non remboursable (critères de Maastricht) et d'autre part en rappelant que moins de fonctionnaires ne veut pas dire sous-administration.

Nous pouvons vivre dans un pays où l'Etat ne s'occuperait que de police, justice, armée et diplomatie (et de préférence gérées au niveau fédéral, Européen), le reste pouvant être privatisé. Seule la justice a vraiment besoin de plus de moyens. Quand aux autres fonctions régaliennes, le contribuable et le citoyen doivent pouvoir en contrôler l'action : élection au suffrage universel direct des commissaires de police, abolition de la distinction entre droit public et droit privé, mise en concurrence systématique des missions régaliennes avec des propositions privées, privatisation des prisons et recherche de peines alternatives à cette honte de la République (lire du Nutella tarif prison, un post de h16).



Sur le même sujet 


Donc les socialistes ont menti ? (si on comprend bien), un post du 21 Juin 2012

lundi 25 juin 2012

Le tweet du jour : celui de Stéphane le Foll


(1) Journée de travail très intense avec les premières discussions budgétaires La situation léguée par nos prédécesseurs est lourde


Dans la catégorie storytelling, je demande le chef le Foll. 

Les socialistes se moquent du monde ! Comment une personne comme ce hiérarque de la Normalie peut écrire une phrase pareille ? Regardez son profil sur Wikipedia, on ne peut pas dire qu'il débarque, notre ministre de la PAC que les allemands payent pour les gros agriculteurs français de l'agriculture.

La situation léguée par les prédécesseurs, quelle est-elle ? 

  • c'est d'abord un pays qui, quand son état dépense 1 euro, emprunte 30 centimes. C'est plus difficile de dire que le budget est en déficit de 30% plutôt que de lire qu'il est en déficit de 5% par rapport au PIB, n'est ce pas ? 
  • c'est ensuite un pays dont les parlementaires socialistes, parce qu'ils étaient dans l'opposition, ne lisaient ni Wikipedia, ni les comptes rendus des discussions à l'Assemblée Nationale, ni H16 Hashtable, ni Contrepoints, ni la Dette de la France. Ils ne lisaient pas non plus le Monde et l'ensemble de la presse mainstream qui a bien été obligée, à un moment, de reconnaître que sous Sarkozy-Fillon, la dépense publique ET les prélèvements publics ont continué à progresser, et que les "économies" ont été trop marginales pour réduire le déficit et donc la dette.
  • c'est enfin un pays, la France, insérée dans le filet de contraintes macro économiques dont Flamby s'acharnait à nier la réalité, pendant la campagne, pensant même, alors que la Grèce, l'Espagne et le Portugal ployaient sous la dette publique, il fallait au contraire rajouter de la dette. 
Non, vraiment, l'intense journée de travail de Stéphane le Foll devait probablement ressembler à celle d'un étudiant qui, à la veille d'un partiel, réalise qu'il n'a pas ouvert un bouquin, bien que cela fait des années qu'il soit payé pour cela. Un conseil, Monsieur le Foll, consultez vos amis Didier Migaud, DSK, Pascal Lamy et autres. peut-être trouveront-ils un peu de temps pour vous fournir des cours de rattrapage en finances publiques, en attendant que vous ne nous annonciez que l'Etat ne s'occupera plus que de police, justice, armée et diplomatie (et de préférence au niveau fédéral Européen), tout le reste pouvant être privatisé.

Quand à nous, électeurs (enfin, surtout ceux qui ont voté pour Flamby), voila ce que vous avez donné à la France : des parlementaires qui ne font même pas le boulot prioritaires des élus à l'Assemblée Nationale : voter et controler l’exécution du budget. 

samedi 31 mars 2012

France in denial

Oui, The Economist dit une fois de plus la vérité, (tout comme ils s'étaient prononcés contre Berlusconi, à juste titre). By ignoring their country’s economic problems, France’s politicians are making it far harder to tackle them.

Les problèmes économiques à résoudre sont cruciaux, et nos deux favoris à la présidentielle évitent soigneusement de dire quelles dépenses publiques ils vont supprimer le 7 mai 2012.

Quel est le candidat qui affirme clairement : "quand la France dépense 1 euro, elle emprunte 30 centimes" et "il faudra baisser les dépenses publiques d'autant, pour ne pas se retrouver dans la situation de l'Argentine en 2001 ou de la Grèce en 2012" ?

Lupus synthétise la situation économique du pays, et elle n'est pas brillante, en tout cas moins que l'optimisme des tweets de la Ministre du Budget pourrait laisser l'entendre. 

Pourtant, il est possible de réformer la France, l'IREF a listé les mesures à prendre, l'Italie et le Royaume-Uni montrent que la France est de plus en plus isolée dans son socialisme suicidaire. 

Que François Hollande promette plus d'Etat et plus d’impôts, c'est normal, mais l'actuel président de la République ?

Sarkozy, Bayrou, Hollande, Cheminade, Joly, la fille à papa de Saint Cloud, Arthaud, Poutou, Melenchon  et Dupont-Aignan ne doivent pas hésiter à rappeler que l'Etat ne devrait s'occuper de fonctions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie), de préférence au niveau fédéral Européen, le reste pouvant être privatisé, opéré par des ONG et autres organismes à but non lucratif ou geré, en vertu du principe de subsidiarité, par les régions/lander.

Pour financer ces services publics, des impots justes et faibles (flat tax sur l'ensemble des revenus) renoueraient le lien de confiance entre les citoyens et leur Etat.

Sinon, nous pouvons attendre. Parce que ce qui est sûr, c'est qu'il va bien falloir baisser les dépenses publiques. A nous, citoyens et contribuables, de choisir nous même, ou de laisser Standard & Poors/le FMi/la Troïka de l'UE faire le boulot que les 577 députés ne font pas.



Et puisque nous sommes quand même encore en démocratie, et que donc l'information est encore libre, déjà remercions The Economist de mettre un miroir non déformant sous le nez de notre classe politique, et consultons aussi trois excellents journaux francophones, Contrepoints, le Temps (et plus spécialement les articles d'Emmanuel Garessus) et la Libre Belgique, en attendant que TeleramaFranceTVRadioFranceTF1CharlieObs fasse leur boulot.

mercredi 22 février 2012

Un monde dans tous ses états

Grand moment  hier soir sur Arte, la chaine publique payée par les contribuables.  Qu'est ce qui faisait le plus peur ? Le conservatisme d'Hubert Védrine ? Le degré de désinformation des étudiants de Sciences Po Journalisme ?

Reprenons les inexactitudes les plus flagrantes d'un Monde dans tous ses Etats et démontons les une à une.


- Arte/Védrine:  la prospérité des 30 glorieuses était dûe à la politique volontariste de gouvernements planificateurs
- Faits :  Entre 1945 et 1989, des Etats particulièrement volontaristes, et mûs par la sans doute sincère idée qu'il est possible de faire mieux que le marché, ont controlé leur économie à 100%. Ils n'ont pas superformé les démocraties libérales malgré des ressources gazières et pétrolières (URSS), de la main d'oeuvre, parfois formée (Allemagne RDA, Cuba). Ils ont même connu une forte paupérisation. De plus, il ne faut pas négliger, pour les Etats démocratiques à économie de marché, le rôle du rattrapage lié à la reconstruction post WWII. Enfin, bien que nous n'ayons plus, en France, de Plan, l'Etat intervient bien plus en valeur absolue et relative en 2012 par rapport aux années 60. Pourtant, tout cet argent ne produit pas de croissance économique. La vérité est que la prospérité des 30 glorieuses a existé malgré la volonté des Etats de tout contrôler. Enfin, les 30 glorieuses sont une parenthèse historique qui n'a pas concerné les 3/4 de la planète. Le Monde de Védrine s'arrête aux frontières de l'hexagone, étonnant, pour un socialiste.

- Arte/Védrine: les propos de Ronald Reagan, "government is not the solution, government is the problem" sont une religion
- Faits :  en 1979, le Royaume Uni était en faillite, sous tutelle FMI. Les Etats Unis n'étaient guère mieux. Les travaillistes ont sans doute été mauvais, mais peut-on leur reprocher d'avoir appliqué leur programme ultra interventionniste ? Le UK était plus socialiste que la France. Est ce le rôle d'un État de tout fabriquer, y compris des Jaguar ou du transport Aérien ? Du coup, on comprend bien la phrase de Reagan. Le socialisme n'a fait reculé ni la pauvreté ni le chômage. Ce qu'on peut reprocher à Thatcher et Reagan est éventuellement, au contraire, de n'avoir pas suffisamment fait reculé l’État.

- Arte/Védrine: Bear Stearn, la finance dérégulée et les crédits subprime sont à l'origine de la crise économique
- Faits  Bear Stearn a connu des problèmes en Mars 2008 mais c'est dès le dernier trimestre 2007 que les prix de l'immobilier ont chuté. Le ralentissement économique a précédé la crise bancaire. De plus, depuis 2008, la finance à 100% dérégulée (hedge funds) n'a pas connu de problèmes, tandis que la finance régulée (Dexia, Northern Rock, Lehman Brothers) a crée des problèmes. Enfin, le subprime, rappelons le, a été crée par Bill Clinton.

Sur le même sujet, lire Rappel : subprime, fin du Glass Steagall Act : merci Clinton !un post du 20 septembre 2011

- Arte/Védrine: Stiglitz a prévu la crise parce qu'il était convaincu que l'ultra libéralisme allait s’effondrer
- Faits  Joseph Stiglitz est un économiste, Prix Nobel, d'optique plutôt keynesienne, qui enseigne à Columbia et a conseillé le gouvernement démocrate de Clinton. Il a aussi travaillé pour la Banque Mondiale. Dans un de ses livres, the Roaring Nineties, il soutient la politique de bas taux de la Fed (source de la bulle immobilière). Stiglitz écrit beaucoup entre 2002 et 2007 mais ne prévoit pas de crise, à la différence des autrichiens qui eux la voient venir dès 2001.



- Arte/Védrine: Allan Greenspan est un fidèle disciple de Milton Friedman
- Faits : Greenspan n'est que très partiellement libertarien ! Certes il n'a pas sur régulé les marchés, mais il les a inondé de dollars. Friedman était contre la manipulation de la masse monétaire sur ordre gouvernemental.

- Arte/Védrine:  la dette et les déficits des Etats Européens ont été crées en 2008 pour sauver les banques
- Faits: en 2004, la France et l'Allemagne s'assoient sur le traité de Maastricht. Les déficits sont une réalité depuis 30 ans en Europe, nous n'avons pas attendu la crise de 2008 pour tomber dans l'excès de dette et de déficits.
Sur le même sujet, lire le liberalisme n'est pas responsable de la crise, un post du 4 février 2011

- Arte/Védrine: les banques sauvées par les Etats se sont retournées contre les Etats en leur prêtant trop cher
- Faits : les banques ne prêtent pas aux États, elles mettent en relation des préteurs et des États. A la base, les banques ne sont que des intermédiaires dans la crise de la dette.Ensuite, les États leur ont forcé la main.


Crise bancaire : qui est coupable ? par buildfreedom


Sur le même sujet, lire banques francaises, droit de propriete suspendu, un post du 24 octobre 2011

- Arte/Védrine: le défrichage "sauvage" des forêts partout sur la planète est lié à l'avidité des gens
- Faits : Pour Hubert Védrine, seule l'Europe, civilisation supérieure surtout si elle est diplômée de l'ENA, a le droit de défricher. Les Chinois, les Brésiliens sont priés de rester sous développés et de ne pas faire fondre les glaces du Pole Nord.


S'il y a une conclusion à retenir, c'est, au vu de tous les efforts déployés par les gouvernements depuis 2008 pour nous soit disant sortir de la crise, on constate qu'il est vraiment temps, en Occident, de revenir à une forme plus rationnelle de l'Etat, qui ne doit s'occuper que d'une seule chose : les fonctions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie) de préférence, en Europe, gérées au niveau communautaire. Le reste (monnaie, économie, environnement, nos vies) peut être géré par nous mêmes, par les entreprises ou par les ONG. 

lundi 24 octobre 2011

Banques françaises : droit de propriété suspendu



Hallucinant !
Le gouvernement est juste en train de nous expliquer que

- soit les contribuables seront tondus sollicités pour recapitaliser les banques
- soit les actionnaires des banques seront forcés de remettre du cash pour financer les augmentations de capital (même si vos pertes font que vous n'êtes pas très interessés)

C'est la fin du droit de propriété, et chaque français est prié de prendre sa part d'emprunt russe grec.

Le schema capitaliste classique (gestion en interne des risques, publication des pertes quand elles surviennent, faillite si insuffisance de fonds propres) n'est même pas envisagé.

Il y a quand même une remarque à faire : banques, ce qui vous arrive est en partie de votre faute. Si vous aviez accepté la full fair value pour l'IAS 39 (c'est à dire le schema le plus volatile en termes comptables) au lieu d'amender cette norme, vous n'en seriez pas la, à devoir négocier avec des gouvernements qui font la manche et rackettent le contribuable. Soit on est capitaliste, soit on ne l'est pas, et les moins capitalistes de la profession semblent destinés à mourir les premiers ? Fin de la parenthèse.

Une chose est certaine : le gouvernement, en se melant de la santé financière des banques, soulève trois problèmes :

- pourquoi aider les banques à lever du capital et pas les millions de PME qui en manquent ? pour relancer le poujadisme ?
- cet ultra étatisme à tous les étages, c'est vraiment pour tuer l'économie française ?
- Dexia ou le Crédit Lyonnais, ca n'a pas suffit ?