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mercredi 2 mars 2016

Non, il n'y a pas trop d'Europe

En ces temps de crise des réfugiés et d'exaspération des agriculteurs, il est de bon ton de faire de l'Europe bashing, comme si c'était des CRS bruxellois qui rasaient le camp de Calais, comme si c'était quelqu'un d'autre que le président Hollande qui avait poussé en faveur du boycott de la Russie.

Pourtant, certaines choses laissent à penser qu'a contrario des idées reçues, on manque d'Europe, ce pays qui, rappelons le, a moins de fonctionnaires que la seule ville de Paris (Tout en ayant à l'esprit qu'il y a également 2,5 fois plus de fonctionnaires à Paris qu’à Londres). 

Exemple de manque d'Europe illustré : les propos d'un des dirigeants de l'entreprise francilienne d'agro-alimentaire, Michel & Augustin, qui voudrait bien faire de l'Europe son marché naturel.




Oui, l'Europe n'existe pas économiquement parlant. Il y a encore 28 pays, 28 marchés séparés, chacun avec leurs exigences. 
Certes, il y a le facteur linguistique, encore que ce ne soit pas une vraie excuse, puisque nos voisins Suisses prouvent qu'un pays confédéral peut parfaitement vivre avec plusieurs langues. 

Mais c'est surtout l'aspect réglementaire, le problème. 

En 1789, les héritiers des physiocrates, pro business pourrait-on dire si on ne craignait pas l'anachronisme, disaient, à l'instar de l'économiste Vincent de Gournay : «laissez faire les hommes, laissez-passer les marchandises», en mettant l'accent sur l'intérêt d'abaisser les barrières aux échanges (douanes intérieures, routes en piètre état).
Peut-être qu'une révolution utile à l'Europe serait justement, outre le fait de rappeler l'Acte Unique de 1986, de promouvoir de manière active le Laissez Faire. 

Mais les drogues ? Les clandestins ?  Les terroristes, direz-vous ? 
Oui, c'est hélas la contrepartie de la liberté d'échange, tout comme, après la Révolution Française, la France n'a pas qu'exporté la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, elle a aussi exporté les pillages, les viols, les exactions. Nos voisins, qu'ils soient Allemands, Suisses ou Espagnols (voir les tableaux de Goya) s'en souviennent. 
Lutter contre les effets indésirables du libre-échange est évidemment souhaitable et même bienvenu, mais il s'agit d'une question d'organisation de la justice et de définition de droits de propriété. 

Quoi qu'il en soit, il faudra à un moment qu'on fasse un choix : soit on veut du fédéralisme, soit on veut le "souverainisme". Mais cet entre-deux qui permet à la classe politique (politocarde, aurait-on envie de dire) de critiquer Bruxelles au lieu de se remettre en question devient insupportable
Sans forcément aller jusqu'à dire comme Sylvie Goulard que c'est soit l'Europe, soit le chaos, car on pourrait très bien imaginer un modèle alternatif, il faut quand même avouer que l'achèvement du marché unique ferait du bien aux PME de l'ensemble de l'Union, y compris les PME françaises, donc.
Non, il n'y a pas trop d'Europe. Il y a trop d'interférence entre les tentatives fédérales et la réalité intergouvernementale. 
Et il y a avant tout trop d'étatisme et de socialisme, notamment ici, chez nous, en France, mais aussi à Bruxelles. Si, par exemple,l'UE commençait par supprimer la PAC, cette soviétisation de l'agricuture européenne ? 

samedi 20 février 2016

La possibilité du Brexit, la réalité du quasi Frenchxit

Quel magnifique jeu de rôles nous ont offert les chefs d'Etat de l'UE à 28 réunis à Bruxelles, hier !
A commencer par le président Hollande. 
En effet, par la voix du chef de l'Etat, la France a rejeté la possibilité du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, et a insisté sur le respect des règles communes (1), fédérales aurait-on envie de dire. 

Mais,  au fait, ce n'est pas la France anti-fédérale, le passager clandestin de l'UE ? 

En effet, qu'est ce que l'Union Européenne ? 
Les traités européens sont le fondement de l'Union européenne: toute action entreprise par l'UE découle de ces traités, qui ont été approuvés librement et démocratiquement par tous les États membres, nous dit l'Union Européenne (UE). 

Quand au traité fondateur de l'UE, il est clair. Il précise que les états membres sont "DÉTERMINÉS à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". 

Autrement dit, l'idée de l'UE est claire : il s'agit d'aller vers un Etat fédéral.  Et les étapes intermédiaires sont le respect des traités, comme l'Acte Unique de 1986 (achèvement du marché commun par l'instauration des 4 libertés : libre circulation des marchandises et des services, libre prestation et liberté pour une entreprise de s'installer dans le pays de son choix.
libre circulation des personnes et libre circulation des capitaux ) ou le traité de Maastricht.

La référence est claire : il y a quelques exemples de pays fédéraux dans le monde, comme la Suisse, le Canada ou même l'Allemagne, mais le modèle de l'UE, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique. D'ailleurs, Jean Monnet a manifestement été très influencé par ses contacts américains. 

Notons la contradiction entre l'idéal fédéral (capitale à Bruxelles, fonctions régaliennes comme l'armée ou la diplomatie centralisées, principe de subsidiarité, notamment au niveau régionalisé/landerisé pour le non régalien) et la réalité intergouvernementale de l'UE (les Etats sont les principaux acteurs de la politique Européenne), ambiguïté qui permet à chacun de dire "c'est de la faute du Bruxelles" plutôt que "nous avons mal négocié". 

Or, que c'est-il passé hier ? 
Il existe un fort courant au Royaume-Uni (RU) anti UE, y compris au sein des Conservateurs, le parti de David Cameron. D'ailleurs, Margaret Thatcher n'était pas, euphémisme, une grande fédéraliste. 
Mais face à la poussée de UKIP, David Cameron a décidé, sage décision, de laisser le peuple britannique décider. 
Cependant, comme Cameron est manifestement contre la sortie du RU de l'UE, il est quand même aller négocier à Bruxelles des aménagements. 

Et voila comment le premier ministre Britannique présente les choses : le Royaume-Uni ne fera jamais parti d'un ensemble supranational type super Etat Européen. 





Aux britanniques à décider maintenant ! Et d'après les sondages, rien n'est gagné d'avance. On se demande juste quand même quel est le projet que David Cameron va présenter à nos amis et voisins britanniques. De quelle Europe parle t-il, sachant que le rejet de l'UE au Royaume-Uni n'est pas qu'un problème comptable, mais bien une question culturelle ?

Mais le plus drôle, ce ne sont pas les contradictions de Cameron, ce sont les remarques de Hollande, qui a donc déclaré : "La Grande-Bretagne doit rester dans l’Union européenne, c’est ma volonté. Mais en même temps, il faut que l’Union puisse avancer. Aucun pays ne doit avoir un droit de veto, aucun pays ne doit se soustraire à des règles communes ou à des autorités communes"(2).




Conférence de presse à l'issue du Conseil Européen par elysee



Si on a bien compris ce que nous raconte l’exécutif de la République Française,

la France est :

  • déterminée à ce que la politique monétaire, décidée par la Banque Centrale Européenne puisse être cohérente avec les politiques budgétaires ("celle que chacun des pays mène dans le respect du pacte de stabilité  (3) ")
  • engagée à ce que l'UE continue à payer la Turquie pour lutter contre l'immigration en provenance de Syrie et d'Irak
  • soucieuse de faire respecter les règles communes
  • désireuse de faire avancer le projet Européen 

On croit rêver !

Est-ce que le Président de la République ne se moquerait pas de nous ?


  • Quel est le pays qui a partiellement rétabli les contrôles aux frontières
  • Quel est le pays qui se soustrait à la nécessité de maintenir la protection des Droits de l'Homme, et a prévenu le Conseil de l'Europe qu'il risquait de déroger à la Convention européenne des Droits de l'Homme ? 
  • Quel est le pays qui se montre incapable de respecter le traité de Maastricht, et revendique même le fait de ne pas suivre la règle de 3% de déficit par rapport au PIB
  • Quel est le pays qui n'hésite pas à subventionner certaines de ses entreprises, en totale infraction vis-à-vis de l'Acte Unique ? 
  • Quel est le pays qui s'éloigne des valeurs démocratiques de l'UE et de l'état de droit et fait voter l'état d'urgence, une mesure qui pérennise un état d'exception ? 
  • Quel est le pays qui déclare la guerre à des pays ou à des groupes terroristes, de manière unilatérale et sans même faire voter son parlement ou prévenir les 27, et qui place ensuite ses 27 partenaires au sein de l'UE devant le fait accompli en leur demandant de payer ? 


Autrement dit, qui est en situation dérogatoire par rapport aux règles communes ? Et toujours autrement dit, quelles leçons pouvons-nous donner aux britanniques alors que nous-même sommes très loin d'être en ligne avec les règles communes de l'UE, règles pour lesquelles le président Hollande a toujours personnellement milité ? 

Il semble, au vu des faits, que si les britanniques s'interrogent, la France, elle, est déjà à l'étape suivante : elle pratique allègrement la politique de l'Europe à la carte, très loin de l'option fédérale. 

Si la France de Hollande est vraiment favorable au fédéralisme Européen, qu'elle commence par respecter le Pacte de Stabilité et de Croissance, l'Acte Unique ou la Convention européenne des Droits de l'Homme. Ensuite, qu'elle prenne une initiative forte comme la fermeture du Balardgone et du Quai d'Orsay et le transfert de leurs pouvoirs à Federica Mogherini, la commissaire Européenne en charge des affaires extérieures. 




(2) Elysee La Grande-Bretagne doit rester dans l'Union européenne. 18 février 2016
(3) Elysee Conférence de presse Conseil européen 18 décembre 2015

dimanche 12 juillet 2015

A propos de la deutsch-französische Freundschaft ...

Grande nouvelle ! L'Union Européenne a perdu 25 membres ! Il n'y en a plus que 3 : la France la Grèce et l'Allemagne !
Pourtant, il parait que nous sommes 28 au sein de l'Union Européenne.


Mais comme certains l'ont oublié, alors ils en profitent pour réduire le problème Grec à un problème Allemand, et pire encore, à un problème Merkel.

Ce faisant, ils oublient plusieurs petites choses.

D'une part, la chancelière Angela Merkel n'est pas à la Bundesrepublik Deutschland ce que François Hollande est à la République Française.
En Allemagne, Merkel doit non seulement tenir compte de l'avis des allemands, mais aussi de celui de ses différents partenaires politiques. D'ailleurs, qui peut parler de la position des allemands, alors que, manifestement, Schauble pour ne citer que lui, a un avis bien plus tranché sur la question ?

D'autre part, si la Grèce quittait l'Euro, elle ne quitterait pas l'Union Européenne pour autant : les 28 membres de l'UE ne sont pas tous membres de l'eurozone (pensons à la Suède ou au Royaume Uni par exemple);
D'ailleurs, tous les pays Européens ne sont pas membres de l'UE tout court (Suisse ?)



A ce sujet, n'est-il pas bluffant de de constater que ceux qui appelaient à voter non au TCE en 2005 (c'est à dire : non à l'approfondissement avant l'élargissement) sont maintenant parmi ceux qui défendent à tout prix le maintien de la Grèce dans l'eurozone ?

Enfin, ceux qui pensent que le président Hollande doit à la fois préserver l'appartenance de la Grèce au coeur de l'ensemble des institutions de l'UE et l'amitié franco-allemande feraient mieux de comprendre que les allemands, manifestement, ne mélangent pas amitié et travail. Mais force est de constater qu'ils ne sont pas seuls.




Peut-etre que les méchants Allemands n'ont pas le bon ton.
Mais ils soulèvent une vraie question : si les Grecs veulent de l'autonomie budgétaire totale (liberté au niveau national), pourquoi veulent-ils s’embêter avec l'euro, un instrument monétaire (imparfaitement) fédéral ?
Comme le dit le Duffl'UE est une construction bancale qui hésite éternellement entre une Europe des Nations et un super état empire. 
Il est temps de choisir, et ce n'est pas qu'une question d'amitié franco-allemande !
Jamais le président Hollande ne nous a dit si il était prêt à sortir de l'Europe des Nations pour transférer les budgets de la défense et de la diplomatie à Bruxelles, par exemple.

jeudi 28 mai 2015

Brexit : pourquoi ne pas laisser les britanniques quitter l'UE, s'ils le veulent ?

Nous avons décidemment un président de la république extraordinaire ! Le Président Hollande, à l'occasion de la visite de David Cameron (1), le brillant vainqueur des dernières législatives britanniques (2), ne s'est-il pas permis de donner des conseils au peuple anglais ?

Hollande a en effet affirmé que La France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne ...



Ça devient gênant, cette propension, liée aux dérives de la démocratie représentative, de croire que les gouvernants sont autorisés à parler en notre nom. Non, la France ne souhaite pas que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne .... Le président Hollande le veut, mais les français, eux, soutiennent le Brexit !



Que veulent les britanniques ? On le verra au moment du referendum. Mais 10 ans après le "non" au referendum de 2005 portant sur le traité constitutionnel européen (3), peut etre que les gouvernants de tout poil pourraient faire un peu profil bas quand à leur mépris des opinions du peuple, quand elles divergent de ce qu'ils pensent, eux.

Hervé Mariton  se demande si on pouvait profiter de l'initiative de David Cameron pour changer l'Europe (4); c'est bien, mais ce n'est pas le point prioritaire auquel la France devrait s'atteler. Avant de critiquer l'Euro scepticisme croissant de nos voisins et amis britanniques, peut etre que nous pourrions balayer devant notre porte.

Hollande aime rappeler qu'en Europe, il y a des règles ? Pourquoi ne commence t-il pas par rappeler au gouvernement de Valls qu'il est impératif (c'est dans les traités) que la France ait des finances qui respectent les critères de Maastricht ?
Hollande ne veut pas des relents xénophobes qui pourraient se loger dans telle ou telle déclaration anti immigration bulgare au Royaume Uni ? Pourquoi ne rappelle t-il pas à Manuel Valls encore, que refuser des quotas de migrants suggérés par Bruxelles, c'est avoir le même point de vue, à tort ou à raison, que l'extrême droite qu'il dit combattre ?

Bref, on l'aura compris, avant de critiquer le souverainisme des britanniques, peut etre que nous pourrions nous interroger, nous, sur notre prise de distance vis a vis du fédéralisme Européen. La paille et la poutre ...




(1) Atlantico David Cameron en visite à Paris pour renégocier l'Europe 28 mai 2015
(2) Le blog du Duff La réélection triomphale de David Cameron est une leçon et pas seulement à la droite française 8 mai 2015
(3) L'Arene Nue 10 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas 27 mai 2015
(4) Le Figaro Hervé Mariton : et si on profitait de l'initiative de David Cameron pour changer l'Europe ? 28 mai 2015


Sur le même sujet 

Le Parisien Libéral La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ? 29 avril 2013

jeudi 19 mars 2015

Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France». Vraiment ?

Est-ce que le premier ministre a perdu un pari, pour tenir un propos aussi insensé  contestable que celui rapporté par le Figaro (1) de ce jour, à savoir "face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France»" ?


Ou bien, réalité des chiffres aidant, la panique gagne Matignon et l'Elysée ? 

Car les chiffres, les voici : d'une part, la France a un budget en déficit de 85,6 milliards d'euros en 2014 (2), soit 32% de déficit (86 Mds de déficit /273 Mds de recettes). 





Nous nous montrons incapable, depuis le début des années 80, de présenter un budget en équilibre (à la différence de nos voisins et amis allemands (3), dont le budget est en équilibre).  

Sur nos 364 milliards d'euros d'argent dépensés en 2014, le ministère de la défense en a consommé 42,2 milliards ,soit 13,8 % du budget général de l’Etat (4). 
Est ce que ces 42,2 milliards ont été dépensés entièrement en opérations extérieures (OPEX) de lutte contre le terrorisme ? Bien sur que non. Déjà, il y a 250 000 militaires en France. Mais 2300 d'entre eux sont impliqués dans l'opération Serval (Mali). Les OPEX coûtent d'ailleurs un peu plus d'un milliard d'euros par an. 
Evidemment, 1 milliard d'euros, c'est beaucoup trop pour un pays qui vit à crédit. Mais cela ne représente que moins de 2% du déficit total. 
En imaginant donc que nos 27 partenaires européens nous donnent 1 ou 2 milliards d'euros, il nous resterait à trouver 84 milliards d'euros pour boucler notre budget. 
Est-ce que Manuel Valls va aussi accuser les terroristes de nous pousser à dépenser trop (et mal) en éducation, en santé, en transports en commun, en subventions diverses et variées ? 

De plus, quand est-ce que Manuel Valls va cesser d'insulter nos partenaires européens ? Les Belges se sont impliqués dans Serval (5), ainsi que les Allemands (6). Est ce que c'est une bonne méthode de négociation, que d'admonester des participants potentiels ? Est-ce que les Allemands, les Polonais ou les Luxembourgeois se sont plaint du fait que l'armée française ait quitté, sur décision unilatérale de François Hollande, l'Afghanistan et l'ISAF (forces de l'OTAN) ? 

Et puis, les mots sont important :  "face au terrorisme, l'armée européenne existe, c'est la France". Si il n'y avait pas tous ces morts liés au terrorisme, à Paris, à Copenhague, et maintenant à Tunis, on aurait envie de rire ! Le respect que l'on doit aux personnes décédées nous pousse plutôt à hurler contre l'ineptie d'une telle sentence. 
Manuel Valls, premier ministre de la république française, pas forcément sur-éduqué (il n'est titulaire que d'une licence d'histoire) mais suffisamment instruit et informé pour comprendre ce qu'il dit, essaye de nous persuader du fait que contre le terrorisme, il faut une armée, d'une part, et que les interventions militaires françaises effectuées sous couvert de "lutte contre le terrorisme" tiennent lieu et place d'opérations sous bannière Européenne. 

Y a t-il besoin d'être un expert militaire formé à Saint Cyr pour comprendre que face à un Kouachy ou un Coulibaly qui font un carnage en région parisienne, équipés d'armes qui se négocient quelques centaines d'euros en banlieue, l'armée française, ses Rafale, son porte avion, ses bombes nucléaires, son état major, auront vraiment du mal ? 

Est-ce que Manuel Valls pourrait au moins avoir la décence de nous dire que la guerre du Mali est menée par la France tout simplement parce que nous, la France, avons des accords de coopération technique ou des accords de défense avec les pays de la région ? Passons sur le fait que cette guerre du Mali est justifiée par une interprétation vraiment plus que limite de l'article 50 de la charte des Nations Unies.



Alors, Manuel Valls nous explique que quand la France intervient au Mali, ou ‎au Liban, ou en ‎Côte d'Ivoire , ou au ‎Tchad, c'est au nom de l'Europe. 
La encore, on ne peut que rire devant une telle affirmation. Elle revient à dire que, déjà, les OPEX sont validées par les français. C'est évidemment faux. On attend toujours les débat à l'Assemblée Nationale pour chacune des guerres engagées par le président Hollande, puisque la Constitution de 1958 nous dit :
  • "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
  • Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
  • Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

A défaut d'avoir informé les représentants du peuple français pour chacune de leurs guerres, le président Hollande et Manuel Valls ont-ils au moins informé Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne), afin de recueillir son aval, pour ne pas dire son approbation ? 
Si ce n'est pas le cas, que Manuel Valls ne vienne pas nous dire que l'armée européenne existe, c'est la France. Une armée, c'est par essence un instrument de souveraineté. Une armée européenne doit nécessairement avoir un financement et un commandement fédéral, pas national. 
L'armée européenne, les socialistes français de la SFIO l'ont refusé en 1954 (7), et continuent à la refuser aujourd'hui, par leur nationalisme forcené, en totale opposition avec une quelconque option fédérale. 


Egalement publié sur Agoravox




(1) Le Figaro Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France» 19 mars 2015
(2) Boursorama France-Déficit budgétaire de l'Etat estimé à 85,6 mds en 2014 15 janvier 2015
(3) La Croix Allemagne: équilibre budgétaire de l'Etat pour la 1ère fois depuis 1969 13 janvier 2015
(4) Ministere de la Défense Budget
(5) RTBF Mali: la Belgique retire ses C-130 mais maintient ses hélicoptères 18 février 2013
(6) Deustche Welle German military on Mali mission 23 mars 2013
(7) Le Monde Comment fut rejeté en 1954 le projet d'une Communauté européenne de défense 9 juin 2004

jeudi 26 février 2015

Extension des soldes ! Quand l'Europe déçoit ...

"Allez-y M'sieurs Dames ! Dépêchez-vous, tout doit disparaître ! Traité de Maastricht ? En soldes flash !"

Tel est en substance le message que la Commission Européenne vient d'envoyer cette semaine. Jugez un peu : 

  •  Bruxelles a consenti un nouveau délai à la France jusqu'en 2017 pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB (1)
  • l'Europe n'ouvre pas de procédure contre la Belgique (2)
  • La Grèce reçoit un premier feu vert pour prolonger le plan d'aide (3)
Certes, dans le cas Grec, il semble qu'on recule pour mieux sauter (lire chez H16 "Le Grexit sera pour plus tard") et que, quelque part, le gouvernement de coalition Tsipras a mis un peu d'eau dans son ouzo. 

En revanche, est-ce que le rôle de la Commission Européenne, c'est de faire de la calinothérapie envers nos déficits keynésiens, ou alors de faire appliquer les traités que, au passage, des gens comme Hollande ont, à titre personnel et à titre politique, ont toujours dit soutenir ? 

Alors, certes, quand on est à 32% de déficit, ce n'est pas si facile de revenir à 0% (équilibre). 




Mais pourtant, les pistes existent. Elles sont au nombre de 3 :

  • ne pas dépenser plus que ce que l'Etat est capable de collecter, autrement dit, ramener la dépense publique au niveau de ce que les français sont prêts à payer pour la financer
  • ramener l'Etat à ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie)
  • mutualiser au niveau fédéral européen une partie de ces missions régaliennes, une fois qu'un consensus est atteint sur ces missions (ce qui supposerait par exemple de cesser toutes nos guerres extérieures type Mali, puisque nos 27 partenaires ne veulent pas les financer). 

On atteint vraiment la limite de la construction européenne. Les institutions de l'Union Européenne font trop la part belle à l'intergouvernemental et aux arrangements d’arrière cour, et pas assez à l'option fédérale.

Le pire, c'est que cette stratégie est suicidaire pour les institutions de Bruxelles : elle n’enlèvera pas l'idée qui est inscrite dans les opinions publiques Européennes, que l'UE est un organe de répression budgétaire, tout en laissant la possibilité aux gouvernements nationaux de dire, d'ici un an ou deux, que les efforts à réaliser sont uniquement du fait de Bruxelles.

Parions sur le fait qu'en 2017, les socialistes de gauche comme de droite s'écrieront en coeur "tout ca, c'est la faute à Bruxelles !"


(4) Hashtable Le Grexit sera pour plus tard 23 février 2015 

mardi 2 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Pauvre scène politique française ...! Il aura suffi qu'une élection se tienne au sein d'un parti politique d'opposition, pour que tout le reste disparaisse des écrans radars des journalistes, et donc des députés. Car il apparaît de plus en plus clairement que le théâtre des questions au gouvernement a de moins en moins à voir avec le contrôle de l'action de l’exécutif par les élus de la Nation, et de plus en plus à voir avec une comédie, jouant sur le comique de répétition, le ridicule et l'anecdotique. 

Il existe pourtant des députés sérieux, à gauche, au centre ou à droite. Espérons qu'eux mêmes reprennent les QAG suivantes ou bien qu'ils les soufflent à leurs collègues dont les deux missions fondamentales sont, rappelons le, le vote du budget et le contrôle de l'action du gouvernement :

  • Question pour le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo (1), n'a guère apprécié ce nouveau discours de Dakar prononcé  samedi 30 novembre 2014 par le président Hollande lors du sommet de la francophonie. Passons sur le fait que les médias n'aient fait écho ni du sommet ni du ton paternaliste de Hollande qui rappelle le discours de Guaino-Sarkozy sur l'homme africain. Mr Fabius, pourriez-vous nous rappeler le contenu de la promesse numéro 58 (2) du candidat Hollande, celle qui promettait de rompre avec la Françafrique et de relancer la Francophonie ? Comment articulez-vous cet engagement présidentiel avec les nombreuses guerres lancées depuis 2012, d'une part, et avec le ton de ce nouveau discours de Dakar, d'autre part ? 
  • Question pour la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : les Bonnets Rouges avaient été clairs : pas d'écotaxe ! Comment se fait-il que l'écotaxe revienne sur la table (3) ? Et en quoi une ecotaxe régionalisée serait compatible avec le concept d'égalité des français devant l’impôt ? 
  • Question pour la Ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem : Par un décret, paru au J.O du 20 novembre, vous avez mis un terme au redoublement (4). Madame Belkacem, plutôt que de diriger l'Education Nationale de haut en bas, pourquoi ne pas faire confiance aux communautés éducatives et les laisser gérer elles-mêmes leurs programmes et ses modalités d'application ? A quand la liberté scolaire ? 
  • Question pour la Garde des sceaux, Christiane Taubira : de nombreux articles de presse , publiés notamment par le Figaro (5) ou Paris Match (6) évoquent, en parlant de la situation fiscale du fils d'un de vos collègues, un possible cas de blanchiment derrière l'achat d'un appartement à 7 millions d'euros par une personne sans activité ni revenus. Madame Taubira, pouvez-vous nous confirmer que la prescription dan cette affaire interviendra dans un mois et que le fils de ce ministre pourra librement jouir de son 285 m² acheté pour près du double du prix qu'il coûtait 4 ans auparavant ? 
  • Question pour le Ministre des Finances, Michel Sapin : vendredi dernier, les allemands ont voté pour un budget en équilibre (7). Est ce que l'Allemagne soigne moins bien ses citoyens ? Eduque t-elle moins bien ses enfants ? Même pas ! Du coup, la question est : quel est le plan français pour tendre vers une telle situation ? Mr Sapin, vous qui êtes si doué pour trouver quelques milliards d'économie à quelques heures d'une réunion avec les autorités européennes à Bruxelles, avez-vous identifié d'autres postes sur lesquels nous pourrions économiser ? Envisagez-vous par exemple, un recentrage de l'état sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, par Bruxelles, et du coup une mise en concurrence de tout le reste (santé, éducation, etc) ou bien continue t-on avec cette dépense publique énorme, inefficace et injuste ?
  • Question pour le Ministre de la Défense , Jean-Yves Le Drian : pouvez-vous confirmer ou infirmer les informations de l'Opinion (8) qui note que trois après la chute de Mouammar Kadhafi, la France réfléchit à un nouvel engagement de ses forces armées en Lybie ? Avec quelle budget voulez-vous vous lancer dans une nouvelle guerre, et pour quels objectifs stratégiques ? 
  • Question pour la Ministre de la Santé, Marisol Touraine : madame la ministre, pendant que vous commentez la révolte des patrons contre l'excès de contraintes et de réglementations (9), vous ne vous occupez pas de la santé des français. Un seul exemple ? Où est votre réactions au sujet de l'incendie dans la centrale nucléaire de Tihange (Wallonie) dimanche dernier (10) ? Avez-vous rappelé aux populations du Nord, de Lorraine et d'Alsace quels sont les plans à suivre en cas d'incident nucléaire ? Vous-êtes vous mis en relation avec votre homologue belge pour suivre la situation ? Attendez-vous un vrai nouveau Tchernobyl pour dévoiler des plans ou bien constatez vous que, comme pour l'incident de l'usine chimique Lubrizoil de Rouen (11), les gens feront mieux tout seul qu'avec votre "aide" ? 
  • Question pour le Ministre de l'Emploi, François Rebsamen : vendredi dernier, les chiffres du chômage pour le mois d'octobre ont été révélés (12). Le nombre de demandeurs d'emplois en France, inscrits à Pôle Emploi de catégorie A s'établit à 3,46 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre 2014. Sur une année, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 5,5%. Et au total, le nombre total de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi (catégories A,B,C) était de 5,15 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre. Mr Rebsamen, nous n'avons pas vu votre réaction sur ces chiffres du chômage, où étiez vous ? En week end à Dijon, ville dont vous êtes toujours conseiller municipal ?
  • Question pour le Secrétaire d'État, chargé de la Réforme de l'État et de la Simplification, Thierry Mandon : entendez-vous le message des citoyens, qu'ils soient chef d'entreprise ou salariés ? Ils en ont assez des propos vides de sens. Mr Mandon, quand est-ce que le gouvernement va cesser de moquer du monde ? Qu'en-est il de cette simplification administrative où, par exemple, le silence de l'administration vaut approbation sauf... dans la majorité des cas (13) ? 
  • Question pour le Ministre de l'Économie, Emmanuel Macron : votre gouvernement n'a toujours pas transposé la directive européenne 92/50/CEE (14) et votre majorité socialiste a récemment renforcé les sanctions contre les personnes qui ne souhaitent plus, conformément à la législation européenne, être forcément affiliées à la Sécurité Sociale. Puisque les autorités publiques affirment être dans leur bon droit, peuvent-elles au moins apporter la preuve de la légalité de l'existence du RSI (15) ? Etant donné que le RSI tue (16), il serait bon qu'il le fasse au moins légalement !
  • Question pour Manuel Valls, premier ministre : votre ministre des relations avec le parlement, Jean-Marie le Guen, ne semble pas être interessé par une PPL visant, comme le propose l'association Contribuables Associés (17), à rendre inéligible à vie les élus fraudeurs. Allez-vous, Mr le Premier Ministre, reprendre cette proposition et batir cette république irréprochable sur laquelle vous aviez tant communiqué ? 

Gageons que les députés préféreront parler d'obscurs amendements de régularisation du budget 2014, du "danger fasciste qui menace". C'est vrai que, voter un budget en équilibre (donc en baisse) et contrôler l'action du gouvernement, ça serait trop demander ...!



Sur le même sujet 





(5) Paris Match Thomas Fabius - la roue tourne 25 juillet 2013
(6) Le Figaro Thomas Fabius dans l'œil du fisc 1 mai 2013 
(11) Le Parisien Libéral Fuite de gaz de Rouen : on a connu le gouvernement plus bavard 24 janvier 2013

jeudi 29 mai 2014

Barnier ? Lagarde ? Et le respect des électeurs Européens ?

Les élections Européennes 2014 comportaient, nous avait-on dit, une nouveauté à fort enjeu : le choix du Président de la Commission Européenne.

En effet, étant donné que les électeurs des 28 pays pouvaient, peu ou prou, voter pour une couleur politique donnée, des conservateurs aux écolos, en passant par les socialistes ou les libéraux, il avait été dit que de la majorité sortant du Parlement Européen sortirait le nom du chef de la Commission.




Ces candidats avaient dépensé une certaine énergie à se faire connaitre, en se lançant dans une véritable campagne pan-européenne, avec des débats (1).

Or, avant même le vote des citoyens du 25 mai se diffusait la rumeur selon laquelle Christine Lagarde pourrait être, elle aussi, candidate.

La question se repose aujourd'hui, parce que les gouvernements continuent à faire leur travail de sape du fédéralisme, au profit des décisions prises entre gouvernants, au détriment des décisions des électeurs.

Et puisqu'on se permet de remettre en cause les décisions des électeurs, qui, en plaçant le PPE en tête relative à Bruxelles, ont indirectement choisi Juncker, pourquoi, à l'instar de l'élite française, ne pas relancer la candidature de Michel Barnier, pourtant blackboulé il y a quelques mois ?


Tout ceci est bien surprenant. Le Monde écrit "Et si Michel Barnier finissait par l'emporter ? La candidature du Français à la présidence de la Commission européenne est clairement relancée. Elle est jugée très possible dans les milieux français." ou encore " l'ancien premier ministre luxembourgeois se heurte au refus du premier ministre britannique, David Cameron, mais aussi du premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte". 

Autrement dit : le mot final n'appartient pas à l'électeur de base mais au compromis entre chefs d'Etats, y compris Hollande. 

Les mêmes gens qui critiquent les Eurosceptiques et populistes de tous poils sont aussi ceux qui, sur une chose aussi simple de décider de mettre en oeuvre ce qui a été prévu précédemment. 

Quand Hollande choisira le nom du Président de la Commission Européenne, qu'ils n'oublie surtout pas qu'on ne peut pas en même temps accuser l'Europe de tous les maux, critiquer les eurosceptiques et tout faire pour que les Etats conservent leur pouvoir d'intervention sur les institutions Européennes. Peut être qu'à l'occasion de la nomination du futur Président de la Commission Européenne, le Président Hollande pourra rappeler à l'ensemble des français que les Directives Européennes (2), pour ne citer cet exemple, sont toutes avalisées par les chefs des 28 gouvernements (le Conseil) et que les députés Européens n'ont qu'un rôle consultatif.

Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il y a trop d'Europe et trop de fédéralisme, alors qu'il y a surtout trop de nationalismes.


samedi 18 janvier 2014

Régions : n'est ce pas le retour de la réforme Balladur ?

En théorie, il faudrait s'abstenir de commenter les contre-feux lancés par le gouvernement, pour faire oublier son échec sur le chômage (1) et sur l'insécurité (2).

Cependant, il y a quand même quelque chose de comique à ce que Hollande et Ayrault ressortent un projet de réforme qu'Edouard Balladur (3) avait proposé en 2009.


Hollande s'est dit prêt à faire "évoluer le... par BFMTV


Mais puisque Hollande et Ayrault ouvrent le sujet, alors, si vous êtes pour cette réforme, n'hésitez pas à signer la pétition en faveur de la réunification de Nantes à la Bretagne. Bien que Jean-Marc Ayrault, en, bon jacobin, soit contre ce changement logique, d'autres politiciens de gauche, eux, sont pour. Ils méritent d'être soutenus.





Refonte des régions : la Loire-Atlantique... par 44BREIZH



La pétition, c'est ici http://44breizh.com





(1) Atlantico Chômage : selon l'Insee, il n'y aura pas d'inversion de la courbe, François Hollande répond 20 décembre 2013
(2) BFM TV Délinquance: comment expliquer le sentiment d'insécurité? 19 décembre 2013
(3) RTL Régions : les propositions du comité Balladur de 2009 16 janvier 2014

jeudi 5 décembre 2013

La convention #EuroPLD du @PartiLiberal se tenait hier soir avec Saint-Etienne, Bourlanges et le Maire











mercredi 29 mai 2013

La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ?

On découvre ce soir avec effarement la petite phrase prononcée par le Président de la République, en réponse aux recommandations de Bruxelles. François Hollande aurait dit "La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire"


Le président français a estimé, ce mercredi 29 mai, que Bruxelles n'a pas à imposer le rythme des réformes à Paris. Des propos qui surviennent après que la Commission européenne a demandé à la France d'engager, dès cette année, sa réforme des retraites (source BFM).

C'est absolument hallucinant. Quel populisme anti européen ! Comment un social démocrate comme Hollande, qui a toujours voté les traités Européens, a pu prononcer une phrase pareille, si ce n'est par populisme, populisme qu'il était par ailleurs prompt à dénoncer (mais ça, c'était avant).

Bien sûr que La Commission a à nous dicter ce que nous avons à faire, tant que nous sommes membres de l'UE !

La Commission de Bruxelles est au coeur des institutions Européennes. 

Et comme on peut le voir sur le schema si dessous, les 27 membres de la Commission Européenne, nommés par les Etats, ont pour mission explicite de faire appliquer les traités, tel que celui de Maastricht, qu'a voté Hollande. 



Quand on voit une telle irresponsabilité budgétaire, on se dit qu'en fait, heureusement qu'il existe encore des institutions Européennes, dernier garde fou. 

Si vraiment le Président de la République pense que la Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire, alors qu'il nous donne le calendrier de sortie de l'Union Européenne, imparfaitement fédérale, et qu'il prévienne nos créanciers d'un prochain défaut sur la dette française. 

Le véritable executif de l'Europe
Et si le gouvernement veut vraiment travailler en partenariat avec l'Allemagne, alors qu'il commence par donner son opinion sur le point de vue d'Angela Merkel sur le SMIC, par exemple. 

lundi 21 janvier 2013

De l'autre coté du Rhin (50 ans après le traité de l'Elysée)

Quand vous voulez vous renseigner sur ce qui se passe de l'autre coté du Rhin, il y a une première chose à faire immédiatement : oublier la presse française !

Prenez le Monde, par ailleurs totalement derrière Hollande en ce qui concerne le Mali alors que si on se souvient bien, ils étaient assez critiques envers l'Afghanistan. Passons.
Vendredi, le Monde écrivait "Faute de franchir le seuil des 5%, les libéraux du FDP pourraient priver la droite de ce Land". Nous sommes Lundi, et la chancelière Angela Merkel est toujours au pouvoir. Pourquoi ? Parce que le Parti Libéral Démocrate allemand, le Frei Demokratische Partei (FDP), a fait 9.9% (source Frankfurter Allgemeine Zeitung). 
L'avez-vous lu quelque part ? Non, ou alors en Arial 4 interligne 0.5, quelque part entre "défaite de la coalition Merkel" et "énorme succès des socialistes allemands" (qui, au passage, ne veulent ni du SMIC français,  ni de la Sécurité Sociale française ...). 

Alors, déjà, commençons par féliciter les libéraux démocrates allemands ! Ensuite, comme Enquête & Débat qui est allé se balader en pays socialiste, à la FNAC de Chatelet les Halles, demandons nous si à force dé détourner la réalité, la presse et l'édition françaises ne seraient pas un peu responsables de leur malheur. Rappel : la presse écrite française va recevoir 272 millions d'euros de subventions en 2012 (source : Observatoire des Subventions) et pendant ce temps, Axel Springer, le numéro 1 allemand (Bild, die Welt, Euro am Sonntag, Berliner Morgenpost, etc) rachète des titres en France et en Belgique, tout en étant profitable et coté en bourse (289 millions d'euros de bénéfices en 2011). 

2 pays ou 22 régions et 16 Landers ?
Enfin, puisque nous fêtons les noces d'or des Germains et des Franzosen, dont Jean-Louis Bourlanges nous, dit, avec raison, qu'elles nécessitent maintenant une vraie fédéralisation, peut-être pourrions nous cesser de penser dans le cadre du strict niveau national, pour enfin gérer en commun, au niveau Européen, les fonctions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie) et au niveau local, c'est à dire au niveau Régions/Lander, le reste ? 

Sinon, pour avoir de vraies infos sur l'état du couple franco allemand, lisez le quotidien genevois le Temps ("La coalition d’Angela Merkel battue de justesse en Basse-Saxe") ou la Libre Belgique

Alternative Libérale faisait dialoguer Michael Theurer (FDP) et Jean-Marie Cavada (Nouveau Centre) en mars dernier sur le thème "comment réussir l'Europe fédérale ?". Finalement, la réponse est simple : laissez les entrepreneurs et les PME faire leur boulot. Il y a beaucoup plus de liens entre les économies françaises et allemandes qu'entre le PS et le SPD ou entre le Monde et die Welt. 

mardi 15 janvier 2013

Un nouveau logiciel pour la France

Ils sont où, les libéraux ? 

Jacques Gautron
Ils travaillent à un nouveau logiciel pour la France ! Jacques Gautron, ingénieur conseil, qui intervient souvent dans les Echos, a organisé en novembre dernier une réunion des associations libérales, autour d'Alternative Libérale, afin d'aider la France à passer à autre chose que l'ultra étatisme et l'ultra socialisme de gauche comme de droite. 

Salaire complet, privatisation de la Sécurité Sociale, fédéralisme, démocratie directe, les thèmes de réflexion sont nombreux. 

Vous pourrez les retrouver sur le blog "Un nouveau logiciel pour la France"

Les libéraux sont animés par une idée : comment reprendre le contrôle de nos vies, face à un Etat tout puissant et qui écrase tout sur son passage ? Alternative Libérale veut diffuser les réponses à cette question.

mardi 6 novembre 2012

Ne nous trompons pas de fédéralisme

L'État est une collectivité dont la structure est juridique, qui est délimitée par des frontières territoriales et constituée d'institutions lui assurant un pouvoir suprême (voir l'article de Wikiliberal).
Chez les libéraux, au maximum, on est prêt à accepter un Etat qui ne s'occuperait que de fonctions régaliennes : police, justice, armée, diplomatie. Pourquoi au maximum ? Parce qu'il est parfaitement possible d'imaginer la privatisation des fonctions régaliennes. 

François-René Rideau, administrateur du site bastiat.org, rappelle chez le Québécois Libre que des polices privées ne sont pas forcément pire que les forces de police nationale et leurs insuffisances/bavures/GAV abusives etc. Pierre Lemieux note, chez le Web Résistant, que la justice et l'armée peuvent aussi faire l'objet d'une production privée. 

Mais si on s'accorde sur l'utilité d'un état minimal, alors se pose la question de la population prête à se doter de services publics (régaliens) en commun et du territoire sur lequel cette population habite.

L'Europe est-elle le territoire pertinent en matière de "désir de vivre ensemble", comme dirait Renan ?

Certains libéraux comme la Lime ou Charles Gave disent que non, craignant que le fédéralisme Européen se traduise par une perte de souveraineté nationale et une harmonisation sociale et fiscale par le haut, c'est à dire par le pire. Il est vrai que l'actualité donne de quoi illustrer ces craintes. On peut citer un cas comme l'affaire Aurore Martin (voir la discussion sur Contrepoints.org, est-il libéral ou pas de déplorer son extradition en Espagne), ou alors la transmission automatique des excès de vitesse d'un pays à l'autre, ou encore les velléités des socialistes de toujours aller chercher le pire en Allemagne ou en Suède (les impôts  mais jamais le meilleur (le principe de subsidiarité, la flexibilité du travail, le fédéralisme régionaliste).

Pourtant, l'observation d'un autre état vraiment fédéral, les Etats-Unis, permet de rejeter l'idée que le fédéralisme doive se traduire, comme on le souhaite à gauche, à l’extrême gauche, à l’extrême droite et au sein d'une partie de la droite anti-libérale, la fin de la concurrence fiscale légale et juridique.
Etre américain ne signifie ni être payé au même salaire horaire, ni payer le même impôt sur le revenu, ni les mêmes taxes sur l'essence, ni, pour les entreprises, payer le même niveau d’impôts sur les sociétés. D'ailleurs, comme l'Europe a ses pays à fiscalité modérée, les Etats Unis ont le Delaware, sans parler des territoires offshores de facto sous quasi juridiction US.



Les étatistes et collectivistes de tout poil ne peuvent pas venir nous dire que la construction de l'Europe passe fatalement par l'égalisation des taux d’impôts. Le fédéralisme Européen, c'est de mettre en commun nos 27 armées, nos 27 diplomaties, nos 27 polices nationales et nos 27 systèmes judiciaires pour, d'une part, en mettre une partie en commun, et d'autre part (et en vertu du principe de subsidiarité), faire faire gérer par l'échelon local (les régions/les Landers) ce qui ressort du niveau local, y compris les forces municipales de police, qui pourraient soit être privatisées, soient élues au suffrage universel direct. 

Quand aux autres services au public, le privé ou le secteur non profit peut s'en occuper. Est-ce que la Suède est un cauchemar ferroviaire ? Les trains y sont pourtant privés. Est ce que les Danois paient plus cher que nous leur téléphone ? L'opérateur télécom historique a pourtant été entièrement privatisé. Est-ce que les Allemands sont moins bien soignés que nous ? Pourtant, la sécurité sociale y est assurée par des centaines de caisses d'assurances privées, en concurrence.

La confiscation du débat sur l'UE en France est lassante. Libertas rappelle que Le 22 février dernier, David Cameron (PM britannique, Conservative), Mario Monti (PM italien, libéral), Mariano Rajoy (PM espagnol, PP), Donald Dusk (PM polonais, libéral), Marke Rutte (PM néerlandais, libéral  démocrate) et sept autres premiers ministres (conservateurs et libéraux) européens ont envoyé une lettre à Herman van Rompuy et José Manuel Barroso, rappelant les priorités pour une Europe libérale :


- Achever le marché unique dans le secteur des services.
- Lever les freins aux échanges commerciaux par internet, en harmonisant les règles de copyright, et en favorisant les payements transfrontaliers.
- Aboutir à un marché de l’énergie efficient, en renforçant les interconnections de transport de l’énergie.
- Libérer les freins à l’investissement dans l’innovation, en créant un régime de business angels européen et en créant un environnement favorable aux développements des start-up. 
- Renforcer l’ouverture commerciale en baissant les barrières douanières avec le Canada, le Japon, l’Europe de l’Est, etc.
- Réduire le poids des réglementations de la bureaucratie européenne.
- Offrir des opportunités d’emploi à tous, surtout les plus vulnérables, en libérant la création d’emploi dans les professions réglementées.
- Eviter que le contribuable paye pour les pertes des banques en appliquant les règles de Bâle III et en levant la garantie de l’État de venir au secours des banquiers : ils peuvent prendre des risques mais doivent alors les assumer.


A part le Parti Libéral Démocrate français, qui en a parlé ? 

samedi 20 octobre 2012

Comme la Suisse ? Facile !


Il paraît qu'en appliquant le libéralisme à la France, la France deviendrait une sorte de Suisse. C'est ce que pense Libertarien, mais d'autres, comme omelette16oeufs, en doutent. 
La première objection réside dans le fait que les Suisses sont moins nombreux que les Français. Il se trouve qu'il y a à peu près 8.000.000 Suisses en Suisse, contre 65.000.000 Français en France. omelette16oeufs oublie qu'il y a 12 millions de Franciliens, 6 millions de Rhone Alpins, 5 millions de Provenceaux, 4 millions de Chtis, etc. Ramenées à une échelle plus concrète, celle de la région, les choses deviennnent plus gérables. 

Ensuite, omelette16oeufs note qu'en France, les ouvriers et employés pèsent pour 50 % dans la population. Il pense que ne seront jamais des libéraux, car ils passent leurs temps à travailler pour quelqu'un d'autre. Ils ne seront jamais des créateurs d'entreprise.  
La encore, peut - être que l'on peut adopter une perspective différente. Déjà, tous les chefs d'entreprise ne sont pas des libéraux. Certains (rares, heureusement) trouvent un intérêt à ce que l'Etat soit ultra interventionniste. Ensuite, des ouvriers et des employés peuvent etre libéraux. Prenez la liste des auteurs de Libres ! 100 auteurs 100 idées. Tous ne sont pas des chefs d'entreprise sous LBO. Pourquoi ? Parce que le libéralisme n'est pas une doctrine économique, mais une philosophie politique de liberté individuelle et de séparation des pouvoirs. D'ailleurs, les ouvriers pourraient avoir intérêt à ce qu'une politique libérale soit mise en oeuvre. Si par exemple ils étaient payés au salaire complet, alors ils comprendraient que l'Etat providence leur coute plus cher que cela ne leur rapporte. Ils comprendraient aussi que les études supérieures gratuites ou à faible cout son une arnaque pour eux. Ensuite, en Suisse, il y a, comme en France, 60% d'ouvriers qualifiés ou non et d'employés en Suisse. Chacun peut le vérifier sur le site du BFS, l'Insee Suisse. Apparemment, le fait qu'il n'y ait pas UNE Securité Sociale mais DES assurances privées (en concurrence) ne les fait pas vivre moins bien que chez nous.

Alorsomelette16oeufs aborde un autre poncif ;-). 
Car dans le PIB de la Suisse, les banques font leur part, avec 14 %, tandis que dans notre France obèse, les banques ne représentent même pas 3 % du PIB. En fait ce chiffre est minoré. en France comme en Suisse, les activités bancaires, financières et assurancielles représentent un peu plus de 20% du PIB (source : Seco.ch ). Il y a un million de français qui travaillent dans les fonctions financières. Quand au secret bancaire, en théorie nous en bénéficions aussi. Après, il ne s'agit que d'une simple loi ... que l'on peut toujours bafouer, surtout si les citoyens ne se défendent pas ! C'est vrai que l'Etat, dirigé par la droite ou par la gauche, se permet de bafouer les lois, sur le recel notamment (cf les listes volées chez HSBC et exploitées par Eric Woerth).

Alors oui, reste le poids de l'histoire ... mais il y a une opportunité : à la faveur de la crise actuelle, nous pouvons choisir de fédéraliser nos fonctions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie) au niveau Européen et régionaliser la gestion du reste. Rien n'est définitivement figé. Nos amis et voisins Allemands n'ont pas de bac national, pour parler du seul domaine de l'éducation, cela n'en fait pas des gens fondamentalement moins bien formés que les jeunes français. 

Sur le même sujet : ah bon ? Pas de SMIC pour le Canton de Vaud ? un post du 19 mai 2011