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jeudi 24 septembre 2015

Bayrou 2017 : la petite phrase


"Il y a beaucoup de français, dont moi, qui en 2017, ne veulent voter ni Hollande, ni Sarkozy, ni le Pen"

Certes, Bayrou a à 100% raison. Beaucoup de français ne veulent plus de Nicolas Hollande ou François Sarkozy, et encore moins du FN.

Bayrou aurait évidemment pu ajouter Jean-Luc Mélenchon (FDG), l'alter ego d'extrême gauche de Marine le Pen, ou Alain Juppé, l'ancien premier ministre, condamné par la justice. 

Il aurait aussi pu ajouter que les français de sensibilité centriste, libérale et démocrate, qui sont par nature assez rétifs au concept même d'homme ou de femme providentiel et autre leader massimo, sont certes, par définition, très circonspects face aux mensonges de Hollande, mais aussi, de facto, très prudents face à l'hypothèse d'une candidature Bayrou en 2017. Le vote pro Hollande en 2012, plutot que le vote blanc ou l'abstention, n'a pas totalement été oublié. 

Le moment de promouvoir de nouvelles têtes chez les centristes, Sylvie Goulard, par exemple, tout en n'oubliant pas que l'objectif des centristes français devrait être, non pas 2017, une élection symbole du jacobinisme français, mais l'Europe des régions ? 

mardi 26 mai 2015

Régionales 2015 en Ile de France : Valérie Pécresse (UMP) sur une drôle de voie

C'est parti ! Les élections régionales 2015 n'auront beau se tenir qu'en décembre prochain, entre le Téléthon et la trève des confiseurs, la campagne est déjà lancée.

Et en Ile de France, l'UDI a déjà quasiment abandonné l'idée d'avoir une liste autonome, au profit d'une possible stratégie d'union avec l'UMP.
Logique ! Comment l'UDI peut expliquer à ses électeurs que ce qui a fonctionné aux départementales 2015, les listes d'union UMP-UDI, n'est plus pertinent ?

Toujours est-il qu'on va rire quand les centristes vont nous expliquer les affinités qu'ils se trouvent avec Laurent Wauquiez, Guillaume Peltier & co, et même avec Valérie Pécresse.

Oui, Valérie Pécresse. La versaillaise bien née, qu'on pensait bien pensante (comme Wauquiez, né fils de bonne famille et maintenant qualifié de "bad boy de la droite"). Elle n'a pas hésité, cette apres midi et en partant d'un constat de bon sens (il y a trop d'impayés sur la fraude dans les transports en commun), à faire une proposition choc.


Ecoutez plutôt :


Transports en commun : Pécresse (UMP) propose... par LCP


La députée des Yvelines veut obliger les usagers à "prendre des papiers d’identité quand ils prennent les transports".

Bah alors Valérie,  c'est ça les idées neuves de la droite, donner plus d'importance à la carte d'identité nationale, dont on ne rappellera jamais assez qu'elle est un héritage de Vichy (1) ?

Vous direz : il faut bien lutter contre la fraude. Mais si on luttait plutot contre la RATP ? Comment ? C'est simple :
  • en rejetant, comme le propose l'économiste Philippe Herlin, le projet du Grand Paris Express, en bloc (2)
  • en citant Margaret Thatcher, qui disait "use your own car !"

Alors, Valérie Pécresse, la RATP, on la privatise quand ? 

Et si on se démarquait  de la gauche française étatiste et dirigiste en regardant ce qui se fait outre Manche (toujours pas de carte nationale d'identité chez nos voisins britanniques) ou outre Rhin (le controle social et l'auto régulation (pas de tourniquets dans le métro à Berlin) ? La Transport For London ,Authority et la Berliner Verkehrsbetriebe n'ont pas plus de difficultés que la Régie Autonome des Transports Parisiens. 

Quand aux Conservatives ou les membres du Christlich Demokratische Union, ils ne donnent pas forcément l'impression d'être laxistes. Seule différence : l'inexistence de contrôles au faciès permet de couper court aux théories de harcelement des minorités. 

Quelle Ile de France valérie Pécresse veut-elle ? Une région socialiste de droite, ou une région libre ? 




mercredi 8 avril 2015

Pozzo di Borgo, l'UDI converti à la TTF ?

Vous connaissez, vous, le nom de votre sénateur ? C'est pas évident, vu que seuls les grands électeurs votent pour mettre au Palais du Luxembourg ces politiciens aguerris, et rompus à toutes les subtilités de la vie publique. 
Du coup, pas sur que vous ayez entendu parler d'Yves Pozzo di Borgo, sénateur, élu (UDI) à Paris, vice président de la Commission des Affaires européennes.
Les militants parisiens de l'UDI, le parti centriste, eux, le connaissent ! Pour une raison qui n'est pas encore tout à fait claire, Yves Pozzo di Borgo (donc membre de l'UDI), n'avait pas hésité (avec d'autres comme, Jean-Christophe Lagarde) à torpiller en public la candidature à la mairie de Paris de Christian Saint-Etienne (1) (UDI). Allez comprendre .. Mais quand Bill Clinton nous confirme que la série House of Cards et sa succession d'intrigues politiciennes est à 99% réaliste (2)  ...

Alors, qu'a donc récemment fait notre valeureux sénateur, Yves Pozzo di Borgo, pour qu'on parle de lui ? 
La réponse se trouve dans les très instructifs comptes rendus des discussions tenues dans le cadre de la Commission des Affaires européennes du Sénat. Ne riez pas, cela n'est pas si rébarbatif que çà, et surtout, c'est là où on réalise qu'en fait, entre le PS, l'UDI, l'UMP et les deux Fronts, il n'y a bien aucune alternative : nos politiciens semblent bel et bien tous d'accord pour créer toujours plus de taxes, toujours plus d’impôts (enfin, sauf pour eux, cela va sans dire, n'est-ce pas mesdames et messieurs qui rejetez la fiscalisation de l'IRFM).

Donc, si vous vous rendez sur le site web du Sénat, vous pourrez tomber sur le projet de taxe sur les transactions financières (3) et la communication de Mme Fabienne Keller (UMP, socialiste de droite). Et là, qu'est ce qu'on apprend ? Que le sénateur Pozzo di Borgo applaudit de ses deux mains ce projet de taxe dont l'inspiration est d'extrême gauche.
Que dit-il au sujet de ce projet repris par le collectif extrémiste de gauche Attac ?

"Parmi les financements innovants, la TTF est un projet fondamental pour une innovation
remarquable. [...] Une fois de plus, la France est le moteur de l'innovation fiscale et je me réjouis que le président de la République soit volontariste sur ce projet. Je suis convaincu que la création de la TTF n'aura qu'un impact marginal sur l'économie, contrairement à ce que les milieux financiers avancent avec une certaine mauvaise foi. Enfin, je suis heureux que la France retrouve son rôle de force de proposition et de réflexion sur l'équilibre du monde."

ou encore

"Comparaison n'est pas raison, mais lors de la création de la taxe sur les billets d'avion, que de cris de la part des banques aussi ! Or il n'y a pas eu d'incidences sur l'économie. Quelle est l'entreprise qui va quitter Francfort, Londres ou New York pour aller dans une bourse de l'autre bout du monde ? Je ne crois pas à la délocalisation des centres financiers, mais il est normal que les banquiers se défendent."

Pourtant, un certain nombre d'éléments devraient être rappelés au bon souvenir du sénateur Pozzo di Borgo, qui, dans un excès de folie taxatrice, se voit donc déjà légiférer, en tant qu'élu français, pour l'Allemagne ou les Etats-Unis !

D'une part, la TTF, taxe comportementale, n'a aucun sens. En effet, qu'est ce que la taxe sur les transactions financières ? La taxe Tobin (la première esquisse de la TTF), c'est une taxe proportionnelle applicable à toute transaction impliquant un instrument financier (actions, obligations, dérivés) et qui a pour but explicite de limiter la volatilité, en rendant les transactions de court terme non rentables. Si l'économiste James Tobin a donc d'abord imaginé sa taxe, ce n'était pas pour qu'elle rapporte, mais qu'au contraire, elle tue sa base fiscale, en renchérissant le coût des transactions. En effet, si une taxe altère ou annule la rentabilité prévisible d'une opération financière, on peut imaginer que les opérateurs financiers (sauf à penser qu'ils sont stupides et dotés de financements illimités) ne se lanceront pas dans une telle opération. Et si malgré l'existence de la taxe, les opérateurs se lancent dans une transaction, c'est donc qu'ils espèrent une rentabilité encore plus forte, donc plus de volatilité (4).
Si il y a une taxe Tobin / TTF efficace, il n'y a donc pas de rentrées fiscales puisqu'il y a moins voire plus du tout de transactions, sauf celles de "long terme" tel que l'achat d'actions Renault par l'Etat français, avec un argent qu'il ne possède pas, ou alors les plus volatiles.
Les taxes comportementales n'ont donc aucun sens sur le plan budgétaire.

D'autre part, la TTF a déjà testée, et elle n'a pas marché (5). En 1984, la Suède a mis en place une taxe sur les transactions financières du marché d'actions de la bourse de Stockholm, puis sur le marché des obligations. Mais cette TTF a abandonnée en 1990 suite au déplacement des transactions vers des marchés et des instruments financiers non taxés. Ce déplacement a  entraîné un effondrement des transactions à la bourse de Stockholm (entre -30 et -60% en 3 ans) et a restreint très fortement l'augmentation des recettes fiscales (50 millions de Couronnes Suédoises en moyenne par an au lieu des 1.5 milliards prévus).
Quand à la France, elle dispose en réalité déjà de sa TTF. Une taxe sur les transactions financières a été instituée par les dispositions de l’article 5 de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012 de finances rectificative pour 2012 (6).
La encore, les effets ont été les mêmes qu'en Suède : la taxe sur les transactions financières française a fait baisser les volumes de 10% à Paris.
Qu'est ce que le sénateur Pozzo di Borgo pense qu'il se passera quand l'UE adoptera une TTF Européenne ? Les transactions iront ailleurs, tout simplement, et les entreprises suivront, pour celles qui, PME ou grands groupes comme Total (7), ont anticipé. Fantasme ? Le sénateur Pozzo di Borgo dispose certainement d'une connexion Internet. Il peut donc constater deux choses : d'une part, grâce à Internet, les choses ne se passent plus comme dans un roman de Zola, il n'y a plus besoin d'être dans l'enceinte du palais Brongniart pour faire une transaction boursière (8). D'autre part, des plans existent chez un certain nombre de groupes français pour partir.

Qui plus est, la double justification morale de la TTF, "réguler la finance" et "aider ces pauvres pays africains" ne repose sur rien. D'une part, depuis 2008, ce qui a fait faillite, c'est la finance régulée (Dexia ?) et les finances publiques, mais certainement pas tous ces mastodontes dont le public n'entend jamais parler, type Icap, Blackrock ou Ontario Teachers. Normal, on a voulu faire croire que la crise, c'était la méchante finance et non pas des décisions publiques et politiques néfastes. D'autre part, on sait que l'aide publique au développement est une fumisterie. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est du libre échange, et certainement pas de la commisération de députés et de sénateurs français.

Pozzo di Borgo est-il toujours à l'UDI, c'est à dire le parti membre, au niveau européen, des centristes et libéraux européens (ALDE) ou bien s'apprête t-il à rejoindre des groupes anti libéraux et plus extremes ? Parce qu'une chose est sure : il ne peut pas y avoir de TTF sans frontières ultra étanches, d'où la cohérence des extrêmes pour qui la fermeture des frontières est la base. Pour info et si le le sénateur Pozzo di Borgo l'avait oublié, son parti politique, l'ALDE, a rejeté l'idée de taxe sur les transactions financières (9).
Pozzo di Borgo n'est pas obligé d'être aussi versatile que l'ancien président de la République !

Quand on parle du rejet de la TTF, il ne s'agit absolument pas de défendre les banques, il s'agit de défendre le consommateur. Chacun sait à quel point, comme n'importe quelle entreprise d'ailleurs, les banques et les intermédiaires financiers ne sont clairement pas la Croix Rouge. Leur but, comme n'importe quelle entreprise, est de faire du profit, et ce en tenant compte des très nombreuses contraintes juridiques qui pèsent sur elles. 
Mais les banques paient déjà les taxes et impôts suivants :
  • C3S bancaire
  • taxe systémique
  • impôt sur les sociétés (comme toutes les entreprises) 
  • Contributions additionnelles
  • TVA (non récupérable, à la différence des sociétés industrielles du CAC 40)
  • taxe sur les salaires
  • CVAE
  • Taxe sur les bureaux
  • Retenues à la source 
Or, une taxe est toujours répercutée sur le consommateur final. Donc si à cette longue liste de taxe, on rajoute la TTF, alors elle sera payée par nous tous. Et ne pensez pas qu'en matière d'intermédiation financière, vous n'êtes pas un consommateur final. En effet, vous n'êtes peut être pas un day trader en possession d'un compte titre chez un broker, à l’affût des opportunités sur les marchés. Cette catégorie est de moins en moins nombreuse (merci Fillon et son abaissement du seuil des taxations sur les plus values sur cessions de valeurs mobilières au premier euro de cession ). En revanche, combien de français ont de l'assurance vie investie en divers produits financiers ? Même les fonctionnaires sont indirectement actionnaires, quand ils épargnent via la Prefon !

En outre, Dans un pays, la France, qui dépend bien plus des banques et du secteur financier que la Suisse (et oui !), et dans une aire urbaine, la région parisienne, qui a déjà un problème de sièges sociaux, veut-on vraiment risquer de voir BNP Paribas, Credit Agricole CIB ou Natixis d'achever leur déménagement ? 
A quand un nouveau contrat social ? Voila ce qu'on attend des politiciens comme le sénateur Pozzo di Borgo. Qu'ils nous propose un recentrage de l'Etat sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, et un système fiscal juste, simple, fondé sur une flat tax la plus faible possible, au lieu de se livrer à ce concours permanent de "créativité" fiscale ! 

mercredi 4 mars 2015

Il parait que François Hollande redécouvre le centre ...

Selon la journaliste du Monde, Françoise Fressoz, le président Hollande tenterait de corriger le mépris qu'il avait pour les centristes, depuis 2012, en se rapprochant de Jean-Louis Borloo, par exemple (1). Difficile de dire si Borloo est dupe ou pas, mais ce qui est sûr, c 'est que Hollande ne l'est certainement pas. 

Certes, le président de la République a prouvé que ses convictions étaient fluctuantes, et que cela ne le gênait pas de tenir le discours du Bourget puis pratiquer la politique de Sarkozy. 

Mais quelle coopération pourrait-il y avoir entre, d'une part, une personne qui reste fondamentalement un socialiste, jacobin, laicard et interventionniste en économie, et les démocrates chrétiens, girondins et libéraux ? 

Au delà des positionnements tactiques des uns et des autres, et des écarts aux principes qui peuvent survenir ça et la, tout oppose, en terme de vision, les socialistes, qui croient fondamentalement à l'intervention de l'Etat dans tous les domaines et au pilotage de la France depuis le bureau d'un ministère, et les libéraux démocrates pour qui l'Etat doit se recentrer sur ses seules missions régaliennes, de préférence dans un cadre fédéral Européen. 

Les centristes ne s'y trompent pas : Hollande n'a toujours pas résolu son problème, à savoir ses mensonges de campagne en 2012. Les français qui soutiennent les "frondeurs" du Parti Socialiste (2) ont raison de demander à Hollande de bien vouloir respecter ses promesses de campagne. 
Hollande, élu avec les voix du Front de Gauche, comptait sur le retour miraculeux de la croissance pour masquer les contradictions de sa majorité. Qu'il commence par expliquer aux français qu'il s'est "trompé". Ensuite et seulement ensuite, il sera possible de réfléchir à des majorités de projet et à des votes au cas par cas, comme le proposent les députés UDI.






lundi 29 septembre 2014

Mauvaise nouvelle : le sénat repasse à "droite" !

Oui, très mauvaise nouvelle, que cette nouvelle défaite du parti socialiste et ses alliés, dimanche dernier, au Sénat. 
D'une part, la droite crie victoire. 
D'autre part, la gauche obtient une nouvelle excuse. 

En effet, depuis 2012, il y a une mission, et une seule, à laquelle l'UMP devait s'atteler : définir un projet, trouver une ligne politique et en tirer les conclusions en terme de message. On sait que, pendant 5 ans, le gouvernement Fillon a pratiqué du socialisme de droite, pavant la voie pour sa version extrême, le socialisme selon Hollande et Ayrault puis Valls. 
Qui, en effet, peut nier qu'entre 2007 et 2012, Fillon et Sarkozy n'ont pas du tout fait reculer l'Etat mais ont au contraire crée ou relevé une cinquantaine d’impôts et de taxes, nationalisé des entreprises et fait voté toujours plus de lois ? 
Et qui peut nier qu'Hollande, après avoir menti à ses électeurs, pratique peu ou prou la même politique que celle de son prédécesseur ? 
En 2012, il a manqué à Sarkozy les voix centristes et libérales, quand à celles du FN, clairement demandeuses de toujours plus d'Etat, elles sont logiquement allées au mieux disant en la matière, Hollande. Mais aucun bilan n'a été fait.

Aujourd'hui, au Sénat, l'UMP crie victoire. Grave erreur. Seul le FN assume son programme pour le moment. Lors de vraies élections à venir (car rappelons que les sénatoriales sont un scrutin de grands électeurs, donc totalement déconnectées d'enjeux de programmes et totalement liées à du clientélisme), les vrais électeurs, eux, sauront faire le tri. 

De plus, cette victoire de l'UMP et de ses alliés au Sénat est une bonne chose pour le PS et ses alliés : étant donné que le Sénat jouera un certain rôle de blocage (qu'il avait déjà, en réalité), les socialistes de gauche pourront s'abriter derrière cette excuse pour expliquer leurs difficultés.
Quand Hollande est arrivé au pouvoir en 2012, lui et le PS détenaient tous les pouvoirs : Elysée, Matignon, médias (9 journalistes sur 10 ont voté Hollande), la quasi totalité des régions, la majorité des départements, les principales villes (Lille, Paris, Nantes, Lyon ...) etc. 
Il avait donc de quoi mettre en oeuvre son programme.
Maintenant que la droite a regagné du terrain, Hollande pourra toujours dire que c'est du fait de la capacité de nuisance de l'UMP et ses alliés qu'il ne pourra pas mettre en place toutes ses réformes. 

Autrement dit, chaque victoire de l'UMP et de ses alliés d'ici à 2017 renforce Hollande et sa volonté de se maintenir au pouvoir. 

Puisque la "droite" revient, il convient, plus que jamais, pour ceux qui ont une sensibilité de droite, d'être en résistance contre l'UMP, un parti socialiste de droite.
Déjà, la première mesure à faire consiste à renvoyer Nicolas Sarkozy à son bilan (1).
Si l'UMP ne le fait pas, le PS le fera, comme il a déjà commencer à faire. N'est ce pas, à ce sujet, comique qu'un type comme Jean-Marie le Guen vienne donner des leçons ?
Ensuite, il faut que le débat d'idées ait lieu. L'UMP doit-elle être un parti socialiste de droite (étatiste, interventionniste), ou bien un parti conservateur, c'est à dire un peu moins anti libéral sur le plan économique et clairement traditionaliste ? A ce titre, Hervé Mariton, lui, assume ses idées. 
Enfin, les centristes, eux, doivent cesser d'accepter l'idée qui'il puisse y avoir un grand parti de la droite et du centre. L'UDI doit au contraire affirmer que face à une UMP qui serait idéalement de droite, elle assumerait sans ambages les valeurs des centristes et libéraux Européens de l'ALDE/ELDR. Ce n'est pas gagné, surtout avec un Bayrou qui rode. Heureusement, Hervé Morin et Jean-Christophe Fromantin sont sur cette ligne d'indépendance.

Les libéraux, eux, sont toujours invités à rejoindre le Parti Libéral Démocrate (2), qui sera en Université de Rentrée ce week end à Lyon. Plus que jamais, dans un paysage politique ravagé par l'idée qu'il faille toujours plus d'Etat, il faut une voie différente et qui, manifestement, ne prend ni à l'UMP, ni à l'UDI, ni au PS, et ce malgré les efforts de personnalités comme Hervé Novelli, Aurélien Véron ou Gérard Collomb.


(1) H16 Sarkozy : le retour du relou 21 septembre 2014
(2) Parti Libéral Démocrate Universite d'automne 2014

dimanche 6 juillet 2014

Bayrou, l'homme que les idées centristes n'intéressent pas ?

Egalement
publié
sur Facebook
On ne peut qu'être soufflé à la lecture de l'interview que François Bayrou, l'homme de l'indépendance du centre version 2007, a donné au Figaro (lire Bayrou évoque une possible «alliance» avec Juppé et Fillon) et au Point (Le manifeste de François Bayrou). D'abord, pourquoi le maire de Pau, qui ne devait s'occuper que de ses sujets municipaux et locaux, vient nous parler de politique nationale ?

Au delà même de interrogation, l'interview de Bayrou soulève trois problèmes :

  • une main tendue peu cohérente, idéologiquement parlant, avec Fillon, le surprenant néo thatchérien (3) et tactiquement parlant, avec Juppé
  • son mépris du parti centriste, l'UDI 
  • l'incohérence avec le vote "à titre personnel pour François Hollande" de Bayrou en 2012 et avec le discours de 2007
Cohérence idéologique et tactique

Comment François Bayrou, dont chacun s'accordera à affirmer qu'il est plutôt l'héritier de la démocratie chrétienne à la française, peut il proposer une quelconque alliance avec François Fillon, anciennement séguiniste (donc ultra républicain, laïcard et jacobin) et nouvellement thatchérien ? Il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'oeil sur Facebook aux échanges des derniers militants Modem pour constater l'aversion de ces derniers pour tout ce qui ressemble au libéralisme économique. François Bayrou lui-même a, depuis 2001, répété à maintes reprises qu'il était antilibéral économiquement parlant (4). Seuls le girondisme, le fédéralisme européen et la recherche d'un réel équilibre des pouvoirs pouvait rendre Bayrou susceptible d'attirer les suffrages libéraux.
Egalement publié sur Contrepoints

Quand à l'idée d'un rapprochement avec Alain Juppé, franchement, cela ressemble à une plaisanterie. Comment peut-on parler de renouveau avec celui qui fut le catastrophique premier ministre de 1995 à 1997 ? Le "meilleur d'entre nous" est celui qui, alors que la France aurait pu profiter du dynamisme d'Alain Madelin, a préféré céder devant tous les conservatismes syndicaux. De plus, le maire de Bordeaux (les habitants ont effectivement des raisons d'être satisfaits par la gestion de leur ville, notamment en terme de rénovation urbaine) est, quand même, condamné par la justice. N'y a t-il pas suffisamment de gens, à droite comme au centre, vierges en termes judiciaires pour envisager d'envoyer à la retraite tous ces politiciens du passé ? Que Juppé ait purgé sa peine est un fait non contestable, mais au moment où ce que l'élite politique appelle "vague populiste" progresse, quel intérêt tactique y a t-il à vouloir mettre sur le devant de la scène des gens qui alimentent l'idée du "tous pourris" ? 

Mépris de l'UDI

S'il y a bien des gens qui doivent se mordre les doigts d'avoir remis en selle Bayrou, c'est Borloo et l'UDI. Dans les deux interviews sus-mentionnées, il n'y a pas un mot pour l'UDI, Borloo et les autres leaders centristes. Rappelons quand même que si on accepte la théorie de l'axe gauche droite (avec toutes ses limites), L'UDI, le parti de centre droit, se trouve justement entre le Modem ("centre") et l'UMP ("droite"). Certains disent que le Modem est indispensable à l'UDI pour la réussite du centre. C'est pourtant inexact. Les élections européennes, une déception pour les centristes, ont surtout servi à préserver le siège de Marielle de Sarnez et à donner une visibilité nationale à François Bayrou. A Paris lors des municipales 2014, les militants UDI ont bien constaté que le Modem n'avait absolument pas été une valeur ajoutée à la soi disante "union de la droite et du centre". Le Modem était à terre en 2012 après la présidentielle 2012, surtout parce que François Bayrou, concentré uniquement sur la présidentielle, avait échoué à créer un vrai parti, qui ne soit pas qu'un fan club. Jean-Louis Borloo, lui, avait prolongé la vision de gens comme Hervé Morin qui voulaient un positionnement clair (au centre droit) et effectué un vrai travail de construction d'un parti politique, avec ses réseaux d'élus et de militants. La main tendue à Bayrou aura été une erreur fatale : le Modem ne cherche pas à rejoindre l'UDI mais à la préempter.


Incohérence avec le vote "à titre personnel pour François Hollande" 

Le plus gros reproche que l'on peut faire à François Bayrou est son inconsistance en terme de positionnement. Comment peut-on se tourner vers ce qui semble être une droite "centriste compatible" que représenteraient Fillon et Juppé, après non seulement avoir critiqué la création, en 2007, du Nouveau Centre (qui voulait un centre tourné vers la droite) puis décidé de voter Hollande en 2012 ?
Nombreux, y compris les libéraux, seront d'accord pour dire que la candidature du socialiste de droite en chef, Nicolas Sarkozy, était insupportable. En effet, Nicolas Sarkozy a étendu de manière hallucinante les pouvoirs de l'Etat (extension du domaine d'application du secret défense, création de nouvelles taxes, poursuite des recrutements de fonctionnaires) tout en préparant le terrain pour la gauche, ultra étatiste (hausse d’impôts, vote de lois liberticides).
Mais, si on critique Sarkozy, comment peut-on soutenir Hollande ? 



Par définition, Hollande ne pouvait qu'être pire que Sarkozy, puisque le socialiste se réclame ouvertement d'une famille politique pour qui l'Etat est l'alpha et l'omega de la politique. De plus, Bayrou n'est pas un bleu en politique. Il ne pouvait donc pas ignorer que sous ses airs de fils à papa éduqué dans les meilleurs écoles de France, et de degôche bon teint, Hollande était tout aussi bling bling que Sarkozy.
Bayrou aurait tenu une position honorable, tout en étant fidèle à sa vision du centre, ni à gauche ni à droite, s'il avait affirmé, à l'issue du premier tour des présidentielles, qu'il irait voter blanc car ni Sarkozy ni Hollande n'étaient des personnalités convenables pour la France


Clairement, il y a un problème avec la classe politique française. L'interview de Bayrou n'apporte aucun début de solution. La politique française souffre du bipartisme, et il serait bon que nous commencions par avoir des partis politiques d'idées, et non pas des coalitions de gens que tout opposent.
Plutôt que les menteurs actuels, qui disent certaines choses pour être élus puis font autre chose une fois élus, voici une répartition qui permettrait d'envisager un positionnement doctrinal clair :
  • divers extrême gauche anti libérale et nationaliste (Marine le Pen, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Jean-Jacques Candelier, Christian Eckert, Benoit Hamon, Alexis Tsipras)
  • social démocratie (Jean-Vincent Placé, François Bayrou, Bernard Cazeneuve, Axelle Lemaire, Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Martin Schulz ...) 
  • écologie (Chantal Jouanno, François de Rugy, Bertrand Pancher, Nicolas Hulot, José Bové, Ska Keller ...)
  • centristes et libéraux démocrates (Fleur Pellerin, Jean-Christophe Fromantin, Hervé Morin, Denis Payre, Aurélien Véron, Laure de la Raudière, Bruno le Maire, Guy Verhofstadt ...)
  • conservateurs (Yves Jego, François Fillon, Christian Vanneste, Michèle Alliot Marie, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, Marion-Maréchal le Pen, Jean-Claude Juncker ...)
  • divers extrême droite antilibérale et nationaux socialistes (Guillaume Peltier, Henri Guaino, Jean-Marie le Pen, Fabien Engelman ...)

Pour Bayrou, manifestement et au vu de ses dernières interviews, les idées comptent moins que les combinazione de baby boomers qui ont essayé, et qui ont échoué. Dommage. Mais tellement révélateur d'une classe politique périmée. Au vu des espoirs que Bayrou aura soulevé en 2007, c'est d'autant plus regrettable.





(2) Le Point  Le manifeste de François Bayrou 3 juillet 2014


(4) Wikilibéral -  François Bayrou

dimanche 15 juin 2014

#UDICN : discours d'@Herve_Morin

CONSEIL NATIONAL DE L’UDI
Samedi 14 juin 2014
Discours d’Hervé MORIN
Président du Conseil national


Mes chers amis,

Pour rédiger mon discours, je cherchais dans notre histoire, récente et moins récente si nous avions déjà été confrontés à une situation semblable : un abîme de morosité et de pessimisme dans une société qui a perdu ses repères et sa confiance et enfin la tentation de la régression nationale.
1992-1993 par exemple, la fin des années Mitterrand, la déliquescence du parti socialiste dans les affaires Pelat/Tapie, le gang des Safranes, des ministres qui ne pouvaient plus sortir de leurs ministères pour aller en province de peur de se faire chahuter, une économie atone. Beaucoup de similitudes donc mais avec une différence de taille. L’opposition était en état de marche. Le RPR et l’UDF étaient là pour assurer l’alternance.

Alors remontons un peu plus loin dans notre histoire politique : 1958. Oui une vraie crise de régime, l’hallali d’une IVème République à l’agonie. L’impuissance de l’Etat et des institutions bancales emportées par la décolonisation. Comme aujourd’hui aussi des finances en mauvais état. Mais là aussi il y avait une différence de taille avec ce que nous vivons aujourd’hui. On avait la croissance, et une croissance à 5% : On avait le plein emploi ! On avait les trente glorieuses ! On construisait l’Europe autour des idées centristes ! On avait des projets plein les cartons qui ont été souvent à tort attribués à la Vème.
Non, vous voyez notre référence pour cette tension démocratique, économique et morale autant que sociale, je dirais c’est plutôt 1934, les affaires avec Stavisky et consorts, les ligues d’extrême-droite qui défilent la canne-épée à la main, la montée des nationalismes, le chômage, la démocratie aux abonnés absents, et la République qui vacille.
On se dit toujours : mais ça ne peut pas arriver. La Vème République est trop solide. Les gens ne laisseront pas faire. Ils réagiront. Je pense qu’à cette époque beaucoup se disaient cela aussi. Et puis un jour de 1940 c’est le vote des pleins pouvoirs à Pétain par une majorité de députés républicains. Et puis un autre jour c’est le putsch des généraux. Et puis un autre jour le Général doit se rendre à Baden pour s’assurer de la confiance des armées. Et on voit alors qu’une démocratie peut vaciller, que la nature humaine peut préférer l’autorité à la liberté, d’autant que beaucoup de nos compatriotes rêvent aujourd’hui de foutre le système par terre.

Oui il est là le sujet et nous devons réagir. Faut-il une 6e République ? Un jour pas si lointain, il faudra se poser la question. Que faire d’un pouvoir qui est une illusion d’efficacité et une réalité de médiocrité ? Ces préfets, ces recteurs, ces directeurs d’administrations centrales, le doigt sur la couture du pantalon mais dont toutes les décisions ne font qu’un clapotis pour nos compatriotes sur l’océan de la mondialisation. Un système incapable de se réformer qui compense en produisant de la norme. Que faire de ce système quasi monarchique qui dégénère, corrode, corrompt notre démocratie ? Que faire de cette élection présidentielle qui rend complètement dingo la classe politique française ? Que faire d’un mode de scrutin qui à l’Assemblée nationale donne à deux partis qui font 35 à 40% des voix la quasi-totalité des sièges ?
Quelques-uns ici, j’en suis sûr, vous allez me dire « tu as raison Hervé mais l’essentiel c’est le chômage, la dette, les salaires, ce ne sont pas les institutions ? ». Et bien vous voyez, ce n’est pas mon avis. Moi je crois qu’il y a un lien très fort entre la déréliction de nos institutions et notamment cette folie de l’élection présidentielle et notre incapacité à reformer et à remettre notre pays dans la bonne direction. Regardez l’Allemagne, il y a bien un lien entre la tempérance et l’équilibre de son système parlementaire et ses résultats économiques ? Oui, même si c’est compliqué car je sais l’attachement des gens à l’élection présidentielle, il faut dire aux Français que la restauration de l’économie, notre capacité à gérer la transition de notre pays vers le monde nouveau, la prise en main des 4 -5 grands sujets majeurs de ce début de siècle passe par une révolution institutionnelle : une VIème République combinant régime parlementaire et fait majoritaire comme le prévoyait la Vème République avant l’attentat du Petit-Clamart et la révision de 1962. Sans changement démocratique profond, on n’arrivera à rien je vous le dis.
Aujourd’hui l’élection présidentielle est devenue non plus le grand rendez-vous démocratique de notre pays mais le grand rendez-vous démagogique. Un immense jeu de farces et attrapes pour quelques gogos qui y croient encore. Et je mets un petit coup de 75% de taxation, une petite dose de fonctionnaires avec 60.000 enseignants, un petit zeste d’écologie avec la fermeture de Fessenheim et voilà le programme, un programme sans cohérence, suintant la démagogie par tous ses pores. Un programme dont évidemment pas une seule des promesses ne se réalisera. Et pendant ce temps, on accuse Marine Le Pen d’avoir un projet qui ne tient pas la route. C’est vrai mais commençons-nous par balayer devant notre porte !
Voilà la réalité de la Démocratie française.

Et voilà pourquoi cette gravité aujourd’hui. Ne soyons pas ceux qui savaient et qui n’ont rien fait. Ne soyons pas ceux qui pouvaient et qui n’ont rien fait. Le PS est en lambeaux, l’UMP est en charpie, mais nous centristes nous sommes debout, vivants, résolus et porteur d’espoir. Oui heureusement il reste l’UDI pour dire non au Front National, oui à la démocratie et oui aux Etats Unis d’Europe – ce qui doit nous mobiliser, c’est de devenir une alternative aux autres partis qui n’écoutent plus, ne voient plus, ne gouvernent plus. C’est aux yeux des Français une force alternative crédible.
Notre formation politique est toute jeune. Et pourtant elle est là, seule au milieu d’un champ de ruine, seul parti démocratique rescapé de ce grand naufrage des européennes.

Et, mes chers amis, cette situation nous impose plus que jamais un devoir de responsabilité.
Notre première responsabilité c’est de renforcer notre parti. Qu’est-ce que ça veut dire renforcer notre parti ? C’est tout simple, cela veut dire respecter les 3 lettres de notre mouvement, U D I, Union Démocrates Indépendants.
Oui, nous avons grandi si vite qu’il est bon de se rappeler ce que veulent dire ces trois lettres.

L’Union d’abord. Beaucoup en doutait – vos savez les fameuses grenouilles qui n’arrivent pas à rester dans la brouette – et pourtant nous l’avons réussie. Cinq partis politiques fondateurs aujourd’hui beaucoup plus unis qu’on ne le dit car ils savent que leur avenir propre est intimement lié à la construction de l’UDI, et des adhérents de plus en plus nombreux, des jeunes beaucoup, qui veulent d’abord un grand parti du centre capable d’incarner une alternative. Tout cela nous le devons à Jean-Louis qui savait arranger les bidons avec un talent sans égal.
Cet esprit unitaire, je vais vous dire, c’est notre bien le plus précieux, il est plus précieux que tous les statuts et toutes les déclarations. Alors surtout gardons-le et renforçons-le.
D comme démocrates. Et appliquons déjà ce mot à nous-mêmes avant d’accuser les autres. Vous déciderez bientôt qui succèdera à Jean-Louis Borloo à la présidence de l’UDI. L’élection du mois d’octobre sera capitale dans le contexte de déliquescence démocratique que je vous ai décrit. L’UDI doit être exemplaire dans son fonctionnement interne. Respect des statuts. Respect de notre charte. Campagne interne propre. Election la plus transparente possible de notre président ou de notre présidente. Et surtout, évidemment, rassemblement immédiat derrière lui ou elle sitôt son élection. Mes chers amis, octobre sera un moment de vérité dont vous devez être les garants ; si nous ne respectons pas nos règles, je vous le dis, c’est toute notre union qui sera menacée car dès lors plus personne ne sera engagée sur rien. Tout redeviendra comme du temps d’avant l’UDI et, en moins de 6 mois, je vous le garantis ce sera l’OPA assurée, de l’UMP ou du Modem ou des deux à la fois sur notre formation. Et puis je vais vous dire, si nous ne sommes pas capables de gérer parfaitement ce moment démocratique interne, comment pouvons-nous espérer pouvoir gérer ensemble des questions beaucoup plus lourdes qui se poseront à nous en 2015/2016 comme la satanée élection présidentielle, ou celle des conditions de notre alliance ?
I comme Indépendants justement. Certains aussi y voyaient une faiblesse. C’est au contraire notre force. Dans un monde complexe, les pensées convenues échouent alors que les esprits libres et indépendants réussissent. Les organisations caporalistes, les partis casernes, ce n’est pas fait pour nous !
Indépendants, ça veut dire aussi quelque chose de très simple. Nous ne sommes pas dyslexiques. UDI ne veut pas dire UMP pas plus aujourd’hui que demain. Je dis cela parce que j’ai entendu le chant des sirènes d’Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin. Voyons-nous, parlons nous, faisons enfin le grand parti de droite et du centre. C’est 2002 le retour. Ils nous refont le coup « des carottes et des petits pois ». Et bien « même pas en rêve Alain » comme dit ma fille aînée ! Vous les avez vus vous les centristes à l’UMP ? Regardez leurs présidents depuis 2002 : Juppé, Sarko, Devedjian, Bertrand, Copé, et demain re Juppé ou re Sarko. Ils sont où les centristes ?! Regardez les successeurs possibles : Fillon RPR, Pécresse RPR, Bertrand RPR, Wauquiez RPR, Baroin RPR, Le Maire RPR, NKM RPR… je m’arrête.

Et ne vous trompez pas, l’UMP n’est pas en train d’exploser et n’explosera pas.
Elle n’explosera pas, pas plus que le PS n’a explosé dans ses pires moments, car les uns et les autres savent que sous la Vème république, le système leur garantit l’accaparement du pouvoir national et local. Ce à quoi vous assistez est juste un phénomène de décomposition-recomposition classique d’un parti dominant au lendemain d’un échec politique. Les Français ont assisté exactement au même phénomène 5 ans plus tôt à gauche. Et puis vous connaissez cette phrase de Tocqueville : « en politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés ».

Alors, le grand parti du droite et du centre je vais vous dire ce que c’est pour moi dans l’avenir : c’est très simple, c’est l’UMP d’un côté et l’UDI de l’autre. Oui, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, dit-on chez moi en Normandie. Ce qu’il nous faut, c’est un grand parti de droite fort et un grand parti du centre fort et non pas un parti obèse, tellement sans architecture qu’il devient difforme, pas un parti Albatros que ses ailes de géant empêchent de marcher. Et notre but sera clair, je vous le dis : 1. Peser suffisamment dans la majorité de 2017 pour forcer l’UMP à signer un contrat de gouvernement avant l’élection 2. Réussir à leur passer devant aux législatives de 2022. L’UDI comme l’UDF ne se fera pas en un jour mais dans plusieurs années rien n’est impossible, j’en suis sûr.
Et j’oubliais, indépendants veut dire aussi indépendants du Modem. Nous avons fait un cartel électoral. Très bien. Maintenant que fait-on ? Y-a-t-il un chemin entre d’un côté la petite aventure extra conjugale d’une nuit et de l’autre le mariage en grandes pompes dans les salons du château de Pau ? A vrai dire je ne sais pas. Il y a une ligne de crête à rechercher. Il faut en débattre tous ensemble, démocratiquement. Non pas passer par pertes et profits ce que nous avons construit ensemble, notamment pour les Européennes, mais continuer à dialoguer, à débattre ensemble des grands sujets pour partager des solutions communes. Ni plus ni moins pour le moment, et nous verrons bien après ces forums communs, ces séminaires communs si nous en sommes au moment de l’emballage final. Avec le Modem nous n’avons pas besoin d’un énième organigramme. Je vous propose simplement qu’on réfléchisse, travaille ensemble sur les grands sujets qui traversent la société française.
Unis, démocrates, et indépendants ! Ce doit être notre feuille de route pour l’UDI. C’est aussi notre responsabilité : préserver l’unité de notre famille politique dans le respect de nos différences, être en première ligne des démocrates contre l’extrémisme et pour la défense de nos libertés, porter l’idée de responsabilité et de liberté d’entreprendre, défendre l’indépendance de parole et de pensée de chacun des adhérents de l’UDI et de l’UDI tout entier. Le défi effraie si l’on est seul. Il motive quand on sait que toute une équipe et des milliers de militants sont à vos côtés pour le relever.
Y aura-t-il un centriste aux présidentielles ? Ma conviction est qu’il faut tout faire pour en avoir un. Mais tout faire ne veut pas dire faire n’importe quoi. Je suis sûr de deux choses concernant cette candidature centriste. La première c’est que si la présidence de l’UDI devient une affaire personnelle autour de la présidentielle, l’UDI sera morte. La présidence de l’UDI ne se résume pas l’élection présidentielle. Ce n’est pas la même étape. Il ne faut pas confondre mettre un parti en capacité de présenter un candidat pour la présidentielle, ce qui est le job du futur président de l’UDI, et ensuite décider collectivement d’une candidature et des moyens de sa sélection. Ce sont deux étapes distinctes, différentes. La seconde chose que je sais, c’est que le poids du Front National nous imposera de regarder les choses avec lucidité en posant 3 questions. A-t-on un candidat crédible ? Risque-t-on de faire éliminer notre camp du 2nd tour ? Quelle capacité a-t-on de peser dans le cadre des primaires afin qu’à l’issue des législatives nous soyons incontournables pour la majorité ? Avoir les clés au parlement, ce doit être notre objectif essentiel. En clair, assez de députés pour qu’aucune majorité ne se fasse sans nous. A ce jour, je n’ai aucune réponse à ces trois questions mais elles me semblent essentielles. Si on les perd de vue, c’est l’UDI qu’on perd de vue.
Vous le savez bien, la politique n’est pas un système stable mais un processus permanent de transformation. L’UDI a besoin d’un visage, vous déciderez bientôt lequel. Elle a besoin d’un projet, nous le construirons ensemble. Elle a besoin d’un élan, il est ici dans cette salle. Vous l’incarnez et il ne s’arrêtera pas.

vendredi 13 juin 2014

Découpage des régions: rattachons les départements du Centre à leurs vrais territoires, par Maurice Leroy (UDI)

Maurice Leroy, UDI
Oui, il faut alléger le mille-feuille. Oui, il faut réformer l'organisation territoriale de la France. Oui, il faut diminuer le nombre de régions. Il faut même aller plus loin et oser, comme je le propose depuis longtemps, supprimer les départements. Mais est-ce trop demander que cela se fasse avec intelligence et non, comme cela nous est proposé, dans une précipitation clientéliste qui risque de ne conduire qu'au chaos ?

Malheureusement, c'est ce scénario catastrophe qui semble commencer à s'écrire. Déconsidéré, isolé, affaibli, le Président de la République n'a rien trouvé de mieux à faire que de bricoler, sur le coin de table d'un entre-soi crépusculaire, une architecture impossible. Il renonce aux principales ambitions, repousse la vraie réforme à 2020 et dessine en catimini une carte des Régions guidée seulement par le poids de certains élus.

Ainsi, sauf peut-être dans un petit manuel de l'histoire et de la géographie pour les Nuls, personne n'aurait pu imaginer prétendre fusionner la région Centre avec le Limousin et le Poitou Charente. Cette carte griffonnée à la va-vite dans le clair obscur de l'Elysée provoque dans notre région un rejet massif, jusqu'au sénateur socialiste du Loiret Jean-Pierre Sueur, pour lequel cet assemblage sans queue ni tête constituerait "une région fourre-tout, sans visibilité...".   C'est le moins que l'on puisse dire ! D'Orléans à Brive La Gaillarde, il n'y a en effet guère, à l'échelle de notre pays, plus de logique et d'unité que de Dunkerque à Tamanrasset ou de l'Atlantique à l'Oural. Le charcutage proposé défie la géographie, l'histoire, l'identité culturelle. Bref, la raison.   Le premier ministre lui-même a laissé ouverte la porte à de possibles adaptations, à la condition qu'elles ne fassent  pas augmenter le nombre des régions voire le diminue.   

Chiche ! Plutôt que se résigner et ratiociner à l'infini sur l'absurde des élucubrations élyséennes, je préfère prendre au mot le chef du gouvernement et proposer la suppression pure et simple de la région Centre actuelle, avec le rattachement de l'Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher aux Pays de la Loire, celui du Loiret et de l'Eure-et-Loir à l'Ile de France et le Cher et l'Indre à l'Auvergne ou au Limousin. 

Pour dire le vrai, le sacrifice n'est pas bien grand : le Centre a toujours été la seule région française sans histoire, ni fondement identitaire, ni logique, née seulement de l'agrégat fortuit de "restes" dont personne ne voulait ! L'opportunité est donc à saisir de rattacher les six départements qui constituent la région Centre à leurs vrais territoires naturels.   Pour le Loiret et l'Eure et Loir, c'est évidemment le bassin parisien et d'ailleurs de nombreuses voix dans ces deux départements ont déjà fait savoir que, dans ce contexte, ils souhaitaient se tourner vers l'Ile de France. Quant à l'espace naturel de l'Indre et Loire et du Loir-et-Cher, c'est sans l'ombre d'un doute les Pays de la Loire et les élus socialistes du Loir et Cher et d'Indre-et-Loire se sont d'ailleurs déjà prononcés pour ce rattachement.   N'importe où ailleurs que dans les salons de la présidence de la République, il est évident que notre axe fluvial reconnu par l'UNESCO, le Val de Loire, commence à Chambord. Toutes les logiques, tous les éléments objectifs et concrets convergent pour rapprocher nos deux départements des Pays de la Loire : la nature, l'histoire, la culture littéraire, la gastronomie, le tourisme,  les infrastructures de communications (autoroute A10 et TGV Atlantique), l'axe de développement qu'a toujours été la Loire...   

Au-delà des clivages politiques, on l'a vu, des voix se sont élevées en ce sens parmi les élus de nos régions. Il serait temps, pour une fois, que les apprentis sorciers du charcutage les entendent, nous entendent.


Source :Huffington Post

mardi 27 mai 2014

10% n'est pas un bon résultat pour l'UDI/Modem-les Européens

Si on en croit les propos d'Yves Jego, président par intérim de l'UDI, le résultat des Européennes est satisfaisant (1), avec ses 10% et ses onze députés Européens. 

Pourtant, le message que tous les UDI/Modem qui sont satisfaits par le score atteint par les Européens devrait retenir est le suivant  : ce n'est pas satisfaisant et c'est même en dessous des prévisions d'octobre 2013. Rappelons cette note de l'IFOP (2) : " l’union de l’UDI et du Modem obtient un score de 11%, inférieur à l’addition des scores des listes UDI et Modem testées séparément en mai dernier"

Déjà, ce score de 10% est inférieur de plus de moitié à celui obtenu par le Front National. Or, face à un FN clairement eurosceptique, l'UDI/Modem-les Européens s'étaient intelligemment posés en europhiles sans réserve. Même l'UMP, qui n'a pourtant pas de ligne claire sur l'Europe (cf Guaino vs Lamasssoure) et qui alignait des candidats comme Rachida Dati, a réussi à faire deux fois plus que l'UDI/Modem-les Européens. 

Etre battu par le FN et par l'UMP quand on est la seule liste (importante) europhile (en excluant donc Nous Citoyens), ce n'est pas un bon résultat. D'ailleurs, le Figaro rappelle que la sénatrice UDI de Paris Chantal Jouanno avait assuré le 22 avril au «Talk-Orange-Le Figaro»: «Si l'UDI n'a pas 15 % des voix européennes, c'est qu'il y a un problème en France.» (3) 

Il faut donc que les militants de l'Union des Démocrates et Indépendants se posent la question de la plus-value (ou du boulet) qu'ont représenté François Bayrou et Marielle de Sarnez, ainsi que les concessions du programme faites au socialisme de droite. 
On le sait, François Bayrou est un véritable repoussoir, malgré son passé au sein des gouvernements d'union RPR-UDF, parmi l'électorat de la droite modérée et des libéraux, pour cause d'immobilisme entre 1993 et 1995 au ministère de l'Education Nationale, et pour cause de vote François Hollande, plutôt qu'une abstention, en 2012. En outre, si on en croit les échanges des militants de l'UDI sur Facebook, le style de leadership de Marielle de Sarnez explique en partie l'explosion de la fédération Modem Paris. 
Quand aux concessions sociales du programme de l'UDI/Modem-les Européens, telles que le SMIC Européen, une mesure que rejette l'ALDE, que les centristes français ne s'y trompent pas. Les vrais étatistes convaincus préfèreront toujours voter pour l'original socialiste (PS, FN) plutôt que pour les copies. 

La plateforme l'UDI/Modem-les Européens est donc un échec qui souligne le manque de leadership au sein de l'UDI. La preuve ? C'est que le public non initié aux arcanes politicardes assimile François Bayrou à la tête de cette union. En plus du débat pour le leadership de l'UDI, dans lequel le maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, se lance (4), c'est bien également la question du programme et des alliances qui se posent. La priorité de l'UDI devrait donc être la poursuite de sa construction programmatique, ainsi que l'accueil bienveillant des derniers miilitants Modem qui ne l'ont pas encore rejoint. 



Egalement publié sur Contrepoints



(2) IFOP Intentions de vote pour 2014 octobre 2013 
(3) Le Figaro L'UDI-MoDem se félicite de ses listes autonomes 26 mai 2014
(4) Jean-Christophe Fromantin Ma candidature à la Présidence de l’UDI 26 mai 2014

mardi 20 mai 2014

L'UDI/Modem et Guy Verhofstadt

Les listes d'union UDI/Modem "les Européens" mènent depuis quelques mois une campagne dynamique et difficile. Difficile car dans le contexte actuel, rare sont ceux qui partagent les vues optimistes des centristes et des libéraux sur le fédéralisme Européen. 
L'ALDE, le parti européen des centristes et libéraux, veut propager cet enthousiasme et veut lutter contre les messages des eurosceptiques ou des nationalistes. 

A ce titre, Guy Verhofstadt, le chef de file de l'ALDE, candidat à la présidence de la Commission Européenne,  est un leader aux convictions clairement affichées. Simplement, les libéraux français se demandent, depuis quelques jours, si pour voter Guy Verhofstadt au niveau Européen, il faut voter UDI/Modem au niveau français.



En effet, si les centristes français sont bien en phase avec l'ALDE sur la nécessité de plus d'Europe, l'UDI/Modem a la convergence fiscale et sociale comme un de ses principaux points de programme, ce qui ne semble pas correspondre aux vues de l'ALDE. 


"There needs to be much closer coordination and convergence of tax and social security polices too, but just like in the US, Germany or Spain there is scope for regional differences."5 minutes with Guy Verhofstadt, Daniel Cohn-Bendit, – à la London School of Economics, 4 octobre 2012”

"Même si nous sommes attachés au principe de la concurrence fiscale, nous sommes convaincus que nous devons faire plus pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales."



Idem pour la poursuite du partage du siège du Parlement Européen entre Strasbourg et Bruxelles, un engagement de l'UDI/Modem, en totale contradiction avec One Seat. 

L'UDI/Modem répond qu'ils ne sont pas membres de l'ALDE, le parti de Guy Verhofstadt, mais membres du PDE, qui soutient Guy Verhofstadt.

La question reste donc ouverte. Pour voter pour le programme de l'ALDE, qui privilégier ?




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lundi 28 avril 2014

Soutien conditionnel à Manuel Valls : l'erreur de l'UDI

Egalement publié sur Contrepoints
Dans une volonté d’apparaître non pas comme une opposition de base, mais une opposition constructive, l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo a décidé voter le pacte de responsabilité de Manuel Valls à deux conditions (1) :

  • assortir le coup de « rabot financier » du plan Valls à une série de réformes structurelles plus ambitieuses, « par exemple en appliquant dès 2015 la réforme des retraites fixant l'âge légal de départ à 62 ans »
  • l'accélération des baisses de charges et des impôts pour les entreprises.

Même si les conditions fixées par l'UDI vont dans le bon sens, ce soutien conditionnel du centre droit à Manuel Valls, le premier ministre d'un gouvernement socialiste et fier de l'être, est une triple erreur.

D'une part, la proposition de Manuel Valls est insuffisante (2), tant quantitativement que qualitativement.
Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3),  pour Valls, il n’est pas question de diminuer le montant des prestations sociales et il n'est pas question de revenir sur la création de postes dans la fonction publique : les postes d’enseignants (60 000 en 5 ans) seront créés.
Manuel Valls a beau être un peu moins dogmatique que Christian Eckert, Karine Berger ou Yann Galut, il n'en reste pas moins un socialiste qui veut "sauver le système de protection sociale à la Française". On est donc à des années lumières de la révolution Thatchérienne qui, rappelons-le, a sauvé le Royaume Uni de la faillite totale au début des années 80.
Soyons clairs : l'UDI a fort à propos publié un contre pacte, prévoyant d'économiser non pas 50 milliards d'euros comme propose Valls, mais 80. Le contre pacte de l'UDI va dans le bon sens (4) mais c'est un plancher. On sait, notamment grâce à l'IFRAP, qu'on pourrait économiser non pas 50 milliards d'ici à 2020, mais 50 milliards par an (5), de manière récurrente !

D'autre part, la démarche conciliante de l'UDI s'inscrit dans la bonne volonté coopératrice que les centristes s'attachent à mettre en oeuvre à Bruxelles, au niveau Européen. Seulement, ici, c'est la France, un régime politique réglementé par les règles de la majorité. Combien de fois Manuel Valls, lors des questions au gouvernement, lorsqu'il était le désastreux ministre de l'intérieur que l'on connait, a clairement fait comprendre à l'opposition UMP-UDI qu'ils n'étaient pas au pouvoir et qu'ils n'avaient qu'à la fermer ? Combien de fois Valls a t-il insulté, au sens propre du terme, l'opposition et tous ceux qui ne pensent pas comme le PS ? C'est tout à l'honneur de l'UDI, héritière de la démocratie chrétienne, que de ne pas rompre le dialogue avec la majorité socialiste et franc-maçonne, mais que les élus centristes gardent à l'esprit que l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives, une promesse du candidat Hollande, n'est plus à l'ordre du jour (6)

Enfin, c'est encore une fois à l'honneur de l'UDI de pallier l'incompétence de la majorité, mais la vérité est, qu'au delà de l'état objectif du pays, ce dernier est aggravé par la présence du Parti Socialiste au pouvoir. Une sage décision serait de laisser couler le PS et tout ce qui s'y rattache. Comment tendre la main à des gens qui, depuis 2 ans, ne cessent de répéter, en questions au gouvernement notamment, que leurs échecs sur le chômage ou sur la dette publique et les déficits sont uniquement dus à la politique de Sarkozy ? L'UDI a la légitimité pour demander que le PS, qui malgré les municipales, détient encore quasiment tous les pouvoirs en France (Elysée, Matignon, Intérieur, Affaires étrangères, villes de Paris, Lille, Nantes et Lyon, majorité de départements et de régions, etc), fasse le ménage. Comment se fait-il que tant d'affaires de corruptions éclatent sans que personne ne dise rien (7) ? Comment est-ce possible que Manuel Valls puisse dire tout et son contraire sans que personne ne réagisse ? Pourquoi laisse t-on le pouvoir à des gens manifestement incapables d'être cohérents et consistents avec eux-mêmes ?

L'UDI ferait mieux de proposer à Manuel Valls de démissionner du PS, de faire amende honorable sur la répression de la Manif pour Tous ou les événements du Trocadero et de dénoncer les extrémistes de gauche autant que ceux de droites. Après examen de son attachement sincère au libéralisme, au principe de subsidiarité, à la décentralisation et au fédéralisme européen ainsi qu'à l'équilibre entre pouvoirs, l'UDI pourrait proposer une adhésion à Manuel Valls. 

Comme cela n'arrivera pas, le plus simple est que l'UDI demande à François Hollande de démissionner et de provoquer des législatives anticipées après dissolution car, in fine, un des problèmes de la France, c'est bien son Président de la République. 




(2) Parti Libéral Démocrate plan d'économies de Manuel Valls : est-on sur la bonne voie ? 17 avril 2014
(4) Le Parisien Libéral #ContrePacte de l'@UDI_off : ca va dans le bon sens 22 avril 2014

dimanche 6 avril 2014

Jean-Louis Borloo met fin «à ses fonctions et mandats» politiques

En retrait de la vie politique depuis fin janvier pour des problèmes de santé, le président de l'UDI a décidé de mettre un terme à ses fonctions et mandats.



Le président de l'UDI Jean-Louis Borloo a décidé de mettre un terme «à ses fonctions et mandats» politiques, a-t-il annoncé dans un courrier adressé aux militants de l'UDI. «Je n'ai pas en l'état toute l'énergie nécessaire pour remplir complètement toutes mes responsabilités», a-t-il expliqué dans cette missive envoyée au comité exécutif de son parti. Celui qui aura 63 ans lundi se retire donc de la présidence de son parti et de celle du groupe parlementaire

Bravo à Borloo pour sa contribution majeure dans la reconstruction du centre droit.