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mardi 22 mars 2016

SDF dans le Bois de Boulogne : le XVIe très peu imaginatif

Il y a un métier d'avenir pour les agences de communication : la défense des causes perdues, comme le soutien aux habitants du XVIe qui ne veulent pas d'un centre d'hébergement pour SDF près de chez eux (1). 
En effet, la révolte de 2000 habitants activistes du XVIe (sur un total de 160 000 habitants) contre le projet d'Anne Hidalgo d'installer un centre d'hébergemement dans le Bois de Boulogne constitue un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. 

En effet, et ce alors que le phénomène Not in My Backyard (NIMBY) touche la France entière, comme le reconnait même la très peu droitière France Culture (2), les activistes du XVIe n'oint-ils pas permis à l’exécutif socialiste parisien de se refaire une virginité à peu de frais ?
Envolées, les images d'un exécutif (socialiste) parisien employant les mêmes méthodes expéditives que la droit, 20 ans plus tôt à Saint Bernard. 




Oubliées, les nombreuses destructions de camps de Roms demandées par Anne Hidalgo (comme Aubry à Lille ou Ayrault à Nantes).
Effacé, le nettoyage des Berges des SDF pour cause de Paris Plage.

Le méchant, désormais, c'est l'habitant du XVIe.
Et il faut dire qu'au vu des insultes qui ont fusé lors de la réunion publique qui s'est tenue à Dauphine, il y a des preuves pour en attester.

On se demande même comment un vieux routier de la politique politicienne comme Claude Goasguen a pu tomber dans le panneau. 


Bien que les dommages soient faits, il reste quelques options (dont certaines libérales) pour les riverains du Bois de Boulogne, comme Max Guazzini, qui ne veulent pas de SDF en bas de chez eux. 

Passons ces options en revue


L'appel au bon sens : contre productif


Anne Hildago et son adjoint communiste au logement, Ian Brossat, celui qui est fier de "créer" des HLM surtout s'ils se situent juste au dessus d'un concessionnaire Porsche (véridique), ont un projet : créer un centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe, dans le Bois de Boulogne. 
Déjà, le projet a changé. Au départ, il s'agissait d'héberger des réfugiés (3) avant de passer au public des SDF, mais passons. L'executif parisien a changé son fusil d'épaule face à ce que certains appelaient déjà un "Sangatte du Bois de Boulogne". 
La vraie question est : en dehors du fait (non négligeable) d'avoir un endroit où s'abriter et habiter, est ce que des SDF au RSA ont envie d'habiter entre la Porte de la Muette et la Porte d'Auteuil, loin de tout métro et de commerces aux prix abordables ? Car, oui, 25 ans après le Auteuil Neuilly Passy des Inconnus et leur "pas un arabe du coin ni un Euromarché", force est de constater que le quartier où Hidalgo prévoit d'implanter son centre n'est pas très bien fourni en quoi que ce soit.

La logique voudrait que les SDF, comme les migrants, ne soient pas logés ensemble dans des Algéco, (quelque soit le quartier) mais au contraire, dispersés et fondus dans la population et sur le territoire, de façon à s'intégrer.
Mais face à cet argument, l’exécutif parisien répondra "solidarité obligatoire du XVIe !". Il ne sert donc à rien.


Le combat juridique : perdu d'avance

Face à ce projet, une autre réponse logique serait de s'engager dans le combat juridique. Après tout, le Bois de Boulogne est inconstructible. Mais, pourtant, c'est perdu d'avance.
En effet, à l'occasion d'autres projets qui lui tiennent à coeur comme l'extension du stade de Roland Garros au détriment des Serres d'Auteuil, ou la construction du musée d'art moderne de la fondation Louis Vuitton (oui, tout ça c'est dans le XVIe), la mairie de Paris ne s'est-elle pas assise sur les recours en justice, y compris en foulant aux pieds l'opinion de ses alliés d'Europe Ecologie les Verts ? 
Anne Hidalgo, au pouvoir à Paris depuis 2001 puisqu'elle était 1er adjointe de Bertrand Delanoë, a toujours privilégié son alliance avec, curieusement, le très Grand Capital de LVMH ou celui de la Fédération Française de Tennis, contre les intérêts des petits capitalistes du XVIe. 
On a donc bien compris que pour le centre d'accueil des SDF comme pour les autres sujets, le droit saura se plier à la raison du plus fort, celle de la Mairie de Paris. 
Après tout, n'oubliez pas : quand la Mairie de Paris (comme les autres collectivités) est engagée dans une action en justice, c'est avec l'argent des contribuables qu'elle joue, pas avec celui des élus. 
Ca aide à prendre de la hauteur et à laisser le temps au temps. 


L'action directe et médiatique type ZAD (zone à défendre) : peu réaliste

Et si les habitants activistes du XVIe se muaient en véritables ZADIstes, comme à Notre Dame des Landes ? Après tout, le projet d'Ayraulport est devenu un véritable bourbier type Vietnam pour le gouvernement (4) ? 
Et il existe d'autres foyers de cristallisation dans le XVIe, à savoir le stupide projet d'extension de Roland Garros qui va détruire une partie des Serres d'Auteuil sans constituer une solution de long terme pour le tournoi de tennis de la Porte d'Auteuil, beaucoup plus petit que Flushing Meadow ou Wimbledon. 
Seulement, l'idée est peu réaliste. Notre Dame des Landes, Sivens ou même les Serres d'Auteuil bénéficient du soutien d'une partie de la population qui n'est pas directement concernée par ces projets car ils constituent tous, à divers degrés, des aberrations écologiques et financières. Le centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe ne correspond pas à un grand projet inutile. Il ne mobilisera donc jamais au delà du N.A.P.


La comparaison avec d'autres arrondissements : pas mobilisatrice

Les habitants du XVIe opposés au centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe pourraient alors montrer, à juste titre, qu'à aucun moment il n'a été envisager de construire ce centre dans le bien plus sympathique quartier du jardin du Luxembourg, dans le VIe arr, en plein coeur de la capitale, ou du coté de l'Avenue Gabriel, dans les jardins qui se situent entre le Palais de Elysée et l'avenue des Champs Elysées. 
Ce faisant, ils oublieraient juste une chose : les politiciens, de droite comme de gauche, vivent dans ces quartiers. Eux sauront activer leurs relais pour tuer dans l'oeuf tout projet de ce type. Après tout, n'a t-on pas un premier ministre (socialiste) qui a su faire appel à la police pour débarrasser de sa rue les SDF qui incommodaient la vue de sa violoniste d'épouse ?
Il faut, par exemple, s'appeler Edith Cresson, ancienne première ministre (socialiste), pour pouvoir tenir des propos douteux les gens du voyage sans que cela ne déclenche un scandale.


La grève de la solidarité : à manier avec précaution

Dans le XVIe, c'est un fait, il y a un peu plus, en moyenne, d'argent qu'à la Courneuve. Et qui dit argent dit deux formes de solidarité : forcée, ou volontaire.
Pour la solidarité forcée, no comment. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Il y a 160 000 habitants dans le XVIe, 2.2 millions de parisiens, 11 millions de franciliens et 66 millions de français.
Les franciliens représentent 17% de la population française mais 43% de l’impôt sur le revenu payé en France. Et les habitants du XVIeme arr paient 20% de l'impôt sur le revenu payé dans Paris pour 7% de la population parisienne.
Autrement dit, les habitants du XVIe sont "naturellement" solidaires.

Mais c'est sans compter la vie associative, ou encore les dons aux associations.
Échapper au fisc, c'est difficile. Même expatriés, même morts, les français sont harcelés par Bercy. 
En revanche, décider d'une grève de la solidarité, c'est possible. Seulement, les conséquences d'une grève de la solidarité réelle ne seraient pas les mêmes que celle d'une hypothétique grève de l’impôt. Dans un cas, l'Etat français serait obligé de balancer moins de bombes sur des pays lointains pour cause de guerre contre le terrorisme et le président Hollande aurait à lever le pied sur les voyages avec Air Sarko One, dans l'autre, les bénéficiaires des solidarités seraient directement affectés. Est-ce bien le but ?


La sécession avec Paris : difficile à imaginer

Puisque Anne Hidalgo a le pouvoir sur Paris, et que son pouvoir s'impose à celui des maires d'arrondissement, une autre option consisterait à se séparer définitivement de Paris.
Après tout, 160 000 habitants; n'est ce pas bien plus que l'immense majorité des communes françaises ?
En revanche, si on a déjà vu des communes fusionner, on n'a pas encore assisté à des splits de villes. Tout est donc à écrire en la matière.
De plus, n'oublions pas que la ville de Paris n'évolue pas, seule en apesanteur, mais, au contraire, est insérée dans un mille feuille administratif de plus en plus épais.  L'intercommunalité du Grand Paris vient de rajouter une énième strate (5) au maquis, avec le soutien des Républicains comme du PS. Dans ce contexte, qui peut imaginer une quelconque sécession ? Anne Hidalgo, Maire de Paris, est aussi 1ère vice-présidente de la Métropole du Grand Paris ...


La privatisation du Bois de Boulogne : la vraie solution 

En 1852, la propriété du Bois de Boulogne a été cédée par Napoléon III à la ville de Paris, qui voulait l'aménager sur le modèle des parcs londoniens. Entre 1852 et 1929, bien que propriété de la ville de Paris, le Bois de Boulogne est resté administrativement rattaché aux communes de Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine jusque dans les années 1920. Il a été officiellement annexé par la ville de Paris par le décret du 3 avril 1929 pour la partie boulonnaise et par le décret du 18 avril 1929 pour la partie neuilléenne.  Le Bois de Boulogne est devenu rattaché au 16e arrondissement. 
Actuellement, donc, le Bois de Boulogne est la propriété de la Mairie de Paris, qui en assure l'entretien, la "propreté", les plantations d'arbres et décide des concessions (hippodromes avec France Galop, Roland Garros et la FFT, le Racing Club de France, le Tir aux Pigeons, des restaurants et bâtiments.).

Est ce que cette propriété publique est satisfaisante ? Non, évidemment. 
D'abord, chacun sait que la gestion du Bois de Boulogne souffre de la schizophrénie de l'Etat qui, d'un coté, par exemple, lutte contre la prostitution, mais d'un autre coté, en tire profit.
On n'entend guère la Mairie de Paris, officiellement abolitionniste, protester contre ce qui se passe dans le Bois de Boulogne la nuit. L’enchevêtrement des responsabilités entre l’État et la ville, dans ce domaine comme dans d'autre, mérite un sérieux démêlage.
D'autre part, est-il logique que la Mairie de Paris organise l'entre-soi des clubs privés du Bois de Boulogne, et touche sa commission sur leurs business ? Chacun pourra juger de l'hypocrisie qui consiste à dénigrer les riches mais à bénéficier quand même de leurs dépenses.
Pour info, si vous voulez nager à la Croix Catelan, ça coutera un peu plus que dans une piscine municipale classique.

Le fait est que la proximité du Bois de Boulogne est un vrai plus, comme disent les agents immobiliers, sur la valorisation des appartements situés à proximité. (On s'étonne, d'ailleurs, que la Mairie de Paris, pourtant accro à la bulle immobilière, ne soit pas sensible à cet argument. Sans doute le faible niveau de transactions immobilières dans le quartier concerné par le projet de centre d'hébergement dans le XVIe joue en défaveur des opposants ?).
Si le Bois de Boulogne est un plus, ne seraient pas aux riverains à assumer les charges liées à ce plus ? De la sorte, ils seraient en mesure d'influer sur l'usage de l'espace. 

A Paris, la propriété privée (collective) des parcs et jardins n'existe pas. A Londres, elle est monnaie courante.
Certains parcs et jardins de la capitale britannique, les locked gardens, ne sont en effet accessible qu'aux riverains qui possèdent une clef.
Pourquoi les parisiens du XVIe, qui disent être attachés à la propriété privée, ne tenteraient pas une telle expérience ? Pourquoi ne pas privatiser le Bois de Boulogne ?
Certes, le Bois de Boulogne et ses 846 hectares (8,4 millions de mètres carrés) sont un gros morceau, et à 500 euros le mètre carré, c'est 4,2 milliards d'euros qu'il faudrait débourser, ou 26 000 euros par habitant du XVIe.
Cette somme, il faut la relativiser. 26 000 euros, c'est juste un peu plus de 3m² de logement habitable. Et avec un peu de chance, racheter le Bois de Boulogne permettra de défiscaliser (L'intérêt d'investir dans la forêt ne réside t-il pas, outre l'amour du bois et du vert, dans l'existence d'une exonération successorale et d'ISF ?)

Alors, habitants du XVIe ? Et si vous vous montriez proactifs ? Anne Hidalgo, elle, a décidé qu'elle fera son centre d'hébergement de SDF.
On voit déjà le prochain reportage de Zone Interdite, de Bernard de la Villardière : "le Bois de Boulogne dans le XVIe : sa drogue, ses prostituées, ses SDF, ses milliardaires".





lundi 14 mars 2016

SDF et migrants : les habitants du XVIeme face aux clichés journalistiques

Il y a vraiment certaines réunions d'information et de "concertation" auxquels les habitants feraient mieux de s'abstenir de participer.

Prenez par exemple celle qui se tient ce lundi 14 mars à Dauphine, et qui est consacrée au projet d'Anne Hidalgo et Ian Brossat de créer un centre d'hébergement d'urgence.





Ca fait plusieurs mois que ça gronde du coté de la porte de la Muette.



Ce soir, un journaliste de 20 Minutes, dont le métier est de se promener aux heures où la majorité des gens sont dans leur bureau ou dans les transports en commun, découvre deux choses : que la population du XVIe est en moyenne sensiblement plus âgée que celle de Paris en général, et que seuls les retraités ont le temps d'aller à une réunion publique organisée à 19h.


Les habitants et riverains sont contre la construction, et ils le font savoir.



Finalement, suite aux sifflets et au chahut, Laurent Batsch, le président de l'université Paris Dauphine qui hébergeait la réunion, a annoncé la suspension de la réunion.




Est-ce la première fois que des riverains s'opposent à un projet quelconque ? Bien sur que non. Le phénomène "not in my backyard" est généralisé, de Notre-Dame-des-Landes (contre l'aéroport) à Marseille (camp rom incendié par des riverains) en passant par Wissous (camp rom dénoncé par des riverains), la rue Lariboisière dans le Xeme (les riverains opposés à la salle de shoot) ou par le stade Championnet dans le XVIIIeme. 

Seulement, pour un journaliste de Libé, le droit d'opposition n'est pas accessible aux habitants du XVIe, qui se voient qualifiés de sauvageons.


Pour un journaliste du Monde, c'est pareil.



Les habitants du XVIeme sont des "riches" et des "minables".
Qu'aurait-il dit des habitants du Marais, ou de ceux du quartier Latin, la où le prix du mètre carré est de 20 à 50% plus élevé que dans le XVIeme ?

Non, le XVIeme n'est pas le quartier des riches, cf le prix du mètre carré


De toutes façons, le "débat" est plié d'avance : Anthony Leroi, "communiste. Chef de cabinet à l'Hôtel de Ville de @Paris" a son point de vue :


Quand au maire (PS) du XVIIIeme arrondissement de Paris, c'est encore plus drôle : il confond le point de vue du conseil d'arrondissement et l'opinion des riverains. Eric Lejoindre a t-il, par exemple, demandé l'avis des habitants du XVIIIeme, ce soir ?


Maintenant, puisque l'objectif est quand même d'offrir une solution aux SDF, voyons un peu le fond du projet : face à la présence de 28 000 SDF à Paris et petite couronne, et face à l'arrivée de  quelques milliers de migrants en France en 2015,  Anne Hidalgo et Ian Brossat proposent de construire 200 places d'hébergement dans un quartier parisien sans métros ni commerces, sur une zone verte donc théoriquement non constructible. 
Question : est-ce que ce projet ressemble à du bon sens, ou correspond-il à la volonté de punir le quartier le plus socialophobe de Paris ? Si Anne Hidalgo et Ian Brossat sont parvenus à contourner, une fois de plus, comme pour la Fondation Louis Vuitton, la réglementation de l'urbanisme du Bois de Boulogne, comment se fait-il qu'ils ne soient pas parvenus à mettre ce centre d'hébergement dans le Jardin du Luxembourg, beaucoup plus central et desservi par la ligne 4 du métro et la ligne B du RER ?

Deuxième question : pourquoi rassembler SDF et migrants ? Bien que les deux publics souffrent de mal logement, en quoi leurs situations sont-elles comparables ? Pourquoi les mettre sur le même lieu ? 
Autant les migrants sont dans une démarche individuelle de mobilité, d'ailleurs, souvent, pour ne pas rester en France, autant, les SDF, eux, relèvent souvent d'une autre démarche. Leurs problèmes ne sont pas du tout comparables.
Si Anne Hidalgo et Ian Brossat veulent vraiment aider les SDF parisiens, alors ils pourraient adopter une mesure très simple : demander aux CCAS qui fournissent des services de domiciliation de cesser de demander une preuve de rattachement au territoire parisiens aux SDF qui viennent s'inscrire. Oui, vous avez bien lu. Si vous êtes SDF et que vous voulez recevoir votre courrier dans une association agrée, cette association va par exemple vous demander une attestation de bénéficiaire du RSA versé à Paris. 

Troisième question : et si on cessait l'hypocrisie ? Les SDF, les migrants, à la différence de l'Autre en tant qu'individu, personne n'en veut. Autant, à gauche comme à droite, chez les riches comme chez les pauvres, chacun est, selon sa situation, plus ou moins prêt à tendre la main à un individu, autant personne n'aime voir son environnement changer radicalement.
Quid, par exemple, des habitants du XVIIIeme, de gauche, qui ne veulent pas que leurs enfants soient dans des classes où il y a "80 à 90% d'africains" ? La mixité sociale, personne n'en veut vraiment !



Pourquoi reproche t-on aux habitants du XVIeme ce qu'on accepte ailleurs, à savoir préserver son mode de vie ?
Au passage, qu'est ce que le Bois de Boulogne a donc fait aux socialistes et aux communistes parisiens pour qu'ils s'acharnent autant, y compris en reniant leur orientation théoriquement de gauche quand ils s'allient avec le Grand Capital pour détruire les Serres d'Auteuil au profit de Roland Garros ?

Oui, il faut accueillir les migrants, comme Merkel l'a fait en Allemagne, et à la différence de ce que la France socialiste de Valls et Hollande a fait. Notons qu'il est normal, au passage, que la France se barricade quand l'Allemagne s'ouvre : on ne peut pas avoir un état providence et une politique socialiste avec des frontières ouvertes, comme le rappelait le pro immigration Milton Friedman.

En revanche, accueillir les migrants ne devrait vouloir dire ni régler des comptes politiques, ni même faciliter la vie des migrants une fois qu'ils sont sur le territoire national. Ouvrons notre porte aux migrants, c'est à dire supprimons toutes ces barrières à la mobilité qui ne font qu'enrichir les passeurs tout en rendant les voyages dangereux, et ensuite, pratiquons la politique du chacun pour soi.
La logique consisterait donc à supprimer les dispositions du droit du travail qui empêchent les réfugiés de travailler, ou d'abolir les contrôles douaniers préalablement effectués par les compagnies aériennes (1), plutôt qu'à construire des centres d'accueil. 

Alors, les habitants du XVIeme ont-ils perdu une occasion de se taire ? Les journalistes du Monde, de 20 Minutes et de Libération étaient venus chercher du cliché, ils les ont trouvé.



(1) Le French Libertarien Le cynisme des politiques sur la crise des migrants 4 septembre 2015



dimanche 25 octobre 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin octobre 2015 ?


Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur.









La rénovation du Musée de l'Homme est achevée. Sa réouverture a donné lieu à pas mal de commentaires, en ces temps de débat sur le pays de race blanche, comme si, en 1938, quand le musée a ouvert pour la première fois, il n'y avait pas des scientifiques pour prouver la supériorité de telle ou telle race. D'ailleurs, à la même époque, que disaient-ils des zoos humains, des concepts portés et validés par la troisième république ? Il faudrait peut-être demander aux grands parents de Valls, le white, le blancos. Toujours est-il que le paradis des ethnologues s'est refait une beauté. A vous de voir si il doit être pris en otage par les débats politiciens (1).


Le Musée de la Marine propose une exposition intitulée "dans les mailles du filet". Allez comprendre comment les parents qui cherchent à faire manger du poisson à leurs enfants vont ensuite pouvoir résister à l'argument de la gestion des ressources face à la surpêche ;-). 



La Cité de l'architecture & du Patrimoine analyse le magnifique Mont Saint Michel. 




Le musée national des arts asiatiques – Guimet ,outre ses activités normales, propose de participer à l'acquisition d’une armure de Samouraï, par le biais d'un projet de type don participatif. On ne peut évidemment que saluer l'initiative, en ces temps où la ministre de la culture croit que les contribuables ne sont pas assez tondus.





Le Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris est fermé. Il devrait réouvrir en novembre, et consacrer une exposition à la Comtesse Greffulhe





Le Palais de Tokyo  propose la première rétrospective mondiale sur la vie et l’œuvre du poète américain John Giorno (né en 1936, vivant à New York), figure majeure de la scène underground américaine des années 1960. L’exposition est conçue par l’artiste suisse Ugo Rondinone.





Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Andy Wahrol. 







Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir Particle Falls, une projection interactive, œuvre de l’artiste environnementaliste américaine Andrea Polli, présentée sur le façade de la Mona Bismarck American Center dans le cadre d’ArtCop21,







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "le secret du masque"



Bonnes visites !



mercredi 9 septembre 2015

Les riverains de Roland Garros ont oublié de brûler une autoroute ...

C'est parti pour la destruction des Serres d'Auteuil, dans le cadre de l'extension de Roland Garros !
Et hab quoi, dirons certains ? Il faut bien avancer, non, et en finir avec la France des blocages ? Et puis il en va de la survie du tournoi de Roland Garros en tant que membre du grand chelem, non ? 

Le problème est que ces travaux, non seulement s'effectuent contre la volonté de riverains, mais qu'en plus ils ne constituent pas une solution vraiment pérenne pour Roland Garros. A croire qu'à la FFT, ils ne voient pas plus loin que 2024. 

Les riverains de Roland Garros n'ont rien compris : ils ont tenté de faire prévaloir leur point de vue en faisant une pétition (60 000 signatures ...) et en attentant des recours en justice. 

L'exemple du blocage de l'autoroute A1 la semaine dernière, en Picardie, ou les manifs d'agriculteurs montrent clairement qu'ils ne s'agissait pas de la bonne méthode. Ils auraient mieux fait de bloquer le trafic de la A13 et brûler des palettes sur la chaussée. Peut être que le gouvernement Valls les aurait écouté, alors ? 

Quand à l'idée que, même après travaux, Roland Garros restera toujours plus exigu, en terme de surface, que Flushing Meadows ou Wimbledon, cela ne semble déranger personne. 

C'est comme ça. On élit des gens pou un mandat et ils s'attribuent le droit de faire ce qui bon leur semble durant ce laps de temps. Il faudra quand même qu'un jour, en France, on discute des limites de la démocratie représentative ... surtout quand, pour des raisons obscures, elle s'efface, de temps en temps, derrière le droit du manifestant le plus fort.

vendredi 5 juin 2015

Roland Garros, ou la vision de la démocratie, par Manuel Valls et Anne Hidalgo

Roland Garros est bientôt fini, la productivité va pouvoir remonter ! :-)
Enfin, bientôt fini, pas exactement.

Comme dirait Alexandre Gady, le président de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, «C'est la guerre!» (1).

Voyez plutôt !



Qu'est-ce qui rend la maire de Paris, le maire du Xeme, le maire du IIIeme et le président de l'Assemblée Nationale si guillerets ?

Ils se sont rendus à Roland Garros, et en plus, ils en ont profité pour montrer à Manuel Valls à quel point ils sont content de la décision du gouvernement, prise hier : Le premier ministre va signer les permis d’extension de Roland-Garros sur les Serres d’Auteuil . (2)

Souvenez-vous : le tournoi de Roland Garros a un problème : il dispose d'une surface trop petite (3), et pour pouvoir rester compétitif, il dispose de deux options : s'agrandir ou déménager. Pour le déménagement, apparemment, c'est exclu. La très chic FFT juge que les villes de Gonesse, Evry, Marne la Vallée et même Versailles, oui, Versailles, ne sont pas dignes d'accueillir l'open de France.




C'est le 16eme ou rien (4) !

Quand à l'agrandissement, il y avait, la encore, deux options : une qui consistait à couvrir un bout d'autoroute, la A13, afin de gagner de la surface utile (5), ou d'étendre le stade sur un espace vert voisin et classé, les Serres d'Auteuil.

D'aucuns, à commencer par Anne Hidalgo, maire de Paris, et Manuel Valls, premier ministre, diront : on peut bien sacrifier les Serres d'Auteuil si cela sert le fameux intérêt général, vous savez, celui qui a couvert le pays de lignes TGV déficitaires, et la dette qui va avec.
Mais, en même temps, Anne Hidalgo n'est-elle pas la maire qui a déclaré "nous présentons dès le début de la mandature une somme de mesures destinées à favoriser la participation de nos concitoyens. Parce que les Parisiens ont toute légitimité à prendre part aux débats portant sur l’avenir de leur ville, je veux leur donner les moyens d’une expression libre et élargie. (6)" ? N'est-elle pas la maire qui crie au "recul démocratique" (7) quand  les députés votent, contre son avis, la création de "zones touristiques internationales", en particulier à Paris, où les commerces pourront ouvrir les dimanches et soirs ?

Autrement dit, la démocratie, pour Manuel Valls et Anne Hidalgo, c'est être d'accord avec les décisions déjà actées par la mairie de Paris et l’exécutif ?

C'est à souhaiter que les ZADistes de Notre Dame des Landes plantent leurs tentes Porte d'Auteuil ! Le dialogue fondé sur les arguments de droit et la demande de respect de l'opinion des riverains pèse peu lourd face à la volonté du PS de construire un pôle de sport business dans le sud du XVIeme, en total accord avec la vision jacobine des socialistes, et contre tout bon sens.


Egalement publié sur Contrepoints






samedi 28 mars 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin mars 2015 ?

Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur, et ils participent pour la plupart à la #MuseumWeek.







Le Musée de l'Homme est fermé pour rénovation. Sa réouverture est prévue pour le 17 octobre 2015.

Le Musée de la Marine retrace 2000 ans d'histoire du commerce maritime, "de l'amphore au conteneur".



La Cité de l'architecture & du Patrimoine propose de découvrir une maison Normande, la villa Sayer unique habitation individuelle construite en France par l’architecte de renommée internationale Marcel Breuer (1902-1981).




Le musée national des arts asiatiques – Guimet propose une exposition sur 2000 ans de théâtre en Asie.





Au Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris, on nous propose de (re) découvrir Jeann Lanvin, "la plus ancienne maison de couture française encore en activité".





Le Palais de Tokyo  rend hommage au sculpteur Takis, qui aura 90 ans en 2015, et qui est notamment connu des parisiens pour son monumental bassin de signaux lumineux sur l’esplanade de la Défense, réalisé en 1988.






Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Georges Noel, artiste français, né en 1924 à Béziers et mort en 2010 à Paris.








Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir l'artiste scénique John Cage.  







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "l'Ethiopie, à la confluence des temporalités"



Bonnes visites !


jeudi 5 mars 2015

Roland Garros : Valls attaque sur le front Ouest !

Que vous soyez habitant de Boulogne ou du quartier d'Auteuil, ou spectateur du tournoi de Roland Garros, vous connaissez le problème : le très joli stade rétro de Roland Garros, souffre de plusieurs défauts,  dont sa surface relativement réduite et sa faible capacité d'extension. 
Que voulez-vous ! En 1927, alors que le XVIeme arrondissement sentait encore la peinture fraîche, les concepteurs ont oublié (excusez-les !) de penser qu'on créerait une liaison autoroutière de desserte de la banlieue ouest et de la Normandie, que Paris franchirait les portes du périf, et que le Qatar serait un jour en mesure de concurrencer Londres et New York sur le plan de l'organisation de tournois sportifs majeurs !
Serres d'Auteuil, victimes collatérales ?

Les spectateurs qui se rendent à Roland Garros, au moins durant la première semaine de la quinzaine du tournoi, le savent : le lieu, charmant au demeurant, est ingarable, desservi par une ligne 10 qui n'a pas été prévue pour cela et relativement exigu. D'ailleurs, les chiffres le montrent : alors que Wimbledon s'étend sur 17 hectares, le tournoi parisien bénéficie de quasiment moitié moins de surface (1). 

Cela fait des années que la Mairie de Paris sait qu'elle a un double problème à gérer : l'extension du stade, et la renégociation des redevances versées par la Fédération Française de Tennis à la ville de Paris. Cette mairie, Anne Hidalgo l'a co-géré avec Bertrand Delanoé (vous savez, celui qui n'est plus maire mais continue pourtant à bénéficier d'un bureau et d'un secrétariat (2)) depuis 2001. Madame le Maire de Paris ne peut donc pas nous faire le coup de l'héritage.. 
Seulement, pour les redevances, c'est raté. La FFT a plié la négociation; Roland Garros continuera à être son jackpot, tant mieux pour elle. 
En revanche, pour l'extension, rien n'est joué. Certes, il n'y a pas de ZAD porte d'Auteuil, et l'ouest Parisien ne s'est pas (encore ?) transformé en Notre Dame des Landes ou en Sivens. Mais, clairement, l'administration parisienne a sous-estimé le rejet que suscite son projet : étendre Roland Garros (utilisé à 100% moins de 3 semaines par an, donc) sur un espace vert très fréquenté, le jardin des Serres d'Auteuil. Ce rejet n'est même pas une question gauche-droite. A la base, le maire du XVIe, Claude Goasguen, était d'accord avec Delanoé (3), même s'il a révisé son jugement depuis. Quand aux "alliés" d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, les verts d'EELV, ils sont contre la destruction des Serres d'Auteuil. 

C'est là où intervient Marie-Ségolène Royal, dite Ségolène Royal. Cette riveraine (4) a eu une idée, curieuse si on part du principe que pour l'ex compagne de Hollande, la solidarité gouvernementale, c'est important (5), mais maligne si on admet le fait que cette thuriféraire de la démocratie participative", également ministre de la pacification des relations PS-EELV de l'environnement, a d'autres chats à fouetter (Ecomouv ? LGV Poitiers Limoges ? Fessenheim ?). Ségolène Royal a donc ressorti des cartons les plans alternatifs au massacre des Serres d'Auteuil. Même le Delanopolis n'en est pas revenu (6) !

Fallait-il en rester là ? Bien sûr que non ! Ce matin, le premier ministre Manuel Valls, qui a réussi à diminuer les impôts et taxes, régler le problème du chômage de masse en France, trouver des solutions pour lutter contre l'insécurité, réussir à proposer un budget en équilibre, recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ainsi que, bien sûr, repeupler le marché d'Evry de white, de blancos, s'est dit qu'il pouvait maintenant s'attaquer à ce dossier prioritaire pour le gouvernement de la sixième puissance mondiale : l'extension du stade de Roland Garros. Après tout, ce n'est pas comme si la ministre Royal ne s'était pas penché dessus, ou comme si il existait une mairie et des citoyens à Paris !

Et que nous dit Valls ? Qu'on a assez tergiversé, et que peut importe les propositions, il faut étendre Roland Garros selon les plans de la FFT, c'est à dire au détriment des Serres d'Auteuil. De toutes façons, la conclusion du débat sur la loi Macron a donné le ton : le gouvernement ne négocie pus avec les terroristes les français ! Et tout ça pour quoi ? Parce que Valls se place dans la perspective d'une France qui organiserait les JO en 2024. Il faut donc montrer au CIO la capacité du pays à avancer. Organiser le Jeux Olympiques ... on rêve ...! Est-ce que Valls n'a pas compris ce qui s'est passé à Athènes en 2004 ? Et pense t-il que la France, qui n'a plus de pain, a besoin de jeux (8) ? 

L'alternative
Donc en résumé, Valls s'oppose aux riverains, à une de ses ministres, à l'Unesco mais aussi au bon sens qui voudrait, faute de couverture de la A13, que l'on déménage Roland Garros à Versailles. Et tout ça pour quoi ? Quand-est ce que les français cesseront d'être les victimes collatérales des guerres interne à la gauche socialiste ?






(3) L'Hérétique Goasguen fait cause commune avec Delanoë 8 décembre 2011
(8) Koz Toujours Expo2025 vs JO2024, y’a pas débat ! 5 mars 2015

jeudi 13 novembre 2014

Roland Garros : le combat continue !

Parfois, on se demande si la Mairie de Paris est vraiment au service des habitants, ou bien si la surdité est le critère de recrutement.
Egalement publié sur Contrepoints

Si nous étions dans le premier cas, alors il y aurait une écoute des riverains, sans parler des contribuables parisiens, mais nous sommes dans le deuxième cas, ou les projets à la fois coûteux et rejetés par la population se poursuivent, sans que nous ayons notre mot à dire. Le chantier des Halles, ses nuisances (1) et ses dépassements de budget (2) ? Pas grave ! Et ce alors que l'une des fonctions clef des Halles, la gare ferroviaire RER, ne sera quasiment pas touchée, contrairement à ce que proposait l'architecte néerlandais Winy Maas, du cabinet MVRDV. La Philarmonie et son budget non respecté ? Pas important non plus, les contribuables payeront ! Mais dans le cas de Roland Garros, le scandale financier se double d'un déni de démocratie locale. 

La mairie de Paris a annoncé mercredi qu'un avis favorable au projet de rénovation et d'extension du site de Roland-Garros a été rendu par le commissaire enquêteur chargé de l'enquête publique. (3) Et "La construction d'un nouveau court semi-enterré de 5 000 places à la place d'une partie des serres du jardin d'Auteuil ne va pas, selon le commissaire enquêteur Marie-Claire Eustache, «impacter pas l'ordonnancement du jardin à la française des serres historiques inscrites de Formigé», et les «serres chaudes et techniques» qu'il viendra remplacer n'avait qu'une «fonction de support» par rapport aux serres principales."

Source : le Figaro


Quel est le problème fondamental de Roland Garros ? C'est avant tout le manque de place. 
Quiconque s'est rendu dans le stade de Roland Garros durant la première semaine de la quinzaine de mai a effectivement constaté que si le site avait un charme rétro indéniable, la circulation des visiteurs étaient rendue malaisée par le nombre de gens présents. Or, même après des travaux qui aboutiront à une destruction d'une partie des Serres d'Auteuil, Roland Garros restera trop petit par rapport à ses concurrents.

D'autre part, Roland Garros est aussi un problème financier (de coût d'opportunité) pour les contribuables parisiens. La FFT, elle n'est pas stupide. Elle a constaté que la Mairie de Paris était prête à tout pour conserver le tournoi de Roland Garros ...à Roland Garros. Donc, elle a négocié en connaissance de cause (4). Cela a donné le fait que, comme le souligne un rapport de l'inspection générale des services de la Ville de Paris, le niveau de la redevance acquittée par la FTT est "très clairement anormalement bas". Pour les grandes concessions, la ville de Paris a retenu une redevance égale à 15% du chiffre d'affaires hors taxes. L'audit note que la redevance payée par la FFT pour Roland-Garros "représente seulement 1,24% du chiffre d'affaires réalisé sur le site (5).

Autrement dit, parce que la Mairie de Paris est incapable de penser en dehors du cadre, on va accepter le fait que les écoliers du quartier d'Auteuil, les promeneurs et les botanistes amateurs soient privés d'un espace précieux, tout cela pour que, durant 15 jours par an, un tournoi sportif puisse avoir lieu, et ce en dépit de l'opposition clairement affichée des habitants du quartier, contre le consensus UMP-PS Delanoe-Hidalgo-Goasguen (Enfin, pour Goasguen, on ne sait pas exactement) (6).

Ici encore, comme pour l'affaire de la Tour Triangle (7), Anne Hidalgo a un problème de majorité. Les écolos parisiens sont contre l'extension de Roland Garros au détriment des Serres d'Auteuil, ainsi que les élus du Modem qui ont choisi de collaborer avec la majorité socialiste.

Mais, penser en dehors du cadre, ça aurait pu donner quoi ?

Il y avait tout d'abord la solution de la couverture de la A13 (8), proposée depuis des années, y compris par le Modem. L'espace dégagé aurait pu servir à étendre le tournoi, sans empiéter ni sur les Serres d'Auteuil, ni sur le Bois de Boulogne. Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo n'en n'ont pas voulu, sans doute parce que le coût de l'opération aurait sans doute impliquer le fait de passer la main au secteur privé entièrement.
Source : le Versaillais

Il y avait ensuite la solution du déménagement de Roland Garros, ailleurs en région parisienne. Plusieurs villes s'étaient portées candidates, notamment Marne la Vallée Disneyland, Gonesse ou Versailles. Mais la encore, les élites médiatiques et politiciennes ont sans doute trouvé inacceptable l'idée d'aller en banlieue pour suivre le tournoi, fût-ce Versailles, alors que Flushing Meadows ou Wimbledon sont pourtant très éloignés du centre de New York et Londres. C'est quand même comique qu'on nous sort des concepts comme technocratique "le Grand Paris" mais que les politiciens et leurs administrations soient incapables d'y mettre du contenu. Les touristes, quand ils viennent à Paris, ils vont aussi à Versailles ou à Marne la Vallée Idem pour les franciliens qui travaillent rarement dans la commune où ils résident, à part évidemment les bobos du XIe qui vont au travail à vélo. Alors pourquoi Anne Hidalgo ne pourrait-elle pas autour d'une table la FFT et les édiles de Versailles pour commencer à négocier un déménagement ?

Roland Garros ne sera ni Sivens ni Notre Dame des Landes. Mais le bon sens voudrait que l'on respecte l'opinion des habitants concernés, sans même parler de la folle idée de prendre des décisions intelligentes, qui respectent l'argent des contribuables aussi bien que le patrimoine ? Comme sur d'autres dossiers locaux parisiens d'aménagement, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a le choix : organiser une démocratie du porte à porte, au niveau local (9) et organiser des référendums sur ce type de sujets, plutôt que sur l'implantation de tipis pour enfants sur les berges de Seine à 30 000 euros l'unité, ou alors voir son action embourbée et lestée par les contingences de la litanie des recours en justice.
A voir la satisfaction de la Mairie de Paris et l'opinion des amis des Serres d'Auteuil, la deuxième option semble se prolonger.







(2)  Le Figaro Le coût du chantier des Halles dérape 21 juillet 2014