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samedi 5 mars 2016

Déficits : dites Michel Sapin, elles sont où les promesses ?

Michel Sapin ...

Mais comment peut-il encore être Ministre de l'Économie et des Finances ?

Souvenons-nous du fait que Michel Sapin (comme ses autres collègues ministres socialistes) se dit fier d'appartenir à une majorité qui "tient ses promesses".

Or, qu'avait promis Hollande, en 2012 ?
Certes, il y avait "les emplois d'avenir". Mais il y avait aussi la réduction des déficits.

Souvenons-nous : le 7 septembre 2012, François Hollande, chef de l’Etat, disait : «Je confirme l'engagement pris par la France de ramener le déficit à 3% fin 2013» devant la Cour des comptes. 


Peut-on considérer que quand le Président de la République française s'exprime et formule un engagement, sa parole l'engage, surtout quand il dit que "le ralentissement économique rend cette politique encore plus nécessaire" (1) ? 

La Constitution dit que le Président de la République, sur la proposition du Premier Ministre, nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. François Hollande a donc le pouvoir de mettre fin aux fonctions de Michel Sapin, son pote de promo à l'ENA et Ministre de l'Économie et des Finances.

Etant donné que le Président de la République a à cœur de ne pas passer pour un menteur ou pour un incapable, comment imaginer qu'il puisse accepter de son ministre des finances des vérités successives ? 
Nous ne comptons plus les réécritures successives du discours sur les déficits (2). C'est digne du Ministère de la Vérité. 
Penchons nous seulement sur deux élements : d'une part, des propos de Jérome Cahuzac, d'autre part la déclaration de Michel Sapin du . 
L'ancien ministre du budget, Jérome Cahuzac, a tenu, en 2013, des propos qui auraient mérité plus de commentaires. Il a dit : 

"On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3% de déficit en 2013." (3)

Quand à Michel Sapin, il a dit : "En 2016, la France fera mieux que 3,8 % en 2015" (4) ... le 4 mars 2016.
Depuis 2012, Michel Sapin n'a pas arrêté de se chercher des excuses, pour ne pas dire mentir. 
Quand ce n'est pas "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité", c'est "l'héritage lié à la droite" (5). Mais, en 2014, donc avant les attentats de Charlie Hebdo puis ceux du 13 novembre, où étaient "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité" ? Et en 2015, où était la prise en compte de la baisse de l'euro, du pétrole et des taux d'intérêts (6) ? 

Certes, au delà des chiffres, même s'ils sont extraits d'un traité que la France est censée respecter, il y a une réalité : comment faire passer le déficit de 32% à 0% ? (Préférons parler de déficit de 32% des recettes par rapport aux dépenses (7), comparer un déficit par rapport à un PIB n'a qu'une signification macro économique). La réalité, c'est l'absence de volonté de réfléchir au périmètre de l'Etat, préalable à la baisse de la dépense publique, Du coup, la seule politique souhaitable, la baisse des dépenses publique, n'est jamais clairement mentionnée comme étant une option possible. Les déficits progressent donc, puisque malgré la hausse des prélévements obligatoires, les dépenses publiques croissent encore plus rapidement.

Juste une question : que peut-on penser d'une équipe gouvernemental qui fait du mensonge un mode de management "normal" ? 



(1) Public Sénat François Hollande - Déficits : la France vise les 3% 7 septembre 2012
(5) Le Figaro Déficit 2016: "objectifs inchangés" (Sapin) 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Déficits : Sapin, Sarko, Mosco, l’hôpital et la charité 4 février 2016
(7) Nouvelles de France Les politiques ne l’avoueront jamais : le déficit public est de 32% et non de 4% ! 10 décembre 2014

dimanche 8 novembre 2015

Dette : la France n'a plus d'argent dans ses caisses




Le budget de la France passera dans le rouge dès demain, lundi 9 novembre. À compter de ce jour, le pays vivra à crédit jusqu'à la fin de l'année. C'est ce qu'affirme l'étude de Cécile Philippe, directrice de l'Institut économique Molinari. Selon lui, l'état a déjà dépensé les 390 milliards d'euros de recettes dont il disposait pour boucler l'année. Problème 2016 ne commence pas demain, mais dans 53 jours. 

jeudi 19 mars 2015

Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France». Vraiment ?

Est-ce que le premier ministre a perdu un pari, pour tenir un propos aussi insensé  contestable que celui rapporté par le Figaro (1) de ce jour, à savoir "face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France»" ?


Ou bien, réalité des chiffres aidant, la panique gagne Matignon et l'Elysée ? 

Car les chiffres, les voici : d'une part, la France a un budget en déficit de 85,6 milliards d'euros en 2014 (2), soit 32% de déficit (86 Mds de déficit /273 Mds de recettes). 





Nous nous montrons incapable, depuis le début des années 80, de présenter un budget en équilibre (à la différence de nos voisins et amis allemands (3), dont le budget est en équilibre).  

Sur nos 364 milliards d'euros d'argent dépensés en 2014, le ministère de la défense en a consommé 42,2 milliards ,soit 13,8 % du budget général de l’Etat (4). 
Est ce que ces 42,2 milliards ont été dépensés entièrement en opérations extérieures (OPEX) de lutte contre le terrorisme ? Bien sur que non. Déjà, il y a 250 000 militaires en France. Mais 2300 d'entre eux sont impliqués dans l'opération Serval (Mali). Les OPEX coûtent d'ailleurs un peu plus d'un milliard d'euros par an. 
Evidemment, 1 milliard d'euros, c'est beaucoup trop pour un pays qui vit à crédit. Mais cela ne représente que moins de 2% du déficit total. 
En imaginant donc que nos 27 partenaires européens nous donnent 1 ou 2 milliards d'euros, il nous resterait à trouver 84 milliards d'euros pour boucler notre budget. 
Est-ce que Manuel Valls va aussi accuser les terroristes de nous pousser à dépenser trop (et mal) en éducation, en santé, en transports en commun, en subventions diverses et variées ? 

De plus, quand est-ce que Manuel Valls va cesser d'insulter nos partenaires européens ? Les Belges se sont impliqués dans Serval (5), ainsi que les Allemands (6). Est ce que c'est une bonne méthode de négociation, que d'admonester des participants potentiels ? Est-ce que les Allemands, les Polonais ou les Luxembourgeois se sont plaint du fait que l'armée française ait quitté, sur décision unilatérale de François Hollande, l'Afghanistan et l'ISAF (forces de l'OTAN) ? 

Et puis, les mots sont important :  "face au terrorisme, l'armée européenne existe, c'est la France". Si il n'y avait pas tous ces morts liés au terrorisme, à Paris, à Copenhague, et maintenant à Tunis, on aurait envie de rire ! Le respect que l'on doit aux personnes décédées nous pousse plutôt à hurler contre l'ineptie d'une telle sentence. 
Manuel Valls, premier ministre de la république française, pas forcément sur-éduqué (il n'est titulaire que d'une licence d'histoire) mais suffisamment instruit et informé pour comprendre ce qu'il dit, essaye de nous persuader du fait que contre le terrorisme, il faut une armée, d'une part, et que les interventions militaires françaises effectuées sous couvert de "lutte contre le terrorisme" tiennent lieu et place d'opérations sous bannière Européenne. 

Y a t-il besoin d'être un expert militaire formé à Saint Cyr pour comprendre que face à un Kouachy ou un Coulibaly qui font un carnage en région parisienne, équipés d'armes qui se négocient quelques centaines d'euros en banlieue, l'armée française, ses Rafale, son porte avion, ses bombes nucléaires, son état major, auront vraiment du mal ? 

Est-ce que Manuel Valls pourrait au moins avoir la décence de nous dire que la guerre du Mali est menée par la France tout simplement parce que nous, la France, avons des accords de coopération technique ou des accords de défense avec les pays de la région ? Passons sur le fait que cette guerre du Mali est justifiée par une interprétation vraiment plus que limite de l'article 50 de la charte des Nations Unies.



Alors, Manuel Valls nous explique que quand la France intervient au Mali, ou ‎au Liban, ou en ‎Côte d'Ivoire , ou au ‎Tchad, c'est au nom de l'Europe. 
La encore, on ne peut que rire devant une telle affirmation. Elle revient à dire que, déjà, les OPEX sont validées par les français. C'est évidemment faux. On attend toujours les débat à l'Assemblée Nationale pour chacune des guerres engagées par le président Hollande, puisque la Constitution de 1958 nous dit :
  • "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
  • Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
  • Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

A défaut d'avoir informé les représentants du peuple français pour chacune de leurs guerres, le président Hollande et Manuel Valls ont-ils au moins informé Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne), afin de recueillir son aval, pour ne pas dire son approbation ? 
Si ce n'est pas le cas, que Manuel Valls ne vienne pas nous dire que l'armée européenne existe, c'est la France. Une armée, c'est par essence un instrument de souveraineté. Une armée européenne doit nécessairement avoir un financement et un commandement fédéral, pas national. 
L'armée européenne, les socialistes français de la SFIO l'ont refusé en 1954 (7), et continuent à la refuser aujourd'hui, par leur nationalisme forcené, en totale opposition avec une quelconque option fédérale. 


Egalement publié sur Agoravox




(1) Le Figaro Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France» 19 mars 2015
(2) Boursorama France-Déficit budgétaire de l'Etat estimé à 85,6 mds en 2014 15 janvier 2015
(3) La Croix Allemagne: équilibre budgétaire de l'Etat pour la 1ère fois depuis 1969 13 janvier 2015
(4) Ministere de la Défense Budget
(5) RTBF Mali: la Belgique retire ses C-130 mais maintient ses hélicoptères 18 février 2013
(6) Deustche Welle German military on Mali mission 23 mars 2013
(7) Le Monde Comment fut rejeté en 1954 le projet d'une Communauté européenne de défense 9 juin 2004

jeudi 26 février 2015

Extension des soldes ! Quand l'Europe déçoit ...

"Allez-y M'sieurs Dames ! Dépêchez-vous, tout doit disparaître ! Traité de Maastricht ? En soldes flash !"

Tel est en substance le message que la Commission Européenne vient d'envoyer cette semaine. Jugez un peu : 

  •  Bruxelles a consenti un nouveau délai à la France jusqu'en 2017 pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB (1)
  • l'Europe n'ouvre pas de procédure contre la Belgique (2)
  • La Grèce reçoit un premier feu vert pour prolonger le plan d'aide (3)
Certes, dans le cas Grec, il semble qu'on recule pour mieux sauter (lire chez H16 "Le Grexit sera pour plus tard") et que, quelque part, le gouvernement de coalition Tsipras a mis un peu d'eau dans son ouzo. 

En revanche, est-ce que le rôle de la Commission Européenne, c'est de faire de la calinothérapie envers nos déficits keynésiens, ou alors de faire appliquer les traités que, au passage, des gens comme Hollande ont, à titre personnel et à titre politique, ont toujours dit soutenir ? 

Alors, certes, quand on est à 32% de déficit, ce n'est pas si facile de revenir à 0% (équilibre). 




Mais pourtant, les pistes existent. Elles sont au nombre de 3 :

  • ne pas dépenser plus que ce que l'Etat est capable de collecter, autrement dit, ramener la dépense publique au niveau de ce que les français sont prêts à payer pour la financer
  • ramener l'Etat à ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie)
  • mutualiser au niveau fédéral européen une partie de ces missions régaliennes, une fois qu'un consensus est atteint sur ces missions (ce qui supposerait par exemple de cesser toutes nos guerres extérieures type Mali, puisque nos 27 partenaires ne veulent pas les financer). 

On atteint vraiment la limite de la construction européenne. Les institutions de l'Union Européenne font trop la part belle à l'intergouvernemental et aux arrangements d’arrière cour, et pas assez à l'option fédérale.

Le pire, c'est que cette stratégie est suicidaire pour les institutions de Bruxelles : elle n’enlèvera pas l'idée qui est inscrite dans les opinions publiques Européennes, que l'UE est un organe de répression budgétaire, tout en laissant la possibilité aux gouvernements nationaux de dire, d'ici un an ou deux, que les efforts à réaliser sont uniquement du fait de Bruxelles.

Parions sur le fait qu'en 2017, les socialistes de gauche comme de droite s'écrieront en coeur "tout ca, c'est la faute à Bruxelles !"


(4) Hashtable Le Grexit sera pour plus tard 23 février 2015