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mardi 11 août 2015

Vive les exilés fiscaux !

Il y a de plus en plus d'exilés fiscaux (1), et c'est une bonne nouvelle !
Certes, l'expression "exil fiscal" ne décrit pas exactement la réalité, puisque parmi les gens qui partent, tous ne sont pas riches.
Mais ces forces vives ou retraitées qui ont choisi d'habiter Genève, Bruxelles, Luxembourg ou Londres sont autant de votes avec leur pieds de français qui n'en peuvent plus de la façon dont notre pays fonctionne, et qui refusent, parce qu'ils en ont les moyens financiers, intellectuels ou psychologiques, de couler avec lui.

Un enseignement pour la "droite" française : le socialisme de droite n'a pas marché. Les départs ont commencé à s’accélérer sous Fillon, vous savez, celui qui a tenté d'élever le mur de Berlin fiscal qui cerne la France, en créant l'exit tax. Quand on crée une taxe sur le patrimoine de ceux qui partent, les départs ne ralentissent pas, au contraire. 
Autre fait à noter : les migrants et autres réfugiés, quand ils le peuvent, s'installent en Allemagne ou surtout en Angleterre (2). Il faut croire que eux aussi ne croient pas plus que ça aux vertus du socialisme à la française.

Que peut-faire le gouvernement ? D'ailleurs, devrait-il faire quelque chose ? S'il considère qu'à long terme, les départs de jeunes, d'étudiants, d'entrepreneurs ou de grosses fortunes fait peser sur le pays le même risque que le départ des Huguenots, alors le pouvoir devrait agir. De plus, on peut aussi ajouter qu'on ne peut pas faire vivre un pays uniquement avec des professions réglementés, des fonctionnaires, des chômeurs, des capitalistes de connivence ou des retraités. Il faut aussi tous ceux qui, par leur énergie, créent de la richesse.
Mais le plan que le gouvernement est à la fois simple et compliqué : il s'agit de démentir l'idée que les impôts ne peuvent qu'augmenter (puisque la France, en déficit chronique, ne prélève pas assez de richesse pour faire fonctionner ses services publics et financer le social, ou alors dépense trop) et mettre fin à l'idée ancrée que l'instabilité juridique et fiscale ne cessera jamais.

Autrement dit, il faudrait qu'Emmanuel Macron parvienne à convaincre ses collègues Valls, Eckert et Sapin que la France aurait à gagner en préférant le programme du Parti Libéral Démocrate à celui du Parti Socialiste. Bon courage à lui ! En attendant, dans un pays qui refuse de voir la réalité, le vote avec les pieds des exilés fiscaux est la meilleure réponse possible face à un Etat hors de contrôle. 



mercredi 8 avril 2015

Pozzo di Borgo, l'UDI converti à la TTF ?

Vous connaissez, vous, le nom de votre sénateur ? C'est pas évident, vu que seuls les grands électeurs votent pour mettre au Palais du Luxembourg ces politiciens aguerris, et rompus à toutes les subtilités de la vie publique. 
Du coup, pas sur que vous ayez entendu parler d'Yves Pozzo di Borgo, sénateur, élu (UDI) à Paris, vice président de la Commission des Affaires européennes.
Les militants parisiens de l'UDI, le parti centriste, eux, le connaissent ! Pour une raison qui n'est pas encore tout à fait claire, Yves Pozzo di Borgo (donc membre de l'UDI), n'avait pas hésité (avec d'autres comme, Jean-Christophe Lagarde) à torpiller en public la candidature à la mairie de Paris de Christian Saint-Etienne (1) (UDI). Allez comprendre .. Mais quand Bill Clinton nous confirme que la série House of Cards et sa succession d'intrigues politiciennes est à 99% réaliste (2)  ...

Alors, qu'a donc récemment fait notre valeureux sénateur, Yves Pozzo di Borgo, pour qu'on parle de lui ? 
La réponse se trouve dans les très instructifs comptes rendus des discussions tenues dans le cadre de la Commission des Affaires européennes du Sénat. Ne riez pas, cela n'est pas si rébarbatif que çà, et surtout, c'est là où on réalise qu'en fait, entre le PS, l'UDI, l'UMP et les deux Fronts, il n'y a bien aucune alternative : nos politiciens semblent bel et bien tous d'accord pour créer toujours plus de taxes, toujours plus d’impôts (enfin, sauf pour eux, cela va sans dire, n'est-ce pas mesdames et messieurs qui rejetez la fiscalisation de l'IRFM).

Donc, si vous vous rendez sur le site web du Sénat, vous pourrez tomber sur le projet de taxe sur les transactions financières (3) et la communication de Mme Fabienne Keller (UMP, socialiste de droite). Et là, qu'est ce qu'on apprend ? Que le sénateur Pozzo di Borgo applaudit de ses deux mains ce projet de taxe dont l'inspiration est d'extrême gauche.
Que dit-il au sujet de ce projet repris par le collectif extrémiste de gauche Attac ?

"Parmi les financements innovants, la TTF est un projet fondamental pour une innovation
remarquable. [...] Une fois de plus, la France est le moteur de l'innovation fiscale et je me réjouis que le président de la République soit volontariste sur ce projet. Je suis convaincu que la création de la TTF n'aura qu'un impact marginal sur l'économie, contrairement à ce que les milieux financiers avancent avec une certaine mauvaise foi. Enfin, je suis heureux que la France retrouve son rôle de force de proposition et de réflexion sur l'équilibre du monde."

ou encore

"Comparaison n'est pas raison, mais lors de la création de la taxe sur les billets d'avion, que de cris de la part des banques aussi ! Or il n'y a pas eu d'incidences sur l'économie. Quelle est l'entreprise qui va quitter Francfort, Londres ou New York pour aller dans une bourse de l'autre bout du monde ? Je ne crois pas à la délocalisation des centres financiers, mais il est normal que les banquiers se défendent."

Pourtant, un certain nombre d'éléments devraient être rappelés au bon souvenir du sénateur Pozzo di Borgo, qui, dans un excès de folie taxatrice, se voit donc déjà légiférer, en tant qu'élu français, pour l'Allemagne ou les Etats-Unis !

D'une part, la TTF, taxe comportementale, n'a aucun sens. En effet, qu'est ce que la taxe sur les transactions financières ? La taxe Tobin (la première esquisse de la TTF), c'est une taxe proportionnelle applicable à toute transaction impliquant un instrument financier (actions, obligations, dérivés) et qui a pour but explicite de limiter la volatilité, en rendant les transactions de court terme non rentables. Si l'économiste James Tobin a donc d'abord imaginé sa taxe, ce n'était pas pour qu'elle rapporte, mais qu'au contraire, elle tue sa base fiscale, en renchérissant le coût des transactions. En effet, si une taxe altère ou annule la rentabilité prévisible d'une opération financière, on peut imaginer que les opérateurs financiers (sauf à penser qu'ils sont stupides et dotés de financements illimités) ne se lanceront pas dans une telle opération. Et si malgré l'existence de la taxe, les opérateurs se lancent dans une transaction, c'est donc qu'ils espèrent une rentabilité encore plus forte, donc plus de volatilité (4).
Si il y a une taxe Tobin / TTF efficace, il n'y a donc pas de rentrées fiscales puisqu'il y a moins voire plus du tout de transactions, sauf celles de "long terme" tel que l'achat d'actions Renault par l'Etat français, avec un argent qu'il ne possède pas, ou alors les plus volatiles.
Les taxes comportementales n'ont donc aucun sens sur le plan budgétaire.

D'autre part, la TTF a déjà testée, et elle n'a pas marché (5). En 1984, la Suède a mis en place une taxe sur les transactions financières du marché d'actions de la bourse de Stockholm, puis sur le marché des obligations. Mais cette TTF a abandonnée en 1990 suite au déplacement des transactions vers des marchés et des instruments financiers non taxés. Ce déplacement a  entraîné un effondrement des transactions à la bourse de Stockholm (entre -30 et -60% en 3 ans) et a restreint très fortement l'augmentation des recettes fiscales (50 millions de Couronnes Suédoises en moyenne par an au lieu des 1.5 milliards prévus).
Quand à la France, elle dispose en réalité déjà de sa TTF. Une taxe sur les transactions financières a été instituée par les dispositions de l’article 5 de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012 de finances rectificative pour 2012 (6).
La encore, les effets ont été les mêmes qu'en Suède : la taxe sur les transactions financières française a fait baisser les volumes de 10% à Paris.
Qu'est ce que le sénateur Pozzo di Borgo pense qu'il se passera quand l'UE adoptera une TTF Européenne ? Les transactions iront ailleurs, tout simplement, et les entreprises suivront, pour celles qui, PME ou grands groupes comme Total (7), ont anticipé. Fantasme ? Le sénateur Pozzo di Borgo dispose certainement d'une connexion Internet. Il peut donc constater deux choses : d'une part, grâce à Internet, les choses ne se passent plus comme dans un roman de Zola, il n'y a plus besoin d'être dans l'enceinte du palais Brongniart pour faire une transaction boursière (8). D'autre part, des plans existent chez un certain nombre de groupes français pour partir.

Qui plus est, la double justification morale de la TTF, "réguler la finance" et "aider ces pauvres pays africains" ne repose sur rien. D'une part, depuis 2008, ce qui a fait faillite, c'est la finance régulée (Dexia ?) et les finances publiques, mais certainement pas tous ces mastodontes dont le public n'entend jamais parler, type Icap, Blackrock ou Ontario Teachers. Normal, on a voulu faire croire que la crise, c'était la méchante finance et non pas des décisions publiques et politiques néfastes. D'autre part, on sait que l'aide publique au développement est une fumisterie. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est du libre échange, et certainement pas de la commisération de députés et de sénateurs français.

Pozzo di Borgo est-il toujours à l'UDI, c'est à dire le parti membre, au niveau européen, des centristes et libéraux européens (ALDE) ou bien s'apprête t-il à rejoindre des groupes anti libéraux et plus extremes ? Parce qu'une chose est sure : il ne peut pas y avoir de TTF sans frontières ultra étanches, d'où la cohérence des extrêmes pour qui la fermeture des frontières est la base. Pour info et si le le sénateur Pozzo di Borgo l'avait oublié, son parti politique, l'ALDE, a rejeté l'idée de taxe sur les transactions financières (9).
Pozzo di Borgo n'est pas obligé d'être aussi versatile que l'ancien président de la République !

Quand on parle du rejet de la TTF, il ne s'agit absolument pas de défendre les banques, il s'agit de défendre le consommateur. Chacun sait à quel point, comme n'importe quelle entreprise d'ailleurs, les banques et les intermédiaires financiers ne sont clairement pas la Croix Rouge. Leur but, comme n'importe quelle entreprise, est de faire du profit, et ce en tenant compte des très nombreuses contraintes juridiques qui pèsent sur elles. 
Mais les banques paient déjà les taxes et impôts suivants :
  • C3S bancaire
  • taxe systémique
  • impôt sur les sociétés (comme toutes les entreprises) 
  • Contributions additionnelles
  • TVA (non récupérable, à la différence des sociétés industrielles du CAC 40)
  • taxe sur les salaires
  • CVAE
  • Taxe sur les bureaux
  • Retenues à la source 
Or, une taxe est toujours répercutée sur le consommateur final. Donc si à cette longue liste de taxe, on rajoute la TTF, alors elle sera payée par nous tous. Et ne pensez pas qu'en matière d'intermédiation financière, vous n'êtes pas un consommateur final. En effet, vous n'êtes peut être pas un day trader en possession d'un compte titre chez un broker, à l’affût des opportunités sur les marchés. Cette catégorie est de moins en moins nombreuse (merci Fillon et son abaissement du seuil des taxations sur les plus values sur cessions de valeurs mobilières au premier euro de cession ). En revanche, combien de français ont de l'assurance vie investie en divers produits financiers ? Même les fonctionnaires sont indirectement actionnaires, quand ils épargnent via la Prefon !

En outre, Dans un pays, la France, qui dépend bien plus des banques et du secteur financier que la Suisse (et oui !), et dans une aire urbaine, la région parisienne, qui a déjà un problème de sièges sociaux, veut-on vraiment risquer de voir BNP Paribas, Credit Agricole CIB ou Natixis d'achever leur déménagement ? 
A quand un nouveau contrat social ? Voila ce qu'on attend des politiciens comme le sénateur Pozzo di Borgo. Qu'ils nous propose un recentrage de l'Etat sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, et un système fiscal juste, simple, fondé sur une flat tax la plus faible possible, au lieu de se livrer à ce concours permanent de "créativité" fiscale ! 

jeudi 6 novembre 2014

«#Luxleaks»: le Luxembourg a raison de mener sa politique !

Heureusement qu'il y a le Luxembourg et ses petits arrangements avec les départements fiscaux des multinationales !

Comme ça, cela permet aux médias de la bobocratie (le Monde (1) et The Guardian (2)) de taper sur un petit pays qui ne demande qu'à vivre, lui, et ses dizaines de milliers de frontaliers, y compris français, plutôt que de se poser les vraies questions. 

Déjà, il est assez comique que le Monde, qui, jamais n'a critiqué les propos de Manuel Valls ("la France décide seule (3)") alors que la France viole les traités européens, dénie au Luxembourg le droit se voter ses propres lois. On ne peut pas excuser la France d'avoir un comportement budgétaire non seulement irresponsable mais en plus contraire aux traités, et ensuite venir faire des reproches aux autres. 

Ensuite, la France et sa classe politique et médiatique n'ont vraiment pas à donner de leçons. Quand on autorise l'UEFA à opérer dans un cadre fiscal sur mesure afin de s'assurer l'Euro 2016 (4), quand on pense que le régime d'exception des DOM TOM, ou celui des impots en Corse sont justifiés, de quel droit se mèle t-on des affaires fiscales des autres ? La France ne cesse de créer des niches sur mesures pour les journalistes ou les politiciens. C'est son droit. C'est aussi le droit du Luxembourg que de préférer attirer des entreprises dans un pays qui, à la différence de nous, n'a ni accès à la mer, ni atouts particuliers. 
Nos voisins et amis belges peuvent aussi se poser des questions, qu'est ce que Belgacom (5), majoritairement détenu par le royaume de Belgique, fait au Luxembourg ? Tout ceci, comme dans le cas français, est d'une énorme hypocrisie. 
Oui, la France, l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Italie, l'Espagne ou les Etats Unis ont besoin de l'existence de petits pays comme la Suisse ou le Luxembourg. 
Ils sont doublement indispensables.

D'une part, ils permettent de servir de piqûre de rappel, dans un contexte de fiscalité largement excessive dans la plupart des démocraties occidentales. Pendant que le Luxembourg attire des entreprises, la France préfère créer des emplois jeunes ou aller faire la guerre au Mali. L'existence du Luxembourg contribue, avec d'autres éléments, à rappeler l'existence de la courbe de Laffer et à se souvenir du fait que nous ne devons pas aller trop loin en terme d'oppression fiscale. 

D'autre part, cette polémique sur le Luxembourg permet de réaliser quelle est l'idéologie qui anime un grand nombre de politiciens, en France notamment : celle de la prison fiscale et de la confusion entre les patrimoines privés et "public". (En réalité, comme disait Margaret Thatcher, il n'y a pas d'argent public, mais admettons). L'argent produit EN France par des personnes privées ou morales, n'est pas l'argent DE France, l'Etat. 

Arrêtons de critiquer le Luxembourg, demandons plutôt ce que nous français pouvons faire pour : 

  • simplifier notre système fiscal (flat tax ?)
  • migrer d'un système de prélèvements contraints vers un système de dons volontairement consentis
  • arrêter l'hypocrisie (Monaco ? Andorre ?)
  • faire en sorte que les politiciens français paient eux aussi des impots
  • aligner nos dépenses publiques sur nos recettes fiscales, sachant que ces dernières, malgré l'existence du Luxembourg, ont toujours progressé, même depuis 2008


Plutôt qu'ériger des murs de Berlin fiscaux, réformons notre pays, en diminuant le rôle de l'Etat !



jeudi 27 juin 2013

Francophonie : la France qui se tire une balle dans le pied

On lit peu de critique de la politique étrangère du Président Hollande, aussi bien dans la presse que sur les blogs, degôche notamment. Certainement est-ce dû au respect tout monarchique de ce qui était, sous De Gaulle, Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac le "domaine réservé". 
Il y aurait pourtant de quoi dire, si on se souvient que toutes les initiatives diplomatiques du prédécesseur de Hollande avaient été fortement contesté par l'actuelle majorité. 

Mais au delà de la préférence pour la réception à l'Elysée de dictateurs africains, des voyages à bord de Air Sarko One en direction des pays du Golfe, du maintien des principaux acquis Sarkozystes (Francafrique, base militaire permanente aux Emirats Arabes Unis, mépris des petits pays Européens), s'il y a bien un élément qui est surprenant, c'est bien l'absence de vraie politique de Commonwealth de la Francophonie.

Certes, il y a une ministre en charge du sujet. Elle s'appelle Yamina Benguigui. Mais, pour paraphraser une petite phrase politique désormais célèbre, qui connait Yamina Benguigui ? Et puis surtout, au delà des problèmes de casting, quelle est la vision stratégique du gouvernement sur la nature des liens qui devraient unir la France à ses anciennes colonies et protectorats, à part leur faire la guerre de temps en temps ? 

Le Royaume-Uni est, au sortir de la guerre, devenu un petit pays, comme la France. Mais qu'est ce qui fait qu'Elisabeth II demeure un souverain d'un grand ensemble alors que, manifestement, le Président Hollande ne semble pas occuper la même place symbolique au sein de la Francophonie ?



Au delà des personnages représentatifs tels que la Reine d'Angleterre ou le Président de la république française, il y a aussi, disons le clairement, la réalité de tout un pays et de son administration, qui font tout pour que la France soit bien détestée la où elle devrait être le pays préféré.

Avez-vous lu le témoignage de Bousso Dramé, lauréate du concours d'orthographe organisé par l'Institut français de Dakar,  diplomée de Diplômée de Sciences Po Paris, Master en Affaires Internationales, et de la  London School of Economics, MSc in International Political Economy, nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial ? Elle s'exprime dans Jeune Afrique (lire Sénégal : elle refuse un visa pour la France plutôt que d'être "traitée comme une moins que rien").
Voila une jeune femme a priori plutôt intelligente, formée en partie en France, et que le consulat de France à Dakar a confondu avec une immigrante illégale potentielle. Oups. Accident ? Non, pas vraiment. Les forums Internet regorgent de ce genre de témoignages. Mais surtout, c'est bien parce que les diplomates français en Afrique ont trop souvent à croire qu'ils sont l'avant garde d'une guerre anti-invasion que ce genre de choses arrivent.
Pourquoi la France ultra socialiste et ultra étatiste s'évertue t-elle à ériger des murs de Berlin bien réels au lieu, de, au contraire, faciliter la venue des habitants de la francophonie, afin de profiter de leur volonté de se développer ? Au lieu de s'attaquer au problème (les allocations diverses et variées en France, et la volonté de l'Etat de s'occuper de tout), on traite une des conséquences (l'immigration) et ce faisant, on se prive du dynamisme des élites des pays émergents francophones.

Il n'y a pas que la cécité vis-à-vis des pays francophones africains qui soit un problème. Il y a aussi notre diplomatie vis-à-vis des pays riches francophones qui peut faire l'objet d'interrogations. Où sont les relations privilégiées de Hollande avec Albert II de Belgique, Henri de Luxembourg, Ueli Maurer (Suisse) ou Jacques Chagnon (Quebec) ? Pourquoi stigmatiser la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, au lieu de mettre en avant leur système démocratique, leur économie de marché et leur excellent classement au niveau de la transparence ou du développement humain ?

Tout faire pour que la francophonie soit coupée de la France, ce n'est pas juste se tirer une balle dans le pied, c'est aussi tout faire pour laisser croire aux français que le système socialiste, mort vivant, est encore viable. 

dimanche 23 juin 2013

Bonne fête nationale à nos amis du Luxembourg !

C'est la fête chez nos voisins et amis du Grand Duché ! 

Le Grand Duché de Luxembourg, une monarchie constitutionnelle

Pour la petite histoire, ni prise de la Bastille comme pour notre 14 Juillet ni Chute du Mur de Berlin et commémoration de la réunification comme pour le 3 octobre de nos voisins et amis Allemands et pas d'Independence Day américain non plus.

Le 23 Juin luxembourgeois, c'est une fête fixée mi-pragmatiquement mi-traditionnellement (voyez l'article Wikipedia sur la Fête nationale du Luxembourg).

Notons que le Président Hollande, qui fait le tour du Monde à bord du Air Sarko Hollande One qui avait soulevé tant de polémiques (au lieu de l'avoir revendu pour acheter un avion moins luxueux) n'a pas encore fait de visite officielle au Luxembourg, ni en Suisse d'ailleurs. 
Ces pays, par ailleurs en lutte contre le droit du plus fort que les grands pays européens ont parfois la tentation de mettre en oeuvre, sont sans doute trop libres et trop démocratiques. 

Il est du coup certainement plus intéressant de se couler dans les pas de son prédécesseur en matière
Le Président Hollande au Qatar
diplomatique, et d'aller visiter des Emiratis que les socialistes critiquaient tant, pour leur argent, leur influence, leur non respect de la laicité, etc.
Mais ça, c'était avant.

Enfin, n'alimentons pas la polémique, et célébrons donc le demi anniversaire de la Grande Duchesse Charlotte et le solstice d'été, demain, les choses sérieuses grand ducales (Fatca) ou françaises (guerres en Afrique contre les "terroristes") reprendront.

vendredi 24 mai 2013

Tout le monde a sous-estimé François Hollande

Ce matin, le Président de la République est à la Une de L'Opinion, qui titre "François Hollande face à la rue". 
Force est de constater que tout le monde, ou en tout cas beaucoup de monde, a sous-estimé la capacité politique de celui qui fut l'apparemment insignifiant Premier Secrétaire du Parti Socialiste. On peut dire que ce poste, à la tête d'une organisation contradictoire et ingouvernable, ainsi que son apprentissage auprès de Mitterrand, lui aura appris bien plus que l'on croit. 

En effet, prenons la séquence d'événements qui a conduit le maire de Tulle à devenir président de la République. 

Fin 2011, alors que DSK est l'archi favori de la gauche, Hollande commence à se préparer (1), au cas où. En effet, tout comme on peut imaginer que Sarkozy pensait peut être gagner sans combattre, une fois que le CV de l'ancien directeur du FMI aurait été révélé, il est possible de penser que Hollande lui aussi, même s'il se défend de jamais n'avoir rien vu, rien su, rien entendu, doutait de la solidité de DSK en tant que candidat. 
De plus, ce fin connaisseur de la géographie électorale du pays a bien observé l'état d'exaspération du pays, tout en ayant probablement objectivement conscience du fait que Sarkozy a fait ce qu'il a pu, dans le respect de l’appétence des français pour l'étatisme et le socialisme, et en tenant compte des contraintes qui pèsent sur le pays. 
On se souvient de l'arrogance du discours "Moi, Président de la République" et du fait que, bien qu'il n'avait pas plus de solution contre la crise, Hollande a surtout reproché à Sarkozy le fait qu'il se réfugie derrière la "conjoncture internationale" pour expliquer son échec notamment.

A présent, Hollande est Président de la République. Il y a été porté par une coalition d’intérêts hétéroclites et de votes divers, de gauche, d’extrême gauche (Front de Gauche) et du Front National (2). Il a donc bien conscience de la fragilité de sa majorité. Il a bien réussi à museler l'opposition interne à la gauche (les Verts d'EELV sont portés disparus) et à corneriser Mélenchon, dont le discours se rapproche de plus en plus de celui de Marine le Pen. Et maintenant ? 

Partons donc de l'hypothèse que le seul moteur d'action de Hollande est la conservation du pouvoir. Alors constatons qu'en réalité de ce que l'on peut penser, il s'en sort très bien. Le disciple de Mitterrand a bien appliqué le principe de "diviser pour mieux régner". 
Que se passe t-il depuis l'automne dernier ? 
Hollande n'a aucune prise sur l'économie. On peut même clairement dire que les décisions du gouvernement détériorent la situation. Par contre, il a un levier énorme sur le sociétal, et sur la possibilité de diviser les français. Le mariage gay a été une pièce maîtresse dans ce dispositif. D'abord, il s'agit d'une revendication communautariste portée en France par des mécènes du PS (Pierre Bergé) et par, disent les instituts de sondage, des électeurs socialistes. De plus, il s'agit d'un projet auto proclamé "progressiste" (alors qu'il est conservateur car quoi de plus classique que le mariage  ?). Et surtout, il s'agit du projet parfait pour diviser la droite, qui non seulement n'a toujours pas défini de ligne politique, mais se voit influencée par ses éléments les plus conservateurs (au sens politique du terme). 

Toute la stratégie de Hollande vise à réveiller les mouvements qui caricaturent la droite morcelée ou le catholicisme, pourtant religion ultra minoritaire en France (4.5% des français sont catholiques) afin de créer un point de fixation des médias. Comment interpréter le fait que Najat Belkacem, pourtant connue à la fois pour ses propos scandaleux tenus au sein de la fac de Lyon sur la traite négrière (3) ou pour son silence vis à vis de la politique anti-gay du Maroc (4), soit désignée pour aller célébrer les fêtes de Jeanne d'Arc à Rouen (5) ? Comment interpréter les propos de Manuel Valls sur les incidents du Trocadero ? 

Les raisons pour se sentir agressé par le gouvernement sont nombreuses, quand on est de sensibilité non socialiste, et la stratégie d'enfumage fonctionne à plein. Et pendant que le peuple va manifester contre une loi déjà en vigueur, le gouvernement poursuit son travail de restriction des libertés civiles. C'est bien de se battre pour le droit d'enfants qui n'existent pas encore, mais ne serait-ce pas plus intelligent de protester contre : 
  • les lois de finance, spoliatrices
  • le tour de vis sécuritaire et fiscal qui va bientôt s'appliquer à l'Internet (lutte "anti terroriste" et "anti piratage")
  • le statut fiscal du Président de la République et de sa compagne, sur leur ISF, notamment
  • l'unilatéralisme du droit public qui désavantage les usagers face à l'administration
  • la persistance des fichiers de police hors de contrôle, type STIC ou FNAEG 
  • l'usage par le fisc de pratiques théoriquement répréhensibles, telles que le recel de fichiers volés
  • les délais de paiement de l'administration vis a vis des PME 
  • la volonté d'imposer à nos partenaires Européens notre vision de l'harmonisation fiscale
  • FATCA, la nouvelle législation fiscale américaine, de portée mondiale
  • l'écrasement planifié des petits pays (Suisse, Luxembourg)

Ce qui se passe en ce moment, c'est que bien que les Etats aient prouvé leurs limites, surtout depuis le début de la crise en 2008, ils se comportent comme des animaux blessés, très dangereux. Avec un ultra étatiste intelligent et sous estimé à la tête d'un pays comme la France, le cauchemar est d'autant plus grand. Les hochets sociétaux qu'il envoie dans le débat public ne doivent pas faire oublier qu'il fera tout pour s'accrocher au pouvoir. Dommage qu'il n'y ait pas d'opposition pour le signaler. Cette dernière est sans doute trop occupée à courir après la Manif de dimanche, quand elle ne se bat pas sur des débats d'idées mais de personnes. 

Hollande face à la rue ? Mais il n'attend que ça, histoire de montrer qui commande. Ce n'est pas le peuple qui commande, manifestement. Pour les libertés, on repassera. 

(1) Hollande : "Aucun sondage n'a élu un candidat" TF1, le 7 septembre 2011
(2) Hollande s'adresse aussi aux électeurs du FN, le JDD du 23 avril 2012
(3) Najat Belkacem chahutée sur l'esclavage, Lyon Capitale du 18 avril 2009

jeudi 9 mai 2013

Réponse à la lettre ouverte à François Hollande de Clara G., 20 ans : commentaire

Nombreux sont celles et ceux qui ont lu 


François Hollande : Une étudiante lui écrit pourquoi elle veut s'expatrier



De nombreux sites en ont parlé : 


Pourquoi ?

C'est simple : les jeunes se reconnaissent en Clara G. Enfin, les jeunes ... pas forcément tous, si on en croit la réponse de Marie-Charlotte, sur le site de Madmoizelle (lire "Réponse à la lettre ouverte à François Hollande de Clara G., 20 ans"), et celle de Sofiane Nait sur le Plus Nouvel Obs (lire Lettre d'une étudiante à Hollande : l'État n'est pas responsable de votre résignation).

Marie-Charlotte a une réponse classique : elle explique que vivre en France permet de bénéficier d'un système de santé à faible coût  d'un enseignement supérieur bon marché, de la possibilité pour les femmes de faire carrière, et qu'enfin, tous les pays sont en crise. 

Sofiane Nait, lui, explique que quand on fait des études d'histoire, on ne cherche pas à s'enrichir, que l'Etat n'est pas responsable de notre manque de perspectives et qu'ailleurs, c'est pareil. 

Ces deux critiques sont intéressantes. Elles montrent que, face à une situation bloquée, il y a effectivement deux options : soit on cherche, comme Marie-Charlotte, à profiter soi-même du système avant qu'il ne s’effondre totalement, en s’efforçant de croire qu'il est, au final, plutôt juste. Soit on fait comme Sofiane, on se prend en main, sans rien attendre de la France, mais sans partir. 

Marie-Charlotte est dans une situation de déni, parce que tout est fait autour de nous pour que nous croyions vraiment qu'en définitive, le système social français bénéficie à tous et nous protège. Mais sait-elle qu'un nombre croissant de français ne peuvent plus se soigner ? Que des médecins refusent des patients couverts par les dispositifs de gratuité type "CMU" car ils sont trop complexes et remboursés en retard ? Que les étudiants diplômés sont en concurrence avec les jeunes professionnels pour des stages ? Que le système scolaire français dans son ensemble est globalement injuste puisque donnant une prime aux insiders que sont les employés de l'Education Nationale ? Que les 10% de chômage officiel sont 30% à 60% plus élevés qu'en Allemagne, aux Pays Bas, au Royaume Uni , en Suisse, au Luxembourg ? 
Marie-Charlotte a raison. La France actuelle fonctionne bien, mais juste pour une petite partie de la population : les diplômés Bac +2/Bac +3 et +, cadres titulaires de la fonction publiques ou employés du CAC 40. Pour les autres français, c'est plus dur. 

Les clients d'EDF en banlieue ouest de Paris (Neuilly, Levallois, Nanterre) laissés sans explication façe à la panne de Janvier dernier, les usagers des lignes de RER A, C et D, les personnes qui font la queue à la CAF pendant des heures, les chômeurs en fin de droit qui s'immolent un peu partout dans le pays, les chefs d'entreprises écrasés par les charges et l'instabilité juridique et fiscale, les 100 000 jeunes qui sortent tous les ans du système scolaire sans qualifications, les manifestants fichés dans le FNAEG, les jeunes arrêtés par la police parce qu'ils n'ont pas le bon t-shirt, les patients qui préfèrent avoir recours aux services de médecine de Hongrie ou de Pologne, les 30% de détenus qui sont en préventive et en attente de procès, tous ces gens, eux, ne pensent pas comme Marie-Charlotte mais sont d'accord avec Clara G. Ils pensent qu'une autre France est possible, une France plus libre et moins étatique.


Quand à Sofiane, qui fait preuve de lucidité sur un certain nombre de points, qu'il n'oublie pas que les études de sciences humaines peuvent parfois mener à la fortune. Question de chance, talent et volonté. Il n'y a pas de fatalité à ce que les études de lettre ou d'histoire ne mènent qu'à la fonction publique, qui, d'ailleurs, ne recrute plus. Tout serait plus facile pour Clara G. si nous n'avions pas un gouvernement désireux d'en finir avec le statut des auto entrepreneurs, par exemple, ou soucieux de faire croitre la sphère publique, dans tous les domaines, au détriment des biens et libertés des gens. 

Cet immobilisme gouvernemental a une explication très simple : la génération du baby boom a fondé son mode de vie sur une hypothèque des droits des générations futures. Croire, par exemple, que la retraite par répartition est juste, alors que les paramètres démographiques de 2013 n'ont rien à voir avec ceux de 1945, c'est du syndrome de Stockholm, facilité, il est vrai, par la faible mobilisation politique des jeunes. Le gouvernement fait la politique réclamée par celles et ceux qui se mobilisent. Alors, Sofiane, Marie-Charlotte et Clara G. ont beau avoir des points de vue très différents sur la France, ils sont cependant à la recherche de la même chose : le droit à un avenir, non pas garanti, mais au moins permis. Qui saura les représenter ?


Egalement sur Doctissimo Actualité et sur Agoravox

lundi 8 avril 2013

Une possible affaire Fabius tétanise l'Elysée


Libération n'a manifestement pas vu que le cauchemar a commencé il y a un moment. 
Le problème n'est certainement pas le manque d'éthique de socialistes donneurs de leçons. Les français ne se faisaient aucunes illusions depuis le jet privé Tulle-Paris ou depuis l'affaire du restaurant le Laurent. Les socialistes semblent autant accros aux avantages que leurs collègues du précédent gouvernement. Ou, comme dirait H16 : Une classe politique vraiment pas classe.

Le vrai problème, c'est l'enfermement progressif du citoyen dans un cadre coercitif dont nous ne faisons que percevoir les effets. Que Cahuzac, peut-être Fabius si les allégations de la presse se vérifient, soient victimes collatérales de l'acharnement des grands pays type France, Allemagne et Etats Unis d'Amérique contre le secret bancaire n'est qu'une petite réjouissance. Car cela traduit surtout le fait que l'interventionnisme croissant des grands pays dans les lois des petits pays, depuis des années, commence à porter ses fruits. Les armes, parfois illégales comme le recel de documents volés, utilisées par des démocraties, pour traquer ses citoyens, se retourneront contre nous tous, car il y aura toujours un poste de fonctionnaire supplémentaire à créer, une guerre à financer, une retraite à payer. 

Le cauchemar, c'est que le PS a (logiquement) emboîté et amplifié les pas de l'UMP en mode toujours plus d'Etat, toujours plus de lois. Jamais personne à la tête de l'Etat ne semble se dire que si même le ministre du budget fraude, c'est peut-être, éventuellement, parce qu'il pourrait y avoir juste un petit peu trop d’impôts et trop de dépense publique.

Comment des pays démocratiques comme la France peuvent accepter des législations à portée mondiale comme Fatca (le droit des Etats Unis à exiger de n'importe quelle banque, partout dans le monde, le fait de devenir un agent collaborateur de l'IRS, le fisc américain) ? La liberté de la Suisse et du Luxembourg, c'est aussi notre liberté. 

A court terme et pour revenir à notre situation politique nationale, pour paraphraser A toi l'honneur, le remaniement, c'est maintenant ? En fait, ça serait plutôt : la dissolution, c'est maintenant.  Nous n'en pouvons plus de cette majorité socialiste sectaire et donneuse de leçons (sauf quand elle se rend au Maroc, lire Hollande au Maroc avec ses fatmas, Valérie et Najat Najat Vallaud-Belkacem, sa ministre laïque des Femmes, se voile ! sur le blog de PasiDupes, et demandez-vous pourquoi la religion a droit de citer la bas mais pas ici chez nous en France)

NB : 8h18 : d'après BFM Business Radio, Fabius a démenti les infos selon lesquelles il aurait un compte en Suisse

lundi 18 mars 2013

Quelle politique pour la ville ?

Oyez oyez les franciliens et plus spécialement les habitants de Seine Saint Denis , vous en avez de la chance petits veinards ! On a un ministre, un certain François Lamy (vous ne connaissiez pas ? votre bloggeur non plus !) qui bosse dur pour ne rien dire !

François Lamy
Quelle politique pour la ville ? La super question que les journalistes de Public Sénat se posent avec notre argent. 

Déjà, penchons nous sur le cv du super ministre : ah oui, ça, c'est du parcours ! Né en 1959 (oui, encore un de ces baby boomers qui pensent que ce qu'ils ont vécu est dû au mérite de leur génération et non pas à la prédation faite sur les générations suivantes), animateur socio-culturel, puis instituteur, puis professionnel de la politique. Avec une expérience pareille, on peut parier que le ministre de la ville est (hélas sincèrement) convaincu de l'existence de ce modèle "méritocratique républicain" auquel les socialistes se raccrochent pour mieux masquer les privilèges dont bénéficient certains.

Passons. Après tout, nul ne choisit sa naissance et son milieu. 

Par contre, ce qu'on choisit, c'est ce qu'on dit. Et quand on a rien à dire à part des banalités, des faux semblants et des inexactitudes, il vaut mieux rester chez soi. 


LE DEBAT,Quelle politique pour la ville ? par publicsenat Exemple concret ? Lamy (à ne pas confondre avec celui de l'OMC) pense que son initiative, des conventions cadres dans tous les sens signées avec les autres ministres ou Pole Emploi ( pour fixer les objectifs et les engagements financiers de la mobilisation dans leurs domaines de compétence (emploi, éducation, sécurité, santé, jeunesse, etc.)) est une première. 

Oui, chers Franciliens, chers Dyonisiens, encore un type qui ignore que nous sommes à l'heure de Google, Youtube et Dailymotion. Et oui, ce que fait François Lamy, c'est que faisait Fadela Amara, et les autres avant, sans doute.




Première erreur. 

Deuxième erreur : le fond. 

François Lamy pense que l'Etat doit faire plus pour les "quartiers". Vous trouverez dans la Gazette des Communes toute une série de propositions qui tendent toutes vers le même but : amener plus d'argent public vers les zones prioritaires, ce qui signifie forcément prendre plus d'argent aux zones non prioritaires, alias les contribuables. 

Mais les quartiers dit sensibles n'ont pas besoin de plus d'argent public. Ils ont besoin de moins d'Etat. Le 93 est plus pauvre que le VIeme arrondissement ? Oui, et alors ? D'ailleurs, ce ne sont pas les socialistes fans de la rive gauche de Paris/de l'Ile de Ré/des collèges & lycées privés/des mas en Provence qui s'en plaindront ! Il ne faudrait quand même pas que les gens de Villiers le Bel viennent les déranger !
Mais bien sûr qu'il y a des coins de riches et des coins de pauvres dans un pays comme la France. Même en URSS, il y avait des datchas pour la nomenklatura et des HLM hideuses pour les prolétaires supposément égaux. Il faut juste le dire, et sortir de l'illusion de l'égalité, dont les français ne veulent pas, pas plus qu'ils ne veulent de mixité sociale (lire La mixité sociale, personne n'en veut, un post du 28 mars 2012)

Ce ne sont pas les problématiques liées au logement auxquelles il faut s'attaquer, mais à celles liées aux barrières à la création de richesse et au travail. 
Exemple concret ? Pourquoi le permis de conduire coûte t-il si cher ? Est-ce qu'un pays comme les Etats Unis, où des jeunes gens conduisent à 16 ans après une formation bien plus sommaire que chez nous, est foncièrement plus mortifère au niveau routier ? Si le permis était moins cher, sans doute y aurait-il besoin de moins de nouvelles lignes de RER. Evidemment, il faudrait remettre en cause le numerus clausus que l'on constate de facto pour les places d'examen ...
L'emploi ? Vaste sujet ! Est-ce que le gouvernement est vraiment prêt à tout faire pour que l'offre de travail (proposée par les salariés) et la demande de travail (exprimée par les employeurs) puisse se rencontrer ? Rien n'est moins sûr. Sinon, le gouvernement aurait 
  • supprimé les 29 ou 30 différents types de contrats disponibles au profit de la liberté contractuelle
  • baissé la dépense publique et amendé à la baisse la redistribution afin de pouvoir réduire et simplifier le taux de charges sociales qui pèse sur les emplois
  • supprimé, par la même occasion, les dispositifs d'aides et autres défiscalisations, afin de cesser de laisser croire aux entreprises que telle ou telle pourra, selon, exister ou être remise en cause. A la place, une fiche de paie type Luxembourgeoise pourrait être instaurée (peu de lignes, peu de prélèvements  et impôt sur le revenu à la source)
  • refuser d'instaurer ces "emplois d'avenir" discriminants qui, heureusement (pour la lutte contre le racisme), ne décollent pas.
  • dépénalisé la production, la consommation, la détention et la vente de drogue, afin de diminuer le gap de rentabilité entre un boulot de guetteur en cité et un emploi chez Mc Do.
Une politique de la ville, c'est une ville sans politique pour entraver ou influencer les choix des acteurs que sont les gens. Que l'Etat s'occupe de son boulot, les français s'occuperont de leurs affaires. Or, si on en croit l'actu, (militaires tués au Mali (1) pour une guerre dont on ne comprend pas le but (2), diplomates accusés de corruption (3), législateurs en procès pour des détournements de fonds publics (4), policiers aux pratiques contestables (5), justice qui manque cruellement de moyens ou surpopulation carcérale (6)), l'Etat fait mal son boulot. Et le tout, à crédit et en augmentant les impots !


mercredi 23 janvier 2013

Faut faire payer Google et Amazon !

Débat très intéressant hier soir chez Fabrice Lundy dans son émission "les décodeurs de l'éco", sur BFM Business. Le sujet était "comment mieux taxer Google et Amazon ?". En effet, 50 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 10 milliards de profits, forcément, ça attire les rackeeeeuh pardon le fisc :-). 

Il parait que nous sommes en crise et que, du coup, tout le monde doit contribuer. En crise, vraiment ? Quand on écoute le PS et la presse socialiste, on peut en effet penser que "des rentrées fiscales échappent à la France". Vous savez, le fameux "manque à gagner". Simplement, que disent les chiffres de l'INSEE ? 

Les recettes fiscales nettes étaient de 254,7 milliards d'euros en 2010 et de 254,4 milliards d'euros en 2011 (source INSEE), soit une baisse quasi nulle (-0.1%).  Pour 2012, ça sera 274 milliards (source Performance Publique). Même le si peu politisé SNUI SUD est obligé d'indiquer, dans son bilan du quinquennat Sarkozy, que les recettes fiscales étaient de 253.9 en 2007 et qu'elles seront de 274 cette année. 
Autrement dit, alors que c'est la crise, les ressources que l'Etat a su dégager par la force ont été en progression. Pourquoi les déficits, alors, direz vous ? 
A cause de la dépense, bien sur. 

Imaginez un ménage qui dépense 1000 euros par mois pour son loyer, sa nourriture, etc, mais que son salaire est de 700 euros. Tous les ans depuis 30 ans, ce ménage emprunte 300 euros par mois. Il s'endette donc à hauteur de 3600 euros par ans. Pour se rassurer, il se dit que son déficit de 300 euros par mois est certes de 30% de son salaire mais sa dette de l'année (3600) n'est que de 42% de son revenu annuel ! Ce ménage, c'est la France. 

Et au lieu de demander au gouvernement pourquoi il dépense 2 millions par jour au Mali alors qu'une PSP et Call of Duty ne coûtent que 160 euros, au lieu de demander pourquoi le maire de Tulle le Président de  la République Hollande a besoin d'aller souhaiter la bonne année aux habitants de Tulle, au lieu de demander si Nantes a vraiment besoin de dépenser 600 millions pour un aéroport alors qu'il y en a déjà un, au lieu de demander le radeau du lac d'Egluzon valait le coup, au lieu de demander si la France a vraiment besoin de l'ile de Mayotte, au lieu de demander si c'est juste de subventionner certaines entreprises (entrepôt logistique Amazon Maçon-Loches, Dexia, SNCF, la presse française) alors que d'autres montrent qu'il est possible de s'en sortir sans béquilles (Ventre Privée, Rothschild, Ryanair ou le Canard Enchainé), non, des sénateurs pondent des rapports pour "inventer la fiscalité du numérique". 

Le gouvernement veut s'abriter derrière les frontières du pays pour taxer plus et couper l'herbe sous le pied des pays plus dynamiques et plus malins que nous ? Pas très malin au moment même où on est censé se féliciter de l'abaissement des frontières au sein de l'UE. Attendons le jour où la Suisse et le Luxembourg mettront les frontaliers français au chômage et on verra si les français sont gagnants ou non dans le processus d'ouverture des frontières. Imaginons un scénario où d’hypothétiques autorités fiscales africaines diront à Areva et à Total de payer leur impôt sur les sociétés, applicable à tous leurs bénéfices, au Niger et au Gabon, et on verra si la France doit vraiment jouer cette carte stupide de la redéfinition de la notion d'établissement stable. Et quand Fina (Total) ou Hambros (SocGen) seront repartis chez eux (Bruxelles et Londres),  la, il sera toujours temps de réfléchir. 

On comprend mieux pourquoi Milton Friedman disait qu'il était pour n'importe quelle baisse ou suppression d’impôt  quelque soit le motif. On voit bien que quand l'Etat a repéré un peu de cash à écrémer, il ne lâche jamais l'affaire. Jamais. Il y aura toujours un fonctionnaire de plus ou un service public à financer. Or, si vraiment on veut faire du social, alors il faut commencer par lutter contre l'ultra étatisme. L'Etat ne sait pas gérer, comment faut-il le dire ?



mercredi 9 janvier 2013

Gentil Virgin France vs méchant Amazon Luxembourg ?

Aurélie Filippetti
Aurélie Filippetti, la ministre française de la Culture a dénoncé la "concurrence déloyale de distributeurs en ligne comme Amazon, dont a souffert le groupe de distribution de produits culturels Virgin Megastore"  qui a annoncé son dépôt de bilan. Ces entreprises "ne sont pas soumises à la même fiscalité que les entreprises localisées physiquement en France", a expliqué Aurélie Filippetti, si on en croit Capital.



Ah bah zut alors ! Encore une entreprise bien de chez nous, victime d'Internet/des étrangers/du giga ultra libéralisme super débridé anglo-saxon et très méchant :-) !
Un peu comme PSA, probablement (-16% cette année),  sans doute eux aussi victimes des téléchargements illégaux de voitures à l'étranger ;-)

En même temps, la déclaration d'Aurélie Filippetti, c'est une bonne nouvelle ! Elle signifie qu'il y a des économies faciles à réaliser du coté du Ministère de la Culture et de la Communication. Bah oui ! Quand on fait une déclaration pareille, c'est que le staff qui a préparé le dossier est clairement incompétent ! On peut donc les virer pour incompétence, sans indemnités (que les éventuels avocats en droit social lisant ce blog corrigent si erreur). 

16 membres de cabinets, tous X, Ena, HEC etc, et qui doivent coûter ensemble au grand minimum 83 200 euros par mois, et pas un pour expliquer à Aurélie Filippetti que :
  • peut-être que c'était la bonne santé du marché du disque, durant les années 90, l'exception
  • le commerce de produits culturels est difficile, tout simplement, surtout en période de taux de chômage qui explose, parce que le gouvernement préfère se concentrer sur le mariage pour tous plutôt que sur la dérégulation du pays

De toutes façons, les salariés, eux, n'accusent pas Amazon et le Luxembourg. Ils disent que c'est l'augmentaton de loyer imposée par le propriétaire de leur bâtiment, le Qatar, qui a tué leur business model déjà fragile. C'est d'ailleurs pour la même raison que le bureau de Poste des Champs Elysées avait fermé en 2011 : loyer trop cher ! Même raison pour Brentano's en 2009. 

Des consultants spécialistes du secteur comme Jéremie Herscovic disent de toutes façons que Virgin est avant tout victime de ses erreurs stratégiques, bien plus que d'Internet. Virgin avait pourtant lancé son offre web. 

Enfin, on se demande si les membres du gouvernement se parlent entre eux. Apparemment, non. Sinon Aurélie Filippetti saurait que non seulement Amazon est au Luxembourg, mais qu'en plus Arnaud Montebourg, le collègue du redressement productif, offre des aides (1), des déductions fiscales et de l'argent public (3) pour qu'Amazon se développe en France, de préférence dans la circonscription de Montebourg !


Ainsi va la France. 

Pendant que 1000 entreprises meurent et 900  se créent, le gouvernement, au lieu de créer l'environnement qui ferait que 1001, 1050 ou 1100 ou pourquoi pas 2000 entreprises naîtraient  préfère commenter ce qui se passe sur les plus grosses et les plus médiatiques, avant de sortir la panoplie de taxes/aides/sanctions/lois/réglementations/subventions/procès. 
Tout cet interventionnisme ultra étatique, ça n'est pas ce que les entrepreneurs demandent. Les entrepreneurs veulent juste qu'on les laisse bosser, sans carotte étatique mais sans bâton non plus, bref, qu'on leur fichent la paix, comme dirait Hervé Morin, le président du Nouveau Centre.

En ce qui concerne les Champs Elysées, ne nous en faisons pas, la plus belle avenue du Monde a déjà changé de visage à plusieurs reprises. Les changements ne sont pas finis !







dimanche 23 décembre 2012

La police vous souhaite un Joyeux Noel à Paris !

FNAC des Ternes, 23 Décembre 2012, 14h33

FNAC des Ternes, 23 Décembre 2012, 14h34

Apparemment, la trêve des confiseurs n'a pas encore commencé pour le contribuable. Prenons en pour preuve cette lamentable descente de la police qui met des amendes pour stationnement illicite, devant la FNAC des Ternes, un dimanche après midi de courses de Noël. On voit à quel point les autorités publiques sont à la recherche du moindre euro qu'elles pourront soutirer aux citoyens de ce pays ! 

Tous les habitants du quartier et toutes les personnes qui y travaillent savent qu'il y a toujours eu des scooters garés à cet endroit, et que nombre d'entre eux sont soit des clients soit des employés de la FNAC. 

Cette distribution d'amendes est triste, minable pourrait-on dire pour reprendre un mot à la mode, mais les consommateurs peuvent y apporter une réponse très rapide : boycott !


Parisiens, préférez faire vos courses de Noël sur Amazon.fr, comme ça, ce sont les finances publiques du Grand Duché de Luxembourg (1) qui bénéficieront de votre argent plutôt qu'une mairie de Paris et une préfecture de police vraiment mesquine. 

Une fois que le commerce Parisien aura vraiment été tué, peut-être que les autorités réfléchiront avant de proposer des opérations aussi peu élégantes ? 

Dans cet océan anti commerce de proximité, il demeure cependant quelques entrepreneurs parisiens et franciliens comme Philippe Herlin et son site de musique en ligne http://www.classicalmusicmobile.com/ ou Aziz Senni et ses voitures avec chauffeur ATA http://www.atafrance.com/.  Encouragez-les !






lundi 17 décembre 2012

Augmentation de l'exil fiscal: Depardieu ne part pas seul

"Dumping" fiscal Belge : balayons devant notre porte

Chers et chers soldats de ce pays en guerre qu'est la France, 

vous avez lu ce week end la violence des réactions des ministres qui sont venus à la rescousse de Jean-Marc Ayrault : elles sont terribles par ce qu'elles traduisent de la conception de l'économie et du vivre ensemble selon le Parti Socialiste. Comme le dit la Tribune, La lettre de Depardieu à Ayrault scandalise le gouvernement : 
Michel Sapin (Normale Sup, ENA, Grand Orient de France, membre du club le Siècle) voit dans la décision de l'acteur de rendre son passeport "une forme de déchéance personnelle". 
Aurélie Filippetti  (Normale Sup) pense que "la citoyenneté française c'est un honneur, ce sont des droits et des devoirs aussi, parmi lesquels le fait de pouvoir payer l'impôt" et affirme que "quand on abandonne le navire, quand on déserte, car nous sommes en guerre économique, on ne vient pas en plus donner des leçons de morale aux autres".

Les choses sont très claires pour ces hiérarques socialistes : la France est une bergerie, les français sont du bétail et le gouvernement est le bon berger qui lui seul sait ce qui est bon pour les montons-tribuables. La réalité est la : le berger a inventé le mythe du renard, pour qu'il soit le seul à manier le couteau et à décider où et quand égorger tel ou tel mouton.
Nous l'avons écrit à plusieurs reprises : il est cohérent et logique que les socialistes entrent dans une démarche nationaliste. Il ne peut y avoir de socialisme en économie ouverte. 

voir 

Pourtant, sommes-nous, en tant que français, si bien placés pour donner des leçons ? 

Non, bien sur. Ce que nous appelons dumping fiscal n'est que la conséquence de la liberté qu'ont nos partenaires Européens de faire leurs propres choix fiscaux, tout comme en France, nous faisons les nôtres.

On peut, comme les socialistes, fantasmer un monde où chaque pays serait aligné sur la France et où il y aurait deux sortes de Nations : celles, d'une part, qui taxeraient plus et auraient donc l'obligeance d'être fiscalement moins compétitives que nous, et celles d'autres part, qui taxeraient moins et auraient donc l'outrecuidance d'être fiscalement plus compétitives que nous.

Or, en l'absence de flat tax, ça n'est pas si simple. L'entrepreneur qui se débrouille bien peut vivre en France, paradis fiscal. Vous ne voulez pas être taxé pendant 5 ans ? Il y a les Zones Franches Urbaines ou les Zones de Revitalisation Rurale. Vous ne voulez pas payer le prix de vos investissements ? Faites comme Amazon, appelez Montebourg et promettez de vous installer dans une circonscription socialiste en créant beaucoup d'emplois. Vous ne voulez pas payer trop de charges sociales ? Recrutez des stagiaires. Votre ISF est un peu élevé ? Investissez aux Antilles ! Etc Etc.

Jamais il ne viendrait à l'esprit que le SMIC français, plus bas que celui du Luxembourg, est une forme de dumping social des français vis-à-vis de nos voisins du Grand Duché de Luxembourg. Mais jamais il ne viendrait non plus à l'esprit du gouvernement de dire que la Corse fait du dumping non seulement par rapport à la Sardaigne mais aussi par rapport aux 21 autres régions métropolitaines françaises. Alors pourquoi nos voisins n'auraient-ils pas le droit de faire ce que nous faisons ? 

Comme Ordre Spontané, soyons solidaires, non pas de Depardieu, ce n'est pas le personnage qui est en cause, mais de la démarche de Depardieu, un exil qui n'est pas que fiscal, note Authueil. 
Et reprenons les mots du Parti Libéral Démocrate : "Le pouvoir politique, extrapolant son rôle légitime dans un régime démocratique, s'imagine propriétaire des coeurs et des passeports de ses concitoyens. Il est temps de lui rappeler que les libertés individuelles (de mouvement, de propriété...) sont au fondement de notre République".

En attendant que Le gouvernement le plus socialiste depuis 1794, dixit Franck Boizard revoit sa logique fiscale, rejoignez tous le groupe Facebook "Soutien à Gérard Depardieu". Le gouvernement socialiste a un peu de mal à comprendre le monde dans lequel on vit ? Qu'il lise "la grève", d'Ayn Rand, et qu'il consulte Arthur Laffer. 

ZeroHedge a lu Atlas Shrugged. Et Bercy ?