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jeudi 9 juillet 2015

"Lutte contre le terrorisme" : la détestable baseline de notre AngSoc (*)


Pas besoin de revenir sur l'état global du pays, on connait tous les chiffres. Mais, comme nous sommes en 2015, il devient très difficile pour l'actuelle majorité d'accuser la précédente. Vous vous souvenez que depuis 3 ans, le Parti Socialiste au pouvoir fait le coup de l'héritage. C'est vrai que le précédent président de la République, et sa politique de socialisme de droite, nous a légué 600 milliards d'euros de dette publique supplémentaire, 51 taxes et impôts créés ou relevés, aucune baisse significative du nombre de fonctionnaires, etc.
Egalement publié sur Contrepoints

Mais, au vu des chiffres que chacun peut observer depuis 2012, le Parti Socialiste est obligé de changer de discours. Il ne peut plus seulement accuser la gestion de l'UMP. 
Il est vrai que quand on prend le bilan, il n'est pas fameux : en ce qui concerne la dette publique, elle a progressé de 236 milliards d’euros depuis mai 2012 (1) . Quand au chômage : il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, puisque fin 2014, il y avait déjà 600 000 chômeurs de plus depuis 2012.

Face à cela, que font nos voisins ? Ils parviennent manifestement à combiner baisse du chômage et baisse de la dépense publique. En France, le chômage augmente, à l'inverse de tout ce qui se passe partout ailleurs en Europe (3)


En Allemagne, (4.7% de chômage), les comptes publics sont en équilibre, grâce à la bonne santé économique et grâce à la politique menée par Angela Merkel (4). 
En Pologne  (7.9% de chômage), dirigée de 2007 à 2014 par le libéral Donald Tusk, la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit des finances publiques inférieur à 3.3 % du PIB en 2015 et 2.6% en 2016 (5)
Au Royaume Uni (5.5% de chômage), le gouvernement conservateur vise 10 milliards de livres excédent en 2020 (6)

Ce jeudi matin, François Kalfon, secrétaire national au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle du Parti Socialiste, était invité à commenter, sur BFM Business, les politiques de nos voisins. 


Voici en résumé les principaux points de son intervention :

  • Les conservateurs allemands de la CDU ne peuvent pas diriger l'Europe
  • Les retraités allemands imposent leur point de vue aux autres
  • C'est dommage qu'il n'y ait pas de gouvernement économique de l'Europe
  • La Grande Bretagne n'est pas un pays industriel, mais reste un paradis fiscal avec la City 
  • La France ne veut pas de contrats zéro heures comme au Royaume Uni
  • Le modèle britannique n'est pas le modèle de société dans lequel nous voudrions vivre
  • Chez nous, en France, il y a des hopitaux et une armée à faire tourner

Il y a donc tous les poncifs d'une certaine gauche antilibérale et parfois germanophobe, et qui ignore que l'Allemagne n'est pas un pays du tiers monde, que le Royaume Uni produit plus d'automobiles que la France, et que chez nous aussi, il y a des contrats zéro heures, ça s'appelle le chômage. 

Mais c'est l'un des derniers points de l'intervention de François Kalfon qui est intéressant. 
Il a expliqué que, contrairement à d'autres, la France "assume ses responsabilités au sein de l'union Européenne" et que du coup, la France "se tape le sale boulot" en allant faire la guerre contre le terrorisme au Mali. En conséquence, c'est nous, les français, qui faisons face à une vague de terrorisme sans précédent.
Egalement publié sur Agoravox

François Kalfon réalise t-il la portée de ses propos ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7),  adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :

"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)

Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.

Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.

Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?

C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient. 
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.

Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35  milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht. 
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que

Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).

Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ? 
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?




(3) Le Parisien Le chômage baisse en Europe, sauf en France 30 avril 2015
(5) BNP Paribas Pologne Q1 2015 
(6) BBC Budget 2015: Osborne offers country 'new contract' 9 juillet 2015
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015


(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc. 

samedi 6 juin 2015

Il y a un an, Hollande recevait Poutine sur les plages de Normandie pour le #DDay70 ...

Aujourd'hui, c'est le 6 juin, et comme tous les ans, nous nous souvenons du sacrifice des jeunes soldats anglo-américains (ainsi que de la poignée de français, de polonais, de néerlandais) qui sont venus libérer la France du joug de la Wehrmacht et du Parti National Socialiste Ouvrier allemand. 
Mais, souvenez-vous, il y a un an. A l'occasion du DD70, et parce que Hollande se voyait en faiseur de paix, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, était invité à Omaha Beach.
Le message du Président Hollande était multiple, et pour d'obscurs motifs diplomatico-médiatiques, François Hollande avait réussi à embrouiller un message pourtant limpide à la base : les Français remercient les Anglo-Américains d’avoir combattu les nazis en Normandie (1).

Qu'est ce que Poutine faisait en Normandie ? Les soviétiques avaient-ils débarqué, il y a 70 ans, à Juno, Omaha, Utah et Sword ?

Et surtout, un an après, quel est le bilan ? Le voici :

  • une guerre diplomatique oppose la France et l'UE à la Russie (2)
  • nous devons plusieurs milliards d'euros à la Russie pour cause de non livraison de matériel militaire (3)
  • des agriculteurs et industriels français qui misaient sur le marché russe sont en difficulté
Bravo, brillant !

En réalité et au delà de l'ironie, ce qui est en cause, ce sont les hésitations du président Hollande en matière diplomatique, ou plus exactement les décisions contradictoires prises depuis 2012 (4). 

Les médias n'y reviennent plus, mais ne peut-on pas s'étonner du fait que Hollande, qui a aussi été battu en réaction au supposé atlantisme de Sarkozy,s'est en réalité révélé être le président qui aura lancé l'armée française dans le plus de guerres aux cotés ou au nom de l'OTAN ? Comment se fait-il que le PS né réagisse même pas à la contradiction qui consiste à déposer une motion de censure contre le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN (5), puis, parce qu'au pouvoir, poursuit la politique Sarkozyste ? 

Hollande a, jusqu'à présent en tout cas, raté le quinquennat en matière d'économie (notamment, absence d'inversion de la courbe ...). Moi Président aura également échoué à ramener de la morale en politique (Cahuzac, Morelle, trésorier actif aux Bermudes, etc). Il n'aura même pas réussi à sortir de la peopolisation et du bling bling (la Lanterne ? Trierweiler ? Le scooter ? Air Sarko One ? Les jets privés pour aller voter). Il aura divisé la France avec sa politique sociétale controversée et incohérente. 

Mais on pourrait encore admettre tout cela si celui qui voulait "redresser la France" avait au moins un minimum de cohérence en matière de défense et de diplomatie. L'évolution de la relation franco-russe tend à prouver qu'il n'en est rien. On dit souvent que la crise que traverse la France n'est pas qu'économique, mais qu'elle serait liée à un manque de cap. Le Président Hollande ne contribue pas à rendre la situation plus lisible. 




mardi 5 mai 2015

Les #QAG qu'on n'entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Dette, déficits, chomage et faillite du système social : la France est en danger. Et de quoi s'occupe les journalistes et les politiciens ? Des affaires internes à un parti, le FN, qui n'est même pas au pouvoir, au lieu de regarder ce que fait le gouvernement. Or, force est de constater que le gouvernement ne chôme pas, à l'inverse des 6 millions de français privés de travail. La preuve, c'est que malgré l'intense mobilisation contre le projet de loi renseignement, la majorité va le voter, sur quasi ordre du gouvernement.

Toutefois, nous le peuple élisons des représentants, les mêmes qui qualifient de populiste toute suggestion de démocratie directe (pétitions, référendums) afin que ceux-ci contrôlent l'action de l’exécutif, en plus de voter le budget et les lois. C'est uniquement si ce contrôle est effectué que la séparation des pouvoirs est valide. Alors, suggérons aux députés quelques questions au gouvernement, qu'ils pourraient poser en vertu des pouvoirs que la Constitution leur octroient : 

  • Question au Premier Ministre, Manuel Valls : le 11 janvier dernier, des millions de français ont manifesté leur soutien à la liberté d'expression, pas à la surveillance d'Etat. Le 28 avril dernier, vous avez reçu, à Matignon, une pétition signée par 119.000 Français contre la loi Renseignement (1). Monsieur le premier ministre, allez-vous rester sourd à tous les appels de nombreux français pour qui la liberté est la première des sécurités, contrairement à ce que vous, et d'autres gens, pouvez penser (2) ? Même en vous accordant le bénéfice du doute, c'est à dire en imaginant que vous êtes animé d'intentions démocratiques, comment pouvez en même temps exprimer vos "craintes" sur l'arrivée du FN au pouvoir et promouvoir une législation qui inscrira das le marbre des pratiques liberticides ?
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : suite à la dénonciation par un lanceur d'alerte (3) de cas de viols commis en Centrafrique par des militaires français, vous avez demandé, Monsieur le Ministre, aux coupables de se dénoncer (4). En attendant que les coupables soient punis par la justice, allez-vous demander au parlement de débattre de l'opportunité de mener plusieurs guerres, notamment en Afrique, puisque le PS, avant 2012, déniait à l’exécutif le droit de décider seul des guerres et voulaient impliquer les parlementaires ?
  • Question au Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : Monsieur le Ministre, étant donné que vous êtes toujours Conseiller municipal délégué au développement durable de la ville de Grand Quevilly, trouvez-vous que votre situation est conforme à l'engagement de "Moi Président de la République" énonçant le fait que "les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche" ? 
  • Question à la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : Madame la Ministre, le 4 juillet 2010, vous avez demandé à Nicolas Sarkozy de sacrifier "son avion privé à 180 millions d'euros" (Air Sarko One) pour financer la reconstruction des digues endommagées par la tempete Xynthia (5). Est-ce même avion que vous avez utilisé pour rentrer d'une conférence à Lima (6) ? Allez-vous demander au président Hollande de vendre cet avion à 180 millions d'euros pour financer les travaux à mener sur les autoroutes publiques de région parisienne ?
  • Question à la Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : Madame la Ministre, personne ne semble accrocher à votre proposition de réforme de l'Education Nationale,  peut etre notamment parce qu'elle part du haut au lieu de partir du bas. Pourquoi ne pas reprendre la proposition de Nelly Guet, ancienne proviseur et spécialiste de l’éducation, régionaliser l’Éducation nationale (7) ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris, Pierre-Olivier Sur, parle du projet de loi renseignement comme d’un “mensonge d’État”

  • Allez vous, Madame la Ministre, transmettre cette opinion à vos collègues, notamment à l'intérieur et à Matignon et dire aux députés qui s’apprêtent à voter que 1984 n'était pas censé être un manuel d'instruction ? 
  • Question au Ministre des Finances, Michel Sapin : Monsieur le Ministre,  malgré les baisses du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêts (l'alignement des planètes si cher au président Hollande ...), le moral des entreprises reste en berne en France (8). Conclusion, comme vous ne voyez pas d'effets aux mesures de la "boite à outils" que vous avez prises (CICE, BPI ...), vous et votre collègue Marisol Touraine préférez insulter les entrepreneurs. Mais comprendrez-vous que les chefs d'entreprises n'obéissent pas à des directives venues d'en haut ?
  • Question au Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve : Monsieur le Ministre, Amadou Koumé, 33 ans, est mort dans la nuit du 5 au 6 mars dernier au commissariat du Xe arrondissement de Paris, (en France, pas à Baltimore ou Jakarta), suite à une interpellation (9). Le gouvernement n'a pas commenté le cas, contrairement à celui de Serge Atlaoui, reconnu coupable par l'Indonésie de participation à une entreprise de narco trafic. Le 2 mai, deux Juifs ont été attaqués par des individus apparemment colleurs d'affiche du NPA dans le XIeme arrondissement. Le cas a moins été commenté que l'opération des Femen au sein du défilé du Front National. Quand le gouvernement cessera t-il ce deux poids deux mesures dans sa dénonciation des crimes et délits, notamment quand ils impliquent des fonctionnaires ou des militants d'extrême gauche ?
  • Question au Ministre de l'Emploi et du Travail, François Rebsamen : à l'occasion de sa visite officielle en Suisse, le président Hollande s'est vu remettre par Jean-François Liess , délégué consulaire en Suisse et membre du Parti Libéral Démocrate, un code du travail suisse (130 pages). Allez-vous vous en inspirer pour tailler dans le code du travail français ?
  • Question à la Ministre de la Santé, Marisol Touraine : Madame la Ministre, votre projet e loi, actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale, prévoit de socialiser un peu plus la médecine générale, dont le vocable de "libéral" est surréaliste. Pourra t-on admettre que le contrôle des prix met à mal notre médecine générale (10) et, dès lors, engager la réflexion sur d'autres pistes ?
  • Question au Ministre l'Emploi, François Rebsamen : Monsieur le Ministre, au vu des chiffres du chomage publiés au titre du mois de mars 2015, reprendrez-vous la célèbre formule de votre collègue Ségolène Royal qui concluait, avant 2012, face à une situation identique, que "la France n’est ni présidée ni gouvernée" (11) , ou bien comptez-vous sur plus de ventes d'armes à des pays tels que le Qatar, pour enfin "inverser la courbe" (12) ?

Le gouvernement Valls ne peut comprendre seul que la France a envie de rester une démocratie et donc un pays de libertés. C'est au parlement, qui a le droit et le devoir, en tant que corps législatif, de contrôler l'action de l’exécutif, qu'il revient de formuler ce rappel. Mesdames et Messieurs les députés, au travail !



Episodes précédents 







(5) Sud Ouest Ségolène Royal : « Sarkozy doit sacrifier son avion de luxe » 4 juillet 2010
(6) Le Lab Europe 1 Le jour où Ségolène Royal a forcé Laurent Fabius a prendre un vol low-cost 25 avril 2015
(7) Trop Libre Il faut régionaliser l’Éducation nationale ! 17 avril 2015
(8) L'Opinion Reprise : la France à petite vitesse 23 avril 2015
(9) Le Parisien Paris : mort au commissariat 20 avril 2015
(10) Objectif Liberté Comment le contrôle des prix met à mal notre médecine générale ? 23 avril 2015
(11) Le Blog du Duff Le chômage a encore progressé, la France n’est ni présidée ni gouvernée. 30 avril 2015
(12) Le blog de Nathalie MP L’inversion de la courbe du Qatar 3 mai 2015

jeudi 19 mars 2015

Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France». Vraiment ?

Est-ce que le premier ministre a perdu un pari, pour tenir un propos aussi insensé  contestable que celui rapporté par le Figaro (1) de ce jour, à savoir "face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France»" ?


Ou bien, réalité des chiffres aidant, la panique gagne Matignon et l'Elysée ? 

Car les chiffres, les voici : d'une part, la France a un budget en déficit de 85,6 milliards d'euros en 2014 (2), soit 32% de déficit (86 Mds de déficit /273 Mds de recettes). 





Nous nous montrons incapable, depuis le début des années 80, de présenter un budget en équilibre (à la différence de nos voisins et amis allemands (3), dont le budget est en équilibre).  

Sur nos 364 milliards d'euros d'argent dépensés en 2014, le ministère de la défense en a consommé 42,2 milliards ,soit 13,8 % du budget général de l’Etat (4). 
Est ce que ces 42,2 milliards ont été dépensés entièrement en opérations extérieures (OPEX) de lutte contre le terrorisme ? Bien sur que non. Déjà, il y a 250 000 militaires en France. Mais 2300 d'entre eux sont impliqués dans l'opération Serval (Mali). Les OPEX coûtent d'ailleurs un peu plus d'un milliard d'euros par an. 
Evidemment, 1 milliard d'euros, c'est beaucoup trop pour un pays qui vit à crédit. Mais cela ne représente que moins de 2% du déficit total. 
En imaginant donc que nos 27 partenaires européens nous donnent 1 ou 2 milliards d'euros, il nous resterait à trouver 84 milliards d'euros pour boucler notre budget. 
Est-ce que Manuel Valls va aussi accuser les terroristes de nous pousser à dépenser trop (et mal) en éducation, en santé, en transports en commun, en subventions diverses et variées ? 

De plus, quand est-ce que Manuel Valls va cesser d'insulter nos partenaires européens ? Les Belges se sont impliqués dans Serval (5), ainsi que les Allemands (6). Est ce que c'est une bonne méthode de négociation, que d'admonester des participants potentiels ? Est-ce que les Allemands, les Polonais ou les Luxembourgeois se sont plaint du fait que l'armée française ait quitté, sur décision unilatérale de François Hollande, l'Afghanistan et l'ISAF (forces de l'OTAN) ? 

Et puis, les mots sont important :  "face au terrorisme, l'armée européenne existe, c'est la France". Si il n'y avait pas tous ces morts liés au terrorisme, à Paris, à Copenhague, et maintenant à Tunis, on aurait envie de rire ! Le respect que l'on doit aux personnes décédées nous pousse plutôt à hurler contre l'ineptie d'une telle sentence. 
Manuel Valls, premier ministre de la république française, pas forcément sur-éduqué (il n'est titulaire que d'une licence d'histoire) mais suffisamment instruit et informé pour comprendre ce qu'il dit, essaye de nous persuader du fait que contre le terrorisme, il faut une armée, d'une part, et que les interventions militaires françaises effectuées sous couvert de "lutte contre le terrorisme" tiennent lieu et place d'opérations sous bannière Européenne. 

Y a t-il besoin d'être un expert militaire formé à Saint Cyr pour comprendre que face à un Kouachy ou un Coulibaly qui font un carnage en région parisienne, équipés d'armes qui se négocient quelques centaines d'euros en banlieue, l'armée française, ses Rafale, son porte avion, ses bombes nucléaires, son état major, auront vraiment du mal ? 

Est-ce que Manuel Valls pourrait au moins avoir la décence de nous dire que la guerre du Mali est menée par la France tout simplement parce que nous, la France, avons des accords de coopération technique ou des accords de défense avec les pays de la région ? Passons sur le fait que cette guerre du Mali est justifiée par une interprétation vraiment plus que limite de l'article 50 de la charte des Nations Unies.



Alors, Manuel Valls nous explique que quand la France intervient au Mali, ou ‎au Liban, ou en ‎Côte d'Ivoire , ou au ‎Tchad, c'est au nom de l'Europe. 
La encore, on ne peut que rire devant une telle affirmation. Elle revient à dire que, déjà, les OPEX sont validées par les français. C'est évidemment faux. On attend toujours les débat à l'Assemblée Nationale pour chacune des guerres engagées par le président Hollande, puisque la Constitution de 1958 nous dit :
  • "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
  • Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
  • Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

A défaut d'avoir informé les représentants du peuple français pour chacune de leurs guerres, le président Hollande et Manuel Valls ont-ils au moins informé Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne), afin de recueillir son aval, pour ne pas dire son approbation ? 
Si ce n'est pas le cas, que Manuel Valls ne vienne pas nous dire que l'armée européenne existe, c'est la France. Une armée, c'est par essence un instrument de souveraineté. Une armée européenne doit nécessairement avoir un financement et un commandement fédéral, pas national. 
L'armée européenne, les socialistes français de la SFIO l'ont refusé en 1954 (7), et continuent à la refuser aujourd'hui, par leur nationalisme forcené, en totale opposition avec une quelconque option fédérale. 


Egalement publié sur Agoravox




(1) Le Figaro Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France» 19 mars 2015
(2) Boursorama France-Déficit budgétaire de l'Etat estimé à 85,6 mds en 2014 15 janvier 2015
(3) La Croix Allemagne: équilibre budgétaire de l'Etat pour la 1ère fois depuis 1969 13 janvier 2015
(4) Ministere de la Défense Budget
(5) RTBF Mali: la Belgique retire ses C-130 mais maintient ses hélicoptères 18 février 2013
(6) Deustche Welle German military on Mali mission 23 mars 2013
(7) Le Monde Comment fut rejeté en 1954 le projet d'une Communauté européenne de défense 9 juin 2004

vendredi 10 janvier 2014

Mali, Centrafrique : l'Allemagne paiera ?

Thomas de Maiziere,
ministre allemand de l'intérieur
En ces temps Leonardianesquo-Dieudonnesques, il y a une news qui devrait faire la Une de la presse française.
C'est l'interview de Thomas de Maizière (CDU), ex ministre de la Défense et désormais ministre de l'Intérieur, en Allemagne.

Que dit-il ?

Thomas de Maiziere a affirmé "L'Allemagne n'a de leçons à recevoir de personne en Europe sur la manière d'organiser ses interventions militaires. Même pas de la France ou de la Grande-Bretagne" à l'occasion d'une cérémonie de passation, avant-hier. Pour retrouver l'interview, voir l'Opinion (1), le Financial Times (2), le Spiegel (3) ou le Handelsblatt (4).

Pourquoi cela devrait faire la Une de la presse française ? 
D'une part, parce que notre pays est engagé dans toute une série de guerres, par la seule volonté du Président de la République (et de quelques uns de ses conseillers), le même président qui, autrefois simple député maire de Tulle, interpellait son prédécesseur pour faire approuver par le parlement sa politique de défense. 

D'autre part, la France a décidé seule de son engagement militaire en Centrafrique, sans attendre le feu vert budgétaire de nos 26 partenaires Européens, puis a mis le sujet sur la table en sommet Européen à Bruxelles, arguant d'une opération bénéficiant à l'ensemble de l'Europe (5). Merkel a alors répondu qu'il fallait discuter du sujet (6). Est-ce que, depuis décembre 2013, les grands médias français, TF1, France 2 etc, ont invité des élus allemands à discuter de la Centrafrique ? Apparemment, non. 

Cette sortie de Maiziere tombe donc à point nommé. Déjà, elle souligne en creux à quel point certains points de la politique française font l'objet d'un consensus trans-partisan entre les politiciens et les journalistes français. D'autre part, elle met en valeur l’incompréhension apparente (7) que nous avons de nos partenaires, la plupart des démocraties parlementaires (8), qu'elles soient des monarchies (Royaume Uni, Espagne, Danemark, Suède ...) ou des Républiques (Allemagne, Italie, Pologne ...), dans lesquelles les élus approuvent ou non les décisions de l’exécutif, comme ce fut le cas pour la tentative d'imposer une guerre en Syrie. 

La France doit choisir. Soit nous sommes une république indépendante, et dans ce cas nous prenons nos décisions militaires tous seuls et ne demandons rien à l'Allemagne. Soit nous sommes un des 27 membres de l'UE, et dans ce cas nous cherchons à obtenir un consensus avant d'agir. Imagine t-on que la Californie lance une guerre contre le Pérou, seule, sans l'aval de Washington ?

Soit nous sommes dans une Europe fédérale, et dans ce cas nous devrions cesser d'entendre Laurent Fabius donner son avis pour écouter ce que dit Catherine Ashton, soit, option nationaliste, nous agissons seuls.
Catherine Ashton,
supérieure hiérarchique théorique
de Laurent Fabius


Enfin, la France doit expliquer si, depuis que Hollande est président et fait intervenir l'armée française aux quatre coins de la planète, notre sécurité est vraiment plus élevée. Il ne semble pas que ce soit le cas.

En tout cas, l'interview de Maizière est une bonne nouvelle. Est-ce que l'Allemagne paiera pour le Mali ou la Centrafrique ? Pas sûr, et c'est réjouissant. Cela nous forcera, la prochaine fois, à peser le pour et le contre budgétaire, puisque Bruxelles seule n'a pas le pouvoir physique à restreindre nos dépenses budgétaires, quand bien même un traité appelé Maastricht existe. 



(1) L'Opinion Défense : "L'Allemagne n'a pas de leçon à recevoir de la France 9 Janvier 2014
(2) Financial Times Germany ‘needs no lectures’ from allies, says Thomas de Maizière 9 Janvier 2014
(3) Spiegel Zorniger Thomas de Maizière: So wird man nicht Bundeskanzler 9 Janvier 2014
(4) Handelsblatt THOMAS DE MAIZIÈRE „Deutschland braucht keine Belehrungen“ 9 Janvier 2014
(5) Le Figaro Opérations extérieures : Hollande appelle l'Europe à la solidarité
(6) La Croix UE: Merkel veut des discussions sur l'intervention en Centrafrique 11 Décembre 2013
(7) Le Monde Mis en minorité au Parlement, David Cameron renonce à une action militaire en Syrie 30 Août 2013
(8) The Telegraph David Cameron has restored the authority of Parliament 29 Août 2013

dimanche 17 novembre 2013

OTAN : le changement, c'est pas maintenant !

Beaucoup de français, de l'extrême gauche mélenchonienne à l'extrême droite lepéniste, s'étaient opposés à pratiquement tous les choix de Sarkozy en matière de défense, de la guerre en Afghanistan (commencée par Jospin et Chirac) à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. 

Parmi tous ces français, il y en avait un qui s'était distingué plus que les autres puisqu'il était allé jusqu'à déposer une motion de censure contre la politique du gouvernement de l'époque.
Cet homme s'appelle François Hollande. 

Il a dit : "L’OTAN devient le bras armé d’un bloc occidental dont la mission principale est de défendre partout ses valeurs. Une sorte de substitut à l’ONU permettant aux Etats-Unis de ne pas agir seuls. Cette dérive avait été, jusque-là, rejetée par la France hostile à l’idée d’un gendarme d’un monde occidental bien pensant . Elle est aujourd’hui acceptée par le Chef de l’Etat lorsqu’il lie, dans son discours de Washington, l’avenir de nos valeurs à celui de l’Alliance. Or, la France est bien plus qu’un pays occidental . C’est un pays européen et un pays original. Et si notre pays reste l’ami et l’allié des Etats-Unis, ami ne veut pas dire soumis ; et allié ne veut pas dire aligné [...] Or, le Président vient de prendre, au nom de la France, deux décisions majeures sans avoir mis au clair sa stratégie et défini ses moyens correspondants. Et le risque, c’est que nous perdions sur tous les tableaux. La France en sortira minorée, l’Europe empêchée, l’Alliance Atlantique empêtrée . Voilà pourquoi le Parlement devait être saisi de ces choix . Pour les approuver ou pour les rejeter. En tout cas, pour alerter les Français.

Nous allons perdre en indépendance ce que nous ne gagnerons pas en sécurité. Nous allons être entraînés sur des terrains et des opérations où nous ne voulons pas aller. Nous allons donner un autre cours à la construction européenne qui ne sera qu’un pilier du monde occidental au lieu de constituer une capacité autonome de décision.
Il n’appartient pas au Président de la République de décider seul de notre politique étrangère et de défense. Le domaine réservé ne peut être un domaine exclusif . Et l’on ne peut pas apprendre en regardant la télévision la création d’une base navale permanente à Abu Dhabi. Je souhaite que cette motion de censure soit un exercice de vérité sur l’envoi sans condition de renforts en Afghanistan et sur l’intégration sans restriction à l’OTAN. En la votant, vous exprimerez un double refus, mais une même conception de l’indépendance de la France."
Le texte est encore disponible sur le site web du Parti Socialiste (1)



François Hollande (PS) devant l'Assemblée... par azg848

Voila un homme qui était un "simple député". Depuis, il est devenu le Président de la République, et dès lors chef des armées, comme la Constitution le mentionne (2). Cet homme a donc les mains libres pour mettre en oeuvre sa vision des choses et proposer les changements stratégiques qu'il estime juste. A t-il par exemple demandé l'avis du parlement pour embourber la France au Mali ? A t-il fermé la base militaire française dans le Golfe ? Et surtout, a t-il sorti la France du commandement intégré de l'OTAN ?

Apparemment pas, si on en croit ce tweet émanant du Ministère de la Défense.


Les invités de Frédéric Taddei, à "Ce Soir Ou Jamais" de cette semaine, se demandaient d'où provenait l'impopularité record de François Hollande (3). C'est une question récurrente depuis plusieurs semaines (4). Au delà même de l'ensemble des mesures économiques et fiscales désastreuses prises par le Président Hollande et Jean-Marc Ayrault depuis 18 mois, peut-être que l’exécutif actuel, qui décidément prouve tous les jours qu'il fait du (sous)-Sarkozy, devrait se poser des questions. Les français ont tout simplement l'impression d'être floués par un homme qui se présentait comme étant l'opposé de l'avocat bling bling et américanophile de Neuilly . 

Quand aux commentateurs qui pensent que Hollande est faible et ne fait rien, qu'ils réalisent qu'ils sont partiellement dans l'erreur. Hollande travaille. Tous les jours, au risque de confirmer l'impression qu'ont les français, notamment ceux de gauche et ceux qui espéraient quelque chose du PS, il consolide l'édifice de dirigisme, d'ultra étatisme érigé depuis des décennies par a gauche et par la droite, tout en n'hésitant pas à renier des prises de positions vieilles de moins de 5 ans, que ce soit sur la réforme Fillon des retraites ou l'engagement de la France dans l'OTAN. 

Du coup, effectivement, quand on est à ce point engagé dans une relation transatlantique déséquilibrée, il est difficile de refuser de se soumettre aux ordres sur l'avion du président Morales (5) ou de rejeter l'accord FATCA (6).
"Etonnant", de la part d'un homme qui raillait l'atlantisme et le tropisme américain de Sarkozy. Moins, de la part d'un énarque, programmé pour prendre un max de pouvoir (s) au détriment des citoyens, et d'un ancien Young Leader (7). Si personne en France ne parle de l'étrangeté des choix diplomatiques du Président Hollande, nos partenaires étrangers, eux, ne s'en privent pas (8).
Les français qui ont voté Hollande ont fini par comprendre pourquoi Sarkozy s'était permis de mettre en doute la crédibilité de sa parole, lors du débat du 6 mai 2012.  La participation de l'armée française aux plus importantes manoeuvres de l'OTAN depuis plusieurs années (9) n'est qu'un exemple parmi d'autre. 


(1) Parti Socialiste Intervention de François Hollande – Motion de censure – mardi 8 avril 2008 
(2) Conseil Constitutionnel Constitution de 1958
(3) France 2 François Hollande au plus bas dans les sondages 15 novembre 2013
(4) Atlantico Comment François Hollande a réussi à susciter autant d’irritation chez les Français que Nicolas Sarkozy 8 septembre 2013
(5) L'Opinion Evo Morales, dernière victime de l'affaire Snowden 3 juillet 2013
(6) Ambassade des Etats Unis en France Cérémonie de Signature de l’Accord FATCA 14 novembre 2013
(7) Atlantico Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains 22 mai 2012
(8) Le Courrier International VU D'ALGÉRIE François Hollande, ce Terminator à la botte des Américains 4 septembre 2013
(9) Opex 360 L’exercice “Steadfast Jazz” de l’Otan est lancé 3 novembre 2013

samedi 3 août 2013

Armée : l'Etat joue au poker avec l'argent public

Jean-Yves le Drian, PS
En grande forme, le gouvernement a choisi de parler d'armée, avant de partir en vacances (1). Simplement, le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian,  a oublié de parler de stratégie. A quoi sert l'armée française, et quels sont ses objectifs stratégiques ? Protéger le territoire national ? Contribuer, dans le cadre de coalitions multinationales, à aller déloger de leurs sanctuaires des terroristes islamistes ? Faire du social ?

D’où la réaction de l'ancien ministre de la défense (2), Hervé Morin, qui parle de mystification par rapport à la loi de programmation militaire (voir le site web du Nouveau Centre UDI). 




Hervé Morin dit, notamment, que François Hollande aurait dû avoir le courage de procéder à de véritables arbitrages : 
Hervé Morin, UDI

  • d’une part, assumer le fait que la France n’est plus capable de financer deux composantes
    pour la dissuasion
    , afin de dégager les crédits nécessaires pour les priorités de nos forces conventionnelles (hélicoptères, avions de transport militaire, drones, présence navale) et donc aller vers l’extinction progressive de la composante aéroportée. 
  • d’autre part, au lieu de procéder à une réduction proportionnelle de nos forces armées, s’engager dans un format résolument nouveau qui consisterait à créer un corps expéditionnaire capable de mener dans une autonomie stratégique totale. 
Ces arbitrages n'ont pas été faits, et au lieu de cela, le gouvernement, par la voix de le Drian, a préféré rentrer dans un tweetclash que mentionne l'Opinion (lire #Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian).



Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian par Lopinionfr

Pourtant, la France ne peut s'économiser un débat qui existe aux Etats Unis (3) ou en Suisse (4).  Alors, la France, pourquoi se montre t-elle incapable de le mener, que ce soit au niveau national ou, mieux, au niveau fédéral Européen ?

Plus frappant encore est le titre du Monde : Le budget de l'armée repose sur l'hypothèse d'une vente des Rafale à l'étranger. C'est là où on se rend compte que le gouvernement joue au poker avec l'argent du contribuable.

Quand on pense que les socialistes, quand ils étaient dans l'opposition, avaient reproché à la précédente majorité à la fois son atlantisme et son affairisme. Ne voilà t-il pas que non seulement la France n'est toujours pas sortie de l'OTAN, mais qu'en plus, elle va contribuer, qu'elle soit de gauche ou de droite, à la richesse de la famille Dassault ?

Cette affaire de loi de programmation militaire illustre parfaitement tout ce qu'on peut reprocher à l'actuel gouvernement :

  • incapacité à définir les missions de l'Etat
  • absence totale de vision stratégique
  • fuite en avant garantie, in fine, par le contribuable
  • communication qui ne colle pas à la réalité
Accessoirement, à qui la France compte t-elle vendre des Rafale ? 




En Inde, comme tentait de le faire le Drian (5) ? N'oublions pas que le précédent gouvernement a longuement  travaillé sur ce contrat, au point d'annoncer fin 2012 la vente de 126 Rafale à ce pays (6) un peu prématurément. N'oublions pas, également, la réaction des Indiens face aux propos de Montebourg au sujet de Mittal (7). 
Aux Saoudiens ? On peut douter qu'ils apprécient le fait qu'on bloque leurs touristes à Roissy Charles de Gaulle (8) pour cause de niqab (une mesure pourtant logique et qui va enfin dans le sens d'une diplomatie active). 
Aux Chinois ? Confondus avec des Japonais (9), ils risquent de confondre Rafale et F16, avant de développer leurs propres avions.
Aux Suisses ? La France leur a déjà déclaré la guerre (10), et les Suisses ont bien raison de préférer des Saab Gripen, moins chers avant rabais Dassault de surcroît (11), afin de garder de l'argent pour entraîner leurs forces contre le risque que présente une France ultra socialiste à leur frontière (12). 
Au Tchad ? Ils nous réclament le paiement de factures apparemment impayées (13). 
A l'Amérique du Sud ? Le précédent de l'avion du président Morales leur restera en travers de la gorge un moment, et avec raison, alors que le danger révélé par Edward Snowden est bien réel. 


En fait, le souci, et partant du principe que le Rafale est en réalité pas juste le produit non pas d'une entreprise privée mais un enjeu national et public, c'est que nous n'avons pas dit clairement quel type de diplomatie nous souhaitions, nous français, privilégier, et, de là, quelles étaient nos alliances. 

Peut-être que François Hollande, chef des armées et chargé du domaine réservé (diplomatie, notamment) pourrait profiter de quelques jours dans la quiétude de la Lanterne (14) pour réfléchir à tout cela. Ça sera sans doute plus productif que des déplacements démagogiques à Clichy sous Bois.


Sur le même sujet 
Ni Atlantiste, ni pro droits de l'homme, ni Bolivarienne, ni fédéraliste Européenne, je suis ?, un post du 6 juillet 2013


(1) Atlantico : Le gouvernement est en vacances... mais les a-t-il bien méritées ? La réponse avec le bulletin de notes des ministres
(2) Atlantico : Programmation militaire: Morin dénonce une "mystification" sur les moyens
(3) L'Opinion : Le Pentagone contraint de réduire l'US Army
(4) RTS : L'obligation du service militaire soumise au verdict des urnes
(5) Jean-Dominique Merchet : Jean-Yves Le Drian, le politique du business
(6) Opex 360 : Le contrat de vente du Rafale à l’Inde pourrait être finalisé d’ici “3 ou 4 mois”
(7) Europe 1 : En Inde, l’encombrant M. Montebourg
(8) Le Monde : Des Saoudiennes refoulées à Roissy pour refus d'ôter leur voile intégral
(9) Libertarien TV YouTube : François Hollande confond les Japonais et les Chinois !
(10) La Tribune de Genève : Une banque épiée par des douaniers français
(11) Opex 360 : Suisse : Dassault Aviation propose le Rafale au prix d’un Gripen
(12) Le Parisien Libéral : Suisse : L'armée prépare ses frontières au chaos social européen
(13) Al Wihda : Le Tchad exige le remboursement de sa note au Mali
(14) Contrepoints : Comme Sarkozy, Hollande adore la Lanterne

jeudi 1 août 2013

Hausse de plus de 12% de la taxe sur les billets d'avion en 2014 ? Stop !

La taxe de solidarité sur les billets d'avion, dite "taxe Chirac", sera augmentée de 12,7% en 2014 en France afin d'accroître l'aide financière au développement, a indiqué le gouvernement mardi 30 juillet.

Il parait que cette taxe sert à lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose, et que 85 % de l'effort financier de développement français seront dirigés vers les pays de l'Afrique subsaharienne et les pays voisins du sud et de l'est de la Méditerranée.

Oui, vous ne rêvez pas ! Au cœur de l'été, alors que les français tentent d'oublier la crise économique en profitant du soleil, le gouvernement rajoute une couche d’impôts et de taxes, pour un objectif en plus complètement fallacieux. 

La taxe de solidarité sur les billets d'avion est idiote pour les raisons suivantes :

  • du point de vue strictement nationaliste français, il est stupide de vouloir développer l'Afrique, qui, demain, sera une nouvelle Asie (1). Le Maghreb est déjà une destination d'investissements d'entreprises. Est-ce que les Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon et autres Montebourg des années 2030-2050 tiendront envers l'Afrique le même discours que celui actuellement tenu contre l'Asie, un "concurrent déloyal" ? 
  • l'argent public qui est investi en Afrique, dans le métro du Caire par exemple, est de l'argent public qui n'est pas investi pour la ligne 13 du métro Parisien (2), pour le RER C à Brétigny ou pour l'eau courante des Roms de l'Essonne (qu'un maire PS, Régis Roy-Chevalier, (3) n'hésite pas à couper, sans que cela n’émeuve les médias)

  • le développement n'a pas besoin de taxes, il a besoin d'entreprises dynamiques, en France comme ailleurs. C'est le libéralisme économique et le droit de propriété qui ont contribué à développer le monde, pas des taxes sur les billets d'avions. 

  • pendant qu'on collecte et dépense 200 millions d'euros grâce à cette taxe Chirac, on hésite pas à mettre autant (4) dans des guerres à la légalité douteuse (5) et qui font des morts dont personne ne parle, parmi les forces armées françaises (6) tout en générant des dettes auprès des partenaires que l'on prétend "aider" (7). 

  • les africains ne veulent pas d'aide au développement, ils veulent de la liberté de commercer et la fin du protectionnisme Européen. 

  • Si vraiment monsieur Ayrault veut aider l'Afrique, qu'il stoppe l'aide au développement, qu'il supprime la PAC et laisse chaque agriculteur, d'ici ou d'ailleurs, se battre à armes égales sur le marché, c'est à
    dire à ses vrais coûts de production, seul le niveau de qualité, de pertinence et de disponibilité faisant la différence.

Franchement, étant donné que Ayrault et Hollande ont été élus par les français et non pas par les Africains, n'ont-ils pas autre chose de mieux à faire que des taxes supplémentaires en France ? Et si l'aide au développement les intéressent vraiment, qu'ils lisent l'Aide fatale de Dambisa Moyo, ou le blog Libre Afrique (8). 


(1) Le Nouvel Economiste : L’Afrique Noire est bien partie 12 janvier 2012
(2) Le Parisien Libéral : Le métro du Caire plutôt que la ligne A ou la ligne 13 ?, 24 septembre 2012
(3) Essonne Info : Régis Roy-Chevalier, le maire (PS) de Wissous coupe l’eau aux Roms, 26 juillet /2013
(4) Melty : Mali : La guerre a déjà coûté 200 millions d'euros à la France, 25 avril 2013
(5) La Gauche Falcon : HOLLANDE au MALI - Mensonges Imposture et (Il)légalité, 18 février 2013
(6) 20 Minutes : Mali: un soldat français mort et un blessé dans un accident de la route, 31 juillet 2013
(7) Al Wihda : Le Tchad exige le remboursement de sa note au Mali, 30 juillet 2013
(8) Libre Afrique : http://www.libreafrique.org/