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vendredi 7 août 2015

Crise Grecque : heureusement qu'Angela Merkel existe !

Des jobs à fort défi, il en existe beaucoup. Cela va de  gestionnaire des 10  milliards d'euros de déficit de la Sécurité Sociale à chargé de communication à la SNCF, un jour de départ en vacances. 

Mais celui qui présente le challenge le plus fort du moment, c'est probablement publicitaire en charge du dossier allemand. 
Quelque soit la justesse de l'analyse d'Angela Merkel dans le dossier Grec, force est de constater que, comme le pense Juergen Habermas,  le gouvernement Merkel a peut-être anéanti un demi-siècle d'efforts de reconstruction de la réputation allemande (1), en tout cas chez un grand nombre d'observateurs français ou au sein de la gauche européenne.

On voit refleurir, en effet, des propos anti allemands, voire complètement germanophobes, des plus posés et argumentés, chez Coralie Delaume notamment (2), aux plus outranciers (Merkel traitée de nazie). Et tout ça pour quoi ? Parce que l'Allemagne (mais pas uniquement elle) a demandé que les traités, signés par les Etats membres de la zone euro, soient respectés.

Le point de départ de la crise de la zone euro réside dans l'impressionnante liste des travers qui caractérise la construction Européenne. Tout est sujet à question :
  • pourquoi a t-on laissé se créer l'euro alors qu'il n'y a aucun mécanisme de sanction crédible en cas de non sanction de non respect des traités ? 
  • pourquoi, par romantisme, accepter l'entrée d'un pays dans la zone euro, alors que son économie n'est pas adaptée ? 
  • pourquoi accepter que l'intergouvernemental (les états, au sein du conseil européen) aient plus de poids dans les affaires européennes que les quelques instances à caractère un tant soi peu fédéral ? 
La question que se posent tous les souverainistes, c'est pourquoi la Grèce (ou la France) ne seraient pas libres, si leurs peuples en ont décidé ainsi, de ne pas suivre les règles européennes en matière d'équilibre budgétaires et ne pourraient pas plutôt, souverainement, décider de leur politique budgétaire, seuls. 

Ces questions sont légitimes, mais l'adhésion à l'euro (un régime de change totalement fixe entre les membres de la zone euro) suppose le respect du traité de Maastricht, Pourquoi ? 


Le triangle d’incompatibilité ou triangle de Mundell, démontre que on peut attendre deux mais pas trois des points suivants en même temps : 
  • Fixité des taux de change entre les monnaies de la zone
  • Mobilité des capitaux entre les pays de la zone
  • Autonomie des politiques monétaires des pays de la zone

Milton Friedman avait prévenu que l’intégration monétaire à marche forcée provoquerait la désunion politique et serait un désastre économique, et c'est pourquoi le Royaume Uni, le Danemark ou la Suède ont choisi de conserver leur monnaie, afin de pouvoir avoir une autonomie nationale en matière de choix économiques (au niveau monétaire et budgétaire). 

Pourquoi n'y a t-il pas pas eu la convergence économique souhaitée ? Tout simplement parce que les peuples n'ont pas suivi les plans des architectes de l'euro, tout autant que les gouvernements n'ont pas respecté leur parole. L'euro aurait du accélérer non seulement la réparation du toit par beau temps (les efforts d'équilibre budgétaires en période de croissance, entre 2002 et 2007) mais aussi la mobilité accrue des européens, notamment les chômeurs, d'un pays à l'autre. 
Au contraire, on a vu des déficits et des dettes s'accumuler, et aujourd'hui, il faut bien que quelqu'un paye. 

En l'absence d'euro, les Grecs se seraient moins endettés. Ils n'auraient pas emprunté des milliards pour acheter de l'armement, batir des autoroutes, embaucher des fonctionnaires ou organiser les Jeux Olympiques 2004. Leurs taux d'intérets seraient restés au niveau de ceux du début des années 90, ce qui les auraient dissuadé. 


Autrement dit, les Grecs (et d'autres) ont eu les bénéfices de l'euro, sans les contraintes, du moins pendant quelques années. 

La position qu'Angela Merkel a développé le mois dernier lors des sommets de l'UE consacrés à la Grèce a fait consensus en Europe : il y a une majorité d'Etats, et peut être de contribuables citoyens européens pour dire qu'il est normal que la Grèce rembourse ses dettes et qu'il serait anormal qu'elle bénéficie d'une remise de dette.
Il n'est pas sur que le sujet Grec soit reglé. Il reviendra même très certainement assez vite sur le devant de la scène, quand on prendra conscience du fait que, décidément, une faillite partielle de la Grèce est nécessaire (3). 

Mais en attendant, comme Guy Sorman, on peut dire Merci Madame Merkel (4) ! Oui merci à Madame Merkel de pousser à l'interrogation sur les origines de la crise financière de l’Etat grec et sur l’identité de ceux qui l’ont provoquée.

En France, ce qui nous interpelle particulièrement, c'est, en ce qui concerne la Grèce, à la fois la constatation que décidément, le socialisme, ça ne marche pas et la crainte d'avoir un jour à faire les efforts que les Grecs ont du faire, notamment en terme d'abandon d'"acquis" sociaux payés à crédit. Alors, oui,  cessons de faire de l'Allemagne la cause facile et universelle de tous nos maux (5) et commençons à réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour eviter de se retrouver dans la situation de la Grèce !



(3) Génération Libre Grèce : une faillite partielle est nécessaire 29 juillet 2015
(4) Guy Sorman Merci Madame Merkel 17 jullet 2015
(5) L'hérétique Allemagne, cause facile et universelle de tous nos maux 24 juillet 2015



jeudi 9 juillet 2015

"Lutte contre le terrorisme" : la détestable baseline de notre AngSoc (*)


Pas besoin de revenir sur l'état global du pays, on connait tous les chiffres. Mais, comme nous sommes en 2015, il devient très difficile pour l'actuelle majorité d'accuser la précédente. Vous vous souvenez que depuis 3 ans, le Parti Socialiste au pouvoir fait le coup de l'héritage. C'est vrai que le précédent président de la République, et sa politique de socialisme de droite, nous a légué 600 milliards d'euros de dette publique supplémentaire, 51 taxes et impôts créés ou relevés, aucune baisse significative du nombre de fonctionnaires, etc.
Egalement publié sur Contrepoints

Mais, au vu des chiffres que chacun peut observer depuis 2012, le Parti Socialiste est obligé de changer de discours. Il ne peut plus seulement accuser la gestion de l'UMP. 
Il est vrai que quand on prend le bilan, il n'est pas fameux : en ce qui concerne la dette publique, elle a progressé de 236 milliards d’euros depuis mai 2012 (1) . Quand au chômage : il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, puisque fin 2014, il y avait déjà 600 000 chômeurs de plus depuis 2012.

Face à cela, que font nos voisins ? Ils parviennent manifestement à combiner baisse du chômage et baisse de la dépense publique. En France, le chômage augmente, à l'inverse de tout ce qui se passe partout ailleurs en Europe (3)


En Allemagne, (4.7% de chômage), les comptes publics sont en équilibre, grâce à la bonne santé économique et grâce à la politique menée par Angela Merkel (4). 
En Pologne  (7.9% de chômage), dirigée de 2007 à 2014 par le libéral Donald Tusk, la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit des finances publiques inférieur à 3.3 % du PIB en 2015 et 2.6% en 2016 (5)
Au Royaume Uni (5.5% de chômage), le gouvernement conservateur vise 10 milliards de livres excédent en 2020 (6)

Ce jeudi matin, François Kalfon, secrétaire national au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle du Parti Socialiste, était invité à commenter, sur BFM Business, les politiques de nos voisins. 


Voici en résumé les principaux points de son intervention :

  • Les conservateurs allemands de la CDU ne peuvent pas diriger l'Europe
  • Les retraités allemands imposent leur point de vue aux autres
  • C'est dommage qu'il n'y ait pas de gouvernement économique de l'Europe
  • La Grande Bretagne n'est pas un pays industriel, mais reste un paradis fiscal avec la City 
  • La France ne veut pas de contrats zéro heures comme au Royaume Uni
  • Le modèle britannique n'est pas le modèle de société dans lequel nous voudrions vivre
  • Chez nous, en France, il y a des hopitaux et une armée à faire tourner

Il y a donc tous les poncifs d'une certaine gauche antilibérale et parfois germanophobe, et qui ignore que l'Allemagne n'est pas un pays du tiers monde, que le Royaume Uni produit plus d'automobiles que la France, et que chez nous aussi, il y a des contrats zéro heures, ça s'appelle le chômage. 

Mais c'est l'un des derniers points de l'intervention de François Kalfon qui est intéressant. 
Il a expliqué que, contrairement à d'autres, la France "assume ses responsabilités au sein de l'union Européenne" et que du coup, la France "se tape le sale boulot" en allant faire la guerre contre le terrorisme au Mali. En conséquence, c'est nous, les français, qui faisons face à une vague de terrorisme sans précédent.
Egalement publié sur Agoravox

François Kalfon réalise t-il la portée de ses propos ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7),  adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :

"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)

Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.

Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.

Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?

C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient. 
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.

Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35  milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht. 
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que

Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).

Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ? 
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?




(3) Le Parisien Le chômage baisse en Europe, sauf en France 30 avril 2015
(5) BNP Paribas Pologne Q1 2015 
(6) BBC Budget 2015: Osborne offers country 'new contract' 9 juillet 2015
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015


(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc. 

vendredi 20 septembre 2013

La république socialiste française selon Eduardo Rihan-Cypel

On ne peut être que très surpris par les propos de Eduardo Rihan-Cypel, député et porte parole du Parti Socialiste, qui vient de critiquer des propos tenus par François Fillon.


Quel est donc ce pays où la liberté d'expression ne serait pas accessible à tous ? Fillon, simple député, n'a t-il pas le droit de tenir un point de vue partagé par les 2/3 des français ? Le président Hollande a beau avoir tenté de rebondir sur une pirouette, en affirmant que ses velléités guerrières en Syrie n'étaient qu'un plan pour mieux négocier,  personne n'est dupe. Les socialistes, faisant fi des réticences y compris au sein de leur propre camp, ont voulu entraîner la France dans une énième nouvelle guerre, pour des raisons mal maîtrisées (voir #Syrie : Najat Belkacem prise en flagrant délit de mensonge (ou, pire : d'incompétence) ? Démission ! , un post du 4 septembre 2013). 

La tradition qui consiste, pour des responsables politiques actuels ou passés, à ne pas critiquer la politique de son pays à l'étranger, n'existe pas. On se souvient par exemple tous du fait que, alors que la France d'Henri Guaino (le député qui n'est pas assez payé) pensait que l'homme Africain n'était pas rentré dans l'histoire, Marie-Ségolène Royal était allée à Dakar critiquer ce point de vue. Qu'elle ait raison sur le fond ou non importe peu, si on prend le mode de raisonnement de Eduardo Rihan-Cypel ?

Les socialistes sont dans une terrible fiction. Ils pensent que, parce qu'un peu moins de 20 millions de français ont glissé un bulletin "François Hollande" dans une urne, en mai 2012, alors ils peuvent se permettre de penser que le droit d'expression leur appartient à eux seuls. 
Ce faisant, ils se trompent lourdement sur leur capacité à refléter ce que les français pensent. 
Nous ne sommes pas en démocratie directe, mais bien en démocratie représentative. Il nous faudra donc supporter encore un moment la politique ultra étatiste de ces socialistes qui critiquent Fillon mais se permettent, en nous faisant honte, de donner des leçons germanophobes à l'Allemagne (1) ou de se rendre au Mali de manière très paternaliste pour tenir la main de l'actuel président. 


Les socialistes, plutôt que de critiquer Fillon, feraient mieux de s'interroger sur cette séquence qui a abouti à ce que des démocraties, la France et les Etats-Unis d'Amérique, donnent à un ancien du KGB une aura mondiale dont il n'aurait pu jamais rêver dans ses espoirs les plus fous, il y a quelques années.  Les extrémistes de tout poil du monde entier disent merci à Hollande et à ses "preuves" contre Bachar El Assad !



mardi 9 juillet 2013

La dangereuse dérive nationaliste française

Le 22 octobre 1982, Laurent Fabius met en place le blocus des magnétoscopes japonais (source : la Croix). En effet, alors que les socialistes sont au pouvoir en 1981, ils mettent en place une bonne vieille relance keynesienne en augmentant tous les minimas sociaux et les allocations diverses et variées. Que se passe t-il fort logiquement ? Les français s'en servent, notamment pour acheter ce dont ils ont envie, des magnétoscopes par exemple, la pointe de la technologie des années 80. Souci : les français ne produisent pas de magnétoscopes. Conclusion : le déficit commercial file. L'idée brillante : complexifier la procédure de détaxation des magnétoscopes japonais. 
Est ce que les français ont échappé à la vague VHS ? Non. Qu'aurait-il fallu faire ? Déjà, que les socialistes prennent en compte les contradictions de leurs opinions : ils veulent que les français aient plus de pouvoir d'achat, y compris à crédit ou en prenant aux contribuables pour donner à des bénéficiaires, et, une fois que ces français ont plus de pouvoir d'achat, ils s'étonnent du fait que ces mêmes français l'utilisent. 

Aujourd'hui, les mêmes socialistes, qui étaient déjà au pouvoir en 1981, rejouent le même sketch protectionniste. Ils augmentent les impôts (dans la lignée de ce qu'avait fait l'UMP entre 2007 et 2012, soit dit en passant) pour financer leur ultra étatisme, puis s'étonnent du fait que les français n'aient plus d'argent. Du coup, ils cherchent une solution, puis en trouvent une : inciter les français à débloquer de l'épargne salariale, histoire que les français achètent. Et comme il ne faut pas que les français achètent ce dont ils ont envie, des Mercedes par exemple, mais plutôt qu'ils prennent ce que le gouvernement veut, alors, il faut une solution pour calmer les ardeurs commerciales des allemands. La France bloque l'importation de Mercedes neuves. Les classe A et B mais aussi les Mercedes CLA et SL peuvent être vendues par les concessionnaires. Problème: l'administration française refuse de les immatriculer (source : Challenges).

Si vraiment cette histoire est avérée, elle est vraiment pitoyable. A quoi sert le marché unique Européen que les socialistes au pouvoir n'ont jamais dénoncé (sans pour autant l'accepter, manifestement ?). Les usines de Mercedes sont en Europe.
Le gouvernement préférerait que les français achètent des Renault, (fabriquées à Sandouville ou à Flins plutôt qu'à Pitesti ou Tanger, bien sûr). Pourtant, tous ces fonctionnaires bien formés (hello, les Enarques ?) payés pour réfléchir à l'avenir du pays (hello, Bercy ?), et qui ont toutes les clefs en main puisqu'ils sont au capital et au board de Renault, présentent en ce moment la Twingo électrique comme THE nouveauté du moment  (enfin, prévue pour 2016, dixit BFM) alors qu'un autre constructeur Made in France produit une bonne voiture électrique, sans tambours ni trompettes, et sans Bercy.



Que les socialistes dérivent vers le nationalisme et la germanophobie, c'est, quelque part, normal. Leur façon de voir les choses impose qu'un maximum d'instruments de souveraineté soient contrôlés au niveau national  et non pas au niveau Européen, fédéral. C'est pour cela aussi que l'alliance objective entre le PS et la créature qui lui échappe, le FN, n'est pas prête de s’arrêter. 

Par contre, que la "droite" française, soit disant libérale et européenne, aille dans le même sens en faisant tout pour discréditer le rôle de l'Europe (1) ou en voulant limiter la liberté de circulation des hommes, des marchandises, des capitaux et des idées, c'est contre-intuitif. A moins que la droite française, toute acquise au bonapartisme et aux idées de la gauche, ne sache toujours pas où elle habite. 

Les français doivent prendre conscience du fait qu'on ne peut pas en même temps vouloir plus de social et plus de libertés, y compris sur le plan économique. Les socialistes, de gauche, de droite ou d'extrême droite ont un modèle : la RDA. Tout le monde, avec un peu d'attente, y avait la même Trabant. Est ce que nous voulons vraiment ? 


mercredi 29 mai 2013

La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ?

On découvre ce soir avec effarement la petite phrase prononcée par le Président de la République, en réponse aux recommandations de Bruxelles. François Hollande aurait dit "La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire"


Le président français a estimé, ce mercredi 29 mai, que Bruxelles n'a pas à imposer le rythme des réformes à Paris. Des propos qui surviennent après que la Commission européenne a demandé à la France d'engager, dès cette année, sa réforme des retraites (source BFM).

C'est absolument hallucinant. Quel populisme anti européen ! Comment un social démocrate comme Hollande, qui a toujours voté les traités Européens, a pu prononcer une phrase pareille, si ce n'est par populisme, populisme qu'il était par ailleurs prompt à dénoncer (mais ça, c'était avant).

Bien sûr que La Commission a à nous dicter ce que nous avons à faire, tant que nous sommes membres de l'UE !

La Commission de Bruxelles est au coeur des institutions Européennes. 

Et comme on peut le voir sur le schema si dessous, les 27 membres de la Commission Européenne, nommés par les Etats, ont pour mission explicite de faire appliquer les traités, tel que celui de Maastricht, qu'a voté Hollande. 



Quand on voit une telle irresponsabilité budgétaire, on se dit qu'en fait, heureusement qu'il existe encore des institutions Européennes, dernier garde fou. 

Si vraiment le Président de la République pense que la Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire, alors qu'il nous donne le calendrier de sortie de l'Union Européenne, imparfaitement fédérale, et qu'il prévienne nos créanciers d'un prochain défaut sur la dette française. 

Le véritable executif de l'Europe
Et si le gouvernement veut vraiment travailler en partenariat avec l'Allemagne, alors qu'il commence par donner son opinion sur le point de vue d'Angela Merkel sur le SMIC, par exemple. 

lundi 29 avril 2013

Communiqué - La gauche de l'inaction donne des leçons à l'Allemagne des réformes


Le PLD dénonce les critiques vis-à-vis de l'Allemagne d'une gauche qui n'a d'autre projet que de laisser filer les dépenses

Communiqué de presse du Parti Libéral Démocrate


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La gauche de l'inaction

donne des
leçons

à l'Allemagne des réformes

« L’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel » dénoncée par le Parti Socialiste et le souhait d’une « confrontation » avec l’Allemagne émis par le président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, mettent en péril le couple franco-allemand. La mollesse de la réaction de François Hollande aux incartades de la branche anticapitaliste et protectionniste de sa majorité menace la cohésion européenne à un moment important. Nous rappelons que le seul pays européen à ne pas s’être réformé jusqu’ici, c’est la France. Nos gouvernements successifs devraient y penser avant de donner des leçons à leurs voisins, surtout quand ceux-ci ont une économie en bien meilleure santé.

François Hollande n’est sans doute pas étranger au ton employé par la majorité socialiste à l’égard d’Angela Merkel. A quelques mois des élections législatives en Allemagne, son choix de rendre visite au SPD, parti d’opposition à la chancelière allemande, n’est pas innocent. Le PLD ne peut que lui recommander de s’inspirer de la gauche allemande, bien plus libérale que la droite française elle-même.
La gauche de la gauche appelle à rompre avec l’austérité. Mais de quelle austérité parle-t-elle ? Les seuls à la subir sont les citoyens qui voient leur pouvoir d’achat maigrir pour financer un Etat dispendieux. Les dépenses publiques ne se réduisent pas, le déficit public pour 2012 a fini à 4,8% du PIB, et celui prévu pour 2013 a déjà été remonté à 3,7%. Loin des engagements du gouvernement à réduire la dette, celle-ci devrait passer au-dessus du seuil alarmant de 94% l’année prochaine. La course à la surenchère fiscale ne peut qu’amplifier les dérapages de nos comptes publics en affaiblissant investisseurs et entrepreneurs, piliers de la croissance.
A force de tergiverser devant les réformes structurelles et d’exiger que l’Allemagne finance notre incurie, le gouvernement menace l’Europe d’une crise non seulement économique mais surtout politique. Le PLD appelle le Gouvernement et la majorité à tenir un discours décent sur la situation actuelle, et à mettre en œuvre une véritable stratégie pour la croissance et l’emploi.

Au siège du PLD, le 29/04/2013

Le Parti Libéral Démocrate (PLD) a été fondé en 2008 par son président Aurélien Véron. Il a rassemblé depuis cette date des personnalités issues de la société civile (Arnaud Dassier, Anne Bourdu, Gaspard Koenig, Eric Juramy, Vincent Benard, Louis-Marie Bachelot) et du monde politique (Charles Beigbeder, Thierry Mouillac, Thomas Zlowodzki). Lors des élections législatives de juin 2012, 70 candidats ont porté ses couleurs. Il est parti membre de l'UDI depuis janvier 2013. Le PLD est aujourd'hui le seul parti politique qui assume l'héritage libéral français.
Contact Presse : Mathieu Beaufrère 06 67 42 25 92 presse@p-l-d.fr

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dimanche 28 avril 2013

François de Closets recadre la bobo Clémentine Autain sur le chômage



L’extrême gauche communiste pense que ce qui est "bon pour les patrons" est "mauvais pour les salariés", et qu'il ne peut pas y avoir de solutions gagnant gagnant ...
En plus de nier les réalités économiques, l'ensemble de la gauche, contaminée par sa proximité idéologique et électorale avec l'extrême gauche communiste, développe un discours germanophobe qui a fini non seulement par obscurcir le jugement de ces soi-disant pro-Europe, mais en plus mettre en danger le système d'amitiés diplomatiques du pays.

Que se passe t-il pour qu'un Premier Ministre en vienne à devoir twitter pour faire part de ce qui devrait être la pensée du pays ?
C'est que son parti, le parti socialise français, a bel et bien bien choisi l'option nationaliste, comme l'a rappelé lors d'un "lapsus" la militante socialiste (option Montebourg), Nisrine Zaïdi.


D'où cette hallucinante quasi déclaration de guerre envers l'Allemagne telle que les membres du PS l'ont rédigé et présenté en congrès.



Les choses ne sont pas parfaites outre-Rhin, loin s'en faut. Mais peut-être pourrions nous avoir, nous Français, l'humilité de bien vouloir reconnaître que l'Allemagne, où il n'y a pas de SMIC et où la Sécurité Sociale est mise en concurrence avec des caisses privées, n'est pas pour autant un pays de Far West. 

Au contraire, il semble que les Alsaciens soient plus enclins à aller travailler dans le Bade Wurtemberg que l'inverse, et qu'il y a plus de conducteurs de VW en France que d'amateurs de Renault en Allemagne. 
L'Allemagne peut se féliciter des résultats de la politique suivie par Merkel et ses alliés libéraux démocrates du FDP.

Voir également les blogs de Don't Tread On Me et Extrême Centre.

lundi 25 mars 2013

François Hollande élu avec les voix de Jean-Luc Mélenchon ? Démission !

On présente souvent le président François Hollande comme un paisible social démocrate mou, dont le parcours politique (maire de Tulle, président du Conseil Général de Correze et premier secrétaire du Parti Socialiste) en fait un homme peu enclin à l'extrémisme et apte au compromis. C'est vrai que c'est un mou, un flou. Ce ne sont pas ses adversaires qui le disent, mais ses amis (Valls, Montebourg) ou son ex-compagne, dont on peut légitimement penser qu'elle sait de quoi elle parle (25 ans de vie commune et 4 enfants).




Mais même en dehors de son caractère, il y a une tache autrement plus indélébile qui pèse sur l'élection de Hollande : d'une part, l'ex maire de Tulle a rendu hommage au communisme, une idéologie responsable de 100 millions de morts, mais en plus, il a été élu avec les voix de Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front National de Gauche.


Remplacez "y'a une culture communiste, je veux lui rendre hommage" par "y'a une culture nazie ("national socialiste"), je veux lui rendre hommage", si par hasard vous n'étiez pas convaincu du crime qui réside dans le fait de "rendre hommage au communisme". Le communisme veut instaurer une égalité de tous par le concept de l'homme nouveau. Ce ne sont pas juste les libéraux qui le disent comme sur Wikilibéral, mais aussi et surtout les militants communistes comme sur Marxists.org ou sur le Monde Diplomatique. 
Or, les historiens aussi bien que les praticiens du communisme nous disent ce qu'il en est vraiment du rapport entre communisme et violence, et dans la nécessité d'imposer par la force le concept d'homme nouveau. C'est l'épisode des Khmers Rouges, mais aussi la pensée de Che Guevara, qui a déclaré :  "Si le communisme ne devait pas conduire à la création d'un homme nouveau, il n'aurait aucun sens".

La filiation entre socialisme réel (communisme) et nationalisme, dont on sait combien de morts elle a engendré, est une réalité historique revendiquée par les fondateurs des régimes italiens et allemands des années 30 et 40, et qui se prolonge aujourd'hui.
Comparez le discours de Jean-Luc Mélenchon (qui plait tant aux journalistes) à celui de la fille à papa de Saint Cloud (qui est tellement méprisée par ces mêmes journalistes) : c'est le même.


Le "dérapage" de Melenchon ce week-end à Bordeaux n'en est pas un, et le PS, en étant allié avec ce parti extrémiste qu'est le Front de Gauche, commet une faute de même ampleur que si l'UMP s'alliait avec le Front National. La violence que l'on retrouve chez les deux Fronts est identique. La haine du cosmopolitisme est la même. L'exaltation d'une certaine vision, ultra jacobine, égalitariste et niveleuse de l'identité nationale, est parallèle.  PasiDupe se pose la question du racisme de Mélenchon sur son post Mélenchon est-il antisémite comme l'affirme Moscovici ?, mais la vision racialiste des choses par Mélenchon est fournie par l’intéressé lui même.



(NB avec cette obsession d'une France blonde aux yeux bleus,  on comprend mieux le fait que Mélenchon  soit aussi focus sur la fille à papa de Saint Cloud. On voit mieux aussi l'origine de sa germanophobie)

Or, Hollande a été élu avec des voix de Mélenchon : 81% des électeurs de Mélenchon ont voté Hollande au second tour des présidentielles 2012. Hollande a donc été élu avec des voix extrémistes. Cette prise en otage des partis républicains par les extrémistes, de gauche comme de droite, avait d'ailleurs été bien analysée par les centristes, libéraux et démocrates comme Jean-Louis Bourlanges. Hélas  les centristes ont été incapables de proposer une offre politique alternative à l'UMPS et ses deux Fronts, de Gauche et National.

Dès que c'est possible comme ce dimanche dans l'Oise, le PS se tourne vers les extrémistes car lui n'est pas a priori soupçonné par la presse, d’extrémisme, comme peut l’être à contrario l'UMP. Donc, que le PS lève l'ambiguité des liens qui l'unissent au PS (lire L'Oise, le FN et le PS sur le blog de Autueil). 

Et que Hollande, (mal) élu avec des voix extrémistes, démissionne. 






mardi 12 février 2013

Papus interruptus

Libération choisit de titrer "Papus Interruptus", en réaction à la démission du Pape. 

C'est incompréhensible.

Libération ne se définit-il pas comme un quotidien "progressiste", et anti catholique ?  (cf le débat sur le mariage pour tous).

Alors pourquoi consacrer sa Une à l'annonce de la démission de l'Eveque de Rome et chef de l'Etat du Vatican ?

Seuls 4.5% des français se reconnaissent dans les valeurs qu'il promeut. (source la Croix). Les autres, notamment les lecteurs de Libération mais pas uniquement, se moquent bien de savoir ce qui se passe au Vatican. 

Par contre, avec 10% de chômeurs  il y aurait de quoi en faire des Unes, notamment pour demander si le gouvernement crée un environnement favorable à la création d'emploi. 

Il y a moins de catholiques pratiquants en France que de fans de l'Amour est dans le Pré.

Alors, si Libé veut vendre des journaux plutôt que dépendre des subventions payées par le contribuable, peut être pourrait-il parler des sujets qui intéressent. les français dans leur majorité, comme la délinquance ou l'emploi ?


jeudi 1 décembre 2011

Alsace vs Bade Wuertemberg


Vous voyez la ligne bleue du Rhin ? D'un coté de cette ligne (jaune ou bleu, à vous de choisir), le taux de chomage est inférieur à 4%, de l'autre il est à 8.4% (ce qui est déjà mieux que la moyenne nationale).

Toujours dans l'un des deux territoires, il n'y a pas de SMIC, la Sécurité Sociale est en concurrence avec des centaines de caisses privées, la vitesse sur certaines portions d'autoroutes est libre, et pourtant, a priori, nous sommes loin de la "jungle ultra libérale capitaliste du far west américain", le taux de tués sur les routes n'est pas supérieur et le niveau de vie moyen est supérieur (en tout cas, c'est ce que constatent les 50.000 frontaliers).

Inspirons nous de ce qu'il a de bon à prendre chez nos voisins, pour redonner aux citoyens franciliens et français leurs libertés.

jeudi 24 novembre 2011

C'est bien fait pour eux ! (?)

Tel est le message, plutôt germanophobe, qu'on entendra aujourd'hui en France au sujet de l'Allemagne. En effet, chacun se réjouit du fait que
  • les émissions de dette allemande ne trouvent pas autant de demandeurs que prévu (lire AFP)
  • le ralentissement économique touchera aussi nos voisins d'outre Rhin (voir les Echos)
Et puis, si en plus, on peut faire passer chez eux des plans sociaux dont on a pas envie chez nous, on va se géner ! (cf Areva).

A tous ces adeptes du nivellement par le bas, qu'ils profitent bien de leur joie, et ce pour deux raisons : d'une part, les difficultés allemandes seront aussi les notres, et d'autre part, le ralentissement économique allemand est une donnée parfaitement prévisible et prévue sur le long terme, à moins d'un changement démographique radical (voir l'analyse de l'Osservatore Romano  du Vatican à ce sujet) . De plus, et comme cela avait été parfaitement analysé par le financier Charles Gave (son blog : la faillite de l'Etat), le problème de l'Allemagne (et dela Chine) par rapport à la France (et aux Etats Unis) est d'être assise sur une montagne d'excédents qui ne demandent qu'à se dévaluer.

Une actu assez drôle, concommittante mais sans lien, c'est le fait que l'Allemagne finit tout juste de payer les réparations de la dette 14-18 (voir le Point).

Mais, partant du constat que l'ensemble des pays Européens, Allemagne y compris, Royaume Uni inclus, sont confrontés aux mêmes difficultés, on comprend bien qu'il y a deux directions possibles : ou bien les Européens s'unissent, partant du principe que leur voisinage est géographique, culturel et stratégique, et passent enfin volontairement à une Europe vraiment fédérale fonctionnant sur le principe de subsidiarité, ou bien ils poursuivent avec le nationalisme, et affrontent seuls la Chine et la Russie.



dimanche 25 septembre 2011

L'Allemagne paiera !

Un homme politique aussi informé qu'Arnaud Montebourg peut se permettre d'écrire sur son blog "Alors qu'elle a réalisé ses excédents sur tous ses voisins européens (hors République Tchèque ou Hongrie, devenus les pays manufacturiers du « Made by Germany »), l'Allemagne joue l'égoïsme dès qu'il s'agit d'établir une véritable solidarité européenne."

Ainsi, pour Arnaud Montebourg, les excédents commerciaux sont réalisés par l'Allemagne, et non pas par des entreprises allemandes, ou détenues par des allemands ou localisée en Allemagne. 

On assiste à un renversement de paradigme, que l'UMP, hélas, ne démentira pas. Le droit de propriété trouve sa limite dans le bon plaisir et la volonté du prince. Si le gouvernement décide que vous êtes d'intéret national, alors des ministres et des conseillers se melent de la stratégie de l'entreprise, a lieu d'en créer une. 
Qui, en 2012, rappelera aux français que les affaires des capitalistes ne regardent qu'eux, quand ils gagnent mais aussi quand ils perdent ? 

vendredi 22 juillet 2011

La France, l'Allemagne et l'Euro sont dans un bateau

La France et l'Allemagne balancent l'Euro à l'eau, Qui reste dans le bateau ?

Facile ?

Alors pourquoi la France et l'Allemagne triomphent aujourd'hui ?

Petit retour en arrière. Pourquoi a t-on construit l'Euro ? Réponse : pour créer des solidarités entre pays voisins telles qu'ils ne seraient plus amenés à se faire la guerre, parce que si on se souvient, la WWI et la WWII sont quand même à la base des conflits entre pays Européens.

Et l'Euro, alors ? Les Pères Fondateurs de la CEE, Monet et Schuman, ont pensé que le commerce est le meilleur moyen de créer des solidarités de fait. Pour échanger, il faut de la sécurité, et de l'échange nait le contact puis la connaissance. Or, au bout d'un moment, une fois qu'on a construit le marché commun (1957) puis le marché unique (1986) et qu'on s'est élargi de 6 (1957) à 12 (1986), on se dit que sur le plan pratique, avoir à gérer 12 monnaies c'est pas facile. Et puis on se dit aussi que la monnaie est peut être un moyen de rendre tangible ce marché unique, duquel doit découler une nation Européenne un jour.

Problème : une monnaie, ça n'est pas qu'un stock de pièces et billets. C'est en fait tout un référentiel donc la valeur, vis à vis de l'extérieur, doit refleter les perspectives d'évolution économique, synthétisées par notamment : le taux d'inflation. Pourquoi ? Parce que la monnaie est un crédit (c'est à dire un droit actuel ou futur de pouvoir acheter un bien ou un service sur un marché donné). C'est pour ca qu'on a inventé les critères de Maastricht. Il fallait s'assurer qu'au delà de la volonté politique, chacun des particopants marchaient à peu prêt dans le même sens. Quand en 1997, les autorités ont regardé qui était éligible à l'Euro ou pas, il "semble" qu'on ait fermé les yeux sur le cas Grec pour des raisons politiques. La Grèce étant un petit pays mais archi symbolique, il était envisageable d'être plus flexible.

La crise de l'Euro, la faute à la crise et aux spéculateurs ? Explication pratique mais fausse. Au début des années 2000, toute l'Europe est dominée par les socialistes (source : Citizen Land). Jospin, Blur Blair, Schroeder, d'Alema, Papandreou, Guterres, vous pensez qu'ils auraient pu profiter de la bulle Internet et des 3 à 5% de croissance pour baisser la dépense publique ?
Non, au contraire, on crée les 35 heures, on fabrique des Stades de Foot pour l'Euro ou on achète les Jeux Olympiques d'Athènes. Voir l'analyse d'Alain Madelin à ce sujet, datant de Juillet 2003.  

On a eu une première alerte en septembre 2004. Il faut savoir qu'en cas de déficit excessif, le traité de Maastricht prévoit des sanctions financières. Problème : Bruxelles n'a ni police ni armée. Les Etats peuvent toujours appliquer le droit du plus fort vis à vis des lois qu'ils adoptent, surtout si ce sont des grands Etats. Regardez un peu ce tableau publié sur le site du Sénat. On voit que trop d'Etats sont dans le rouge. Quand c'est la France et l'Allemagne qui sont menacées de sanctions, que fait-on ? On torpille "assouplit" le pacte (voir le commentaire du Trésor). L'U.E. avait pourtant écrit texto  "En ce qui concerne l'Allemagne et la France, la probabilité de ramener les déficits en dessous du seuil de 3% du PIB en 2004 était très faible au regard des projets de budget présentés en 2003. "  sur le Site de la Commission. Pourtant, Six pays ont défendu le respect "sans discrimination" du pacte de stabilité (source : Le Temps / fonjallaz.net)  . Probleme : ils étaient un peu trop petits, (Portugal, Espagne, Pologne, Italie, Estonie et Pays-Bas) pas assez axe franco-allemand.

On a un peu beau jeu de venir maintenant clamer victoire et en appeler au respect des règles que nous avons nous même amendé. On voit aussi que les messages germanophobes qui se multiplient dans la classe politique française n'ont pas lieu d'être. L'Allemagne a le même Euro que nous. Au lieu d'être jaloux de leur compétitivité, que les socialistes de gauche ou de droite créent ces fameuses PME/Mittelstand dont la France manque.
Quelle solution pour l'Euro, alors, pour peu qu'on veuille conserver ce symbole politique ? "Simple". Appliquons les textes, laissons la BCE poursuivre son mandat au lieu de lui faire jouer un rôle de prêteur en dernier ressort, laissons les marchés créer de la discipline budgétaire en proposant des taux aux Grecs tels qu'ils n'ont pas d'autre choix que celui de gérer un budget en équilibre, et surtout dépossédons les Etats de leur pouvoir budgétaire, ce qui passe par la privatisation de l'ensemble des services publics non régaliens, et la gestion au niveau fédéral de l'armée, la justice et la diplomatie.

mardi 12 avril 2011

Face à la désertification intellectuelle : contrer Terra Nova

La gauche socialiste et ses fronts (de gauche ou national) ont une idée fixe : lutter contre la désindustralisation, empécher le pays de devenir un désert économique et réindustraliser la France. Quelle bonne idée !

Et quand c'est un think tank qui aligne des chiffres dans la très sérieuse "Revue Parlementaire", on peut légitement s'attendre à une démonstration serieuse de l'intéret de revenir à ce qui a été rejetté en 1968, à savoir le fordisme et le taylorisme, base de la croissance de la productivité industrielle des années 20 aux années 70.

Helas, Terra Nova, le think tank de référence de la gauche socialiste française, accumule les erreurs et approximations.

Commençons par la question d'introduction, faussement rhétorique, vraiment naïve. "La France est-elle sur le point de devenir un désert industriel ?". Terra Nova n'ignore pas que la densité de population actuelle ou la densité économique passée en France n'est pas comparable à ce que nous trouvons de l'autre coté du Rhin. le terme de devenir n'est donc pas approprié. La France a systématiquement suivi un autre modèle. Point. L'attachement fétichiste à la PAC n'est qu'une illustration de cet autre usage de l'espace que nous pratiquons.

Ensuite, la part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée marchande en déclin. Terra Nova ne nous fera pas croire que leurs brillants analystes confondent valeur relative et valeur absolue. La valeur ajoutée marchande ayant augmenté, l'industrie manufacturière n'a pas connu de déclin absolu.

Poursuivons sur la situation soit disante pan-Européenne de cet effrondrement de l'industrie : un coup d'oeil aux statistiques de notre voisin Suisse montre que ce constat est faux. En 2008, 26% du PIB de Romandie était lié à l'industrie. Sur un chiffre a priori simple, Terra Nova parvient encore à se tromper : le PIB/habitant est évidemment plus elevé en Allemagne qu'en France, en 2010.

Terra Nova enchaine alors sur la politique de compétitivité prix, préalable au succès de l'industrie allemande. C'est ignorer que les produits allemands sont toujours plus chers que leurs concurrents étrangers, français notamment. Terra Nova pourra consulter les catalogues des constructeurs automobiles pour constater qu'une Audi TT 1.8 de 160 chevaux se vend 32.560 euros en France contre 28.400 euros pour la Peugeot RCZ équivalente (1.6 THP de 156 chevaux). C'est bien parce que les produits allemands ont développé une compétitivité hors prix qu'ils se vendent.

Du coup, on comprend comment on arrive au contresens qui réside dans l'affirmation suivante :" L’objectif de toute politique économique, c’est la croissance". La croissance n'est pas un objectif d'une politique économique, c'est la conséquence d'une politique qui ne doit avoir pour seul but que de créer un cadre favorable à l'émergence des entrepreneurs et des opportunités d'entreprendre.

Passons sur le fait que le Canada (34 millions d'habitants et deuxième superficie au monde derrière la Russie) soit qualifié de "petit pays". Notons plutot la confusion : Terra Nova confond l'Allemagne et les entreprises allemandes. Deutz (Rhénan, leader sur le marché des moteurs diesel pour bateaux), Audi (bavarois), Heidelberger Drucksmaschinen (Hesse, leader sur le marché des machines à imprimer), Nivea (hambourgeois, leader sur le marché des cosmétiques), Porsche (souabe, leader sur le marché des voitures de sport), SAP (souabe, leader sur le marché des progiciels de gestion) ne sont ni des entreprises allemandes ni des sociétés bénéficiant d'une quelconque aide du gouvernement allemand, ce sont des entreprises de leur région, avec une expertise particulière.

Du coup, on comprend bien une des différences entre la France et l'Allemagne. Les élites françaises, bien formées, bien connectées, intelligentes et ayant accès aux capitaux, ne vont ni se risquer à aller créer une obscure PME (exception : Michel Noir, de manière involontaire) ni conseiller leurs enfants de quitter l'ENA pour créer le futur Dell ou le futur Microsoft, deux leaders mondiaux crées par des drop out, des types qui ont arreté la fac. Du coup, seul l'Etat peut, dans l'esprit des élites ultra-étatiques, diriger la politique industrielle. Problème : l'innovation, chose bien distincte du process de développement, émerge rarement des cabinets ministériels. On peut du coup, continuer à réver du retour des cheminées qui fument. Pas sur que la croissance y soit même gagnante.

samedi 28 août 2010

Syllogisme

Alain Minc a une formation de fonctionnaire.
Alain Minc est donc un héritier de l'ultra-socialisme mitterrandien qui explique une grande partie des contre performances économiques de la France de 2010.

DONC :-D Alain Minc ne devrait pas être autorisé à

- critiquer l'Etat et l'ultra-étatisme
- être payé par le CAC 40 pour des missions de conseil

Telle est la logique qui consiste à lier à la nationalité de quelqu'un des caractéritiques supposées, et surtout indélébiles.
"On peut discuter [de] ce que l'on veut sur l'affaire des Roms, mais pas un pape allemand".

Prochaine étape logique, Alain Minc se portera partie civile aux cotés des Roms, justement, contre la République Française et surtout contre tous les francais de 2010, pour exiger reparation pour le préjudice (euphémisme) subi pendant la Seconde Guerre Mondiale ?

Bref, mefions nous de toutes ces histoires de nationalités qui enferment.
Un des aspects probablement les plus positifs de la présidence actuelle réside probablement dans le fait qu'un jeune homme (de "banlieue" ;-) ) elevé par une mère isolée, issu de l'immigration, non énarque, soit arrivé au sommet de l'Etat. Cela défie les statistiques ou le déterminisme sociologique.
Que son conseiller d'origine polonaise se permette une telle sortie germanophobe en dit long sur la necessité qu'il y a à enfin passer à une Europe des nations à une Europe des gens, avec liberté pour chacun de s'installer la où il veut pourvu qu'il y ait accord libre de deux parties libres, la personne et le détenteur de droits sur un lieu.